Procédures modérées
Etude des conséquences de la consommation chronique de cocaïne sur le métabolisme énergétique chez le rat adulte MODIFICATION
- Recherche appliquée
- Troubles endocriniens
Équipés d'un cathéter intraveineux posé par chirurgie, des rats reçoivent de la cocaïne pendant dix séances de six heures, puis passent jusqu'à trois tests de tolérance au glucose, sept prélèvements de sang à la queue, un régime obésogène de quatre à huit semaines et deux à quatre IRM sous anesthésie. 184 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue pour prélever leurs tissus, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Le projet étudie comment la consommation de cocaïne modifie durablement le métabolisme énergétique, y compris pendant l'abstinence. Une partie des procédures est classée sévère, et le porteur décrit pourtant une gêne légère due au cathéter et un stress "modéré et transitoire" lié à la cocaïne, sans dire quel acte justifie ce classement.
Objectifs
Bien que plusieurs marqueurs globaux des troubles métaboliques soient décrits, il n'existe pas à ce jour de marqueurs pertinents spécifiques de la santé des populations présentant des addictions aux drogues d’abus. Cela pose des défis importants pour comprendre les conséquences métaboliques de l'abus de drogues même après arrêt de la consommation et mettre en œuvre des interventions appropriées sur ces populations. Ce projet a pour but de mieux comprendre la manière dont la cocaïne influence durablement le métabolisme énergétique au cours de l'abstinence à plusieurs niveaux (organisme entier, tissus et marqueurs plasmatiques) ; notamment en réponse à un régime obésogène.
Bénéfices attendus
Les données issues de ce projet visent à améliorer la santé humaine ; en particulier celle de populations consommatrices chroniques de drogue. Cette étude permettra de mieux comprendre les conséquences métaboliques de l'abus de drogue. Elle fournira de nouvelles pistes d’exploration visant à mettre en œuvre une prise en charge et des interventions appropriées sur les populations addictes. Les bénéfices attendus du projet sont de générer des données permettant de comprendre les altérations durables de l'équilibre énergétique à plusieurs échelles biologiques (marqueurs moléculaires tissulaires et plasmatiques, organisme entier) induites par la prise chronique de drogue. A terme et en complément d’études chez l’Homme, ces recherches sont essentielles pour identifier les altérations physiopathologiques durables de l’addiction aux drogues pour améliorer la prise en charge des personnes dépendantes.
Procédures
Certains animaux recevront un psychostimulant en intraveineux pendant 10 sessions d'une durée de 6h chacune. Pour cela, l'implantation d'un cathéter sera nécessaire et réalisée lors d'une procédure chirurgicale unique d'une durée de 20-30minutes. Le test de tolérance au glucose sera mené sur des animaux vigiles, jusqu'à 3 fois par animal. Pour cela, une administration intrapéritonéale de solution de glucose sera réalisée. Ce geste dure 10 à 15 secondes par animal. Sept prélèvements de sang au niveau de la queue seront réalisés par ponction de la veine caudale afin de recueillir une goutte de sang par prélèvement. La durée totale de la manipulation (contention, ponction, prélèvement) sera de 30 secondes par animal. Les prélèvements s'étaleront sur deux heures. Des prélèvements de matières fécales émises spontanément seront réalisés sur animaux vigiles. Certains animaux recevront un aliment obésogène pendant 4 à 8 semaines. Pendant la période sous régime obésogène, entre deux et quatre examens IRM par animal seront réalisés sous anesthésie.
Impact sur les animaux
Dans le cadre de ce projet, plusieurs types de nuisances sont susceptibles d’être observés. Les chirurgies réalisées sous anesthésie peuvent entraîner un inconfort transitoire au réveil ainsi que des douleurs post-opératoires, lesquelles seront atténuées par l’administration d’antalgiques. La pose et le maintien d’un cathéter intraveineux peuvent provoquer une gêne légère pendant la durée de l’expérience. L’exposition chronique à la cocaïne est susceptible d’induire un stress modéré et transitoire chez certains rats. La période de sevrage peut également s’accompagner d’un stress dans les premiers jours suivant l’arrêt de l’exposition à la cocaïne. Les phases d’isolement des animaux sont associées à un stress modéré. La mise en place d’un régime alimentaire obésogène entraîne une prise de poids, une diminution de l’activité locomotrice ainsi qu’une perturbation du métabolisme. Les tests de tolérance au glucose impliquent des administrations par voie intrapéritonéale et une manipulation fréquente qui peuvent générer un stress. Enfin, la réalisation d’IRM sous anesthésie peut occasionner un stress court et transitoire au moment de l’endormissement et du réveil. Malgré les efforts de raffinement, on ne peut exclure, (i) un stress thermique dû à l'anesthésie ou à certaines séquences d'imagerie (ii) le réveil de l'animal en cours d’examen ou (iii) un stress lors de l'installation de l'animal.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour récupérer les tissus biologiques, indispensables pour mener les expérimentations en lien avec les questions de recherche du projet
Remplacement
Bien que nous menions en parallèle un suivi des paramètres de santé métabolique de patients humains addicts à la cocaïne, le modèle humain possède plusieurs limites majeures pour répondre aux objectifs de notre projet. Notamment, il ne permet pas un contrôle précis de paramètres tells que la dose administrée, la durée d’exposition, ainsi que la qualité et la composition du produit consommé, ni la polyconsommation fréquemment associée. Ces facteurs constituent des variables importantes susceptibles d’influencer les effets métaboliques observés. Cette étude vise à comprendre les altérations des régulations physiologiques impliquées dans la balance énergétique et les conséquences durables de l’exposition à la cocaïne à l’échelle de l’organisme entier. Cela nécessite la présence d’interactions inter-organes, et inter-systèmes physiologiques, intactes et fonctionnelles. Bien que des approches alternatives existent, telles que les organoïdes, celles-ci ne récapitulent que partiellement et de façon isolée les fonctions physiologiques d’un organe, il n’existe pas à ce jour de système permettant de reproduire les interactions systémiques complexes nécessaires à l’étude de la régulation énergétique à l’échelle de l’organisme. A l’heure actuelle, il n’existe pas de modèle in silico validé permettant de réaliser cette étude. Ce projet de recherche nécessite donc de travailler avec un modèle animal permettant de maintenir les interactions inter-organes et de contrôler les paramètres d’exposition à la cocaïne.
Réduction
Le nombre d’animaux prévu dans ce projet est le nombre minimal permettant d'assurer que des différences biologiquement pertinentes et robustes puissent être détectées grâce à l'emploi d'analyses statistiques adaptées.
Raffinement
Le bien-être des animaux est pris en compte à chaque étape par une surveillance régulière de l’état de santé des animaux (alimentation, apparence, comportement). Le suivi du poids et une observation clinique quotidienne des rats permettront de prévenir la survenue de problèmes potentiels. Des points limites stricts et spécifiques à chaque procédure seront appliqués. Un animal atteignant un des points limites définis nécessitant une intervention est pris en charge sans délai. Les rats sont hébergés dans un environnement à température et humidité contrôlées, avec un enrichissement dans la cage fourni par l’animalerie (stick ou pièce de bois à ronger pour assouvir leur besoin naturel de ronger ; du matériel pour réaliser un nid ; un objet leur permettant de se mettre à l’abri) avec un accès à l’eau et à la nourriture ad libitum. Les procédures débuteront après une période d’acclimatation à l’animalerie. Lors des chirurgies un recours à une anesthésie générale, additionnée d’une anesthésie locale en présence d’antalgiques, ainsi que d’un maintien de la température par tapis chauffant sera effectué. Un traitement antalgique sera poursuivi en postopératoire. Une familiarisation à l'expérimentateur sera réalisée avant le début de la procédure. Les rats seront familisarisés à l’injection intrapéritonéale et à la contention pour réduire le stress lors des tests nécessitant ces gestes. Les gestes techniques seront réalisés par des personnels formés et expérimentés. Les prélèvements de matières fécales sont réalisés par excrétion spontanée de l’animal. Le volume et la fréquence des prélèvements sanguins sont limités au strict nécessaire et le volume sanguin est reconstitué après le prélèvement par une administration de solution saline stérile tiède. La réalisation des procédures en phase nuit (phase d’éveil) prend en compte le rythme circadien des rats.
Choix des espèces
Le rat est l’animal le plus utilisé pour l’étude de l’addiction aux drogues dans les modèles animaux. En effet, les rats ont des réponses aux drogues qui sont similaires à celles de l’humain et ils s’auto-administrent toutes les drogues abusées par l’humain de façon spontanée, ce qui n’est pas le cas avec d’autres espèces, pour lesquelles la réalisation de tâches opérantes modélisant l’addiction est plus difficile à obtenir. Nous avons décidé de travailler sur individus adultes pour éviter les effets liés au développement d’une part et au vieillissement d’autre part.
Analyse des synapses néoformées après thérapie cellulaire dans un modèle de traumatisme cérébral chez la souris (1/3)
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
440 souris immunodéficientes vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Sous anesthésie, 250 d'entre elles subissent une lésion d'une zone du cerveau qui commande les mouvements, 190 reçoivent une semaine plus tard une greffe de neurones issus de cellules souches humaines, et toutes passent par une chirurgie de marquage cérébral, parfois avec la pose d'un dispositif d'enregistrement. 180 souris, soumises à une restriction alimentaire, enchaînent 25 séances d'une heure de tests de motricité et d'apprentissage récompensés par des pastilles sucrées, sans que ces tests soient nommés. La lésion peut réduire l'usage d'une patte, alors que les greffes pourraient seulement, à plus long terme, aider à préparer des essais chez l'humain après un traumatisme crânien. Sur le remplacement, le porteur affirme qu'il n'est "pas encore possible de modéliser un cerveau de mammifère" in vitro ou in silico.
Objectifs
Chaque année, environ 155 000 personnes en France subissent un traumatisme crânien, qui peut provoquer des séquelles neurologiques importantes. Le cerveau a une certaine capacité à se réparer, mais celle-ci reste limitée, notamment pour créer de nouveaux neurones ou reconnecter les circuits abîmés. Aujourd’hui, les traitements disponibles ne suffisent pas à restaurer complètement les fonctions perdues après une lésion cérébrale. Notre projet propose une approche innovante : utiliser des greffes de neurones pour remplacer les cellules détruites et aider le cerveau à récupérer. Pour cela, nous utilisons des neurones moteurs dérivés de cellules souches humaines, capables de s’intégrer dans le tissu cérébral endommagé. Le projet se déroulera dans trois établissements utilisateurs (EU), chacun spécialisé dans un aspect clé de la recherche : EU1 – Lésion et transplantation : Étudier comment les neurones greffés survivent et s’intègrent dans le cerveau endommagé. EU2 – Analyse des synapses : Observer la formation de nouvelles connexions entre les neurones greffés et les circuits existants pour comprendre comment ils communiquent. EU3 – Analyse fonctionnelle par tests de comportement : Évaluer l’impact de la greffe sur les mouvements et les comportements, afin de mesurer la récupération fonctionnelle. En réunissant ces expertises complémentaires, ce projet vise à faire progresser la recherche préclinique et à ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les patients ayant subi un traumatisme crânien.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à mieux comprendre si des neurones greffés peuvent réparer un cerveau lésé après un traumatisme. En étudiant comment ces cellules s’intègrent et fonctionnent dans le cerveau, il permettra d’évaluer leur capacité à restaurer certaines fonctions, notamment motrices. Les résultats attendus pourraient contribuer au développement de nouvelles approches thérapeutiques pour les patients souffrant de lésions cérébrales. À plus long terme, ces travaux pourraient aider à préparer de futurs essais cliniques chez l’humain.
Procédures
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : EU1 : - Création d’une lésion au niveau d’une région du cerveau impliquée dans le contrôle des mouvements, sous anesthésie générale (durée : environ 15 minutes). Cette intervention concernera 250 animaux. -Greffe de neurones dérivés de cellules souches dans la zone cérébrale lésée, réalisée une semaine après la lésion sous anesthésie générale (durée : environ 20 minutes). Cette intervention concernera 190 animaux. EU2 : -Intervention chirurgicale sous anesthésie générale permettant de marquer certaines cellules du cerveau ou de suivre leur activité (durée : environ 30 minutes). Cette intervention concernera l’ensemble des 440 animaux. -Chez une partie des animaux, mise en place au cours de la même intervention d’un dispositif permettant de mesurer l’activité cérébrale (durée supplémentaire : environ 20 minutes). Cette intervention concernera 180 animaux. EU3 : -Tests de motricité et d’apprentissage réalisés sur animaux éveillés, avec utilisation de récompenses alimentaires (pastilles sucrées). Les sessions dureront environ 60 minutes, à raison de 25 sessions par animal. Cette phase concernera 180 animaux.
Impact sur les animaux
Après l’anesthésie et les interventions chirurgicales, les animaux peuvent présenter un inconfort temporaire au réveil, une légère perte de poids, ainsi que des effets liés à la chirurgie, comme un risque de saignement et de douleur après l’opération, pris en charge par des traitements adaptés. La lésion réalisée dans le cerveau peut entraîner une diminution modérée de la capacité à utiliser une patte. Lors des tests de comportement, les animaux sont soumis à une légère restriction alimentaire afin de les motiver à réaliser les tâches. Cette restriction est encadrée et surveillée, mais peut entraîner une perte de poids modérée.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure expérimentale. Cette étape est indispensable afin de pouvoir prélever les tissus cérébraux nécessaires aux analyses scientifiques prévues dans ce projet. Ces analyses biologiques ne peuvent pas être réalisées autrement et sont essentielles pour répondre aux objectifs de recherche.
Remplacement
Dans ce projet, nous souhaitons étudier la possibilité de la réparation du cerveau lésé sur le plan neuroanatomique et fonctionnel. Les symptômes cliniques des traumas crâniens qui nous intéressent concernent la motricité. De ce fait, la nécessité de modèles animaux apparait essentielle à l’étude de cette pathologie. Ces approches nécessitent la présence du réseau neuronal qui est uniquement accessible dans des modèles d’animaux intègres et donc vivants. De nos jours, il n’est pas encore possible de modéliser un cerveau de mammifère in-vitro ou in- silico, qui nous permettrait d’étudier l’effet bénéfique de la transplantation sur la motricité.
Réduction
Une première étape correspond à une étude pilote visant à valider les différents protocoles, en utilisant le nombre minimal d’animaux nécessaire. La poursuite du projet dépendra de la validation de cette étape : si les protocoles ne sont pas validés, les étapes suivantes ne seront pas réalisées. Pour les phases suivantes, le nombre d’animaux a été défini de manière à obtenir des résultats fiables tout en limitant leur utilisation au strict nécessaire. Les animaux seront répartis de manière équilibrée entre mâles et femelles. Les résultats obtenus seront analysés à l’aide de méthodes statistiques adaptées afin de comparer les différents groupes et d’identifier les effets de la lésion et de la greffe. Au total, le projet nécessitera au maximum 440 souris.
Raffinement
Les conditions d’élevage et d’hébergement seront optimisées (hébergement en groupe dans des locaux adaptés avec enrichissement du milieu adapté à l'espèce : matériel de nidification et tunnel). Les souris ont un phénotype dommageable (immunodéficience), mais ce phénotype ne s'exprime pas dans nos conditions d'hébergement en portoirs ventilés. Lors de la chirurgie nous aurons recours à l’anesthésie générale avec analgésie et contrôle de la température corporelle à l'aide d'un tapis chauffant. Un traitement antalgique sera poursuivi en postopératoire durant 48h. Les animaux seront transportés dans un véhicule climatisé, équipé pour assurer des conditions optimales de température, ventilation et réduction du bruit. Des cages de transport agréées, adaptées à l'espèce et conformes à la réglementation, seront utilisées. Le transport et les cages seront soumis aux exigences liée au statut sanitaire des animaux. À l’arrivée sur le site d’accueil, une période d’acclimatation de 7 à 14 jours sera observée. Durant cette phase, aucun acte expérimental ne sera réalisé. Les animaux seront surveillés quotidiennement afin d’assurer leur adaptation et prévenir tout signe de stress ou de pathologie. Avant le début des tests de comportement, une habituation à l'expérimentateur sera réalisée (3 fois/semaines sur 2 semaines). Durant toute la procédure, les animaux feront l’objet d’un suivi quotidien de leur état de santé (alimentation, apparence, comportement) et des actions seront mises en place en cas de problème(s) observé(s), avec la mise en place d’une grille de score, avec l’utilisation de points limites adaptés et gradés, d’un arbre décisionnel et de critères d’arrêt de souffrance.
Choix des espèces
La souris est l'espèce la plus utilisée pour les modèles animaux dans le domaine des neurosciences. En effet, il est possible de mimer chez la souris les lésions du cortex moteur qui peuvent survenir chez l'Homme dans différentes situations (accident de la route, traumatisme crânien, AVC...) Le modèle de lésion du cerveau chez le rongeur est très référencé dans la littérature et nous le maitrisons au sein du laboratoire. Nous utiliserons des souris immunodéficientes, car ce modèle est nécessaire pour permettre l’implantation de cellules d’origine humaine sans risque de rejet du greffon. Nous utiliserons des souris âgées de 3 à 4 mois lors du début de l'étude. Nous souhaitons travailler sur des souris adultes matures ce qui correspond à l'âge où le développement biologique est passé, mais pas encore affecté par la sénescence.
Étude de biodistribution par imagerie optique in vivo (IVIS) et pharmacocinétique d’anticorps à usage thérapeutique couplés à des fluorophores chez la souris
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Tests réglementaires
- Autres tests de tolérance et d’efficacité
3 000 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, chacune recevant un anticorps anticancéreux couplé à un marqueur fluorescent, puis des prises de sang répétées sans anesthésie et des anesthésies à l'isoflurane pour des séances d'imagerie de cinq minutes à une heure. Une partie peut porter des tumeurs humaines greffées sous la peau ou dans l'organe d'origine, sur des souches immunodéprimées comme les souris nude ou NSG. Le porteur chiffre à 90 % la réduction permise par l'imagerie, 20 souris au lieu de 200 pour une étude de quatre candidats, sans expliquer comment il arrive à un effectif total de 3 000. Il déclare 500 souris réutilisées et précise que les souris non entrées en protocole serviront à entraîner le personnel aux gestes techniques avant d'être mises à mort, comme toutes les autres en fin de procédure.
Objectifs
En France le cancer est la deuxième cause de mortalité. Le développement de nouvelle thérapie ciblée est essentiel pour guérir des patients atteints de cancers résistants aux thérapies conventionnelles comme les chimiothérapies. Ce projet s’inscrit dans une démarche de criblage et de sélection de candidats thérapeutiques de nature protéique, tels que des anticorps ou des anticorps conjugués, afin d’identifier les molécules présentant le profil le plus pertinent pour une progression en développement préclinique. Pour ce type de biomolécules, la caractérisation de la biodistribution dans les tissus sains et tumoraux constitue un paramètre déterminant, car elle permet d’anticiper à la fois le potentiel d’efficacité, la sélectivité de ciblage et les risques de toxicité associés. L’objectif du projet est d’évaluer, chez la souris, la biodistribution et la pharmacocinétique de protéines thérapeutiques couplés à des fluorophores. Concernant la biodistribution, la stratégie expérimentale repose sur l’utilisation de l’imagerie optique non invasive par IVIS Spectrum, permettant de suivre de manière longitudinale la distribution tissulaire des molécules après administration. Concernant la pharmacocinétique, la stratégie expérimentale repose sur l’analyse d’échantillon sanguin, permettant d’obtenir la demi-vie (t₁/₂), la clairance (Cl), le volume de distribution (Vd), la concentration maximale (Cmax), le temps pour atteindre cette concentration (Tmax) et l’aire sous la courbe (AUC). Le projet pourra être décliné dans plusieurs contextes expérimentaux complémentaires, incluant la biodistribution et/ou pharmacocinétique en tissus sains, des modèles de xénogreffes tumorales sous-cutanées ou orthotopiques établies à partir de lignées humaines chez des souris immunodéficientes, ainsi que des modèles syngéniques chez des souris immunocompétentes. Ces deux méthodes complémentaires (biodistribution et pharmacocinétique) permettront de déterminer les modalités d’administration du médicaments (dose et fréquences), lors des premiers essais cliniques.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à générer, ensemble ou indépendamment, des données précliniques de biodistribution tissulaire et de pharmacocinétique, de candidats médicaments de type thérapie ciblée anticancéreuse. Ce projet générera des données essentielles pour guider la sélection et l’optimisation de candidats médicaments en oncologie, en évaluant leur spécificité de ciblage tumoral ainsi que les éventuels sites d’accumulation on-target ou off-target. L’imagerie IVIS non invasive permettra d’obtenir des informations cinétiques clés, tout en réduisant le nombre d’animaux nécessaires par rapport aux approches classiques impliquant de sacrifier les animaux pour prélever les organes pour analyser leur contenu en candidats médicaments. En intégrant des approches de réduction du nombre d’animaux (via le suivi longitudinal sur un même individu), ce projet s’inscrit pleinement dans une démarche éthique et scientifique rigoureuse. À terme, les données générées contribueront à accélérer le développement de thérapies ciblées innovantes contre le cancer, avec un fort potentiel de transposition vers l’Homme grâce à la pertinence translationnelle du modèle utilisé.
Procédures
1/ Après une semaine de stabulation, les souris seront pesées (maximum 1 min). 2/ Une contention suivie d'une injection/prélèvement sur animal vigile sont prévues sur chaque animal (1 à 3min) : #Lors de l’injection des candidats médicaments (t-0). # Lors de chacun des prélèvements sanguins. (maximum 1 min) 3/ En fonction des expériences, un prélèvement sanguin terminal de grand volume (3 min), pouvant induire un arrêt cardiaque, sera pratiquée sous anesthésie/antalgie générale sans réveil (maximum 3 min), suivi d'une mise à mort par dislocation cervicale, ou surdosage d’anesthésique (maximum 1 minute).
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sont limitées et transitoires (1 à 5min) : stress lié aux manipulations (pesage, contention, injection), inconfort lié aux prélèvements sanguins (volumes préférentiellement inférieurs à 7,5% du volume sanguin circulant (VSC) sur une semaine glissante ou 10% sur deux semaines glissantes pourront ainsi être prélevé en toute sécurité pour l‘animal), anesthésie répétée à l’isoflurane pour les sessions d’imagerie (5-min à 1h par session), et croissance tumorale contrôlée (sous points limites stricts) pour les modèles tumoraux. Aucune souffrance prolongée ni douleur chronique n’est anticipée.
Devenir
Les animaux ayant atteint un point limite par rapport à la grille de score, seront euthanasiés. En fonction des besoins de l'expériences et de l'avis vétérinaire, les animaux inclus en expérience n'ayant pas atteint les points limites seront euthanasiés en fin de procédure. Un prélèvement terminal sans réveil suivi d'une nécropsie pourra être réalisée. Les souris non entrées en protocole seront reformées pour entraînement aux gestes techniques avant d’être mises à mort.
Remplacement
Chaque composé fera l’objet d’une caractérisation approfondie in vitro avant toute étude in vivo, incluant notamment l’évaluation de l’affinité, de l’internalisation, et caractérisation physico-chimique. Cette étape préalable permettra de sélectionner les candidats les plus pertinents et de concevoir les études in vivo de manière optimisée, en définissant les doses, les points cinétiques et les contrôles les plus informatifs. La biodistribution systémique et pharmacocinétique d’une protéine dépend d’interactions dynamiques entre la molécule, la vascularisation, les différents organes exprimant la cible, le microenvironnement tumoral, et les systèmes de clairance et de distribution qui ne peuvent pas être reproduits par des modèles in vitro ou in silico.
Réduction
L’imagerie IVIS constitue la principale stratégie de réduction du projet, car elle permet un suivi longitudinal des mêmes animaux au cours du temps et limite ainsi le recours à des groupes satellites dédiés. Dans les modèles de souris porteuses de tumeurs, cette approche permet d’évaluer simultanément la biodistribution du composé et son activité antitumorale, sans nécessiter une étude d’efficacité distincte menée en parallèle. Cette stratégie peut permettre une réduction substantielle du nombre d’animaux utilisés, en regroupant au sein d’un même groupe expérimental les évaluations de pharmacocinétique, de biodistribution tumorale et d’efficacité (jusqu’à 85% de réduction). Par exemple, une étude classique de biodistribution prévoit sans utilisation de l’IVIS, 10 points de mesures totales sur 28 jours avec mise à mort (MAM) des animaux systématiquement pour prélèvement des organes, afin de mesurer la biodistribution. A raison de 5 animaux par groupes et 4 différents candidats médicaments, il peut être utilisé :10*5*4 = 200 animaux. Grâce à l’utilisation de l’IVIS, pour cette étude il n’y aurait pas besoin de MAM les animaux ceci permettra une diminution très significative du nombre d’animaux – suivi via IVIS : 5*4 = 20 animaux, une réduction de 90% (180 animaux). Également, les animaux nous inclus dans l’étude pourront être réutilisé si nécessité pour formation.
Raffinement
Les animaux seront hébergés par groupe sociaux de 2 à 5 dans des cages transparentes, aux dimensions adaptées, avec un accès à l’eau et à la nourriture ad libitum et un enrichissement de l’environnement (cellulose pour nidification, tunnels, bâtons à ronger, graines de tournesol…). Les conditions sanitaires permettent que leur phénotype ne soit pas dommageable. Un système de surveillance 7/7 est mis en place au sein de l'EU pour le suivi des animaux. Les animaux inclus dans la grille de score n’atteignant pas les critères éthiques de mise à mort recevront des soins conservateurs adaptés dès que nécessaire (alimentation et abreuvement facilités, réchauffement...). Une surveillance comportementale et physiologique poussée des animaux ainsi que la définition d’une grille de score adaptée et suffisamment prédictive permettra d’anticiper et éviter au mieux toute souffrance animale. La surveillance des animaux sera quotidienne et les prises de mesure seront effectuées au moins deux fois par semaine avec une analyse scorée des critères physiques et comportementaux, du poids corporel, du volume tumoral et de la qualité de la tumeur. Également, il sera privilégié des techniques de microsampling pour collecter le sang, méthode moins invasive.
Choix des espèces
La souris est l’espèce de choix pour ces études pour les raisons suivantes : (1) Disponibilité de souches immunocompétentes, immunodéprimées et humanisées ainsi que de modèles tumoraux humains (xénogreffe) et murins (syngénique) bien établis ; (2) imagerie IVIS calibrée et optimisée pour le petit animal. La souche CD-1 (immunocompétente), et la souche CB17-SCID (immunodéprimée) seront principalement utilisées. Cependant, les souches Balb/c, C57BL/6, C3H, Tg32…(immunocompétentes) et Balb/c nude, Tg32 SCID, NXG, NSG... (immunodéprimées) pourront également être utilisées selon les besoins définis au préalable par les études de tumorogénèse, ainsi que du profil des candidats médicament qui seront testés. Les souris pourront être livrées à partir de 4 semaines. Les souris seront toutefois utilisées préférentiellement à partir de 7 semaines, comme considérées adultes permettant l’établissement de xénogreffes reproductibles, pharmacologie représentative des candidats médicaments (organes de clairance mature), comparabilité avec les données pharmacologiques existantes et pour les souris immunocompétentes, un système immunitaire mature.
Rôles des microglies dans le développement de la barrière hémato-encéphalique
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Des souris gestantes reçoivent une injection qui déclenche une réaction inflammatoire, des antibiotiques dans l'eau de boisson ou une substance qui provoque une mise bas prématurée avec un risque de dystocie, et les souriceaux nés avant terme peuvent présenter un défaut de tétée ou de croissance. 5 360 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, pour étudier comment se forme, pendant la vie fœtale, la barrière qui protège le cerveau. Elles sont identifiées par phalangectomie, l'amputation d'une phalange, dont le porteur reconnaît qu'elle provoque une douleur brève. Toutes sont mises à mort à l'issue, mères et petits compris, à différents stades de développement, pour un prélèvement complet des organes que le porteur juge incompatible avec leur survie.
Objectifs
Le cerveau est protégé par une barrière naturelle qui contrôle les échanges entre le sang et le tissu cérébral. Cette barrière joue un rôle essentiel dans le développement et le bon fonctionnement du cerveau. Des anomalies de cette protection sont observées dans de nombreuses maladies neurologiques et psychiatriques, mais les mécanismes à l'origine de ces anomalies restent encore mal compris. Au cours du développement avant la naissance, certaines cellules immunitaires présentes dans le cerveau participent à sa maturation et pourraient également contribuer à la mise en place de cette barrière protectrice. Les interactions entre ces cellules et les vaisseaux sanguins du cerveau sont cependant encore peu connues. L'objectif de ce projet est de mieux comprendre comment cette barrière protectrice se forme pendant la vie fœtale et comment les cellules immunitaires du cerveau participent à son développement. Le projet étudiera également l'influence de certains facteurs pouvant modifier le développement du cerveau avant la naissance, comme une inflammation pendant la grossesse, une modification du microbiote maternel ou une naissance prématurée. Ces travaux permettront d'améliorer les connaissances sur le développement normal du cerveau et sur les mécanismes pouvant conduire à son altération. À plus long terme, ils pourraient contribuer à identifier de nouvelles pistes pour prévenir ou traiter certaines maladies affectant le cerveau dès le début de la vie.
Bénéfices attendus
Les troubles psychiatriques et neurologiques représentent un enjeu majeur de santé publique, car ils sont une des principales causes de handicap dans le monde. Parmi eux, certaines maladies comme la schizophrénie et les troubles du spectre de l’autisme concernent chacune environ 1 % de la population. Elles se manifestent par des difficultés très diverses, qui peuvent apparaître tôt dans la vie pour l’autisme, et plutôt à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte pour la schizophrénie. Les personnes concernées peuvent notamment rencontrer des difficultés de concentration, d’attention et de mémoire, souvent présentes dès l’enfance et liées à un développement cérébral qui diffère de la norme. Les traitements disponibles permettent surtout d’atténuer certains symptômes, mais restent limités, ce qui rend nécessaire une meilleure compréhension de ces troubles afin de pouvoir proposer à l’avenir des approches plus efficaces. Le cerveau se développe très tôt, notamment grâce à des mécanismes complexes encore mal connus. Certaines cellules présentes dans le cerveau jouent un rôle de “nettoyage” et de protection, tandis que d’autres participent à la mise en place des protections naturelles qui séparent le cerveau du reste du corps. Le fonctionnement de ces processus au tout début du développement est encore peu compris. Des perturbations de ces étapes précoces pourraient être impliquées dans différents troubles du développement du cerveau observés chez l’humain. Mieux comprendre comment ces mécanismes s’organisent pourrait, à terme, aider à identifier des pistes pour agir plus tôt dans la vie, notamment pendant la grossesse ou chez les nouveau-nés, afin de mieux prévenir ou limiter certaines difficultés de développement cérébral.
Procédures
Une injection, quelques secondes Administration d’un composé pharmacologique dans la nourriture pendant la gestation. Administration d’antibiotiques dans l’eau du biberon au moins une semaine avant la mise en accouplement et pendant toute la durée de la gestation. Gavage quelques secondes, une à 2 fois
Impact sur les animaux
Les contentions et les injections (intrapéritonéale, sous-cutanée) induisent un stress transitoire et une gêne brève au point d'injection, sans conséquence durable. Le gavage entraîne une gêne passagère non douloureuse liée à la contention. L'identification par phalangectomie, réalisée en animalerie d'élevage, provoque une douleur brève. Gavage chez la femelle gestante ; injection sous-cutanée chez le souriceau de la substance A: quelques cas de dystocie possibles chez la femelle gestante. Substance B : injection intrapéritonéale unique chez la femelle gestante : réponse inflammatoire systémique transitoire, au plus une altération légère de l’état général (hypoactivité, piloérection, baisse ponctuelle de l'appétit) régressant en 24–48 h. Antibiotiques dans l'eau de boisson : inconfort digestif léger, baisse transitoire de la consommation, modification des fèces. Substance C : injection sous-cutanée unique chez la femelle gestante à E17.5 : mise bas prématurée avec risque de dystocie ou de comportement maternel inadapté ; les nouveau-nés prématurés peuvent présenter un défaut de tétée, de croissance ou de coloration cutanée.
Devenir
Tous les animaux inclus dans ce projet, ainsi que les mères et leurs petits à différents stades de développement, seront mis à mort à l’issue des procédures expérimentales. Cette décision est justifiée par la nécessité de réaliser des analyses sur les tissus et organes concernés afin de répondre aux objectifs scientifiques du projet. Ces analyses nécessitent un prélèvement complet et immédiat des organes, ce qui n’est pas compatible avec la survie des animaux. Par ailleurs, les animaux ne peuvent pas être réutilisés dans d’autres procédures expérimentales, ni replacés dans d’autres projets, en raison de la nature des interventions réalisées et des stades précoces de développement concernés. De plus, la réutilisation ou le maintien en vie des animaux ne permettrait pas d’obtenir les informations scientifiques attendues, qui reposent sur une analyse fine et exhaustive des tissus à un instant donné du développement. Enfin, aucun placement ou adoption n’est envisageable, compte tenu des caractéristiques des animaux utilisés et des conditions expérimentales spécifiques du projet. Ainsi, la mise à mort des animaux en fin de procédure constitue une étape indispensable pour garantir l’obtention des résultats scientifiques, tout en respectant les exigences réglementaires et éthiques en vigueur.
Remplacement
L’étude du rôle de certaines cellules du cerveau et de la mise en place des protections qui séparent le cerveau du reste de l’organisme pendant le développement nécessite d’observer un organisme vivant dans son ensemble. En effet, ces processus précoces dépendent de nombreux signaux provenant de différentes parties du corps, notamment des messages chimiques et biologiques liés au développement, au système immunitaire, à la circulation sanguine et à l’environnement de la mère. Ces signaux agissent de manière coordonnée et influencent la manière dont les cellules du cerveau se développent, se déplacent et s’organisent pour former des structures fonctionnelles. Ces mécanismes sont très complexes et ne peuvent pas être reproduits de manière fiable en laboratoire dans des systèmes simplifiés. Les modèles cellulaires ou de culture ne reproduisent pas l’ensemble des interactions entre les différents organes et ne permettent pas de prendre en compte la diversité des signaux présents dans un organisme en développement. De même, les modèles informatiques ne permettent d’étudier que des processus déjà bien connus et ne sont pas adaptés à l’exploration de mécanismes encore mal compris. Ainsi, l’observation dans un organisme vivant reste nécessaire pour comprendre comment ces processus s’organisent naturellement au cours du développement. Dans un premier temps, certaines pistes seront explorées dans des systèmes cellulaires afin de réduire le recours aux modèles vivants lorsque cela est possible, notamment pour identifier des mécanismes simples ou des éléments impliqués dans les observations réalisées.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet a été réduit autant que possible tout en garantissant des résultats fiables et exploitables. Le plan expérimental a été conçu pour obtenir suffisamment d’échantillons permettant de confirmer les observations et de tenir compte des différences naturelles entre individus, comme le sexe, les variations génétiques ou les conditions de développement liées à l’environnement maternel. Afin de limiter ces variations, les animaux seront issus de croisements contrôlés permettant de comparer, au sein d’une même portée, des individus présentant des profils comparables. Cette approche réduit les différences entre groupes et diminue ainsi le nombre d’animaux nécessaires pour obtenir des résultats interprétables. La taille des groupes a été définie sur la base de l’expérience acquise lors d’études similaires, en veillant à atteindre un équilibre entre la fiabilité des analyses et la réduction du nombre d’animaux. Les effectifs retenus permettent de réaliser des analyses statistiques adaptées à de petits groupes, tout en conservant une puissance suffisante pour détecter des différences biologiques pertinentes. Par ailleurs, les analyses seront réalisées de manière progressive : si les premières observations ne montrent pas d’effet clair, les analyses complémentaires prévues ne seront pas poursuivies, afin d’éviter l’utilisation d’animaux supplémentaires inutilement. Enfin, certaines femelles reproductrices pourront être réutilisées pour de nouveaux accouplements après le sevrage de leur portée, ce qui permet de limiter le recours à de nouveaux animaux reproducteurs. Grâce à l’ensemble de ces mesures, le nombre total d’animaux nécessaires pour ce projet a été fortement réduit, tout en garantissant la qualité scientifique des résultats.
Raffinement
Les conditions d’élevage, d’hébergement, de soins et les méthodes utilisées sont conçues et mises en œuvre de manière à minimiser autant que possible toute douleur, souffrance, angoisse ou dommage durable que pourraient subir les animaux. Un suivi et des évaluations régulières sont réalisés tout au long des projets, avec la définition préalable de points limites et de critères d’arrêt spécifiques et précoces pour chaque protocole, afin de permettre l’interruption des procédures dès l’apparition de signes de souffrance et d’éviter toute aggravation. Plusieurs mesures sont mises en place pour améliorer le bien-être animal, notamment l’enrichissement de l’environnement (dômes en carton, coton, baguettes en bois pour la construction de nids et le comportement naturel), l’apport de gel nutritif en cas de besoin, ainsi que le chauffage des animaux et des cages afin de maintenir des conditions thermiques adaptées. L’ensemble de ces dispositions vise à réduire le stress, favoriser les comportements naturels et améliorer le confort général des animaux, en particulier chez la femelle et les souriceaux. En dehors des périodes d’accouplement, les animaux sont maintenus en groupes sociaux compatibles afin d’encourager les interactions sociales normales. Les animaux ayant subi un traitement, ou dont la mère a été traitée, font l’objet d’une surveillance attentive jusqu’à la fin de la procédure. Si une souris ou un souriceau présente des signes de souffrance ou de stress, tels que la présence de souriceaux hors du nid, une absence de lait dans l’estomac (observable par transparence de l’abdomen), une posture anormale, des anomalies de croissance postnatale, de la prostration, l’absence de nid ou un pelage négligé, l’expérimentateur peut solliciter le vétérinaire afin d’évaluer la situation et de mettre en place un traitement approprié lorsque cela est possible.Anesthésie et analgésie : tous les gestes invasifs sont terminaux, sous anesthésie générale sans réveil.
Choix des espèces
Les souris sont devenues des modèles de choix pour l’étude des fonctions biologiques et des conséquences de leurs perturbations à différents niveaux : comportemental, physiologique et organique. Elles sont également utilisées pour étudier des pathologies humaines. La proximité génétique avec l’homme, combinée à la disponibilité d’un grand nombre de lignées génétiquement modifiées, fait du modèle murin un choix idéal pour répondre à nos questions scientifiques. Le court cycle de reproduction et la petite taille des souris facilitent leur maintien, tout en conservant une espèce relativement proche de l’homme en termes de développement. De plus, la période de gestation courte et le nombre important d’embryons permettent de générer un nombre suffisant d’animaux pour plusieurs expériences à partir de relativement peu de parents. Dans un souci de continuité avec nos études précédentes et afin de tirer parti des nombreux outils génétiques disponibles dans notre laboratoire, nous continuerons d'utiliser ce modèle murin. Les stades sont notés E (jour embryonnaire ; E0.5 = matin de la découverte du bouchon vaginal, gestation d'environ 19 à 20 jours) et P (jour postnatal ; P0 = jour de la naissance). Les stades E14.5, E16.5 et E18.5 encadrent la mise en place de la BHE : vascularisation du cortex et forte prolifération des microglies (E14.5), acquisition des propriétés de barrière (E16.5), maturation avant la naissance (E18.5). P3, P5 et P7 couvrent la première semaine postnatale, période de maturation rapide de la BHE et de second pic de prolifération microgliale. P20 (fin de la période pré-sevrage) et P60 (adulte jeune) permettent d'évaluer la stabilité et les conséquences à long terme des altérations observées. Les interventions maternelles ont lieu à des stades propres à chaque modèle (tamoxifène entre E12.5 et E18.5, PLX3397 de E6.5 à E15.5, LPS ou poly I:C entre E9.5 et E13.5, mifépristone à E17.5), justifiés dans la procédure 1.
Rôle des hormones sexuelles et des récepteurs nucléaires ERalpha et PPARalpha dans le développement et la progression des hépatopathies métaboliques (EU 2/2)
- Recherche appliquée
- Troubles gastrointestinaux
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Des souris femelles subissent une ablation des deux ovaires sous anesthésie, et la moitié des souris du projet reçoit pendant 52 semaines un régime riche en graisses et en sucres, avec six prises de sang à la joue après six heures de jeûne, quatre échographies cardiaques sous anesthésie et 44 heures en cage individuelle. 4 480 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées par dislocation cervicale à l'issue. Après un gavage ou une injection, une incision de la queue sert à prélever une goutte de sang toutes les quinze minutes pendant deux heures, dans un projet qui cherche à comprendre pourquoi les œstrogènes protégeraient les femmes de maladies du foie liées au syndrome métabolique. Le porteur annonce dix souris par groupe, fixées par un calcul de puissance, sans dire combien de groupes mènent au total de 4 480.
Objectifs
Le syndrome métabolique touche actuellement 38% de la population mondiale. Au niveau du foie, les complications de ce syndrome se caractérisent par une accumulation de graisses dans cet organe. Ce stade précoce et bénin peut évoluer vers des stades plus graves, caractérisés par une inflammation et une fibrose conduisant à une dysfonction de l’organe. L’ensemble de ces atteintes hépatiques chroniques, nommées hépatopathies métaboliques (HM), représentent la première cause de transplantation de foie et sont associées à des complications cardiaques. Comprendre les mécanismes contrôlant la progression des HM est crucial pour identifier les patient(e)s à risque et développer des traitements préventifs et/ou curatifs actuellement inexistants. Les données cliniques et scientifiques montrent que les femmes sont protégées de la survenue et de la progression de ces HM et de leurs complications grâce aux hormones sexuelles féminines, les œstrogènes. Dans ce projet nous souhaitons déterminer le rôle de 2 protéines importantes pour le métabolisme des graisses dans le foie dans la progression des HM. Ce projet permettra de comprendre la fonction des hormones sexuelles à l’origine des différences liées au sexe dans la susceptibilité aux HM. Il nécessite l’utilisation d’animaux de laboratoire, car, à l'heure actuelle, les modèles et lignées cellulaires disponibles ne permettent pas de reproduire la complexité du système hormonal et ne conservent pas leurs caractéristiques sexuelles.
Bénéfices attendus
Ce projet apportera donc des connaissances essentielles permettant de comprendre les mécanismes protégeant les femmes du développement de ces maladies. Il permettra l’élaboration de stratégies thérapeutiques préventives et /ou curatives adaptées au sexe contre ces atteintes hépatiques qui représentent aujourd'hui la première cause de transplantation de foie dans le monde.
Procédures
Les animaux anesthésiés subiront une opération chirurgicale de 15 minutes avec utilisation d’antalgique pour limiter la douleur post-opératoire – La moitié des animaux auront une alimentation riche en graisse et en sucre pendant 52 semaines et seront hébergés à thermoneutralité - les animaux vigiles seront placés en isolement pendant 90 à 120 secondes, à trois reprises - A 6 reprises nous serons amenés à effectuer des prises de sang à la joue des souris vigiles après 6 heures de jeûne (1 minute par animal) – A 4 reprises, les animaux anesthésiés auront une échographie cardiaque d’environ 10 minutes pour chaque animal - Les animaux vigiles recevront soit un gavage soit une injection d’une durée de 20 secondes par animal suivi par une incision au niveau de la queue et le prélèvement d’une goute de sang toutes les 15 minutes sur une durée totale de 2h - A 2 reprises les animaux seront transportés dans leurs cages d’origine dans un autre établissement (durée inférieure à 10 minutes) - Les animaux seront mis dans des cages individuelles pour une durée totale de 44 heures. « A la fin de l'expérimentation une prise de sang sur chaque animal vigile sera effectuée et, directement après, il sera mis à mort.
Impact sur les animaux
Pour l’ovariectomie, c'est-à-dire l'ablation des 2 ovaires, comme pour tout autre acte de chirurgie, les risques attendus sont majoritairement des complications post-opératoires comme des infections, hémorragies, des adhérences internes et des problèmes de cicatrisation (fils cassés). De plus, même si la prise en charge de la douleur est totale lors de cette procédure, l’animal peut ressentir une gêne temporaire lors du réveil dont les signes sont le poil hérissé, l’isolement des congénères et/ou une perte de poids supérieure à 10%. Enfin, des fils de suture peuvent être arrachés les jours suivant l’opération. De plus, les animaux pourraient subir plusieurs nuisances ou effets indésirables au cours de leur vie allant d’inconforts à des douleurs légères sur de courtes durées. L’inconfort et/ou le stress pourrait survenir lors des mesures de poids (temps inférieur à 1 min) lors des 52 semaines de régime western diet (régime enrichi en graisse, sucres et cholestérol) ou encore lors de la détermination de leur composition corporelle et des transports entre différents établissements utilisateurs (durée inférieure à 10 min). Des douleurs légères n’excédant pas quelques secondes pourraient survenir lors des prises de sang ou lors des tests de tolérance au glucose ou à l'insuline ou encore lors des injections intrapéritonéales. Également, un stress pourrait être subit par les animaux liés à l’isolation de leurs congénères lors des mesures de la composition corporelle ou des mises en cage à métabolisme.
Devenir
A l'issu de la procédure tous les animaux seront euthanasiés par dislocation des cervicales.
Remplacement
Les effets sur tout l'organisme des hormones sexuelles dont les œstrogènes, synthétisés majoritairement par les ovaires, font intervenir des dialogues inter-organes, notamment centraux, et inter-cellulaires à l’échelle de l’organisme qui restent encore non modélisables par des approches cellulaires. Des modèles alternatifs ont été décrits pour l’étude des HM, notamment des modèles de lignées cellulaires d'hépatocytes incubés avec des cocktails de graisses et de sucres permettant de mimer le stockage de graisses dans les cellules qui est caractéristique des HM. Cependant ces modèles ne permettent pas encore d’étudier l’effet des hormones sexuelles et leur rôle dans le développement de l'inflammation et de la fibrose hépatique, qui sont des éléments majeurs dans le développement des complications liées aux HM. C’est pourquoi le recours à l’expérimentation animale est l’unique approche permettant de comprendre l'impact physiologique des hormones sexuelles à l'échelle de l'organisme.
Réduction
Nous avons soigneusement conçu les expériences pour, à la fois, répondre à nos questions scientifiques et respecter la nécessité de réduire le nombre d'animaux dans la recherche scientifique. Nous utiliserons le plus petit nombre possible d'animaux requis pour cibler nos objectifs en fournissant des résultats statistiquement significatifs, c'est-à-dire 10 animaux par groupe expérimental. Ainsi, le nombre d'animaux a été déterminé par un calcul de puissance et basé sur les résultats antérieurs d'études similaires.
Raffinement
Les animaux sont hébergés dans des cages ventilées conformes à la directive européenne. Du papier et du carton sont fournis pour permettre aux souris de fabriquer des nids et exprimer des comportements naturels. Des tunnels en carton favorisent leur activité physique et leurs interactions sociales. La préhension des animaux se fera grâce à un tube en plastique pour soulever les animaux. Une grille de scoring, en collaboration avec les zootechniciens, permet de surveiller en temps réel l'état de santé et de confort des animaux et d'adapter les conditions expérimentales si nécessaire. Lors de l'ablation des ovaires, la diminution de la température corporelle sera limitée par un tapis chauffant. Un gel occuloprotecteur préviendra le dessèchement des yeux. La douleur et la sédation seront contrôlées par des injections d'analgésiques et l'inhalation d'anesthésiants. Les complications post-opératoires potentielles incluent le développement d’infections, d’hémorragies, d’adhérences internes et des problèmes de cicatrisation. Une injection supplémentaire d'analgésique sera réalisée 6h après l'opération pour éviter toute gêne au réveil. Une surveillance quotidienne sera assurée pendant 7 jours. En cas de signes de douleur (poils hérissés, isolement, perte de poids >10%), une intervention analgésique sera initiée en concertation avec le vétérinaire. Si les symptômes persistent, l’animal sera mis à mort par dislocation des cervicales. En cas de déchirure des fils de suture le lendemain, une réintervention sous anesthésiants et analgésiants sera effectuée sous surveillance stricte. Pour les prélèvements de sang sur animal vigile, les animaux seront laissés au maximum libres de leurs mouvements. Les animaux sont transportés suivant une procédure de transport déclarée lors de l’agrément de l’établissement (cheminement et conditions de transport validés par signature d’une charte de transport). Les animaux sont gardés dans leur cage d’origine pour le transport d’une durée de moins de 10 minutes avant l'euthanasie. Pour les mâles aussi bien que pour les femelles, la répartition des animaux dans les cages n’est pas modifiée par rapport à leur arrivée en zootechnie d’expérimentation.
Choix des espèces
Dans ce projet nous souhaitons étudier le rôle de deux protéines importantes pour le métabolisme des graisses dans le foie et impliquées dans la progression des HM. Donc la souris est le meilleur modèle expérimental car il existe des modèles transgéniques dans lesquels ces protéines ont été supprimées dans le foie spécifiquement. Aussi, dans les études publiées par différentes équipes, les mécanismes métaboliques sont pour beaucoup bien décrits chez la souris, avec une transposabilité à l'Homme élevée. En conséquence, la souris demeure une espèce de choix pour ce projet de recherche basé sur les effets des hormones sexuelles sur la progression des HM et leurs conséquences cardiaques. Les animaux seront utilisés entre 8 et 12 semaines d’âge, correspondant à la phase de fin de croissance et de maturité sexuelle et hépatique.
Évaluation de la contribution du noyau paraventriculaire du thalamus aux mécanismes de l’homéostasie énergétique murine.
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système gastrointestinal
- Système nerveux
1 860 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, toutes tuées pour des prélèvements de tissus. Certaines porteront un cathéter dans l'estomac, pour des perfusions de trente minutes au plus qui peuvent cumuler 17 h 30 par souris. Après une ou deux chirurgies, avec des fibres optiques portées sur la tête, elles passent des tests de comportement que le porteur ne nomme pas, des mesures du métabolisme du glucose et de calorimétrie, et pour une partie d'entre elles des prises de sang toutes les deux semaines. Un régime gras peut durer dix mois, et une souris qui dépasse 70 g sort du protocole pour être tuée, comme celle dont le cathéter se déloge de l'estomac. Le porteur renvoie au "long terme" l'idée que ces méthodes virales "pourraient être plus facilement adaptées" à l'humain que la sleeve ou le bypass gastrique.
Objectifs
Le corps a besoin de maintenir un équilibre entre l'énergie qu'il consomme (la nourriture) et l'énergie qu'il dépense. C'est le cerveau qui pilote cet équilibre : il reçoit en permanence des informations sur l'état énergétique de l'organisme et adapte le comportement alimentaire en conséquence. Quand ce système se dérègle, cela peut conduire au surpoids ou à l'obésité. On pensait autrefois que l'hypothalamus, une région du cerveau, était le seul véritable chef d'orchestre de cet équilibre. Mais on sait aujourd'hui que d'autres zones du cerveau y participent aussi. Parmi elles, une structure appelée le noyau paraventriculaire du thalamus (PVT) semble jouer un rôle important : elle sert de relais, transmettant des informations entre le tronc cérébral et plusieurs autres régions impliquées dans la motivation, les émotions et la prise de décision. De plus en plus d'études montrent que le PVT influence les comportements liés à la nourriture. Mais ces travaux se sont surtout intéressés à "ce qu'on mange" sans regarder "comment le corps gère son énergie" et sans tenir compte du fait que le PVT n'est pas une structure homogène : il contient différents types de neurones selon qu'on se trouve à l'avant ou à l'arrière de cette région. Cette différence anatomique laisse penser que l'avant et l'arrière du PVT pourraient avoir des rôles distincts dans la régulation de l'énergie. Un indice intéressant : une partie des neurones de l'arrière possède un récepteur particulier à la dopamine, ce qui permet de les distinguer précisément des autres. À l'avant, les neurones sont en majorité d'un autre type. On ne sait pas encore si, ni comment, ces deux populations de neurones influencent la façon dont le corps s'adapte sur le plan énergétique et régule la prise alimentaire. Objectifs du projet : 1. Déterminer le rôle respectif des neurones de l'avant et de l'arrière du PVT dans la prise alimentaire et le métabolisme. 2. Étudier le fonctionnement électrique de ces neurones. 3. Identifier vers quelles régions du cerveau ces neurones envoient leurs signaux, et quel rôle jouent ces connexions. 4. Observer comment l'activité de ces neurones évolue dans le temps.
Bénéfices attendus
Les dernières estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) révèlent qu'en Europe, plus de la moitié des hommes et des femmes sont en surpoids, et environ un tiers sont obèses. Cela représente également un fardeau social, économique et sanitaire. Bien que certains traits génétiques (causes monogéniques) aient été identifiés et largement étudiés, il est largement reconnu que le syndrome métabolique est par essence un trouble multifactoriel et multidimensionnel qui englobe des réseaux complexes des maladaptations physiopathologiques. Malgré les progrès et les efforts, nous sommes toujours confrontés à un besoin de stratégies innovantes et plus efficaces contre les troubles métaboliques. La prise alimentaire et la régulation de l’homéostasie énergétique ont souvent été étudiées sous l’angle d’une implication et dysfonctionnement de l’hypothalamus. Cependant, d’autres structures extra-hypothalamiques jouent aussi un rôle clé dans ces processus. Nos résultats préliminaires indiquent que le noyau paraventriculaire du thalamus PVT aurait un rôle central dans la régulation de la prise alimentaire et du métabolisme énergétique. Le projet vise à établir un nouveau cadre conceptuel qui voient dans les neurones aPVT et PVTD2R deux structures pour la régulation des processus physiologiques et physiopathologiques sous-jacents au développement du syndrome métabolique. Nous sommes convaincus que la mise en lumière des aspects intégratifs de la physiopathologie du PVT dans la surconsommation alimentaire sera essentielle pour élaborer et accélérer les stratégies préventives et thérapeutiques. En outre, à long terme, les stratégies virales utilisées pour ce projet pourraient être plus facilement adaptées et transposées aux troubles humains que les procédures chirurgicales invasives actuellement utilisées en thérapie (sleeve gastrectomie, bypass gastrique).
Procédures
Les animaux seront soumis : -pour 7 lots à une chirurgie (7j), puis après une période de repos, à des tests de comportements (7j-15j), de métabolisme du glucose(1j-3j) et/ou de mesure de calorimétrie indirecte(15j). Des prélèvements sanguins sur animaux vigiles seront fait sur deux de ces lots toutes les deux semaines. -pour 2 lots à deux chirurgies qui se feront en une ou deux fois en fonction du bien-être de la souris et de sa capacité à supporter une anesthésie longue. Si cela doit se faire en deux fois les souris auront une phase de repos de 10-15j minimum avant la deuxième anesthésie. Après une période de repos de deux semaines minimum, les lots seront soumis à des tests de comportements (7j-15j), de métabolisme du glucose (7j) et/ou de mesure de calorimétrie indirecte(15j). Des prélèvements sanguins sur animaux vigiles seront fait sur un de ces deux lots toutes les deux semaines.
Impact sur les animaux
Le fait de porter des fibres optiques sur la tête de l'animal pendant les enregistrements peut initialement induire un stress ; de même pour le cathéter gastrique. Cela peut entraîner une immobilité ou une mobilité réduite, ce qui constitue un comportement initialement indésirable cependant les fibres/cathéters étant légers, les animaux s'habituent très rapidement. De plus avant d'imager l'activité neuronale, l'animal sera soumis à plusieurs séances d'habituation d'une durée de 30 min pendant 2 à 3 jours, ce qui lui permettra de s'habituer aux procédures d'enregistrements et de perfusions. Dans le cas d'apparition de croute au niveau du ciment, nous traiterons les animaux selon les recommandations du vétérinaires référents. Les animaux seront suivis les deux-trois premiers jours après chaque chirurgie puis 1 fois par semaine les semaines suivantes. Le cathéter peut également se déloger de l'estomac, ce qui provoque une fuite gastrique en intrapéritonéale. L'animal sera mis à mort immédiatement. Le régime gras provoque une augmentation de la masse corporelle, cette augmentation n'est pas mortelle mais, si une souris atteint un poids supérieur à 70 g, elle sortira du protocole expérimental pour être sacrifiée afin de diminuer sa souffrance. Afin de limiter la prise de masse corporelle, les souris resteront sous régime gras pendant 10 mois maximum. Les souris avec cathéter ne seront infusées qu'au cours des expérimentations. La durée de chaque infusion ne dépassera pas 30 minutes, pour une durée totale maximale de 17 h 30 par souris, soit 9 expériences au total.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour effectuer des prélèvements de tissus.
Remplacement
Dans le cadre de notre projet, nous devons utiliser des souris in vivo. Tout d'abord, nous ne pouvons pas réaliser ces expériences in vitro ou sur cultures de cellules puisque pour notre étude nous avons besoin d'observer les paramètres comportementaux et de physiologie intégrée. De plus, les invertébrés ne possèdent pas les structures cérébrales et endocrines équivalentes aux mammifères pour le contrôle de l'homéostasie énergétique et la régulation de la récompense alimentaire.
Réduction
Les groupes expérimentaux ont été créés en considérant la variabilité biologique entre individus et la complexité des procédures envisagées. Le nombre d'animaux utilisé est fortement lié à la puissance statistique afin de s'assurer avec certitude de la validité des résultats obtenus. Afin d'optimiser nos cohortes et réduire le nombre d'animaux transgéniques générés par croisements nous utiliserons l'ensemble des portées (mâles et femelles). Selon les dessins expérimentaux et les nombres de variables (groupes ; temps ; régimes ; comportements) nos effectifs seront déterminés et nos résultats analysés avec des tests statistiques adaptés. Par rapport aux nombres d'échantillons nous utiliserons principalement des tests paramétriques et si nécessaire des tests non-paramétriques.
Raffinement
Le soin apporté aux animaux par le personnel zootechnique et les expérimentateurs a pour but d'améliorer le bien- être des souris en général, et, de réduire, supprimer ou soulager les douleurs dans les procédures invasives en particulier. Pour chaque source potentielle de stress, des mesures bioéthiques sont prises afin de minimiser toute gêne pour l’animal. Les sources de souffrance et l’angoisse des animaux pourraient provenir des conditions d’hébergement et du régime alimentaire. L’accueil est effectué dans une structure d’animalerie agréée en matériel et en personnel. Le milieu de vie en cages d’hébergement est enrichi par des objets adéquats, comme un nid en coton, bâtons de bois ou tunnels en carton. Une visite quotidienne de l’animalerie est organisée pour vérifier l’absence d’anomalie pour les cages, les biberons, les rations alimentaires et le comportement des animaux. Nos protocoles ont été mis au point de façon à veiller au bien-être animal en améliorant leur environnement et en surveillant leur état de santé : notamment nous chercherons à éviter et limiter la douleur et la souffrance, à assurer des soins pré-, per- et postopératoires adéquats, à recourir à l'anesthésie et à l'analgésie, à appliquer les points limites établis préalablement et, enfin, à utiliser les procédures réglementaires et appropriées de mise à mort.
Choix des espèces
Notre étude repose entièrement sur la physiopathologie intégrée et nécessite du modèle rongeur, notamment la souris car celle-ci permet l’utilisation de stratégies transgéniques et virale qui sont peu développées ou absentes dans d’autres modèles. Toutes les souris seront utilisées à l’âge adulte (au moins 2 mois) afin que les réseaux neuronaux soient stables.
Mise au point et caractérisation d’une nouvelle procédure d’induction d’infarctus du myocarde
- Recherche appliquée
- Troubles cardiaques
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
Sous anesthésie générale, de jeunes porcs de deux mois et demi reçoivent une injection d'alcool dans une artère coronaire qui provoque un infarctus étendu, puis passent des échocardiographies sous sédation, certains pendant quatre-vingt-dix jours de suivi. 20 porcs vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, et le porteur juge "probable" que plusieurs meurent d'un arrêt cardio-respiratoire malgré la réanimation. Il reconnaît que l'infarctus peut être douloureux chez l'humain, mais affirme ne pas avoir observé de douleur chez les porcs, faute de "différences comportementales" avant et après, sans dire comment il les a évaluées. Une seconde chirurgie d'environ deux heures se termine par leur mise à mort, pour prélever le cœur.
Objectifs
L'infarctus du myocarde (crise cardiaque) est une destruction d’une partie du cœur due à un manque de sang et d’oxygène (ischémie). Cela se produit lorsqu’une artère coronaire (vaisseau sanguin apportant le sang et l’oxygène au cœur) s’obstrue. Les lésions forment une zone tissulaire morte dite infarcie qui ne permet plus une bonne contraction du cœur. Il faut savoir qu’il y a environ 100000 infarctus du myocarde en France tous les ans, et que ceux-ci entraînent des séquelles amenant d’importantes hospitalisations pour insuffisance cardiaque chez les patients survivants. Le développement de cette insuffisance cardiaque est lié à un remodelage cardiaque, c’est-à-dire à une modification profonde de la morphologie du cœur. Dans ce contexte, l’objectif principal du projet est de développer et caractériser un modèle porcin reproduisant le remodelage cardiaque consécutif à l’infarctus. L’acte principal est d’injecter directement dans une artère coronaire de l’alcool qui provoque la création d’un thrombus massif induisant ainsi l’infarctus. Ce modèle avec une zone de mort cellulaire étendue et stable et avec une faible variation de lésions est conçu comme un support préclinique pour l’évaluation de nouvelles stratégies thérapeutiques protégeant le cœur contre le remodelage post-infarctus. Actuellement, par leur caractère préclinique, les modèles animaux sont une étape indispensable pour tester des stratégies cardioprotectrices permettant de réduire les conséquences de l’infarctus du myocarde. La fréquence cardiaque, la taille du cœur, l’anatomie coronaire, l’innervation du porc sont très proches de celle de l’Homme. Le plan général du projet est de réaliser un infarctus induit par une alcoolisation et de le caractériser par des échocardiographies et une analyse tissulaire après prélèvement de la totalité du cœur. Seule l’utilisation d’animaux permet d’atteindre l’objectif du projet, qui doit rester proche de la réalité clinique humaine pour rester scientifiquement valable, et l’anesthésie/analgésie seront adaptées afin de n’induire aucune souffrance inutile. Nous pensons obtenir des résultats démontrant la pertinence de cette nouvelle procédure et l’utiliser ensuite dans des projets utilisant des stratégies permettant de lutter contre l’insuffisance cardiaque.
Bénéfices attendus
Le projet permet d’évaluer une nouvelle procédure d’induction d’infarctus du myocarde liée à un fort remodelage. Cela permettra ensuite de tester de manière très prédictive des stratégies de protection cardiaque, dont les résultats bénéfiques à long terme valent autant pour la santé humaine que pour la santé animale, et jouent sur l’amélioration globale de la qualité de vie, grâce à une amélioration de la fonction cardiaque.
Procédures
Chaque animal sera soumis 2 fois à une chirurgie réalisée sous anesthésie générale d’environ 2 heures, dont une sera suivie de la mise à mort. Il est aussi prévu 2 échocardiographies totalement indolore sous sédation d’environ 30 minutes (+2 autres échocardiographies pour les porcs suivi 90 jours). Un total de 60mL de sang sera prélevé pendant les 2 anesthésies.
Impact sur les animaux
Il est probable qu’un certain nombre d’animaux fassent des arrêts cardio-respiratoires, qui malgré toutes les tentatives de réanimation, ne se résoudront pas par une reprise du bon fonctionnement du cœur : ces animaux seront déclarés décédés et exclus du projet. Les nuisances ou effets indésirables per-chirurgicaux sont classiques à toute chirurgie : douleur, hypothermie, saignement, hypercoagulation, infection. Aucun effet indésirable n’est attendu après la mise en place de l’infarctus du myocarde, hormis lorsque les animaux sont suivis sur une longue période, pendant laquelle peuvent subvenir : baisse du poids et de l’appétit, apparition d’œdème, modification du comportement et de la respiration. Les différentes manipulations post-chirurgicales (soins et échocardiographies) n’engendrent aucune nuisance ou effet indésirable, hormis un stress possible de l’animal.
Devenir
Tous les animaux sont mis à mort pour récupérer le coeur afin d'en faire l'étude histologique.
Remplacement
Aucune méthode alternative ne permet actuellement de tester totalement une stratégie d’induction d’infarctus cardiaque sans passer finalement par l’expérimentation animale, et par leur caractère préclinique, les modèles animaux restent une étape indispensable. Seule l’utilisation d’animaux permet d’atteindre l’objectif du projet, qui doit rester proche de la réalité clinique pour rester scientifiquement acceptable.
Réduction
Il est prévu d’utiliser le minimum d’animaux pour chaque lot testé, en contrôlant leur nombre par des méthodes statistiques et en restant en accord avec les études publiées similaires.
Raffinement
Des antalgiques, des anesthésiques et des tranquillisants sont utilisées à des doses adaptées. Il est à noter que chez l’Humain, l’infarctus en lui-même peut entrainer de la douleur, mais dans nos conditions expérimentales, elle n’a pas été constatée (pas de différences comportementales entre avant et après l’infarctus). L’hébergement est conforme à la législation et est adapté au mieux (température, lumière, ventilation) pour assurer le bien-être des animaux. Ils bénéficient quotidiennement de sciure pour satisfaire leurs réflexes de fouissage, et d’objets « manipulables » pour améliorer leur qualité de vie. Des points-limites ont été définis et seront appliqués.
Choix des espèces
L’animal choisi est le modèle le plus adapté pour ce projet, et validé depuis plusieurs années dans notre laboratoire. Le porc, par sa fréquence cardiaque, la taille de son myocarde, son anatomie coronaire, son innervation et l’absence de circulation collatérale native, est un modèle proche de l’Homme. Il permet de réaliser des études précliniques très prédictives sur le plan cardiovasculaire. A 2 mois ½ (30kg), âge minimal souhaité et poids maximal souhaité. Ce sont donc de jeunes animaux sevrés prépubères.
Développement de deux modèles de tauopathie chez la souris pour évaluation du rôle des astrocytes
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
Une injection intracérébrale d'un vecteur viral, avec incision du scalp et pose d'agrafes, doit provoquer chez des souris l'accumulation d'une protéine Tau humaine mutée, dans les neurones ou dans les astrocytes. 408 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour l'étude histologique de leur cerveau. L'objectif déclaré est de reproduire chez la souris la paralysie supranucléaire progressive, et le porteur annonce des troubles de la coordination motrice et de la mémoire, peut-être des mouvements répétitifs. Les souris destinées aux tests vivront avec un enrichissement de cage réduit au minimum, pour ne pas biaiser les résultats, et passeront cinq tests comportementaux qu'il ne nomme pas, d'une durée de trente secondes à vingt-trois heures par jour.
Objectifs
La paralysie supranucléaire progressive (PSP) est une maladie neurodégénérative rare mais sévère. Débutant entre 40 et 60 ans, elle évolue rapidement et se caractérise par une instabilité posturale, des troubles des muscles oculaires, des troubles moteurs progressifs et des déficits cognitifs et comportementaux marqués. À un stade avancé, la marche, la vision, le langage et la déglutition sont fortement altérés, entraînant une perte majeure d’autonomie. Sur le plan neuropathologique, la PSP est définie par l’accumulation anormale de la protéine Tau dans les neurones et les cellules gliales (cellules non neuronales du système nerveux), notamment les astrocytes. Longtemps considérée comme une maladie principalement neuronale, la PSP est désormais reconnue comme impliquant les astrocytes, dont les altérations sont associées à la gravité des symptômes. Cependant, l’absence de modèles animaux fidèles, reproduisant à la fois les lésions neuronales et astrocytaires ainsi que les symptômes cliniques, constitue un frein majeur au développement de thérapies, alors qu’aucun traitement efficace n’existe à ce jour. Ce projet a pour objectif de développer de nouveaux modèles chez la souris de la PSP grâce à des vecteurs viraux exprimant une forme mutée de la protéine Tau, ciblant initialement soit les neurones, soit les astrocytes. Ces modèles permettront de reproduire les lésions clés de la PSP, d’évaluer les déficits comportementaux associés et de déterminer la contribution propre des astrocytes à la pathologie. À terme, ils constitueront des outils précieux pour mieux comprendre la maladie et accélérer le développement de stratégies thérapeutiques innovantes.
Bénéfices attendus
La PSP est la deuxième tauopathie la plus fréquente, après la maladie d’Alzheimer, avec une prévalence estimée entre 1 et 18 personnes pour 100 000, soit environ 5000 à 10 000 patients en France. Cette maladie agressive débute entre 40 et 60 ans et progresse rapidement sur 5 à 10 ans. Mieux comprendre comment les astrocytes participent à la maladie est une question essentielle à poser pour développer de nouvelles pistes thérapeutiques. Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement efficace pour traiter cette maladie mortelle. Un obstacle majeur au développement de nouvelles thérapies est le manque de modèles animaux reproduisant à la fois les lésions neuronales et astrocytaires, mais aussi des symptômes typiques de la pathologie. Les modèles transgéniques murins surexprimant des formes de la protéine Tau développent très peu de lésions astrocytaires et présentent des déficits comportementaux modestes. Le transfert de gène, via l’utilisation de virus génétiquement modifiés codant pour la protéine Tau humaine est un recours intéressant, car il permet de cibler spécifiquement les neurones ou les astrocytes, dans des régions choisies du cerveau en réalisant des injections stéréotaxiques chez l’animal adulte. Cette approche est donc très prometteuse pour modéliser les lésions typiques de la PSP. Elle pourrait permettre de mieux comprendre comment l’accumulation de Tau dans les astrocytes contribue à la pathologie. A terme, ces nouveaux modèles de PSP pourraient être des outils essentiels pour le criblage rapide de molécules thérapeutiques.
Procédures
Les animaux seront soumis à différentes interventions : - L’ensemble des animaux inclus recevront une injection d’un vecteur viral (durée : 20 à 30 minutes) pour apporter le gène Tau muté ou un placebo. Les animaux récupèrent généralement en quelques heures. - Une partie des animaux sera soumise à 5 tests comportementaux peu stressants et destinés à évaluer leur capacités motrices et cognitives. Chacun de ces tests dure entre 30 sec et 23h par souris et par jour. L’ensemble des tests est effectué 2 fois sur une période de 6 semaines, effectué à 2 stades de la pathologie (1 mois et 4 mois après injection du vecteur viral).
Impact sur les animaux
Les animaux seront soumis à différents types de manipulations qui entraineront des effets indésirables différents : - Les effets secondaires liés à l’injection intracérébrale se limitent à une douleur transitoire au niveau de l’injection (incision du scalp et pose d’agrafes). - La pathologie induite par la surexpression de Tau peut générer une altération de la coordination motrice et de la mémoire. Des troubles du comportement de type mouvements répétitifs pourraient apparaitre. - Les tests comportementaux sont réalisés sur animaux vigiles et peuvent entraîner un stress léger. Le stress ponctuel dû au test sera réduit au minimum par l’habituation à l’expérimentateur avant chaque session de comportement. La diminution de l’enrichissement dans les cages d’hébergement peut engendre un léger stress des animaux.
Devenir
Tous les animaux sont destinés à une étude histologique des tissus au niveau des régions atteintes du cerveau, ce qui nécessite leur euthanasie.
Remplacement
Ce projet fait appel à des modèles de souris de la PSP. A l’heure actuelle, ce projet ne peut, ni être réalisé à l’aide de modèles cellulaires, ni être simulé par des modèles informatiques. En effet les symptômes neurologiques cognitifs de la maladie ne peuvent être répliqués que chez l’animal, notamment dans les modèles murins. Il est donc nécessaire de réaliser ce projet sur une espèce modèle mammifère comme la souris, présentant le plus possible de similitudes avec la physiologie humaine, c’est à dire possédant un cerveau complexe doté d’un système moteur et mnésique permettant d’exprimer des comportements sophistiqués à l’instar de l’être humain.
Réduction
Une étude statistique a été réalisée pour déterminer le nombre minimum d’animaux par groupe nécessaire pour observer des effets significatifs. Cette étude est basée sur des données obtenues dans la littérature scientifique et sur les valeurs que nous avons observées lors d’expériences utilisant des analyses similaires. Ainsi, nous prévoyons d’utiliser 408 animaux lors des expériences qui seront menées pendant l’étude. Ce nombre maximum, a été déterminé en fonction des expériences à réaliser pour pouvoir répondre à la question scientifique. Pour minimiser le nombre d’animaux utilisés dans le projet nous avons prévu les procédures au fur et à mesure avec une réduction du nombre de groupes possible si les premiers lots de vecteurs viraux produits permettent d’effectuer l’ensemble de l’étude.
Raffinement
En cas d’atteinte des points limite, le vétérinaire de l’installation sera alerté afin de mettre en œuvre des traitements appropriés. Afin d’éviter tout biais dans les résultats des tests comportementaux destinés à évaluer la motricité et la mémoire des souris, les animaux destinés à ces tests seront hébergés en conditions minimales d’enrichissement. L’état de santé des animaux sera surveillé tout au long de l’expérience, notamment lors des tests de comportement. Les protocoles d’anesthésie et de diminution de la douleur des procédures chirurgicales ont été définis et validés par une équipe vétérinaire. Un soutien nutritionnel adapté et l’application de critères d’arrêts permettent de veiller au bien-être des rongeurs. Les animaux bénéficieront de périodes de récupération suffisantes après les anesthésies générales et les gestes chirurgicaux. Les tests comportementaux seront précédés par une phase d’habituation à l’expérimentateur afin de minimiser le stress et d’assurer une reproductibilité optimale de ces expériences.
Choix des espèces
Choix de l’espèce modèle : L’objectif de ce projet est d’améliorer les connaissances sur la paralysie supranucléaire progressive (PSP) afin d’identifier de nouvelles pistes thérapeutiques. La région initialement et la plus gravement atteinte dans la forme commune de PSP est située dans des noyaux sous-corticaux. La pathologie se propage ensuite aux régions corticales du cerveau. Les modèles animaux invertébrés ne possèdent pas ces régions cérébrales. Il est donc nécessaire de mener ce projet sur une espèce dotée d’un tel système, similaire à celui retrouvé dans l’espèce humaine. Les rongeurs, et la souris en particulier, possèdent des systèmes moteur et limbique très proches de celui de l’êtrehumain. De plus, la grande proximité entre le génome de la souris et le génome humain assure une pertinence maximale des cibles thérapeutiques qui seront identifiées au cours de ce projet. Les souris qui seront utilisées reproduisent les différentes lésions anatomiques retrouvées dans le cerveau des patients atteints de la PSP. Elles devraient également présenter des altérations motrices et cognitives qui sont caractéristiques de la PSP. Ces déficits peuvent être quantifiés par des tests comportementaux qui sont réalisés en routine au laboratoire. Choix du stade de développement étudié : Les animaux seront d’abord évalués au stade jeune adulte (3 mois) puis au stade adulte (6 mois) afin de mimer les stades auxquels la PSP se déclare chez l’homme (entre 40 et 60 ans) et d’évaluer comment les fonctions motrices et cognitives s’altèrent au cours du temps.
Utilisation de « souris visiteuses » comme mesure de raffinement de l’hébergement individuel chez la souris
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
100 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, et toutes tuées quand leur réutilisation ne sera "plus possible ou adaptée". Chacune subit une stérilisation chirurgicale d'environ trente minutes sous anesthésie générale, reste seule jusqu'à sept jours le temps de cicatriser, puis est placée à plusieurs reprises dans la cage de souris isolées pour d'autres projets, où des comportements d'agressivité peuvent survenir. Ces "souris visiteuses" doivent atténuer le stress d'un isolement que d'autres protocoles imposent, selon le porteur, afin de "garantir la qualité des résultats scientifiques". Elles proviendront surtout de surplus d'élevage, ce qu'il présente comme un moyen de "valoriser" des souris qui auraient sinon été tuées.
Objectifs
Les souris sont des animaux sociaux qui vivent naturellement en groupe. Cependant, certains projets de recherche nécessitent que des animaux soient hébergés seuls pendant une période plus ou moins longue afin de garantir la qualité des résultats scientifiques. Cet isolement peut avoir des conséquences négatives sur leur bien-être en augmentant notamment le stress et en modifiant leur comportement. L'objectif de ce projet est de créer un groupe de « souris visiteuses » qui pourront être hébergées avec ces animaux isolés afin de maintenir des interactions sociales tout en respectant les contraintes des études scientifiques. Pour éviter toute reproduction, ces souris seront stérilisées avant leur utilisation. Elles seront principalement issues de surplus d'élevage, ce qui permet également de limiter le nombre d'animaux produits spécifiquement pour ce projet. Ce projet s'inscrit dans la démarche des 3R, et plus particulièrement du raffinement, en cherchant à améliorer les conditions de vie des animaux utilisés en recherche tout en préservant la qualité scientifique des études.
Bénéfices attendus
Le principal bénéfice attendu est l'amélioration du bien-être des souris qui doivent être hébergées seules dans le cadre de certains projets de recherche. La présence d'une « souris visiteuse » permet de réduire le stress lié à l'isolement, de favoriser l'expression de comportements sociaux naturels et d'améliorer les conditions de vie de ces animaux. Ce projet contribue également à développer une méthode de raffinement qui pourra être utilisée dans différentes études nécessitant un hébergement individuel. Enfin, l'utilisation de souris issues de surplus d'élevage permet de valoriser des animaux qui auraient autrement été euthanasiés, limitant ainsi le nombre d'animaux produits spécifiquement pour la recherche.
Procédures
Les souris utilisées dans ce projet subiront une seule intervention chirurgicale de stérilisation, réalisée sous anesthésie générale avec prise en charge de la douleur. Cette intervention durera environ 30 minutes. Après une période de récupération complète (hébergement individuel jusqu'à cicatrisation de maximum 7jours), les animaux seront hébergés avec des souris maintenues seules afin de leur apporter une présence sociale. Les « souris visiteuses » pourront être utilisées à plusieurs reprises au cours de leur vie avec différents congénères (de même souches), sous surveillance afin de vérifier leur bonne compatibilité. Elles feront l'objet d'un suivi de façon hebdomadaire tout au long de leur participation au projet. À l'issue du projet, lorsque leur réutilisation ne sera plus possible ou adaptée, les animaux seront mis à mort selon une méthode réglementaire.
Impact sur les animaux
La chirurgie de stérilisation peut entraîner une douleur et une gêne temporaires après l'intervention, ainsi qu'une période de récupération de quelques jours. Comme pour toute intervention chirurgicale, un faible risque de complications (par exemple une mauvaise cicatrisation ou une infection) existe, mais il sera limité grâce à une prise en charge adaptée et à une surveillance renforcée. Lors de la mise en contact avec d'autres souris, de rares comportements d'agressivité ou d'incompatibilité peuvent être observés. Les animaux seront alors immédiatement séparés afin d'éviter toute blessure. Les souris bénéficieront d'un suivi de façon hebdomadaire tout au long du projet afin de détecter rapidement tout signe de douleur, de souffrance ou de détresse et d'adapter leur prise en charge si nécessaire.
Devenir
Les animaux visiteurs pourront être réutilisés plusieurs fois au cours de leur vie sous réserve du maintien de leur bon état sanitaire et comportemental et lorsque leur réutilisation ne sera plus possible ou adaptée, les animaux seront euthanasiés.
Remplacement
Le projet a pour objectif l'amélioration du bien-être de souris hébergées dans un contexte expérimental. Aucune méthode alternative ne permet de remplacer l'utilisation d'animaux vivants puisque les interactions sociales recherchées nécessitent la présence d'un congénère. L'objectif du projet ne peut donc être atteint sans recours à des animaux vivants.
Réduction
Les animaux visiteurs seront principalement issus de surplus d'élevage de l'établissement. Leur réutilisation au cours de plusieurs périodes d'hébergement permettra de limiter le nombre total d'animaux nécessaires au projet.
Raffinement
Le projet constitue lui-même une mesure de raffinement visant à limiter les effets délétères de l'isolement social chez la souris. Les interventions chirurgicales de stérilisation seront réalisées sous anesthésie générale avec prise en charge analgésique adaptée avant, pendant et après l'intervention. Les animaux feront l'objet d'une surveillance post-opératoire jusqu'à récupération complète. Les mises en contact seront réalisées sous surveillance afin de détecter rapidement tout signe d'incompatibilité. Les animaux présentant des signes de stress, d'agressivité ou de souffrance seront immédiatement séparés et pris en charge conformément aux recommandations du vétérinaire.
Choix des espèces
La souris est choisie car elle est l'espèce concernée par les protocoles expérimentaux dans lesquels un hébergement individuel peut être nécessaire. Il est donc pertinent d'utiliser un congénère de la même espèce afin de maintenir des interactions sociales adaptées à ses besoins naturels. Les animaux visiteurs seront des souris à phénotype non dommageable (mâle et femelle), principalement issues de surplus d'élevage. Elles seront utilisées au stade jeune adulte ou adulte, après sevrage et maturité sexuelle, afin de pouvoir réaliser la stérilisation et permettre ensuite leur utilisation comme compagnons sociaux. Le choix d'animaux jeunes adultes ou adultes permet également de les intégrer au groupe de souris visiteuses suffisamment tôt et de favoriser leur utilisation sur une période prolongée, sous réserve du maintien de leur état sanitaire et comportemental.
Formation réglementaire : gestes de base en expérimentation animale chez la souris.
- Formation professionnelle
L'objet de ce projet est d'enseigner les gestes de base de l'expérimentation animale, contention, identification, injections, prises de sang et mise à mort, dans le cadre des formations réglementaires agréées par le ministère de l'agriculture. 750 souris dites "de réforme", pour la plupart surnuméraires d'élevage ou témoins sortis d'autres projets, vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l'issue. Elles sont marquées par boucle d'oreille, poinçon ou puce, puis reçoivent sous anesthésie les injections et les prises de sang pratiquées par des apprenants, une souris par binôme. Le porteur donne deux raisons à leur mise à mort, elles ne peuvent pas réintégrer l'animalerie et "la mise à mort des animaux et la vérification de la mort de l'animal font partie de l'enseignement".
Objectifs
Dans le cadre des formations réglementaires à l’expérimentation animale agrées par le ministère de l’agriculture , l’objectif du projet est de mettre en place un enseignement pratique afin de sensibiliser aux gestes de base en terme de contention, anesthésie, prélèvements, injections et mise à mort. Tout au long de cet apprentissage, un dialogue sera instauré sur la gestion de l’anesthésie, de l’analgésie, de la douleur et sur l’adéquation des volumes injectés ou prélevés selon le mode de prélèvement ou la voie d’injection.
Bénéfices attendus
Les apprenants doivent observer pour apprendre les gestes réalisés selon de bonnes pratique. Ils doivent être confronter à la réalisation du geste pour savoir s'ils sont capables de le réaliser selon ces bonnes pratiques. Le cas échéant, ils devront demander à être former au geste par tutorat dans leur structure d'accueil.
Procédures
Contention de courte durée, identification (boucle d'oreille, poinçon, puce), injections (sous-cutanée, intra-péritonéale, intramusculaire, intraveineuse) de courte durée, prélévements sanguins (submandibulaire, à la veine de la queue) de courte durée
Impact sur les animaux
Stress lié à la contention. Stress et douleur de courte durée liés aux différentes injections. Stress et douleur légère et de courte durée liés aux techniques d'identifications (biopsie à l'oreille, boucle d'oreille...). Stress et douleur légère et de courte durée liés aux prélèvements sanguins.
Devenir
Toutes les souris (qui sont des souris de réforme, surnuméraires issues d'élevage ou souris contrôles sorties de procédures) sont mises à mort à la suite de la procédure car les animaux ne peuvent pas réintégrer l'animalerie et parce que la mise à mort des animaux et la vérification de la mort de l'animal font partie de l'enseignement.
Remplacement
Les gestes seront dans un premier temps montrés sur des vidéos. Mise à disposition de peluches pour travailler la contension et la répétition de différents gestes.
Réduction
Plutôt que l'utilisation d'une souris par étudiant, il sera utilisé une souris par binôme sans que cela ne nuise à la qualité de l'enseignement. Les souris utilisées seront des souris de réforme qui auraient dû être mises à mort car issues d'élevage et non utilisées ou arrivées en fin de projet (témoins ...). Des souris, également de réforme, seront commandées chez l'éleveur que s'il n'y a pas du tout ou pas suffisamment de souris de réforme disponibles sur site. Pour les démonstrations, l'utilisation d'une visionneuse reliée à un vidéoprojecteur permet de réduire le nombre d'animaux de démonstration.
Raffinement
Une anesthésie par voie injectable sera effectuée avant la réalisation des gestes d'injections et de prélèvement par les apprenants. Un gel ophtalmique de type Ocrygel sera appliqué sur les yeux des souris pendant l'anesthésie pour éviter toute lésion liée à un potentiel dessèchement de la cornée. Les animaux anesthésiés seront placés sur un tapis chauffant pour limiter l'hypothermie liée à l'anesthésie. La réalisation des gestes est supervisée par un encadrant expérimenté.
Choix des espèces
La souris est le rongeur le plus utilisé en expérimentation animale Les souris seront des souris adultes de 20 g minimum, des deux sexes, avec des ages extrêmement variés car ce sont des souris de réforme.
Reproduction assistée dans l’espèce féline : prélèvement d’ovocytes guidé par échographie, de maturation ovocytaire ex vivo, de fécondation in vitro et de congélation d’embryon. [MODIF]
- Conservation des espèces
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche appliquée
- Maladies animales
4 chats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, et le mâle subit à lui seul jusqu'à six anesthésies générales pour des prélèvements de sperme par sonde urétrale, avant d'être castré. Les trois chattes, porteuses saines d'une mutation liée à une myasthénie congénitale, subissent chacune une ponction d'ovocytes guidée par échographie puis une ablation des ovaires, après un protocole d'induction des chaleurs que le résumé ne décrit pas mais dont il cite le risque d'infection utérine. Le projet doit mettre au point la fécondation in vitro chez la chatte, au bénéfice annoncé des éleveurs et de la préservation de petits félins sauvages, et congeler des embryons de cette lignée "dans l'éventualité d'un besoin" pour un futur projet. Les quatre chats, stérilisés, doivent ensuite être proposés à l'adoption.
Objectifs
La reproduction assistée a fait d’importantes avancées chez certains grands félins sauvages, constituant un outil précieux dans la préservation de ces espèces. Cependant elle reste très peu explorée chez nos chats domestiques, et chez les petits félins sauvages. Chez ces derniers, elle pourrait représenter un apport à la préservation des espèces. Chez les chats domestiques, elle permettrait aux éleveurs de faciliter les croisements entre individus distants géographiquement ou dans le temps, et de préserver des gamètes ou embryons provenant d’individus d’intérêt. En effet actuellement, contrairement à ce qui a pu être développé dans l’espèce canine, la reproduction chez le chat domestique est très majoritairement réalisée sans assistance. Ce projet a pour objectif premier d’évaluer la transposition de méthodes mises au point chez les grands félins, avec une expérience récemment publiée chez un chat domestique, à consolider. L’approche nouvelle inclut le prélèvement échoguidé d’ovocytes (« ovum pick-up ») chez la chatte, la maturation de ces ovocytes en culture (ex vivo), la fécondation in vitro et la congélation des embryons obtenus. Ce projet permettra également de préserver des embryons issus de chattes porteuses saines d’une maladie de la jonction entre le nerf et le muscle (myasthénie congénitale), liée au gène le plus impliqué dans ces pathologies chez l’Homme (ColQ) et de cryopréserver ce modèle d’intérêt biomédical, qui pourra ainsi être utilisé dans l’éventualité d’un besoin pour un projet sur cette maladie. Les 3 chattes porteuses seront stérilisées à la fin du projet et mises à l’adoption, ainsi que le mâle donneur de sperme.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d'optimiser un protocole de prélèvement d’ovocytes, maturation ex vivo et fécondation in vitro chez la chatte domestique, et ainsi d’élargir les outils de reproduction assistée disponibles dans cette espèce. Les adaptations qui auront été nécessaires par rapport aux protocoles existants chez les grands félins sauvages pourront constituer une base de travail pour appliquer ces méthodes à des espèces de petits félins sauvages, et ainsi contribuer à la sauvegarde de ces espèces. Enfin, ce projet sera mené sur des chats porteurs d’une anomalie génétique de potentiel intérêt en recherche biomédicale, et les cryopréservations effectuées dans le cadre de ce projet permettront de préserver un possible modèle animal d’intérêt pour la pathologie humaine.
Procédures
- Prélèvements d'ovocytes guidés par échographie, sous anesthésie générale, 1 fois pour chacune des trois chattes. Durée prévisionnelle de la procédure complète (anesthésie => réveil) : 1 heure - Ovariectomie (stérilisation par retrait chirurgical des ovaires) sous anesthésie générale, 1 fois pour chacune des trois chattes. Durée prévisionnelle de la procédure complète (anesthésie => réveil) : 1 heure - Prélèvements de sperme sous anesthésie générale par cathétérisme urétral (équivalent à un sondage urinaire), 6 fois maximum sur le chat mâle. Durée prévisionnelle de la procédure complète (anesthésie => réveil) : 30 minutes - Orchidectomie (castration) sous anesthésie générale 1 fois sur le chat mâle. Durée prévisionnelle de la procédure complète (anesthésie => réveil) : 30 minutes
Impact sur les animaux
Sur les chattes, les effets indésirables possibles incluent : - La survenue d'infections utérines induites par le protocole d’induction de chaleurs (complication rare). - D'éventuelles complications chirurgicales de la procédure de ponction d’ovocyte incluant hémorragie, douleur post-opératoire. - Le stress lié aux anesthésies. Sur le chat : - Le stress lié aux anesthésies. - L'éventuelle survenue d’une pathologie du bas appareil urinaire suite aux cathétérismes urétraux répétés.
Devenir
Nous n'attendons pas de séquelles suite à la mise en oeuvre des différentes procédures prévues sur les 4 chats inclus dans le projet. S'agissant par ailleurs de chats en bonne santé et très sociables, qui seront stérilisés en fin de projet, ils seront mis à l'adoption.
Remplacement
La problématique du projet portant sur la reproduction assistée chez le chat domestique, et le projet nécessitant de travailler sur des gamètes provenant d’individus de cette espèce, il n’est pas techniquement possible d’obtenir ce type de cellules sans avoir recours à un prélèvement sur l’animal (chat domestique). Néanmoins, des phases de mise au point de la technique de prélèvement d’ovocytes ont été réalisées ex vivo au préalable, permettant d’optimiser certaines conditions de prélèvement, notamment la dépression à appliquer pour prélever les ovocytes.
Réduction
Il n’est pas prévu de réaliser de test statistique, s’agissant d’un protocole de validation méthodologique. Le nombre de 3 femelles nous permettra de garantir l’obtention d’un nombre suffisant d’ovocytes pour tester différentes conditions de culture. Un seul chat mâle sera suffisant pour produire la semence nécessaire aux essais de fécondation in vitro. Enfin, ce projet, de par son objectif secondaire qui est de cryopréserver une lignée de chats actuellement hébergés au sein d’un établissement utilisateur pour stopper cet hébergement et placer les chats présents, s’inscrit également dans une démarche de réduction.
Raffinement
Les chats seront hébergés dans un espace de surface supérieure aux exigences réglementaires, aménagé avec des enrichissements permettant aux animaux d’exploiter la verticalité (tablettes en hauteur, arbres à chats), plusieurs zones de confort disponibles (coussins, paniers), des jouets variés à disposition. La nourriture (croquettes) est distribuée dans des « pipolinos », permettant aux chats d’augmenter leur budget-temps alimentation. Les bacs de litière sont changés quotidiennement 7j/7 et des visites tri-quotidiennes 7j/7 sont réalisées par l’équipe de zootechniciens. Dans le cadre du projet, toutes les procédures chirurgicales ou celles impliquant un stress ou nécessitant l’immobilité des chats seront réalisées sous anesthésie générale, et une analgésie adaptée à l’intervention mise en œuvre sera implémentée. Sur le projet lui-même, la mise au point de la technique d’« ovum pick-up » s’inscrit également dans une démarche de raffinement, puisqu’elle a vocation à remplacer le prélèvement plus invasif par laparotomie, y compris sur des espèces de félins sauvage dans le cadre de leur préservation. Enfin, des points limites précoces et adaptés ont été définis, permettant une intervention rapide en réponse à tout signe précurseur de douleur ou de stress.
Choix des espèces
S’agissant de mettre au point une méthodologie de cryopréservation d’embryons dans l’espèce féline, le choix de l’espèce s’est porté sur le chat domestique. Animaux adultes en âge de reproduire, en lien avec la problématique du projet.
Étude et ciblage des fibroblastes portaux dans la fibrose hépatique chez la souris
- Recherche appliquée
- Troubles gastrointestinaux
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
Une partie des souris est génétiquement modifiée et reçoit pendant trois jours, sans anesthésie, une molécule par voie orale qui déclenche la modification de ses gènes, avant qu'on lui provoque une cholangite sclérosante primitive, une maladie qui obstrue les voies biliaires. En tout, 1 600 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, une partie étant tuée sous anesthésie, avant tout réveil. La maladie est induite soit par un régime spécial de deux à quatre semaines, qui peut entraîner perte de poids, inconfort digestif et jaunisse dans les cas les plus graves, soit par une chirurgie du foie qui peut entraîner douleurs et altération de l'état général. Toutes sont tuées à la fin des procédures, ou plus tôt si elles atteignent un point limite, pour prélever leurs tissus.
Objectifs
Les maladies du foie et des voies biliaires représentent un véritable défi de santé d'un point de vue socio-économique, mais surtout du point de vue des patients car il n’existe pas à ce jour de traitement curatif. Les maladies du foie et des voies biliaires évoluent généralement vers une fibrose, c’est-à-dire une accumulation de tissu cicatriciel qui altère progressivement le foie jusqu'à empêcher son activité normale en cas de cirrhose. Le tissu cicatriciel déposé dans le foie est fabriqué par des cellules appelées myofibroblastes. Les myofibroblastes proviennent en partie des cellules étoilées du foie, des cellules qui ont été impliquées dans la fibrose d'origine métabolique ou virale. En revanche, il n'existe que peu d'information concernant les fibroblastes portaux, qui représentent un type de cellule pouvant être impliqué dans la fibrose survenant au cours des maladies biliaires. Le projet de recherche s’intéresse précisément aux fibroblastes portaux, et plus particulièrement à un sous-groupe que nous avons identifié précédemment. Le sous-groupe de fibroblastes portaux qui nous intéresse pourraient avoir un rôle clé dans une maladie grave et rare qui provoque une fibrose oblitérante des voies biliaires : la cholangite sclérosante primitive. Le projet vise à répondre à trois grands points : 1.Définir les caractéristiques spécifiques des fibroblastes d'intérêt pour qu'ils puissent ensuite servir de marqueur pour détecter ou suivre la maladie. 2.Identifier les interactions des fibroblastes d'intérêt avec les autres types cellulaires du foie afin de comprendre les mécanismes aboutissant à la fibrose biliaire. 3.Explorer l'impact du ciblage thérapeutique des fibroblastes d'intérêt dans le traitement de la fibrose.
Bénéfices attendus
Les résultats attendus permettront à la communauté scientifique de mieux comprendre l'implication des fibroblastes portaux (PFs) dans la physiopathologie de la cholangite sclérosante primitive (CSP). Nos données préliminaires et les résultats d'autres groupes indiquent que les PFs activés pourraient être spécifiquement impliqués dans les processus fibrotiques observés lors de la CSP. Sur la base des résultats obtenus avec les modèles murins, le projet a pour objectif d'analyser d'un point de vue moléculaire des échantillons humains. Au travers de cette transposition, il sera possible d'identifier les signatures moléculaires spécifiques aux cellules directement impliquées dans le dépôt de tissu cicatriciel dans la CSP. L'identification de biomarqueurs spécifiques aux cellules impliquées dans la pathogenèse de la CSP pourrait permettre le développement d'outils capables de prédire la gravité et/ou la progression de la maladie. A long terme, l'objectif est d'être en capacité de développer de nouvelles thérapies, notamment des thérapies par anticorps, ou de repositionner des médicaments.
Procédures
Les souris génétiquement modifiées seront soumises à un traitement par voie orale sur animal vigile afin d’induire la modification génétique (une administration quotidienne durant 3 jours, 15 secondes par animal). Une partie des animaux recevra également une injection au niveau de l’abdomen sur animal vigile (deux injections réalisées à 2 jours d’intervalle, 15 secondes par animal). Par la suite les animaux seront soumis à l’induction d’une cholangite sclérosante primitive (CSP). Le premier modèle de CSP peut être mis en place par administration d’un régime spécial (aliment a volonté) durant une période comprise entre 2 et 4 semaines environ (prise spontanée). Le second implique une unique chirurgie hépatique effectuée sous anesthésie et analgésie d’une durée d’environ 15-20 minutes par animal. Afin de tester des molécules, les animaux pourront être soumis à un régime contenant des molécules thérapeutique durant une période comprise entre 1 et 4 semaines (prise spontanée, délivré à volonté). Enfin, une partie des animaux seront ensuite anesthésié et analgésié afin de réaliser un prélèvement sanguin préalable à l’euthanasiés par une méthode réglementaire. Dans tous les cas les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire afin de réaliser les différents prélèvements nécessaires pour les analyses.
Impact sur les animaux
Afin d’induire le modèle expérimental chez certains animaux génétiquement modifiés, il sera nécessaire d’administrer une molécule par voie orale. Cet acte entrainera un stress léger lié à la contention et à l’administration oral elle-même ainsi que des effets transitoires de la molécule (légère perte de poids, stress de la manipulation) Une autre molécule sera également administrée aux animaux par injection au niveau de l’abdomen pouvant induire un léger stress lié à la contention et une douleur de courte durée au point d’introduction de l’aiguille. Les principales nuisances attendues dans le cadre de ce projet sont liées aux modèles expérimentaux utilisés pour induire la cholangite sclérosante primitive (CSP). Ces atteintes sont provoquées soit par un régime alimentaire spécifique, soit par une unique chirurgie. Le régime alimentaire spécifique peut induire une perte de poids, une altération de la fourrure, des signes d’inconfort digestif voire une jaunisse dans les cas les plus graves. La chirurgie hépatique mise en œuvre peut entrainer des douleurs post-opératoire, une perte de poids, une altération de l’état général en post-opératoire et à distance de l'acte chirurgical. Il existe également des risques liés à l’anesthésie générale (hypothermie, dépression cardio-respiratoire, etc.). Les animaux pourront recevoir un traitement permettant de moduler la fibrose selon les résultats obtenus au cours du projet. Le traitement sera induit par ajout de la/les molécules identifiées dans le régime alimentaire standard. Les changements de régime pourront induire un léger stress chez les souris qui sont néophobes (peur de la nouveauté). Les animaux seront anesthésiés et analgésiés pour réaliser un prélèvement sanguin ou une chirurgie immédiatement suivie de l’euthanasie sans réveil des animaux en vue des prélèvements.
Devenir
Les souris seront euthanasiées à la fin des procédures prévues (ou avant en cas d’atteinte des point limites), les tissus seront récupérés afin de permettre de réaliser les différentes analyses afin de répondre à la question scientifique.
Remplacement
Le recours à un animal est indispensable à l'étude des fibroblastes portaux (PFs) dans le contexte des maladies biliaires. En effet, l'activation, la modulation de l'activité et les interactions des PFs avec les autres cellules du foie ne peuvent être appréhendées qu’au sein d’un environnement tissulaire et systémique intact. Une partie des expériences du présent projet sont effectués in vitro à partir de cellules isolées à partir d’animaux (remplacement partiel). Cependant, les modèles in vitro (cultures primaires, co-cultures ou organoïdes hépatiques) ne permettent pas de reproduire in extenso la complexité du microenvironnement du foie ni les signaux physiopathologiques qui régulent l’activation des PFs dans un contexte pathologique. En particulier, les processus fibrotiques observés dans les maladies biliaires font appel à des interactions avec des cellules du foie ou provenant de la circulation générale, qui ne peuvent être modélisées de façon fiable in vitro. Par conséquent, aucun modèle alternatif ne permet à ce jour de remplacer totalement l’usage d'un modèle animal expérimental pour répondre aux objectifs scientifiques du projet.
Réduction
Le projet impliquera un total de 1600 animaux au maximum. L'ensemble des procédures a été conçu afin de minimiser le nombre d’animaux utilisés tout en assurant la robustesse scientifique des données. Le nombre de groupes expérimentaux a été réduit au minimum, et la taille des échantillons a été optimisée à partir de données préliminaires et d’analyses de puissance statistique. En cohérence avec les données de la littérature (variabilité attendue) et des effets espérés, un test de puissance statistique a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaire pour garantir une analyse statistique fiable et cohérente. Les données sont analysées à l’aide de tests statistiques adaptés à leur distribution. Par ailleurs, chaque animal est valorisé au maximum, avec la collecte de différents types de données : corporelle, histologique, biochimique, cellulaire sur les mêmes échantillons biologiques. Enfin, les données déjà générées dans le cadre de projets antérieurs ou en cours sont intégrées à l’analyse afin d’éviter les redondances expérimentales.
Raffinement
L’ensemble des procédures a été adapté pour minimiser les douleurs et le stress chez les animaux. Les modèles de maladies biliaires utilisés (chirurgicaux ou via un régime alimentaire) sont bien caractérisés, et des points limites précis ont été définis pour détecter précocement tout signe de souffrance. Chaque étape du protocole (chirurgie, injections, prélèvements) a été évaluée pour limiter les manipulations, éviter la répétition des gestes et choisir les méthodes les moins invasives compatibles avec les objectifs scientifiques. Les interventions chirurgicales sont réalisées sous anesthésie appropriée, avec administration systématique d’antalgiques en pré- et post-opératoire et associé à une grille d'évaluation précise. Pour le régime, un suivi pondéral très rigoureux est appliqué avec éventuellement une remise sous régime standard en cas de perte de poids trop importante. Les animaux sont suivis quotidiennement, et leur hébergement respecte les recommandations en matière d’enrichissement et de confort. Toutes les manipulations sont effectuées par un personnel formé, expérimenté dans le maniement des souris et sensibilisé aux principes du bien-être animal.
Choix des espèces
Justification de l’espèce : La souris est un modèle adapté pour l’étude de des maladies biliaires. Il s’agit d’un mammifère dans lequel les différents modèles de fibroses utilisés dans ce projet sont validés, maîtrisés et documentés. Les résultats obtenus permettront ainsi de consolider les nombreuses informations déjà disponibles sur le sujet et le modèle utilisé au bénéfice de la communauté scientifique et plus généralement au bénéfice du public. Enfin, l'animalerie sur site permet l’hébergement optimal des modèles utilisés garantissant un hébergement conforme aux exigences réglementaires, assurant le bien-être, la surveillance et la traçabilité des animaux. Justification des stades de développement : Les animaux seront ainsi testés biologiquement à la phase adulte jeune qui est caractérisée par une stabilité physiologique et immunitaire. L'intervalle d'âge ainsi choisi permet d'une part de s'intégrer dans les données produites par la littérature internationale et d'autre part de limiter la variabilité liée à la croissance ou au vieillissement. L’utilisation d’animaux adultes jeunes assure ainsi à la fois la validité scientifique et le respect du bien-être animal.