Procédures sévères
Evaluation pré-clinique de thérapies innovantes dans des modèles précliniques de glioblastome chez les rongeurs EU 1/2 MODIFICATION
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Rats : 705
Greffe d'une tumeur dans le cerveau, jusqu'à 51 séances d'imagerie, 28 prélèvements de sang, 56 injections, 8 ouvertures de la barrière hémato-encéphalique, une résection tumorale et de la radiothérapie : un même animal peut subir tout cela. 3 510 souris et 705 rats vont être utilisés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère pour 3 015 d'entre eux et modéré pour 1 200. Le porteur décrit pourtant un hébergement assurant "une qualité de vie optimale tout au long de l'étude", chez des animaux immunodéficients dont la tumeur cérébrale provoque des troubles neurologiques et des difficultés de déplacement. Tous sont tués à un temps défini ou dès l'atteinte des points limites, pour des prélèvements post mortem, certains ayant été transportés vivants entre deux établissements pour accéder aux appareils d'imagerie.
Objectifs
Les tumeurs cérébrales primitives et en particulier les glioblastomes sont des cancers très résistants aux traitements anti-tumoraux conventionnels (chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie cytotoxique). En effet, la survie globale médiane des patients est comprise entre 12 et 24 mois. De nouveaux traitements sont donc indispensables pour améliorer le pronostic des patients souffrant de glioblastome. Les traitements candidats sont évalués dans le cadre d’essais cliniques longs et coûteux, et le plus souvent négatifs, avant leur approbation pour une utilisation en pratique clinique chez les patients. Compte tenu du nombre important de traitements candidats, notre projet vise l’accélération de l’évaluation de ces traitements innovants candidats et leur hiérarchisation en vue d’essais cliniques chez l’Homme. En effet, une évaluation préclinique rigoureuse permet de réduire le taux d’attrition des essais cliniques. (MODIFICATION) Le projet nécessite une modification sans augmentation du nombre d'animaux car le projet se déroulera dans deux établissements en raison de la nécessité d'utiliser des appareils d'imagerie spécifiques disponibles seulement dans le second établissement.
Bénéfices attendus
Les gliomes et en particulier les glioblastomes (GBM) sont les cancers cérébraux les plus fréquents et les plus graves chez l’adulte. Le pronostic des patients souffrant de glioblastome est réservé (12-24 mois de survie médiane) malgré des traitements lourds. De nouveaux traitements sont donc nécessaires. Le projet présenté ici vise donc à évaluer de nouvelles thérapies dans un contexte le plus biologiquement pertinent grâce à nos modèles de glioblastome qui sont en quelque sorte des avatars de patients atteint de cette maladie. Ultimement, nous visons à identifier de nouveaux traitements actifs contre le glioblastome qui pourront être évalués dans le cadre d'études cliniques chez l'homme.
Procédures
Les animaux auront tous une greffe tumorale cérébrale (30minutes, 1x, animal anesthésié et analgésié) ou une greffe tumorale cutanée (1minute, 1x, animal anesthésié). Tous les animaux auront un suivi par prélèvement sanguin (2minutes, 28x maximum, animal vigile ou anesthésié et analgésié si l'animal est en fin de procédure) et certains par imagerie également (5minutes à 4h, 51x maximum, animal anesthésié). (MODIFICATION) Certaines imageries nécessiteront un transfert d'un établissement à un autre (transfert de 10 minutes, 1 fois, animal vigile). Une partie des animaux auront également des traitements administrés par injections simples (1min, 56x maximum, animal vigile) ou par injections nécessitant une chirurgie (30min maximum, 1x, animal anesthésié et analgésié). Les administrations pourront être couplées à une ouverture de la barrière hémato encéphalique (pour que le traitement atteigne le cerveau) (1h maximum, 8x, animal anesthésié) ou à une résection tumorale (30 minutes, 1x, animal anesthésié et analgésié) et;ou à de la radiothérapie (10 minutes, 1 fois, animal anesthésié).
Impact sur les animaux
La greffe de cellule tumorale induit une croissance tumorale qui peut donner des troubles neurologiques ou des difficultés de déplacement. Les chirurgies pourront engendrer une douleur modérée post opératoire ainsi que des risques d’infection. Les anesthésies peuvent engendrer une baisse de la thermorégulation et dans de rares cas une détresse respiratoire. Les traitements pourront avoir des effets secondaires comme des diarrhées ou des inflammations aux sites d’injection engendrant une perte de poids. Les piqûres peuvent induire une douleur légère de courte durée au point d’injection. Les prélèvements sanguins pourraient induire une douleur légère de courte durée ainsi qu’un hématome. Les imageries pourront induire un léger stress chez les animaux. (MODIFICATION) Certaines imageries devront être réalisées dans un autre établissement, les animaux pourront ressentir un stress lié au transport entre les deux établissements et aux changements d'environnement. Le phénotype dommageable des animaux immunodéficients ou immunodéprimés induit une sensibilité accrue aux infections.
Devenir
Pour toutes les procédures, tous les animaux sont euthanasiés à un temps défini (ie quelques jours/heures post traitement etc) ou dès qu’ils atteignent les points limites décrits afin de faire des prélèvements post mortem.
Remplacement
Chez l’Homme, les tumeurs cérébrales sont des tumeurs complexes. Il existe, en plus des cellules tumorales, un microenvironnement qui joue un rôle clé dans le comportement spontané ou sous traitement des cellules tumorales. Ce microenvironnement est lui-même dépendant du macroenvironnement c'est-à-dire de l’organisme hôte. Il est impossible de reconstituer ce contexte (microenvironnement et macroenvironnement) interagissant avec les cellules tumorales in vitro ; que ce soit par le biais de cultures de cellules tumorales issues de patients ou bien de culture 2D ou encore 3D. Ces approches in vitro sont réalisées en amont des procédures in vivo pour justifier l'intérêt scientifique. De plus, cet environnement module la biodisponibilité d’une molécule thérapeutique au sein de la tumeur. Aussi, positionner les cellules tumorales cérébrales chez l’animal, dans un microenvironnement tissulaire et moléculaire complexe (cérébral) constitue un modèle d’étude pertinent. Ce dernier se rapproche au maximum des conditions observées chez les patients souffrant de tumeur cérébrale et chez qui les cellules cancéreuses prolifèrent dans du tissu nerveux central complexe.
Réduction
4215 animaux seront utilisés dans ce projet. Les efforts fournis afin de réduire le nombre d'animaux utilisés sont: i) Seuls les composés efficaces in vitro par rapport aux traitements standards, seront testés in vivo. ii) Les cellules tumorales cérébrales greffées chez l’animal sont visibles par fluorescence ce qui permet de suivre le développement tumoral, cela évite l'euthanasie à différents temps et réduit donc le nombre d’animaux utilisé (iii) La fluorescence des tumeurs permet également de suivre l’efficacité des traitements testés en temps réel ce qui apporte une information supplémentaire à la survie. (iv) Une étude statistique détermine le nombre d’animaux nécessaire minimum pour atteindre un niveau de significativité acceptable. Cela permet de limiter le nombre d’animaux et d’éviter les études ne permettant pas de répondre à une question posée par manque de puissance statistique.
Raffinement
Durant toute la durée de leur vie, les animaux sont logés en groupe afin de favoriser leur bien-être social, l’isolement étant évité autant que possible. Cette approche groupée est cruciale, car les souris, comme de nombreux rongeurs, sont des animaux sociaux et leur isolement peut entrainer un stress psychologique et des comportements anormaux. Elles sont hébergées sur des portoirs ventilés, qui permettent une circulation d'air optimale et un environnement propre. Chaque cage est équipée d’un système d'abreuvement automatique garantissant un accès constant à l’eau et d’un approvisionnement ad libitum en nourriture, ce qui répond à leurs besoins nutritionnels et hydriques tout en permettant une gestion optimale des ressources. Le milieu de vie est enrichi avec au moins deux éléments, tels que des objets manipulables ou des matériaux permettant d'explorer et de satisfaire les comportements naturels des souris, comme le grattage, le fouissage ou la nidification. Cet enrichissement environnemental est essentiel pour prévenir l’apparition de comportements stéréotypés liés à l'ennui ou au stress et pour assurer une qualité de vie optimale tout au long de l’étude. Les animaux sont suivis quotidiennement par des vétérinaires et du personnel qualifié. Lors de procédures susceptibles de provoquer des douleurs modérées à sévères, comme des interventions chirurgicales, les animaux reçoivent une anesthésie générale appropriée et en complément, un analgésique leur est administré en préopératoire et postopératoire pour prévenir toute douleur et minimiser l'inflammation. Pour prévenir les risques d'infections des souris immunodéprimées, les animaux sont hébergés dans des cages propres avec litière, aliment et enrichissement irradiés ainsi que de l'eau osmosée pour boisson. Les injections seront toujours réduite au minimum suivant le composé testé (fréquence et volume), l'alternance des sites sera privilégiée quand cela est possible et les animaux seront anesthésiés si nécessaire pour leur bien être. Un système de points limites est mis en place pour évaluer leur bien-être et détecter rapidement tout signe de souffrance ou d’inconfort, tant à court qu'à long terme. Ces points limites prennent en compte des critères variés : l’observation du comportement, l'aspect général de l’animal, son niveau d'activité, ainsi que son poids corporel. Si un animal présente des signes de détresse, des mesures immédiates sont prises pour garantir son confort et sa santé.
Choix des espèces
Les souris sont choisies dans nos études thérapeutiques en raison de leur petite taille et de leur poids faible. Cette caractéristique permet l’utilisation de quantités réduites de composés cytotoxiques. De plus, ces modèles permettent l’utilisation de volumes expérimentaux limités, facilitant ainsi les études tout en respectant les principes de réduction des animaux dans la recherche. Les souches de rongeurs telles que les souris immunodéficientes sont particulièrement utiles pour leur incapacité à rejeter les cellules tumorales humaines. En parallèle, les souches immunocompétentes sont indispensables pour étudier la croissance tumorale dans un contexte immunologique complet. Les modèles animaux immunodéprimés sont utiles pour explorer l’impact d’un système immunitaire humanisé dans les réponses thérapeutiques contre les cancers. Enfin, les rats, sont choisis ici pour des scénarios nécessitant une plus grande précision chirurgicale. Les animaux seront utilisés à l'âge adulte entre 8 semaines et 15 mois car le glioblastome est une tumeur de l’adulte chez l’Homme.
Implication de la voie de signalisation Hippo dans la radiorésistance de métastases cérébrales d’origine bronchique.
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Multisystémique
- Oncologie
Pour comprendre pourquoi les métastases cérébrales d'origine bronchique résistent à la radiothérapie, 180 souris immunodéprimées de souche Nude vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées pour prélever le cerveau et la tumeur. Des cellules tumorales humaines leur sont implantées dans le cerveau au cours d'une chirurgie de trente minutes, suivie de deux séances d'IRM par semaine sous anesthésie et, pour quatre-vingt-dix d'entre elles, de trois séances d'irradiation en trois jours. L'irradiation cérébrale entraîne une fatigue et une dégradation de l'état général jusqu'à une semaine après, avec porphyrine autour des yeux et de la bouche et pelades sur la tête. Perte de poids, de motricité et de sensibilité constituent les points limites, et le porteur indique avoir adapté la surveillance pour "anticiper et éviter l'exclusion des animaux par atteinte de points limites".
Objectifs
Ce projet a pour but de caractériser l’effet d’une inhibition de la voie Hippo sur l’irradiation des tumeurs cérébrales d’origine bronchique, décrites dans la littérature comme résistantes à la radiothérapie (RT) actuelle. En effet une inhibition de cette voie de signalisation permettrait d’élucider son implication dans l’inefficacité des traitements actuels tels que la RT. Devant le manque d’efficacité des thérapies standards, ce projet se justifie par le besoin d’améliorer les connaissances des phénomènes de radiorésistance de ces tumeurs et l’implication de la voie de signalisation. L’étude de tumeurs humaines implantées dans des souris immunodéprimées permettront un modèle plus similaire aux cas cliniques. Cibler la voie Hippo en parallèle de la RT pourrait améliorer la prise en charge des patients et leur taux de survie.
Bénéfices attendus
Le bénéfice attendu est une amélioration des stratégies thérapeutiques d’irradiation des métastases cérébrales d’origine bronchiques actuelles en ciblant la voie de signalisation hippo.
Procédures
Les animaux sont soumis à plusieurs types d’interventions : - Chirurgie (implantation cérébrale de cellules tumorales sous anesthésie générale) : 30 minutes maximum par animal, réalisée une seule fois sur chaque animal, tous les animaux sont concernés. -Imagerie (IRM pour suivi de la taille tumoral, sous anesthésie générale) : 2 séances par semaine à partir d’une semaine post chirurgie : 3 minutes maximum par animal, tous les animaux sont concernés. - Irradiation (sous anesthésie générale) : 3 séances sur 3 jours consécutifs : 12 minutes maximum par animal, 90 animaux sont concernés. - Injection sous-cutanée d'analgésique (animal vigile) : 1 fois avant la mise à mort pour tous les animaux ; 2 minutes maximum par animal, tous les animaux sont concernés.
Impact sur les animaux
Suivant l’expérience du laboratoire concernant les procédures expérimentales, nous nous attendons à avoir une perte de poids, de motricité et de sensibilité chez les animaux qui auront un développement de tumeur. Toutefois, ces critères représentent les points limites de l’étude et ainsi si l’un de ces éléments apparait, les animaux concernés seront mis à mort. Nous nous attendons également à une fatigue et une dégradation de l’état général (porphyrine autour des yeux et de la bouche, sécrétions au niveau du museau, pelades sur la tête) induit par l'irradiation cérébrale jusqu’à une semaine après l’irradiation. Nous avons adapté en conséquence le suivi des animaux, le raffinement des conditions expérimentales et le scoring afin d’anticiper et d’éviter l’exclusion des animaux par atteinte de points limites. A chaque sortie des animaux de la zone protégée, lors des séquences d’imagerie par IRM, un risque d’infection ou de contamination par les autres animaux n’ayant pas un phénotype dommageable existe.
Devenir
A la fin de chaque procédure, les animaux sont mis à mort dans le but de prélever le cerveau et la tumeur pour analyses post-mortem (totale de 180 animaux).
Remplacement
Les tumeurs sont connues pour être multi-compartimentales, c'est-à-dire qu’au-delà du simple compartiment de la cellule tumorale existent la vascularisation, l’hypoxie et l’inflammation qui influent fortement sur la croissance tumorale. L’utilisation de modèles in vivo permet d’intégrer ces différentes composantes, indispensables à la compréhension des mécanismes de développement tumoral et de réponses à la RT. Ce projet intervient après plusieurs études in vitro ayant permis de montrer les effets de l’irradiation sur la voie de signalisation Hippo mais ne peut pas s’effectuer intégralement sur des modèles de remplacement in vitro ou in silico.
Réduction
L’utilisation des méthodes d’imagerie non invasive (IRM) se conforme à la réglementation en vigueur dans le respect de la réduction du nombre d’animaux car elles permettent de suivre à différents temps l’évolution de la tumeur chez le même animal sans nécessité d’euthanasier plusieurs animaux à chacun des temps. Chaque animal est, dans ce cas, son propre contrôle et permet de réduire drastiquement le nombre total d’animaux nécessaires pour l’étude. Afin de pouvoir réaliser des analyses statistiques, nous estimons qu’au minimum, 15 animaux par groupe sont nécessaires afin de réaliser des tests statistiques puissants et ainsi comparer les effets des différentes expressions de la voie Hippo, en fonction du temps. Ces 15 animaux sont calculés sur la base d’un test de puissance connaissant la variabilité intrinsèque des modèles tumoraux basés sur nos travaux antérieurs. Il est important de noter ici que le nombre d’animaux calculés est un nombre maximal. Grâce notamment aux études en imageries qui sont quantitatives, nous réaliserons des analyses séquentielles. Ainsi, les expériences seront réalisées par plusieurs lots et si les seuils statistiques sont atteints alors le protocole sera stoppé.
Raffinement
A leur arrivée, les animaux immunodéprimés seront placés en groupe sociaux dans des cages ventilées individuellement par des portoirs spécifiques (portoirs Innovive) répondant aux normes européennes, ces derniers étant eux-mêmes dans une zone spécifique et dédiés à la manipulation des animaux immunodéprimés pour la recherche en cancérologie. Ils bénéficieront d’un temps d’adaptation avant toute expérimentation (minimum 7j) et bénéficierons également d’enrichissement (roue d’activité, tunnel en carton, stimulation sensorielle par différents objets). Les animaux seront surveillés de leur arrivée à la fin du protocole par un personnel compétent afin de déterminer leur état (poids, apparence physique) et la mise en place, si nécessaire, de mesures afin d’améliorer le bien-être animal. Cette évaluation sera réalisée quotidiennement pendant les phases critiques (implantation, irradiation) et 3 fois par semaine par la suite. Enfin, les différents protocoles ont été pensés de manière à limiter au maximum la souffrance animale par l’administration d’agents analgésiques et anesthésiques appropriés et par le choix de points limites cohérents. Toutefois, dans tous les protocoles d’imagerie, d’irradiation, les animaux seront anesthésiés par inhalation d’isoflurane, ce qui entraine une hypothermie et une déshydratation des membranes qui sont contrés par l’application de vitamine A sur les membranes et l’utilisation de couvertures chauffantes thermorégulées .
Choix des espèces
Les souris immunodéprimées sont l’espèce de choix pour évaluer l’évolution du volume tumoral dans le temps dès lors que les cellules tumorales utilisées sont d’origine humaine. Les souris immunodéprimées retenues pour réaliser ce travail sont la souche Nude. Cela permet l’implantation de xénogreffes humaines sans prendre le risque du rejet. Cependant, le système immunitaire est encore capable de produire des cellules permettant de se rapprocher d’un micro-environnement plus représentatif de la situation clinique. L’ensemble des animaux utilisés dans cette étude seront de jeunes adultes, âgés de 8 à 12 semaines en début de protocole. Cela permettra le développement de tumeurs plus reproductibles. De plus, à ce stade, le cerveau est mature et il est possible de suivre l’évolution des animaux sur des temps longs. Cet âge leur confère également une résistance aux protocoles expérimentaux utilisés.
Evaluations pharmacologiques et caractérisation de biomarqueurs dans un modèle de souris de la maladie de Charcot
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
La mise à mort n'intervient qu'au score neurologique maximal de l'échelle, stade terminal de la paralysie, ce qui permet d'établir une courbe de survie. 6 140 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l'issue. Porteuses d'une mutation qui les rend symptomatiques vers 90 jours, elles reçoivent des molécules par voie intranasale jusqu'à trois fois par semaine, par voie intrathécale une fois par semaine ou par une canule implantée dans le cerveau, avec un prélèvement de sang au sinus rétro-orbital tous les dix jours et des séances d'imagerie pouvant durer deux heures. Il s'agit d'évaluer l'effet de ces molécules sur la maladie de Charcot et d'identifier des biomarqueurs, alors qu'aucun traitement curatif n'existe et que les trois médicaments disponibles n'ont montré, selon le porteur, que des effets "très modestes".
Objectifs
La maladie de Charcot ou sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative caractérisée par la dégénérescence des motoneurones supérieurs et inférieurs conduisant à une paralysie musculaire progressive et irréversible et finalement à la mort dans un délai médian de 3 ans. Il n’existe aucun traitement curatif et trois traitements disponibles n’ont montré que des effets très modestes sur la paralysie et l’espérance de vie. Ainsi, la prise en charge des patients reste limitée et requiert une meilleure compréhension des mécanismes impliqués, notamment via l’identification de biomarqueurs. Les biomarqueurs sont des indicateurs de processus pathogènes et sont des outils précieux tant pour faciliter le diagnostic précoce, que pour suivre l’évolution de la pathologie ou l’efficacité d’un traitement. L'objectif de ce projet est d'évaluer l’effet neuroprotecteur et/ou neurorestaurateur de différentes molécules dans un modèle de souris transgénique modélisant la SLA et d'identifier de nouveaux biomarqueurs de la pathologie.
Bénéfices attendus
Les effets attendus des molécules testées sont une amélioration des fonctions comportementales et une augmentation de la survie des animaux, une neuroprotection et/ou une neurorestauration des motoneurones qui dégénérent dans la SLA ainsi que l'identification de biomarqueurs théragnostiques translationnelle à la fois radiologiques et biologiques. Grâce à cela, nous pourrons envisager des projets de recherche translationnels avec la clinique.
Procédures
L'ensemble des animaux seront traités par les différents agents thérapeutiques selon 3 modes d'administration possible Intranasale (IN), intraCérébroVentriculaire (ICV), intrathécale (IT). La chirurgie pour l'administration ICV a lieu une seule fois. L'administration par voie IN en doses répétées n'excède pas 3 administrations / semaines. L'IT se fera une fois par semaine. Les administrations en ICV n'excéderont pas les 30 minutes et les administrations en IN et IT dureront 5 minutes / animal. Les souris seront prélevées tous les 10 jours au niveau du sinus rétro-orbital après anesthésie des animaux à l’isoflurane. L'ensemble de ces animaux seront évalués sur le plan comportemental et d'imagerie du vivant avant leur mise à mort. Les analyses comportementales dureront de 30 minutes à 1 heure et les acquisitions en imagerie du vivant n'excéderont jamais 2h.
Impact sur les animaux
La principale nuisance attendue dans ce projet réside dans l'évolution de la pathologie chez les souris transgéniques qui deviennent symptomatiques à l'âge de 90 jours environ. Cela est évalué par le neuroscore (gravité sévère). Lors de la pose de la canule intracérébrale, la chirurgie pourrait être mal tolérée (gravité modérée) . Lors des prélèvements sanguins et des acquisitions d'imagerie par IRM, l'induction de l'anesthésie peut provoquer des détresses respiratoires et une hypothermie pouvant conduire à la mort soudaine de nos animaux (gravité modérée). Les différents traitements administrés en ICV, IN ou IT ne devraient pas induire d'effets indésirables (gravité légère).
Devenir
Aux différents temps d'intérêt ou en cas de signes de souffrance trop importants, les animaux seront mis à mort.
Remplacement
Il n’existe pas de méthode alternative à l’utilisation d’animaux pour étudier la physiopathologie et l'identification de nouveaux biomarqueurs de la SLA. Cependant pour limiter l’utilisation d’animaux, l'étude de la potentielle toxicité, des mécanismes d'action et l’efficacité des molécules thérapeutiques testées seront étudiés en amont sur un modèle cellulaire in vitro.
Réduction
Le nombre d’animaux a été calculé au minimum sur la base d'un test de puissance. L'analyse statistiques des données débutera par une étude de la normalité et de l'homogénéité des variances. Selon la distribution des valeurs, des tests paramétriques ou non paramétriques seront utilisés. Les mêmes animaux seront réutilisés pour l'analyse comportementale et l'imagerie cérébrale à différents temps du processus pathologique, ainsi que pour les analyses histologiques post-mortem.
Raffinement
Le raffinement est assuré par un hébergement collectif, de l’enrichissement dans les cages, des sessions d’acclimatation aux expériences, une manipulation expérimentée des animaux. La symptomatologie du modèle est très caractéristique et invalidante. Les signes normaux de la pathologie se traduisent par une modification de la marche, une modification dans l'extension et la rétraction des pattes arrières puis par l'apparition d'une cyphose et d'une paralysie. Ces signes cliniques sont évalués selon un score visuel (neuroscore). Quand la souris commence à avoir le train arrière paralysé, de la poudre alimentaire et de l’eau sont disposés avec un accès facilité. Les animaux sont observés quotidiennement voir pluriquotidiennement (3-4 fois/ jours) en fonction du stade de la maladie. Ce n’est que lorsque le neuroscore atteint 6, maximum de l’échelle, que l’animal est mise à mort et permettra de faire la courbe de survie. En effet ce score représente le stade terminal de la pathologie et permet d’éviter toute souffrance inutile de l’animal. Lors de la pose de la canule intracérébrale, un analgésique est administré 1h avant la chirurgie et après 24h en Sous Cutanée (SC)) car la chirurgie pourrait être mal tolérée. De même, en cas de points limites décrit dans le paragraphe 3.3.2.4 et annexe 1, les animaux seront mis à mort.
Choix des espèces
Peu de modèles existent pour étudier la SLA et la souris SOD représente le modèle le mieux caractérisé et le mieux adapté pour modéliser les symptômes de la maladie. Pour les souris transgéniques et contrôle, la première évaluation commençant à J40 (stade asymptomatique), les animaux sortiront de l’animalerie d’élevage pour être acclimatés à l'animalerie conventionnelle et/ou la plateforme comportementale une semaine avant.
Réponses des cellules T du poisson zèbre à des lésions d’organes chez des individus jeunes et âgés : promotion de la régénération des tissus
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
- Système immunitaire
- Système musculosquelettique
Soumis à une cryolésion du cœur ou à l'amputation de leurs nageoires, 1 704 poissons zèbres vont subir des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, auxquels s'ajoutent 888 poissons génotypés par prélèvement de quelques millimètres de nageoire caudale, soit 2 592 individus en tout. Tous sont tués pour que leur cœur, leurs nageoires et d'autres tissus soient prélevés. L'objectif déclaré est d'identifier les programmes de cellules T qui stimulent ou freinent la régénération des organes, le poisson zèbre reformant son cœur là où les mammifères produisent une cicatrice définitive. Le porteur limite les effets indésirables aux douze premières heures, tout en décrivant des poissons anxieux ou résignés qui cessent de s'alimenter, et d'autres à la nage erratique qui "meurent généralement en quelques heures" et sont alors tués.
Objectifs
Les mammifères, y compris les humains, sont généralement incapables de régénérer leurs organes, ce qui constitue un obstacle aux nouvelles stratégies thérapeutiques pour plusieurs événements traumatiques et maladies dégénératives (infarctus du myocarde, ostéoporose, fracture osseuse, entre autres). Cette incapacité à se régénérer contribue à une diminution à long terme de la fonction des organes et à une augmentation de la morbidité, et devient particulièrement importante dans les populations âgées. Après un infarctus du myocarde, par exemple, le tissu mort est remplacé en permanence par du tissu cicatriciel, ce qui diminue la fonction cardiaque. D'autres maladies dégénératives, comme l'ostéoporose, qui est de plus en plus répandue dans les populations âgées et qui est associée à des conditions pro-inflammatoires, diminuent également la qualité de vie et constituent un fardeau important pour la santé. Contrairement aux mammifères, le poisson zèbre peut régénérer entièrement ses organes, y compris le cœur et la nageoire, et retrouver leur fonction. Alors que la régénération du cœur implique la formation d'un tissu cicatriciel transitoire qui se résorbe avec la formation de nouveaux muscles, la régénération de la nageoire ne s'accompagne d'aucune formation de tissu cicatriciel.
Bénéfices attendus
Ce projet propose d'identifier les programmes de cellules T qui stimulent la régénération des organes et ceux qui l'inhibent. Cela permettra d'identifier des stratégies immunomodulatrices pour stimuler la régénération des tissus tout en minimisant les dommages causés aux tissus après une blessure.
Procédures
Un nombre de 1776 animaux seront soumis au génotypage, où quelques millimètres de la nageoire caudale seront prélevés sous anesthésie pour extraire l'ADN génomique et identifier les individus porteurs des mutations souhaitées. Parmi ceux-ci, certains individus (888) seront soumis à une cryoblessure cardiaque pour étudier le processus de régénération et la réponse immunitaire correspondante. L'intervention elle-même dure environ 2 minutes. Le processus de régénération sera suivi pendant les 7 à 14 premiers jours, avec un petit nombre d'animaux (48) suivis jusqu'aux stades de régénération tardive et complète. Le 888 animaux restants (le nombre équivalent d'animaux hétérozygotes) sera seulement génotypé et ne sera pas soumis à la cryoblessure ou à tout autre traitement. Un nombre de 816 animaux seront soumis à une amputation des nageoires. La procédure prend quelques secondes et le processus de régénération sera suivi jusqu'à 14 jours. Les autres interventions légères comprennent l'imagerie en direct (jusqu'à 10 minutes), la coloration des os en direct (15 minutes) et l'incorporation d'EdU par injection (quelques secondes pour la procédure ; 24 heures jusqu'à l'analyse). En résumé, 888 poissons seront soumis à des traitements considérés comme modérés (génotypage uniquement) et 1704 seront soumis à des traitements considérés comme sévères, notamment des cryolésions (888) ou une amputation des nageoires (816).
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effets indesirables chez le poisson concerné : - La cryoblessure pour étudier la régénération cardiaque. Les effets indésirables potentiels surviennent généralement dans les 12 premières heures suivant la blessure. Il s'agit notamment de l'hyperventilation et de changements comportementaux de type anxiété ou résignation avec notamment une diminution de la prise alimentaire ou une position dans la colonne d'eau qu'il sera facile à identifier (navigation exclusivement à la surface ou prostration au fond de l'aquarium). Occasionnellement, un petit nombre d'animaux peut présenter une nage erratique (c'est-à-dire des poussées de nage verticale) immédiatement après l'opération. Ces animaux meurent généralement en quelques heures et sont donc immédiatement euthanasiés lorsque ce comportement est observé.
Devenir
Tous les poissons utilisés dans cette étude seront euthanasiés après la dernière intervention, car nous devons prélever le cœur ou la nageoire caudale (et d'autres tissus) pour étudier/évaluer les cellules et les composants moléculaires (réponse immunitaire et marqueurs de régénération), ce qui nécessite de prélever du tissu pour un traitement ultérieur après l'euthanasie du poisson.
Remplacement
Dans le cadre de ce protocole, nous prévoyons d'étudier la réponse immunitaire et la capacité de régénération, en utilisant une combinaison de plusieurs outils transgéniques. Ces outils génétiques, ainsi que le pouvoir exploratoire du modèle du poisson zèbre, le rendent unique pour ces processus de manière intégrée chez les mêmes individus. En raison de la nature systémique et physiologique de la réponse régénérative, ainsi que de la réponse immunitaire, des modèles plus simples tels que les systèmes in vitro et organoïdes sont incapables de répondre aux questions scientifiques de ce projet.
Réduction
Compte tenu de la variabilité des paramètres biologiques généralement observée au sein d’un groupe et de la durée des protocoles, des groupes de 6 animaux seront formés afin de pouvoir mettre en évidence des différences statistiques (principe de réduction).
Raffinement
Les procédures seront réalisées dans le respect du bien être animal, sous anesthésie lorsque nécessaire pour limiter la souffrance, la douleur ou l’angoisse des animaux, et en respectant des points limites définis par le comportement des animaux, que ce soit leur comportement alimentaire, leur locomotion (position dans la colonne d'eau: nage en surface ou prostration au fond du bac) ou leur fonction respiratoire (mouvement operculaire). L'altération d'un ou plusieurs de ces paramètres conduira à une perte de poids significative qui lorsqu'elle sera supérieure à 20% conduira à l'arrêt du protocole expérimental (principe de raffinement).
Choix des espèces
Le poisson zèbre, ou Danio rerio, est génétiquement modifiable, ce qui permet de réaliser des études à grande échelle de même portée plus rapidement et à un coût bien moindre qu'avec les rongeurs. En outre, les approches invasives, un grand nombre d'événements biologiques peuvent être quantifiés par des approches non invasives, y compris l'imagerie en direct. Aujourd'hui, un très grand nombre de lignées transgéniques et mutantes ont été générées et sont à la disposition de la communauté scientifique, apportant des réponses à des questions biomédicales réelles et pertinentes. En tant que laboratoire académique, nous avons facilement accès à un grand nombre de lignées transgéniques (peu coûteuses). Le poisson zèbre est également un modèle pertinent pour l'étude des dysfonctionnements liés à l'âge, et récapitule de manière similaire aux rongeurs les processus physiopathologiques du vieillissement observés chez l'homme.
Evaluation de peptides thérapeutiques dans le traitement des myopathies centronucléaires et de la maladie de Charcot-Marie-Tooth
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
- Troubles nerveux
683 souris vont être utilisées, 400 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et 283 un niveau modéré, toutes tuées pour l'analyse de leurs tissus. Une partie porte une mutation qui provoque une scoliose, une cyphose, une atrophie musculaire et une durée de vie raccourcie. Chaque semaine pendant neuf semaines, elles reçoivent une injection dans l'orbite de l'œil sous anesthésie, sont retournées sur le dos une minute pour le test de posture, et passent jusqu'à vingt-deux heures seules en cage pour la mesure de leur activité locomotrice, avant une mesure de force sous anesthésie profonde. Le porteur écrit qu'aucune méthode alternative n'évalue ces peptides sur "l'organisme entier" et que l'évaluation in vivo est un "prérequis indispensable" avant toute application clinique.
Objectifs
L'objectif de ce projet est d'évaluer la toxicité et l'efficacité de peptides thérapeutiques dans le traitement des myopathies centronucléaires et de la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT). En effet, aucun traitement curatif n'est disponible sur le marché actuellement pour ces deux maladies qui sont fortement invalidantes. Les myopathies centronucléaires sont des maladies génétiques rares qui affectent notamment la fonction des muscles squelettiques qui se caractérise par une faiblesse musculaire généralisée. Selon les formes graves, les symptômes apparaissent dès la naissance, mais peuvent se développer à tout moment de la vie avec une espérance de vie drastiquement réduite. La CMT est une maladie génétique qui affecte les nerfs périphériques et qui se manifeste par une faiblesse musculaire progressive avec des premiers symptômes pouvant apparaitre au cours de l’enfance.
Bénéfices attendus
Nous espérons identifier un ou plusieurs peptides thérapeutiques efficaces et non toxiques dans nos modèles murins qui constituerai(en)t alors une piste thérapeutique pour les patients atteints de la maladie de Charcot-Marie-Tooth ou d'une myopathie centronucléaire.
Procédures
Une injection rétro-orbitale d’une durée maximale de 30 secondes sous anesthésie sera réalisée une fois par semaine pendant 9 semaines. Un anesthésique local sera déposée sur l'oeil, 2 minutes avant l'injection. Des prélèvements sanguins seront réalisés à 3 semaines d'âge, 8 semaines d'âge et avant la mise à mort. Les prélèvements sanguins seront compensés par une injection équivalente de sérum physiologique. Des tests de comportement peu invasifs qui permettront d’évaluer les performances et capacités motrices de l’animal (activité locomotrice, posture) seront réalisés une fois par semaine chez l’animal vivant à partir de 3 semaines jusqu’à l’âge de 17 semaines maximum. Le test de posture sera réalisé une fois par semaine, avec un temps de repos minimal de 10 minutes entre chaque essai, pour une durée maximale d’une minute par essai. L’activité locomotrice spontanée de l’animal sera acquise pendant 22h au maximum, période au cours de laquelle les animaux seront hébergés individuellement, sans toutefois subir un isolement sensoriel (pas d'isolement olfactif, ni auditif). Un à deux prélèvements de sang (sur animal vigile) seront réalisés sur 180 animaux. La production de force sera mesurée sur une durée maximale de 30 minutes et les souris recevront une anesthésie profonde et un anti-douleur dont l’administration ne durera pas plus de 5 secondes.
Impact sur les animaux
Une partie des animaux sont porteurs de la mutation qui entraine une perte de poids, une scoliose et une cyphose, une atrophie musculaire, une faiblesse musculaire et une durée de vie réduite par rapport à des animaux contrôles. Pour ces animaux, seuls les mâles sont affectés. L’injection rétro-orbitale et les prélèvements sanguins seront à l’origine d’une douleur légère au point de piqûre et la contention manuelle de l’animal génèrera un stress léger/inconfort. Le test d’activité locomotrice nécessite un isolement pendant 22 heures ce qui peut provoquer un stress chez l’animal, cependant il ne s'agit pas d'un isolement sensoriel (pas d'isolement olfactif, ni auditif). Le test de posture entraine un stress lors du retournement de l’animal pendant une minute maximum. Une anesthésie profonde d’un anesthésique et d’un anti-douleur sera à l’origine d’une douleur légère au point de piqûre et la contention manuelle de l’animal génèrera un stress léger/inconfort.
Devenir
Les animaux seront mis à mort afin de collecter les tissus pour réaliser des analyses moléculaires et histologiques.
Remplacement
Afin d’évaluer l’efficacité thérapeutique des peptides pour les myopathies centronucléaires et la maladie de Charcot-Marie-Tooth, le modèle murin est privilégié. L’efficacité ainsi que la toxicité des peptides candidats ont déjà été évaluées sur différents types de cellules. L’utilisation d’un modèle cellulaire permet d'avoir une première idée de l'efficacité mais ne permet pas d’évaluer les effets sur la contractilité du muscle, ni d’évaluer les effets sur l’ensemble de l’organisme. La nécessité de pouvoir réaliser des mesures de force repose sur l’importance d’évaluer la faiblesse musculaire, caractéristique clinique principale des myopathies centronucléaires et de la maladie de Charcot-Marie-Tooth. Ces mesures de force sont également impossibles à réaliser sur fibres musculaires de biopsies humaines compte tenu de la rareté de ces maladies et des limites liées à l’analyse des biopsies musculaires chez l’Homme. L’utilisation d’un modèle animal est donc primordiale. D’autre part, il n’existe pas de méthode alternative qui permette d’évaluer l’efficacité de ces peptides sur l’organisme entier et dans des conditions in vivo. Dans ce contexte, il convient de signaler que l’évaluation in vivo de potentielles thérapies est un prérequis indispensable avant toute application clinique.
Réduction
Uniquement les peptides démontrant une faible toxicité et une efficacité sur cellule seront testés sur modèles animaux. La toxicité sera ensuite déterminée sur un faible nombre de souris saines et uniquement les candidats faiblement ou non toxiques seront utilisés sur un plus grand nombre d’animaux pour une preuve d’efficacité. Cela limitera significativement le nombre d’animaux nécessaires à l’ensemble de l’étude. Les travaux antérieurs ont démontré qu’un échantillon de 15 animaux par groupe est requis pour garantir la fiabilité des tests statistiques, qui consisteront à comparer les différents groupes d’animaux et les différents traitements entre eux.
Raffinement
Les nouveau-nés seront hébergés avec leurs parents jusqu’au sevrage. L’analyse de la capacité à se retourner et à se mouvoir, la couleur de la peau, la présence d'une poche de lait seront évalués chez le nouveau-né tous les 2 à 3 jours. A partir du sevrage, les animaux seront hébergés en groupe. Le milieu sera enrichi avec des nids et des tunnels. Les animaux seront observés quotidiennement et pesés 2 à 3 fois par semaine. Dès lors qu’une perte de poids sera notée, les animaux seront pesés quotidiennement. Si des difficultés de locomotion apparaissent, de la nourriture gélifiée sera placé dans la cage. La plupart des expérimentations seront réalisées à l’aide de tests permettant une exploration peu invasive de la fonction musculaire dans des conditions physiologiques in vivo ce qui limite le développement de la douleur. Afin de diminuer le stress lié aux différents tests, une session de familiarisation sera effectuée pour chaque test avant le début du suivi. Pour les mesures de force in situ, l’animal sera anesthésié par injection intrapéritonéale d’un mélange de produits anesthésiants induisant une anesthésie profonde et analgésiants permettant d’éliminer le stress et la douleur liés à la procédure. L’animal sera placé sur une plaque chauffante tout au long de la procédure afin de maintenir la température corporelle à sa valeur basale. Un contrôle visuel de la respiration sera effectué.
Choix des espèces
Les modèles murins utilisés reproduisent les différentes formes de la pathologie humaine en termes de mutation, de gène muté et de sévérité clinique. Dans cette étude, deux modèles seront étudiés. Un modèle qui développe des symptômes sévères de myopathie à partir de 4 semaines après la naissance avec une étude de 3 à 9 semaines. Un deuxième modèle vers 8 semaines d’âge, avec des animaux qui présentent des symptômes légers et une étude de 8 à 17 semaines. Si le traitement améliore le phénotype, les animaux générés développeront moins ou pas de symptômes.
Protocole test de toxicité systémique aigue pour l’évaluation biologique des dispositifs médicaux chez la souris et le rat
- Recherche appliquée
- Troubles sensoriels
Rats : 80
Le décès figure parmi les complications prévues du test. 80 souris et 80 rats vont être utilisés, la moitié dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, l'autre un niveau léger, tous tués après 72 heures de contact avec la substance. Une injection unique de moins de trente secondes dans la veine de la queue ou dans l'abdomen peut provoquer apnée, cyanose, convulsions, œdème, prostration ou tremblements, les animaux étant observés toutes les douze heures. Le projet porte sur la biocompatibilité d'un adhésif chirurgical, et le porteur écrit que ce test est "nécessaire" avant le passage chez l'humain, l'espèce comme l'effectif étant fixés par la norme ISO 10993-11, à raison de vingt animaux par formule testée.
Objectifs
Le projet étudie la biocompatibilité d’un adhésif chirurgical. Le test de toxicité systémique aigue a pour objectif de déterminer les effets toxiques potentiels de ce dispositif médical. Il s’agit de la norme ISO 10993-11
Bénéfices attendus
Le test de toxicité systémique aigue a pour objectif de déterminer les effets toxiques potentiels d’un adhésif chirurgical. Cet adhésif a pour objectif d’étanchéifier les sutures chirurgicales compliquées à risque de fuite qui sont à l’origine de complications majeures comme l’hémorragie et les fistules gastro-intestinales. Dans le but de pouvoir utiliser un nouvel adhésif chirurgical chez l’Homme, des tests réglementaires de toxicité chez le rat et la souris (ISO 10993 -11) sont nécessaires.
Procédures
Une unique injection intraveineuse ou intrapéritonéale de composés mis en solution. La durée de l’injection est inférieure à 30 secondes.
Impact sur les animaux
1 injection en IP ou en IV dans la veine caudale. Les effets indésirables pouvant être attendus sont les suivants : Respiratoire Dyspnée, apnée, cyanose Motricité Augmentation, réduction, somnolence, prostration, tremblements Convulsion Clonique, tonique, tonico-clonique Oculaire Exophtalmie, ptosis, iritis, conjonctivite Tonicité Hypotonie, hypertonie Gastro-intestinal Diarrhée, vomissement Peau Œdème, érythème Le décès de l’animal fait partie des potentielles complications du test.
Devenir
Tous les animaux de l’étude seront mis à mort après les 72h de contact avec la substance ou la solution contrôle.
Remplacement
Le test de toxicité systémique aigue est un test nécessaire à l’évaluation de la biocompatibilité des dispositifs médicaux avant le passage chez l’Homme.
Réduction
Cette étude utilise le nombre minimum d’animaux prévu par la norme ISO 10993-11Pour chaque formule test (4 testés) l’utilisation de 20 animaux (10 animaux tests, 10 animaux témoins) est nécessaire.
Raffinement
Pendant la période d’observation : Les animaux bénéficient de jouets et de morceaux bois à ronger dans leur environnement de vie. Du coton sera ajouté dans la cage pour permettre une régulation de la température. Ils seront observés toutes les 12h pendant 72h et pris en charge en fonction d’une grille de score adaptée. Mise à mort après 72h selon la réglementation en vigueur.
Choix des espèces
L’espèce animale est déterminée par la norme ISO 10993-11. La norme décrit l’utilisation de la souris et du rat de l’un ou l’autre sexe
Étude de l’effet des ultrasons sur l’ouverture de la barrière hémato-encéphalique et l’augmentation de la délivrance de médicaments dans les métastases cérébrales de cancer du sein dans un modèle murin.
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
303 souris femelles immunodéficientes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l'issue pour prélever leur cerveau. Une chirurgie de trente minutes leur implante des cellules de cancer du sein humain dans le crâne, puis elles développent des tumeurs cérébrales avec maux de tête, étourdissements et signes neurologiques. Le protocole ajoute des injections intrapéritonéales, la pose d'un cathéter toutes les deux semaines et des séances d'ultrasons destinées à ouvrir la barrière hémato-encéphalique, une surdose pouvant provoquer un œdème cérébral ou une hémorragie. Le porteur rappelle que les traitements actuels ne prolongent la survie des patientes que de quelques mois et vise un essai clinique, ce projet se limitant à valider une combinaison.
Objectifs
Les métastases cérébrales (MCs) du cancer du sein représentent une complication fréquente et sévère chez les patientes atteintes d’un cancer du sein avancé. L’utilisation de nouveaux traitements, tels que les conjugués anticorps-médicaments, a démontré son efficacité dans le traitement des cancers du sein primaires. Cependant, la barrière hémato-encéphalique en limite l’efficacité dans le cas des atteintes cérébrales. Ce projet vise à évaluer l’efficacité de ces conjugués anticorps-médicaments dans le traitement des MCs, en les combinant avec des ultrasons afin d’ouvrir temporairement la barrière hémato-encéphalique. Grâce à cette technique, qui induit la formation de pores dans la barrière, les traitements pourraient ainsi atteindre plus efficacement les cellules cancéreuses localisées dans le cerveau.
Bénéfices attendus
Le traitement actuel des métastases cérébrales est restreint et permet de prolonger la survie des patientes pour quelques mois seulement. Le frein majeur à l’amélioration des soins reste principalement sur la barrière hémato-encéphalique. Ce projet vise à valider l'efficacité de la combinaison des ultrasons avec les traitements dans le but de poursuivre vers un essai clinique.
Procédures
L’implantation cellulaire par chirurgie sera réalisée une seule fois pendant 30 minutes sur une souris anesthésiée. Les injections intrapéritonéales seront réalisées sur des animaux vigiles : 6 fois lors de la procédure 1, 3 fois lors de la procédure 2 et 2 fois lors de la procédure 3 (2 minutes chacune). La pose d’un cathéter (1 fois toutes les 2 semaines, 5 minutes) et les injections intraveineuses (1 fois toutes les 2 semaines pendant 6 semaines) seront également effectuées sur des animaux vigiles.
Impact sur les animaux
Les animaux développeront des tumeurs intracrâniennes qui peuvent entraîner : - Des maux de tête - Des étourdissements - Des symptômes neurologiques - Une perte de poids liée au cancer Les contentions multiples (pesée, traitement, suivi par imagerie) peuvent générer du stress chez l’animal. Les injections de chimiothérapies peuvent s’accompagner d’effets indésirables tels que : - Nausées, perte d’appétit – fatigue. Très rarement, les injections répétitives de traitements au même point d’injection peuvent engendrer des irritations ou infections locales. Les nuisances et effets indésirables prévus sur les animaux par le protocole ultrasons pourraient être : - Une surdose ultrasonore peut entraîner un risque d’œdème cérébral local ou d’hémorragie.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort en fin de procédure pour collecter le cerveau, à des fins d’analyses histologiques et moléculaires.
Remplacement
En amont de ce projet, nous avons réalisé des études in vitro préliminaires pour évaluer les traitements sur nos lignes cellulaires, pour affiner les paramètres des ultrasons, et limiter le nombre d’expériences in vivo. Cependant, la barrière du cerveau et son environnement cérébral ne sont pas reproductibles in vitro à ce jour. Ni la modélisation in silico, ni l’expérimentation in vitro ne permettent de prédire l’efficacité de la délivrance des molécules et l’impact du traitement ultrasonore sur le tissu. Il est donc indispensable d’utiliser des modèles animaux.
Réduction
Afin de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés, nous avons utilisé des guides statistiques et des résultats préalables détaillés dans la littérature. Grâce à ces approches, nous avons déterminé que des groupes expérimentaux composés de 12 animaux permettront d’obtenir des résultats statistiquement corrects qui ne compromettront pas l’interprétation de nos résultats.
Raffinement
L’ensemble des actes effectués chez les animaux seront faits par des personnes formées. Chaque suivi par imagerie sera réalisé sous anesthésie et l’animal sera maintenu sur un tapis chauffant pour assurer son bien-être. Lors des sessions de thérapie, les injections seront réalisées sous anesthésie. Les souris seront hébergées en groupe avec un milieu enrichi. Des points limites seront définis en amont des interventions, ceux-ci auront vocation à limiter et surtout éviter une souffrance animale. Une grille de score basée sur ces points limites sera utilisée.
Choix des espèces
Nous avons sélectionné la souris pour notre étude, car il a été démontré, par l’utilisation de cellules de cancer du sein, qu’elle était capable de développer la pathologie avec les mêmes manifestations que l’humain. Les souris seront utilisées à partir de 6 semaines. A cet âge, les animaux présentent des caractéristiques adultes et sont réceptifs à la prise de greffes. Les souris sont immunodéficientes car les cellules injectées sont des cellules d’origines humaines ainsi il n’y a pas de rejet de la greffe. Les individus sélectionnés sont exclusivement des femelles. Ce choix résulte du fait que la pathologie touche presque uniquement les femmes.
Preuve de concept d’une nouvelle thérapie cellulaire dans le choc septique
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Les souris utilisées sont immunodéprimées et humanisées entre un et trois jours de vie, pour qu'elles acceptent des cellules immunitaires humaines sans les rejeter. Elles sont 24, dont 16 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, et toutes seront tuées. Le protocole leur ligature et perfore le cæcum sous anesthésie pour déclencher un choc septique, dont le porteur indique qu'il conduit à la mort de la souris en vingt-quatre heures, le critère mesuré étant justement la survie en heures. Le projet est présenté comme exploratoire, destiné à produire les données préliminaires nécessaires au calcul d'effectif d'un protocole ultérieur : le bénéfice thérapeutique reste une hypothèse à moyen terme.
Objectifs
L’objectif de ce projet est d’étudier l’efficacité pré-clinique de l’injection d’un médicament cellulaire de thérapie innovante sur la modulation du choc septique par le suivi clinique (la survie, en heure, après induction d’un choc septique), et l’analyse histologique et biologique post-mortem des dommages tissulaires. La transplantation repose sur l'utilisation de cellules immunitaires, produites selon des normes médicales. L'idée est que ces cellules aident à controler l'inflammation et à réguler le système himunitaires pendant le choc septique. Le projet nécessite l’utilisation de souris immunodéprimées, humanisées, capables d’accepter ces cellules immunitaires humaines.
Bénéfices attendus
A ce jour, aucun modèle in vitro (2 ou 3 dimensions) ni in silico ne permet de reproduire le choc septique et donc de tester de nouvelles thérapeutiques. Ainsi, le bénéfice attendu à moyen terme de ce projet exploratoire sera de faire la preuve de concept de l'utilisation des cellules immunitaires humaines dans le contexte du choc septique. Ce projet permettra : 1/ De confirmer chez l'animal l'efficacité du produit de thérapie cellulaire. 2/ Développer une étude expérimentale confirmant ce projet exploratoire pour utiliser à terme les cellules immunitaires humaines comme nouveau produit de thérapie cellulaire dans le traitement du choc septique.
Procédures
-Une injection de cellules humaines issues de donneurs sains (injection en 5 secondes) -Un prélèvement sanguin au niveau de la veine caudale entre 8 et 12 semaines de vie pour vérifier la prise de greffe (prélèvement de 5 secondes) -Une anesthésie générale gazeuse associée à l'opération provoquant le choc septique (LCP), d’un prélèvement de sang de faible volume à la veine de la queue , suivi d’une injection intraveineuse de cellules immunitaires humaines ou de sérum physiologique (15 minutes en tout sous anesthésie).
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effets indésirables attendus sur les animaux sont: 1/La piqûre d'aiguille pour l’injection et le prélèvement qui entraîne une douleur légère de courte durée. 2/L'induction d'un choc septique qui conduit à un stress, ainsi qu'une diminution de l’activité, une perte de poids, et la mort de la souris en 24H.
Devenir
Toutes les souris seront mises à mort pour confirmer les données cliniques.
Remplacement
Les connaissances sur le mécanisme d'action des cellules thérapeutiques myéloïdes suppressives humaines ont été caractérisées dans un premier temps in vitro. Toutefois, pour proposer ces cellules comme médicament de thérapie innovante chez l'Homme, une étude pré- clinique robuste dans un modèle murin est indispensable. En effet, dans le choc septique (pathologie multi-organes) aucun modèle "in silico" ou "in vitro’ en laboratoire n'est à ce jour disponible pour évaluer l'impact d'une thérapie cellulaire, ainsi le seul modèle validé est le modèle murin.
Réduction
Ce projet étant exploratoire et vise donc à poduire des données préliminaires nécéssaires au calcul du nombre de souris dans un prochain protocole expérimental, le nombre de souris a donc été réduit au minimum à 8 par groupe. Afin d’écarter un éventuel effet sexe, mâles et femelles seront utilisés.
Raffinement
Les souris seront hébergées et expérimentées dans un secteur exempt d'organismes pathogènes et opportunistes spécifiques adapté aux animaux en déficience du système immunitaire (portoir ventilé, cages avec capot et filtre, nourriture irradiée, eau de boisson autoclavée), avec tous les éléments d’enrichissement nécessaires au bien-être et à la nidification (autoclavés). Une prise en charge de la douleur est prévue par administration régulière d’antalgique. Leur état clinique sera surveillé quotidiennement et un score d’évaluation sera utilisé. Les points limites sont clairement définis, conduisant à un arbre décisionnel pour l'arrêt anticipé de la souffrance.
Choix des espèces
La souris immunodéprimée est en élevage à l’animalerie centrale. Elle permet l’élaboration d’un modèle humanisé avec développement de cellules sanguines humaines, car cette souris immunodéprimée ne rejette pas les cellules humaines. La ligature perforation du caceum reste à ce jour, la meilleure procédure pour tester in vitro le choc septique. Ainsi l'utilisation d'un modèle murin de NSG humanisé de choc septique permettra de tester l’efficacité de cellules immunitaires humaines comme nouveau produit de thérapie cellulaire. Les souris seront humanisées entre 1 et 3 jours de vie puis un choc septique sera induit chez les souris entre 8 à 12 semaines après vérification de la prise de greffe à partir d'une goutte de sang prélevée au niveau de la veine de la queue de la souris et analyse en cytométrie en flux. Ces critères permettent de garantir une prise de greffe de cellules sanguines humaines dans > 90% des cas, et sont en accord avec la littérature. Le choc septique sera induit chez les souris humanisées âgées entre 8 à 12 semaines de vie.
Exploitation de l’activité des cytokines dans des environnements chimiques tumoraux complexes pour optimiser les immunothérapies dans un modèle murin
- Recherche appliquée
- Cancers
Injectées de cellules tumorales pour 9 704 d'entre elles, puis traitées par une injection quotidienne pendant cinq jours, 9 934 souris vont être utilisées et toutes tuées pour prélever sang et organes. 824 sont anesthésiées deux fois par semaine pendant trente minutes pour un suivi des métastases par imagerie, 3 900 subissent des prélèvements sanguins, et 2 240 reçoivent une seconde injection de cellules tumorales soixante jours après la première. Le porteur écrit avoir écarté tout analgésique parce qu'il pourrait modifier les réponses immunitaires étudiées, et compte sur des points limites pour arrêter les procédures. Toutes les atteintes décrites sont qualifiées de légères et de courte durée, sans que rien n'explique pourquoi 300 souris relèvent d'un niveau de souffrance sévère et 9 634 d'un niveau modéré.
Objectifs
Les cytokines (messagers du système immunitaire) et les thérapies cellulaires ont montré des résultats prometteurs dans le traitement de divers cancers. Cependant, l’efficacité de ces thérapies peut être considérablement influencée par l’environnement chimique extracellulaire (acidité, concentration élevée de certaines molécules, température, …) En effet, l'environnement qui entoure la tumeur est caractérisé par des propriétés chimiques uniques (comme une acidité élevée) qui peuvent avoir un impact sur le fonctionnement des cytokines et des cellules immunitaires. Il a été démontré que l’environnement acide altère l’activité de certaines cytokines et nuit à l’efficacité des thérapies cellulaires. De même, la concentration élevée de certaines molécules dans l’environnement des cellules peuvent moduler la fonction des cellules immunitaires et influencer l’efficacité des immunothérapies. Comprendre comment ces facteurs modulent les messagers du système immunitaire (ou cytokines) et l’activité cellulaire est crucial pour développer des stratégies thérapeutiques plus efficaces. Notre laboratoire se concentre sur l'étude de l'impact de l'environnement chimique extracellulaire sur la fonction de deux cytokines en particulier et sur les thérapies cellulaires. Nous visons à créer de nouvelles variantes de cytokines et de thérapies cellulaires optimisées pour fonctionner dans des microenvironnements spécifiques, caractéristiques des tumeurs, afin d'améliorer leur efficacité thérapeutique. Ainsi, en développant des variantes de cytokines conçues pour fonctionner de manière optimale dans ces microenvironnements spécifiques, nous visons à surmonter les limitations imposées par le microenvironnement tumoral et à améliorer l’efficacité des cytokines et des thérapies cellulaires.
Bénéfices attendus
Cette étude fournira des informations précieuses sur le rôle de l’environnement chimique extracellulaire dans l’efficacité des cytokines et des thérapies cellulaires dans le traitement du cancer. En comprenant d’abord comment les cytokines classiques (normales) sont affectées par le microenvironnement entourant les cellules, nous serons mieux placés pour concevoir et développer des cytokines modifiées qui seront adaptées pour fonctionner de manière optimale dans des microenvironnements spécifiques. Les résultats de cette étude pourraient conduire au développement de nouvelles stratégies visant à améliorer l’efficacité des cytokines et des thérapies cellulaires, bénéficiant ainsi aux patients atteints de cancer. De plus, comprendre l’impact de cet environnement sur la fonction des cellules immunitaires et l’efficacité du traitement contribuera à notre connaissance de l’immunologie tumorale et guidera la conception d’immunothérapies plus efficaces.
Procédures
Après leur arrivée et acclimatation (7 jours), les 9934 souris seront manipulées tous les 2 jours pendant 2 semaines avant le début des procédures pour réduire leur stress et les habituer à la manipulation humaine. Nous évaluerons d'abord la sûreté de nos traitements. Pour cela, 90 souris recevront les traitements à raison d'une injection par jour pendant 5 jours (1 min) puis 1 injection d'indicateur de toxicité sous anesthésie gazeuse (10 min). Ce projet comporte plusieurs parties dont plusieurs étapes sont communes. 9704 souris recevront une injection de cellules tumorales ou métastatiques (1 min). Puis, afin d'étudier les caractéristiques de notre traitement, les 9560 souris recevront ce dernier (ou placebo) par injection à raison d'une injection par jour pendant 5 jours (1 min). Parmi ces animaux, 2240 souris (140 naïfs et 2100 déjà exposées aux cellules tumorales) recevront une nouvelle injection de cellules tumorales 60 jours après la première (1 min). De plus, 824 souris recevront une injection 2 fois par semaine sous anesthésie gazeuse (anesthésie: 30 min) afin de suivre le développement des métastases par imagerie. Des prélèvements sanguins sous anesthésie gazeuse seront réalisés sur 3900 souris (3520 prélèvements uniques + 380 prélèvements 1 fois par semaine jusqu'à la fin du protocole, 3 min) En parallèle, l'ensemble de ces souris seront testées pour différents paramètres afin d'évaluer le mode de fonctionnement et l'efficacité de nos traitements. Test 1 : 1820 souris recevront 2 injections de traitement ou placebo à 3 jours d'intervalle (30 sec) Test 2 : 390 souris recevront le traitement ou placebo soit par injection 1 fois par jour pendant 11 jours soit par 1 injection tous les 3 jours jusqu'à la fin de l'expérience (30 sec) Test 3 : 900 souris recevront 2 injections de molécule d'intérêt (ou placebo) à 6 jours d'intervalle et 2700 souris recevront 1 injection de molécule d'intérêt (ou placebo) 2 fois par semaine jusqu'à la fin (30 sec) Test 4 : 50 souris recevront 1 injection d'une molécule permettant d'étudier la tumeur 13 jours après l'injection des cellules (30 sec) Test 5 : 720 souris recevront 1 injection 3 jours avant les traitements puis 2 fois par semaine jusqu'à la fin (30 sec). Test 6 : 160 souris seront irradiées 2 fois à 3h d'intervalle (irradiation: 10 min) puis 13 jours après l'injection des cellules et 1 jour avant le début de nos traitements, 160 animaux recevront 1 injection de cellules immunitaires (1 min)
Impact sur les animaux
Les injections de cellules tumorales entraîneront une douleur et un stress légers de courte durée et conduiront, en fonction du modèle, au développement de tumeurs pouvant entraver la liberté de mouvement des animaux. L'évolution de la pathologie induite (développement tumoral) pourrait causer une perte d'appétit et le cas échéant, une perte de poids. Les thérapeutiques envisagées seront administrées par injection ce qui entraînera une douleur et un stress légers de courte durée mais répétés à chaque administration de traitement. Les prélèvements sanguins seront source de stress pour les animaux lors de la contention et causeront une douleur et un stress légers de courte durée au moment de l'acte qui sera unique ou répété en fonction du modèle étudié.
Devenir
Pour l’ensemble des procédures, les animaux seront mis à mort. En effet, la récupération d’échantillons (sang, organes) est essentielle pour déterminer l’efficacité de nos thérapies.
Remplacement
Dans la mesure du possible, nous menons des études in vitro poussées pour caractériser au mieux l'activité et le profil de sécurité de nos traitements d'intérêt avant de proposer des expériences sur les animaux. Ces études comportent l'évaluation de nos traitements d'intérêt dans différents environnement, leurs effets sur différents types cellulaires et leur absence de toxicité sur les cellules. En tirant parti de ces systèmes utilisant des cellules, nous générons des données précliniques robustes sur les mécanismes d'action, la puissance et les profils de sécurité de nos traitements d'intérêt fournissant ainsi une base scientifique solide pour les études in vivo proposées. Cette approche s'aligne sur le principe de remplacement car nous utilisons avec succès des méthodes sur cellules pour remplacer une partie importante des études sur les animaux qui auraient autrement été nécessaires.
Réduction
Pour chaque test que nous effectuons chez l'animal, nous recueillons un très grand nombre de données et d'informations à travers différents paramètres d'analyse. Cette approche permet d’obtenir un maximum d’informations pour chaque animal réduisant ainsi le nombre total requis d’animaux. Nous avons effectué des analyses statistiques pour déterminer le nombre minimum de souris requis par groupe pour obtenir des résultats robustes sur la base de nos données in vitro et in vivo déjà obtenues et des études publiées utilisant des modèles similaires. Pour l’analyse de nos données, nous prévoyons d'utiliser des méthodes statistiques appropriées pour analyser les différences entre les groupes de traitement. Nous utiliserons également des modèles statistiques afin de procéder au mieux à l’analyse des résultats obtenus.
Raffinement
Nous nous engageons à affiner nos protocoles et nos pratiques pour maximiser le bien-être des animaux et minimiser la souffrance et la détresse. Nos stratégies de raffinement englobent de multiples aspects du soin des animaux. Avant toute procédure, les animaux seront acclimatés un minimum de 7 jours dans leur zone d’hébergement. De plus, des actes d’habituation seront réalisés par les expérimentateurs afin de familiariser les animaux à la manipulation humaine. Tout acte pouvant entraîner souffrance, détresse ou stress sera réalisé sous anesthésie. Notre équipe examine attentivement le potentiel d'inconfort associé à chaque intervention et prend des mesures pour atténuer ces effets. Cela garantit que les animaux ne subissent pas de douleur ou de détresse inutile. Nous travaillerons également en étroite collaboration avec le personnel de l’établissement utilisateur ainsi que la structure de bien-être animal y étant rattachée afin de minimiser la souffrance et la détresse. Cela implique de maintenir des conditions environnementales appropriées et de fournir un espace et des ressources adéquats. L'enrichissement de l'environnement fera partie intégrante de notre programme de soins aux animaux. Des éléments et des structures d'enrichissement seront fournis pour permettre aux souris de présenter des comportements naturels, améliorant ainsi leur bien-être et favorisant des résultats expérimentaux plus pertinents sur le plan biologique. L’utilisation d’analgésiques a été écartée dans ce protocole car ces derniers pourraient moduler les réponses immunitaires étudiées (effets décrits dans la littérature). Pour cela, des points limites stricts et spécifiques pour chaque procédure ont été déterminés et dès l'apparition de l'un d'entre eux, les animaux seront immédiatement mis à mort afin de limiter tout stress ou souffrance.
Choix des espèces
Nous nous sommes concentrés sur le modèle murin qui a l’avantage de présenter des similitudes avec le modèle humain et pour lequel nous disposons d’un large panel d’outils moléculaires pour son étude. Le modèle murin est un modèle de choix pour l’étude du développement tumoral et de la réponse immunitaire. De plus, il s’agit du modèle le plus utilisé dans la communauté scientifique permettant ainsi les échanges internationaux des résultats. Les données disponibles dans la littérature faisant référence aux modèles de cancers que nous utilisons impliquent l'utilisation de souris âgées de 6 à 8 semaines d'âge. De plus, ces modèles sont bien établis au laboratoire, nous souhaitons donc garder les mêmes conditions expérimentales.
Etablissement d’une collection de PDX de sarcomes des tissus mous chez la souris
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
2 200 souris immunodéprimées vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l'issue. Chacune reçoit un fragment de tumeur prélevé sur un patient atteint de sarcome, greffé sous la peau ou dans le muscle, et développe une tumeur jusqu'à 1 000 ou 2 000 mm3 selon le site avant d'être tuée. Le porteur mentionne des risques de nécrose, d'ulcération, d'anémie et de difficultés respiratoires liées à d'éventuelles métastases pulmonaires, et justifie l'effectif par une seule phrase, deux souris par tumeur. Il décrit la xénogreffe comme "indispensable" et comme un "vrai réplicat" phénotypique et génétique de la tumeur du patient.
Objectifs
Les sarcomes des tissus mous sont des tumeurs rares très complexes et hétérogènes (plus de 70 sous-types différents) qui touchent environ 4000 personnes par an en France. Malgré une chirurgie bien conduite suivie de traitements par chimiothérapies ou radiothérapies, plus de 40 pourcent des patients développent des métastases. A ce stade métastatique, peu de médicaments sont efficaces et les progrès depuis les 20 dernières années sont faibles avec une survie globale qui est passée de 12 à 18 mois seulement. Il existe donc dans cette pathologie un réel besoin de nouvelles thérapies permettant de cibler les metastases afin d’améliorer significativement les chances de survie des patients. Notre équipe est localisée dans un centre de référence dans le traitement de ce cancer rare, ce qui nous offre la possibilité d'obtenir des tumeurs de patients. L'objectif de ce projet est de mettre en place une banque de PDOX (patient-derived orthotopic xenograft) et PDX (patient-derived xenograft) à partir de tissus tumoraux frais de patients atteints de sarcomes. Cela consiste à implanter un fragment tumoral du patient, généralement une biopsie, directement dans la souris soit sous la peau (PDX), soit dans le muscle (PDOX) quand la tumeur d'origine est musculaire. Ces nouveaux modèles nous permettront de tester des médicaments et des combinaisons de médicaments pour lesquels nous avons des données bibliographiques dans d'autres types de cancer et ainsi d'offrir aux patients atteints de sarcomes de nouvelles perspectives de traitements.
Bénéfices attendus
L’établissement de greffes de tumeurs issues directement du patient (PDX) présente plusieurs avantages par rapport aux greffes de lignées cellulaires. Ces modèles PDX sont plus proches de la morphologie originale de la tumeur et conservent une certaine hétérogénéité. De plus, ils gardent les caractéristiques génétiques du patient d'origine, ils sont donc à priori de meilleurs modèles précliniques que les modèles de greffes classiques. Les tumeurs de patients peuvent etre implantées soit sous la peau des souris, soit en orthotopique quand cela est possible, c'est à dire à son emplacement d'origine, ici le muscle. Cette méthode a démontré une très grande concordance clinique avec la réponse aux traitements des patients ou avec le degré d'agressivité tumoral en favorisant l'apparition éventuelle de tumeurs secondaires (métastases). Ces modèles permettront donc de mieux comprendre la biologie des sarcomes, de tester de nouvelles thérapies ou combinaison de thérapies ou encore d'explorer les mécanismes de résistance aux médicaments souvent observés chez les patients.
Procédures
Greffe de tumeurs humaines en intramusculaire ou en sous-cutané (1 fois par souris, 2 min par souris pour les implantation en sous-cutanée et 5 à 10 min pour les implantations en intramusculaire)
Impact sur les animaux
Les procédures d'implantation de fragments de tumeur en sous-cutané ou en intramusculaire peuvent provoquer un inconfort léger et diminuer la mobilité des souris (intramusculaire). Les implantations en sous-cutanée ont également un risque de nécrose et/ou ulcération et donc d'anémie. Des difficultés respiratoires dues à d’éventuelles métastases pulmonaires peuvent également survenir. Le developpement des tumeurs peut entrainer des changements métaboliques associés notamment à une perte de poids.
Devenir
Tous les animaux sont mis à mort quand les tumeurs atteignent 1000 mm3 pour les implantations intramusculaires, 2000 mm3 pour les implantations sous-cutanées ou lorsqu'un point limite est atteint.
Remplacement
Dans le cadre d’études précliniques visant à démontrer l’efficacité d’une molécule en monothérapie ou en combinaison, avec l’idée de construire un rationnel solide pour des études cliniques de phase précoce, la réalisation de modèle de xénogreffe à partir de tumeur de patient est indispensable. Ce modèle est celui qui préserve le plus les caractéristiques de la tumeur du patient, c’est un vrai « réplicat » phénotypique, génétique, génomique et biochimique de la tumeur d’origine. De plus, l’oncogenèse et plus particulièrement l’apparition de métastases sont des modèles intégrés qui font intervenir un grand nombre de mécanismes physiologiques et de tissus avoisinants qui ne peuvent être modélisés in vitro. Nous devons donc avoir recours à un modèle physiologique complet et fonctionnel avant de pouvoir réaliser les essais chez l'homme.
Réduction
le nombre de souris est limité au maximum (2 souris par tumeur pour l’établissement du modèle)
Raffinement
Toutes les expérimentations sont réalisées par du personnel qualifié, les animaux sont surveillés par le personnel de l'animalerie quotidiennement et sont hébergés dans des cages comprenant une nourriture adaptée et enrichies par plateformes, cabanes rouges et du coton de nidification. Lors des différentes procédures, les animaux sont sous anesthésie générale et des analgésiques (anti-douleur) sont donnés pour éviter toutes souffrances. Une liste de points limites stricts et spécifiques à ce projet est établi afin de respecter le bien-etre animal.
Choix des espèces
Les xénogreffes à partir de tumeur de patient ne peuvent se faire que sur des modèles d’animaux immunodéprimés. Les souris utilisées sont des modèles très immunodéprimés particulièrement adaptés à l’implantation de cellules tumorales. Les souris sont hébergées dans des cages identifiées par un étiquetage spécifique, et la nourriture et boissons sont données à volonté. Animaux âgés de 8-10 semaines (jeunes adultes) pour qu’ils puissent supporter la greffe et le développement de la tumeur. Les sarcomes n'etant pas associés au sexe des patients, des souris des 2 sexes seront utilisées.
Etude de la virulence de Klebsiella pneumoniae in vivo
- Recherche appliquée
- Maladies infectieuses
Inoculées une fois avec Klebsiella pneumoniae par la vessie, le nez, le péritoine ou une veine, 690 souris reçoivent ensuite des inhibiteurs par l'eau de boisson, par gavage ou par injection. 570 d'entre elles sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, les 120 autres à un niveau léger, et toutes sont tuées pour prélever tissus et liquides biologiques. L'objectif porte sur les facteurs de virulence d'une bactérie responsable d'infections nosocomiales. Le RNT résume en deux phrases ce que subissent ces 570 souris, une inflammation urinaire ou pulmonaire et un "affaiblissement de l'état général", et indique que le nombre d'animaux n'a fait l'objet d'aucune approche statistique.
Objectifs
L’étude des facteurs de virulence de Klebsiella pneumoniae est essentielle pour mieux comprendre les mécanismes par lesquels cette bactérie opportuniste provoque des infections graves, notamment des pneumonies, des septicémies, et des infections nosocomiales. Ces facteurs de virulence jouent un rôle clé dans l’évasion du système immunitaire, l’adhésion aux tissus de l’hôte, et la résistance aux antibiotiques. En raison de l’émergence croissante de souches multi-résistantes, Klebsiella pneumoniae représente une menace majeure pour la santé publique mondiale. Étudier ses facteurs de virulence permet non seulement de mieux comprendre sa pathogénicité, mais aussi de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques, telles que des vaccins ou des traitements ciblés, afin de mieux prévenir et traiter les infections associées.
Bénéfices attendus
L’étude des facteurs de virulence de Klebsiella va permettre de mieux comprendre les mécanisme mis en place par la bactérie pour infecter l’hôte. Cela permettra d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques qui permettront à diminuer la virulence de ce pathogène et donc de diminuer les symptômes associés à des infections nosocomiales qui représentent 750 000 infections par an en France et qui sont en lien direct de 4 000 décès par an.
Procédures
Les souris vont recevoir une seule inoculation de bactéries par différentes voies suivant la procédure : trans urétrale (30 secondes d'injection) ; intranasale (1 minute d'injection) ; intra péritonéale (15 secondes d'injection) ou intraveineuse (30 secondes d'injection). Dans chacunes des procédures nous allons tester des inhibteurs de facteurs de virulence qui seront eux injectés via différentes voies suivant l'inhibiteur sélectionné : i) traitement par eau de boisson, traitement de 48 à 72h ; ii) injection IP (15 secondes d'injection) sur 3 jours à 24h d'intervalle ; iii) par gavage (1 minute d'injection), 3 gavages à 24h d'intervalle ; ou iv) par injection trans urétrale (30 secondes d'injection).
Impact sur les animaux
Certaines de ces procédures expérimentales pourront entrainer une souffrance chez l’animal avec des effets locaux (inflammation de l’appareil urinaire ou pulmonaire) ou encore systémiques (affaiblissement de l’état général par exemple). Ces nuissances seront qualifiées comme sévères.
Devenir
A la fin de toutes les procédures, tous les animaux seront mis à mort car nous avons besoin de récupérer différents tissus et liquides biologiques pour réaliser une analyse ex vivo.
Remplacement
Des méthodes alternatives in vitro seront préalablement réalisées. Le recours à l’animal est cependant irremplaçable car aucun autre modèle ou tube à essai ne permet d’examiner la dissémination bactérienne entre les différents organes. En effet suivant l’organe cible de Klebsiella, l’environnement sera forcément très différent (exemple vessie vs poumons). Or on sait que les interactions entre la bactérie et son environnement vont être très importants et non négligeables dans notre étude, et cette interaction complexe ne peut être modélisée in vitro.
Réduction
L’ensemble des modèles décrit dans cette saisine sont déjà mis en place au laboratoire : modèle d’instillation dans la vessie, du sepsis ou encore de l’infection pulmonaire. De plus nous utiliserons des inhibiteurs déjà testés in vitro et décrit dans la littérature ou utilisés chez l’homme dans d’autres contextes pour réduire le nombre d'animaux utilisé. Une attention particulière est portée sur le nombre d’animaux strictement nécessaire pour chaque expérience. Plusieurs paramètres seront analysés chez chaque animal (signes cliniques, charge bactérienne, prélèvements de tissus et fluides lors de la nécropsie) pour réduire le nombre d’animaux nécessaires. De plus un système d'imagerie nous permettra de suivre le niveau d'infection des souris de manière longitudinale en les maintenant en vie, nous permettant ainsi de réduire le nombre d'animaux (aucune approche statistique n'a été réalisée).
Raffinement
Le bien-être de l’animal sera en permanence au centre de nos préoccupations. Les souris sont hébergées au nombre de 5 par cage avec une alternance jour/nuit de 12h/12h. La nourriture et l’eau de boisson sont fournies ad libitum. Le change de la litière est réalisé 2 fois par mois (tous les 15 jours). Du coton ou du sopalin sont ajoutés pour leur permettre de faire un nid. Les animaux ont 5-10 jours d’acclimatation avant que le protocole ne débute. Les conditions d’expérimentations font l’objet d’une procédure de suivi du bien-être animal. Les animaux seront suivis quotidiennement et plus fréquemment pendant les phases aigues. Dans les modèles le nécessitant nous utliserons un anesthésique ( kétamine (70mg/kg) / xylazine (15 mg/kg)) ainsi qu'un analgésique (xylocaïne 2%). Tout animal présentant des signes de douleur, de souffrance ou d'angoisse sera mis à mort. Des points limites stricts et spécifiques du projet sont mis en place. Le point limite sera défini selon une valeur objective obtenue par observation « en aveugle » de chaque animal (l’observateur n’a pas connaissance du groupe expérimental afin de réduire le biais cognitif). De plus pour cette étude le nombre d’animaux par protocole est réduit au minimum pour permettre une analyse cohérente des résultats.
Choix des espèces
La souris est le mammifère le plus facilement manipulable pour l’étude des facteurs de virulence de Klebsiella dans des conditions in vivo. De plus la littérature sur les différents modèles proposés avec Klebsiella est largement décrite. Souris de 5 à 9 semaines suivant le modèle expérimental. Dans la littérature, les souris utilisées pour les différents modèles décrits sont classiquement âgées entre 6 à 9 semaines. Nous prenons une marge d’une semaine pour respecter la période d’acclimatation.
Évaluation de l’utilisation de la machine de perfusion hypothermique sur les transplants rénaux rejetés sur échec de canulation des donneurs du protocole Maastricht 3.
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Troubles urogénitaux
Vingt cochons sont ouverts sous anesthésie générale pour qu'on leur retire les reins, puis tués sans reprise de conscience, et quarante autres reçoivent un rein greffé au cours d'une intervention de trois heures. Les receveurs, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, passent ensuite sept jours seuls en cage métabolique avec une prise de sang quotidienne sur cathéter central et un risque d'insuffisance rénale aiguë, avant d'être tués à leur tour pour analyse du greffon. L'enjeu déclaré porte sur la pénurie de greffons humains : il s'agit de voir si une machine de perfusion hypothermique permettrait de récupérer des reins écartés après échec de canulation du donneur. Le porteur écrit que l'étude de la fonction d'un organe "ne peut se concevoir que dans un modèle animal pré-clinique" et qu'aucun remplacement n'est possible.
Objectifs
En transplantation rénale, le manque de greffons s’aggrave, nécessitant d’optimiser l’utilisation de tous les greffons y compris à partir de donneurs après arrêt circulatoire contrôlé (décédé, dit protocole Maastricht 3, selon la classification internationale). Ces greffons présentent des défis importants en raison des durées prolongées d’ischémie chaude, temps pendant lequel le greffon n’est plus perfusé et reste à température corporelle. La procédure française de prélèvement de greffons chez ces donneurs impose l’utilisation de la circulation régionale normothermique pour tenter de préserver la qualité des greffons. Le but principal de ce projet est d’évaluer si l’utilisation de la machine de perfusion hypothermique pourrait offrir une alternative ou un complément à la circulation régionale normothermique dans les cas où la canulation du donneur dans le cadre du protocole Maastricht 3 échoue. Cette approche permettrait d'optimiser l'utilisation des greffons rénaux qui, autrement, seraient récusés en raison de l'échec de la canulation et de l'ischémie chaude prolongée.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus de ce projet sont d’évaluer la place de la circulation régionale normothermique dans les protocoles Maastricht 3. Les évaluations par biopsies au cours de la préservation du transplant et en fin d’expérimentation visent à évaluer l’absence de lésion des greffons. La surveillance clinique vise à assurer la reprise de fonction des transplants (production d’urine) après préservation selon le groupe défini. La surveillance biologique permet de déterminer le retour en dialyse qui correspond au point final de l'étude. Le retour en dialyse d'un sujet correspond à l'arrêt de l'étude.
Procédures
- Procédure chirurgicale de prélèvement des reins sous anesthésie générale (1h)- Procédure sans réveil. - Procédure chirurgicale d’allo-transplantation d’un greffon rénal et prélèvement des reins sous anesthésie générale (3h) - Suivi des animaux pendant 7 jours avec une surveillance clinique, de la reprise de fonction du rein et prises de sang quotidiennes sur cathéter central (15 min/jour).
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effets indésirables attendus sur les animaux pourraient inclure : • Effets secondaires systémiques liés à l'anesthésie générale et ou aux médicaments administrés pendant les procédures chirurgicales et pour la gestion de la douleur post- opératoire (Sédation, difficulté de réveil, confusion, troubles du comportement). • Douleur en lien avec la laparotomie médiane. • Risques de complications chirurgicales telles que l'infection des plaies ou les saignements. • Risque d’insuffisance rénale aigüe avec complications associées. • Hébergement individuel des animaux dans des cages métaboliques pour surveiller la reprise de la fonction rénale jusqu’à reprise franche de la production d'urine.
Devenir
Que ce soit au cours du prélèvement des reins (animaux donneurs) ou après un suivi 8 jours d’allo-transplantation rénale (animaux receveurs) les animaux seront mis à mort sous procédure complète d’anesthésie générale, pour prélèvement et analyse histologique du greffon explanté.
Remplacement
L'étude de la fonction d’un organe dans sa complexité, ne peut se concevoir que dans un modèle animal pré-clinique (donneur), il n’existe pas de remplacement possible pour ces expérimentations qui répondent cependant aux exigences de réduction et de raffinement.
Réduction
Après une analyse statistique tenant compte de divers facteurs tels que la puissance statistique, la variabilité attendue des résultats et les objectifs spécifiques de l'étude (Critère de jugement principal, reprise retardée de fonction du greffon), nous avons déterminé qu'un groupe de 10 porcs serait suffisant pour obtenir des résultats significatifs et fiables tout en minimisant le nombre d'animaux utilisés. De façon à réduire le nombre d’animaux utilisés, un porc sera donneur pour 2 autres porcs pour diminuer le nombre de sujet nécessaire. Enfin, le porc donneur en fin de procédure fera l’objet de prélèvements supplémentaires pour partage de tissus avec un laboratoire associé travaillant sur la même thématique, permettant ainsi de réduire le nombre d’animaux utilisés de façon plus large.
Raffinement
Une attention particulière sera portée au raffinement dans l’hébergement isolé et dans la prise en compte des souffrances de l’animal. La température de la pièce sera maintenue à la même température que chez l’éleveur et l’alimentation sera poursuivie telle que chez l’éleveur de façon établir une continuité et diminue le stress thermique et alimentaire. Une alimentation humidifiée sera apportée aux animaux en post-opératoire pour faciliter la prise alimentaire. Un pansement gastrique oral sera apporté une fois par jour aux porcs pour diminuer le risque d’ulcère gastrique (ulcère de stress post-opératoire, prise spontanée par l’alimentation). Les procédures chirurgicales se dérouleront sous anesthésie générale avec une analgésie adaptée. Durant les opérations, les porcs seront installés sur des tapis chauffants. Un gilet avec une voie veineuse centrale sera installé sur chacun des animaux pour faciliter l’administration des antalgiques, faciliter l’hydratation des sujets et enfin faciliter le prélèvement des biologies sanguines sur animaux vigiles. Cela permettra de diminuer les anesthésies itératives potentiellement associés et de diminuer l’inconfort. Un suivi des points limites généraux de l’espèce et spécifiques du protocole sera réalisé 3 fois par jour. L’observation de 3 signes cliniques notables ou 1 signe clinique sévère donnera lieu à une prise de décision selon l’arbre décisionnel : mise mort de l’animal dans le cas où les symptômes seraient irréversibles.
Choix des espèces
Le modèle porcin est le modèle de référence en transplantation rénale car la physiologie rénale est proche de celle humaine. Effectivement l’anatomie abdominale ainsi que la physiologie du porc sont proches de celles de l’homme adulte et font donc de cette espèce un excellent modèle pré-clinique pour l’analyse des transplants rénaux. Jeunes mâles, 70Kg, similitude anatomique et physiologique avec un homme adulte au niveau abdominal. Modèle de référence pour l’analyse des transplants rénaux.