Procédures sévères
Étude des modifications des cellules du cerveau après un stress post‑traumatique chez la souris
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Pour identifier ce qui fait passer une peur normale à une peur incontrôlable, 1 192 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l'issue pour prélever les échantillons. Chacune subit une injection sous brève anesthésie, une chirurgie de la tête de 45 minutes, quatre jours de tests de mémoire, puis une dernière injection sous contention. Le porteur résume les atteintes en une phrase, "Les animaux subiront des stimuli générant du stress", sans nommer les tests comportementaux employés ni décrire le choc traumatique infligé. Il indique s'appuyer sur une grille de critères d'arrêt et de points limites permettant d'évaluer l'état de souffrance et de décider, avec la vétérinaire, du traitement ou de la mise à mort.
Objectifs
Ce projet cherche à comprendre ce qui se passe quand une protéine augmente dans le cerveau après un choc traumatique. L'idée est d'identifier les cellules et molécules responsables du passage d'une peur normale à une peur incontrôlable, comme dans le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Pour rendre notre étude plus précise, nous allons examiner le rôle de cette protéine dans différentes cellules du cerveau lors du développement d’un profil TSPT chez la souris. Nous utiliserons des souris génétiquement modifiées permettant de bloquer cette protéine dans des types cellulaires spécifiques, afin d’identifier exactement d’où elle provient. Cela nous permettra aussi d’observer la forme de ces cellules marquées et de voir si le stress traumatique les modifie. Enfin, nous étudierons si l’augmentation de cette protéine perturbe la communication entre les neurones.
Bénéfices attendus
Ce projet nous permettra à court terme de mieux comprendre le lien entre notre protéine d’intérêt et la pathologie du TSPT. Si nous démontrons un mécanisme d’action précis de cette protéine sur différentes cellules, cela pourrait aboutir au développement d’un traitement visant à inhiber cette protéine comme traitement préventif/curatif lors de l’exposition à un stress intense ou lors d'un traumatisme chez l'Homme. De plus, une meilleure compréhension des bases pathophysiologiques sous-tendant les pathologies liées au stress tel que le TSPT sont nécessaire afin de faire évoluer les méthodes de prévention, de diagnostique et de traitement de ces maladies de plus en plus prévalentes sur le long terme.
Procédures
Les souris seront brièvements anesthésiées pour recevoir une injection (30s), une chirurgie au niveau de la tête sous anesthésie générale (45min), des tests de comportements pour étudier la mémoire sur une durée de 4 jours (entre 2 et 6 min par jour), suivi d'une dernière injection sur animal immobilisé (30s).
Impact sur les animaux
Les animaux subiront des stimuli générant du stress.
Devenir
A la fin de chaque procédure les animaux seront mis à mort afin de récupérer les échantillons nécessaires pour les analyses proposées dans ce projet.
Remplacement
Afin d’étudier les effets d’un stress sur le comportement d’un organisme, il est pour l’instant impossible d’utiliser des méthodes alternatives aux modèles animaux. Cependant, nous avons tester en amont les hypothèses moléculaires sur des modèles in vitro. Les résultats préliminaires confirment un effet délétère sur la survie cellulaire lors de l’application de corticostérone ou directement de PAI-1 sur les astrocytes. L’utilisation d’animaux se justifie par l’absence d’alternative permettant de se passer de l’utilisation de modèles animaux lorsqu’il s’agit d’étudier des comportements liés au stress.
Réduction
Dans le cadre de la stratégie de réduction, notre expérience au sein du laboratoire nous a permis de déterminer qu’un nombre de 10 souris par groupe expérimental est nécessaires pour les prélèvements et analyses ex vivo et pour les analyses comportementales, afin d’obtenir des données représentatives de l’échantillon de population. De plus, nous utiliserons des souris mâles et femelles afin de déterminer d’éventuelles différences liées au sexe. Le cas contraire, les données des mâles et des femelles seront regroupées de sorte à augmenter le nombre d’individu par groupe pour étudier les effets du test.
Raffinement
Les animaux seront gardés au minimum deux par deux, dans des cages transparentes et rapprochées les unes des autres afin de maintenir des contacts olfactifs et visuels entre les animaux et en présence d’enrichissement (carrés de cellulose, sizzle, tunnels en carton). De plus, les animaux seront manipulés par un expérimentateur habilité à l’aide des tunnels en carton, afin de réduire le stress lié à cette manipulation. Au cours des 2 procédures, les animaux seront anethésiés et recevront des antalgiques en cas de besoin afin de réduire la douleur. Nous avons établi une grille de critères d’arrêt et de points limites qui permet d’évaluer l’état de souffrance de l’animal et en accord avec la vétérinaire, de prendre les décisions adaptées de traitement ou de mise à mort.
Choix des espèces
- La grande majorité des données relatives aux comportements liés au stress sont basées sur l’utilisation de souris. L’organisation du système nerveux central de cette souche est assez proche de celle de l’Homme, ce qui permet une extrapolation acceptable des résultats obtenus chez ces espèces à l’espèce humaine. - Les validations de la procédure de mémoire traumatique en termes de conditions comportementales et pharmacologiques étant déjà réalisées chez la souris, ceci permettra de réduire le nombre d'animaux utilisés dans ce projet. - La souris est un mammifère qui présente une bonne proximité phylogénétique avec l'espèce humaine et certains de ses comportements peuvent être rapprochés de ceux de l’espèce humaine. - La souris offre de nombreuses possibilités d’animaux transgéniques permettant d’étudier l’effet de molécules/facteurs sur le système nerveux central via l’étude du comportement. Tous les animaux utilisés seront de jeunes adultes (âgés de 7 à 16 semaines environ) car les systèmes étudiés ne subissent pas à cet âge de modifications, comme celles survenant au cours du développement ou au cours du vieillissement, ce qui limite la variabilité intrinsèque des mécanismes étudiés dans ce projet.
Les vésicules dérivées de la membrane externe comme cibles thérapeutiques innovantes dans l’Hépatite Alcoolique Aigüe sévère (HepatAlc-OMV) – MODIFICATION
- Recherche appliquée
- Troubles gastrointestinaux
Trente-six gavages d'alcool, trois par semaine pendant douze semaines, plus quinze semaines d'alimentation riche en graisses : 435 souris vont être utilisées, jusqu'à 65 mères gestantes et jusqu'à 370 de leurs petits, dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré à sévère. Les mères sont hébergées seules, reçoivent des antibiotiques dans l'eau de boisson, puis une bactérie badigeonnée sur leur pelage et dans leur cage. Toutes sont tuées, les mères après le sevrage pour prélever foie et intestins, les petits au terme des quinze semaines d'alcool et de régime gras. Le porteur qualifie le projet de "pilote" et annonce que, si son hypothèse se vérifie, des travaux supplémentaires "sur modèles cellulaires, animaux et chez l'Homme pourraient être justifiés".
Objectifs
En dépit d’une diminution de la consommation d’alcool en France ces dernières décennies, cette substance demeure un problème de santé publique majeur en raison de ses propriétés toxiques, cancérigènes et addictives. Une proportion importante de la mortalité liée à l’alcool provient du développement de la Maladie du Foie liée à l’Alcool, qui débute avec la maladie du foie gras, réversible, et qui s’achève avec les formes chroniques de la cirrhose et du cancer du foie. Certains patients atteints peuvent présenter une inflammation, dont la forme sévère peut causer une hépatite, une maladie du foie caractérisée par la survenue brutale d’une jaunisse. La forme sévère de cette hépatite (hépatite alcoolique aigüe sévère) est prise en charge par l’administration d’anti-inflammatoires. Toutefois, ce traitement est inefficace chez 30 % des patients. De plus, il n’existe actuellement aucun autre traitement approuvé pour les patients avec une hépatite alcoolique aigüe sévère, même si d’autres pistes sont explorées, notamment en ciblant le microbiote intestinal. Dans le cadre d’un projet conduit ces dernières années, le microbiote intestinal de patients avec une hépatite alcoolique aigüe sévère a été caractérisé. Un important déséquilibre intestinal a pu être observé, avec une augmentation de certaines bactéries connues pour leur production de petites particules appelées vésicules. Or, ces vésicules sont de plus en plus reconnues comme contribuant à diverses maladies du foie, mais il n’existe actuellement aucune étude les associant à l’hépatite alcoolique aigüe sévère. L’objectif de ce projet est ainsi d’utiliser un modèle de souris afin de vérifier le rôle de ces vésicules produites par des bactéries fécales et l’inflammation du foie. A plus long terme, ces travaux pourraient aider à trouver de nouveaux traitements pour cette maladie grave.
Bénéfices attendus
Ce projet est pilote : il s’agit de vérifier une hypothèse de recherche qui n’a jusqu’à présent pas été explorée dans la littérature, c’est-à-dire que les vésicules jouent un rôle clef dans l’hépatite alcoolique aigüe sévère. Si cette hypothèse est vérifiée, des travaux supplémentaires sur modèles cellulaires, animaux et chez l’Homme pourraient être justifiés pour mieux comprendre les mécanismes impliqués, et à plus long terme proposer de nouveaux traitements.
Procédures
Un total de 2 interventions seront employées dans ce projet. La première intervention consiste en l’introduction de bactéries dans le microbiote intestinal pour jusqu’à 65 mères gestantes. [MODIFICATION 1] [DEBUT] Pour cela, à deux occasions autour de la mise-bas, un liquide contenant la bactérie sera appliqué sur la peau et dans la cage des animaux. [FIN] [MODIFICATION 2] [DEBUT] Cette intervention sera complétée par l’ajout d’antibiotiques dans l’eau de boisson pendant sept jours ou jusqu’à la mise bas pour faciliter l’installation des bactéries. [FIN] La deuxième intervention consiste en la génération d’une maladie du foie pour jusqu’à 370 petits de ces mères. [MODIFICATION 9] [DEBUT] Un gavage initial d’antibiotiques sur animal vigile (quelques secondes) sera nécessaire. [FIN] [MODIFICATIONS 7, 8] [DEBUT] L’alcool sera administré dans l’eau de boisson d’une part, et d’autre part par trois gavages oraux (quelques secondes) par semaine pendant douze semaines, sur animal vigile. [FIN] [MODIFICATION 5] [DEBUT] Ces animaux recevront aussi une alimentation occidentale riche en graisses pour amplifier les effets de l’alcool [FIN]. A la fin de ce protocole, les animaux seront anesthésiés par inhalation de gaz, du sang sera prélevé pendant environ 30 secondes, puis les animaux seront euthanasiés.
Impact sur les animaux
Dans la première partie de l’étude, les femelles gestantes seront hébergées individuellement pour contrôler la date de mise bas et prévenir les comportements d’agressivité ou de cannibalisme post-partum. Cet hébergement individuel peut induire un stress modéré durant la période de stabulation. [MODIFICATION 2] [DEBUT] Trois jours après leur arrivée, les femelles recevront des antibiotiques pendant jusqu’à sept jours, susceptibles d’entraîner un léger inconfort transitoire, parfois accompagné de rares épisodes diarrhéiques. [FIN] [MODIFICATION 1] [DEBUT] Les souris recevront ensuite par badigeonnage du pelage et de la cage une bactérie. De possibles épisodes diarrhéiques rares sont anticipés chez les mères et les souriceaux. [FIN] Dans la seconde partie de l’étude, les souriceaux pourront présenter une altération intestinale légère et transitoire durant la stabulation. Le prélèvement de fèces par induction représentera également une nuisance brève et légère. L’exposition des souriceaux à l’alcool dans l’eau de boisson pourrait provoquer des effets nuls à légers sur la durée de l’étude. [MODIFICATION 9] [DEBUT] Un gavage d’antibiotique au moment où l’alcool est introduit occasionnera une gêne légère et brève liée à la contention et à l’introduction de la sonde, et pourrait engendrer de rares épisodes diarrhéiques. [FIN] [MODIFICATION 8] [DEBUT] 36 gavages oraux d’alcool seront réalisés à raison de trois par semaine [FIN]. Ces manipulations entraîneront une gêne légère et passagère, sans douleur persistante. L’alcool administré par gavage pourrait toutefois induire un état transitoire de somnolence ou de prostration, associé à une diminution de la prise alimentaire. Combinée à la consommation d’alcool, cette exposition peut entraîner des atteintes intestinales et hépatiques ainsi qu’un stress physiologique modéré. [MODIFICATION 5] [DEBUT] L’exposition à une alimentation occidentale pendant 15 semaines pourrait générer des effets indésirables modérés sur le poids de l’animal et sa santé cardio-vasculaire. [FIN]
Devenir
La mise à mort des animaux est nécessaire dans notre étude afin de pouvoir obtenir des échantillons biologiques indispensables. A l’issue de la première partie de l’étude, qui s’achève avec le sevrage et le sexage des souriceaux, les mères gestantes seront mises à mort afin de récupérer le foie et les intestins. Les souriceaux sevrés seront ensuite utilisés dans la seconde partie de l’étude. Au terme de l’exposition à de l’alcool et à une alimentation occidentale pendant 15 semaines, les animaux seront mis à mort afin de récupérer le foie et les intestins.
Remplacement
Cette étude vise à mieux comprendre comment l’alcool et certaines bactéries intestinales affectent le foie et l’intestin. Des modèles innovants en laboratoire, appelés « intestin–foie sur puce », permettent déjà d’étudier certaines maladies du foie sans utiliser d’animaux. Cependant, ces systèmes ne reproduisent pas encore toute la complexité du corps vivant, ni les interactions entre l’alcool et les vésicules produites par les bactéries. Pour cette raison, l’utilisation de souris reste nécessaire afin d’étudier de manière fiable les réactions biologiques et immunitaires impliquées dans cette maladie, et ainsi faire progresser les connaissances sur l’hépatite alcoolique.
Réduction
[MODIFICATIONS 3, 4] [DEBUT] Pour limiter le nombre d’animaux utilisés, nous avons planifié l’étude avec une approche statistique précise. Au total, jusqu’à 370 souriceaux seront nécessaires pour obtenir des résultats fiables. Pour atteindre ce nombre, 65 mères gestantes seront nécessaires. [FIN]
Raffinement
Les mères gestantes seront placées, à leur arrivée, dans des cages individuelles enrichies par un dome, du bois pour ronger, des frisottis et cotons pour la nidification. Ces cages sont dans des portoires ventilés, avec une alternance jour/nuit de 12H/12H. La température et l’humidité sont strictement contrôlées, allant de 20 à 23 °C et de 30 à 60 % respectivement. Les besoins vitaux des animaux seront assurés avec une alimentation standard sous forme de croquettes, et une eau fournie ad libitum. Les mères bénéficieront d’une alimentation spéciale avec des croquettes adaptées à leurs besoins gestationnels. Les souris seront hébergées dans des cages transparentes et pourront voir leurs congénères. Du raffinement supplémentaire sera introduit comme une roue d’activité et des frisottis pour réduire le stress des animaux. Les mêmes conditions seront employées pour héberger les souriceaux une fois le sevrage et sexage réalisé, à raison d’au minimum deux souriceaux et au maximum cinq souriceaux de même sexe par cage. L’hébergement en fratrie permettra ainsi de prévenir le stress de l’isolement en maintenant des interactions sociales. Les animaux seront attentivement surveillés dans les minutes suivant chaque gavage, et mis à mort si une blessure est constatée. Les opérateurs sont régulièrement entraînés à ce geste sur mannequins de souris. Après les gavages d’alcool, les cages seront placées sur des tapis chauffants pour faciliter la récupération. A partir de l’arrivée des mères gestantes dans les installations, les animaux seront surveillés quotidiennement. Une attention particulière sera portée sur le comportement autour de la naissance. Dès la mise-bas, si certaines mères gestantes ont un comportement anormal (absence de nidification, cannibalisme), il sera envisageable de transférer leurs souriceaux à d’autres mères afin d’assurer la survie des nouveaux-nés. A partir du sevrage et du sexage, et une fois les animaux identifiés, les souriceaux seront inspectés individuellement au moins une fois par jour, et pesés une fois par semaine. D’autres indicateurs de santé de l’animal sevré seront évalués : l’apparence physique, la variation de poids, la déshydratation, et le comportement social. Ces indicateurs sont présentés dans une grille d’évaluation affichée dans les locaux de stabulation et remplie chaque jour après l’inspection de chaque animal. Une grille de points-limites sera mise en place pour prendre en charge les animaux de manière appropriée.
Choix des espèces
Des souris femelles âgées de 10 semaines et à 10 jours de gestation seront utilisées. Il nous est impossible d’utiliser des femelles avec gestation confirmée du fait du besoin de coloniser la mère avant la naissance des souriceaux. Selon notre expérience avec ces souris gestantes, nous avons besoin d’une semaine pour l’antibiothérapie et la colonisation du microbiote intestinal. De plus, nous nous attendons à ce que la déstabilisation du microbiote intestinal à travers l’antibiothérapie combinée à la colonisation bactérienne aboutisse à une atteinte hépatique augmentée. Les souriceaux seront en outre inclus dans la procédure d’alcoolisation seulement une fois sevrés et avec un poids suffisamment élevé, de 20 g pour les mâles et 19 g pour les femelles, au maximum 5 semaines post-naissance selon les courbes de croissance du fournisseur. Des souris aussi jeunes permettent de reproduire le comportement de binge drinking (alcoolisation ponctuelle importante) qui débute chez l’Homme au cours de l’adolescence. Nous nous attendons aussi à une atteinte hépatique plus marquée à un jeune âge suite à la colonisation dès la naissance par la bactérie, et qui serait potentialisée par les effets de l’alcool.
Etude de l’impact d’une kinase sur la dysfonction endothéliale en condition inflammatoire dans le modèle murin (UE 4/4)
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
Irradiées puis greffées de moelle osseuse, infectées par une bactérie, ou soumises sous anesthésie à une thrombose déclenchée au laser, 802 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré à sévère, toutes tuées à l'issue pour prélever leurs tissus et organes. Les séances de thrombose et d'inflammation durent quatre et sept heures sans réveil, et d'autres souris subissent une ligature d'un vaisseau sanguin abdominal de quarante minutes, la mise à mort venant quarante-huit heures plus tard. L'objectif déclaré est de comprendre comment une protéine kinase agit sur l'inflammation, la coagulation et la paroi des vaisseaux, le porteur indiquant que cette protéine "pourrait représenter une cible intéressante" pour de futurs traitements. Les atteintes décrites se limitent à une légère perte de poids, un stress bref et une infection "légère à modérée", alors que la déclaration de gravité du même projet comprend le niveau sévère.
Objectifs
Nous avons identifié que l’inhibition d'une protéine diminuait de façon significative la progression des lésions dans un contexte inflammatoire. Dans le but de mieux comprendre le mode d’action de cette protéine sur la progression de ces lésions, nous allons évaluer son impact sur l’inflammation et la fonction de l’endothélium (cellules qui tapissent l’intérieur d’un vaisseau sanguin) grâce à des modèles précliniques d’infection (sepsis), d’inflammation et de thrombose (activation de l’endothélium avec une cytokine inflammatoire ou un laser).
Bénéfices attendus
Ces expériences permettront d’évaluer, dans un organisme vivant, les effets potentiels de la protéine étudiée sur la formation de caillots sanguins et l’inflammation, ce qui ne peut pas être reproduit en laboratoire sur des cellules isolées. Elles aideront également à déterminer si cette protéine pourrait représenter une cible intéressante pour développer de nouvelles approches thérapeutiques visant à protéger les vaisseaux sanguins contre les dysfonctionnements liés à des processus inflammatoires ou thrombotiques.
Procédures
Trois types d’interventions seront réalisées sur des lots différents d’animaux : 1- Dans le premier ou deuxième établissements utilisateur, des lots d'animaux seront soumis à une irradiation suivie d’une greffe de moelle osseuse (injection des cellules par voie intraveineuse). 2- Dans un troisième établissement utilisateur, des lots d'animaux seront soumis à une infection bactérienne. Une seule prise de sang sera réalisée sur chaque lot à differents temps (au plus tard 96h apres le début de l’infection). Pour cela les souris seront sous anesthésie générale profonde (mélange de Tilétamine, Zolazépam et Xylazine), et seront ensuite euthanasiées. 3- Dans un quatrième établissement utilisateur, les animaux seront hébergés pendant 1 semaine pour acclimatation. 4- Dans le cinquième établissement utilisateur, les animaux seront soumis, sous anesthésie profonde, à un modèle de thrombose (activation des cellules du vaisseau par un laser) ou d’inflammation (activation des cellules du vaisseau par une molécule inflammatoire). Les animaux sont maintenus sous anesthésie tout au long de l’expérience et sont euthanasié à la fin des expérimentations qui durent respectivement 4 heures pour étudier la thrombose et 7 Heures pour étudier l’inflammation locale. Pour étudier la thrombose veineuse, des lots différents d’animaux seront exposés à une chirurgie sous anesthésie avec ligation d’un vaisseau sanguin abdominal (40 minutes). 48 heures après la chirurgie les animaux sont euthanasiés.
Impact sur les animaux
Les animaux subiront une irradiation sans geste invasif suivi d’une reconstitution de leur moelle osseuse. Les effets indésirables possibles sont une légère baisse de l'alimentation avec légère perte de poids. Les animaux peuvent avoir un léger stress du fait de l'enfermement et du bruit, mais ce stress est de courte duréee. L'irradiation ne procure aucune douleur. - Après l’induction d’une infection (légère à modérée), les effets indésirables attendus dans ce modèle incluent une perte de poids, une diminution de l’activité et de la vitalité. Les souris seront ensuite euthanasiées au plus tard 96h apres le début de l’infection. D’autres expérimentations (modèles de thrombose et d’inflammation) sont conduites sans réveil des animaux. Les souris sont alors maintenues sous anesthésie générale pendant toute la durée des procédures expérimentales. À l’issue des expérimentations, les animaux sont euthanasiés sans reprise de conscience.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure pour collecter les tissus et organes qui seront ensuite analysés. Les animaux seront également euthanasiés si l'un des points limites était atteint.
Remplacement
Le recours au modèle murin est irremplaçable pour le déroulement de ce projet pour deux raisons majeures : (i) la complexité des mécanismes mis en jeu dans un contexte physiopathologique intégré non modélisable par des approches in vitro et (ii) l'utilisation de souris exprimant la protéine d’intêret inactive. Ainsi, l’utilisation d’animaux vivants constitue une étape nécessaire pour répondre aux objectifs du projet, aucun modèle de remplacement pertinent n’étant actuellement disponible.
Réduction
Dans un souci d'utilisation d'un nombre minimal d'animaux, le nombre d'animaux annoncé a été calculé au plus juste à l'aide d'outils statistiques. Cependant si une différence significative est obtenue entre deux groupes expérimentaux avant la réalisation de la totalité du lot, nous ne réaliserons pas d'expérimentations supplémentaires. Dans les expérimentations de thrombose, plusieurs types cellulaire et/ou molécules seront visualisés dans les mêmes animaux.
Raffinement
Les souris sont hébergées en groupes de cinq individus, dans des cages ventilées, avec un accès ad libitum à l’eau et à la nourriture. Si une diminution de l’activité est observée, de l’aliment hydraté sera mis à disposition dans la cage afin de faciliter l’accès à la nourriture. Du papier sopalin et des cubes de bois seront également rajoutés comme enrichissement environnemental afin de permettre des comportements naturels de nidification et d’exploration, contribuant ainsi à réduire le stress et à améliorer le bien-être des animaux. Une période d’acclimatation de sept jours est respectée avant le début des expérimentations afin de limiter le stress lié à l’environnement. Les transferts entre deux établissements seront réalisés par un transporteur agréé. Les animaux bénéficient d’une période d’acclimatation d’une semaine avant toute procédure expérimentale dans l’établissement d’accueil.
Choix des espèces
Ce projet vise à améliorer la compréhension des mécanismes impliquant une protéine kinase dans l’inflammation, la thrombose et la dysfonction endothéliale en contexte thrombo-inflammatoire. Ces processus reposent sur des interactions complexes entre la paroi des vaisseaux, les cellules sanguines et le système immunitaire, s’inscrivant dans une réponse physiopathologique intégrée qui ne peut être reproduite de manière pertinente par des approches in vitro ou ex vivo. Le recours à l’expérimentation animale constitue donc l’unique approche permettant d’étudier ces mécanismes dans leur globalité. Le modèle murin est largement reconnu comme le modèle de référence pour les études précliniques de la thrombose et de l’inflammation, en raison de fortes similitudes avec l’Homme, tant au niveau des cellules impliquées que des voies moléculaires mises en jeu. Par ailleurs, l’utilisation de souris génétiquement modifiées ciblant spécifiquement la protéine kinase, sans phénotype dommageable en conditions basales, permet une analyse mécanistique en contexte pathologique. Nous utiliserons des souris de 12 à 25 semaines (âge adulte, système cardiovasculaire mature).
Développement préclinique de biomarqueurs neurodéveloppementaux basés sur l’imagerie fonctionnelle par ultrasons chez le furet
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Des furettes gestantes reçoivent une injection dans l'abdomen d'un produit destiné à déclencher une réaction immunitaire, qui provoque une inflammation et une élévation de température pendant quelques heures. Leurs petits sont ensuite examinés par imagerie cérébrale à ultrasons sous anesthésie, jusqu'à quatre séances d'une heure, et une partie subit deux chirurgies du crâne, pose puis retrait d'une pièce de fixation, de deux à quatre heures. Une partie est examinée éveillée, tête maintenue immobile, lors de trois séances de deux heures. Sur les 88 furets du projet, dont une partie des procédures atteint un niveau de souffrance sévère, 66 sont tués pour l'analyse histologique de leur cerveau, et le champ structuré compte 8 furets réutilisés et 14 rendus à l'élevage quand la narration parle de transfert vers un autre projet ou de placement auprès d'associations.
Objectifs
Les troubles du développement du cerveau chez l'enfant, comme les troubles du spectre de l'autisme, sont fréquents et représentent un enjeu de santé important. On sait qu'une infection ou une inflammation survenant chez la mère pendant la grossesse augmente le risque que l'enfant développe ce type de trouble. Aujourd'hui, ces troubles ne sont le plus souvent repérés qu'après plusieurs années, à partir de l'observation du comportement de l'enfant, ce qui retarde une éventuelle prise en charge. Ce projet cherche à repérer très tôt, dès les premières semaines de vie, des signes d'un développement cérébral perturbé. Nous utilisons pour cela une technique d'imagerie du cerveau par ultrasons qui suit l'activité cérébrale au fil de sa croissance. Nous étudions le furet, un petit mammifère dont le cerveau se développe après la naissance d'une manière proche de celle du cerveau humain en fin de grossesse, ce qui rend les résultats transposables à l'être humain. En comparant des animaux dont la mère a subi une inflammation pendant la gestation à des animaux témoins, nous cherchons à identifier des marqueurs précoces d'un développement cérébral anormal.
Bénéfices attendus
Les troubles du développement du cerveau chez l'enfant, comme les troubles du spectre de l'autisme, concernent environ 3 pour cent des naissances et représentent un coût humain et social important. Aujourd'hui, ils ne sont le plus souvent repérés qu'après plusieurs années, à partir de l'observation du comportement de l'enfant, ce qui retarde toute prise en charge. À court terme, le projet permettra de mieux comprendre comment une inflammation survenue pendant la grossesse modifie le développement du cerveau juste après la naissance. À moyen terme, il pourrait fournir des marqueurs mesurables très tôt dans la vie, servant de repères d'un développement cérébral perturbé. À long terme, comme cette imagerie par ultrasons est déjà employée chez le nouveau-né humain, ces marqueurs pourraient aider à mettre au point des outils de dépistage précoce, ouvrant la voie à une prise en charge plus rapide et plus efficace.
Procédures
Une partie des animaux reçoit une injection unique dans l'abdomen, sous brève anesthésie générale (environ 20 minutes). Tous les jeunes sont examinés par imagerie cérébrale par ultrasons, indolore, sous anesthésie générale légère : une à quatre séances d'environ une heure. Une partie subit une séance terminale sous anesthésie générale profonde avec analgésie, sans réveil (une à deux heures). Une partie est suivie plus longtemps et examinée éveillée, tête maintenue immobile, lors de trois séances d'environ deux heures. Une partie des animaux subit deux interventions chirurgicales sous anesthésie générale et analgésie : la pose d'une pièce de fixation sur le crâne (deux à quatre heures), puis son retrait (environ deux heures). En fin de participation, une partie des animaux est mise à mort sans souffrance, sous anesthésie générale profonde, pour prélever le cerveau.
Impact sur les animaux
Douleur, lésions et maladie : chez les mères, l'injection dans l'abdomen pourra induire une douleur brève, et le produit injecté, destiné à déclencher une réaction immunitaire, provoque une inflammation passagère (élévation de la température pendant quelques heures). Chez les jeunes, les interventions chirurgicales sur le crâne peuvent entraîner une douleur après l'opération ainsi qu'un risque d'infection. Inconfort physique : les anesthésies répétées et le maintien de la tête immobile lors des séances d'imagerie peuvent occasionner un inconfort. Peur et détresse : le maintien de la tête immobile chez l'animal éveillé, les manipulations et la séparation temporaire d'avec la portée peuvent être source de stress. Changement d'environnement et comportement : l'hébergement individuel pendant la courte période suivant une chirurgie constitue une modification temporaire de l'environnement social. Par ailleurs, les jeunes issus de mères ayant subi une inflammation pendant la gestation pourraient présenter des troubles comportementaux liés à l'effet recherché sur le développement du cerveau.
Devenir
Une partie des furetons est euthanasiée pour analyse histologique. Les autres furetons femelles maintenues en vie, ainsi que les mères, sont transférés dans un autre projet éthique ou réhabilités auprès d'associations spécialisées.
Remplacement
Ce projet étudie comment le cerveau se développe et fonctionne dans un organisme entier. Ce développement met en jeu de très nombreux phénomènes qui se déroulent en même temps et s'influencent mutuellement, et qu'aucune méthode de remplacement (cellules en culture, tissus isolés ou simulation informatique) ne parvient aujourd'hui à reproduire fidèlement. L'étude sur un animal vivant est donc nécessaire.
Réduction
Le projet utilise au total 88 animaux : 8 femelles reproductrices et 80 jeunes. Le nombre de jeunes a été fixé au minimum nécessaire à l'aide d'un calcul statistique préalable, appelé calcul de puissance, qui détermine le plus petit effectif permettant de mettre en évidence de façon fiable une différence entre les jeunes issus de mères ayant subi une inflammation pendant la gestation et les jeunes témoins. À l'issue de l'étude, des tests statistiques seront nécessaires pour interpréter les résultats de manière fiable. Le nombre d'animaux est encore réduit par le suivi répété des mêmes individus au cours de leur développement, plutôt que par l'utilisation de groupes d'animaux différents à chaque âge.
Raffinement
Les animaux sont hébergés dans des cages ou au sol, dans des environnements conformes à la réglementation, enrichis (tapis à furet, hamacs, plateformes, balles). Ils bénéficient d'une température stable, d'une alternance régulière jour-nuit, d'un accès permanent à l'eau et à la nourriture, d'un environnement calme lors des procédures, et d'un personnel formé assurant une surveillance attentive plusieurs fois par semaine. Ils sont acclimatés à leur arrivée et habitués progressivement aux manipulations. Les interventions sont réalisées sous anesthésie, avec des médicaments contre la douleur avant et après, et des critères d'arrêt précoces pour éviter toute souffrance.
Choix des espèces
Le furet est choisi parce que son cerveau a une structure à circonvolutions, comme le cerveau humain, et qu’il se plie et se développe en grande partie après la naissance, ce qui permet de l'observer directement chez le jeune. Les animaux sont étudiés de la première semaine de vie jusqu'à l'âge adulte : les études sur les jeunes fournissent des résultats pertinents pendant la période de croissance rapide du cerveau, et celles sur les adultes une fois que le cerveau est entièrement formé.
Etude du microenvironnement tumoral de la moelle osseuse dans un modèle murin de lymphome
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Dès que l'affaiblissement est avéré, la souris est mise à mort, la croissance de la tumeur dans les fémurs pouvant provoquer une paralysie des membres arrière. 552 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chacune reçoit une greffe de cellules tumorales dans le fémur sous anesthésie, des prélèvements de sang jusqu'à une fois par semaine et un traitement oral ou intrapéritonéal trois à cinq jours par semaine, sa douleur étant évaluée par un score de grimaces. Le projet vise à expliquer les rechutes du lymphome folliculaire, avec des cibles thérapeutiques que le porteur qualifie de "potentielles", quand la paralysie possible et la gravité sévère sont annoncées d'emblée.
Objectifs
Le lymphome folliculaire est un cancer du sang issu de la prolifération de cellules immunitaires, les cellules B. Il atteint deux sites principalement : les ganglions et la moelle osseuse. Il représente un problème important car, même si les traitements permettent souvent de contrôler la maladie, ils ne permettent pas de la guérir définitivement. En effet, de nombreux patients répondent bien aux traitements, qui associent généralement une chimiothérapie à un anticorps ciblant les cellules B, mais la maladie finit souvent par réapparaître. D’après la connaissance actuelle, les cellules qui donneraient naissance au lymphome folliculaire peuvent être présentes dans l’organisme avant même que la maladie soit détectable et peuvent rester présentes après le traitement, ce qui pourrait expliquer les rechutes. Également plusieurs études suggèrent que ces cellules seraient localisées dans la moelle osseuse. Nos premiers résultats suggèrent que la survie de ces cellules est favorisée par certaines cellules immunitaires présentes également dans la moelle osseuse. Notre projet vise donc à mieux comprendre le rôle de ces cellules immunitaires dans le lymphome folliculaire. Pour cela, nous allons créer un modèle de lymphome chez la souris, étudier les différentes cellules immunitaires présentes dans la moelle osseuse et observer comment elles interagissent avec les cellules cancéreuses et peuvent influencer leur développement. Nous chercherons également à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques liées à ces interactions. L’objectif final est de mieux comprendre comment les cellules immunitaires de la moelle osseuse peuvent aider les cellules donnant lieu au lymphome folliculaire à survivre, afin de développer de nouveaux traitements capables de limiter la progression de la maladie et surtout d’éviter les rechutes.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de disposer d’un modèle murin de lymphome pertinent pour des études mécanistiques : caractérisation des cellules présentes dans la moelle osseuse dans le contexte du lymphome folliculaire et caractérisation de leurs interactions et des mécanismes par lesquels elles influencent le maintien et la survie des cellules à l'origine du lymphome folliculaire. Il permettra ainsi d’avancer dans la compréhension du mécanisme de rechute du lymphome folliculaire et d’identifier des cibles thérapeutiques potentielles.
Procédures
Les animaux subiront une intervention chirurgicale sous anesthésie et analgésie (injection unique en pré-opératoire de quelques secondes) : greffe de cellules tumorales dans le fémur (la durée de la réalisation de l'ensemble de la greffe est estimée à 5 minutes). Dans le cadre du suivi de ces animaux, des prélèvements de sang, dont la fréquence sera au maximum hebdomadaire et la durée de moins de 30 secondes, seront réalisés. Les animaux pourront recevoir 3 à 5 jours par semaine un traitement par voie orale ou intrapéritonéale (1 minute).
Impact sur les animaux
Les administrations par injections provoqueront une douleur équivalente à la piqûre d’une aiguille. Les prélèvements de sang provoqueront une douleur équivalente à la piqûre d’une aiguille et pourront provoquer un stress, qui sera limité par le fait qu'une habituation à la manipulation sera réalisée au préalable. La procédure chirurgicale de greffe (dans le fémur) réalisée sous anesthésie et analgésie pourra induire une légère douleur durant les heures qui suivront. En fin de développement tumoral, celui-ci peut entraîner un affaiblissement de l’animal, c’est pourquoi les souris expérimentées seront suivies régulièrement avec une attention particulière à la perte de poids, au score de grimaces (méthode scientifique permettant d'évaluer la douleur en observant les expressions faciales) et à la mobilité des animaux (la croissance tumorale dans les fémurs pouvant engendrer une paralysie des membres arrière). Dès que l'affaiblissement sera avéré, l'animal sera euthanasié en lien avec les points limites établis.
Devenir
Euthanasie des animaux pour réaliser des prélèvements d’organes pour analyse.
Remplacement
La compréhension des mécanismes de réponses aux traitements des lymphomes ne peut se faire que partiellement in vitro/ex vivo puisque les modèles de culture ne nous permettent pas encore de reproduire l'entière complexité de l'environnement tumoral (présence de tous les acteurs cellulaires impliqués et complexité 3D) qui est particulièrement cruciale dans la cadre du lymphome folliculaire dont les cellules tumorales se caractérisent par de nombreuses interactions avec les cellules les environnant : les cellules immunitaires et stromales. Une compréhension complète des mécanismes de réponses aux traitements des lymphomes nécessite donc la mise en place et la caractérisation de modèles murins qui ont l'avantage de permettre de reproduire au plus près la pathologie humaine avec tous ces acteurs cellulaires.
Réduction
Les procédures expérimentales sont rigoureusement planifiées afin de n'utiliser que le nombre d'animaux strictement nécessaire pour obtenir des résultats exploitables, ainsi le nombre de souris par lot est adapté à chaque type d'analyse. Le nombre d'animaux est limité à 8 pour les mises au point et test d’atteinte des points limites. En effet, les groupes de souris sont dimensionnés, grâce à un calcul d'effectif, pour permettre de visualiser une différence en termes de jour d’atteinte des points limites entre le groupe de référence et le groupe recevant les cellules modifiées ou un traitement. L’effectif des lots d'animaux est dimensionné à 10 dans les études du compartiment de la moelle osseuse où se développent les cellules tumorales afin de récupérer suffisamment de chaque type cellulaire (cellules immunitaires, cellules stromales et cellules tumorales de la moelle osseuse) à analyser.
Raffinement
Dans ce projet, le raffinement sera obtenu par : • un suivi adapté des animaux et des points limites pertinents permettant de détecter rapidement les signes de souffrance, • le recours à des anti-douleurs adaptés et aux procédures d’euthanasie dès que nécessaire, • un protocole analgésique adapté pour la chirurgie et la période post-opératoire avec des dispositions adaptées (prévention de la sécheresse oculaire, maintien à 37°C...) pour permettre une bonne récupération des animaux. Le stress des souris sera également limité au maximum grâce à un enrichissement (coton, "maisons" en carton, boîtes à œufs) et grâce à une habituation progressive à être manipulées.
Choix des espèces
La souris est l'une des espèces animales les plus pertinentes pour comprendre le cancer et évaluer l’efficacité de traitements anti-tumoraux car elle possède de grandes similitudes biologiques avec l’espèce humaine (nombreux gènes communs impliqués dans le développement de cancers...) et qu'elle développe de façon spontanée ou induite des cancers comparables rapport à ceux de l'espèce humaine. Les souris seront âgées de 7 à 12 semaines, c'est-à-dire quand elles seront de jeunes adultes. Cela permet qu'elles aient terminé leur développement avec une croissance corporelle stabilisée et un système immunitaire fonctionnel et sans présenter les effets biologiques du vieillissement.
Etude de la représentation neuronale et l’effet comportemental de la stimulation cardiaque MODIFICATION
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Opérées pendant deux à quatre heures, parfois par ouverture du thorax pour poser un implant cardiaque, 618 souris passent ensuite jusqu'à sept jours de sessions d'enregistrement en contention, à raison de trois heures par jour sur animal éveillé. Une partie enchaîne des tâches de une à trois heures portant sur la perception du rythme cardiaque, la prise de risque et l'apprentissage, pendant plusieurs mois selon la vitesse à laquelle elles acquièrent la tâche, et reçoit jusqu'à sept administrations d'agents anxiogènes, panicogènes, anxiolytiques ou panicolytiques. Les procédures sont déclarées en souffrance modérée à sévère, l'ouverture du thorax pouvant provoquer des douleurs sévères après l'opération et un risque d'atteinte du cœur ou des poumons. Toutes sont tuées pour analyser leur cerveau et vérifier où les électrodes avaient été implantées.
Objectifs
La perception que nous avons de notre rythme cardiaque peut réguler nos états émotionnels. En conséquence, une dérégulation de cette perception peut prédisposer à des maladies psychiatriques (anxiété, panique). Cependant, le rythme cardiaque est lié à d’autres variables, comme l’activité physique, rendant difficile son analyse spécifique et limitant nos connaissances sur les mécanismes neuronaux de la perception cardiaque. Ce projet, réalisé chez la souris, a 4 objectifs (1) Développement de deux méthodes de manipulation du rythme cardiaque pour pouvoir étudier spécifiquement la perception du coeur. Nous choisirons la méthode permettant le contrôle le plus fin et minimisant les effets sur la physiologie et le comportement. (2) Mesurer comment le cerveau représente l’information cardiaque. Pendant les stimulations cardiaques, nous enregistrerons chez la souris de grandes populations de neurones. Ces mesures permettront de relier l’activité neuronale aux stimulations cardiaques. (3) Evaluer le rôle du cortex dans l’utilisation de l’information cardiaque. Nous effectuerons 3 tâches permettant de mesurer différents aspects de l’impact du cœur : la perception cardiaque, l’effet du cœur sur la prise de risque et sur l’apprentissage respectivement. (4) Evaluer l’impact de molécules utilises en psychiatrie dans l’utilisation de l’information cardiaque. Dans les trois même tâches que (3), nous évaluerons si 4 agents pharmacologiques impliqués dans l’anxiété ou la panique modifient l’impact du rythme cardiaque sur le comportement de l’animal. Ces objectifs contribueront, à plus long terme, à une meilleure compréhension des mesures de perception cardiaques effectuées chez l’humain et à l’impact de cette perception sur certaines maladies psychiatriques.
Bénéfices attendus
La perception que nous avons de l’état de notre corps, et en particulier les battements de notre cœur, repose sur un sens, appelé intéroception. Ce sens nous permet de répondre aux besoins de notre corps (repos, alimentation, régulation cardio-vasculaire…) mais participe aussi à nos prises de décision et à nos états émotionnels. Ainsi, certaines maladies psychiatriques affectives comme l’anxiété ou les crises de panique sont associées à des déficits de perception cardiaque comme l’hypersensibilité ou bien l’insensibilité à ces battements. Cependant les bases neuronales qui nous donnent accès à l’intéroception sont mal connues. Le bénéfice principal de ce projet est d’établir un modèle animal de la perception intéroceptive cardiaque ce qui permettra d’adresser trois questions importantes sans réponse à l’heure actuelle : - Quelle est la précision de la perception intéroceptive cardiaque en comparaison avec les autres sens (audition) ? - Comment le cœur influence-t-il le comportement émotionnel et il y a-t-il un lien avec les maladies psychiatriques? - Quelles zones cérébrales sont fonctionnellement impliquées dans la perception cardiaque ? Certaines maladies psychiatriques et somatique semblent liées à une intéroception de précision réduite (autisme, trouble du déficit de l’attention) ou hypersensible (anxiété, syndrome de l’intestin irritable). Avoir un modèle animal de cette perception permettra donc d’une part d’identifier les bases neuronales pour mieux comprendre et contrôler la variabilité chez l’humain et de tester des hypothèses mécanistiques sur ce qui mène à ces dérégulations.
Procédures
Tous les animaux sont soumis à une chirurgie. Les chirurgies durent entre 2 et 4h maximum. Les animaux sont également soumis à des sessions d’enregistrement chez l’animal éveillé allant jusqu’à 3h pendant un maximum de 7 jours avec maximum une session par jour, chaque session étant espacée d’au moins 12h. Pendant ces sessions, les animaux sont maintenus en contention mais peuvent exprimer divers comportements (course sur une roue, sommeil, toilettage). Un sous-ensemble d’animaux feront également des tâches comportementales d’une à trois heures sur une durée pouvant aller jusqu’à plusieurs mois selon la vitesse à laquelle les animaux acquièrent la tâche. Il y a au maximum une session par jour, chaque session étant espacée d’au moins 12h. Pendant les sessions d’enregistrement, certains animaux reçoivent l’administration d’un agent pharmacologique utilisé en psychiatrie (anxiogène, anxiolytique, panicolytique ou panicogène). Nous effectuons au plus une administration par jour chaque session étant espacée d’au moins 12h. Il y aura au maximum 7 administrations par animal.
Impact sur les animaux
Suite à la chirurgie, les animaux peuvent présenter une activité réduite et ressentir une douleur légère à modérée au niveau de la zone opérée. Pour les animaux qui subissent la chirurgie avec implant cardiaque, il y a un risque pendant la chirurgie d’abîmer le cœur ou bien les poumons engendrant des insuffisances cardio-respiratoires. La thoracotomie peut induire des douleurs plus sévères en post-chirurgie. Le protocole de contention peut engendrer l’inconfort chez l’animal. Un sous ensemble d’animaux recevra l’administration d’agents pharmacologiques qui pourraient augmenter soit l’anxiété soit la sensation de panique. Pendant le projet, nous allons modifier le rythme cardiaque ce qui pourrait imposer une physiologie inhabituelle pour l’animal et donc un stress et réaliser des tests comportementaux qui peuvent induire une gêne aux animaux. MODIFICATION: [En cas de dégradation des implants par les congéneres les animaux peuvent être co-hébérgés dans une cage commune avec séparateur, ce qui peut engendrer un stress.]
Devenir
La mise à mort est nécessaire pour pouvoir effectuer l’analyse histologique sur le cerveau afin de vérifier la position des électrodes implantées.
Remplacement
Ce projet vise à comprendre comment le cerveau réagit à l’état du corps et donc nécessite une interaction intacte entre les deux, il est donc impossible d’utiliser des neurones en culture ou tout autre modèle in vitro ou in silico. De plus, afin de relier l’activité cardiaque à l’état émotionnel et la prise de décision, il est essentiel d’effectuer notre étude chez un animal éveillé qui montre une grande diversité d’états et effectue des tâches de décision.
Réduction
Utilisation de méthodes à haut rendement : Les souris sont particulièrement adaptées à l’étude grâce aux outils performants d’enregistrement de l’activité éléctrique du cerveau et de leurs variables corporelles qui existent. Ces outils permettent d’obtenir très efficacement de grandes populations de neurones et donc de réduire à la fois le nombre d’animaux et le nombre de sessions d’expérience nécessaires pour échantillonner les différentes régions d’intérêt. Utilisation de statistiques adaptées : Dans cette étude, beaucoup de statistiques sont basées sur le nombre de neurones enregistrés et non le nombre d’animaux ce qui permet d’acquérir une grande puissance statistique car les neurones sont enregistrés par centaines. Pour les tests qui nécessitent de comparer des groupes d’animaux, nous calculons la taille des cohortes basé sur ce qui est attendu d’après la littérature pour ne pas utiliser plus d’animaux que nécessaires. Dès que possible, les expériences sont conçues pour effectuer des tests appariés (chaque animal est son propre contrôle) ce qui diminue la variabilité dans nos groupes et diminue donc le nombre d’animaux. Nous utilisons de méthodes accélérant l’apprentissage des tâches que nous avons montré efficace et qui permettent de réduire le nombre d’animaux nécessaire pour obtenir des mesures comportementales.
Raffinement
Chirurgie : Nos procédures sont optimisées pour diminuer la souffrance et le risque anesthésique. Une analgésie adaptée est admnistrée avant et pendant la chirurgie et les jours suivants. Hébérgement : Les animaux sont hébergés à plusieurs dans des cages enrichis (dôme, coton). Ils sont suivis quotidiennement par le personnel de l'animalerie et après chirurgie par l'expérimentateur grâce à la grille de suivis. Les animaux sont habitués progressivement à la manipulation. Points limites : Pour le suivi postchirurgical, une grille d’évaluation permet de donner un score de l’animal et donc d’implémenter des points limites gradués. Pendant les expériences comportementales l’observation du comportement de la physiologie de l’animal permettent d’implémenter des points limites gradués liés à l’inconfort de l’animal. Nous utilisons également les doses minimales d’agents pharmacologiques pour avoir l’effet escompté afin d’éviter des effets secondaires. [Hébérgement : Les animaux sont hébergés dans des cages enrichis (dôme, coton) et si possible (pas de conflit ou dégradation de l'implant) à plusieurs ou alors à deux dans une cage avec séparateur pour éviter l'isolement si les animaux doivent être séparés.]
Choix des espèces
Il est essentiel d’utiliser un mammifère dans cette étude puisque le système cardio-respiratoire est radicalement différent chez les invertébrés ou les amphibiens et reptiles. La souris est un excellent modèle pour acquérir efficacement de grandes populations de neurones parce que les outils d’enregistrement massifs ont été mises au point chez cet animal. De plus, la stratégie expérimentale nécessite l’utilisation de lignées transgénique qui n’existent que chez la souris. Les souris étudiées seront adultes (plus de 8 semaines) au début des expériences. A cet âge, leur cerveau a fini son développement, ce qui est critique pour le bon positionnement des implants dans les régions visées.
Circuits neuronaux de la prise de décision en contexte émotionnel
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Deux chirurgies du cerveau sous anesthésie générale, espacées de plusieurs semaines, de quarante à soixante minutes chacune, pour injecter des vecteurs viraux puis implanter les dispositifs d'enregistrement : 600 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles sont ensuite hébergées seules pour protéger les implants, et une partie subit une restriction d'eau que le porteur décrit comme une contrainte modérée pouvant durer plusieurs semaines, destinée à les motiver pendant les tests. Ces tests, de dix à vingt jours à raison de séances de trente à soixante minutes, portent sur le choix entre éviter un danger et obtenir une récompense, avec enregistrement de l'activité cérébrale. Le résumé ne précise ni la nature du danger auquel les souris sont exposées, ni les tests employés, désignés seulement comme des situations "associées à des conséquences positives ou négatives".
Objectifs
Ce projet vise à mieux comprendre comment le cerveau prend des décisions dans des situations impliquant des émotions, par exemple lorsqu’un individu doit choisir entre éviter un danger ou obtenir une récompense. Dans la vie quotidienne, ces décisions reposent sur l’évaluation de différents éléments, comme le caractère positif ou négatif d’un événement et son importance relative. Les chercheurs cherchent à comprendre comment ces informations sont traitées par le cerveau et comment elles influencent le comportement. L’objectif est d’identifier les mécanismes cérébraux qui permettent d’adapter les décisions en fonction du contexte et des expériences passées.
Bénéfices attendus
À court terme, ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes cérébraux impliqués dans la prise de décision liée aux émotions. Il contribuera à améliorer les connaissances fondamentales sur le fonctionnement du cerveau et sur la manière dont les individus évaluent leur environnement. À moyen terme, ces résultats permettront de mieux comprendre comment certaines situations peuvent conduire à des comportements inadaptés, notamment lorsqu’un individu accorde trop d’importance à un danger ou, au contraire, ne le prend pas suffisamment en compte. À plus long terme, ces travaux pourraient contribuer à améliorer la compréhension de certaines maladies psychiatriques, comme les troubles anxieux ou le stress post-traumatique, et aider à identifier de nouvelles pistes pour leur prise en charge.
Procédures
Les animaux subissent deux interventions chirurgicales réalisées sous anesthésie générale et espacées de plusieurs semaines. Chaque intervention dure environ 40 à 60 minutes et permet soit l’injection de vecteurs viraux dans le cerveau, soit l’implantation des dispositifs nécessaires aux enregistrements et aux manipulations expérimentales. Après une période de récupération, les animaux participent à des tests comportementaux visant à étudier leurs réactions face à différentes situations associées à des conséquences positives ou négatives. Ces tests sont réalisés pendant une période de 10 à 20 jours selon le protocole expérimental et les performances de l’animal. Chaque session dure généralement entre 30 et 60 minutes. Au cours de ces tests, l’activité cérébrale est enregistrée afin de mieux comprendre les mécanismes neuronaux impliqués dans les comportements observés. Le nombre exact de séances comportementales dépend de la progression de l’apprentissage de chaque animal.
Impact sur les animaux
Les animaux peuvent ressentir une douleur post-opératoire modérée liée aux interventions chirurgicales. Cette douleur est limitée par la mise en place d’une prise en charge analgésique adaptée. Un inconfort temporaire peut également être observé pendant la phase de récupération. L’hébergement individuel nécessaire à la protection des implants et au suivi expérimental peut constituer une source de stress liée à l’isolement social. Cet effet est limité par la mise en place d’un enrichissement adapté des cages ainsi que par le maintien de contacts visuels, auditifs et olfactifs avec les autres animaux hébergés dans la même salle. Les tests comportementaux peuvent entraîner un stress modéré lié aux manipulations répétées et à l’exposition à des situations nouvelles. Dans certains groupes, une restriction hydrique contrôlée est mise en place afin de motiver les animaux lors des tests comportementaux. Cette contrainte est étroitement surveillée et adaptée individuellement, mais peut représenter une contrainte modérée pendant plusieurs semaines.
Devenir
Euthanasie des animaux pour prélèvements du cerveau pour des études post mortem
Remplacement
L’utilisation d’animaux vivants est nécessaire pour étudier le fonctionnement du cerveau dans des situations réelles impliquant des comportements et des émotions. Ces phénomènes résultent d’interactions complexes entre différentes régions du cerveau et ne peuvent pas être reproduits de manière fiable avec des modèles informatiques ou des cellules en laboratoire.
Réduction
Le nombre d’animaux a été déterminé sur la base d’une estimation de la variance associée à ce type de données, afin d’assurer l’atteinte d’une puissance statistique suffisante. Le calcul théorique conduit à un effectif de 15 souris par groupe. Le projet comprend une phase pilote (20 groupes) permettant d’optimiser les paramètres expérimentaux et comportementaux avant la mise en œuvre de l’étude principale (20 groupes). Cette étape permet de limiter les ajustements méthodologiques en cours d’étude et contribue ainsi à réduire le nombre total d’animaux utilisés. Le nombre total d’animaux nécessaires à la réalisation de ce protocole est estimé à 600.
Raffinement
Des mesures sont mises en place pour limiter au maximum la douleur, le stress et l’inconfort des animaux. Les interventions chirurgicales sont réalisées avec une prise en charge adaptée de la douleur. Les animaux sont progressivement habitués aux manipulations afin de réduire leur stress. Les conditions expérimentales sont adaptées à chaque animal, notamment en ce qui concerne la motivation et les contraintes liées aux tests. Un suivi régulier permet de s’assurer de leur bon état de santé. Des points limites prédéfinis sont utilisés afin de détecter précocement toute altération de l’état des animaux. En cas de signes cliniques, des soins conservatoires adaptés sont mis en place. La prise en charge des animaux repose sur un arbre décisionnel structuré, permettant d’adapter les mesures à la gravité de la situation. Des critères d’arrêt des souffrances sont définis et conduisent, si nécessaire, à l’arrêt de la procédure et à une mise à mort anticipée.
Choix des espèces
La souris est utilisée car elle constitue un modèle de référence pour l’étude des mécanismes cérébraux impliqués dans l’apprentissage, l’adaptation comportementale et le traitement des informations sensorielles. Ses capacités d’apprentissage et d’adaptation permettent d’étudier des comportements complexes dans des conditions expérimentales contrôlées. Des souris jeunes adultes âgées de 8 à 12 semaines au début des expérimentations seront utilisées. À cet âge, les animaux présentent un cerveau mature et des performances comportementales stables, tout en limitant les effets liés au développement ou au vieillissement qui pourraient influencer les résultats. Par ailleurs, les nombreuses connaissances accumulées sur cette espèce ainsi que la disponibilité d’outils génétiques, viraux et neurobiologiques adaptés permettent d’interpréter les résultats de manière fiable et de les comparer avec ceux de la littérature scientifique, ce qui est essentiel pour faire progresser les connaissances dans ce domaine.
Evolution longitudinale de l’activité neuronale dans le cortex et l’hippocampe chez la souris saine et dans des modèles d’autisme.
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Des souriceaux dès leur naissance, et des embryons modifiés génétiquement dans l'utérus de leur mère, forment une part des 2 357 souris utilisées dans ce projet, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Dès la naissance, les souriceaux sont tatoués à la patte, un fragment de queue est prélevé pour le génotypage et une solution contenant un traceur est injectée dans leur cerveau sous anesthésie par le froid, que le porteur qualifie de "technique indolore adaptée aux nouveau-nés". Une zone de l'os du crâne est ensuite retirée et remplacée par une lamelle de verre fixée sur la tête, pour observer le cerveau au microscope pendant que la souris éveillée se déplace sur un tapis roulant, ces séances étant répétées de la naissance à l'âge adulte. Les mères ayant subi la laparotomie et l'électroporation in utero allaitent leur portée jusqu'au sevrage à vingt et un jours, puis sont tuées.
Objectifs
Ce projet fait suite à nos précédents travaux visant à comprendre comment le cerveau s'organise très tôt après la naissance, et comment cette période clé de développement influence son bon fonctionnement à l'âge adulte. Ce nouveau projet comporte deux volets complémentaires : Caractériser le développement normal des réseaux hippocampiques et néocorticaux (les circuits de cellules situés dans les régions du cerveau responsables de la mémoire, de l'apprentissage et de la perception sensorielle), avec une attention particulière portée au rôle des interneurones (des neurones "régulateurs" qui agissent comme des chefs d'orchestre pour freiner et synchroniser l'activité globale du cerveau). Identifier les altérations de cette mise en place observées dans des modèles pathologiques, plus particulièrement liés aux troubles du spectre autistique (TSA). Nous utiliserons le modèle de la souris afin de suivre l'activité neuronale au cours du temps par des techniques d'imagerie optique sur l'animal vivant. Notre équipe dispose d'une solide expertise dans l'application de ces techniques, tant chez les souris nouveau-nées que chez les adultes.
Bénéfices attendus
Ce projet est essentiel pour comprendre comment s'organisent les réseaux de cellules de notre cerveau, en particulier dans les zones responsables des fonctions intellectuelles et de la mémoire, qui sont souvent touchées par diverses maladies. À court terme, il permettra de découvrir de façon très précise le rôle de chaque type de cellule nerveuse et la manière dont elles évoluent pendant la croissance. Concernant les maladies liées au développement du cerveau, comme les Troubles du Spectre Autistique (autisme), notre hypothèse est que les anomalies génétiques modifient le développement normal du cerveau, affectant la manière dont les cellules grandissent et se connectent entre elles. En observant la maturation de ces cellules, notre approche permettra de faire le lien entre le rôle des gènes et la mise en place des réseaux cérébraux, apportant ainsi des connaissances clés pour comprendre l'origine de ces troubles.
Procédures
Les animaux seront soumis à plusieurs interventions chirurgicales et d'observation réalisées sous anesthésie et avec une prise en charge stricte de la douleur. Un suivi quotidien de leur bien-être sera assuré. Les interventions comprennent : L'identification et le prélèvement génétique : Dès la naissance, les souriceaux sont identifiés rapidement par un petit tatouage sur la patte. Un infime fragment de queue est prélevé pour vérifier leur profil génétique. Une injection intracérébrale : Chez le nouveau-né, une petite quantité d'une solution contenant un traceur microscopique est injectée dans le cerveau, sous anesthésie par le froid (technique indolore adaptée aux nouveau-nés). Une chirurgie d'observation du cerveau : Sous anesthésie générale, une petite zone de l'os du crâne est retirée et remplacée par une fine lamelle de verre. Cette "fenêtre" transparente, fixée sur la tête, permet d'observer l'intérieur du cerveau au microscope. L'observation de l'activité du cerveau (imagerie) : Grâce à la fenêtre crânienne et aux traceurs injectés, nous observons l'activité des cellules du cerveau de l'animal lorsqu'il est éveillé et qu'il se déplace librement sur un tapis roulant. Les animaux y sont habitués en douceur et les séances sont de courte durée. Ces observations sont répétées sur plusieurs jours à différents âges (de la naissance à l'âge adulte). L'intervention sur l'embryon : Pour un groupe spécifique, une chirurgie abdominale (laparotomie) est réalisée sur la mère au milieu de sa gestation, sous anesthésie générale. Cette opération permet d'insérer, à l'aide d'un léger courant électrique, des modifications génétiques directement dans le cerveau de l'embryon pour étudier l'autisme. La mère se réveille ensuite et met bas naturellement. Les petits suivront alors le même parcours d'observation au microscope décrit ci-dessus. Le prélèvement des tissus : À la fin de toutes les observations, les souris sont euthanasiées sans douleur sous anesthésie très profonde. Leur cerveau est prélevé à l'aide d'un produit fixateur pour pouvoir l'analyser en détail au microscope.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables possibles sur les animaux sont principalement liés à la douleur causée par les injections intra cérébrales ou à l’implantation d’une fenêtre d’imagerie sur le crâne. Ces deux opérations sont faites sous anesthésie générale. Bien que le cerveau lui-même ne soit pas sensible à la douleur, les tissus l’entourant (crâne, dure-mère) peuvent s'enflammer et produire de la douleur. Pour parer à cette éventualité, la douleur au moment de l’opération sera prise en charge par un analgésique. Par ailleurs, la douleur et le stress occasionnés par l’implant chronique de la fenêtre optique seront suivis de près tous les jours et la douleur sera minimisée, si besoin, par l'administration d'analgésiques. Si les points limites sont atteints, les animaux seront euthanasiés. De notre expérience, cet implant ne génère pas de douleur excessive et ne nécessite généralement pas l'administration d’analgésique en dehors de la chirurgie proprement dite. Les procédures de ce projet étant classées en gravité sévère, une appréciation rétrospective sera réalisée à l'issue du projet afin d'évaluer l'atteinte des objectifs et les dommages réels subis par les animaux.
Devenir
Tous les animaux du projet sont mis à mort (euthanasiés) sans douleur à la fin des expérimentations. Cette procédure est indispensable pour prélever leur cerveau et réaliser des analyses microscopiques sur les tissus. Ces analyses permettent de vérifier les observations faites du vivant de l'animal et de valider que les bons réseaux de neurones ont bien été ciblés. Concernant les souris gestantes ayant subi la chirurgie abdominale visant à modifier génétiquement les embryons (pour étudier l'autisme), elles se réveillent après l'opération, bénéficient d'une prise en charge de la douleur et mettent bas naturellement. Leurs petits sont ensuite inclus dans les étapes d'observation au microscope et seront, à leur tour, euthanasiés à la fin des observations pour l'analyse de leur cerveau. Les mères ayant subi la laparotomie pour l’électroporation in utero ne seront pas gardées en vie à l'issue de l'étude. Elles assurent l’élevage et l’allaitement de leur portée jusqu’au sevrage (P21), puis sont euthanasiées.
Remplacement
Pour atteindre nos objectifs, il est indispensable d'étudier le cerveau au sein d'un organisme entier, sur un animal vivant, éveillé et libre de ses mouvements. À ce jour, seules des recherches menées sur l'animal peuvent apporter ces connaissances, dont bénéficieront à terme les études chez l'homme. En effet, les méthodes de remplacement menées en laboratoire (comme la culture de cellules ou de « mini-cerveaux » en éprouvette) ne permettent pas de reproduire un cerveau complet et adulte avec toutes ses connexions. Par ailleurs, nous ne connaissons pas encore assez bien le cerveau pour pouvoir remplacer ces expériences par des simulations sur ordinateur. C’est d’ailleurs l'un des grands enjeux de notre projet : en observant très précisément comment communiquent les différentes cellules du cerveau, nous espérons récolter suffisamment de données pour permettre, à l'avenir, la création de telles simulations informatiques.
Réduction
Notre méthode de travail vise à réduire fortement le nombre d'animaux utilisés, tout en garantissant des résultats fiables. Le principal moyen d'y parvenir est d'utiliser une technique d'observation au microscope qui permet de suivre les mêmes souris au fur et à mesure de leur croissance. Contrairement aux méthodes classiques qui obligent à utiliser et à euthanasier de nouveaux groupes d'animaux à chaque âge étudié pour comprendre leur évolution, notre méthode permet d'observer plusieurs fois les mêmes individus à différentes étapes clés de leur vie, depuis leur naissance jusqu'à l'âge adulte.
Raffinement
Tout au long de l'expérimentation, un suivi quotidien sera assuré. Des décisions relatives au bien-être animal seront prises selon des règles strictes permettant d'interrompre l'expérience ou d'euthanasier l'animal en cas de souffrance. Le bien-être des animaux (tant pour les souris gestantes que pour leurs petits, ou après les chirurgies) fera l'objet d'évaluations régulières : prise de poids, croissance, aspect général et comportement. Une attention particulière sera portée aux nouveau-nés et aux jeunes souris lors des chirurgies afin de réduire la douleur et le stress. Le protocole inclut l'utilisation systématique d'anesthésies, la gestion de la douleur, l'utilisation de tapis chauffants, le respect strict des règles d'hygiène, la protection des yeux, la réhydratation, ainsi qu'un suivi très attentif après l'opération (notamment au moment de replacer les nouveau-nés avec leur mère). Les mères et leurs nouveau-nés, opérés ou non, seront hébergés dans des armoires ventilées où l'environnement est contrôlé. Leurs cages seront enrichies avec de petites cabanes en carton et du papier spécial permettant aux femelles de construire des nids douillets. Les souris plus âgées bénéficieront des mêmes conditions de confort. Enfin, lors des observations au microscope, les animaux seront maintenus bien au chaud à l’aide d’une lampe chauffante pour éviter qu'ils ne se refroidissent en dehors de leur cage.
Choix des espèces
Le modèle de la souris est particulièrement adapté pour répondre à nos objectifs scientifiques : Il a été démontré que les cellules régulatrices du cerveau que nous étudions sont très similaires entre l'humain et la souris, ce qui en fait un excellent modèle. Notre équipe possède une grande expérience technique sur la souris, que ce soit pour la mise en place minutieuse de la "fenêtre" sur le crâne ou pour l'observation de son cerveau au microscope du vivant de l'animal. Il existe chez la souris de nombreuses lignées génétiquement modifiées indispensables à ce projet, qui permettent de cibler très précisément certaines familles de cellules pour observer ou manipuler leur activité. La souris étant très largement utilisée en recherche sur le cerveau, nos résultats seront d’un intérêt majeur pour l'ensemble de la communauté scientifique afin de mieux comprendre le développement du cerveau et les mécanismes liés aux maladies infantiles (troubles neurodéveloppementaux). Stades de développement utilisés : Les animaux seront étudiés à quatre stades clés de leur développement après la naissance : Stade nouveau-né (de la naissance à 5 jours) Stade jeune (de 5 à 14 jours) Stade adolescent (de 15 à 30 jours) Stade adulte (au-delà de 2 mois) L'objectif de ce projet est de comprendre comment l'activité des réseaux de cellules du cerveau évolue au cours du temps, à la fois dans un développement normal, dans des modèles d'autisme, et jusqu'à l'âge adulte. Le découpage de nos observations en ces quatre fenêtres temporelles est absolument indispensable pour couvrir toutes les étapes critiques de la construction et de la maturation du cerveau.
Caractérisation par imagerie d’une exérèse de glioblastome avec injection ou non d’un hydrogel de chitosane (EU1/2)
- Recherche appliquée
- Cancers
Greffés de cellules tumorales dans le cerveau à J0, transportés deux jours plus tard pendant quatre heures vers une plateforme d'imagerie, opérés à J10 pour un retrait partiel de la tumeur, 27 rats subissent ensuite trois examens TEP avec injection d'un traceur radioactif et quatre IRM sous anesthésie, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Le porteur classe la greffe et l'exérèse comme sévères, note que la chirurgie est "assez invasive" et que la tumeur peut provoquer des symptômes neurologiques. L'objet est de suivre par imagerie la dégradation d'un gel de chitosane déposé dans la cavité opératoire, et la reprise de la tumeur. Tous les rats sont mis à mort après le dernier examen, le porteur écrivant qu'ils sont "tous porteurs d'une tumeur cérébrale (avec un pronostic défavorable)".
Objectifs
Les tumeurs intracérébrales représentent la forme la plus agressive des tumeurs du système nerveux central sans possibilité curative. Une infiltration des cellules cancéreuses dans le tissu cérébral sain favorisent inévitablement la reprise tumorale. Le traitement standard actuel consiste en une résection chirurgicale (=retrait de la tumeur) suivie d’une radiothérapie (traitements par rayons X) combinée à une chimiothérapie (traitement médicamentaux). Le projet proposé s’appuie sur un modèle de tumeurs cérébrales chez le rat. Après avoir implanté la tumeur dans le cerveau des animaux, celle ci est retirée chirurgicalement (exérèse) et partiellement (comme dans le cas d'une chirurgie chez l'être humain). Les cellules résiduelles sont à l'origine de la récidive (reprise tumorale) survenant après l'opération. Lors de la chirurgie d'exerèse, la cavité formée lors du retrait de la masse initiale sera laissée telle quelle (non comblée) ou un gel formant un réseau sera déposé à l'intérieur (tapissant ainsi la cavité opératoire). L'objectif de ce projet est ainsi de caractériser par imagerie le comportement de ce gel mais aussi de caractériser la récidive tumorale. Pour ce faire, nous réaliserons d'une part des examens TEP (Tomographie par Emission de Positons) via l'injection d'un traceur radioactif qui permet de visualiser les foyers de récidive tumoraux. D'autre part, le comportement du gel sera évalué grâce à l'outil d'imagerie par IRM (Imagerie à Résonance Magnétique) via un suivi longitudinal permettant d'estimer l'évolution du volume tumoral et de suivre la dégradation du gel au cours du temps. Ce projet est un projet multisite à cause de contraintes techniques liées aux équipements, ainsi il se déroulera dans 2 établissements utilisateurs successifs (EU1/2 puis EU 2/2)
Bénéfices attendus
Les résultats attendus de ce projet initial permettront en première intention de caractériser le modèle de tumeur cérébral opéré (dont la tumeur a été retirée chirurgicalement) en présence ou non d'un gel marqué avec un agent de contraste. Le phénomène de récidivie tumorale inhérant à la chirurgie ainsi que le comportement du gel déposé au sein même de la cavité opératoire pourront ainsi être appréhendés respectivement grâce à l'imagerie TEP et aux acquisitions IRM. Cette étape de caractérisation est indispensable avant même de pouvoir proposer l'application de ce gel dans la cavité opératoire comme nouvelle voie de stratégie thérapeutique pour la recherche clinique. Le bénéfice attendu est donc à plus long terme d'utiliser ce gel comme vecteur thérapeutique et adapter à posteriori son utilisation en cancérologie humaine.
Procédures
- Greffe des cellules tumorales dans le tissu cérébral (modèle intracérébral) à J0 (1 itération/1h) - Transport sur la plateforme d'imagerie à J2=2 jours post-greffe (1 itération/4h) - Dégreffe/exerèse= chirurgie qui consiste à retirer la tumeur qui se trouve dans le cerveau à J10=10 jours post greffe (1 itération/1h) - Examens TEP : J15/J22/J29 (3 itérations/50 min par temps d'imagerie) - Examens IRM : J9, J14, J21, J28 (4 itérations/1h par temps d'imagerie. L'examen TEP (Tomographie par Emission de Positon) est une technique d'imagerie qui permet d'identifier les foyers tumoraux notamment grâce à l'injection d'un produit radioactif qui vient se fixer spécifiquement sur le tissu malade et qui permet sa visualisation en regardant l'image générée. L'examen IRM (Imagerie par Résonance Magnéique) est une technique d'imagerie qui permettra d'identifier les différentes structures cérébrales ainsi que le gel présent au sein de la cavité opératoire et de suivre sa dégradation au cours du temps. La répartition des interventions dans chaque EU se fera de la façon suivante : - EU1/2 : réception des animaux, acclimatation, puis chirurgie d'implantation des cellules tumorales (greffe des cellules tumorales dans le cerveau, EU de départ pour le transport des animaux vers l'EU 2/2, -EU2/2 : EU d'arrivée suite au transport des animaux depuis l'EU1/2, examens d'imagerie, chirurgie de retrait de la masse tumorale, mise à mort de tous les animaux en fin de projet.
Impact sur les animaux
Chirurgie d'implantation des cellules tumorales puis retrait chirurgical de la tumeur (exérèse) classées sévères mais médication pour limiter la souffrance des animaux. Le développement de la tumeur (modèle infiltrant) peut engendrer des symptômes neurologiques mais la chirurgie d'exérèse se fait assez précocement bien avant l'apparition de signes cliniques (J10). Le transport des animaux à J+2 sur la plateforme d'imagerie constitue également une nuisance. La chirurgie opératoire est assez invasive mais une surveillance accrue des animaux sera réalisée afin de garantir leur bien-être. Les sessions IRM et TEP nécessiteront des anesthésies répétées.
Devenir
Les animaux seront mis à mort selon les méthodes en vigueur à l'issue du dernier temps d'imagerie. L'ensemble des données collectées grâce aux acquisitions d'imagerie permettront de caractériser le modèle de reprise tumorale avec l'implantation d'un gel et permettront de répondre à la question scientifique initiale. Les animaux étant tous porteurs d'une tumeur cérébrale (avec un pronostic défavorable), il est donc nécessaire de mettre à mort l'ensemble des animaux du projet à l'issue du dernier examen.
Remplacement
Le remplacement des expérimentations animales par des méthodes alternatives n’est dans ce contexte clairement pas possible car le développement et la réponse au traitement de tumeurs cérébrales dépend de phénomènes biologiques extrêmement complexes qui ne peuvent pas être mimés en dehors d'un organisme entier. De plus, la mise en place d’une tumeur est un phénomène multifactoriel impliquant différents types cellulaires. L’ensemble de ces facteurs dynamiques ne peut être appréhendé qu’in vivo sur un modèle animal.
Réduction
En prenant en considération les contraintes du projet et en utilisant un logiciel de simulation afin d'établir l'effectif des animaux à inclure dans l'étude, il s'avère que 27 animaux au total seront nécessaires, pour une répartition de 9 animaux par groupe. Cet effectif intègre la perte possible d'un animal par groupe à la suite de l'intervention chirurgicale et d'éventuels problèmes rencontrés à l'issue du transport des animaux entre établissements utilisateurs (plateforme différente pour réaliser les imageries). Cet effectif est le minimum requis pour permettre des analyses statistiques pertinentes.
Raffinement
Quel que soit le site d'hébergement (projet multisite) , les animaux bénéficieront d'un hébergement selon les conditions réglementaires. Les expérimentations ne débuteront qu'après une semaine d'acclimatation suite à la réception des animaux sur chaque site. Une attention toute particulière sera portée aux animaux après le retrait chirurgical de la tumeur (médication contre la douleur, pesée quotidienne, observation quotidienne du comportement et la motricité, vérification de l'alimentation et de l'hydratation, désinfection et vérification de la bonne cicatrisation de la plaie). Des points limites précoces sont définis (perte de poids et problèmes de motricité essentiellement) afin d’anticiper toute souffrance ou dégradation de l’état général liée à la tumeur. Les examens d'imagerie seront réalisés sous anesthésie générale. Ils seront effectués par du personnel qualifié et expérimenté. Pendant l’examen, le niveau d'anesthésie sera surveillé en temps réel à l'aide de paramètres tels que la fréquence cardiaque et la fréquence respiratoire, garantissant ainsi un état stable et sécurisé pour les animaux. Après la procédure, les animaux seront surveillés pendant le processus de réveil dans un environnement calme et contrôlé. En outre, une grille de score permet un contrôle quotidien de l'état général de l'animal.
Choix des espèces
Les modèles animaux majoritairement utilisés pour les études en cancérologie sont les modèles murins : souris et rats. Les rats constituent l'espèce de référence compte tenu de leur accessibilité et de leur facilité de manipulation. En outre, le choix de cette espèce se justifie par la taille du cerveau plus importante pour une implantation intracérébrale de la tumeur dont le volume deviendra suffisamment important pour s'affranchir des limitations de résolution offertes par l’imagerie et permettre une injection du gel. Les rats immunocompétents présentent l'avantage d'avoir un système immunitaire intégralement préservé et sont une souche de référence utilisée pour le développement d’un modèle murin de tumeurs cérébrales. De plus, les cellules tumorales ont été isolées d’une tumeur chez le rat, il n'y a donc pas de risques de rejet. Des rats âgés de 6 semaines seront utilisés à un stade où leur conformation crâniale est achevée.
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
Retirées de l'étude et tuées dès que leur état dépasse un seuil défini, 876 souris femelles vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Chacune subit une irradiation du corps entier sur animal éveillé, ou une irradiation abdominale sous anesthésie gazeuse, avant des traitements par injection ou par voie orale, des injections de cellules et des prélèvements sanguins répétés jusqu'au cent-vingtième jour. Le porteur décrit une atteinte possible de l'intestin et de la moelle osseuse conduisant à des diarrhées, un amaigrissement rapide, une baisse durable des cellules du sang, des risques d'infection, de saignement et d'anémie, et une "altération sévère de l'état général". Les bénéfices annoncés, des traitements "réellement disponibles, transportables et administrables rapidement" en cas d'afflux massif de victimes, restent une ambition, quand l'irradiation et ses suites sont infligées dès maintenant.
Objectifs
Ce projet part d’un constat simple : après une irradiation sévère, la survie largement conditionnée par deux atteintes majeures : celle de l’intestin et celle de la moelle osseuse. Lorsque ces organes ne remplissent plus leurs fonctions, les options thérapeutiques sont limitées et le pronostic se dégrade rapidement. L’enjeu est donc clair : intervenir sur les mécanismes qui déterminent la récupération, en restaurant les fonctions biologiques essentielles plutôt qu’en se limitant à un soutien passif. Le projet associe deux traitements cellulaires : l’un vise à rétablir la production du sang par la moelle osseuse ; l’autre vise à réparer l’intestin endommagé par l’irradiation. Ces interventions sont volontairement mises en œuvre de manière différée, afin de refléter les contraintes réelles de prise en charge des personnes exposées à une irradiation accidentelle. Les travaux sont conduits chez la souris pour identifier les fenêtres de temps pendant lesquelles une intervention peut modifier le pronostic, comprendre les mécanismes de récupération et sélectionner les approches présentant le meilleur équilibre entre efficacité, faisabilité et sécurité. L’objectif est concret : disposer de stratégies capables non seulement de soutenir, mais de restaurer des fonctions vitales, tout en restant compatibles avec les contraintes d’une situation d’urgence radiologique.
Bénéfices attendus
Le projet évalue en parallèle l’efficacité des traitements et leur faisabilité en situation réelle.: des approches complémentaires, préparables à l’avance, mobilisables rapidement et adaptées à des contraintes de temps et de logistique. À plus long terme, l’objectif est de faire évoluer les soins : ne plus seulement soutenir l’organisme, mais aussi rétablir la production des cellules du sang et favoriser la réparation de l’intestin, par thérapies cellulaires. L’ambition est de transformer une preuve scientifique en traitements réellement disponibles, transportables et administrables rapidement, même face à un afflux massif de victimes.
Procédures
Pour tous les animaux : - Irradiation corps entier sur animal vigile, et/ou abdominal sous anesthésie gazeuse, 1 fois, durée : quelques minutes - Administration de traitements par injection ou par voie orale (sur animal vigile, 1 ou plusieurs fois selon les groupes, durée : quelques secondes à 1 minute) - Suivi clinique avec pesée et observation de l’état général (sans anesthésie, 3 fois par semaine en phase aiguë (J1 à J14) puis hebdomadaire, durée brève) Selon le groupe expérimental : - Injection de cellules par voie intraveineuse (sur animal vigile, 1 fois par animal, durée : quelques secondes) - Prélèvements sanguins pour suivi biologique (sur animal vigile, suivant procédures J1, J3,5, J30 et/ou J14, J30, J120) : quelques secondes) Aucune procédure chirurgicale n’est réalisée dans ce projet.
Impact sur les animaux
Les procédures peuvent provoquer une altération sévère de l’état général, principalement liée aux atteintes intestinales et médullaires induites par l’irradiation, auxquelles s’ajoutent les effets cumulés des manipulations, injections et prélèvements sanguins. Les animaux peuvent présenter une perte de poids importante, une diminution de l’alimentation et un pelage hérissé, une baisse marquée de la mobilité et de la réactivité. L’atteinte intestinale peut entraîner diarrhées et amaigrissement rapide. L’atteinte de la moelle osseuse peut provoquer une diminution durable des cellules sanguines, augmentant les risques d’infection, de saignement, d’anémie. Les injections et prélèvements peuvent occasionner stress, douleur transitoire, hématome, réaction locale ou générale et perte sanguine cumulative. Dans les formes les plus sévères, l’association des atteintes digestives et médullaires peut conduire à une dégradation rapide de l’état général en l’absence d’application des points limites.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés afin de réaliser les prélèvements d’organes pour analyse ultérieure
Remplacement
Le projet nécessite l’étude des effets systémiques d’une irradiation et l’évaluation de traitements combinés impliquant des interactions complexes entre organes et système immunitaire. Aucune méthode alternative ne permet de reproduire la réponse intégrée de l’organisme, ni l’évolution globale des lésions, en particulier en situation de lésions combinées. L’évaluation de la survie, de la récupération fonctionnelle et de l’efficacité des traitements dans le temps impose un modèle in vivo. Le recours à l’animal est donc indispensable pour atteindre les objectifs du projet.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet a été défini de manière à obtenir des résultats fiables tout en limitant leur utilisation au strict nécessaire. La stratégie expérimentale repose sur une organisation en lots intégrant plusieurs groupes comparatifs au sein d’une même session, ce qui permet de réduire le nombre total d’animaux en évitant la répétition inutile d’expériences similaires. Chaque lot inclut des groupes témoins partagés, limitant ainsi le recours à des animaux supplémentaires. Les effectifs ont été ajustés pour garantir une interprétation robuste des résultats, en tenant compte de la variabilité attendue dans des modèles d’atteintes sévères. Cette variabilité est particulièrement importante dans les modèles d’irradiation, ce qui nécessite un nombre suffisant d’animaux pour identifier de manière fiable les effets des traitements. Le projet est également structuré de manière progressive, avec des étapes successives permettant de sélectionner les conditions les plus pertinentes avant de passer à des phases plus complexes. Cette approche évite de tester inutilement des combinaisons inefficaces à grande échelle. Par ailleurs, le recours à des suivis longitudinaux sur les mêmes animaux permet de collecter plusieurs types de données au cours du temps, réduisant ainsi le besoin d’augmenter les effectifs. Enfin, les données issues des premières étapes du projet sont utilisées pour optimiser les phases suivantes, limitant ainsi le nombre d’animaux nécessaires pour répondre aux objectifs scientifiques. L’ensemble de ces mesures permet de réduire significativement le nombre d’animaux utilisés, tout en garantissant la qualité et la pertinence des résultats obtenus.
Raffinement
Plusieurs mesures sont mises en place pour réduire autant que possible l’inconfort, la douleur et le stress des animaux tout au long du projet. Les animaux sont observés régulièrement, et plus fréquemment dans les jours suivant l’exposition aux rayonnements, période où leur état peut évoluer rapidement. Cette surveillance permet de repérer rapidement tout signe de fatigue, de perte de poids ou de troubles digestifs, et d’adapter leur prise en charge. Des soins adaptés sont proposés dès qu’une altération de l’état général est observée. Les animaux disposent notamment d’un accès facilité à l’eau et à la nourriture, par exemple sous forme plus facilement consommable. Des apports complémentaires peuvent être fournis pour éviter la déshydratation et soutenir leur état général. Les conditions d’hébergement sont ajustées pour limiter le stress et améliorer le confort. L’environnement est aménagé pour permettre aux animaux de se reposer et de conserver des comportements naturels, tout en facilitant leur accès à l’alimentation et à l’eau. Les manipulations sont réduites au minimum nécessaire et réalisées par du personnel formé, afin qu’elles soient rapides et maîtrisées. Lorsque cela est possible, plusieurs interventions sont regroupées pour éviter des manipulations répétées. Les gestes techniques, comme les injections ou les prélèvements, sont réalisés de manière à être les plus courts et les moins contraignants possible. Enfin, des critères d’arrêt anticipé sont définis : si l’état d’un animal se dégrade au-delà d’un certain seuil, il est retiré de l’étude afin d’éviter toute souffrance prolongée. L’ensemble de ces mesures vise à garantir le meilleur niveau de bien-être possible, tout en permettant la réalisation du projet scientifique.
Choix des espèces
Le projet utilise exclusivement la souris, une espèce largement utilisée en recherche biomédicale. Ce choix s’explique par le fait que la souris permet d’étudier de manière fiable et reproductible les effets d’une exposition importante aux rayonnements sur l’organisme, en particulier sur l’intestin et la moelle osseuse. La souris présente également des caractéristiques biologiques bien connues et des outils expérimentaux adaptés, ce qui permet d’obtenir des résultats robustes et comparables. Elle constitue un modèle pertinent pour évaluer l’efficacité de nouvelles approches thérapeutiques, notamment lorsqu’il s’agit d’interventions combinant plusieurs types de traitements. Deux types de souris sont utilisés dans le projet. Des souris dites « standard » permettent d’étudier les mécanismes des lésions et les effets des traitements dans un organisme avec un système immunitaire fonctionnel. Des souris dites « immunodéficientes » sont également utilisées, car elles permettent d’administrer et d’étudier des cellules d’origine humaine sans rejet, ce qui est indispensable pour certaines étapes du projet. Dans ce projet, seules des souris femelles sont utilisées afin d’homogénéiser les groupes expérimentaux et de limiter la variabilité des résultats liée au sexe des animaux. Si les résultats obtenus chez les femelles confirment l’intérêt de la stratégie thérapeutique, une validation ultérieure chez les mâles pourra être envisagée afin d’évaluer la reproductibilité des effets indépendamment du sexe. Les animaux sont utilisés à un stade de jeune adulte, correspondant à un organisme mature mais encore homogène sur le plan biologique. Les souris standard sont utilisées entre 7 et 8 semaines d’âge, ce qui correspond à un stade stable permettant une bonne reproductibilité des résultats. Les souris immunodéficientes sont reçues à l’âge de 4 semaines, puis utilisées à 6 semaines après une période d’acclimatation. Ce choix permet de garantir une homogénéité entre les animaux, une bonne tolérance aux interventions et des conditions optimales pour l’étude des traitements, en particulier ceux impliquant des cellules humaines. Ainsi, le choix de l’espèce et de l’âge des animaux est adapté aux objectifs du projet, en assurant un équilibre entre pertinence scientifique et qualité des données obtenues.
Comprendre la plasticité cellulaire dans la récidive du glioblastome après traitement MODIFICATION
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Une greffe de cellules tumorales dans le cerveau, puis l'ouverture du crâne pour retirer la tumeur, avec des hémorragies possibles et une pression intracrânienne modifiée : 1 434 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Trois jours après la résection, une partie reçoit radiothérapie et chimiothérapie jusqu'à trois fois en trois jours, une autre se voit poser une fenêtre d'observation sur le crâne, et le sang est prélevé deux à trois fois par semaine pendant toute l'étude. Le porteur écrit que la craniotomie est "à l'origine d'une douleur mesurée" mais que "la résection de la tumeur en elle-même ne provoque pas de douleurs puisque le cerveau ne possède pas de terminaisons nerveuses". Il ajoute qu'aucun effet secondaire n'est décrit dans la littérature pour les thérapies ciblées envisagées, et qu'aucune douleur n'est donc attendue de leur administration.
Objectifs
Les glioblastomes (GBM) sont les tumeurs cérébrales les plus fréquentes et les plus agressives chez l’adulte. Malgré un traitement lourd associant chirurgie (résection pour réduire au maximum la tumeur), chimiothérapie et radiothérapie (protocole de Stupp), la survie moyenne des patients n’excède pas 15 mois en raison de l’apparition, quasi-systématique, de récidives. Le principal facteur supposé pouvant expliquer l’apparition de ces récidives est la repousse de cellules très invasives, se propageant à partir de la masse tumorale. L’environnement protecteur empêche l’élimination de ces cellules par le protocole de Stupp. L'unité gliovasculaire (UGV) faite de cellules tumorales, de cellules immunitaires et de cellules cérébrales localisées à proximité des vaisseaux sanguins- est une niche protectrice favorisant la survie, la résistance au traitement et la dissémination des cellules de GBM. Elle a la pleine compétence pour jouer un rôle clé dans la récidive mais son rôle dans ce processus est encore mal connu. Mieux comprendre le comportement des cellules tumorales ainsi que le rôle du microenvironnement au sein de l'unité gliovasculaire et identifier des biomarqueurs spécifiques de la récurrence pourraient transformer considérablement notre vision actuelle de la thérapie des GBM et ainsi améliorer la prise en charge des GBM chez l’Homme.
Bénéfices attendus
Le glioblastome est la tumeur cérébrale agressive la plus fréquente chez l’adulte et l’un des cancers les plus mortels. Malgré des traitements très lourds (chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie), la rechute est pratiquement inévitable (90%). Des données de la littérature ainsi que les résultats préliminaires obtenus au laboratoire, suggèrent que l’unité gliovasculaire (cellules tumorales, endothéliales, péricytaires, astrocytaires et immunitaires) pourrait jouer un rôle déterminant dans la survie des cellules tumorales après traitement. Cette étude nous permettra de définir précisément le rôle de l’unité gliovasculaire dans la résistance au traitement et sera déterminante pour l’identification de cibles thérapeutiques. Ce projet s’insère dans une grande étude réalisée en collaborations avec plusieurs équipes de recherche sur le glioblastome (cliniciens et chercheurs). Les résultats obtenus dans notre modèle préclinique murin seront ensuite validés à partir de biopsie de patients traités ou non au protocole de Stupp. L'application directe et immédiate de ces connaissances pourrait ainsi favoriser le développement de nouvelles thérapies ciblées, dont le GBM a urgemment besoin puisqu’ aucune amélioration thérapeutique pertinente n'a été apportée ces 15 dernières années. Malgré les efforts massifs déployés dans le domaine clinique et de la recherche, le traitement du GBM reste l'un des défis les plus difficiles à relever en oncologie clinique. Presque tous les patients atteints de GBM reçoivent le protocole de Stupp, qui est la norme en matière de soins ; par conséquent, beaucoup d'entre eux bénéficieraient de stratégies thérapeutiques visant à accroître son efficacité. Dans ce contexte, il s'agit d'une approche entièrement nouvelle issue d'une idée novatrice. Les résultats de ce projet jetteront les bases des objectifs futurs : déterminer de nouvelles voies et stratégies pour cibler les voies de résistance gliovasculaire post-Stupp et améliorer le traitement en collaboration avec les cliniciens. La compréhension de la résistance des GBM au protocole Stupp et de la biologie de l’unité gliovasculaire pourraient transformer considérablement notre vision actuelle du traitement des GBM dans le but ultime d’améliorer la survie des patients.
Procédures
L’objectif 1er de cette étude est d’établir un modèle pré-clinique de traitement du GBM chez la souris (protocole de Stupp). Pour cela, différents groupes de souris seront constitués. Des cellules tumorales seront injectées dans le cerveau de tous les lots d’animaux (anesthésie de 20min/souris). Groupe 1 : dans cette première procédure visant à mettre au point le retrait chirurgical de la tumeur, des cellules tumorales sont injectées dans le cerveau (durée de l’anesthésie : 30 min). Après le développement de la tumeur les souris sont opérées afin de procéder au retrait de la tumeur (durée de l’anesthésie : 30min). Groupe 2 : Après mise au point du retrait de la tumeur avec le groupe 1, nous implanterons des cellules tumorales dans de nouvelles souris. Après développement de la tumeur, elle sera retirée. 3 jours après la résection de la tumeur, les animaux anesthésiés seront traités par radiothérapie (durée 15 minutes). Un traitement sera également administré directement dans l’abdomen de l’animal vigile (5 minutes). Ces traitements (radiothérapie et chimiothérapie) seront répétés au maximum 3 fois sur 3 jours consécutifs. Groupe 3 : sur certaines souris du groupe 2, une fenêtre d’observation sera posée après la résection (durée d’anesthésie 30 min). Ces animaux seront également traités par chimiothérapie et radiothérapie selon le même protocole décrit plus haut. Les animaux seront suivis par imagerie une fois avant le début du traitement puis en fin de traitement à raison d’une fois par semaine pendant 3 semaines. MODIFICATION Des prélevements de sang seront réalisés à raison de 2 à 3 fois par semaine pendant toute la durée de l’étude (1min/souris). Groupe 4 : un dernier lot d’animaux bénéficiera en plus du protocole Stupp (comme décrit pour le groupe 2 : retrait chirurgical de la tumeur, irradiation, chimiothérapie), une thérapie ciblée par injection ou par voie orale (environ 1 min/souris, 7 administrations max /semaine), qui pourra être administrée pendant le protocole Stupp, quelques jours après, ou quelques semaines après selon la dynamique d’activation des cibles identifiées.
Impact sur les animaux
Lors de l’injection : Les animaux greffés avec les cellules tumorales vont développer une tumeur cérébrale dont la taille sera évaluée fréquemment par dosage sanguin. Lors la résection : L’os du crane étant peu innervé, la craniotomie est à l’origine d’une douleur mesurée. La résection de la tumeur en elle-même ne provoque pas de douleurs puisque le cerveau ne possède pas de terminaisons nerveuses. Cependant, la craniotomie peut engendrer un changement de pression intracrânienne et la résection en elle-même peut être à l’origine de petites hémorragies. Suite à cette intervention, une réduction des mouvements et de la mobilité de l’animal, une perte de coordination peuvent subvenir dans les heures qui suivent la chirurgie. Dans les jours suivant, une perte de poids peut également être observé. Le traitement aux rayonnement ionisants n’entraine pas d’inconfort en lui-même et est réalisé sur des animaux anesthésiés Les nuisances attendues suite à l’injection de la chimiothérapie seront celles liées à l’injection (douleur légère de courte durée). D’après notre expérience aucune douleur n’est attendue suite à l’administration de ce traitement. MODIFICATION Lors de l’injection des thérapies ciblées : Les nuisances attendues suite à l’administration des traitements seront celles liées à l’injection (stress et douleur légers, de courte durée). D’après la littérature disponible, aucun effet secondaire n’est décrit pour les drogues envisagées. De fait, aucune douleur n’est attendue suite à l’administration de ces traitements. Les prélèvements sanguins réalisés au niveau de la queue de l’animal provoqueront une douleur légère et un stress de courte durée chez la souris.
Devenir
Les animaux sont mis à mort pour des analyses post-mortem
Remplacement
Des résultats préliminaires du laboratoire couplés à des données de la littérature nous mènent à penser que les modifications de comportement des cellules tumorales après traitement (protocole de Stupp) sont intimement dépendantes de leur environnement. Or, le microenvironnement tumoral est un système complexe aux paramètres extrêmement nombreux et dont la plupart sont inconnus : il est aujourd’hui impossible de recréer totalement cet environnement ex vivo. C’est pour cela que nous devons avoir recours à des études sur l’animal dans lequel tous les paramètres sont réunis. Notre hypothèse est qu’après le traitement les cellules tumorales résiduelles localisées au sein de l’unité gliovasculaire protectrices sont à l’origine de la récidive. Nous avons développé des méthodes alternatives pour éviter au maximum d’avoir recours aux animaux. Ainsi, nous avons au préalable observé in vitro que des cellules de GBM acquéraient un phénotype de résistance lorsqu’elles étaient au contact de vaisseaux sanguins. Cependant, ce modèle ne représente qu’une version simplifiée du microenvironnement tumoral. En effet, le microenvironnement tumoral est un système complexe aux paramètres extrêmement nombreux et dont la plupart sont inconnus il nous est donc impossible de recréer totalement cet environnement ex vivo.
Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux, nous avons fait un travail de recherche bibliographique rigoureux. De plus, notre expérience passée nous permet de limiter le nombre d’animaux. En effet : 1-Nous avons identifié le nombre de cellules à injecter pour obtenir une tumeur qui sera résécable environ un mois après l’injection. Nous ne testerons donc pas différentes concentrations de cellule. 2-Nous maitrisons la résection de la tumeur 3-Pour le traitement radio et chimiothérapeutique, nous avons mené de nombreuses expériences in vitro qui nous permettent de cibler les doses et le timing de traitement ce qui réduit considérablement le nombre d’animaux utilisés. 4-Le suivi régulier de la progression tumorale grâce à la mesure d’un marqueur sanguin nous permet de savoir quand effectuer la résection mais également de monitorer la récurrence de la tumeur ce qui réduira également le nombre d’animaux utilisés. 5-Les analyses requièrent une faible quantité de matériel et permet donc de réduire le nombre d’animaux utilisés. 6-Nos analyses bioinformatiques poussées nous aideront dans le choix des cibles thérapeutiques, ce qui nous permet de diminuer le nombre de cibles à tester et de privilégier les plus pertinentes.
Raffinement
En accord avec les recommandations internationales, en particulier dans le domaine de la cancérologie, les animaux sont suivis individuellement et ce plusieurs fois par semaine (2 à 3 fois) afin d’assurer leur bien-être. Celui-ci sera évalué selon une grille de score. Si nécessaire, les expérimentations seront stoppées avant toute souffrance. Les manipulations lourdes sont faites sous anesthésie et les animaux recevront systématiquement les traitements antibiotiques et analgésiques adaptés pendant et après les opérations. Dès l’apparition d’une tumeur de taille importante (évaluée par un marqueur sanguin) les animaux sont suivis quotidiennement afin d'évaluer leur bien-être selon la grille de score jointe. En cas de signes de détresse les soins adaptés seront apportés (analgésie, hydratation …). Si aucun soulagement n’est possible ils seront mis à mort.
Choix des espèces
Nos expérimentations seront menées chez la souris, modèle de choix pour les expériences en cancérogenèse. Leur petite taille, et la méthodologie expérimentale bien établie en font une espèce animale pertinente pour les expériences de laboratoire. Nous étudierons des lignées cellulaires humaines et murines. Deux souches de souris seront utilisées dont des souris immunodéficientes pouvant recevoir des injections de cellules humaines sans développer de réactions immunitaires contre celles-ci. A l’inverse, l’autre lignée de souris est immunocompétente et permet donc de réaliser notre étude dans un contexte de réponse immunitaire complète. Adulte de 7-8 semaines, un âge qui permet une bonne prise tumorale mais également avec un potentiel de croissance limité afin d’éviter que les dispositifs chirurgicaux (fenêtres crâniennes) ne gênent leur croissance ; les animaux à cet âge supportent mieux l’anesthésie et la chirurgie.
Etude de la voie de signalisation Slit/Robo et son rôle dans la réponse aux immunothérapies dans les glioblastomes
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système immunitaire
La chimiothérapie est injectée cinq jours par semaine "jusqu'à ce que l'animal arrive à son point limite", et le suivi de la tumeur au microscope dure environ deux heures sous anesthésie, trois fois par semaine, jusqu'à ce même point limite. 816 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Un glioblastome leur est implanté dans le cerveau par chirurgie sous anesthésie, ce qui peut provoquer une baisse d'appétit, une perte de poids, des difficultés à se déplacer et une désorientation qui persistent tout au long de l'étude, l'objectif étant de bloquer la voie Slit/Robo pour voir si les immunothérapies gagnent en efficacité. Une partie des souris est immunodéficiente, donc sensible aux infections et au stress dans des conditions normales d'hébergement, et le porteur espère montrer une augmentation du temps de survie sous traitement, avec des publications attendues dans trois à cinq ans.
Objectifs
Les glioblastomes sont des tumeurs du cerveau particulièrement complexes. Elles sont composées de plusieurs zones différentes dans lesquelles les cellules cancéreuses interagissent avec leur environnement. Certaines zones favorisent l’invasion des cellules dans le tissu cérébral sain, d’autres sont situées autour des vaisseaux sanguins, et certaines manquent fortement d’oxygène. Le glioblastome est la tumeur cérébrale la plus agressive chez l’adulte. Les cellules cancéreuses ont une grande capacité à se propager dans le cerveau et résistent souvent aux traitements actuels. Ce projet de recherche vise à mieux comprendre un mécanisme biologique qui pourrait jouer un rôle important dans la progression de cette tumeur et dans la manière dont le système immunitaire réagit face au cancer. Des travaux récents suggèrent que ce mécanisme peut aider la tumeur à se protéger du système immunitaire, ce qui limite l’efficacité de certaines thérapies. À l’inverse, bloquer ce mécanisme pourrait permettre de réactiver les défenses immunitaires contre la tumeur. Cela pourrait aussi améliorer l’architecture vasculaire tumorale, souvent anarchique, et ainsi optimiser la distribution des traitements. Dans ce projet, nous souhaitons d’abord comprendre comment ce mécanisme influence la capacité des cellules cancéreuses à envahir le tissu cérébral sain. Nous voulons également évaluer s’il pourrait représenter une nouvelle piste thérapeutique. Pour cela, nous testerons un traitement expérimental visant à bloquer ce mécanisme afin d’observer son effet sur la croissance de la tumeur et sur l’efficacité des immunothérapies. L’objectif final est d’améliorer les traitements disponibles contre ce cancer particulièrement difficile à soigner.
Bénéfices attendus
Grace à cette étude, nous pourrons tester l'impact d’un traitement test sur la progression du cancer afin d'améliorer le traitement des patients. Nous souhaitons montrer une augmentation du temps de survie lorsque les animaux sont traités avec le traitement test, pouvant être amené, selon les résultats, à des essais cliniques. Dans le cas où les résultats de ces expériences sont probants, ils feront l’objet de publications scientifiques dans les prochaines années (3 à 5 ans).
Procédures
Une partie des animaux sera soumise à 5 injections sur une semaine, puis 3 la semaine d’après (moins d’une minute par souris). Les animaux seront soumis à une intervention chirurgicale sous anesthésie (environ 30 min). Injection d'un agent chimiothérapeutique (1 par jour, 5 jours par semaines jusqu’à ce que l’animal arrive à son point limite, moins d’une minute par souris). Injections de traitement(s) test(s) 1 à 5 fois par semaine (jusqu’à ce que l’animal arrive à son point limite, moins d'une minute par souris). Suivi de la tumeur 3 fois par semaine à l’aide d’un microscope sous anesthésie (environ 2 heures, jusqu’à ce que l’animal arrive à son point limite).
Impact sur les animaux
Le développement de tumeurs dans le cerveau peut entraîner une souffrance chez les souris. Celle-ci peut se manifester par une diminution de l’appétit, une perte de poids et l’apparition de troubles neurologiques tels que des difficultés à se déplacer ou une désorientation. Ces effets peuvent apparaître progressivement et persister tout au long de l’étude. Les différentes anesthésies nécessaires aux procédures expérimentales peuvent provoquer un stress temporaire chez les animaux, ainsi qu’un refroidissement du corps, une respiration ralentie et un réveil plus lent après l’intervention. Ces effets sont généralement transitoires et de courte durée. Les interventions chirurgicales entraînent des douleurs après l’opération, principalement durant les premières 24 à 48 heures. Les traitements administrés par différentes voies (injection ou administration par voie orale) peuvent occasionner un inconfort passager, une douleur locale, une irritation au point d’administration ou un stress lié à la manipulation répétée des animaux. Dans de rares cas, l’administration par voie orale peut entraîner des difficultés respiratoires accidentelles. Certains traitements peuvent également provoquer des effets indésirables généraux, comme une fatigue, une baisse d’activité ou une perte de poids, en fonction de la nature et de la dose du traitement utilisé. Les séances de suivi par imagerie, bien que non douloureuses, nécessitent une manipulation de l’animal pouvant être source de stress léger pendant quelques minutes. Enfin, les souris Rag gamma utilisées dans ce projet présentent un déficit du système immunitaire. Cette particularité les rend plus sensibles aux infections et au stress, même dans des conditions normales d’hébergement. Elles nécessitent donc un environnement très contrôlé afin de limiter ces risques tout au long de leur vie.
Devenir
L’analyse tumorale nécessite un prélèvement cérébral réalisé post-mortem. Tous les animaux implantés développant la tumeur attendue, chacun sera mis à mort au moment prévu pour procéder au prélèvement du cerveau conformément aux dispositions réglementaires.
Remplacement
Des études précédents réalisés en laboratoire ont montré que l'environnement qui entoure la tumeur joue un rôle essentiel dans son développement. Cet environnement comprend notamment les cellules voisines, les vaisseaux sanguins et les substances présentes autour de la tumeur. Même si certains modèles expérimentaux réalisés en dehors de l'animal permettent de reproduire partiellement cet environnement, ils ne peuvent pas refléter fidèlement ce qui se passe dans un organisme vivant. En particulier, ils ne reproduisent pas l'organisation en trois dimensions du cerveau, la circulation du sang ni les interactions complexes entre les différentes cellules. L'implantation de tumeurs chez la souris est donc nécessaire pour étudier la maladie dans des conditions proches de la réalité biologique, en tenant compte du fonctionnement global de l'organisme. De plus, les conditions de traitement utilisées chez les patients ne peuvent pas être reproduites de manière fiable uniquement en laboratoire, ce qui rend l'utilisation d'un modèle animal indispensable pour cette étude.
Réduction
Les études statistiques seront réalisées afin de réduire le nombre d'animaux, le nombre minimal de souris par groupe pour atteindre de bons résultats statistiques correspond à 10 souris par groupe. Enfin, femelles et mâles seront utilisés. Par ailleurs, nos modèles murins de tumeurs se développent de manière très reproductible, gage d’utilisation de moins d’animaux pour nos expériences. Dans certaines expériences, nous utilisons des souris spécialement modifiées pour rendre les vaisseaux sanguins visibles grâce à un signal fluorescent. Cette caractéristique permet d’observer directement la tumeur et son environnement à l’aide de techniques de microscopie avancées. Grâce à cette approche, il est possible de suivre l’évolution de la tumeur chez un même animal au fil du temps. Les observations répétées sur un même individu permettent ainsi de recueillir plus d’informations tout en réduisant le nombre total d’animaux nécessaires à l’étude. Cette stratégie contribue à limiter l’utilisation des animaux, conformément au principe de réduction, tout en améliorant la qualité et la fiabilité des résultats obtenus.
Raffinement
Dans le cadre de ce projet, les animaux sont maintenus dans des conditions sanitaires strictement contrôlées : hébergement en environnement protégé, manipulations réalisées dans des conditions stériles et suivi régulier de leur état de santé. Ces mesures permettent de prévenir l’apparition de problèmes liés à leur fragilité immunitaire. Les prises de traitements sont rapides. Les animaux sont replacés dans leurs cages avec leurs congénères en suivant. Des analgésiques sont donnés en amont de la chirurgie. Les animaux ont du gel oculaire tout au long de l'opération afin de réduire la sécheresse oculaire. La chirurgie, les sessions d’imagerie et le réveil se font sur tapis chauffant. Pour le suivi par imagerie, les souris seront anesthésiées et maintenues sous anesthésie dans une boîte d’imagerie. Les souris seront réchauffées grâce à une plaque chauffante à 37°C placée dans l’imageur. Des points limites prédéfinis, des soins conservatoires adaptés et un arbre décisionnel validé par l’animalerie et le comité d’éthique sont appliqués pour garantir le bien-être des animaux.
Choix des espèces
La souris a été choisie comme modèle expérimental car elle permet l’étude du glioblastome dans un environnement présentant une organisation cérébrale, une vascularisation et un microenvironnement tumoral comparables à ceux de l’homme. Ceux-ci sont indispensables à la compréhension des mécanismes tumoraux étudiés, et pour lesquels aucune méthode alternative ne permet actuellement un remplacement complet. L’utilisation de cellules humaines nécessite des souris immunodéprimées afin éviter un rejet de greffe, de plus les tumeurs se développent de manière très reproductible dans ce modèle, gage d’utilisation de moins d’animaux pour nos expériences. Nous utiliserons également des lignées de souris possédant un système immunitaire fonctionnel mais modifiées pour rendre les vaisseaux sanguins visibles grâce à un signal fluorescent. Cela permet d’observer directement la tumeur et son environnement, notamment la circulation sanguine, au cours du temps. Les expériences sont menées des animaux âgés de 7 a 12 semaines. Ce stade correspond à de jeunes adultes présentant une physiologie stable et une croissance tumorale optimale. Les procédures pouvant s’étaler sur plusieurs mois, l’utilisation d’animaux jeunes permet d’éviter les effets confondants liés au vieillissement, tels que la fragilisation générale ou la mortalité non liée au protocole.