Les questions parlementaires
Maintien du recours contre la directive 2003/15/CE
expérimentation animale
Question écrite n° 33982, Assemblée nationale, 17 février 2004
Le résumé de l'OXA
Le député demande au Gouvernement s'il maintient le recours contre la directive 2003/15/CE, et quelles dispositions il prend pour développer les méthodes non animales.
2 demandes : réponse partielle à 2.
Si le Gouvernement entend maintenir le recours contre la directive 2003/15/CE.
Réponse partielle La réponse défend le recours sans dire s'il sera maintenu : il viserait à lever une insécurité juridique sur l'usage des données d'essais exigées par d'autres réglementations.
Les dispositions prises pour développer les méthodes non animales.
Réponse partielle La réponse cite quatre méthodes in vitro validées à l'OCDE après des travaux européens, et renvoie la recherche au programme-cadre communautaire ; aucune disposition française.
La fiche
Thèmes : cosmétiques, droit européen, méthodes sans animaux
- Auteur
- M. Antoine Herth (Union pour un Mouvement Populaire, Bas-Rhin (5e circonscription))
- Ministère interrogé
- industrie
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 17 février 2004
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 8 mars 2005
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 33982 de M. Antoine Herth, Assemblée nationale, JO du 17 février 2004)
M. Antoine Herth souhaite attirer l'attention de Mme la ministre déléguée à l'industrie sur le recours qu'a déposé le gouvernement français à l'encontre de la Commission européenne à propos de la directive 2003/15/CE qui interdit, à partir de 2009, les tests et la vente des produits cosmétiques testés sur les animaux. Certes, le recours à l'expérimentation animale a été incontournable et contribuait à faire progresser les connaissances médicales ou vétérinaires. Cependant, aujourd'hui, il est possible d'utiliser d'autres méthodes d'évaluation ; certaines ont été validées par l'Union européenne et des milliers de composants connus, déjà utilisés en cosmétologie, ne nécessitent plus d'expériences sur les animaux. Elles permettraient de mettre un terme à ce type d'expérimentation, d'autant plus que ces méthodes de remplacement, modernes et fiables, peuvent évaluer de manière plus sûre les risques toniques à court, moyen et long termes. Il aimerait savoir si le Gouvernement a l'intention de maintenir le recours concernant la septième révision de la directive sur les cosmétiques. Il souhaiterait également connaître les dispositions prises pour développer les méthodes alternatives existant à l'expérimentation animale.
La réponse
(Réponse du ministère : industrie, JO du 8 mars 2005)
La directive communautaire 2003/15/CE du 27 février 2003 modifie la directive 76/768/CEE concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux produits cosmétiques. Entre autres, de façon schématique, cette directive interdit dans des délais fixés la mise sur le marché de produits cosmétiques contenant des ingrédients ayant fait l'objet d'une expérimentation animale. Le recours en annulation de cette directive déposé par la France devant la Cour de justice des Communautés européennes a pour but de lever l'insécurité juridique liée à l'application de cette interdiction. La directive n'est en effet pas suffisamment explicite sur la possibilité ou non d'utiliser dans l'industrie cosmétique des informations et résultats obtenus par des expérimentations animales requises en application d'autres réglementations mises en place afin d'assurer la sécurité sanitaire du consommateur. Toute interprétation différente selon les États membres de l'Union européenne nuirait à l'objectif initial de rapprochement des législations. Ainsi, le considérant 12 de la directive 2003/15/CE fait explicitement référence à la directive 67/548/CEE portant sur la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses. Or, cette directive implique des essais sur animaux. De même, la décision de la Commission 96/335/CE du 8 mai 1996 porte établissement d'un inventaire et d'une nomenclature commune des ingrédients employés dans les produits cosmétiques. Cet inventaire, évolutif, comprend près de 8 000 ingrédients dont certains, matières premières parfumantes et aromatiques ainsi que substances chimiques, relèvent également de la directive 67/548/CEE précédemment citée. Le recours déposé a donc pour objectif de faire préciser l'articulation des différentes réglementations afin qu'elles soient appliquées de la même façon dans l'ensemble de l'Union européenne. Par ailleurs, la directive 2003/15/CE reconnaît la nécessité de disposer de délais pour l'application des interdictions des expérimentations animales. L'ampleur des recherches nécessaires au développement de méthodes alternatives validées nécessite des délais et dépasse par ailleurs le cadre national. L'organisation de coopération et de développement économiques a validé quatre méthodes in vitro destinées à remplacer des tests sur les animaux, dont trois permettent d'évaluer la corrosion des produits chimiques sur la peau et une permet de déterminer la phototoxicité des substances. Ces résultats sont le fruit des travaux du centre européen de validation des méthodes alternatives et du centre commun de recherche. Compte tenu du calendrier imposé par la directive, les efforts pour soutenir la recherche doivent être poursuivis, notamment dans le cadre du programme cadre de recherche et développement mis en oeuvre au plan communautaire, comme le neuvième considérant de la directive 2003/15/CE l'implique.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La France a déposé devant la Cour de justice des Communautés européennes un recours en annulation de la directive 2003/15/CE.
- La directive 2003/15/CE du 27 février 2003, qui modifie la directive 76/768/CEE, interdit dans des délais fixés la mise sur le marché de cosmétiques contenant des ingrédients testés sur animaux.
- Le considérant 12 de la directive 2003/15/CE renvoie à la directive 67/548/CEE sur la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses, qui implique des essais sur animaux.
- La décision 96/335/CE du 8 mai 1996 établit un inventaire des ingrédients employés dans les produits cosmétiques, qui en compte près de 8 000.
- L'OCDE a validé quatre méthodes in vitro, trois sur la corrosion cutanée des produits chimiques et une sur la phototoxicité, issues des travaux de l'ECVAM et du Centre commun de recherche.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 2003/15/CE du 27 février 2003, considérants 9 et 12 texte juridique
- Directive 76/768/CEE relative aux produits cosmétiques texte juridique
- Directive 67/548/CEE sur la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses texte juridique
- Décision de la Commission 96/335/CE du 8 mai 1996 texte juridique
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
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Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).