Les questions parlementaires
Recours contre la directive 2003/15/CE, Balkany
expérimentation animale
Question écrite n° 35388, Assemblée nationale, 9 mars 2004
Le résumé de l'OXA
Le député demande à la ministre de l'industrie un programme national pour les méthodes non animales et le retrait du recours contre la directive 2003/15/CE.
2 demandes : réponse partielle à 2.
La mise en place d'un programme national de développement et de validation des méthodes substitutives.
Réponse partielle La réponse ne parle d'aucun programme national ; elle dit seulement que les recherches dépassent le cadre national et que la Commission doit préciser ses moyens.
Le retrait du recours de la France contre la directive 2003/15/CE.
Réponse partielle La réponse défend le recours sans dire s'il sera retiré.
La fiche
Thèmes : cosmétiques, droit européen, méthodes sans animaux
- Auteur
- M. Patrick Balkany (Non inscrit, Hauts-de-Seine (5e circonscription))
- Ministère interrogé
- industrie
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 9 mars 2004
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 8 juin 2004
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 35388 de M. Patrick Balkany, Assemblée nationale, JO du 9 mars 2004)
M. Patrick Balkany appelle l'attention de Mme la ministre déléguée à l'industrie sur la situation préoccupante concernant les tests sur animaux utilisés par l'industrie cosmétique française. Son ministère a déposé un recours à l'encontre de la Commission européenne à propos de la directive 2003/15/CE visant à interdire les tests et la vente des produits cosmétiques testés sur animaux à partir de 2009. Ce recours engagé par la France, alors même qu'un consensus avait été obtenu entre les différents pays européens après des années de travail, représente une menace de régression en matière de protection animale et de sécurité du consommateur. Il est possible d'utiliser d'autres méthodes d'évaluation, et de mettre un terme dès aujourd'hui à tous les tests cosmétiques, comme cela est déjà le cas en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, en utilisant les 8 000 ingrédients disponibles sur le marché. En outre, il semblerait que des laboratoires reclassent des tests à des fins cosmétiques en tests d'évaluation de la toxicité des produits chimiques, cela afin de contourner l'interdiction prévue par la directive 2003/15/CE et de rendre dérisoire la part d'animaux utilisés lors de ces tests cosmétiques très contestés. Aussi, il lui demande de bien vouloir envisager la mise en place d'un programme national de développement et de validation des méthodes substitutives et le retrait du recours engagé par la France auprès de la Cour européenne de justice concernant la septième révision de la directive sur les cosmétiques.
La réponse
(Réponse du ministère : industrie, JO du 8 juin 2004)
La directive communautaire 2003/15/CE du 27 février 2003 modifie la directive 76/768/CEE concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux produits cosmétiques. Entre autres, de façon schématique, cette directive interdit dans des délais fixés la mise sur le marché de produits cosmétiques contenant des ingrédients ayant fait l'objet d'une expérimentation animale. Le recours en annulation de cette directive déposé par la France devant la Cour de justice des Communautés européennes a pour but de lever l'insécurité juridique liée à l'application de cette interdiction. En effet, la directive n'est pas suffisamment explicite sur la possibilité ou non d'utiliser dans l'industrie cosmétique des informations et résultats obtenus par des expérimentations animales requises en application d'autres réglementations mises en place afin d'assurer la sécurité sanitaire du consommateur. Toute interprétation différente selon les États membres nuirait à l'objectif initial de rapprochement des législations. Ainsi, le considérant 12 de la directive 2003/15/CE fait explicitement référence à la directive 67/548/CEE portant sur la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses. Or, cette directive implique des essais sur animaux. De même, la décision de la Commission 96/335/CE du 8 mai 1996 porte établissement d'un inventaire et d'une nomenclature commune des ingrédients employés dans les produits cosmétiques. Cet inventaire, évolutif, comprend près de 8 000 ingrédients dont certains, matières premières parfumantes et aromatiques ainsi que substances chimiques, relèvent également de la directive 67/548/CEE citée ci-dessus. Le recours déposé a donc pour objectif de faire préciser l'articulation des différentes réglementations afin qu'elles soient appliquées de la même façon dans l'ensemble de l'Union européenne. Par ailleurs, la directive 2003/15/CE reconnaît la nécessité de disposer de délais pour l'application des interdictions des expérimentations animales. L'ampleur des recherches nécessaires au développement de méthodes alternatives validées nécessite des délais d'une part et dépasse le cadre national d'autre part. Compte tenu du calendrier imposé par la directive, ces efforts pour soutenir la recherche doivent effectivement être soutenus, et la Commission européenne doit préciser prochainement les moyens qu'elle entend mettre en oeuvre, par exemple au sein du 6e Programme cadre de recherche et développement (PCRD) et en termes de coordination des actions des différents États membres et acteurs économiques, comme le 9e considérant de la directive 2003/15/CE l'implique.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La directive 2003/15/CE du 27 février 2003, qui modifie la directive 76/768/CEE, interdit dans des délais fixés la mise sur le marché de cosmétiques contenant des ingrédients testés sur animaux.
- La France a déposé devant la Cour de justice des Communautés européennes un recours en annulation de la directive 2003/15/CE.
- Le considérant 12 de la directive 2003/15/CE renvoie à la directive 67/548/CEE sur la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses, qui implique des essais sur animaux.
- La décision 96/335/CE du 8 mai 1996 établit un inventaire des ingrédients employés dans les produits cosmétiques, qui en compte près de 8 000.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 2003/15/CE du 27 février 2003, considérants 9 et 12 texte juridique
- Directive 76/768/CEE relative aux produits cosmétiques texte juridique
- Directive 67/548/CEE sur la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses texte juridique
- Décision de la Commission 96/335/CE du 8 mai 1996 texte juridique
- Sixième programme-cadre de recherche et développement (PCRD) texte juridique
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Les questions liées
Les questions qui ont reçu la même réponse
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Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).