Les questions parlementaires

Objectif de 50 % et tests de produits chimiques

Utilisation d'animaux pour tester des produits chimiques

Question écrite E-3071/00, Parlement européen, 2 octobre 2000

Le résumé de l'OXA

Le député demande si la Commission atteindra son objectif de 50 % d'expériences en moins en 2000, si ces essais chimiques usent correctement des ressources, et quelles autres mesures.

3 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 1, aucune réponse à 1.

  1. La Commission pense-t-elle atteindre son objectif de réduire de 50 % le nombre des expériences en 2000.

    Aucune réponse La réponse ne mentionne pas cet objectif.

  2. Les essais sur des animaux proposés sont-ils une utilisation correcte des ressources.

    Réponse partielle La réponse défend les essais par la sécurité des produits et le manque de données, sans rien dire de leur coût ni des ressources : elle défend sans répondre.

  3. Les autres mesures envisagées.

    Réponse La réponse cite le recours aux méthodes non animales existantes et nouvelles, et des pistes à l'étude : extrapolation, échange de données entre entreprises, exigences allégées pour les substances à usage industriel.

La fiche

Thèmes : substances chimiques et toxicologie, statistiques, méthodes sans animaux

Auteur
Bill Miller (PSE)
Destinataire
Commission européenne
Date de la question
2 octobre 2000
Date de la réponse
24 novembre 2000
Statut
Réponse publiée
Référence du Journal officiel
JO C 163 E du 06/06/2001, p. 17
Sources

La question

(Question écrite E-3071/00 de Bill Miller, Parlement européen, 2 octobre 2000)

L'auteur de la présente question a été avisé que la direction générale compétente pour l'environnement élabore des plans pour tester sur des animaux d'anciens stocks de produits chimiques. Il croit savoir que les animaux concernés seraient au nombre de 3 à 10 millions.

Confrontés à des critiques continues, les États-Unis ont revu à la baisse le nombre des expériences proposées. La Commission elle-même s'est fixé pour objectif de réduire le nombre des expériences de 50 % en l'an 2000. Estime-t-elle pouvoir atteindre cet objectif?

Voit-elle dans les tests sur les animaux qui sont proposés une utilisation correcte des ressources?

Quelles autres mesures ont été envisagées?

La réponse

(Réponse donnée par Mme Wallström au nom de la Commission, 24 novembre 2000)

Les animaux de laboratoire tels que les rats, les souris, les oiseaux, les poissons ou les daphnies, ainsi que les micro-organismes, servent à tester les risques intrinsèques liés à des produits chimiques susceptibles de nuire à la santé humaine et à l'environnement. La connaissance de ces risques constitue la première étape d'une démarche visant à garantir une utilisation sûre des produits chimiques. Or, le citoyen européen s'attend justement à ce que les produits chimiques soient sûrs.

À l'heure actuelle, la plupart des produits chimiques commercialisés sur le marché communautaire sont ce que l'on appelle des substances existantes, ce qui signifie qu'ils ont été mis sur le marché pour la première fois avant 1981, et non qu'ils proviennent de stocks. Ces substances sont produites et commercialisées sans avoir été soumises à des tests d'un niveau équivalent à celui que la directive 67/548/CEE du Conseil du 27 juin 1967 concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives relatives à la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses(1) prescrit pour les substances dites nouvelles, c'est-à-dire celles dont la première mise sur le marché a eu lieu après 1981.

Une étude du Bureau européen des substances chimiques a montré que ce n'est que pour un petit nombre de substances existantes produites en grande quantité, que nous disposons du volume de données toxicologiques et écotoxicologiques exigé pour les nouvelles substances. Pour d'autres substances chimiques existantes, il n'existe aucune donnée.

Afin de garantir, que les substances existantes offrent un niveau de protection plus élevé, si possible équivalent à celui des nouvelles substances, il y a lieu, dès lors, d'améliorer sensiblement notre connaissance des substances existantes. Dans cette optique, il est essentiel de parvenir à un équilibre entre la protection de la santé humaine et de l'environnement, d'une part, et la protection des animaux de laboratoire, d'autre part.

La Commission ne ménagera aucun effort pour garantir que le nombre d'animaux utilisés est aussi bas que possible. Cet objectif pourra être atteint, en partie, en utilisant d'autres méthodes d'expérimentation existantes et en continuant à en élaborer de nouvelles. En effet, l'une des principales tâches du Centre commun de recherche de la Commission est de valider des méthodes de remplacement permettant de limiter les expérimentations animales, d'en préciser les modalités ou de les remplacer par d'autres modes d'expérimentation. Cela correspond aux exigences de la législation communautaire, en vertu de laquelle lorsque des méthodes équivalentes peuvent être utilisées, il y a lieu de choisir celle utilisant le moins d'animaux.

D'autres méthodes sont à l'étude, comme collecter des données complémentaires, procéder à des extrapolations à partir de données existantes concernant des substances similaires, encourager les échanges de données entre entreprises, utiliser des résultats obtenus dans le cadre de programmes d'expérimentation non communautaires d'imposer des conditions d'essai moins strictes pour les substances utilisées exclusivement dans l'industrie et dans des conditions de contrôle strict de l'exposition.

Le livre blanc sur une future politique communautaire dans le domaine des produits chimiques, que la Commission devrait adopter avant la fin de cette année, précisera comment nous pouvons améliorer nos connaissances sur les propriétés des produits chimiques afin de garantir qu'ils sont utilisés de manière sûre. Tant que les modalités de cette nouvelle stratégie ne sont pas arrêtées, il n'est pas possible d'indiquer approximativement combien d'animaux seront nécessaires pour satisfaire aux exigences concernant les tests des produits chimiques.

(1) JO B 196 du 16.8.1967.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • Des animaux de laboratoire tels que rats, souris, oiseaux, poissons ou daphnies, ainsi que des micro-organismes, servent à tester les risques intrinsèques des produits chimiques.
  • Les substances existantes, mises sur le marché pour la première fois avant 1981, n'ont pas été soumises à des tests d'un niveau équivalent à ceux que la directive 67/548/CEE prescrit pour les substances nouvelles.
  • Selon une étude du Bureau européen des substances chimiques, les données exigées pour les nouvelles substances ne sont disponibles que pour un petit nombre de substances existantes produites en grande quantité.
  • Valider des méthodes de remplacement est l'une des principales tâches du Centre commun de recherche de la Commission.
  • La législation communautaire impose, entre méthodes équivalentes, de choisir celle qui utilise le moins d'animaux.
  • La Commission prévoit d'adopter avant la fin de l'année son livre blanc sur une future politique communautaire dans le domaine des produits chimiques.

Le détail de l'analyse

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Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.