Les questions parlementaires
Lapins testés pour les exigences de pays tiers
Expérimentation animale: essais menés en rapport avec des pays tiers
Question écrite E-002505/2020, Parlement européen, 24 avril 2020
Le résumé de l'OXA
Des députés demandent à la Commission si des essais sur des lapins exigés par des pays tiers avaient une méthode non animale reconnue, pourquoi, et comment l'empêcher.
3 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 2.
Si des essais sur des lapins pour des pays tiers étaient des essais de pyrogénicité, d'irritation cutanée ou oculaire, qui ont des méthodes non animales dans l'Union.
Réponse Pour 2017 : 9 703 essais d'apyrogénéicité, 108 d'irritation ou corrosion oculaire et 483 d'irritation ou corrosion cutanée, sur 20 686 essais sur des lapins.
Pourquoi des animaux sont utilisés pour la législation de pays tiers quand une méthode reconnue par l'Union existe.
Réponse partielle La réponse invoque les limites des méthodes de substitution et des résultats non concluants, qui "peuvent expliquer, en partie" ces essais ; elle ne dit rien des exigences des pays tiers eux-mêmes.
Ce que la Commission fait pour empêcher cette pratique.
Réponse partielle Rappels aux États, orientations, collaboration encouragée et justification exigée par l'ECHA, sans mesure propre aux essais pour pays tiers ; l'application est renvoyée aux États.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, statistiques, droit européen · Espèce : lapins
- Auteurs
- Francisco Guerreiro (Verts/ALE)
- Eleonora Evi (NI)
- Anja Hazekamp (GUE/NGL)
- David Cormand (Verts/ALE)
- Pascal Durand (Renew)
- Sirpa Pietikäinen (PPE)
- Tilly Metz (Verts/ALE)
- Petras Auštrevičius (Renew)
- Sylwia Spurek (Verts/ALE)
- Destinataire
- Commission européenne
- Date de la question
- 24 avril 2020
- Date de la réponse
- 16 juillet 2020
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite E-002505/2020 de Francisco Guerreiro et 8 autres députés, Parlement européen, 24 avril 2020)
Il ressort du rapport 2019 sur les statistiques concernant l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques dans les États membres de l’Union européenne entre 2015 et 2017, publié le 5 février 2020, qu’un total de 82 895 essais ont été menés pour satisfaire aux exigences réglementaires de pays tiers, dont 20 868 essais sur des lapins (20 % de l’ensemble des essais réglementaires pendant cette période ont été menés sur des lapins), 5 180 sur des cochons d’Inde, 46 sur des chiens et 45 sur des primates.
La Commission pourrait-elle confirmer si certains des essais menés sur des lapins étaient des essais de pyrogénicité, d’irritation cutanée ou oculaire, pour lesquels il existe dans l’Union des solutions ne faisant pas appel aux animaux?
La Commission pourrait-elle expliquer pourquoi des animaux sont utilisés afin de satisfaire à la législation de pays tiers lorsqu’il existe une autre méthode reconnue par la législation de l’Union et ce qu’elle fait pour empêcher cette pratique?
La réponse
(Réponse donnée par M. Sinkevičius au nom de la Commission européenne, 16 juillet 2020)
Sur les 20 686 essais menés sur des lapins en 2017 pour répondre aux exigences réglementaires de pays tiers, 9 703 concernaient des essais d’apyrogénéicité, 108 des essais d’irritation/de corrosion oculaire et 483 des essais d’irritation/corrosion cutanée.
La directive 2010/63/UE[1] ne fait pas de distinction entre les essais destinés à satisfaire aux exigences réglementaires de l’UE et à celles de pays tiers. Dès lors qu’une méthode/stratégie d’essai permettant d’obtenir les informations nécessaires sans utiliser d’animaux vivants est reconnue en vertu de la législation de l’Union, il n’est plus possible de recourir à une méthode prévoyant l’utilisation d’animaux. La directive a été transposée en droit national et les États membres sont responsables de son application.
Dans certains cas, notamment pour les essais relatifs à l’irritation/la corrosion oculaire/cutanée, les méthodes de substitution ont leurs limites quant aux effets qu’elles peuvent prévoir, ce qui les rend inadaptées pour certaines substances ou applications. Les résultats de certains essais oculaires peuvent ne pas être concluants et nécessiter une étude de confirmation in vivo et, dans certains domaines de réglementation (par exemple, pour les dispositifs médicaux), les essais sur des animaux restent indispensables. En ce qui concerne les produits biologiques, la méthode de substitution doit être validée spécifiquement pour chaque produit avant de pouvoir être utilisée à des fins réglementaires. C’est le cas pour les essais d’apyrogénéicité in vitro.
Les limites mentionnées peuvent expliquer, en partie, que l’on continue d’utiliser des animaux dans ces domaines.
La Commission ne cesse de rappeler leurs obligations légales aux États membres. Des orientations complémentaires ont été publiées et la collaboration entre les autorités de réglementation est encouragée. Certains États membres prennent des mesures spécifiques pour améliorer la situation. La Commission a également abordé ce sujet avec l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) qui, dans le cadre des essais effectués en vertu du règlement concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances[2], exige que l’utilisation d’animaux soit justifiée lors du contrôle du caractère complet du dossier relatif à l’enregistrement de produits chimiques.
[1] Directive 2010/63/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques (JO L 276 du 20.10.2010, p. 33, article 13, paragraphe 1).
[2] Règlement (CE) n° 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH) (JO L 396 du 30.12.2006).
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- En 2017, 20 686 essais sur des lapins pour des exigences de pays tiers, dont 9 703 d'apyrogénéicité, 108 d'irritation ou corrosion oculaire et 483 d'irritation ou corrosion cutanée.
- La directive 2010/63/UE ne distingue pas les exigences de l'Union et celles des pays tiers ; une méthode sans animaux vivants reconnue par la législation de l'Union exclut la méthode animale (article 13, paragraphe 1).
- Pour les produits biologiques, une méthode de substitution doit être validée pour chaque produit avant d'être utilisée à des fins réglementaires ; c'est le cas des essais d'apyrogénéicité in vitro.
- Pour les essais au titre du règlement (CE) n° 1907/2006 (REACH), l'ECHA exige que l'utilisation d'animaux soit justifiée au contrôle de complétude des dossiers d'enregistrement de produits chimiques.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 2010/63/UE, article 13, paragraphe 1 texte juridique
- Règlement (CE) n° 1907/2006 (REACH) texte juridique
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
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Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).
Les statistiques françaises et européennes comptent des utilisations d'animaux dans des procédures : un animal réutilisé dans une nouvelle procédure compte une fois de plus. La directive européenne appelle procédure toute utilisation d'un animal à des fins scientifiques ou éducatives "susceptible de causer à cet animal une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille". Les réutilisations restent rares : faute de mieux, le nombre d'utilisations donne une idée du nombre d'animaux.