
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-11-29 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-003614)
832 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles reçoivent une greffe de cellules cancéreuses par injection sous-cutanée ou par chirurgie intra-rénale, puis un traitement quotidien pendant trois semaines par voie orale ou intrapéritonéale, pour tester une combinaison thérapeutique contre le cancer du rein. Le porteur indique une masse tumorale, une possible perte de poids et une déshydratation après chirurgie, et renvoie les bénéfices pour les patients au conditionnel et au long terme. Il affirme que la culture cellulaire ne renseigne pas sur un « organisme complexe vivant » et que le recours à la souris est le « seul moyen » de répondre à ses questions.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
On estime à 13 000 le nombre de nouveaux cas de cancer du rein en 2015 en France. Le cancer du rein représente environ 3 % de l’ensemble des cancers. L’âge moyen au moment du diagnostic est 65 ans. Il est classé 14e cancer le plus fréquent chez la femme et 9e chez l’homme. La chirurgie est le traitement de référence, les traitements par chimiothérapies, ainsi que la radiothérapie peuvent être réalisés mais les cellules cancéreuses du rein sont généralement résistantes à ces traitements. C’est pourquoi il est important de trouver de nouveaux traitements. Nous avons identifié des nouvelles cibles impliquées dans la résistance à la chimothérapie. Nous souhaitons démontrer in vitro et in vivo qu’un inhibiteur de ces cibles, déjà utilisé en clinique, en combinaison avec la chimiothérapie présenterait un effet anti-tumoral synergique en favorisant l’apoptose mais aussi en stimulant l’immunité antitumorale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Si notre nouveau traitement est efficace nous devrions observer une diminution de la taille de la tumeur chez les souris traitées, voire même une disparition complète de la tumeur. Les résultats de ce projet permettront de mieux comprendre les mécanismes de résistances aux traitements au cancer du rein. A terme ce projet permettra de proposer une nouvelle ligne de traitement du cancer du rein et ainsi augmentera les chances de survie des patients atteints de ce cancer.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront soumise à une greffe de cellules par injection sous cutanée (20 secondes /souris y compris contention) ou intra-rénal avec chirurgie (20min/ souris y compris anesthésie). Elles seront traitées quotidiennement pendant 3 semaines par voie orale (10 secondes /souris y compris contention) ou par injection intrapéritonéale (5 secondes /souris y compris contention) avec une chimithérapie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances attendues sur les animaux sont la présence d’une masse tumorale, une possible perte de poids (mais pas obligatoire) d’une fatigue et d’une déshydratation suite à la chirurgie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de l’expérience tous les animaux sont tous euthanasiés car ils ne peuvent pas rentrer dans une nouvelle procédure et un prélèvement de la tumeur résiduelle est nécessaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’alternative possible à l’utilisation d’animaux est l’utilisation de cellules en culture. Cependant cette alternative ne permet pas de connaitre les effets de nos traitements sur un organisme complexe vivant, ni de déterminer le rôle du système immunitaire dans le traitement du cancer, ni de mimer la pathologie existante chez l’Homme. Ainsi l’utilisation d’animaux est le seul moyen de répondre aux questions scientifiques de notre projet sur le cancer du rein.
2. Réduction
Les biostatisticiens nous conseillent de travailler avec 10 animaux. Ce nombre d’animaux par groupe ne doit pas être vue comme une augmentation de la quantité d’animaux nécessaires, mais au contraire comme une réduction, les données statistiques seront plus solides, et donc il n’y aura pas la nécessité de reproduire l’expérience. Pour analyser l’effet des différents traitements sur la croissance tumorale, il y aura 2 étapes d’analyse : la croissance tumorale et l’analyse de la survie.
3. Raffinement
Les mesures destinées à réduire la contrainte, la souffrance et l’angoisse des animaux prévues dans le cadre de notre expérimentation sont: la présence de coton ou « petites maisons » afin de créer un enrichissement de l’hébergement pour limiter les bagares liées aux problèmes de dominances, les souris seront hébergées en zone SOPF, cette zone permet au statut dommageable de ne pas apparaitre. Les mesures destinées à réduire la douleur mises en place sont : un suivit quotidien afin de surveiller l’état général des animaux, une anesthésie par inhalation d’isoflurane sera nécessaire lors de la greffe orthotopique, si la souris est déshydratée, nous réalisons une injection sous cutanée de NaCl, pour gérer la douleur, nous utilisons des analgésiques : buprenorphine 0,05 à 0,1 mg/Kg deux fois par jour en cas de signe de douleur jusqu’à une durée de 5 jours max en sous cutanée (volume injecté 5 ml/Kg), en cas de perte de ou de difficultés à se nourrir, nous ajouterons de la nourriture gélifiée, en cas de baisures liées à des « bagarres » entre les animaux nous désinfecterons avec Bétadine+Dakin et nous observerons cette souris quotidiennement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont le meilleur modèle représentatif de l’homme pour ce type d’expérience, et le moins onéreux. Nous utiliserons des souris immunocompétentes (fond génétique BALB/c) pour greffer des cellules de cancer du rein murines et des souris immunodéprimées (fond génétiques Nude ou NSG) pour les greffes de cellules tumorales humaines. Les animaux utilisés seront les mâles et femelles adultes (>6 semaines) car le cancer du rein étudié est présent chez l’adulte.