
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-03-29 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-014835)
Une chirurgie abdominale de dix minutes sous anesthésie, puis, selon les études, jusqu’à quatorze injections ou vingt-huit administrations par la bouche des molécules testées, enfin un prélèvement de 500 µL de sang derrière l’œil juste avant la mise à mort : 1 800 rongeurs, 1 350 souris et 450 rats, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Le projet teste des molécules anti-inflammatoires sur une endométriose induite par administration de LPS, dont la mise en place provoque, selon le porteur, des « douleurs inflammatoires » liées à la maladie et à la chirurgie, repérées aux expressions faciales des souris et des rats. En cas de signes de souffrance, la buprénorphine « pourra être administrée » à partir d’un score cumulé de 2, et la mise à mort intervient à 4, ou dès que l’un des scores atteint 2. Les souris et les rats qui n’atteignent aucun point limite sont tués entre 24 heures et 14 jours après l’induction de la maladie, selon la molécule, pour prélever organes et tissus.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’endométriose est une maladie caractérisée par la présence anormale de tissu utérin en dehors de la cavité utérine pour laquelle il n’existe aucun traitement aujourd’hui. Cette anomalie engendre des lésions composées de cellules qui possèdent les mêmes caractéristiques que celles de la muqueuse utérine (l’endomètre) et se comportent comme elles sous l’influence des hormones ovariennes. Il s’agit d’une maladie gynécologique fréquente, retrouvée chez 10% des femmes. Les symptômes induits par l’endométriose sont le plus souvent des douleurs et une infertilité. Un examen clinique et échographique, voire par IRM, permet de détecter une endométriose, même si le diagnostic définitif doit passer par l’analyse du tissu endométrial prélevé au cours d’une chirurgie. Une endométriose asymptomatique, non douloureuse et qui ne pose pas de problèmes de fertilité n’est en général pas détectée et donc pas traitée. Dans un cas d’une endométriose douloureuse, un traitement hormonal sera proposé en première intention destiné à supprimer les règles (contraceptifs œstroprogestatifs monophasiques en continu, progestatifs, danazol ou analogues de la GnRH (gonadotropin releasing hormone)). Ce traitement réduit les douleurs liées à la réponse hormonale des lésions d’endométriose et peut permettre de stabiliser les lésions, voire de diminuer légèrement leur volume. Dans certains cas où le traitement hormonal n’est pas suffisant, un traitement qui provoque une ménopause artificielle peut-être mis en place (injection d’analogue de la LHRH (luteinizing hormone-releasing hormone); hormone destinée à stopper la production d’oestrogènes). Lorsqu’il y a échec du traitement médical (persistance des lésions et/ou nombreux effets indésirables), la chirurgie reste le seul traitement permettant l’élimination des lésions associées à l’endométriose de façon ponctuelle permettant ainsi à la patiente d’envisager une grossesse. Aucun traitement (hormonal ou chirurgical) ne permet à ce jour de guérir de l’endométriose. Il est donc urgent d’identifier des candidats médicaments efficaces et avec peu d’effets indésirables. Ce projet a pour but de tester des nouvelles molécules à visées thérapeutiques (à caractère anti-inflammatoire) dans un modèle in vivo d’endométriose induite par administration de LPS (lipopolysaccharides) (Xiaofei Ma ,et al. 2021). Le projet pourra comporter jusqu’à 20 études (5 études rat + 15 études souris), inculant au maximum 90 animaux, soit 1800 animaux au total.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’inflammation joue un rôle prépondérant dans la progression de l’endométriose. Une augmentation de la production de prostaglandines, de certaines cytokines pro-inflammatoires et de facteurs de croissance susceptibles d’induire inflammation, néo-angiogenèse et prolifération d’implants endométriosiques dans la cavité péritonéale, a été observée chez des femmes présentant une endométriose. Ces processus inflammatoires sont largement responsables de l’apparition des douleurs. A ce jour, aucune molécule anti – inflammatoire spécifiquement indiquée dans le traitement de l’endométriose n’est proposée. Les traitements actuellement proposés sont destinés à soulager les douleurs incluant notamment, des antalgiques, des antispasmodiques, des AINS, des traitements hormonaux (progestatifs et œstroprogestatifs) qui vont interrompre le cycle ovulatoire responsable des poussées douloureuses. Ce projet a pour but d’étudier l’effet de nouvelles molécules à caractère anti-inflammatoire dans un modèle d’endométriose induit par administration de LPS. Afin de déterminer si une molécule candidat a un potentiel dans ce modèle, plusieurs prélèvements d’organes/tissus seront ensuite effectués pour des dosages immunologiques, analyses histologiques, extraction d’ARN. Ces différents dosages et quantifications vont permettre de valider le modèle ainsi que l’analyse de l’efficacité des différentes molécules testées.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une seule chirurgie abdominale sous anesthésie générale (par injection intrapéritonéale de xylazine/kétamine + une injection sous cutanée de lidocaine) ou sous isoflurane (+ une injection sous-cutanée de buprénorphine + une injection sous cutanée de lidocaine). Le temps des injections est de 3 secondes/injection. La chirurgie dure 10 minutes par animaux. Les animaux se réveillent 45 minutes après la chirurgie dans le cas d’une anesthésie générale par injection de xylasine/kétamine ou dans le cas d’une chirurgie sous isoflurane, les animaux se réveillent environ 5 minutes après avoir retiré l’isoflurane. Un prélèvement de sang rétro orbital (500μL, durée du prélèvement 30 secondes) sous isoflurane (2-3%) sera effectuée une seule fois juste avant la mise à mort. En ce qui concerne les traitements (voie d’administration variable en fonction des études): -Administration Intra-péritonéale: 1 fois par jour maximum, nombre maximal d’injection durant l’étude: entre 1 et 14 administrations, durée : 3 secondes/injection -Administration intra -veineuse: Nombre d’administration: 2/semaine espacé de 2 jours, nombre maximal d’injection durant l’étude: entre 1 et 4 administration, durée : 3 secondes/injection -Administration orale: 1 à 2 fois par jour maximum, nombre maximal d’injection durant l’étude: entre 1 et 28 administrations, durée : 3 secondes/administration -Administration sous-cutanée: 1 fois par jour maximum, nombre maximal d’injection durant l’étude: entre 1 et 14 administrations, durée : 3 secondes/injection -Administration Intra-nasale ou intra-trachéale: 1 fois par jour maximum, nombre maximal d’injection durant l’étude: entre 1 et 14 administrations, durée : 3 secondes/administration
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’animal utilisé est la souris (C57BL/6 ou BALB/c) ou le rat (WISTAR ou SPRAGUE DAWLEY). Ce modèle induit des douleurs inflammatoires à l’animal liées au développement de la pathologie ainsi qu’à la chirurgie. Les animaux sont suivis quotidiennement pendant la durée de l’expérimentation. La douleur utilise les expressions faciales chez la souris (Langford, 2010): – Rétrécissement des orbites oculaires et yeux mi-clos, – Renflement du nez – Renflement des joues – Positionnement des oreilles vers l’arrière – Changement de position des vibrisses qui peuvent être regroupées vers l’arrière ou hérissées en avant. Chez le rat, les quatre expressions faciales caractérisant la douleur ayant été retenues sont : – Rétrécissement des orbites oculaires avec paupières mi-closes à fermées, – Aplanissement du nez et des joues avec éventuellement disparition de la ridule entre le nez et les joues, – Changement de position des oreilles qui s’orientent vers les côtés ou en arrière ce qui peut entraîner une augmentation de l’espace entre les oreilles, – Changement de position des vibrisses qui ont tendance à se regrouper. Outre ces expressions faciales, la douleur pourra générer une perte de poids qui sera suivi quotidiennement et retranscrite par un score défini dans la grille de scores du suivi journalier. Ces études permettront d’étudier l’efficacité in vivo des molécules testées sur le développement de la maladie (signes cliniques) et l’inflammation de l’utérus.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux sont mis à mort à la fin de l’expérimentation.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Remplacement : Les études in vitro ne permettent pas l’étude des interactions systémiques (hormonales, inflammatoires ou immunitaires) intervenant dans la maladie. L’exploration des différentes fonctions physiologiques impliquées dans l’endométriose demande l’étude d’un organisme complet. De plus, il est observé chez les femmes de nombreuses variabilités individuelles. Il n’existe pas une mais des endométrioses, et travailler sur un organisme vivant permet d’introduire un peu de variabilité individuelle (dans la limite génétique) qui serait complètement inexistante dans les études in vitro.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Réduction : Le nombre d’animaux utilisé sera réduit au minimum nécessaire pour obtenir des résultats pertinents, reproductibles et statistiquement significatifs évitant ainsi de refaire plusieurs fois les mêmes expérimentations. Le test statistique utilisé sera un test de Kruskal-Wallis non paramétrique suivi par un post test de Dunns de comparaison multiple et un Two-way ANOVA suivi par un post-test de Dunnett de comparaison multiple pour les suivis de poids. Les analyses statistiques sont réalisées avec Graphpad Prism, V7.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La partie chirurgie sera effectuée sous anesthésie générale xylazine/kétamine et de la lidocaine sera administrée quelques minutes avant l’ouverture du plan cutané. Les animaux sont observés quotidiennement pour s’assurer du bien-être des animaux et détecter la douleur au moment de l’expérimentation. Si des animaux montrent des signes de souffrance (point limite décrit dans la Procédure), de la buprénorphine pourra être administrée (si score cumulé de 2 atteint) ou ils seront mis à mort (si score cumulé atteint 4 ou si un des scores atteint 2). Si aucun point limite n’est atteint, les animaux seront mis à mort entre 24h à 14 jours après induction de la maladie selon les études (Ce temps dépendra de la pharmacocinétique des molécules candidats). Les souris/rats seront hébergées dans des cages en portoir ventilé enrichies avec du Celuron. Elles auront un accès à l’eau et la nourriture ad libitum et un cycle jour/nuit 12h/12h pendant toute la durée de l’expérimentation. Des capsules de gel hydratant seront déposées dans les cages 24h avant la chirurgie afin de palier à la légère déshydratation des animaux (miction accrue car myorelaxation, pertes liées à la chirurgie, diminution de la prise hydrique) suite à la chirurgie. Elles seront retirées 24h après la chirurgie.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris (C57BL/6 ou BALB/c) ou le rat WISTAR est un animal pour lequel les outils génétiques, les anticorps spécifiques permettant la caractérisation des réponses immunitaires au niveau cellulaire/moléculaire sont les plus développés. De plus leur génome possède 99% de similitude avec le génome humain, ne présente aucun gène manquant/supplémentaire pouvant modifier l’intensité de l’inflammation obtenu. Au sein d’un même étude les animaux proviendront du même fournisseur afin de réduire les variabilités. L’utilisation de lignées consanguines permet de supprimer l’hétérogénéité génétique entre les individus étudiés, de réduire les fluctuations phénotypiques incontrôlées qui caractérisent les études effectuées sur des populations naturelles. Nous utiliserons des souches (C57BL/6 ou BALB/c pour la souris WISTAR pour le rat) mondialement utilisées, permettant une continuité et un moyen de comparaison unique. Les animaux sont utilisés au stade adulte (à partir de 8 semaines) afin de disposer d’organes avec un processus de développement terminé et dont le système immunitaire est mature (développement thymique achevé).