
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-089753)
Pour comparer la durée de la gestation entre deux lignées génétiquement modifiées, 128 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue. Les femelles gestantes passent deux échographies sous anesthésie gazeuse, restent isolées quatorze jours sous surveillance vidéo, puis reçoivent une injection intrapéritonéale d’anesthésique avant une ponction sanguine sous la mâchoire et l’ouverture de l’abdomen pour prélever les embryons et le liquide amniotique, juste avant leur mise à mort. Le porteur range parmi les effets attendus le stress lié à la manipulation et à l’isolement, ainsi qu’une douleur légère due aux anesthésies. Il affirme qu’aucun modèle alternatif ne permet d’étudier la durée de la gestation et ses déterminants génétiques.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les anomalies de la durée de la gestation compliquent plus d’un quart des grossesses dans l’espèce humaine. La prématurité est la première cause d’évènements indésirables et de mortalité périnatales dans les premières années de vie, et de handicaps dans la petite enfance. Le dépassement du terme est associé à une incidence accrue de morts-nés et de fragilité fœtale, ainsi qu’à un taux accru d’accouchements par césarienne qui sont associés à un risque plus élevé de complications médicales chez la mère. Chez la souris, les lignées de laboratoires présentent des différences de durée de gestation qui sont génétiquement fixées. Nous utiliserons deux lignées de souris génétiquement modifiées pour étudier les différences de durée de gestation entre plusieurs lignées de souris. Ces études permettront de mieux comprendre le rôle de certains gènes dans la durée de la gestation, dans la prématurité et le dépassement de terme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’étude d’un contrôle génétique de la durée de la gestation chez la souris nous permettra de mieux connaitre les mécanismes de l’accouchement. Une meilleure connaissance de ces mécanismes pourrait permettre d’identifier des déterminants du déclenchement du travail dans l’espèce humaine, de mieux comprendre la physiologie de l’accouchement à terme et la physiologie de l’accouchement prématuré. , et éventuellement d’ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques pour ces pathologies de la grossesse humaine.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Echographie sous anesthésie générale gazeuse, d’une durée de 5 mn (2 échographies pendant la gestation/ animal) Anesthésie générale par injection intrapéritonéale d’anesthésique (15 sec/souris), puis prélèvement sanguin par ponction sous-mandibulaire (
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Stress du à la manipulation et à l’isolement. Douleur légère et stress dus à l’anesthésie gazeuse lors des échographies et aux injections intrapéritonéales d’anesthésiques.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort des animaux pour prélèvement d’organes et de sang
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas de modèle alternatif pour étudier la durée de la gestation et ses déterminants génétiques.
2. Réduction
L’utilisation de lignées modifiées génétiquement permet de beaucoup réduire le nombre d’animaux utilisés, par rapport à une approche par croisements entre lignées. De plus, tous les animaux des lignées seront utilisables. L’échographie permet de détecter précocément la gestation et de réduire le nombre d’animaux à utiliser. Les données de la littérature permettent de réduire le nombre d’animaux pour la comparaison des durées de gestation. Des tests statistiques seront réalisés pour analyser les données. L’étude sera réalisée en deux phases afin de valider dans un premier temps notre hypothèse sur le rôle d’une séquence d’ADN sur la durée de la gestation. La 2ème phase, qui nous permettra d’explorer en profondeur les mécanismes impliqués dans la mise-bas, ne sera nécessaire que si l’hypothèse est validée dans la première phase de l’étude.
3. Raffinement
Les animaux disposeront d’enrichissement. Les durées d’isolement des animaux seront réduites au maximum. L’échographie et les procédures sous anesthésie générale permettront de limiter la souffrance et le stress des animaux. La vidéo infrarouge en continu permettra également un suivi sans perturber les animaux. Des points limites ont été définis entrainant une mise à mort anticipée si nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est déjà utilisée comme modèle de la gestation humaine dans plusieurs articles, notamment au moment de la parturition et pour les questions relative à l’immunologie de la gestation . Les modèles murins sont très activement utilisés par la communauté scientifique internationale pour l’étude de la prématurité ainsi qu’attesté par de nombreuses revues récentes dans la littérature. Les souris âgées de 8 semaines seront utilisées pour les croisements : souris jeunes, sexuellement matures, n’ayant encore jamais développé de gestation.