
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-09-17 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-174483)
Quatre cents ovariectomies, trois cents agressions électriques de la carotide, trois cents agressions mécaniques, deux cent quarante poses de capsule ou de mini-pompe sous la peau : ces actes se répartissent sur 610 souris, toutes tuées à l’issue. Les procédures impliquent un niveau de souffrance modéré pour 600 d’entre elles, et le porteur prévoit d’enchaîner plusieurs interventions sur les mêmes animaux « dès lors que les animaux auront recouvré un bien-être général ». Une souris qui montre des signes de douleur importante ou perd plus de 20 % de son poids est sortie du protocole et tuée. L’objectif est d’évaluer un récepteur des rythmes biologiques comme cible thérapeutique dans les maladies cardiovasculaires, ce qui conduit à opérer les femelles pour leur retirer les ovaires afin de mimer la privation œstrogénique de la ménopause.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
En termes de santé publique, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que les maladies cardiovasculaires demeurent la principale cause de décès dans le monde, avec un coût estimé à 196 milliards d’euros en Europe. Outre les médicaments diminuant les taux de lipides les médecins ne disposent en effet pas de stratégie thérapeutique alternative efficace pour traiter les patients à haut risque cardiovasculaire et réduire le risque résiduel cardiovasculaire. À cette fin, l’identification de cibles thérapeutiques originales est indispensable. Sur la base de nos données préliminaires convaincantes et solides, ce projet a pour objectif d’évaluer le rôle d’un récepteur régulant les rythmes biologiques dans les artères, notamment dans le processus de cicatrisation endothéliale. Cibler ce récepteur par des approches pharmacologiques pourrait donc représenter un nouveau traitement alternatif aux médicaments actuels, ou pourrait être utilisé en association avec ces composés pour réduire le risque cardiovasculaire résiduel chez les patients. Cette question, qui englobe des aspects intégrés, nécessite le recours à l’expérimentation animale dans le respect des normes éthiques. L’impact du genre/sexe ainsi que de la ménopause étant déterminant dans l’apparition/le traitement des maladies cardiovasculaires, les deux sexes seront étudiés, ainsi que l’impact de la privation oestrogénique mimant la ménopause (période à haut risque cardiovasculaire chez la femme).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet pourrait permettre de proposer un nouveau traitement alternatif aux médicaments hypolipidémiants actuels, ou pourrait être utilisé en association avec ces composés pour réduire le risque cardiovasculaire résiduel chez les patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Certains animaux seront soumis à différentes interventions : – Injection intrapéritonéale (5 à 10sec) (240 animaux) – Pose de capsule ou mini-pompes en sous cutanée (5 à 10min) (240 animaux) – Ovariectomie (10 à 20min) (400 animaux) – Agression électrique de la carotide (20 min) (300 animaux) – Agression mécanique de la carotide (20-30 min) (300 animaux)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les expérimentations réalisés dans ce projet sont de classe modérée (ovariectomie, pose de capsule, pose de mini-pompes, agression électrique ou mécanique de la carotide). Elles peuvent générer une douleur mais qui sera traitée par analgésique. Pour réduire le stress des animaux lié aux manipulations, toute manipulation sera réalisée dans un environnement calme, et par un manipulateur qualifié pour limiter la durée de chaque manipulation. La douleur ou l’inconfort de l’animal sera évalué : si des signes comportementaux indiquent une douleur modérée, un morphinique sera administré à visée antalgique. Enfin, si des signes comportementaux indiquent une douleur ou un inconfort important, la souris sera mise à mort.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de chaque procédure, les animaux sont euthanasiés afin de prélever les organes et réaliser des analyses histologiques et moléculaires.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation du modèle murin nous permettra d’identifier et de quantifier les changements progressifs et dynamiques impactant le processus de cicatrisation endothéliale. Ce processus implique des phénomènes de communication intercellulaire et des notions de flux/débit sanguins qui ne peuvent pas être modélisés ou reproduits ex vivo ou in vitro. De plus, aucun système de culture cellulaire n’a pu reproduire les variations hormonales auxquelles sont soumises les cellules endothéliales, d’autant plus que l’expression du récepteur des œstrogènes est perdue dans l’ensemble des lignées cellulaires endothéliales. Par ailleurs, l’étude de l’effet du sexe, via la sécrétion d’hormones stéroïdiennes telles que l’œstrogène et la testostérone, implique de multiples fonctions, tissus et cellules dans l’organisme, qui ne peuvent être modélisés par des approches in vitro. C’est pourquoi le recours à l’expérimentation animale est l’unique approche permettant la réalisation de ce projet.
2. Réduction
Afin de limiter le nombre d’animaux pour cette étude, nous avons réalisé une veille bibliographique, tenu compte de nos expériences passées et conçu les expériences afin d’obtenir un pouvoir statistique suffisant avec un nombre minimum d’individus. Pour réduire au maximum le nombre d’animaux, plusieurs procédures expérimentales de classe modérée seront réalisées sur les mêmes groupes d’animaux dès lors que les animaux auront recouvré un bien-être général et dans la mesure où les procédures ne peuvent pas interférer entre elles.
3. Raffinement
Lors de leur arrivée en zone expérimentale les souris resteront en acclimatation pendant un minimum d’une semaine en présence d’enrichissement (de type cartons, batôns ou balle en bois) pour réduire le stress qui pourrait être causé par le transport. Dès leur arrivée, les animaux sont pris en charge par le personnel de la zootechnie compétent qui vérifiera leur état et bien-être. Les animaux issus de différentes cages de transport ne sont jamais mélangés dans les cages d’hébergement. Tout au long du protocole, le bien-être de l’animal est bien pris en compte avec enrichissement du milieu et les souris seront surveillées quotidiennement selon les directives européennes relatives à l’hébergement des animaux de laboratoire. Ce suivi aura pour but de détecter de la douleur, d’évaluer la capacité de s’alimenter, de boire, de se déplacer. Dans le cas où l’animal ne répondrait plus à ses besoins physiologiques, il sera anesthésié puis, après perte de conscience, l’animal sera euthanasié. Critères d’arrêt par rapport à la souffrance : dans le cas où l’animal ne répond plus à des besoins physiologiques énoncés ci-dessous, l’arrêt de l’expérimentation sera préconisé par l’expérimentateur ou toute personne en charge du suivi des animaux. Tout au long des procédures, les points limites adaptés et précis (variation de poids corporel, apparence et mobilité de l’animal, comportement à la contention) seront surveillés permettant de mettre en application l’arbre décisionnel pouvant aboutir aux critères d’arrêt des souffrances. Pour l’ensemble des chirurgies, les animaux sont gardés sur plaque chauffante pendant toute la procédure jusqu’à leur réveil. Un analgésique (morphinique) sera administré. En post opératoire, les souris sont surveillées et pesées. En cas d’amaigrissement excessif (>20%) ou de signe de souffrance de l’animal (apathie, yeux fermés, absence de toilettage, prostration, blessure), l’animal sera sorti de la procédure et euthanasié.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Mus musculus. La souris est un modèle reconnu dans l’étude des maladies cardio-métaboliques Afin de ne pas affecter la croissance et la puberté, l’ensemble des procédures sera réalisé chez la souris adulte (à partir de 8semaines).