Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

90 souris immunodéprimées vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une greffe sous-cutanée de cellules tumorales prostatiques humaines, passent un scanner puis une séance de radiothérapie FLASH sous anesthésie gazeuse, et sont suivies deux semaines pendant que la tumeur grossit, ce qui peut selon le porteur atteindre leur mobilité et les fatiguer. Les bénéfices annoncés restent en amont de la clinique : établir si les vaisseaux tumoraux répondent à cette radiothérapie ultra-rapide comme à la radiothérapie conventionnelle, et apporter des connaissances utiles à la communauté scientifique. Sur le remplacement, le porteur affirme que « tout ce qui a pu être étudié sans expérimentation animale a été fait » et que l’oxygénation d’un tissu ne s’étudie que dans un organisme perfusé.

NTS-FR-227411v1
Types de recherche
· Autre recherche fondamentale · Cancers · Oncologie · Recherche appliquée · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
radiothérapie, FLASH, tumeur, vascularisation, hypoxie
Souris : 90

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La radiothérapie est un traitement contre le cancer utilisé chez plus de la moitié des patients. Une méthode récente ultra-rapide, dite « FLASH », a montré une toxicité inférieure sur les tissus sains tout en maintenant la même efficacité anti-tumorale dans difféerents modèles animaux. Le niveau d’oxygénation tissulaire semble être un paramètre qui influe sur le ratio bénéfice/risque de cette radiothérapie. De nombreuses études attestent du rôle de l’O2 dans les tissus sains mais aucune ne s’est intéressée aux tissus tumoraux dans ce contexte. Pourtant, le niveau d’O2 tumoral est un facteur qui est bien connu pour jouer sur l’efficacité anti-tumorale de la radiothérapie. Le projet a donc pour but d’étudier la réponse des vaisseaux sanguins tumoraux à la radiothérapie FLASH, et la conséquence en terme d’oxygénation du tissu tumoral. Cette connaissance est essentielle pour appréhender la réponse clinique globale et envisager les étapes ultérieures d’application de la méthode FLASH chez l’homme. Pour des raisons techniques, le projet se déroulera dans deux établissements.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La réoxygénation du tissu tumoral entre plusieurs séances de radiothérapie constitue l’un des piliers théoriques des procotoles cliniques actuels de radiothérapie. Il est en effet très important d’augmenter l’oxygénation de la tumeur, habituellement défectueuse, car la quantité d’oxygène dicte une grande partie des effets physico-chimiques de la radiothérapie et donc son efficacité. Il est donc crucial d’établir si les vaisseaux sanguins tumoraux répondent à la radiothérapie FLASH de la même manière qu’à la radiothérapie conventionnelle. Les données sur la réponse des vaisseaux ainsi que l’oxygénation tumorale permettront d’établir la pertinence des protocoles cliniques fractionnés actuels, ou dans le cas inverse de proposer de nouveaux protocoles de traitement. Les données permettront d’évaluer la performance globale de la radiothérapie FLASH sur la tumeur. Elles pourront permettre également d’envisager des combinaisons thérapeutiques avec des chimiothérapies anti-angiogéniques ou immuno-modulatrices. Enfin, elles apporteront des connaissances fondamentales sur les cellules du microenvironnement vasculaire, utiles à la communauté scientifique de la radiothérapie FLASH.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à 4 procédures: 1- injection (seringue insuline) sous-cutanée de cellules tumorales sous anesthésie gazeuse (2 min) 2- imagerie scanner CT-scan sous anesthésie gazeuse (15 min max) 3- radiothérapie sous anesthésie gazeuse (15 min) 4- suivi tumoral pendant 2 semaines puis injections ip et rétroorbitale (2 min) sous anesthésie gazeuse avant sacrifice endormi. Les actes 1-2-4 se déroulent dans l’Etablisssement 1. L’acte 3 dans l’établissement 2.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Lors des phases de transport et d’acclimatation, de préhension, contention ou anesthésie, il est attendu d’observer des périodes de stress léger chez les animaux. La greffe tumorale sous-cutanée produira une douleur légère et passagère (quelques minutes). La radiothérapie est imperceptible et ne peut en soi causer de souffrance. Seuls les actes associés (manipulations) sont décelables. La croissance tumorale, en particulier lors des deux dernières semaines, peut engendrer une détresse telle que: atteinte de la mobilité, fatigue. Ces signes sont cependant facilement détectables en amont et interviennent peu dans ce modèle. De plus, le modèle n’est pas métastatique et n’engendre pas d’autre risque.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux suivent tous les même parcours: greffe tumorale, imagerie, radiothérapie, suivi. Tous les animaux seront euthanasiés en fin d’expérimentation, le but étant de prélever les tissus tumoraux pour analyse.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les premières phases du projet scientifique global se sont déroulées sur des cellules, notamment endothéliales, constituants des vaisseaux sanguins. Tout ce qui a pu être étudié sans expérimentation animale a été fait. Néanmoins l’oxygénation tissulaire ne peut être étudié que dans un tissu perfusé et régulé physiologiquement.

2. Réduction

3R / Réduction :

La stratégie en trois expériences indépendantes successives permettra de n’utiliser que la quantité d’animaux nécessaire à l’atteinte de la significativité statistique en fonction de la taille d’effet réellement observé: dès la significativité atteinte, les lots d’animaux suivants seront annulés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Pour le bien-être des animaux, la socialisation et l’environnement seront optimisés: groupes de 5 invariables, maintient des cages et litières penant les transports, cycle jour-nuit adapté, eau-alimentation à volonté et sans changement de régime entre les établissements, frisottis en quantité pour nidification. Les dômes seront exclus car ils ont tendance à créer des comportements de domination chez la souris nude mâle. Une habituation à la manipulation et en creux de main sera réalisée progressivement. Pour éviter le stress, l’injection tumorale sous-cutanée, l’imagerie et l’irradiation seront réalisées sous anesthésie générale. Une stabulation sur tapis chauffant permettra à l’animal un réveil plus rapide et une meilleure stabilité physiologique pendant les procédures. Enfin, les animaux seront observés périodiquement selon un barème décisionnel qui évaluera le stress et la douleur, avec des critères d’arrêt d’expérimentation.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est le modèle le plus décrit en tumorigenèse. Les phénotypes des lignées et leurs particularités génétiques sont répertoriés (« mouse phenome database »). Le génome de la souris (différentes souches), entièrement séquencé, et sa physiologie sont similaires à l’homme: 23 000 gènes codants contre 30 000 chez l’homme, avec une bonne conservation des gènes et des fonctions. La souris tolère l’homozygotie, ce qui permet de travailler sur des lignées et d’obtenir des résultats scientifiques très reproductibles. Le modèle immunodéprimé utilisé ici permet la greffe de cellules tumorales humaines. Plus précisément pour ce projet, la souris représente le plus petit animal répertorié sur lequel la radiothérapie FLASH fonctionne et permettant la greffe tumorale avec un suivi suffisamment long (2 semaines post-radiothérapie). L’efficacité du faisceau de particules particulier que nous utilisons a été montrée chez la souris préalablement, ce qui rend ce modèle fiable. Le cancer de prostate est un cancer de l’adulte et les animaux utilisés seront donc adultes (>8 semaines).