
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-12-21 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-315533)
362 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance modérés à sévères, 196 d’entre eux étant classés en souffrance sévère. Placés en restriction alimentaire pendant un mois, ils subissent soit une exposition à une hypergravité de 2 G pendant 24 heures ou 30 jours, soit une destruction chirurgicale des récepteurs vestibulaires par labyrinthectomie ou section du nerf. Le porteur indique que ces atteintes provoquent désorientation, troubles de l’équilibre et de la marche, et que les rats seront tués pour prélever leur cerveau. Il présente le projet comme une recherche fondamentale sur la perception du temps chez les astronautes et les patients vestibulaires.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet s’inscrit dans un cadre de recherche fondamentale qui vise à évaluer le rôle du système vestibulaire sur la perception du temps. Chez les astronautes, la perception du temps est modifiée lorsqu’ils sont soumis à des modifications d’accélération de gravité (décollage de fusée, mise en orbite, retour sur terre). Cela compromet leur efficacité dans l’utilisation de commandes, la prise de décision, etc… Il s’agit d’un des freins essentiels à la possibilité de très longs voyages spatiaux. Mais, les mécanismes cérébraux sous-jacents à ces modifications comportementales ne sont pas connus et le rôle du système vestibulaire dans les mécanismes de perception du temps n’a jamais été étudié. Dans un premier temps, les effets de la gravité sur les mécanismes cognitifs de perception temporelle seront étudiés. Ainsi, nous évaluerons les effets induits par différents délais d’expositions à l’hypergravité de groupes de rongeurs sur des tâches comportementales évaluant la perception du temps. Dans un deuxième temps, les mêmes tests comportementaux seront utilisés afin d’évaluer les performances chez des rongeurs soumis à deux types de déafférentations vestibulaires. En effet, des perturbations cognitives comparables à celles observées dans l’espace ont également été reportées chez les patients aréflexiques vestibulaires (ayant une perte bilatérale des entrées sensorielles vestibulaires). Les pathologies vestibulaires se caractérisent par des épisodes imprévisibles et souvent récurrents de vertiges, associés à des déséquilibres posturaux au repos ou lors de déplacements, et de nombreux déficits cognitifs. Cet ensemble de symptômes impacte considérablement la vie quotidienne des patients. Ce projet permettra de mieux appréhender le rôle du système vestibulaire dans les mécanismes cérébraux relatifs à l’intégration et à la perception des durées. Les deux procédures utilisées impactent les récepteurs vestibulaires périphériques, organe sensoriel dédiés à la perception de la gravité terrestre, et seront combinés à des approches immunohistochimiques pour comprendre en détail le rôle des entrées vestibulaires dans les réseaux neuronaux de la cognition temporelle.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les données obtenues permettront de comprendre en détail le rôle du système vestibulaire dans les perturbations cognitives observées chez l’homme, que ce soit chez des patients présentant des pathologies vestibulaires ou chez les astronautes soumis à des changements de gravité. Des troubles cognitifs comparables sont en effet observés chez ces deux populations. Une identification précise de ces perturbations comportementales suivie de l’étude des mécanismes cérébraux sous-jacents permettra ainsi d’améliorer la prise en charge des patients vestibulaires qui ont des troubles perceptivo-cognitifs particulièrement handicapant au quotidien, mais également des astronautes dans le but de limiter les risques durant les vols spatiaux.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’exception de 6 animaux satellites, tous les rats prévus dans ce projet sont placés en restriction alimentaire durant toute la période d’apprentissage (1 mois) des deux tâches comportementales. Lorsque les animaux ont terminé l’apprentissage, des atteintes vestibulaires sont appliquées (première partie : hypergravité, deuxième partie : perte des informations vestibulaires) pour mieux comprendre le rôle de cet organe sensoriel sur les mécanismes de perception du temps. Ils sont ensuite testés à deux délais : un délai précoce (inférieur à une semaine) et un délai tardif adapté à l’atteinte vestibulaire (15 jours après hypergravité, 14 ou 30 jours après chirurgie vestibulaire). Durant les tests comportementaux, des récompenses alimentaires sont distribuées aux animaux après une bonne réponse. Ainsi, la restriction alimentaire est nécessaire pour assurer une bonne motivation des rongeurs. Les animaux étant également testés à des délais tardifs dans les deux parties du projet, la restriction sera suspendue, puis réappliquée 4 jours avant les dernières évaluations comportementales . L’apport de nourriture aux animaux restreints sera adapté en fonction de la courbe de croissance des animaux satellites, non restreints. Dans la première procédure visant à étudier l’influence de l’hypergravité sur la perception du temps, 40 rats sont placés dans un champ gravitaire de 2G durant 24h et 40 rats sont placés dans ces mêmes conditions durant 30 jours. Les animaux contrôles de cette procédure sont placés dans des conditions similaires aux groupes 2G sans modifications du champ gravitaire (même pièce d’hébergement avec les mêmes conditions de lumière, de son et de température) pendant les délais de 24h (n=40) et 30 jours (n=40). Dans la seconde procédure visant à étudier l’influence d’une perte bilatérale des informations vestibulaires sur la perception du temps, 48 rats sont labyrinthectomisés bilatéralement (destruction des récepteurs vestibulaires périphériques, temps estimé de la chirurgie : 1h30), 68 rats sont neurectomisés bilatéralement (découpe du nerfs reliant les récepteurs vestibulaires périphériques au système nerveux central, temps estimé: 2h30) et 80 rats sont opérés sans atteintes des nerfs vestibulaires ou des récepteurs vestibulaires périphériques (groupes contrôles non-lésés, temps estimé: 30 minutes). Pour les deux chirurgies, l’analgésie est induite par injection sous-cutanée de buprénorphine 30 min avant l’anesthésie (durée : 1 minute).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La mise en hypergravité des animaux peut potentiellement induire une augmentation du niveau de stress en induisant une sensation d’alourdissement, et en perturbant leurs déplacements dans l’espace. Les animaux pourraient alors s’immobiliser pendant quelques heures avant de s’adapter au nouveau référentiel gravitationnel et de reprendre une activité normale. La perte bilatérale des informations vestibulaires périphériques induit une désorientation des animaux, des troubles oculaires et posturo-locomoteurs (perte d’équilibre, déviation de la marche, élargissement de la surface du polygone de sustentation), à court terme (3 jours post-labyrinthectomie et 5 à 7 jours post-neurectomie). Des processus de compensation par d’autres modalités sensorielles se développent durant cette période dite « critique », et la majorité des troubles induits par la lésion disparaissent, ou s’atténuent très fortement après une dizaine de jours.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des rats utilisés dans les deux procédures de ce projet seront mis à mort afin de récupérer les cerveaux pour des investigations immunohistochimiques. Ces prélèvements permettront de corréler les résultats des études comportementales avec les atteintes cérébrales observées.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le recours aux modèles animaux est, pour l’instant, nécessaire pour vérifier d’un point de vue cellulaire les effets comportementaux induits par les protocoles impactant les récepteurs vestibulaires périphériques utilisés dans ce projet. Par ailleurs, l’étude de la cinétique d’expression des mécanismes cellulaires de neuroplasticité dans les régions cérébrales d’intérêts étudiées dans ce projet ne peut se faire que chez un modèle biologique vivant.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux a été réduits au maximum pour chaque groupe en fonction des données issues de la littérature présentant les taux de survie des rongeurs soumis aux mêmes procédures chirurgicales en ayant pour but de conserver un nombre d’animaux suffisant pour les analyses comportementales (labyrinthectomies : 86% (n=12) et neurectomies : 60% (n=17) ; groupes contrôles et groupes soumis à l’hypergravité : n=10). Des groupes de 10 animaux sont utilisés pour les études comportementales ; ce nombre a été estimé en fonction de la littérature. En effet, une étude précédente évaluant les déficits attentionnels de rats soumis à des LVB sur des dispositifs de conditionnement opérant similaires à ceux présents dans notre laboratoire a utilisé des effectifs similaires. Par ailleurs, n’ayant aucune donnée préliminaire au laboratoire, nous ne pouvons pas réaliser de test statistique afin d’estimer plus précisément le nombre d’animaux nécessaires.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Durant les deux premiers jours en hypergravité, et les deux premiers jours post-chirurgie, un gel nutritionnel est déposé dans les cages des animaux, ainsi que des croquettes. Dans la centrifugeuse, les animaux seront suivis quotidiennement par l’expérimentateur (caméras placées dans chaque nacelles). La centrifugeuse sera arrêtée au minimum deux fois par semaines pour effectuer le change des cages et des biberons des animaux. A chaque arrêt de la centrifugeuse, les animaux seront pesés et leur apparence et comportement évalués selon une grille de score du bien-être animal. Les animaux subissant une chirurgie seront soumis à des protocoles d’anesthésie et d’analgésie adaptés, pesés et évalués quotidiennement. Enfin, les co-porteurs du projet sont formés en expérimentation animale (niveau concepteur) et sensibilisés au bien-être des animaux. La personne réalisant les chirurgies a suivi la formation adaptée afin de garantir les bonnes pratiques limitant au maximum la souffrance des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’utilisation d’un modèle rat dans le cadre de ce projet est pertinente pour de nombreuses raisons. Dans un premier temps, les atteintes vestibulaires appliquées sur les rongeurs reproduisent les symptômes observés en clinique chez les astronautes (mise en hypergravité) et les patients vestibulaires (déafférentations vestibulaires). Dans un second temps, le recours aux modèles animaux est pour l’instant nécessaire pour observer l’impact de ces atteintes dans les différentes structures cérébrales impliquées. Or l’étude de ces mécanismes est un processus biologique qui ne peut, pour l’instant, qu’être étudié sur un modèle biologique vivant. De plus, des données préliminaires obtenues au laboratoire ont montré que l’apprentissage des tâches de conditionnement opérant sur écran tactile est plus rapide chez un modèle rat que chez la souris, ce qui limite la durée de la restriction alimentaire imposée aux animaux Nous utiliserons des rats âgés de 8 à 10 semaines, sortis de la période pubertaire, pour l’étude des mécanismes cérébraux sous-jacents aux tests comportementaux développés.