
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-04-25 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-407826)
130 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles subissent une chirurgie abdominale qui injecte des cellules cancéreuses dans la rate pour provoquer des métastases du foie, puis une chimiothérapie ou un agent anti-vasculaire et jusqu’à quatre IRM sous anesthésie. Le porteur cherche des marqueurs d’imagerie prédictifs de la réponse aux traitements, la validation chez des patients étant renvoyée à plus tard. Il justifie l’effectif par un taux de prise tumorale d’environ 60%.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le cancer colorectal est l`une des principales causes de mortalité liée au cancer dans le monde. La propagation métastatique représente le principal facteur de mauvais pronostic. Jusqu’à présent, aucun marqueur fiable n’est disponible pour prédire la réponse aux traitements chez les patients atteints de métastases hépatiques (dans le foie). Le traitement standard du cancer colorectal métastatique comprend généralement une chimiothérapie et un agent anti-vasculaire compromettant la survie des cellules cancéreuses. Dans le but de rendre la lésion hépatique opérable, la prise en charge clinique des patients repose essentiellement sur l’évaluation de la réponse des patients aux traitements. La survie globale après la chirurgie dépend de manière cruciale de la réponse à ces traitements. Il n’existe actuellement aucun critère ni marqueur satisfaisant pour prédire la réponse histologique à la chimiothérapie, bien que plusieurs pistes ont été explorées. Par ailleurs nous avons montré dans le contexte du cancer du sein que le mouvement mécanique des cellules permet de distinguer la réponse et la résistance aux thérapies, ainsi que l’impact des agents anti-vasculaires sur la mécanique des tissus. Le but de notre étude est d’identifier de nouveaux marqueurs biologiques en utilisant l’imagerie IRM qui est une technique d`imagerie non invasive pour évaluer l’effet de la thérapie sur le microenvironnement tumoral et le réseau vasculaire afin d’améliorer la survie des patients dans le contexte des métastases hépatiques du cancer colorectal.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Identifier des nouveaux marqueurs biologiques pour évaluer l’effet du traitement sur le microenvironnement tumoral et le réseau vasculaire. Valider l’efficacité des ces marqueurs sur une cohorte de patients. Prédiction de la réponse aux traitements pour proposer de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront soumis à : 1) Chirurgie : injection des cellules tumorales dans la rate aprés une incision de la paroi abdominale d’1cm, la plaie sera ensuite fermée à l’aide de plusieurs points de sutures. Cette procédure est réalisée sous anesthésie générale et dure 30 minutes. 2) Les traitements anti-tumoraux seront injectés en intrapéritonéale au niveau de l’abdomen, un lot de souris recevra un traitement anti tumoral (une chimiothérapie) deux fois par semaine pendant 4 semaines. Un autre lot de souris recevra un autre traitement tumoral (un agent anti-vasculaire) qui sera injecté 5 jours (de jour 0 à jour 4). 3) Imagerie par résonance magnétique (IRM) :14 jours après l’injection des cellules tumorales, le nombre de séance d’IRM peut aller jusqu’à 4 séances au total, le délai minimal entre les séances d’IRM (Après la première IRM) est d’une semaine. La durée des IRM est de 1heure par souris (cette analyse sera réalisée sous anesthésie générale).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
(1) Risque de douleurs post-opératoire et/ou (2) le développement des tumeurs (dans le foie ou dans d’autres organes) peut également engendrer des modifications des fonctions physiologiques.(3)Perte de poids suite à la chirurgie,(4)Les traitements médicamenteux ont été utilisés dans la littérature et aucun effet secondaire a été relevé, (5) irritation et/ou inflammation de la suture.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les souris seront euthanasiées à la fin du protocole, pour permettre le prélévement d’organes et l’analyses des tumeurs pour approfondir les connaissances.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les connaissances issues de cette étude in vivo ne peuvent pas être obtenues actuellement par d’autres méthodes, compte-tenu de la complexité de ce cancer . Ce modèle permettrait d’étudier les métastases du foie dans leur environnement (développement de tumeur dans l’organe), notamment les cellules des vaisseaux sanguins qui jouent un rôle important dans le développement tumoral. Des études in vitro ont été réalisées en amont, qui complèteront ce volet d’expérimentation animale sans pouvoir le remplacer.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet impliquera l’utilisation de 130 souris pour une durée maximale de 5 ans. Le nombre d’animaux utilisés est le minimum requis pour atteindre l’objectif fixé en prenant compte que le taux de prise tumorale peut varier (environ 60% de réussite).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Acclimatation de 10 jours pour les souris après leur arrivée à l’animalerie avant de débuter le protocole. Les animaux sont surveillés quotidiennement et ont accès à la nourriture et à l’eau. Ils sont hébergés dans un environnement enrichi permettant la formation de groupes sociaux. Lors de la procédure chirurgicale les souris seront endormies et allongée sur un lit chauffant. Le maintien de la température corporelle pendant la chirurgie sera effectué par une sonde rectale. A la fin de la procédure chirurgicale, le réveil des animaux sera surveillé de près. Après leur réveil les animaux seront réintégrés dans leur cage. Des croquettes humidifiées et de l’hydrogel seront mis en place pour favoriser le bien-être des animaux. Pendant la procédure d’IRM, l’animal est endormi avec un gaz anesthésiant pendant l’intégralité de la procédure, la fréquence respiratoire est surveillée et l’animal est placé sur un lit chauffé. La chirurgie ainsi que les IRM seront effectuées sous anesthésie. Les soins et le suivi des animaux seront effectués par des personnes compétentes et expérimentées.Le suivi clinique sera effectué 3 fois par semaine. Un analgésique sera administré avant, pendant et après la chirurgie. L’utilisation de ce dernier sera renouvelée si besoin afin d’éviter toute souffrance à l’animal. La suture sera examinée quotidiennement pour les 5 à 7 jours après la chirurgie en notant la présence d’écoulement, rougeur, enflure, etc…, nous examinerons également la déhiscence de la plaie (ouverture des points sutures). Lors d’observation d’un ou plusieurs signes nous aviserons rapidement le personnel de soins de l’animalerie pour procéder à un traitement adéquat de la condition. Les critères d’évaluation de la douleur ne sont pas spécifiques à la procédure car l’IRM n’induit pas de douleur supplémentaire. La douleur observée peut être due à l’implantation des cellules tumorales. Néanmoins, en cas d’observation de la douleur des mesures seront prises. Les points les plus précoces sont les troubles du comportement (repli dans un coin, poil hérissé, etc.), l’altération de l’apparence physique (grattage, poil terne, etc.). Si les points limites sont atteints, l’animal sera euthanasié et ne sera donc pas soumis à la procédure IRM.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris utilisées sont des souris adultes de 8 semaines. Ce modèle est le plus utilisé et validé par la littérature scientifique car la maladie se developpe mieux à l’âge adulte. Les cellules tumorales qui seront utilisées dans ce protocole sont des cellules murines, qui sont compatible avec l’espèce choisie.