
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-02-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-536349)
Pour comprendre l’immunodépression qui suit une infection sévère, 7 648 souris sont utilisées, toutes tuées pour prélever des organes vitaux, 6 880 dans des procédures d’un niveau de souffrance léger et 768 d’un niveau sévère. Une partie subit une péritonite provoquée par perforation du tube digestif sous anesthésie, une autre reçoit l’injection d’un composant bactérien sur animal vigile, puis des injections d’inhibiteurs chaque jour pendant six jours jusqu’à la mise à mort. Le porteur indique que la péritonite peut provoquer douleurs, perte de poids et réduction de la mobilité, et prévoit une mise à mort anticipée en cas d’inconfort trop important. Il juge l’étude sur « animal entier » indispensable et rappelle que des médicaments inhibant cette voie sont déjà utilisés en clinique dans d’autres indications, ce qui rend selon lui la perspective thérapeutique « très concrète ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Chez les patients de réanimation présentant une infection sévère, des altérations de la réponse immunitaire se développent, responsables de la majorité des décès. Les mécanismes à l’origine de ces dysfonctionnements des cellules du système immunitaire restent mal connus. L’activation d’une voie particulière de l’inflammation pourrait participer à ce phénomène. Les souris présentant une infection sévère ont une activation de cette voie, en association avec des altérations du système immunitaire. Au cours de ce projet, nous allons étudier plus précisément le rôle respectif des différents composants de cette voie en utilisant d’une part des souris génétiquement modifiées capables ou non d’activer cette voie de l’inflammation et d’autre part des inhibiteurs de cette voie. Nous utiliserons un modèle murin d’infection sévère par péritonite ou par injection d’un composant bactérien. Nous étudierons les altérations immunitaires présentées par ces souris dans différents organes (rate, moelle osseuse, sang, péritoine, poumon).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les infection sévères sont des pathologies fréquentes qui peuvent causer de nombreuses maladies et décès. Le pronostic des patients développant ces infections sévères est principalement grevé par le développement d’altérations de la réponse immunitaire à l’origine à moyen terme d’infections secondaires contractées à l’hôpital et à long terme du développement de maladies cardiovasculaires et de cancers. Une meilleure compréhension des mécanismes de ces altérations est jugée nécessaire par l’Organisation Mondiale de la Santé pour progresser dans la prise en charge de cette pathologie. En focalisant les efforts sur une voie majeure de réponse à l’infection et en particulier sur ses différents composants, cela permettra de générer des pistes pour de nouvelles approches thérapeutiques susceptibles d’améliorer le devenir de ces patients. L’existence de médicaments capables d’inhiber cette voie utilisés en pratique clinique et bien tolérés dans d’autres indications rend cette perspective très concrète. Ces stratégies thérapeutiques innovantes auraient un effet préventif des conséquences à moyen et long terme de ces infections sévères.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
L’étude des modifications génétiques des souris sera réalisée grâce à une biopsie de l’oreille. Le projet s’appuie sur 2 modèles d’infections chez la souris. Le premier modèle est une infection au niveau abdominal (péritonite) créée par perforation du tube digestif (durée de la procédure : 5 minutes) sous anesthésie générale. Cette intervention est réalisée une seule fois en début de procédure, à J0. Le deuxième modèle consiste en l’injection d’un composant bactérien (injection sur 10 secondes) sur animal vigile. Cette injection est réalisée une seule fois en début de procédure à J0. L’injection des différents inhibiteurs d’une voie de réponse à l’infection sera réalisée au maximum une seule fois par jour pendant 6 jours, jusqu’à mise à mort de l’animal (De J1 à J6 injection sur 10 secondes) sur animal vigile. Les prélèvements sanguins seront réalisés exclusivement sous anesthésie générale le jour de la mise à mort (10 secondes) et les différents autres prélèvements en post-mortem.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La péritonite peut être à l’origine de douleurs, d’une perte de poids et d’une réduction de la mobilité. Il existe également une douleur au point d’injection lors de l’injection d’anesthésique. L’injection du composant bactérien est à l’origine d’une perte de poids, d’une douleur au point d’injection lors de l’injection et d’une réduction de l’activité et de la mobilité. L’injection d’inhibiteurs de cette voie de l’inflammation génère une douleur au point d’injection lors de l’injection. L’étude des modifications génétiques des souris sera réalisée grâce à une biopsie de l’oreille. Cette biopsie est à l’origine d’une douleur légère de courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Une mise à mort sera réalisée à l’issue des procédures du fait du prélèvement nécessaire d’organes vitaux (poumon par exemple) ne permettant pas d’envisager une autre issue.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Un modèle utilisant uniquement des cellules isolées ou l’utilisation d’outils informatiques ne pourraient refléter toute la complexité de la réponse du système immunitaire contre les infections sévères et les relations entre les cellules de l’immunité. L’étude sur un animal entier est donc indispensable et nous utiliserons 2 modèles d’infection bien validés dans d’autres études et qui reproduisent la réponse anti-infectieuse décrite chez l’homme.
2. Réduction
Le calcul du nombre d’animaux par groupe a été réalisé afin de pouvoir mettre en évidence des différences significatives entre les groupes. Au cours de chaque expérience, de multiples analyses utilisant des techniques différentes seront réalisées sur les différents prélèvements afin de minimiser le nombre de souris utilisé.
3. Raffinement
Afin de limiter la souffrance des animaux et d’assurer leur bien-être, une prise en charge de la douleur (anesthésie générale lors de l’intervention, administration d’antalgiques) et une prise en charge de la déshydratation seront réalisées. A l’issue de la chirurgie, les souris seront replacées dans leurs cages avec un aménagement spécifique pour garantir leur confort. La cage sera placée dans une armoire chauffante. Une surveillance quotidienne avec pesée des souris et grille d’évaluation spécifique sera effectuée jusqu’à mise à mort. En cas de douleur ou d’inconfort trop important, une mise à mort anticipée des souris sera réalisée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont les animaux les plus utilisés en immunologie avec un large choix de solutions techniques dédiées disponibles commercialement et des modèles génétiquement modifiés sont d’ores et déjà disponibles. Il s’agit de jeunes adultes (8-12 semaines) dont le système immunitaire est à maturité.