
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-11-23 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-591771)
32 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On leur induit une inflammation chronique de l’intestin évoluant vers le cancer, avec une injection dans le péritoine et sept prélèvements sanguins rétro-orbitaux sous anesthésie sur trente-neuf jours, provoquant diarrhées et pertes de sang. Le porteur indique que la vérification in vivo est « exigible réglementairement » avant tout développement clinique, et qu’aucun modèle in vitro ne reproduit la « complexité » de la cancérisation. Le bénéfice annoncé, prévenir le cancer colorectal par des microARN, reste hypothétique.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) qui regroupent la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH) se caractérisent par une inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif. Les MICI peuvent survenir à tout âge mais sont le plus souvent diagnostiquées chez des sujets jeunes et 15 % des cas concernent des enfants. Chez environ 20 % des patients, les crises sont sévères nécessitant l’hospitalisation, l’arrêt de l’alimentation et un traitement parentéral pendant quelques jours. En outre, l’évolution de la maladie peut entraîner des complications aiguës chirurgicales et chroniques comme le cancer du côlon. Même si la pathogenèse des MICI n’est pas encore bien élucidée, des facteurs génétiques et environnementaux ainsi que des facteurs associés aux altérations du microbiote intestinal sont suspectés. La physiopathologie des lésions épithéliales intestinales notamment durant les phases aigues des poussées implique un processus inflammatoire résultant de la réponse immunitaire dite innée. Parmi les mécanismes de régulation de l’activité de cette réponse immunitaire, les microARN (ou miARN), qui sont des séquences d’ARN de petite taille, jouent un rôle en inhibant différentes voies de signalisation pro-inflammatoires. Le rôle de ces miARN dans la régulation du processus inflammatoire permet de les considérer comme de nouveaux outils thérapeutiques. L’objectif de ce projet est de tester, dans un modèle murin connu de MICI chronique/cancer, certains miARN précédemment identifiés comme jouant un rôle anti-inflammatoire afin d’évaluer leur potentiel effet inhibiteur du développement du cancer colorectal.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La stratégie de lutte contre l’inflammation induite lors des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin avec un miARN permettrait de prévenir le développement du cancer colorectal.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront sousmis à une injection péritonéale pour une durée d’1 minute et sept injections sanguines sous anesthésie étalées sur 39 jours et pour une durée de 5 minutes par injection.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle d’inflammation chronique de l’intestin nécessite deux actes expérimentaux, à savoir des injections rétro-orbitales et des injections par voie péritonéales pouvant créer un léger stress pour l’animal. De plus le modèle induit des diarrhées et des pertes de sang légères et parfois une perte de poids.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Le prélevement d’organes à la fin des procédures expérimentales nécessite l’euthanasie des animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Plusieurs tests in vitro sur un modèle de cellules de l’intestin permettent de sélectionner les miARN présentant une activité anti inflammatoire intéressante. L’étape de vérification de leurs activités in vivo est exigible réglementairement avant toute nouvelle phase de développement clinique. Le recours à l’animal est indispensable pour valider l’effet thérapeutique de notre candidat anti-inflammatoire lors d’un processus de cancérisation et à ce jour aucun modèle in vitro ou in silico n’est capable de reproduire la complexité de ce processus dans son intégralité.
2. Réduction
Une planification statistique minutieuse a permis de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés au nombre de 32, tout en préservant la validité statistique de l’étude. Les groupes contrôles des animaux ont été mutualisés aussi souvent que possible.
3. Raffinement
Les animaux seront hebergés avec suffisamment d’espace, par groupe de 5 avec comme enrichissement un tunnel de carton et du papier pour construction de nids. Les animaux seront surveillés quotidiennement et leur entretien sera effectué dans des conditions soigneusement contrôlées pour s’assurer que les animaux subissent le minimum de stress possible. En particulier, les litières seront changées quotidiennement et les animaux auront un accès direct et illimité à l’eau de boisson et à la nourriture. La procédure d’expérimentation sera pratiquée enutilisant des anesthésiques permettant de limiter la souffrance des animaux qui bénéficieront d’une procédure d’euthanasie anticipée et une sortie d’étude prématurée en cas d’atteinte des points limites éthiquement non acceptables. Des point limites adaptés et des critères d’arrêt précoces de souffrance ont été définis et seront strictement appliqués. Souris (Mus musculus) [A1
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’animal utilisé dans le modèle du cancer colorectal induit par une inflammation chronique du colon. Les souris seront manipulées à l’âge de 6 ou 7 semaines (maturité sexuelle atteinte). Ce choix est motivé par la nécessité d’utiliser des animaux ayant atteints l’âge adulte et qui répondent au modèle du cancer colorectal.