
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-03-21 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-592074)
5 240 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance jusqu’à sévère. Elles inhalent de la fumée de cigarette, des particules de polluant et du tabac chauffé quarante minutes par jour pendant douze semaines, puis sont infectées par des pathogènes respiratoires par instillation nasale ou trachéale sous anesthésie, avec des mesures de fonction respiratoire par trachéotomie. Le porteur indique que l’infection peut provoquer perte de poids, baisse de mobilité et poil hérissé, les souris atteignant un score clinique de 6 ou perdant plus de 20 % de leur poids étant mises à mort. Il affirme que le réseau de médiateurs et de cellules en jeu ne peut pas être reproduit in vitro et conclut à la nécessité du modèle murin, les retombées thérapeutiques restant renvoyées à d’éventuelles études cliniques.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif de notre projet est d’étudier les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans le développement de la bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO), et de ses exacerbations dans le but de proposer de nouvelles stratégies thérapeutiques qui manquent cruellement actuellement. Ces exacerbations surviennent principalement à la suite d’infections pulmonaires. La BPCO étant une pathologie multifactorielle faisant suite à l’exposition à des polluants et pouvant se présenter sous différentes formes, il est nécessaire de développer plusieurs modèles conduisant à différents présentation cliniques de la pathologie et de ses exacerbations. Nos travaux antérieurs nous ont permis d’identifier de potentielles cibles thérapeutiques que nous devons tester dans nos différents modèles et en parallèle, l’identification de nouvelles cibles sera envisagée afin de proposer de nouveaux traitements. Suite à l’exposition à la fumée de cigarettes, aux particules de polluant et au tabac chauffé, l’inflammation pulmonaire se traduit par le recrutement et l’activation de plusieurs types de cellules immunitaires. Cette réaction est sous la dépendance d’un réseau complexe de médiateurs et de cellules de l’hôte qui ne peut pas être reproduit in vitro. Il en est de même pour les infections par les pathogènes à tropisme respiratoire qui sont responsables des exacerbations. Ce type d’études constitue le seul moyen de tester l’efficacité de nouveaux traitements dans ce contexte particulier de développement et de l’exacerbation de la BPCO. Cette difficulté associée actuellement au manque de traitement, justifie l’utilisation de modèles animaux.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ces travaux permettront de mieux définir les caractéristiques de l’inflammation pulmonaire et de la réponse immune chez les souris exposées à la fumée de cigarette, aux particules de polluant et au tabac chauffé Nous ferons secondairement le lien avec les altérations de la fonction pulmonaire. Par la suite, ces données permettront d’identifier les mécanismes physiopathologiques responsables des altérations de la fonction pulmonaire, en particulier le rôle de populations cellulaires ou de médiateurs spécifiques et le lien avec l’inflammation pulmonaire. Cette étude est rendue possible par l’utilisation de souris génétiquement modifiées ou l’administration de molécules agonistes ou antagonistes des facteurs préalablement identifiés. Cette définition des mécanismes physiopathologiques nous permettra de tester de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à prévenir l’inflammation et à empêcher le développement de la BPCO induits par la cigarette, les particules polluantes ou encore le tabac chauffé. Différentes stratégies sont déjà envisagées ciblant la réponse immunitaire et faisant intervenir des immuno-modulants ou des agents vaccinaux. Ces nouveaux traitements pourraient être associés au traitement de référence de l’exacerbation que représente l’antibiothérapie. A terme, notre objectif est d’utiliser ces données pour appuyer la mise en place d’études cliniques chez les patients BPCO.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour la mesure de la fonction respiratoire, les animaux sont anesthésiés et une trachéotomie est pratiquée pour faire les mesures sur une durée de 15 minutes. Pour les infections, l’instillation nasale est réalisée sous anesthésie générale . Après anesthésie, une surveillance des animaux est pratiquée pendant la phase de réveil et pour les traitements, ceux-ci se font directement par voie intrapéritonéale. Pour induire une altération pulmonaire, les souris sont soumises à 40min d’inhalation pour jour.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au cours des différentes procédures, nous effectuons sur les animaux des contentions qui engendre un stress, des inhalations régulières et nombreuses de fumée, ce qui peut entrainer à long terme une diminution de la prise de poids et irritation oculaire temporaire. Nous pratiquons les infections par instillation intra nasale ou intra trachéale, sous anesthésie et des injections péritonéales de traitement. Les piqures peuvent provoquer une douleur. Au pic de l’infection, les animaux malades perdent du poids, sont moins mobiles et leur pelage est moins lisse, elles sont stressées. Pour la mesure de la fonction respiratoire, une trachéotomie est pratiquée sur la souris anesthésiée (douleur de la piqure).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des animaux, à la fin des différentes procédures, sera euthanasié pour analyser l’impact sur les différents organes.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de minimiser le nombre d’animaux, l’évaluation des différents paramètres recherchés est préalablement réalisée in vitro sur cellules primaires et lignées cellulaires humaines et murines avant validation dans nos modèles murins.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire au maximum le nombre d’animaux, dans la plupart de nos protocoles, un seul groupe témoin est utilisé et permet la comparaison avec les différentes souris génétiquement modifiées. De plus les analyses statistiques effectuées dans nos travaux précédents nous ont permis de déterminer le nombre minimal d’animaux à utiliser, soit 6 souris par groupe, en répétant l’expérience 4 fois afin d’obtenir suffisamment de cellules à analyser ainsi que des résultats statistiquement corrects.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire le stress et la souffrance, un enrichissement de l’environnement est pratiqué dans notre animalerie (maison rouge dans toutes les cages, possibilité de rajouter du carton, des boule de cotonet papier Kraft). Pour diminuer la douleur, les infections se font sous anesthésie et analgésie. De plus, une surveillance régulière et la pesée (journalière ou bi-hebdomadaire en fonction des protocoles) des animaux est effectuée, pour suivre la souffrance due à l’infection. Nous avons mis en place une grille de calcul qui permet d’attribuer un score à l’état clinique général de la souris, et suivre l’évolution quotidienne de l’animal après l’infection. Ce score clinique est compris entre 1 et 6 points, 6 étant le score de gravité le plus élevé. • Niveau d’activité : mobile = 0, mobilité réduite = 1, prostrée = 2 • Catarrhe oculaire : absence = 0, 1 œil = 1, 2 yeux = 2 • Aspect fourrure : lisse = 0, hérissée = 1 • Perte de poids : aucune = 0, 5-10% = 1, 10-15% = 2, 15-20% = 3 • Posture : normale = 0, dos courbé = 1 • Température : normale = 0, froide = 1 Donc : • Les animaux ayant un score de 4 devront être suivis avec une attention toute particulière • Les animaux ayant un score clinique de 6 seront immédiatement euthanasiés. • Les animaux présentant une perte de poids > 20% seront immédiatement euthanasiés
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’étude des pathologies pulmonaires est facilitée chez la souris du fait de la grande disponibilité des outils d’exploitation et d’analyse, ce dont les autres espèces sont dépourvues. De plus, nous avons accès à des souris déficientes pour certains de nos gènes d’intérêt ou anticorps spécifiques existent, permettant d’identifier des molécules ou cellules impliquées et des cibles thérapeutiques pertinentes chez l’homme. Comme la pathologie humaine de la BPCO touche les adultes, et non les populations jeunes ou les enfants, les souris utilisées dans le cadre de ces expérimentations seront adultes. Les souris commencent à être exposées à la fumée de cigarettes à partir de 8 semaines d’âge. Le protocole d’exposition à la fumée de cigarettes est de 12 semaines, afin de reproduire une inflammation pulmonaire chronique associée à une altération fonctionnelle pulmonaire. Les souris exposées à la fumée sont donc infectées par les pathogènes à l’âge de 20 semaines. Pour les particules de polluant, l’intranasal se fait sur trois jours, et les souris sont infectées à 8 semaines.