
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-01-24 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-662506)
360 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une greffe de cellules de cancer pulmonaire humain dans le flanc, avec suivi de la tumeur trois fois par semaine pendant quatre-vingt-dix jours, pour tester si un groupe de gènes ralentit la croissance tumorale. Le porteur indique que des métastases peuvent se former dans les poumons et entraîner amaigrissement et difficultés respiratoires, et que les tumeurs volumineuses peuvent gêner les déplacements. Il affirme qu’après des travaux sur cellules en culture il est « nécessaire » de passer à un modèle vivant représentatif de la pathologie humaine.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
52 777 nouveaux cas de cancer du poumon ont été estimés en France en 2023, avec un taux de survie à 5 ans pour les personnes diagnostiquées entre 2010 et 2015 qui s’élève à 20 % (Institut National du Cancer). La compréhension de cette pathologie et le développement de nouvelles thérapies représentent ainsi un enjeu majeur de santé publique. Nous avons observé sur des modèles cellulaires dérivés de cancer pulmonaire qu’un groupe de gènes était capable d’induire la mort des cellules cancéreuses. Nous souhaitons donc maintenant implanter ces cellules dans des souris afin de déterminer si nous obtenons les mêmes effets dans un modèle vivant représentatif des différentes situations pathologiques rencontrées chez l’Homme. Nous nous intéresserons à la pousse tumorale de ces cellules avec ou sans induction du groupe de gènes de reprogrammation. Les caractéristiques cellulaires et moléculaires des tumeurs seront ensuite étudiées.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Confirmer dans un modèle vivant que le groupe de gènes de reprogrammation retarde le développement tumoral nous permettra de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour le traitement du cancer.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Des cellules tumorales seront greffées dans le flanc des animaux. Cette procédure n’est réalisée qu’une fois par animal et dure une quinzaine de secondes. Cette implantation va engendrer le développement d’une tumeur. Le diamètre de chaque tumeur sera mesuré 3 fois par semaine pendant une durée maximale de 90 jours ou jusqu’à un point limite. Pour permettre ces mesures, les animaux sont maintenus à la main pendant une quinzaine de seconde.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux vont recevoir une unique implantation sous-cutanée de cellules tumorales dans le flanc. Cette procédure, bien que très rapide, peut induire du stress à l’animal ainsi qu’une douleur légère. Puisqu’il est attendu que des tumeurs se développent, ces dernières pourraient gêner les animaux dans leurs déplacements. Aussi, si le volume tumoral est important, il est possible que les animaux se blessent, ce qui conduirait à une douleur modérée de l’animal. De plus, des métastases peuvent se former dans les poumons, dégradant ainsi l’état de santé des souris et pourrait engendrer amaigrissement, difficultés à respirer ou troubles moteurs. Enfin, les contentions multiples pour assurer le suivi du volume tumoral peuvent également induire un stress aux animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
En fin de procédure les animaux seront mis à mort afin de récupérer les tumeurs. Ces dernières seront analysées au laboratoire par diverses techniques histologiques et de biologie moléculaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet vise à étudier la capacité à former des tumeurs et à étudier la prolifération et la mort cellulaire de lignées cancéreuses induites à reprogrammer. Ces travaux ayant déjà été menés sur des cellules en culture, il est maintenant nécessaire de travailler avec un modèle intégré représentatif du contexte pathologique observé chez l’Homme.
2. Réduction
i) Analyse de la pousse tumorale et caractérisation histologique des tumeurs Dans notre procédure, les tumeurs seront prélevées en début d’expérimentation dans 10 animaux afin d’effectuer des analyses histologiques. En parallèle, 10 animaux supplémentaires sont requis pour effectuer un suivi du volume des tumeurs. Des analyses statistiques ont montré qu’un effectif de 10 animaux est le nombre minimal requis pour générer des résultats significatifs. ii) Analyse moléculaire En parallèle, nous réaliserons une analyse moléculaire suivant 2 approches dont les données générées seront traitées par bio-informatique. Des analyses statistiques ont montré qu’un effectif de 5 animaux par approche (donc 2×5 =10) est le nombre minimal requis pour générer des résultats significatifs.
3. Raffinement
Les souris présentant un système immunitaire déficient, elles seront hébergées dans des portoirs ventilés qui les protège de toutes contaminations par l’environnement extérieur. Avant le début de l’expérimentation, les animaux sont laissés une semaine en acclimatation à leur nouvel environnement. Ensuite, une habituation à être manipulés sera effectuée pendant une semaine dans le but de réduire le stress des animaux lorsque l’expérimentateur devra les manipuler dans le cadre des suivis de pousse tumorale. Une fois les implantations réalisées, une surveillance quotidienne des animaux sera effectuée afin de repérer au plus tôt toute douleur ou souffrance éventuelle. L‘implantation des cellules de lignées cancéreuses impliquant le développement tumoral, un suivi de poids des souris ainsi que de volume des tumeurs sera réalisé trois fois par semaine. Des points limites qui auront pour effet l’arrêt de la procédure ont été déterminés. Pour faciliter et uniformiser le suivi des animaux, une grille de calcul des points limites sera utilisée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les animaux seront âgés de 8 semaines à leur arrivée à l’animalerie. La procédure débutera 2 semaines plus tard, ceux-ci seront donc âgés de 10 semaines, nous permettant de mener nos projets sur un stade jeune adulte. Le stade jeune adulte a l’intérêt de favoriser la pousse tumorale. Les animaux seront greffés avec des cellules cancéreuses d’origine humaine. Afin qu’il n’y ait pas rejet de la greffe, les souris auront un système immunitaire déficient.