Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

234 lapins vont être utilisés, tous tués à l’issue pour prélèvement des organes, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère pour 200 d’entre eux et léger pour 34. On leur implante une tumeur (modèle VX2) avant de tester des traitements mini-invasifs, avec des injections sous anesthésie et sur animal vigile, des traitements endovasculaires, des imageries répétées et des prélèvements sanguins. Le porteur indique que la tumeur peut envahir les organes voisins, que la chimiothérapie peut être toxique et que l’embolisation peut provoquer des lésions sévères des zones saines. Il reconnaît que des cultures cellulaires servent en amont mais affirme que la mise au point des traitements « nécessite » un système in vivo reproduisant les conditions cliniques, les lapins étant retenus parce que les rongeurs sont jugés trop petits.

NTS-FR-718833v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée ·
Mots-clés
oncologie, radiologie interventionnelle, traitement mini-invasif, lapin, foie
Lapins : 234

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les thérapies mini-invasives désignent l’ensemble des traitements qui ne nécessitent pas de chirurgie lourde avec des incisions larges des tissus. En oncologie, ces thérapies peuvent être des techniques de ponction directe à travers la peau pour injecter des substances anticancéreuses, des traitements qui passent par l’intérieur des vaisseaux pour atteindre la tumeur ou des traitements médicamenteux par des molécules qui ciblent spécifiquement les cellules tumorales. Le projet vise à déterminer l’efficacité ou la sécurité de nouvelles thérapies mini-invasives dans un modèle de tumeur chez le lapin avant leur évaluation chez des patients. Le projet concerne donc la création et le suivi des tumeurs chez les animaux ainsi que différents protocoles de traitement et l’évaluation de leurs effets sur ces tumeurs.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le modèle de tumeur VX2 chez le lapin est couramment utilisé par les équipes académiques ou entreprises travaillant en oncologie, pour les cas où les modèles rongeurs ne sont pas disponibles, pas pertinents ou ne sont pas de taille suffisante. Les bénéfices attendus du projet sont les suivants : – démontrer l’efficacité d’un traitement anticancéreux mini-invasif soit dans un essai pilote soit dans un essai comparatif – évaluer les propriétés de nouveaux agents de contraste ou de nouvelles procédures d’imagerie en cancérologie – étudier les processus d’installation du cancer, d’invasion tumorale, et les éléments de la réponse immunitaire engendrée par la présence de la tumeur dans l’organisme.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les procédures réalisées sont les suivantes : -Injection sous anesthésie générale (N=1-durée maximale 40 min). -Injection d’un traitement sur animal vigile (N=4 maximum – duréz maximale 2h). -Traitement endovasculaire sous anesthésie générale (N=3 maximum-durée maximale 60 min). -Imagerie echographique sur animal vigile (N=hebdomadaire, maximum 4 – durée environ 20 min). -Imagerie IRM sous anesthésie générale (N=hebdomadaire, maximum 4 -durée maximum 60 min) -Prélèvement sanguin sur animal vigile (N=8 maximum – durée 5 min).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Douleurs légères liées aux injections de traitement ou de molécules de prémédication. Possible légère et transitoire diminution de l’appétit pendant les 2-3 premiers jours suivant l’implantation tumorale. Au-delà de 30 jours après implantation tumorale, risque d’envahissement métastatique aux organes voisins de la zone d’implantation de gravité modérée. La chimiothérapie intraveineuse peut avoir des effets toxiques modérés. Possible douleur légère à modérée postopératoire liée aux chirurgies sous anesthésie générale. Le risque majeur et potentiellement sévère correspond à des lésions des zones saines adjacentes aux zones traitées. Pour les procédures d’embolisation les complications sont les embolisations de branches digestives non prédictibles mais potentiellement sévères.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront euthanasiés pour prélever les organes traités (tumeur, foie, muscle) et pour évaluer par examen nécropsique les éventuelles lésions sur les organes à distance. Les paramètres histologiques évalués sur les prélèvements nécropsiques concernent les réactions tissulaires associées au traitement (nécrose tumorale ou du tissu saine, œdème, fibrose, inflammation…).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

En amont, des méthodes alternatives de culture de cellules VX2 peuvent être utilisées pour des tests de prolifération/viabilité sur de plus larges gammes d’agents thérapeutiques ou pour évaluer les mécanismes moléculaires des traitements ensuite testés in vivo. Cependant, la mise au point, l’évaluation et l’optimisation des traitements anticancéreux nécessitent l’utilisation d’un système in vivo reproduisant les conditions pratiques cliniques : conditions d’anesthésie, anatomie et physiologie, matériel utilisé, biologie tumorale pour évaluer la réponse au traitement.

2. Réduction

3R / Réduction :

On utilise les données des études déjà effectuées ainsi que des analyses statistiques pour de démontrer l’efficacité ou non d’un traitement en utilisant le moins d’animaux possible. On implante plusieurs tumeurs sur un même animal donneur de tumeur pour réduire le nombre total d’animaux donneurs. On effectue également le suivi dans le temps de la taille de la tumeur ou des paramètres sanguins sur le même animal plutôt que sur un animal différent à chaque délai pour diminuer le nombre d’animaux utilisés. Les traitements, le recueil des données et leur analyse statistique sont réalisées par un opérateur qui ne sait pas ce qu’ont reçu les animaux (en aveugle) pour limiter le risque de biais et le nombre d’animaux nécessaires

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Un protocole de suivi des animaux et de prise en charge de la douleur avec des traitements analgésiques systématiques et symptomatiques est mis en place. Des points-limites avec évaluation des paramètres de suivi sont utilisés afin de réduire au maximum la douleur animale. Les animaux sont hébergés dans des cages individuelles. Le milieu est enrichi par du papier kraft ciselé et compacté, morceaux de bois, jouets en plastique pour que les animaux puissent jouer, ainsi que des carottes, du persil et du foin.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les animaux utilisés dans le projet sont des lapins adultes, mâles ou femelles, pesant entre 3 et 4 kg. La taille et l’anatomie du lapin permettent d’utiliser le même matériel que dans la plupart des procédures cliniques. Les rongeurs sont trop petits pour réaliser la plupart des interventions prévues. On ne sait pas à ce jour induire de façon contrôlée et reproductible des tumeurs cancéreuses chez les animaux de grande taille (cochon, mouton, chèvre, chien). Il existe au contraire une tumeur de lapin largement utilisée depuis les années 50 pour évaluer différentes thérapies anticancéreuses dans différents organes qui est simple à implanter et à maîtriser.