
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-09-04 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-746552)
Chaque lapin reçoit quatre à huit injections d’antigène, puis subit deux à cinq prélèvements de sang sous anesthésie générale, avant une dernière saignée sous anesthésie sans réveil. 800 lapins vont être utilisés ainsi, dans des procédures dont le niveau de souffrance déclaré ne dépasse pas le stade léger. Le porteur indique vouloir « éviter de mettre à mort inutilement un trop grand nombre d’animaux » et n’immuniser que deux lapins par antigène, ces 800 animaux permettant d’obtenir 390 à 400 lots d’anticorps qu’il décrit comme des produits à très haute valeur ajoutée. Ils sont tués parce que les anticorps se récupèrent dans leur sérum, c’est-à-dire dans leur sang.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le principe de la vaccination consiste à injecter à l’animal un élément étranger contre lequel son système immunitaire va réagir comme moyen de défense en produisant des anticorps. L’objectif de la présente demande est d’obtenir des anticorps de qualité capables de lier une grande diversité d’antigènes (molécule qui peut être reconnue par un anticorps) de natures différentes. Il a été observé que les anticorps produits par les lapins permettent une meilleure détection des antigènes, grâce notamment à la mise en place de mécanismes propres à l’espèce plus efficaces que chez les autres espèces et permettant également de lier une très grande diversité de molécules. Ils constituent ainsi des produits à très haute valeur ajoutée pour des applications en recherche et dans le domaine du diagnostic. Alors que le lapin reste l’espèce la plus couramment utilisée en laboratoire pour la production d’anticorps à partir de sérum (produits issus du sang), les besoins en anticorps reconnaissant un antigène unique et spécifique sont de plus en plus fréquents. Une approche a été développée, passant par la construction de banques de fragments d’anticorps dérivées de lapins immunisés, ainsi transposable in vitro. Nous souhaitons poursuivre le développement de notre plateforme d’immunisation de lapins à des fins de production d’anticorps, pour répondre aux besoins dans le domaine de la recherche, du développement de tests diagnostiques ou de médicaments. Ces expérimentations seront réalisées (1) de façon à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés, sans compromettre les projets, et (2) de s’assurer du bien-être de ces animaux (point crucial à l’établissement d’une réponse immunitaire optimale).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Pouvoir fournir les anticorps nécessaires afin de mener à bien les activités de recherche et/ou la mise en place de tests de diagnostic et/ou l’obtention d’agents thérapeutiques indispensables à l’avancée des recherches pharmacologiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque lapin sera exposé à : 4 à 8 injections d’un antigène (5 minutes chacune) + 2 à 5 prélèvements de sang sous anesthésie générale (5 minutes par prélèvements) et un prélèvement de sang sous anesthésie générale sans réveil (10 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Possibles réactions immunitaires non souhaitées (infections) et risques inflammatoires aux sites d’injections et aux sites de prélèvements.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les prélèvements nécessaires à nos expérimentations nécessitent que les animaux soient mis à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des banques d’anticorps synthétiques ont été développées afin de rediriger certains projets vers ces solutions n’utilisant pas d’animaux. Cependant, ces banques synthétiques d’anticorps existantes ne permettent pas de répondre à toutes les demandes/cahier des charges d’obtention d’anticorps. Particulièrement, l’obtention d’anticorps de haute affinité nécessite l’immunisation d’animaux notamment via l’utilisation de lapins. Il n’existe pas actuellement de méthodes alternatives à l’immunisation d’animaux pour l’obtention d’anticorps hautement spécifiques. Les techniques in vitro ont un taux de succès faible et ne permettent pas d’obtenir les affinités escomptées. Les anticorps sont obtenus à partir de la purification du sérum de l’animal.
2. Réduction
Afin d’éviter de mettre à mort inutilement un trop grand nombre d’animaux, nous recommandons dans ses propositions d’utiliser 2 lapins par étude de façon à pallier le risque d’une réponse immunitaire différente entre les 2 animaux (choix du meilleur répondeur) ou au décès inattendu d’un animal en cours d’expérimentation. Les protocoles expérimentaux utilisés étant parfaitement décrits, il n’est utilisé que le nombre d’animaux strictement nécessaire aux productions demandées. Deux animaux sont vaccinés avec chaque antigène, que ce soit pour produire des anticorps monoclonaux ou polyclonaux. Notre taux de réussite est d’environ 98% . Donc les 800 animaux de ce projet permettront de produire 390 à 400 lots d’anticorps utilisables en recherche ou production de médicament. Il n’y aura donc pas d’approche statistique.
3. Raffinement
Les lapins auront une période d’acclimatation de 7 jours minimum et le protocole d’immunisation ne débutera que si l’animal ne démontre aucun signe de stress via une alimentation et hydratation correctes. L’état général des animaux sera vérifié chaque jour par inspection visuelle et contrôles des consommations (eau et nourriture), tout signe de mal-être (indifférence, position accroupie, sensibilité à la lumière, perte de poids, fourrure souillée de fèces, constipation/diarrhée et expression sonore lors des manipulations) sera rapporté par le personnel compétent. La mise à mort sera envisagée et réalisée par le personnel compétent et formé en fonction de l’état de l’animal vis-à-vis des points limites établis. Afin de limiter la douleur et le stress infligés lors des prélèvements de sang, ceux-ci seront réalisés sous anesthésie générale. En cas d’apparition de lésions locales aux sites d’injections (rares), celles–ci seront traitées par l’utilisation d’un spray antiseptique et cicatrisant. Les lapins sont hébergés selon les normes en vigueur avec de l’enrichissement et 2 animaux socialement compatibles par cage. Ils sont anesthésiés lorsque nécessaire et euthanasiés en fin d’expérimentation ou si le point limite d’évaluation de la douleur acceptable pour l’animal est constaté.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Compte tenu des paramètres suivants : la qualité des anticorps à produire, la quantité de sang à récupérer, les conditions d’hébergement et les quantités d’antigènes s susceptibles d’être employées, le choix d’espèce se porte sur le lapin qui est un bon producteur d’anticorps. Cette espèce produit notamment des volumes suffisants de sang à forte concentration en anticorps, utilisables pour la plupart des applications. Il convient d’utiliser des animaux adultes jeunes et en bonne santé. En effet, les jeunes animaux adultes sont généralement de meilleurs producteurs d’anticorps que les animaux plus âgés, la fonction immunitaire atteignant son apogée à la puberté et diminuant lentement par la suite. Des lapins âgés de 12 semaines lors de l’entrée en protocole d’immunisation pourront donc être utilisés .