
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-03-27 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-764380)
390 rats et 360 souris vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Les expérimentateurs leur provoquent des douleurs chroniques par chirurgie, par injection d’adjuvant complet de Freund, par un agent de chimiothérapie ou par induction d’un diabète, avant 5 436 sessions de tests comportementaux de von Frey et d’immersion de la patte. Chaque animal finit par une chirurgie sous anesthésie terminale de deux à quatre heures, pendant laquelle des laboratoires pharmaceutiques font tester leurs candidats antalgiques sur des neurones de la moelle épinière. Le porteur décrit cette approche comme un raffinement permettant de tester des stimulations très nociceptives « sans aucune souffrance pour l’animal », dans un projet qu’il classe lui-même en gravité sévère.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet consiste à mesurer l’effet de candidats médicaments de l’industrie pharmaceutique sur l’activité de neurones à l’origine de la sensation douloureuse.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra d’obtenir de meilleures connaissances des mécanismes conduisant aux douleurs chroniques et contribura à l’etablissement de nouveaux traitements des douleurs chroniques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chirurgie sous anesthésie avec réveil (10 min): 312. Injection d’une substance inflammatoire sous anesthesie (5 min) : 111. Prélèvement d’une goutte de sang sur la queue chez l’animale vigile (30 s) : 468. Injection d’un agent utilisé en chimiothérapie ou d’une substance induisant le diabete chez l’animal vigile (15 s) : 252. Tests comportementaux (30 min) : 5436. Chirurgie sous anesthésie terminale (2-4 h) : 750.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les modèles mis en œuvre induisent un état de douleur chronique. Cela est nécessaire pour la mise au point de traitements analgésiques efficaces contre les douleurs chroniques.L’injection d’adjuvant complet de Freund et les interventions chirurgicales induisent une douleur localisée au niveau de la patte, après le stress induit par l’induction de l’anesthésie à l’isoflurane. La douleur est modérée à sévère dans les heures qui suivent l’intervention, puis légère à modérée par la suite. Les injections chez l’animal vigile induisent un stress et une douleur légère de brève durée due à la contention et l’injection. Il en est de même pour le prélèvement d’une goutte de sang sur la queue. Le diabète peut induire des dysfonctions physiologiques prononcées (dyspepsie, cachéxie) et donc un stress sévère chez certains animaux. Les tests comportementaux de Von Frey et d’immersion de la patte induisent un stress léger dû à l’isolement et à la contention, respectivement. La stimulation induit une douleur légère puisque l’animal est en mesure d’éviter la stimulation.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont euthanasiés avec une overdose d’anesthésique à la fin de chaque expérience, car les mesures physiologiques pratiquées ici chez l’animal anesthesié sont trop invasives pour permettre la survie de l’animale.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’animaux pour les tests d’efficacité de candidats médicaments analgésiques est rendue nécessaire par le fait que les mécanismes d’action de ces molécules sont des processus complexes impliquant la totalité du système nerveux (de manière imagée, des communications réciproques entre le cerveau, la moelle épinière, et les tissus périphériques).
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisé est réduit par 3 actions conjointes : 1) le soin apporté à chaque expérience (une spécialisation extrême est indispensable pour obtenir un taux de succès élevé dans ces expériences délicates) ; 2) le ciblage d’une population de neurones essentielle dans la génération de la sensation douloureuse ; 3) une approche par étape, avec des lectures intermédiaires des résultats, afin d’arrêter rapidement les expériences inutiles.
3. Raffinement
Les approches physiologiques chez l’animal anesthésié permettent un certain nombre de raffinements. Premièrement, il est possible de pouvoir tester l’efficacité de candidats médicaments sur la réponse à des stimuli très nociceptifs sans aucune souffrance pour l’animal (impossible chez un animal vigile). Deuxièmement, plusieurs doses de candidat médicaments peuvent être testées chez un même animal dans la même expérience. Troisièmement, chaque animal est son propre contrôle lors du test de candidats médicaments (principe des mesures répétées avant/après).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les rongeurs, rats et souris, sont des espèces appropriées pour l’étude et le développement de médicaments analgésiques et antalgiques, et sur lesquels nous disposons de beaucoup de connaissances. Le rat a l’avantage sur la souris d’être plus robuste du point de vue physiologique, et donc de mieux supporter de longues anesthésies. La souris permet de profiter des manipulations génétiques plus facilement. Les animaux sont utilisés au stade adulte, car ce projet ne s’intéresse ni au développement, ni à l’animal âgé.