
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-04-04 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-970262)
48 veaux de boucherie de 100 ou 200 kilos vont être utilisés dans des procédures classées sévères, tous rendus ensuite à une structure d’élevage pour poursuivre leur croissance. Ils sont soumis pendant trente et un jours à une chaleur allant jusqu’à 30 °C et à une humidité allant jusqu’à 80 %, dont dix jours en chambre respiratoire, et restent enfermés seuls en cage individuelle dix-sept jours au total. Le porteur reconnaît que l’isolement d’une espèce grégaire est susceptible de créer de l’anxiété et du stress, et le compense par un dispositif audio qui diffuse le bruit des congénères. L’objet est de situer la zone de confort thermique des veaux pour régler la ventilation des bâtiments d’élevage, faute, écrit le porteur, de modèle mathématique capable de prédire leur adaptation à la chaleur.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les veaux sont majoritairement élevés dans des batiments fermés équipés d’une ventilation dynamique, consistant en des ventilateurs électriques qui extraient en permanence de l’air des salles d’élevage. Cette extraction entraîne une dépression à l’intérieur de la salle, qui est compensée par une entrée d’air neuf venant de l’extérieur. Ce système de ventilation permet ainsi un renouvellement de l’air intérieur avec un système de régulation basé sur un objectif de température ambiante (plus la température monte par rapport à une température de consigne, plus les ventilateurs tournent pour augmenter le renouvellement de l’air et abaisser la température par une entrée accrue d’air frais). Ainsi, la chaleur générée par les animaux (environ 250 W par veau et par h) est compensée par une arrivée d’air neuf permettant de limiter l’élevation de la température dans la salle d’élevage. Ce système de ventilation devient ineffficace dès lors que la température extérieure est plus élevée que la température de consigne. Cette température de consigne doit correspondre à la température de thermoneutralité des veaux, qui est en moyenne de 18°C chez les veaux (donnée ancienne déterminée chez des animaux d’un poids de 200 kg). Pendant une grande partie de l’année, la température ambiante dans les salles d’élevage est donc plus élevée que la température de thermoneutralité, plaçant les animaux dans une situation de stress thermique, d’autant plus que la vapeur d’eau produite par les animaux entraîne conjointement une augmentation de l’humidité de l’air dans la salle, à même de compliquer encore plus les conditions d’élevage des veaux. Les objectifs du projet sont de déterminer les conditions de température et d’humidité correspondant à la thermoneutralité chez les veaux afin de développer des systèmes de régulation des conditions d’ambiance plus adaptés pour ces animaux. Le projet permettra également de déterminer les leviers d’adaptation des veaux aux conditions ambiantes afin d’adapter l’alimentation des animaux lors de périodes de vagues de chaleur.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet va permettre de disposer de connaissances concernant la capacité des veaux à faire face à des conditions d’ambiance de stress thermique. La caractérisation de l’adaptation des veaux (ajustement de la prise alimentaire, de la consommation d’eau, évapotranspiration) va aider à identifier des leviers permettant d’aider les animaux à supporter les vagues de chaleur. Celles-ci seront plus fréquentes du fait du contexte climatique et le projet permettra de proposer des solutions techniques (climatisation des salles, humidification de l’air) pour aider les animaux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à des conditions de stress thermique induites par une température ambiante et/ou une hygrométrie élevée pendant la durée du projet, soit 31 jours. De plus, les animaux seront placés dans des cages individuelles pendant 17 jours. Il est prévu deux prises de sang le 5ème et le 10ème jour de la période de mesure.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux sont placés en cages individuelles pendant la troisième semaine d’adaptation et pendant les 10 jours en chambre respiratoire, soit 17 jours au total. Pendant la troisième semaine d’adaptation, les cages sont contigues aux cases utilisées précédemment. Au cours des 10 derniers jours, les cages sont placées en chambre respiratoire induisant un isolement supplémentaire des animaux. Les veaux appartiennent à une espèce grégaire et l’isolement d’avec les congénères est susceptible de créer une anxiété et un stress pour les animaux. Les conditions d’ambiance (température jusqu’à 30°C et humidité jusqu’à 80% d’hygrométrie) vont induire un stress thermique pouvant générer une gêne pour les animaux. Les deux prises de sang induiront une douleur correspondant à la piqure de l’aiguillle lors de la ponction veineuse.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux réintégreront une structure d’élevage pour poursuivre leur croissance.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’adaptation des veaux à la chaleur est la résultante de modifications du comportement alimentaire, d’une répartition différente de la circulation sanguine et de modifications métaboliques et hormonales entraînant une utilisation différente de l’énergie. Il n’existe pas de modèles mathématiques prennent en compte ces différentes composantes afin de prédire l’adaptation des veaux. Pour cela, le projet est basé sur l’utilisation d’animaux en vue de mesurer leur réponse aux vagues de chaleur.
2. Réduction
Il n’existe pas de références sur l’adaptation des veaux au stress thermique et nous avons donc déterminé nos effectifs sur la base d’essais antérieurs réalisés chez le porc. Dans ces essais, nous avons observé qu’un effectif minimal de 6 animaux par lot était nécessaire pour déterminer avec une puissance statistique suffisante la différence de production de chaleur entre deux conditions d’ambiance. A chaque gamme de poids, nous avons 4 conditions expérimentales correspondant à 4 lots et nous allons donc utiliser 24 animaux d’un poids de 100 kg et 24 animaux d’un poids de 200 kg dans le projet.
3. Raffinement
Les mesures du projet nécessitent de placer les animaux individuellement en chambre respiratoire. Les chambres sont équipées d’un dispositif audio permettant aux animaux de maintenir un contact avec leurs congénères. La mise en place de la condition de stress thermique se fera sur 5 jours, afin de laisser suffisamment de temps aux animaux pour s’adater à ces nouvelles conditions. Toutes les cages sont équipées de dispositifs d’enrichissement qui sont renouvelés régulièrement et au gré des comportements individuels. Ils s’agit de matériels manipulables (chaînes métalliques, balles en plastique dur, jouets en plastique mou). Les animaux sont suivis a minima quotidiennement par du personnel expérimenté afin de détecter l’atteinte d’un point limite.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Il s’agit de l’espèce-cible de l’étude. Les animaux seront en croissance et d’un poids de 100 kg ou de 200 kg. Ces deux gammes sont considérées car la sensibilité au stress thermique est susceptible de dépendre du poids des animaux, comme c’est le cas chez le porc par exemple. Nous souhaitons conduire des mesures à ces deux gammes de poids, car ils sont cohérents avec les poids des veaux présents dans les élevages (de 50 à 250 kg).