
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-05-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-982537)
120 porcs mâles non castrés vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, avec des pesées répétées et trois prises de sang sur animal vigile maintenu au lasso. Le projet teste des stratégies alimentaires en production biologique pour la qualité de la viande destinée à la consommation. Le porteur indique que la contention et l’aiguille provoquent une douleur légère de moins de deux minutes. Les animaux sont abattus en abattoir commercial à l’issue de l’engraissement.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La production porcine biologique (AB) est en forte progression en France comme en Europe. La nouvelle réglementation européenne AB (2022) renforce les contraintes relatives à l’alimentation des porcs (localisation des ressources), entraînant une diversification des pratiques alimentaires. Or l’alimentation module directement ou en interaction avec d’autres facteurs d’élevage (génétique, logement…) la qualité de la viande (texture et goût, valeur nutritionnelle…) ainsi que l’image de la production (éthique, impacts environnementaux…). D’autre part, la production de porcs mâles non castrés est confrontée à deux problèmes principaux : des comportements indésirables (montes excessives, agressivité) défavorables au bien-être et des problèmes de qualité de viande (odeurs indésirables dites sexuelles sur certains porcs, moins de gras intra-musculaire, davantage de lipides insaturés). Favoriser la production de porcs mâles non castrés notamment en AB et améliorer leurs conditions d’élevage et la qualité de leurs produits nécessite d’y remédier. Parmi les mesures à mettre en œuvre, identifiées sur la base de la littérature scientifique, deux leviers seront explorés dans ce projet : l’alimentation et la réduction du poids à l’abattage des animaux. Nous comparerons une alimentation « classique » correspondant aux pratiques rencontrées dans les élevages de porcs biologiques à une alimentation « améliorée » grâce à l’incorporation de sources de fibres et de protéagineux dans l’aliment, associée à la distribution de fourrage. L’objectif est d’améliorer le bien-être (satiété, comportements exploratoires) et de réduire le risque d’odeurs indésirables (moindre teneur en scatol tissulaire) potentiellement présentes dans la viande de porcs mâles non castrés. Par ailleurs, nous privilégierons l’origine régionale ou métropolitaine des matières premières. L’effet de la réduction du poids à l’abattage sera simulé par des mesures in vivo à trois stades, environ 85, 105 et 125 kg de poids vif, qui permettent d’estimer les performances zootechniques et le risque d’odeurs. Certaines mesures seront réalisées sur du plasma ce qui implique des prises de sang.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet est de fournir des références scientifiques pour raisonner l’alimentation des porcs dans une approche de qualité globale des productions animales. Il s’agit notamment de viser un meilleur niveau de bien-être des porcs mâles non castrés (moins de comportements agressifs entre animaux suite à l’effet favorable des fibres alimentaires sur la satiété et l’expression des comportements exploratoires envers l’environnement d’élevage) et de qualité des viandes et produits qui en sont issus (moindre risque d’odeurs indésirables en raison d’une moindre teneur tissulaire en scatol, un des principaux composés impliqués grâce à l’apport de fibres alimentaires). Ces résultats obtenus dans le cadre de la production biologique pourront aussi servir de référence en production porcine conventionnelle de porcs mâles non castrés et visant des pratiques plus agro-écologiques.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux (=120 porcs) seront (a) régulièrement pesés individuellement au cours de leur phase d’élevage (a minima, 10 fois), (b) soumis à des observations visuelles du comportement et de leur état de santé à trois reprises au cours de leur phase d’élevage, (c) soumis à une prise de sang réalisée sur animal vigile, à trois reprises au cours de leur phase d’élevage (vers 85, 105 et 125 kg de poids vif). La façon dont les prises de sang sont réalisées est décrite en 5.6.2.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à trois prélèvements de sang au cours de l’expérience. Ces prélèvements de sang induisent une douleur légère en raison de la contention avec un lasso et de l’introduction d’une aiguille. La douleur disparait après la contention au lasso (elle dure moins de 2 minutes) et le retrait de l’aiguille. En pratique, la durée de la contention est en moyenne de 30 secondes et une seule tentative est réalisée chez la majorité des porcs. Deux autres effets indésirables potentiels sont le saignement et le malaise (situation très rare).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En fin de projet, les animaux seront abattus dans un abattoir commercial selon la réglementation et les recommandations en vigueur pour limiter au maximum le stress et respecter au mieux le bien-être des animaux.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet concernant les performances zootechniques, le bien-être et la qualité de la viande des porcs mâles non castrés, il n’existe pas de méthode substitutive.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’étude portera sur 60 porcs par traitement expérimental, soit un total de 120 porcs. Ce dispositif nous permettra d’atteindre un effectif suffisant pour réaliser des analyses de variance en incluant la répétition, le traitement et leur interaction en effets fixes. Des modèles répétés seront utilisés pour les variables mesurées plusieurs fois sur le même animal. Ce dispositif en deux répétitions, a l’avantage de permettre de vérifier que les effets observés sont répétables, ce qui est particulièrement important pour la consommation alimentaire, l’indice de consommation, et certains indicateurs de bien-être, évalués au niveau du groupe. L’ampleur des effets attendus est variable selon les paramètres considérés et est difficile à prédire puisqu’une telle expérience n’a jamais été réalisée au préalable. Pour la concentration en scatol du tissu gras, un des indicateurs majeurs de qualité des viandes de porcs mâles non castrés et dont nous visons la réduction par l’apport de fibres dans l’aliment, nous avons émis des hypothèses à partir de la bibliographie puis réalisé un calcul d’effectif avec une puissance de 0.8 et un seuil de significativité de 0.05. Selon le type de fibres et leur concentration dans l’aliment, cet effectif varie entre 38 et 76 par groupe expérimental. Afin de prédire les effets d’une réduction du poids à l’abattage sur le risque d’odeurs des viandes, nous réaliserons des prélèvements de sang à trois stades. L’effet attendu concerne essentiellement la teneur en androsténone du tissu gras, qui sera prédite à partir de l’oestradiol plasmatique. En utilisant des données de notre laboratoire, nous avons réalisé un calcul d’effectif comme précédemment. L’effectif est de 55 pour une réduction entre 125 et 105 kg de poids vif et de 60 pour une réduction entre 105 kg et 85 kg. Compte tenu de ces calculs, nous avons retenu 60 porcs par traitement.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La douleur liée aux prises de sang est réduite en limitant la durée de la contention (animal immobilisé par un lasso passé autour du groin) à 2 minutes au maximum (point limite 1) et le nombre de tentatives de prélèvements à trois par animal (point limite 2) grâce à une manipulation appropriée des animaux avant et pendant les prises de sang. Ces prises de sang sont réalisées dans un local confortable et suffisamment grand pour faciliter les manipulations. Une désinfection de la peau est réalisée avec un coton imbibé de bétadine immédiatement avant introduction de l’aiguille. Par ailleurs, la taille des aiguilles est adaptée au gabarit des animaux (aiguille 18G x 1.5). En cas de saignement au point de piqure, une compression avec compresse est appliquée jusqu’à l’arrêt du saignement. Un suivi individuel du comportement est réalisé pendant 2 minutes pour détecter un éventuel malaise de type vagal. En cas de malaise, l’animal sera immédiatement isolé et stimulé (massage cardiaque si nécessaire) jusqu’à la reprise de connaissance et d’un comportement normal. Si l’animal ne reprenait pas connaissance, c’est qu’un arrêt cardiaque aurait eu lieu, signifiant la mort de l’animal qui serait vérifiée par l’arrêt des battements cardiaques. Après les prises de sang, les animaux retournent rapidement dans leur loge habituelle. L’animalier vérifie alors que tous les animaux ont un comportement normal. En termes d’hébergement, les animaux sont élevés en groupes dans des loges sur litière paillée avec accès permanent à une courette extérieure. La surface disponible est de 2,3 m²/porc dont 1,3 m2 pour l’aire de repos sur paille, alors que la réglementation 2010/63 demande 1,35 m²/porc dont 0,7 m2 pour l’aire de repos au-delà de 100 kg de poids vif.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous travaillons sur l’espèce porcine puisqu’il s’agit de proposer des stratégies d’alimentation et pratiques d’élevage en production biologique favorables au bien-être de ces animaux et à la qualité de leurs produits qui sont destinés à la consommation humaine. Les animaux sont élevés en station expérimentale certifiée biologique et selon la réglementation européenne concernant la production porcine biologique. Nous travaillerons sur l’ensemble de la période d’engraissement (25 à 125 kg, soit environ 4 mois de 70 à 180 jours d’âge) pour le suivi de la croissance et de la consommation d’aliment. Nous réaliserons des mesures supplémentaires vers 85, 105 et 125 kg de poids vif (soit environ 20, 24 et 27 semaines d’âge) afin de prédire les effets de la stratégie alimentaire et d’une réduction plus ou moins marquée du poids à l’abattage sur les performances techniques et la qualité de viande, en particulier les odeurs indésirables. Ces mesures concernent : les épaisseurs de lard et de muscle par ultra-sons, la concentration des principaux composés odorants dans le sang. Des observations relatives au bien-être et à la santé (par exemple le nombre de toux ou de griffures) sont réalisées à environ 12, 18 et 26 semaines d’âge. Afin de prédire les effets d’une réduction du poids à l’abattage sur le risque d’odeurs des viandes, nous réaliserons des prélèvements de sang à trois stades : au stade usuel d’abattage (vers 125 kg de poids vif), à un stade considéré comme « plancher » pour l’abattage en termes de poids des pièces issues de la carcasse (vers 85 kg de poids vif) et à un stade intermédiaire (vers 105 kg de poids vif).