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Altération des oligodendrocytes dans la sclérose latérale amyotrophique dans un modèle murin
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
578 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, vingt d'entre elles étant opérées sous anesthésie et tuées avant tout réveil. Les animaux portent une mutation qui provoque une perte de poids vers quatre-vingt-dix jours, puis une paralysie vers cent vingt jours et la mort vers cent trente jours, avec des difficultés à se déplacer, à boire et à manger. Ils reçoivent une injection dans les ventricules cérébraux, des injections intrapéritonéales quotidiennes, des prises de sang tous les quatorze jours et des tests de force musculaire et de coordination jusqu'au point limite, pour évaluer une thérapie visant les oligodendrocytes. Le porteur écrit que le modèle animal est "indispensable", précise que 416 des 578 souris ne seront utilisées que si la première partie du projet échoue, et garde en vie les souris d'élevage pour les réutiliser dans d'autres projets tant qu'elles n'ont pas atteint les points limites.
Objectifs
La sclérose latérale amyotrophique est une maladie neurologique fatale qui apparait à l’âge adulte. Elle est caractérisée par la perte progressive des motoneurones, menant à une paralysie puis au décès 3 à 5 ans après le diagnostic. Jusqu’à présent, il n’existe pas de traitement curatif, d’où la nécessité de développer une thérapie efficace. L’altération des oligodendrocytes est l’un des mécanismes pathologiques proposés dans la sclérose en plaque. On observe chez les patients souffrants de cette maladie une diminution du nombre d’oligodendrocytes myélinisantes adultes. Par ailleurs différentes études chez l'animal vivant ont montré que les précurseurs des oligodendrocytes (OPC) ne parviennent pas à subir l'étape finale de différenciation dans les modèles animaux. Notre projet vise à développer une thérapie ciblée vis-à-vis des oligodendrocytes, qui a pour but de stimuler la différentiation des oligodendrocytes et par conséquent, rétablir le nombre des oligodendrocytes matures myélinisantes. Cette étude nécessite l’emploi de souris qui présentent un phénotype proche de la sclérose en plaque (perte de poids, faiblesse musculaire, paralysie). Les animaux déclarent les premiers symptômes à 90 jours, puis leur état général se dégrade jusqu’à la mort, à environ 130 jours. Ce projet a deux approches : une approche cellulaire et une approche génique virale visant à stimuler la différentiation des oligodendrocytes chez l'animal vivant.. L’objectif est de tester une possible thérapie qui pourra être utilisée chez les patients atteints de sclérose en plaque liées aux mutations SOD dans le futur.
Bénéfices attendus
Nous émettons l’hypothèse que l’augmentation du taux d’oligodendrocytes matures et myélinisantes puisse représenter un outil thérapeutique utile pour traiter la sclérose en plaque. A court terme nous envisageons les bénéfices sur les souris traitées avec la thérapie cellulaire et la thérapie génique virale. Nous attendons des effets bénéfiques sur les symptômes de la sclérose en plaque ainsi que sur la survie. S’agissant de bénéfices à long terme, nous envisageons la mise en place d'études pré-cliniques et cliniques pour étudier les effets bénéfiques de l'administration de la thérapie cellulaire et la thérapie génique chez des sujets atteints de sclérose latérale amyotrophique.
Procédures
Les souris élevées pour ce projet sont susceptibles de développer un phénotype dommageable caractérisé par une perte de poids vers 90 jours puis une atteinte musculaire conduisant à la paralysie (vers 120 jours) puis la mort de l'animal. Les souris immunodéficientes sont plus sensibles aux infections car elles ne possèdent pas de systèmes immunitaires. Un prélèvement de queue sera réalisé sur ses souris vigiles afin de vérifier si elles sont ou non porteuses du gène qui nous intéresse. Une anesthésie locale sera réalisée par immersion de la queue de l'animal dans de l'éthanol refroidi. Ce geste ne nécessite que quelques secondes. 5 différentes interventions auront lieu au cours des différentes procédures dont 1 sur souris anesthésiée et 4 sur souris vigiles ; une unique injection intracérébroventriculaire à J60, réalisée sous anesthésie générale et analgésie, et d’une durée n’excédant pas les 30 minutes, une unique injection intracérébroventriculaire chez le nouveau-né, sous anesthésie locale, d’une durée de 2 minutes, des injections intrapéritonéales quotidiennes sur souris vigiles, d’une durée de moins d’une minute, des prélèvements de sang au niveau de la veine sous-mandibulaire sur souris vigiles, tous les 14 jours de J60 jusqu’au point limite (1 minute suffit pour réaliser ce geste) et, sur souris vigiles, tests comportementaux (pesée, test de force musculaire, score neurologique et test de coordination motrice) une fois tous les 14 jours de J60 (dans le cas de l’injection chez l’adulte) ou de J21 (dans le cas de l’injection chez les nouveaux-nés) jusqu’au point limite. Le temps total pour réaliser ces tests comportementaux n’excède pas 20 minutes par souris ; le score neurologique, qui permet de scorer les signes de déficience neurologique, et la pesée sont réalisés l’un après l’autre avec une durée totale d’environ 1min, suivi par le test de force musculaire, qui nécessite moins de 5 minutes pour les 3 mesures. Pour finir, le test de coordination motrice a une durée totale inférieure à 10 minutes avec 2 mesures (de 2minutes maximum) et avec 5 minutes de repos entre les 2. Concernant l'euthanasie, les animaux pour lesquels des prélèvements seront réalisés seront euthanasiés par une méthode réglementaire sous anesthésie et analgésie.
Impact sur les animaux
La sclérose latérale amyotrophique est une maladie neurodégénérative des motoneurones de l'adulte qui se caractérise par une dégénérescence progressive des motoneurones. Elle provoque une paralysie progressive de l'ensemble des muscles. Les souris utilisées pour la survie présenteront donc des signes de dégénérescence comme la paralysie des pattes et/ou du bassin. Cela entraînera des difficultés pour se déplacer, s'hydrater et s'alimenter. Les animaux seront identifiés génétiquement à l’aide d’une biopsie de queue de quelques millimètres pouvant être source de stress et d’une douleur de courte durée. Les chirurgies impliquent une anesthésie pouvant entraîner une hypothermie ou un arrêt cardio-respiratoire et peuvent entraîner des douleurs post-opératoires. Un inconfort lié à la contention ainsi qu'une douleur de courte durée associée à l’introduction de l’aiguille lors des administrations ou les prélèvements sanguins sont à prévoir. Les tests fonctionnels réalisés chez la souris peuvent également entraîner un stress chez l’animal.
Devenir
Tout au long de ce projet les souris seront euthanasiées et leurs cerveaux et moelles épinières seront récupérés pour faire des analyses biomoléculaires et histologiques afin de valider l'efficacité ou non de nos traitements, sauf les souris impliquées dans la creation des colonies, qui seront réutilisées pour d'autre projet tant qu'elles n'ont pas atteint les points limites.
Remplacement
Actuellement, aucun modèle in vitro n’existe pour pouvoir mener une étude pré-clinique dans la sclérose latérale amyotrophique. Le modèle animal est indispensable pour optimiser et développer nos approches de thérapie cellulaire et thérapie génique pour cette maladie. Ce modèle, particulièrement bien caractérisé, nous permettra de quantifier l’efficacité de nos traitements. La finalité de cette étude est de développer des stratégies thérapeutiques, ce qui ne peut se faire que sur un modèle animal. Néanmoins, autant que possible et si la question posée peut être résolue ainsi, des expériences in vitro avec des lignées cellulaires seront réalisées pour limiter au maximum le recours à l'utilisation de souris.
Réduction
Afin de limiter leur utilisation, un nombre restreint d’animaux sera utilisé en contrôle non injecté, un même animal servira pour différentes expériences et, pour chacune d’entre elles, le nombre d’animaux utilisés a été choisi pour permettre d’obtenir des résultats statistiquement interprétables. De plus nous utiliserons des mâles et des femelles, ce qui nous permet d’utiliser l’ensemble des animaux générés par nos accouplements limitant ainsi d’autant le nombre de portées nécessaires. Il est également important de signaler qu'une partie du projet ne sera réalisé que dans le cas où la première partie ne fonctionne pas et que 416 animaux ne seront potentiellement pas utilisé sur les 578 animaux prévus.
Raffinement
Les conditions d’hébergement et l’enrichissement du milieu sont gérés par l’animalerie. Elles consistent en un contrôle quotidien des cages, un changement régulier, un nombre réduit d’animaux par cage (5 maximum) et pas d’animaux isolés. Le changement des cages se fait sous hotte aspirante et les cages possèdent des filtres. L’enrichissement du milieu consiste en l’ajout de laine de bois afin que les souris puissent faire un nid ainsi que de lanières de papier Kraft et des tunnels en carton. Enfin, si nécessaire, la nourriture pourra être mise à disposition sur le plancher de la cage. Ainsi des croquettes ou de la bouillie pourront être placés directement dans la cage, ainsi que de l’hydrogel en cas de besoin. Au cours des différentes procédures, la température des souris est maintenue constante à l’aide d’une plate-forme chauffante ou sous lampe radiante. Les animaux seront ensuite suivis quotidiennement afin de relever le moindre signe de souffrance. Une anesthésie sera réalisée et un contrôle post opératoire aura lieu dans les heures ainsi que les jours qui suivent afin de fournir une analgésie adaptée aux animaux. Les animaux seront ensuite suivis quotidiennement, de la naissance à la mort, et un contrôle du poids sera réalisé une fois par semaine avant l'apparition des symptômes de la maladie, puis autant de fois que nécessaire après l'apparition des symptômes afin de contrôler précisément les points limites qui, une fois atteint, entraineront automatiquement l'euthanasie de l'animal pour éviter toute souffrance excessive.
Choix des espèces
Dans le cadre de notre projet, nous utiliserons modèle murin transgénique pour la sclérose latérale amyotrophique. Cette souche reproduit les principaux symptômes de la sclérose latérale amyotrophique à partir de 90 jours due à l’accumulation de la protéine SOD entrainant la paralysie progressive, et éventuellement la mort aux alentours de 130 jours. Nous utiliserons les nouveau-nés et les souris adultes âgées de 90 jours afin d’évaluer l’efficacité du traitement précoce et plus tardivement
Etude de l’émergence d’anomalies épileptiques chez un modèle murin de Sclérose Latérale Amyotrophique et Démence FrontoTemporale
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Jusqu'à 576 heures d'enregistrement cérébral par animal, par tranches de quatre-vingt-seize heures consécutives chaque semaine : 132 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l'issue. Celles opérées à l'âge adulte vivent seules pendant six semaines, de la chirurgie jusqu'à leurs trois mois, les électrodes implantées dans le cerveau interdisant de les garder en groupe. Le porteur indique que la moitié des souriceaux mutés meurent trois semaines après la naissance et que les autres font des crises d'épilepsie entre une et trois semaines de vie, l'objet du projet étant de caractériser ces crises. Il décrit la connexion hebdomadaire au système d'enregistrement comme "simple à réaliser et indolore", et prévoit la mise à mort des animaux surnuméraires au sevrage pour ne pas stresser leurs parents.
Objectifs
La protéine d’intérêt (PI) étudiée dans ce projet est impliquée dans la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et la démence frontotemporale (DFT). Ces maladies sont dites neurodégénératives, c’est à dire qu’elles sont caractérisées par une perte progressive des neurones. Ce projet a pour but de mieux comprendre l'implication de cette protéine PI dans la régulation de l’activité des neurones. En condition normale, elle se situe majoritairement dans le noyau, où elle a plusieurs fonctions. Le noyau est la structure qui contient l’essentiel de l’information génétique de la cellule. Il est entouré du cytoplasme, qui est une structure cellulaire dans laquelle les protéines sont produites. Ainsi, PI doit être transportée du cytoplasme (où elle est produite) jusqu’au noyau (où elle doit se trouver pour remplir ses fonctions). Ce transport est permis car PI contient un "domaine de localisation nucléaire”. Ce domaine est une région spécifique qui indique qu’une protéine doit être transportée jusqu’au noyau. En condition pathologique, PI n‘est plus transportée jusqu‘au noyau, la protéine s‘accumule donc dans le cytoplasme. Chez les souris, il est possible d’induire la SLA et la DFT en supprimant le domaine de localisation nucléaire de PI afin qu’elle ne soit plus transportée jusqu’au noyau et s’accumule dans le cytoplasme. Chez les souris et les humains, cela s’accompagne, entre autres, de défauts des neurones inhibiteurs. Ces neurones sont importants pour réguler l‘activité électrique du cerveau en l‘empêchant d‘être trop élevée. Pour comprendre le rôle des neurones inhibiteurs dans les pathologies liées à PI, il existe une lignée de souris dans laquelle PI est mutée spécifiquement dans les neurones inhibiteurs. Les premières caractérisations de cette lignée montrent que cette mutation pourrait être pertinente en dehors de l'étude de la SLA-DFT. Lorsqu’une seule copie du gène PI est mutée (l’autre restant à l’état sauvage), les souris présentent une activité électrique anormale dans le cerveau à l’âge adulte. Lorsque les deux copies du gène PI sont mutées, les souriceaux développent des symptômes qui pourraient être liés à une activité électrique anormale dans le cerveau, voire à des crises d'épilepsie. Ce projet a alors pour but d’évaluer l’activité électrique dans le cerveau de souris juvéniles et jeunes adultes, et de caractériser les possibles crises d'épilepsie.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra à court terme de mieux comprendre les mécanismes pathologiques présents chez des souris qui ont une protéine d’intérêt (PI) mutée spécifiquement dans certains types de neurones. Les neurones sont les cellules électriques du cerveau. Leur fonctionnement, et donc le fonctionnement du cerveau, peuvent être modifiés par des mutations. Ainsi, le projet permettra de savoir si l’activité électrique dans le cerveau des souris mutées est anormale avant même qu’elles ne deviennent adultes. Ces souris modélisent des maladies neurodégénératives. Or, les maladies neurodégénératives, telles que la sclérose latérale amyotrophique et la démence frontotemporale, apparaissent majoritairement à l’âge adulte mais il est possible que des altérations soient présentes dès l’enfance, voire avant. En observant des altérations chez des souriceaux et jeunes souris, ce projet soulèverait la question de possibles altérations précoces dans des maladies diagnostiquées bien plus tardivement. Ce projet permettra également d’étudier les mécanismes à l’origine des potentielles crises d’épilepsie. Ainsi, à long terme, ce projet permettra de mieux comprendre l‘implication de PI dans la régulation du fonctionnement des neurones chez l’humain. Un rapprochement pourrait alors être fait entre les pathologies connues pour être liées à PI et l’épilepsie.
Procédures
Les souris étudiées pour ce projet pourraient présenter une activité électrique anormale dans le cerveau, voire des crises d'épilepsie. Afin de vérifier cela, les souris seront étudiées et recevront les gestes techniques mentionnés ci-après. Pour savoir si les animaux sont mutants ou non, un prélèvement d’un bout d’oreille et/ou de l’extrémité distale de la queue devra être réalisé. Ce geste sera réalisé par des personnes expérimentées, sur animal vigile, une seule fois dans la vie de l’animal et durant très peu de temps (cela ne prend que quelques secondes par animal). Une chirurgie d'une heure maximum sera réalisée sous anesthésie générale et analgésie. Une seule procédure chirurgicale par animal sera réalisée. Chez les souris adultes la chirurgie sera réalisée à partir de 6 semaines (1,5 mois). A partir de ce moment, ces souris devront être isolées jusqu’à leur 12 semaines (3 mois). Elles seront donc isolées durant 6 semaines (1,5 mois) maximum. La chirurgie sera également réalisée sur des souriceaux de moins d’un mois (avant sevrage). Les souriceaux non-sevrés rejoindront le reste de la portée et leurs parents, qui auront été préparés pour éviter de les rejeter. Ils ne seront donc pas isolés. Après une période de convalescence, l’activité électrique du cerveau des animaux sera mesurée. Pour cela les souris devront être connectées à un système d’enregistrement. Cette connexion hebdomadaire est simple à réaliser et indolore pour les souris. Ces dernières seront vigiles, et pourront se déplacer librement durant le test. Pour les souriceaux, ces tests auront lieu sur 5 jours consécutifs, d’abord durant 1h par jour puis en augmentant progressivement cette durée jusqu’à 3h par jour. Au maximum, les souriceaux réaliseront 5 enregistrements par semaine, soit (5 enregistrements x 3h)15h d’enregistrement par semaine . Pour les souris adultes les tests auront lieu (4 enregistrements *24h) sur 96 heures consécutives par semaine jusqu’à leur 3 mois. Au maximum, les souris adultes réaliseront (6x96h) 576 heures enregistrements. A la fin du projet, les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire.
Impact sur les animaux
une partie des souriceaux mutés sont systématiquement plus petits et plus légers que leurs congénères appartenant aux mêmes portées. Par ailleurs, ces souriceaux développeront potentiellement des crises d’épilepsie lorsqu’ils auront entre une et trois semaines. Les premières caractérisations de la lignée montrent que ces souris ont parfois des phases d'absence ou de baisse d’activité. Ces phases sont courtes, le plus souvent suivies par une période où le souriceau redevient actif, et les mères continuent de s’occuper des souriceaux même quand ils sont peu actifs. La moitié de ces souriceaux mutés décèderont trois semaines après la naissance. En revanche, les souris mutées adultes ne présentent pas de symptômes indésirables visibles. Lors du prélèvement (du bout d’oreille ou de l’extrémité de la queue) pour déterminer si l’animal est muté ou non, il pourra ressentir une légère et brève douleur. La chirurgie pourrait créer de l’inconfort et des douleurs, qui seront suivies de près par les expérimentateurs et personnels de soin animalier. Pour mesurer l‘activité électrique du cerveau, les animaux devront être isolés. Pour les souriceaux, il pourrait y avoir un stress et un inconfort lié à l’absence de leur mère. En dehors des phases de test, le protocole mis en place permettra aux souriceaux et à leurs parents d’être hébergés ensemble, ce qui aura un effet bénéfique sur l’ensemble des animaux. A l’inverse les souris opérées à l’âge adulte devront être isolées dès la chirurgie et le resteront pendant la durée de l’étude jusqu’à l’âge de trois mois.
Devenir
Les animaux nécessaires à l’étude seront produits grâce à des accouplements contrôlés, les animaux surnuméraires seront euthanasiés au moment du sevrage (c’est-à-dire lorsqu’ils auront 3 à 4 semaines) pour ne pas stresser leurs parents. Les animaux inclus dans les procédures de chirurgie et enregistrements seront euthanasiés à la suite de la détection de crises épileptiques, ou à l’âge de trois mois maximum si aucune crise ne survient. Ils ne peuvent pas être gardés en vie et réutilisés après ce projet car ils auront des électrodes implantées dans le cerveau. Les parents seront euthanasiés à la fin de l’étude car ils n’auront plus l’âge de se reproduire.
Remplacement
Avec ce projet nous souhaitons étudier l'implication d’une protéine dans la régulation de l’activité électrique du cerveau. Plus précisément, il s’agira de définir si une mutation, lorsqu’elle a lieu dans un type cellulaire spécifique, entraine la survenue de crises d’épilepsie. Nous ne pouvons pas étudier cela avec des cultures cellulaires car elles ne reproduisent pas toutes les propriétés des crises d'épilepsie observées dans un cerveau entier. La modélisation informatique nécessite des données expérimentales encore manquantes et ne nous permet donc pas, pour le moment, de répondre à notre question scientifique. Sachant cela, l’utilisation d’un organisme entier est nécessaire. Cependant, nous ne pouvons pas étudier la mutation d’intérêt chez l’humain car il faudrait s’assurer que la mutation soit présente uniquement dans les cellules qui nous intéressent (ce qui n’est possible qu’avec une étude post-mortem), tout en mesurant l’activité électrique du cerveau des sujets vivants. Finalement, l’utilisation d’animaux est nécessaire afin de reproduire à la fois la complexité du système nerveux et la complexité comportementale.
Réduction
Nous veillerons à générer le minimum d'animaux nécessaires à la constitution des groupes expérimentaux en vue de produire des conclusions scientifiques statistiquement fiables. Au total nous aurons 132 animaux inclus dans le projet, dont 12 reproducteurs et 35 souris opérées. La taille des effectifs a été établie grâce à un calcul statistique. Ce dernier pourra être ajusté selon les premiers résultats, selon les différences observées entre chaque groupe et la possible variabilité au sein d’un même groupe. Une fois les données récoltées, des tests statistiques seront utilisés pour assurer une interprétation fiable des résultats.
Raffinement
Les animaux sont hébergés selon les normes en vigueur concernant la taille des cages, le nombre d‘animaux par cage, la température ambiante, le taux d‘humidité, les cycles de lumière, et l’accès à l’eau et à la nourriture. Les cages seront enrichies d’un nid de coton et, si besoin d’une maison en carton. Le prélèvement du bout d’oreille ou de l’extrémité de la queue (pour savoir si les animaux sont mutants ou non) est rapide, parfaitement maitrisé et pratiqué au calme. Il a lieu au même moment que l’identification pour limiter la manipulation de la portée. Le matériel est propre et désinfecté entre chaque animal pour limiter le risque d’infection et de contamination. Le transport des animaux sera réalisé selon les normes en vigueur et avec un transporteur agréé. Les symptômes que pourraient développer les souris ne sont pas encore complètement caractérisés, c’est pourquoi les animaux seront étroitement surveillé par le personnel de soin animalier et les expérimentateurs. Des points limites ont été définis et seront respectés pour éviter toute souffrance des animaux. Avant la chirurgie, des phases d’habituation permettront aux souriceaux et à leurs parents de découvrir les gestes et matériaux nécessaires pour l’opération. Lors de la chirurgie et après, une prise en charge anesthésique et analgésique adaptée sera assurée. Une fois anesthésié, les animaux seront maintenus à bonne température et leurs yeux seront protégés pour qu’ils ne se dessèchent pas. Suite à la chirurgie, les animaux feront l’objet d’un suivi postopératoire avec une surveillance rapprochée jusqu’à leur réveil complet. L’expérimentateur et le personnel de soin animalier réaliseront ensuite une surveillance quotidienne étroite pendant une semaine. Un médicament antidouleur sera administré toutes les 12h. Si nécessaire, ce traitement pourra être prolongé jusqu’au rétablissement de l’animal. Après la chirurgie, les animaux seront pesés chaque jour pendant une semaine, puis une fois par semaine pour s‘assurer qu‘ils ne perdent pas de poids.
Choix des espèces
Ce projet sera mené avec des souris, qui sont encore aujourd’hui l’un des modèles animaux les plus pertinents dans le domaine de la recherche sur les maladies neurodégénératives et l’épilepsie. Ce choix a été motivé par des raisons scientifiques : 1) Cette étude nécessite des modifications génétiques très précises (mutation d’une protéine d’intérêt dans un seul type de cellules du cerveau). 2) Avoir une lignée pure, dont certaines caractéristiques génétiques sont stables, homogènes et utilisées dans les laboratoires du monde entier, permet de pouvoir comparer et reproduire des résultats. De cette façon, le nombre d’animaux nécessaires est réduit. 3) Cette espèce est largement utilisée pour étudier les crises d’épilepsie. Elle a été explorée de manière exhaustive, du niveau moléculaire jusqu‘à l‘échelle du comportement animal. Cela permet d‘avoir une solide base scientifique sur laquelle le projet se repose. 4) Les rongeurs ont un cerveau qui génère des activités électriques et des crises d’épilepsie dont les mécanismes pathologiques, au niveau moléculaire et cellulaire, sont similaires à l'humain. Les procédures seront réalisées sur des animaux de 7 jours (prélèvement pour savoir si les animaux sont mutés ou non) à 3 mois (euthanasie). Pour une partie des animaux, la chirurgie aura lieu quand ils auront 12 à 14 jours. Pour l’autre partie, la chirurgie sera réalisée quand les animaux auront 6 semaines (1,5 mois).
Etude de l’évolution du profil des macrophages lors d’un changement de régime alimentaire causant le diabéte chez la souris
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système immunitaire
20 440 souris vont être utilisées, chacune pouvant subir jusqu'à onze prélèvements de sang, six injections intrapéritonéales, un régime alimentaire de une à vingt semaines, deux mises à jeun et un gavage, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Les régimes servent à provoquer obésité, athérosclérose et stéatose du foie chez des souris déjà modifiées génétiquement, pour suivre le comportement des macrophages. Toutes les souris en expérimentation sont tuées pour analyse, et le porteur ajoute que les femelles non mises en accouplement et celles dont le génotype ne convient pas sont tuées au sevrage. Le bénéfice annoncé tient en une phrase sur la progression du diabète de type II, quand le raffinement se limite à deux lignes sur des "conditions optimales" et des points limites "adaptés".
Objectifs
L’objectif du projet est de mieux comprendre les mécanismes mis en jeu dans les différents problèmes médicaux engendrés par le diabète de type II (obésité, athérosclérose, stéatoses hépatiques, etc.). Pour cela les souris, en plus de leur modification génétique sur des gènes clés, seront soumises à différents régimes alimentaires afin d’induire les pathologies. Nous pourrons ainsi déterminer quels sont les cibles privilégiées pour envisager de nouvelles thérapies.
Bénéfices attendus
Améliorer la compréhenstion du rôle des cellules immunitaires dans les mécanimes des maladies impliquées dans le diabète de type II est primordial. En effet cette maladie, qualifiée d'épidémie mondiale sur le site du ministère de la santé et de la prévention, est en constante progression.
Procédures
• Biopsie extrême pointe de la queue : 1 fois par animal, 2-3 secondes. • Prélèvement de sang : maximum 11 fois par animal, 2-3 secondes. • Prélevement sanguin en sub-mandibulaire maximum 6 fois par animal, 2-3 secondes• Régime alimentaire : " durée entre 1 et 20 semaines. • Injection intrapéritonéale (IP) : 6 injections, 2-3 secondes. A la fin du régime : • Mise à jeun : une fois 12h et une fois 6h. • Gavage : une fois par animal, 5-10 secondes.
Impact sur les animaux
• Biopsie extrême pointe de la queue : douleur légère de courte durée • Prélèvement de sang en sub mandubulaire et à l'extrémité de la queue sur animal vigile : douleur modérée au moment de la réalisation du geste. • Anesthésie gazeuse : légère hypothermie possible • Régime alimentaire : les animaux vont prendre ou perdre du poids • Injection intrapéritonéale (IP) : douleur légère de courte durée. A la fin du régime : • Mise à jeun : Jeun de courte durée: stress et sensation de faim. • Gavage : stress de courte durée.
Devenir
Tous les animaux en expérimentations seront mis à mort pour analyses. Les femmelles non-mises en accouplement et les souris n'ayant pas le bon génotype seront mis à mort au moment du seuvrage.
Remplacement
Dans le cadre de l'étude des réponses du système immunitaire à des régimes alimentaires (mimants les maladies induites par le diabète de type II), nous avons besoin d'analyses ces variations à l'échelle d'un organisme entier. En effet, les régimes alimentaires vont provoquer des modifications dans les tissus gras, le foie et la pancréas. Nous ne pouvons pas étudier ces effets sans utiliser le modèle animal.
Réduction
Le nombre de souris est réduit à son minimum. De nombreux tissus seront collectés après mise à mort, afin d'approfondir les études. Chaque souris génèrera donc de nombreuses informations.
Raffinement
Les animaux seront maintenus dans des conditions optimales pour leur bien-être. De plus,nous avons mis en place des points limites adaptés.
Choix des espèces
La souris est le modèle de référence dans l'étude de l'obésité et du diabète, en effet les gènes impliqués dans l’obésité et le diabète (dont les gènes de l'inflammation chronique) jusqu’à présent identifiés sont très proches chez la souris et chez l’Homme. De plus la souris est un modèle permettant l'obtention relativement rapide du nombre d'individus suffisant. La souris est également un modèle pour lequel il existe beaucoup d’outils disponibles : modification du génome pour créer les meilleurs modèles d'études possible, méthodes d'analyses des tissus prélevés, etc. L'ensemble de ces critères font de la souris le modèle optimal pour répondre aux questions du présent projet. Les animaux seront inclus à partir de l'age de 8 semaines, ce qui correspond à l'age jeune adulte chez la souris.
Etude collaborative de l’impact de l’insuffisance cardiaque sur la sévérité du Covid 19 et de l’efficacité de son traitement chez la souris (EU2/2)
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
- Système immunitaire
Rendues insuffisantes cardiaques par une chirurgie de cent dix minutes dans un premier établissement, puis transportées vers un second, 92 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles y reçoivent un traitement ou un placebo par voie orale, puis une suspension de SARS-CoV-2 dans le nez, avant d'être tuées pour prélever leurs organes. Ce qui est fait pendant l'opération de cent dix minutes n'est jamais précisé, alors que le RNT annonce un infarctus du myocarde et une insuffisance cardiaque installée, et qu'il affirme qu'aucun effet indésirable n'est attendu des échographies des huit semaines suivantes. Sur le remplacement, le porteur conclut à la "nécessité" de réaliser l'étude in vivo, aucune approche in vitro ne reproduisant selon lui l'ensemble d'un processus d'infection.
Objectifs
Les coronavirus sont une grande famille de virus qui provoquent des maladies allant du simple rhume à des maladies respiratoires très graves. Au 2 février 2022, sur un total de plus de 376 millions d'infections liées au coronavirus (COVID-19) dans le monde, 5,6 millions sont décédées à ce jour, dont plus de 128 000 en France. 73% des victimes du coronavirus en France avaient 75 ans ou plus. Le type le plus courant de maladie associée entraînant la mort après une infection par le coronavirus SRAS-Cov-2 est la maladie cardiaque. En effet, près d’un tiers des personnes décédées du Covid-19 souffraient de maladies cardiovasculaires, dont l'insuffisance cardiaque était majoritaire. Les maladies cardiovasculaires préexistantes ont été proposées pour identifier les patients à risque plus élevé de résultats indésirables de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), mais les preuves existantes sont contradictoires. Ainsi, il n'est pas clair si les maladies cardiovasculaires préexistantes sont indépendamment des facteurs prédictifs importants de COVID-19 sévère et encore plus importants pour le succès du traitement. Il a été montré que les maladies cardiovasculaires préexistantes entraînent une inflammation accrue et un risque de lésion myocardique lors de l'infection chez la souris, ce qui est cohérent avec les observations chez l'Homme. Une autre stratégie est l'induction de maladies cardiovasculaires, comme proposé dans ce projet. Dans ce contexte, l'objectif du projet est de tirer parti de la complémentarité des centres de recherche nationaux pour évaluer les effets des maladies cardiaques sur la sévérité de l'infection par le Covid19 et l'efficacité des thérapeutiques antivirales dans les conditions cardiovasculaires à l'aide d'un outil préclinique murin. Chronologiquement, un premier établissement de recherche va générer des animaux insuffisants cardiaques (avec les mêmes atteintes que celles développées chez les patients), puis dans un deuxième temps, un autre établissement de recherche va étudier les effets des traitements et de l’infection par le COVID-19 chez cette population de souris.
Bénéfices attendus
Les bénéfices de ce projet se situent à différents niveaux : 1) Répondre au besoin de recherche sur la compréhension des mécanismes de la maladie grave dans la population touchée par le COVID-19, 2) Élaborer la preuve de concept pour offrir de nouveaux modèles expérimentaux plus proche de la clinique, 3) Délivrer un service basé sur des expertises complémentaires, en évitant de dupliquer investissements et expérimentations, 4) Évaluer l'impact de l'infection du covid-19 chez les patients souffrants de maladies cardiovasculaires. Il reste encore beaucoup à apprendre sur le rôle des maladies cardiovasculaires dans le COVID-19 humain, et les modèles animaux atteints de maladies cardiovasculaires sont fondamentaux pour déterminer le rôle de l'infection par rapport aux maladies cardiovasculaires dans la gravité de la maladie. Ces efforts peuvent également conduire à la conception et évaluation de thérapies antivirales, anti-inflammatoires et vaccinales spécifiques contre le COVID-19 sévère qui fonctionnent le mieux dans le contexte de conditions médicales particulières.
Procédures
Au sein de l’établissement EU1, chaque animal sera soumis sous anesthésie à : 1) une échographie cardiaque préopératoire (20 min), 2) une procédure chirurgicale (110 minutes), 3) une échographie cardiaque à 8 semaines (20 min). 4) envoi des animaux à l’établissement partenaire. Au sein de l’établissement EU 2 , chaque animal sera soumis sous anesthésie à : 1) une administration du traitement ou du placebo par voie orale (20 min), 2) une administration intranasale d’une suspension virale (20 min), 3) des prélèvements d’organes pour des études d’infection virale (30 min).
Impact sur les animaux
Les souris subiront un infarctus du myocarde et des symptômes d’insuffisance cardiaque conséquente à la maladie. Nous nous attendons à un cœur plus gros et un remplissage du cœur diminué, raison de l’étude. Aucun effet indésirable n’est attendu en réponse aux examens échographiques (non invasifs) sur la période considérées (8 semaines). Les animaux insuffisants cardiaques seront ensuite envoyés vers l’EU 2 par un transporteur agréé. Aucune perte n’a été notée jusqu’à ce jour, et une procédure est en place pour limiter le stress des animaux. Les souris subiront aussi une infection avec le virus SarsCov2 et des symptômes de la maladie. Sous anesthésie, les souris subiront des injections intranasales pour tester l’efficacité des traitements contre les effets du covid-19, finalité de l’étude.
Devenir
A la fin des procédures expérimentales décrites ci-dessus, les animaux seront mis à mort pour les prélèvements des organes.
Remplacement
Notre étude ayant pour but d'établir une nouvelle stratégie d’étude du Covid-19 en association à différentes maladies cardiovasculaires et d'évaluer son impact à long terme sur l’efficacité de traitement contre la maladie virale, il apparait ainsi pertinent d'effectuer ces analyses sur l'animal entier et non sur des modèles in vitro. Il n’y a pas de méthode sans l’utilisation de modèle animal permettant d’atteindre l’objectif visé de cette étude. À l’heure actuelle, aucune approche in vitro ne permet de reproduire de façon satisfaisante l’ensemble des phénomènes impliqués dans un processus d’infection de l’initiation au développement de la pathologie et au suivi de la réponse immune.
Réduction
Les groupes d’animaux ont été réduits au minimum de telle manière que les échantillons récupérés (n=5) soient suffisamment nombreux et donc représentatifs du groupe, afin que les données récoltées soient robustes statistiquement. En effet, si les groupes sont constitués de trop peu d’individus, la puissance statistique des données sera trop faible pour en tirer une conclusion fiable, ce qui impliquerait de répéter l’expérience et donc d’impliquer de nouveaux animaux. Il en va de même pour les animaux utilisés pour le suivi et la survie (n=13). De plus, dans cette étude, un groupe « témoin » (groupe 2, voir Annexe 1) ne portant pas de maladie cardiovasculaire est impliqué (constitué du même nombre d’animaux que le groupe 1 « test » soit n=36), et pourra être utilisé comme contrôle pour plusieurs prestations. Cela permettra de réduire grandement le nombre d’animaux utilisés sur le long terme dans les recherches. Le nombre utilisé pour ces expériences est de 6 animaux par génotype et par lot expérimental afin d’avoir des données statistiques robustes et de limiter le nombre d’expérience.
Raffinement
Les souris seront hébergées par groupe de 5 pour éviter le stress de l’isolement et les cages seront systématiquement enrichies par l’ajout de plusieurs éléments, notamment de la nourriture hydratée dès que nécessaire pour pallier toute perte de poids et/ou déshydratation durant leur hébergement. Les souris en expérimentations seront observées quotidiennement par le personnel formé et qualifié en charge de l’expérimentation. L’utilisation de grille de score journalier permettra de définir les soins à mettre en œuvre aux premiers signes de souffrance chez les souris sur la base de points limite définis. Selon le cas, le vétérinaire référent et le chef de projet sont prévenus pour décider, soit de soins/analgésie adaptés et compatibles avec le projet, soit de la mise à mort précoce de l'animal. L’expérimentation est optimisée en amont par le choix de modèle utilisé, la planification de protocole pour éviter le stress et mise en place des points limites (ou critère d’arrêt anticipé) de la procédure comme décrits ci-dessus. Le raffinement est également mis en place pendant l’expérimentation et il concerne les méthodes et les procédures des soins adéquats pendant et après l’infection ; l’anesthésie/analgésie et les procédures d’euthanasie appropriées.
Choix des espèces
La physiologie et la génétique de la souris étant « proches » de celles de l’Homme, nous avons choisi de réaliser l’ensemble de nos expériences chez cette espèce animale. Notre objectif principal est de comprendre l’effet des comorbidités à la susceptibilité à l’infection avec Sars Cov 2. Un modèle murin donnera non seulement des informations clés sur la physiopathologie du Covid19, mais servira également de plateforme d'évaluation préclinique à haut débit pour identifier des antiviraux et des vaccins performants, essentiels pour les essais humains en aval. Les nombreux travaux et les publications ont validé l’utilisation de modèle de la souris étant adapté pour comprendre et avancer la pathologie de COVID19. À l’heure actuelle, aucune approche in vitro ne permet de reproduire de façon satisfaisante l’ensemble des phénomènes impliqués dans un procès d’infection de l’initiation au développement de la pathologie et au suivie de la réponse immune. Ces différents arguments soulignent la nécessité de réaliser notre étude in vivo avec des modèles de souris. Il n’y pas de méthode sans l’utilisation de modèle animal permettant d’atteindre l’objectif visé de cette étude. Nous prévoyons d’utiliser des animaux âgés de 8 à 12 semaines. Il s'agit ici d'un âge moyen le plus souvent utilisé pour les études dans le domaine dans la littérature.
Etude de l’impact d’une exposition fœto-maternelle au chlordécone sur le système nerveux nigro-strié de la souris et lien avec les syndromes Parkinsoniens – EU 2/2
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
96 souris exposées au chlordécone, pendant la gestation ou à l'âge adulte, vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, toutes tuées pour prélever leur système nerveux central. Quarante-huit d'entre elles passent une heure d'imagerie cérébrale sous anesthésie, avec six minutes de stimulation visuelle et trente-cinq minutes de stimulation pharmacologique par injection. Les quarante-huit autres enchaînent trois tests répétés jusqu'à six fois, motricité fine, olfaction après seize heures de privation de nourriture, puis anxiété et motricité générale, le projet se répartissant sur deux établissements avec un transport entre les deux. Le porteur écrit que les modalités d'exposition sont "présumées ne pas induire d'effets indésirables", et que des organoïdes existent mais ne sont "pas encore développés au laboratoire".
Objectifs
Le chlordécone est un insecticide organochloré utilisé aux Antilles pour lutter contre le charançon noir, un insecte ravageant les bananeraies. Compte tenu notamment de sa neurotoxicité à des doses élevées cet insecticide a été interdit dans les années 90. Malheureusement, cet insecticide est très persistant et a contaminé durablement l’environnement, les animaux et la population Antillaise. Pour l’heure les effets neurologiques éventuels d’une exposition à long terme sont mal connus. Toutefois, plusieurs éléments suggérant un effet délétère existent, notamment sur le neuro-développement chez les jeunes garçons nés de mères exposées. De plus, l’heptachlore, un autre insecticide organochloré à l’origine d’une contamination environnementale et humaine à Hawaï a un effet délétère chez la souris dans les régions du cerveau atteintes lors de la maladie de Parkinson et a été associé à des lésions cérébrales chez l’homme. L’objectif scientifique du projet est l’étude de l’effet sur la viabilité et la physiologie des neurones du système nerveux central chez des souris après une exposition au chlordécone par voie alimentaire chez la souris adulte d’une part et d’autre part après une exposition au chlordécone au cours de la période foeto-maternelle. Il s’agit d’un projet multisite qui se déroulera dans 2 établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
La finalité de ces approches est d’évaluer un lien potentiel entre une exposition au chlordécone et le déclenchement ou l’accélération de la maladie de Parkinson et de documenter les évènements physiopathologiques associés à ce mode d’exposition.
Procédures
Dans l’établissement utilisateur 2 : l’Imagerie cérébrale est réalisée une fois sur 48 animaux : elle est réalisée sous anestésie générale. La procédure complète dure environ 1 heure et comprends 6 minutes de stimulation visuelle et 35 minutes de stimulation pharmacologique via une injection intra-péritonélae. Dans l’établissement utilisateur 1 : les 48 autres animaux sont soumis à trois tests comportementaux : le premier test mesurant la motricité fine dure 10 minutes et est répété 6 fois (3 habituations et 3 tests) ou 2 fois (1 habituation et 1 test) selon le groupe d’étude, le second test évaluant les capacités d’olfaction dure 10 minutes (après une privation de nourriture de 16 heures) et est répété 2 fois ou 1 fois selon le groupe d’étude et le dernier test mesurant l’anxiété et la motricité générale dure 15 minutes et est répété 3 fois ou 1 fois selon le groupe d’étude.
Impact sur les animaux
Une procédure expérimentale similaire a déjà été mise en oeuvre au laboratoire sur une durée de 4 mois mais à l’aide d’une exposition par injection intrapéritonéale et aucun signe de souffrance n’a été détecté, pas de perte de poids ni de décès chez les souris mâles exposées. Les modalités d’exposition sont présumées ne pas induir d’effets indésirables. L’ensemble des interventions sont susceptibles d’engendrer des nuisances de classes légères aux animaux : -Les tests comportementaux peuvent potentiellement induir un stress pour les animaux -Les perfusions intra-cardiaque représentent un risque de souffrance lors de l’injection des produits anésthésiants -Le transport des animaux vers le second etablissement utilisateur peut induir un stress -L’anesthésie, la contention et la stimulation chimique lors de la réalisation de l’imagerie cérébrale peuvent induir à la fois un stress de l’animal et de la souffrance
Devenir
L'objectif de ce projet est l'étude de l'effet neurotoxique du chlordécone, pour ce faire il est nécessaire d'euthanasier les animaux afin de disposer du système nerveux central.
Remplacement
A ce jour, le remplacement complet de ce modèle d’étude n’est pas envisageable. Il existe des modèles d’étude utilisant des lignées de cellules neuronales mais ces derniers ne permettent pas d’étudier l’effet d’une exposition sur les interconnexions neurales ou l’impact sur les cellules gliales. Des travaux plus récent proposent l’utilisation d’organoïdes, ces approches sont prometteuses mais pas encore dévelopées au laboratoire.
Réduction
Le nombre de souris est réduit jusqu’au nombre d’animaux minimal permettant d’attendre des résultats statistiquement significatifs dans les différentes approches proposées.
Raffinement
Conformément aux exigences de raffinement, les expérimentations ont été optimisées afin de réduire la douleur au minimum, les animaux sont suivis quotidiennement et hébergés dans un environnement enrichi. En début de procédure, à la réception des animaux au laboratoire, un temps d’acclimatation d’environ 2 semaines est respecter. Un temps d’acclimatation est également respecté lors du transfert des animaux dans le second établissement utilisateur. Pour les animaux soumis aux tests comportementaux une étape d’habituation est également prévue. De plus, le personnel est attentif à la planification de ces tests afin de ne pas soliciter plus de 3 fois les animaux dans la même semaine. Cette alimentation supplémentée en Chlordécone n’a jamais été utilisée dans notre laboratoire en conséquence la quantité de nourriture ingérée par cage chaque semaine sera monitorée en plus du suivi du poids des animaux afin d’identifier le plus tôt possible un défaut d’appétence des croquettes
Choix des espèces
Les souris utilisées sont des souris conventionnelles C57Bl/6, cette lignée de souris est fréquemment utilisée dans les études du système dopaminergique. En effet, la physiologie de cette population neuronale est proche de celle de l’espèce humaine et la taille de sa population autorise des dénombrements précis. Par ailleurs cette lignée a déjà été utilisée dans notre laboratoire, nous pourrons ainsi comparer les résultats obtenus avec nos premiers résultats après deux et quatre mois d’exposition par injection intra-péritonéale. Le projet prévoit d’utiliser des souris adultes à l’âge de 2 mois au début du protocole d’exposition, ceci nous permettra de comparer les résultats de cette voie d'exposition avec notre projet précédent dans lequel les souris avaient subi une exposition similaire mais par voie intrapéritonéale. Le deuxième groupe d'animaux est constitué de souris exposées tout au long de la période de gestation et maintenues soit jusqu’à la fin de la période de sevrage soit jusqu'à l'âge de 2 mois. Cette partie du projet permettra d'obtenir des données quant à l'effet d'une exposition au chlordécone au cours de cette période du dévellopement.
Mise en évidence du rôle des vaisseaux à endothélium épais associés aux tumeurs (TA-HEV) dans le recrutement des lymphocytes B dans les tumeurs de souris (Mus musculus)
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système immunitaire
Après une injection de cellules tumorales dans la veine de la queue, des souris développent des nodules pulmonaires qui peuvent causer des douleurs, des difficultés respiratoires, une prostration et l'arrêt du toilettage. 1 794 souris de 6 à 10 semaines vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère : selon les groupes, une injection sous anesthésie ou sous simple analgésie locale, puis trois ou quatre injections éveillées, et pour 54 d'entre elles une chirurgie suivie de 1 à 3 heures de microscopie intravitale. Le porteur affirme que le point final de chaque expérience "se situe bien avant d'atteindre les points limites", pour des procédures qu'il déclare pourtant en souffrance sévère. Toutes sont tuées pour des prélèvements de tumeurs ou d'organes, ou à l'issue d'une chirurgie prolongée, et 810 d'entre elles reçoivent encore une injection éveillées une heure avant leur mise à mort.
Objectifs
Les traitements par l’immunothérapie anti-cancéreuse ont révolutionné le traitement de nombreux cancers. Cependant, ces traitements ne sont pas efficaces chez tous les patients. Les vaisseaux à endothélium épais associés aux tumeurs (TA-HEV) sont des vaisseaux sanguins particuliers présents dans les tumeurs murines et humaines. Ils sont les portes d’entrées majeures des lymphocytes dans les tumeurs aux cours de l’immunité antitumorale et lors de traitements combinés d’immunothérapie (anti-CTLA-4 et anti PD-1). De plus, un traitement augmentant la fréquence et la maturité de ces vaisseaux induit une meilleure réponse à l‘immunothérapie dans des modèles précliniques murins. Enfin, dans les tumeurs fortement infiltrées par les cellules immunitaires ou tumeurs « chaudes », la présence de lymphocytes B et de structures lymphoïdes tertiaires (TLS) riches en lymphocytes B dans les tumeurs est souvent associée à une bonne réponse à l’immunothérapie. Cependant, les mécanismes qui régulent l’entrée des lymphocytes B dans ces tumeurs restent inconnus. L’objectif de ce projet est donc d’étudier le rôle de ces vaisseaux dans l’infiltration des lymphocytes B et la formation des TLS dans les tumeurs « chaudes » traitées par immunothérapie.
Bénéfices attendus
Ce projet devrait permettre de mieux caractériser le rôle des vaisseaux à endothélium épais associés aux tumeurs dans l'établissement de structures lymphoïde tertiaires (TLS). Ces TLS sont des structures qui ressemblent en partie à nos ganglions lymphatiques et leur induction et leur développement pourrait favoriser la réponse immunitaire anti-cancéreuse.
Procédures
540 souris subiront une injection en vigile sous analgésie locale (1-2 minutes), ces 540 animaux subiront aussi quatre injections en vigile (environ 10 secondes par injection). 1200 souris subiront une injection sous anesthésie (2-3 minutes) ainsi que trois injections en vigile (environ 10 secondes par injection). 810 souris parmi ces 1200 inclus subiront en plus, 1h avant leur mise à mort, une injection en vigile sous analgésie locale (1-2 minutes). 54 souris subiront une injection sous anesthésie (2-3 minutes), ces 54 animaux subiront trois injections en vigile (environ 10 secondes par injection). Ces 54 animaux seront anesthésiés avant la pose d’un cathéter, puis subiront une chirurgie nécessaire à la microscopie intra vitale, cette procédure dure moins d’1h, l’imagerie quant à elle dure en moyenne une heure pour la microscopie intravitale à champ large et de 2 à 3h pour la microscopie intravitale multiphoton.
Impact sur les animaux
Pour les modèles de développement de tumeurs au niveau des poumons, l’injection des cellules tumorales dans la veine de la queue peut induire une douleur modérée et la contention de l'animal pour cette injection peut entrainer du stress. L’évolution du cancer se manifeste par une apparition de nodules au niveau des poumons ce qui peut causer des douleurs, des difficultés respiratoires et une dégradation de l’état des animaux (absence de toilettage, prostration, lenteur dans les mouvements…). Pour les modèles de tumeurs développées, l’injection des cellules tumorales peut provoquer du stress chez l'animal. Le développement tumoral peut aussi causer des douleurs et une dégradation visible de l’état des animaux (absence de toilettage, prostration, lenteur dans les mouvements…). Les traitements d'immunothérapie peuvent avoir des effets indésirables identiques à ceux observés chez l'homme avec une inflammation et une auto-immunité.
Devenir
L’ensemble des animaux est mis à mort pour des prélèvements de tumeurs ou d’organes ou bien à l’issue d’une chirurgie prolongée ne permettant pas de réutilisation des animaux
Remplacement
Les procédures réalisées sur l’animal dans le contexte de ce projet ne peuvent pas être remplacées par des méthodes expérimentales alternatives. En effet, il n’est pas possible à l’heure actuelle de disposer de modèles in vitro permettant d'intégrer à la fois le système immunitaire, le développement d'une tumeur et le système vasculaire sanguin. De plus les vaisseaux auxquels nous nous intéressons dans ce projet ne conservent pas leur caractéristiques en dehors d'un organisme vivant.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisé pour chaque expérience a été déterminé à partir de nos études antérieures et de la littérature scientifique. Il est de 15 animaux maximum pour chaque groupe afin d’avoir un nombre suffisant d’animaux pour mettre en évidence des différences significatives statistiquement, en utilisant des tests de comparaison de moyennes multiples appropriés. Le projet est conçu avec une hiérarchie des procédures où la réalisation d’une procédure ultérieure n’est possible que si les résultats des procédures précédentes le justifient.
Raffinement
La stratégie de raffinement se base premièrement sur une connaissance approfondie du développement tumoral des modèles : les résultats d’expériences précédemment établies et publiés nous permettent de connaître précisément le moment où la réponse immunitaire anti tumorale est maximale et nous ont permis d'établir le point final de chaque expérience qui se situe bien avant d'atteindre les points limites. Le suivi des animaux sera réalisé quotidiennement par les expérimentateurs et des soigneurs en suivant une grille des scoring conçue spécifiquement pour ce projet. Les méthodes d’expérimentation et d’hébergement sont optimisées pour réduire au maximum le stress et la douleur causée par les procédures. Les injections intraveineuses sont réalisées sous anesthésie locale et avec un matériel de contention dédié et optimisé pour ces injections.
Choix des espèces
La souris est un organisme modèle génétiquement proche de l’être humain, ce qui en fait un modèle préclinique de choix très utilisé dans les domaines de la cancérologie et de l’immunologie. L'étude présentée ici nécessite aussi l'utilisation d'un modèle mammifère car les ganglions lymphatiques sont apparus tardivement au cours de l'évolution. Pour toutes les procédures, des souris âgées de 6 à 10 semaines seront utilisées car à ce stade, ces animaux ont un système immunitaire mature.
Rôle de l’activité d’une protéine membranaire dans un modèle épileptique chez la souris. 2/2
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Deux injections dans le crâne à un jour de vie, une biopsie avant le sevrage, quinze injections de traitements entre le dixième et le vingt-cinquième jour, une chirurgie de trente minutes pour poser un transmetteur à l'âge adulte, puis une dernière opération de dix minutes sans réveil. 2 605 souris vont être utilisées, toutes tuées pour prélever leurs tissus, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour une partie et sévère pour 1 440 d'entre elles. Le projet crée des lignées porteuses d'un canal modifié afin de provoquer des crises d'épilepsie et d'étudier la sclérose tubéreuse de Bourneville. Le porteur résume les atteintes attendues en deux lignes, la survenue de crises d'épilepsie et des irritations dues aux injections répétées, sans décrire la fréquence ni l'intensité des crises, ni les points limites qui déclencheraient la mise à mort.
Objectifs
Notre objectif est de mettre en place des modèles de souris porteurs d'un canal modifié dans le cerveau. Ces modèles nous permettront de mieux comprendre les mécanismes conduisant à des désordres neurologiques et des crises épileptiques.
Bénéfices attendus
L'établissement de modèles murins pertinents avec atteintes cérébrales permettra de mieux comprendre la physiopathologie de la sclérose tubéreuse de Bourneville et de découvrir des mécanismes génétiques responsables du développement du cerveau et de la formation des crises d’épilepsie. Il permettra d’identifier de nouveaux biomarqueurs potentiellement impliqués dans la sclérose tubéreuse de Bourneville et dans d’autres pathologies neurologiques et de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les patients réfractaires aux traitements actuels.
Procédures
-2 injections chez le nouveau-né à P1 (2 min) -biopsies avant le sevrage à P21 (10 secondes) -15 injections de traitements pharmacologiques entre P10 et P25 (3 minutes) -chirurgie pour installation d’un transmetteur de 30 min à l’âge adulte -chirurgie sans réveil de 10 minutes à l’âge adulte
Impact sur les animaux
-survenue de crises d’épilepsies -irritations dues aux injections répétées
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour prélever les tissus.
Remplacement
Le développement du cerveau et l’épilepsie sont des processus biologiques complexes où de nombreux types cellulaires communiquent entre eux en 3 dimensions. Aucun modèle in vitro ne peut mimer à ce jour ces processus. Les modèles animaux sont nécessaires pour évaluer les altérations moléculaires à la base des maladies et les interactions avec les différents organes et le système immunitaire.
Réduction
L'analyse de paramètres multiples par souris et l'utilisation de tests statistiques adaptés permettront de réduire le nombre de souris utilisées à son minimum. En se basant sur les résultats de la litterature et notre expérience au laboratoire nous avons calculé que n=6 individus par groupe est nécessaire pour obtenir des résultats exploitables et signitificatifs.
Raffinement
Les souris seront surveillées quotidiennement par les membres formés et qualifiés de l'animalerie afin de détecter tout signe de douleur ou de maladie ainsi que les weekends par les personnes d'astreinte. Les souris bénéficieront d'un enrichissement. Les souris seront hébergées par 5 en cage ventilée. Les responsables du projet formés aux gestes tiendront une fiche d’observation des points limites au cours de la procédure. Le volume des injections sera réduit au minimum possible. Pour éviter une irritation, une solution apaisante sera appliquée. Pendant les différentes chirurgies, les animaux seront sous anesthésie générale avec analgésie.
Choix des espèces
Voici plusieurs facteurs qui justifient le choix de la souris : 1) tous les gènes d'intérêt, jusqu’à présent identifiés sont conservés chez la souris et l’homme, ainsi que leur fonction ; 2) la souris est le modèle de choix pour les techniques qui visent à introduire des mutations dans le génome des mammifères ; 3) nous disposons d’un large répertoire de lignées de souris modèles, ce qui permet d’évaluer l’interaction parmi plusieurs éléments de cette signalisation ; 4) nous disposons également de nombreux outils adaptés à la souris ; 5) la taille des souris, leur durée de vie, leur capacité reproductive est particulièrement adaptée à un programme de recherche de 5 ans; 6) l'âge postnatal est le stade de développement privilégié pour étudier la survenue des crises épileptiques.
Etude d’innocuité et d’efficacité de molécules destinées au traitement des accidents vasculaires cérébraux dans un modèle d’ischémie-reperfusion chez le rat.
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
À J0, un filament est poussé dans l'artère carotide de chaque rat pour boucher une artère du cerveau, l'animal reste éveillé environ quarante-cinq minutes avec l'artère obstruée, puis il est rendormi pour retirer le filament. Suivent des prélèvements de 500 µL de sang à J-7, J0, J1 et J7, cinq séances d'IRM sous anesthésie jusqu'à J14 et onze journées de tests comportementaux étalées jusqu'à J30. 3 120 rats vont être utilisés ainsi, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, avec des pertes d'équilibre, une faiblesse musculaire d'un côté du corps et des difficultés à manger et à boire dans les premiers jours. Le projet teste pour des partenaires industriels des molécules contre l'accident vasculaire cérébral, et se termine par l'ouverture du thorax et de l'abdomen des rats pour ponctionner le cœur et prélever le cerveau.
Objectifs
L'accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique est pathologie cérébrale causée par un caillot sanguin qui bloque une artère dans le cerveau. Actuellement, le traitement principal consiste à administrer un médicament appelé activateur tissulaire du plasminogène (tPA) pour dissoudre le caillot, parfois associé à une intervention chirurgicale appelée thrombectomie. Cependant, ces traitements ne sont pas toujours efficaces et peuvent avoir des effets secondaires graves, limitant leur utilisation à moins de 10% des patients. De plus, l'efficacité du tPA peut varier en fonction de la nature du caillot et de l’origine de la maladie. Pour améliorer la prise en charge des patients à long terme, il est crucial de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques. Notre projet vise à étudier chez le rongeur différentes façons d'administrer des médicaments pour voir comment ils affectent les dommages cérébraux, les saignements, la circulation sanguine dans le cerveau et la récupération après un AVC. Nous utiliserons un modèle d'AVC sévère chez le rat, largement utilisé en recherche. Cela nous permettra d'étudier comment différents traitements pourraient aider les rats à se remettre après un AVC, ce qui pourrait avoir des implications importantes pour le traitement des patients victimes d'AVC.
Bénéfices attendus
Actuellement, la prise en charge des patients en phase aigüe de la pathologie repose sur l’administration de l’activateur tissulaire du plasminogène (tPA), capable de dissoudre les thrombi, associée ou non à la thrombectomie chirurgicale. Cependant, en raison des effets secondaires du tPA et de la difficulté relative de la procédure de thrombectomie, seule une faible proportion des patients (
Procédures
Tous les animaux de cette DAP seront soumis à une chirurgie au niveau de la bifurcation carotidienne dans le cou afin d’induire mécaniquement un AVC ischémique via l’occlusion de l’artère cérébrale moyenne par un filament inséré dans l’artère carotide externe. Cet acte chirurgical, se déroulant à J0, durera entre 20 et 30 minutes puis l’animal sera maintenu éveillé environ 45 minutes avant d’être soumis à la deuxième chirurgie permettant le retrait du filament. La pose d’un cathéter dans la veine caudale sera nécessaire pour tous les animaux afin d’administrer un ou plusieurs traitements en intraveineux ainsi que les agents de contraste nécessaires à la réalisation de séquences IRM s’intéressant à la neuroinflammation. La pose de cathéter prendra environ 3 minutes. Se dérouleront à J-7, J0, J1 et J7 des prélèvements sanguins sur les animaux vigiles au niveau de la veine caudale à l’aide d’un cathéter 24G inséré à travers la peau. Un volume de 500 µL sera prélevé à chaque temps. Les animaux seront randomisés dans des sous-groupes expérimentaux de manière à ce que chaque animal ne soit pas soumis à l'ensemble de ces prélèvements. À J0, J1, J5, J7 et J14, les animaux seront soumis à l'IRM-7T sous anesthésie générale, pour une durée variant de 15 à 45 minutes en fonction des séquences réalisées. Une randomisation sera effectuée pour répartir les animaux en plusieurs sous-groupes expérimentaux, de manière que chaque animal ne participe pas à l'ensemble des jours d'acquisition. Les animaux passeront également une batterie de test comportementaux, jusque 7 jours avant l’induction de l’AVC pour déterminer l’activité basale, puis à J2, J3, J5, J7, J14, J21, J24, J25, J28, J29 et J30. Chaque animal passera moins de 15 minutes pour chacun des tests. Une randomisation sera effectuée pour répartir les animaux en plusieurs sous-groupes expérimentaux, de manière que chaque animal ne participe pas à l'ensemble des jours d'acquisition. Enfin, à la fin du projet, les animaux seront soumis à une laparo-thoracotomie pour accéder au cœur et faciliter le prélèvement sanguin par ponction cardiaque. Viendra ensuite soit une perfusion transcardiaque permettant la fixation du cerveau avant son prélèvement soit un prélèvement du cerveau frais. La durée de cette intervention sera comprise entre 10 et 15 minutes pour la perfusion puis 10 minutes pour les différents prélèvements.
Impact sur les animaux
Le modèle reproduit les effets d'un AVC ischémique sévère, entraînant des déficits sensorimoteurs dus aux lésions cérébrales de certaines parties du cerveau. Ces déficits sont visibles chez l’animal à court, moyen et long terme, ce qui nous permet d'effectuer des tests comportementaux et de tirer des conclusions pertinentes. Après un AVC sévère, les animaux peuvent présenter des pertes d'équilibre et une faiblesse musculaire des membres du côté opposé à la lésion cérébrale. Dans les premiers jours suivant l'AVC, ils peuvent également rencontrer des difficultés à manger, à boire et à interagir avec leur environnement, nécessitant une surveillance particulière. Les études de tolérance réalisées avant les études d'efficacités visent à identifier tout effet secondaire potentiel de la molécule thérapeutique.
Devenir
A la fin du projet, tous les animaux seront donc mis à mort permettant le prélèvement du cerveau post fixation pour analyse.
Remplacement
Ce projet correspond aux étapes des tests d’innocuité et d’efficacité de thérapeutiques in vivo faisant suite aux nombreuses expérimentations et validations réalisées in vitro par les industriels financeurs. Actuellement il n’existe aucune méthode alternative à l’expérimentation animale nous permettant d’obtenir le même niveau d’information obtenue avec l’expérimentation animale. L’ensemble des connaissances et des acquis dont nous disposons dans la littérature et au sein de notre laboratoire font des rats le modèle préférentiel pour mener à bien ce projet. En effet, rattus norvegicus est l’une des espèces animales la plus étudiée dans le domaine de l’AVC ischémique, permettant une analyse comparative et critique des résultats obtenus.
Réduction
Les données extraites de la littérature scientifique préclinique, combinées surtout à une étude de détermination de la puissance statistique régulièrement mise à jour avec nos données (α=0.05 ; β=0.8) permettent de définir un nombre minimal d’animaux de 20 par groupe dans nos conditions protocolaires. Cette approche nous offre la capacité de visualiser des différences réelles de manière statistiquement significative entre les groupes étudiés. Afin d’anticiper les exclusions d’animaux dues à des erreurs techniques ou à de la mortalité, l’augmentation de l’effectif de 26 par groupe expérimentaux est obligatoire pour atteindre un effectif final satisfaisant de 20 animaux par groupe. Maintenir cette marge de sécurité contribue à assurer la validité scientifique de notre projet tout en respectant les normes éthiques et les principes de réduction du nombre d'animaux utilisés en recherche. Ainsi, en optimisant le nombre d'animaux utilisés, nous parvenons à concilier l'efficacité de notre projet avec sa valeur scientifique, conformément aux principes de réduction du nombre d'animaux utilisés en recherche.
Raffinement
Les rats seront placés à deux ou trois par cage tout au long de l'expérience. Pour faciliter leur récupération après la chirurgie, ils pourront être isolés pendant quelques jours avant de retrouver leurs congénères. Leur bien-être sera surveillé deux fois par jour par du personnel qualifié en semaine, et tous les jours le week-end et les jours fériés. Les rats seront pesés régulièrement, au moins deux fois par semaine. Pendant la chirurgie, les rats seront anesthésiés et recevront un analgésique pour soulager la douleur. L'anesthésie sera maintenue jusqu'à ce qu'ils se réveillent. Chaque incision sera précédée d'une tonte et d’une désinfection. La température corporelle des rats sera maintenue stable pendant la chirurgie. Les sutures seront faites individuellement pour minimiser les risques de complications. Après la chirurgie, les rats seront placés dans une cage chauffante pendant environ une heure avant de retourner dans leur cage habituelle, où ils auront de la nourriture et un gel nutritif pour les aider à récupérer. Leur état sera surveillé de près, et en cas de problème dépassant les limites fixées, ils seront euthanasiés. Les rats seront également surveillés attentivement pendant les jours suivant la chirurgie, et recevront une autre dose d’antidouleur le lendemain de l'opération.
Choix des espèces
Le rat (Rattus norvegicus) est l’espèce animal la plus étudiée dans la recherche sur les maladies neurodégénératives, particulièrement dans le développement de stratégies thérapeutiques. Cette prééminence découle de divers facteurs, notamment les homologies vasculaires et génétiques entre l’Homme et le rat, le coût relativement bas, et la logistique aisée associée à l'élevage et la stabulation de ces rongeurs. Ces caractéristiques (entre autres) font des rats un modèle animal privilégié pour la recherche préclinique. Dans le contexte spécifique de l'AVC ischémique, l'utilisation des rats devient incontournable. En effet, elle offre la possibilité d'une analyse comparative et critique des résultats obtenus avec ceux de la littérature, renforçant ainsi la fiabilité des conclusions et leur applicabilité potentielle chez l'Homme. Les animaux utilisés seront âgés de 6 à 10 semaines le jour de l’induction de l’AVC pour un poids allant de 250 à 350g. Nous effectuerons notre modèle sur des adultes afin de pouvoir comparer les données de cette étude avec celles déjà disponible dans notre laboratoire et dans la littérature scientifique du domaine.
Etude du rôle de l’hémoglobine intra-épithéliale colique
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
Cinq jours d'injections consécutives, puis une injection par semaine : 60 souris reçoivent du tamoxifène pour éteindre un gène de l'hémoglobine dans leur colon, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Le porteur qualifie le produit injecté de "non irritant et non toxique", et décrit dans le même RNT les douleurs liées aux injections, l'irritation possible due au solvant huileux et le stress des contentions répétées. Il ajoute des diarrhées et une perte de poids possibles, liées au phénotype des animaux, et prévoit la mise à mort de celles qui atteignent un point limite. Toutes sont tuées à des temps échelonnés, pour analyser leur colon et le microbiote de leurs selles.
Objectifs
La muqueuse du colon est tapissée de cellules qui ont besoin d’une grande quantité d’oxygène pour exercer leurs fonctions. Dans le colon on retrouve aussi un grand nombre de bactéries jouant un rôle important dans la digestion des fibres alimentaires. Un certain nombre de ces bactéries sont tuées par l’oxygène. Il y a donc un gradient d’oxygène entre la muqueuse colique (la paroi du tissus) et la lumière colique (l’intérieur du colon). La manière dont ce gradient est généré n’a pas encore été élucidé. Chez tous les mammifères, l’oxygène est transporté dans le corps via le sang grâce à l’hémoglobine. Nous avons découvert que l’hémoglobine se trouve également dans les cellules de la muqueuse colique. Sur cette constatation, nous émettons l’hypothèse que les cellules de la muqueuse colique capture l’oxygène grâce à l’hémoglobine afin d’empêcher sa fuite vers la lumière colique préservant ainsi les bactéries sensibles à l’oxygène. L’objectif général est de comprendre comment fonctionne le gradient d’oxygène dans le colon c’est-à-dire comment l’oxygène nécessaire aux cellules épithéliales est capturé par celles-ci de façon à ne pas tuer certaines bactéries présentes dans l’intestin.
Bénéfices attendus
Le microbiote du colon est important pour la digestion. Tout processus qui perturbe ce microbiote peut être la cause de différentes pathologies comme des troubles digestifs allant de la simple diarrhée passagère aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) en passant par le syndrome du côlon irritable. Et depuis quelques années, différentes études ont également montré qu’il pouvait être à l’origine de cancers, diabète, obésité, anxiété… Ces travaux ont pour but de montrer la relation entre la respiration des cellules du colon et son impact sur le microbiote.
Procédures
Un lot d’animaux sera réparti en 6 groupes, un produit non irritant et non toxique sera injecté aux animaux vigiles sur 5 jours consécutifs puis seulement 1 fois par semaine. Les animaux seront ensuite mis à mort à différent temps pour analyses post-mortem.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues seront celles liées à des injections 5 jours consécutifs ; douleurs liées aux injections elles-mêmes, irritation possible liée au solvant huileux et stress lié aux contentions répétées Par ailleurs, des diarrhées et perte de poids liées au phénotype des animaux pourront éventuellement être observées
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour des analyses post-mortem
Remplacement
Il a été développé dans le laboratoire des modèles cellulaires en trois dimensions que l’on appelle « organoïdes ». Ces modèles cellulaires sont obtenus à partir de la muqueuse colique de souris. Ils peuvent être gardés en culture et l’on peut faire agir sur ces organoïdes différents réactifs permettant d’étudier le rôle de l’hémoglobine dans les cellules les constituant. Nous utilisons en priorité ce modèle par rapport à l’expérimentation in vivo. Des tests préliminaires sur ces modèles ont permis de montrer l’impact qu’entraine une diminution de l’hémoglobine sur la respiration des cellules coliques. Toutefois, ces études in vitro doivent être complétées par une analyse in vivo pour étudier l’ensemble du processus dans un organisme intégré (notamment l’impact de la modification de la respiration des cellules épithéliales coliques sur les bactéries présentes dans les selles).
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés est ajusté au plus bas mais compatible avec l’obtention de résultats statistiquement fiables. Tous les animaux, quel que soit leur génotype et leur sexe seront utilisés, ce qui permet d’avoir à la fois des animaux contrôles et des animaux d’intérêts. Pour réduire la variabilité de l'échantillon, nous utiliserons autant que possible des compagnons de portée.
Raffinement
L’ensemble des animaux sera surveillé tous les jours pendant les injections de Tamoxifène. Une surveillance supplémentaire sera faite lors des week-ends si et seulement si des signes précoces de détresse (diarrhée, perte de poids …) sont observés. Une grille de score a été établie afin d’évaluer de manière objective l’état des animaux et des points limites ont été définis. En cas d’atteinte d’un point-limite, les animaux seront mis à mort Injection de solutés en cas de déshydratation et administration d’un antidiarrhéique en cas de symptômes.
Choix des espèces
La souris de laboratoire est largement utilisée en biologie car ce modèle apporte plusieurs avantages : la maîtrise de son élevage, sa reproduction facile et rapide qui permet l’obtention de cohortes d’animaux d’un génotype approprié, la relative facilitée de modification génétique. Par ailleurs, la souris est très proche de l'Homme au niveau génétique. La connaissance du génome murin et l’existence de nombreuses lignées génétiquement modifiées permettant d’étudier la fonction des gènes dans les différents tissus en font un très bon modèle , notamment pour étudier l’impact sur le microbiote.
Rôle de l’activation du cortex rétrosplénial au cours du sommeil paradoxal dans un modèle murin de dépression
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Tuées à l'issue pour prélever leur cerveau, 120 souris rendues dépressives vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le protocole les expose pendant trois semaines à deux stress modérés par jour, puis mesure leur "comportement de désespoir" en les suspendant par la queue, deux fois à un mois d'intervalle. Après une chirurgie du crâne de deux heures, chacune vit seule, reliée par un câble au système d'enregistrement du sommeil, et subit deux privations de sommeil paradoxal. Quatre tests comportementaux sont annoncés pour vérifier que les animaux sont bien dépressifs, sans que le porteur précise lesquels, et le bénéfice attendu reste au conditionnel, de nouveaux traitements pour les 30 % de patients qui résistent aux antidépresseurs actuels.
Objectifs
La dépression est un trouble de l’humeur très répandu, 1 personne sur 5 en souffrira dans sa vie. Les mécanismes à l’origine de cette pathologie restent mal connus. Le sommeil paradoxal (SP) jouerait un rôle clef dans sa mise en place et son maintien, les patients dépressifs montrant des augmentations de SP, sans que l’on sache pourquoi. Dans ce contexte, notre projet vise à étudier le SP dans un modèle de dépression chez la souris. Dans une précédente étude ex vivo, nous avons montré qu’il y avait une zone du cerveau (cortex rétrosplénial) qui présentait moins d’activation pendant le SP chez les souris une fois dépressives comparés aux contrôles. L’idée de ce projet est d’abord de vérifier les résultats déjà obtenus en enregistrant directement in vivo l’activité des neurones du cortex rétrosplénial pendant l’installation de la dépression des souris. Ensuite, nous voulons activer artificiellement les neurones du rétrosplénial pendant le SP puisqu'ils diminuent leur activité à cause de la dépression. Pour ce faire, nous utiliserons de l'optogénétique pour grâce à des stimulations lumineuses tenter de rétablir un phénotype contrôle chez des animaux dépressifs.
Bénéfices attendus
Le lien entre SP et dépression a été établi depuis plus de quarante ans. Il a ainsi été rapporté chez les patients dépressifs une augmentation des quantités de SP au cours de la nuit et du nombre de mouvements rapides des yeux caractéristiques à ce stade. Ces résultats ont été confirmés sur les modèles rongeurs de dépression. Nos résultats pourraient ouvrir des perspectives nouvelles en remettant au gout du jour l’impact délétère du SP dans la dépression, ouvrant également la porte au développement de nouveaux traitements plus ciblés dans un contexte où 30% des patients résistent aux antidépresseurs actuels.
Procédures
Les animaux transgéniques subissent un prélèvement du bout de la queue à 6 jour pour vérifier leur fond génétique, ce qui génère une légère douleur de très courte durée. Chirurgie/anesthésie et récupération postopératoire : Les animaux sont anesthésiés et des prototoles avec traitement anti-douleur pré et post-chirurgie sont prévus (Durée de la chirurgie : 2 heures). Privation et rebond (hypersomnie) de sommeil paradoxal : Permet d’obtenir plus de sommeil paradoxal sur une période de 2/3 heures. Deux privations/rebond sont prévues à un mois d’intervalle. Tests comportementaux : Pour vérifier que les animaux sont bien dépressifs, 4 tests comportementaux sont réalisés. Isolement durant le protocole : Les souris étant reliées par un câble au système d’acquisition sur ordinateur pour enregistrement les signaux de sommeil elles devront être logées dans des cages individuels pendant la durée du protocole. Modèle de dépression : Le modèle de stress utilisé permettant d’induire un état dépressif consiste en l’exposition des animaux pendant 3 semaines à deux stress modérés par jour. Suspension Tail Test : Effet stressant de courte durée (5 min) pour pouvoir mesurer le comportement de désespoir des animaux, symptôme essentiel de la dépression. Les animaux sont testés deux fois à un mois d’intervalle.
Impact sur les animaux
Premier effet indésirable concernant la chirurgie. Nous observons dans de très rares cas une hémorragie, une hypothermie très sévère ou une absence de réveil après une demi-heure de fin d’anesthésie. Les animaux sont suivis ensuite en post-op tous les jours et une fiche de score est remplie et si un animal montre des douleurs trop importantes il est mis à mort. Ensuite, concernant le protocole de dépression, nous n’attendons pas de dégradation sévère de l’état général des animaux. Néanmoins, face à des signes de souffrance physique évidents (automutilation, stéréotypie sévère, anorexie) les animaux sont mis à mort immédiatement. Branchement et câblage des animaux : les animaux sont « branchés » pendant toute la durée de l’expérience, via un câble qui s’insère sans difficulté dans l’implant localisé sur leur tête. Les animaux ne ressentent aucune douleur et le branchement ne nécessite pas de contention, puisque les animaux seront habitués à la manipulation. Le câble est relié à une plaque tournante au sommet de la cage, ce qui permet de suivre les moindres mouvements des animaux et un peu de mou est laissé pour que l’animal ne ressentent pas le poids du fil. Rebond et privation : il a été mesuré que la privation sélective de sommeil paradoxal n’entraînait pas de changement du sommeil lent des animaux. De plus, les dosages de corticostérone ont montré que les animaux n’étaient pas stressés après 48 heures de privation.
Devenir
Tous les animaux de la procédure expérimentale subiront l’euthanasie pour collecter les cerveaux afin de réaliser des études d’immunohistochimies.
Remplacement
Les alternatives actuelles telles que la modélisation sur culture cellulaire ne sont pas encore suffisamment développées pour permettre une analyse poussée des phases de sommeil et des mécanismes neuronaux. De plus, nous proposons ici d’induire volontairement la dépression chez des souris avant de tenter de réverser le phénotype dépressif via les stimulations lumineuses de neurones transfectés avec des virus. Par conséquent, nous utiliseront ici des souris génétiquement modifiées pour analyser ces processus neurobiologiques complexes
Réduction
La détermination de la taille de l’échantillon nécessaire est absolument cruciale pour assurer la reproductibilité et la véracité des résultats ainsi obtenus. Des données préalablement obtenues dans l’équipe ont été utilisées pour calculer la variabilité interindividuelle des phénotypes dépressifs ainsi obtenus par protocole de stress chronique. Ce qui donne un total de 90 animaux.
Raffinement
Les animaux avant expérimentation sont hébergés dans des conditions optimales, 3 ou 4 par cage pour permettre des interactions sociales normales. Des enrichissements environnementaux systématiques sont mis en place pour améliorer leur bien-être, tel que des carrés de coton à déchirer pour faire le nid ou encore des bâtonnets de bois à ronger. Les conditions d’élevages, les soins post-traitements et les différentes étapes de la procédure sont contrôlés pour réduire ou éliminer toute détresse potentielle. De plus, nous avons récemment substitué à l’injection intrapéritonéale classiquement utilisée une ingestion orale volontaire (sans gavage) des molécules d'intérrêt à donner aux souris qui sont dissoutes dans de la gelée aromatisée à la fraise. Une fiche de suivi est également tenue pour chaque animal, depuis la chirurgie implantatoire jusqu’à l’euthanasie. Pour le bien-être de l’animal et pour les besoins d’analyse de l’expérience, le poids et l’état du pelage sont mesurés quotidiennement. Un animal qui dépasse un des points limites détaillés dans les procédures expérimentales est retiré des échantillons expérimentaux et euthanasié sans délai.
Choix des espèces
Notre projet repose sur l’utilisation d’une lignée de souris doublement transgénique. Les modèles murins sont fréquemment utilisés pour modéliser la dépression humaine étant donné la pertinence et similitude des symptômes observés. Le phénotype dépressif ainsi créé chez les animaux sont sensibles aux mêmes antidépresseurs que ceux utilisés chez les patients dépressifs. Cette combinaison de modèle de souris dépressive et transgénique constitue une approche innovante et puissante pour étudier les mécanismes physio-pathologiques complexes sous-jacents de la dépression. Nous utiliserons des animaux âgés de 8-10 semaines, puisqu’il s’agit de l’âge de référence le plus communément utilisé pour le modèle de dépression et le cycle veille-sommeil est mature chez ces jeunes adultes.
Rôle des interneurones dans la consolidation et la formation de mémoire à long terme. 1/2
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
Pour mesurer ce que les neurones inhibiteurs apportent à l'apprentissage, ce premier volet du projet expose 1 260 souris transgéniques à une chirurgie du cerveau, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Toutes sont tuées à l'issue, par perfusion intracardiaque, pour prélever le cerveau. Chaque animal reçoit une injection virale sous anesthésie, parfois un implant posé en deux heures trente, puis apprend une tâche qui peut durer huit à douze semaines jusqu'à 90 % de réussite, sous contrôle de l'eau ou de la nourriture. Le porteur prévoit la mise à mort de l'animal si son état ne s'améliore pas au bout de quarante-huit heures ou si l'implant se détache, et retient parmi ses critères de suivi les blessures dues aux bagarres entre congénères.
Objectifs
La plasticité cérébrale est à la base de nos fonctions cognitives les plus élaborées, et de notre capacité à nous adapter aux changements de notre environnement. Un lien fort entre changement de force synaptique et phénomènes d’apprentissage et mémorisation a été proposé au début des années 70. Cependant, peu d’études expérimentales sont venues valider cette hypothèse principalement à cause de limitations méthodologiques. L’utilisation de modèles génétiques chez la souris couplée à des méthodes d’électrophysiologie et d’imagerie permet de cibler de plus en plus finement les populations neuronales et les synapses d’intérêts dans le système nerveux central (SNC), permettant l’expression d’outils moléculaires par les cellules et synapses visées. Une grande variété d’action est alors possible afin de bloquer, augmenter ou moduler dynamiquement des processus cellulaires et synaptiques d’intérêts.
Bénéfices attendus
Ce projet a pour but premier de mieux comprendre les mécanismes qui soutiennent l’apprentissage, la formation de la mémoire et ainsi la manière dont notre cerveau traite ces tâches cognitives. De par les résultats qui en découleraient, nous nous attendons à apporter de nouvelles connaissances dans la compréhension de l’organisation du réseau neuronal. Ces connaissances nous aiderons donc à mieux comprendre non seulement comment la formation de la mémoire s’effectue, mais également comment des maladies ou des troubles psychiatriques liée à une altération d’apprentissage ou de mémoire peuvent se mettre en place. L’intérêt scientifique majeur de ce projet est l’étude de la plasticité synaptique, c’est-à-dire comment les neurones encodent l’information d’une mémoire dans le temps. Pendant des dizaines d’années la communauté scientifique s’est principalement intéressée aux neurones excitateurs dans la plasticité synaptique ce qui a permis la mise en évidence de certains mécanismes physiologiques essentiels à la formation de la mémoire et d’un apprentissage. Cependant, de nombreux sous types cellulaires ont été laissés de côté, notamment les neurones inhibiteurs. Ces cellules sont très diversifiées avec des rôles très distincts mais essentiel dans le contrôle du réseau neuronal et la coordination des activités des neurones entre eux. Jusqu’ici, aucune étude à notre connaissance a visé à évaluer la composante des différents groupes de neurones inhibiteurs dans la formation de mémoire et d’apprentissage, malgré leurs rôles essentiels dans le réseau neuronal. Grâce à nos souris transgéniques pour différent sous types de neurones inhibiteurs, nous pourrons évaluer le rôle distinct de chaque groupe pendant un apprentissage et une formation de mémoire. Ceci grâce à une altération spécifique et ciblé de mécanismes physiologiques déjà reconnus pour jouer un rôle majeur sur les neurones excitateurs. Nous apporterons à la communauté scientifique un moyen d’altérer la plasticité synaptique de façon ponctuelle et ciblée non seulement chez les neurones inhibiteurs jusqu’ici impossible. Nos données nous apporterons des connaissances essentielles dans le rôle des différents neurones inhibiteurs dans la formation de mémoire et d’un apprentissage. Ce qui permettra de mieux comprendre dans certaines pathologies, comment remédier à des troubles d’apprentissage et/ou de mémoire en ciblant des mécanismes physiologiques spécifiques au sein de sous types cellulaires précis.
Procédures
L’ensemble des animaux subiront une chirurgie pour infection virale (30min) avec ou sans implantation (2h30). La pose d’implant et le test comportemental nécessite que les animaux soient placés en hébergement individuel pour une durée de 4-5 semaines pour la restriction alimentaire et 8 à 12 semaines pour la restriction hydrique suite à la chirurgie pour éviter le risque de perte d’implant dû à l’interaction avec ses congénères. Dans Les animaux effecturont différentes taches comportementales, le y-maze se réalise que 5 jours sucessifs, ou le radial maze qui se fait sur 10 jours successifs. Après une semaines de récupération, ils effecturont un test de conditionnement à la peur qui dure 5 jours. Pour la procédure d'imagerie calcique , la tache d'apprentissage peut durer jusqu'a 8 à 12 semaines pour que la souris atteingne une performance de 90%.
Impact sur les animaux
Les étapes de la chirurgie entrainant des effets indésirables sur les animaux : l’incision de la peau, la craniotomie, l’injection stéréotaxique, les différentes implantations et la réalisation des points de sutures. L’animal subit également un stress lié à la diminution de comportements sociaux suite à l'isolement des animaux après implantations, et lors le contrôle hydrique ou alimentaire. Un stress physique lié aux contentions et à la tache comportementale de peur conditionnée.
Devenir
L’ensemble des animaux est euthanasié à la fin de chaque procédure pour réaliser des expériences d’electrophysiologie in situ ou pour des analyses histologiques.
Remplacement
En l’état actuel de nos connaissances, la recherche proposée ne peut pas être substituée par des approches in silico car le projet traite de fonctions cérébrales complexes à la base de la mise en place de la mémoire chez les mammifères. Il n’y a donc aucune alternative à l’utilisation d’animaux. La culture cellulaire n’est pas appropriée car les propriétés synaptiques de réseaux sont modifiées dans ces préparations. Déterminer comment les informations cognitives et sensorielles sont traitées exigent que l'animal soit intact.
Réduction
Afin de réduire le nombre d'animaux utilisés, les conditions de l'élevage seront standardisées et en adéquation avec le bien-être des animaux de façon à obtenir des groupes d'animaux les plus homogènes possibles et ainsi diminuer le nombre d'individus pour les analyses statistiques. Afin de réduire autant que possible les erreurs statistiques qui pourraient résulter d'un nombre insuffisant d'animaux, tout en limitant le nombre d’animaux, nos tests seront strictement basés sur un seuil de significativité de 0.05. L’utilisation de tests statistiques pour ces expériences nous permet d’estimer un nombre minimal de souris nécessaires pour satisfaire les conditions statistiques de significativité.
Raffinement
Les animaux sont surveillés chaque jour par les zootechniciens. Cette surveillance est renforcée par un deuxième suivi effectué par l’expérimentateur dans les jours qui suivent la chirurgie jusqu’à récupération complète des animaux. Des critères de bien être seront évalués : allure du poil, dos vouté, blessures dues à des bagarres entre congénères, lésions cutanées, agressivité ou repli, respiration accélérée/saccadée Le constat de signes de souffrance sans lien avec les procédures expérimentales entraine la création d’une « fiche individuelle de soin» (FIS), qui renseigne les soins prodigués (isolement, réchauffement, soins médicamenteux, etc…) et l’évolution des signes. La cage est alors signalée par une étiquette « animal à surveiller ». Cette fiche est fermée quand l’animal a récupéré ou qu’une décision de mise à mort a dû être prise. Un suivi spécifique établi pour les procédures de chirurgie sera décrit dans les procédures. La chirurgie implantaire est réalisée sous anesthésie gazeuse. Un contrôle de la respiration et de l’absence de reflexe sera effectué tout le long de la chirurgie. La douleur induite par l’incision sera couverte par l’injection préalable en sous cutanée d’un anesthésique local. L’injection d’un morphinique, en sous cutanée en début de chirurgie va permettre une couverture analgésique jusqu’au réveil de l’animal. Une injection d'un second analgésique est réalisée en fin de chirurgie pour assurer une couverture pendant les 12 heures post-opératoire. Les jours suivants si l’animal montre des signes de souffrance, il recevra en sous cutanée une injection quotidienne d’un anti inflammatoire non stéroïdien, jusqu’à disparition des signes de mal être. Afin que la perfusion intracardiaque soit indolore, ce geste est précédé d’une injection d’une double dose d’analgésique et d’un anesthésiant. L’absence de reflexe est vérifié avant toutes incisions afin de contrôler la profondeur de l’anesthésie de l’animal. Lors des suivis post opératoire, l’apparition de signes de douleur, de plaies, d’infection ou l’observation d’une perte de poids déclenchera la mise en place de mesures adaptées pour améliorer l'état des animaux ; désinfection du site de cicatrisation, mise à disposition de nourriture en poudre, injection d’analgésique. Si aucune amélioration n’est observée au bout de 48H ou dans le cas de la perte de l’implant, l’animal sera euthanasié.
Choix des espèces
La souris est une espèce de choix pour les études sur le système nerveux central des mammifères. L’organisation du système nerveux central de cette espèce est proche de celle de l’homme, ce qui permet une extrapolation des résultats obtenus chez cette espèce à l’espèce humaine afin de mieux comprendre l’importance des mécanismes synaptiques sur l’adaptation comportementale. Le projet sera réalisé sur des animaux de 6 à 32 semaines d'âge, ce qui correspond chez cette espèce à l’âge adulte. Leur poids et leur taille sont stabilisés, et la taille du cerveau est homogène garantissant ainsi une bonne reproductibilité des sites d’injection.
Rôle des interneurones dans la consolidation et la formation de mémoire à long terme. 2/2
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
Incision du crâne, craniotomie, injection d'un virus dans le cerveau puis pose d'un implant en deux heures trente : 1 260 souris subissent ces chirurgies dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, toutes tuées à l'issue pour des analyses d'électrophysiologie ou d'histologie. Après l'opération, elles vivent seules en cage de quatre à cinq semaines sous restriction alimentaire, ou de huit à douze semaines sous restriction hydrique, pour éviter que leurs congénères n'abîment l'implant. Elles enchaînent ensuite le labyrinthe en Y sur cinq jours, le labyrinthe radial sur dix jours et un conditionnement à la peur de cinq jours, l'objectif déclaré étant de mesurer le rôle des neurones inhibiteurs dans la mémorisation. Le porteur affirme qu'il n'y a "aucune alternative à l'utilisation d'animaux" et que déterminer comment les informations sont traitées "exige que l'animal soit intact".
Objectifs
La plasticité cérébrale est à la base de nos fonctions cognitives les plus élaborées, et de notre capacité à nous adapter aux changements de notre environnement. Un lien fort entre changement de force synaptique et phénomènes d’apprentissage et mémorisation a été proposé au début des années 70. Cependant, peu d’études expérimentales sont venues valider cette hypothèse principalement à cause de limitations méthodologiques. L’utilisation de modèles génétiques chez la souris couplée à des méthodes d’électrophysiologie et d’imagerie permet de cibler de plus en plus finement les populations neuronales et les synapses d’intérêts dans le système nerveux central (SNC), permettant l’expression d’outils moléculaires par les cellules et synapses visées. Une grande variété d’action est alors possible afin de bloquer, augmenter ou moduler dynamiquement des processus cellulaires et synaptiques d’intérêts.
Bénéfices attendus
Ce projet a pour but premier de mieux comprendre les mécanismes qui soutiennent l’apprentissage, la formation de la mémoire et ainsi la manière dont notre cerveau traite ces tâches cognitives. De par les résultats qui en découleraient, nous nous attendons à apporter de nouvelles connaissances dans la compréhension de l’organisation du réseau neuronal. Ces connaissances nous aiderons donc à mieux comprendre non seulement comment la formation de la mémoire s’effectue, mais également comment des maladies ou des troubles psychiatriques liée à une altération d’apprentissage ou de mémoire peuvent se mettre en place. L’intérêt scientifique majeur de ce projet est l’étude de la plasticité synaptique, c’est-à-dire comment les neurones encodent l’information d’une mémoire dans le temps. Pendant des dizaines d’années la communauté scientifique s’est principalement intéressée aux neurones excitateurs dans la plasticité synaptique ce qui a permis la mise en évidence de certains mécanismes physiologiques essentiels à la formation de la mémoire et d’un apprentissage. Cependant, de nombreux sous types cellulaires ont été laissés de côté, notamment les neurones inhibiteurs. Ces cellules sont très diversifiées avec des rôles très distincts mais essentiel dans le contrôle du réseau neuronal et la coordination des activités des neurones entre eux. Jusqu’ici, aucune étude à notre connaissance a visé à évaluer la composante des différents groupes de neurones inhibiteurs dans la formation de mémoire et d’apprentissage, malgré leurs rôles essentiels dans le réseau neuronal. Grâce à nos souris transgéniques pour différent sous types de neurones inhibiteurs, nous pourrons évaluer le rôle distinct de chaque groupe pendant un apprentissage et une formation de mémoire. Ceci grâce à une altération spécifique et ciblé de mécanismes physiologiques déjà reconnus pour jouer un rôle majeur sur les neurones excitateurs. Nous apporterons à la communauté scientifique un moyen d’altérer la plasticité synaptique de façon ponctuelle et ciblée non seulement chez les neurones inhibiteurs jusqu’ici impossible. Nos données nous apporterons des connaissances essentielles dans le rôle des différents neurones inhibiteurs dans la formation de mémoire et d’un apprentissage. Ce qui permettra de mieux comprendre dans certaines pathologies, comment remédier à des troubles d’apprentissage et/ou de mémoire en ciblant des mécanismes physiologiques spécifiques au sein de sous types cellulaires précis.
Procédures
L’ensemble des animaux subiront une chirurgie pour infection virale (30min) avec ou sans implantation (2h30). La pose d’implant et le test comportemental nécessite que les animaux soient placés en hébergement individuel pour une durée de 4-5 semaines pour la restriction alimentaire et 8 à 12 semaines pour la restriction hydrique suite à la chirurgie pour éviter le risque de perte d’implant dû à l’interaction avec ses congénères. Dans Les animaux effecturont différentes taches comportementales, le y-maze se réalise que 5 jours sucessifs, ou le radial maze qui se fait sur 10 jours successifs. Après une semaines de récupération, ils effecturont un test de conditionnement à la peur qui dure 5 jours. Pour la procédure d'imagerie calcique , la tache d'apprentissage peut durer jusqu'a 8 à 12 semaines pour que la souris atteingne une performance de 90%.
Impact sur les animaux
Les étapes de la chirurgie entrainant des effets indésirables sur les animaux : l’incision de la peau, la craniotomie, l’injection stéréotaxique, les différentes implantations et la réalisation des points de sutures. L’animal subit également un stress lié à la diminution de comportements sociaux suite à l'isolement des animaux après implantations, et lors le contrôle hydrique ou alimentaire. Un stress physique lié aux contentions et à la tache comportementale de peur conditionnée.
Devenir
L’ensemble des animaux est euthanasié à la fin de chaque procédure pour réaliser des expériences d’electrophysiologie in situ ou pour des analyses histologiques.
Remplacement
En l’état actuel de nos connaissances, la recherche proposée ne peut pas être substituée par des approches in silico car le projet traite de fonctions cérébrales complexes à la base de la mise en place de la mémoire chez les mammifères. Il n’y a donc aucune alternative à l’utilisation d’animaux. La culture cellulaire n’est pas appropriée car les propriétés synaptiques de réseaux sont modifiées dans ces préparations. Déterminer comment les informations cognitives et sensorielles sont traitées exigent que l'animal soit intact.
Réduction
Afin de réduire le nombre d'animaux utilisés, les conditions de l'élevage seront standardisées et en adéquation avec le bien-être des animaux de façon à obtenir des groupes d'animaux les plus homogènes possibles et ainsi diminuer le nombre d'individus pour les analyses statistiques. Afin de réduire autant que possible les erreurs statistiques qui pourraient résulter d'un nombre insuffisant d'animaux, tout en limitant le nombre d’animaux, nos tests seront strictement basés sur un seuil de significativité de 0.05. L’utilisation de tests statistiques pour ces expériences nous permet d’estimer un nombre minimal de souris nécessaires pour satisfaire les conditions statistiques de significativité.
Raffinement
Les animaux sont surveillés chaque jour par les zootechniciens. Cette surveillance est renforcée par un deuxième suivi effectué par l’expérimentateur dans les jours qui suivent la chirurgie jusqu’à récupération complète des animaux. Des critères de bien être seront évalués : allure du poil, dos vouté, blessures dues à des bagarres entre congénères, lésions cutanées, agressivité ou repli, respiration accélérée/saccadée Le constat de signes de souffrance sans lien avec les procédures expérimentales entraine la création d’une « fiche individuelle de soin» (FIS), qui renseigne les soins prodigués (isolement, réchauffement, soins médicamenteux, etc…) et l’évolution des signes. La cage est alors signalée par une étiquette « animal à surveiller ». Cette fiche est fermée quand l’animal a récupéré ou qu’une décision de mise à mort a dû être prise. Un suivi spécifique établi pour les procédures de chirurgie sera décrit dans les procédures. La chirurgie implantaire est réalisée sous anesthésie gazeuse. Un contrôle de la respiration et de l’absence de reflexe sera effectué tout le long de la chirurgie. La douleur induite par l’incision sera couverte par l’injection préalable en sous cutanée d’un anesthésique local. L’injection d’un morphinique, en sous cutanée en début de chirurgie va permettre une couverture analgésique jusqu’au réveil de l’animal. Une injection d'un second analgésique est réalisée en fin de chirurgie pour assurer une couverture pendant les 12 heures post-opératoire. Les jours suivants si l’animal montre des signes de souffrance, il recevra en sous cutanée une injection quotidienne d’un anti inflammatoire non stéroïdien, jusqu’à disparition des signes de mal être. Afin que la perfusion intracardiaque soit indolore, ce geste est précédé d’une injection d’une double dose d’analgésique et d’un anesthésiant. L’absence de reflexe est vérifié avant toutes incisions afin de contrôler la profondeur de l’anesthésie de l’animal. Lors des suivis post opératoire, l’apparition de signes de douleur, de plaies, d’infection ou l’observation d’une perte de poids déclenchera la mise en place de mesures adaptées pour améliorer l'état des animaux ; désinfection du site de cicatrisation, mise à disposition de nourriture en poudre, injection d’analgésique. Si aucune amélioration n’est observée au bout de 48H ou dans le cas de la perte de l’implant, l’animal sera euthanasié.
Choix des espèces
La souris est une espèce de choix pour les études sur le système nerveux central des mammifères. L’organisation du système nerveux central de cette espèce est proche de celle de l’homme, ce qui permet une extrapolation des résultats obtenus chez cette espèce à l’espèce humaine afin de mieux comprendre l’importance des mécanismes synaptiques sur l’adaptation comportementale. Le projet sera réalisé sur des animaux de 6 à 32 semaines d'âge, ce qui correspond chez cette espèce à l’âge adulte. Leur poids et leur taille sont stabilisés, et la taille du cerveau est homogène garantissant ainsi une bonne reproductibilité des sites d’injection.