Système nerveux

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Rats : 1024
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Entraînés à s'auto-administrer de la cocaïne par voie intraveineuse jusqu'à deux heures par jour pendant plusieurs mois, avec chocs électriques et stress de contention répétés, 1 024 rats vont être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, tous tués à l'issue pour prélever leur cerveau. Une partie subit une chirurgie d'implantation d'un cathéter et d'une fibre intracérébrale pouvant durer deux heures trente, ainsi qu'une restriction alimentaire. Le porteur décrit des chocs électriques "légers" et une frustration "transitoire" au moment de replacer les animaux dans les boîtes à drogue. Le projet cherche des marqueurs de vulnérabilité à l'addiction liés à un récepteur présent chez 40 % des Européens.

Objectifs

La dépendance à la cocaïne, un problème majeur de santé publique, se caractérise par le passage d’une consommation récréative à une recherche compulsive et incontrôlée de la drogue. Cette transition s’accompagne de changements dans l’activité de certains neurones. Ces altérations impliquent une molécule présente chez 40 % des Européens, et qui pourrait influencer la vulnérabilité à l’addiction. L’objectif global du projet est de préciser son rôle dans la vulnérabilité à développer une dépendance à la cocaïne ainsi que les mécanismes sous-jacents qui ne sont pas encore élucidés. Plus précisément, les objectifs sont i) de mieux caractériser le rôle de cette molécule dans l’usage compulsif de cocaïne, ii) d’identifier des marqueurs de vulnérabilité au développement d’une consommation compulsive de cocaïne, iii) de tester l’impact d’agents pharmacologiques sur cet usage compulsif dans une perspective thérapeutique.

Bénéfices attendus

La dépendance aux drogues d’abus est un problème majeur de santé publique et leur prévalence s’accroit sans aucun traitement suffisamment efficace à ce jour. Ce projet permettra d’identifier des marqueurs de vulnérabilité au développement d’addictions et en particulier à l’addiction à la cocaïne. A court terme, il permettra d’identifier des marqueurs neurobiologiques ou comportementaux associés à des conduites addictives, grâce à des approches précliniques impossibles à mettre en œuvre en recherche clinique. Ces marqueurs pourraient ensuite permettre d’identifier de potentiels individus à risque afin de mettre en place une meilleure prévention. De plus, tester dans nos modèles comportementaux des composés pharmacologiques capables de cibler l’aspect compulsif de l’addiction pourrait permettre d’établir de nouvelles pistes thérapeutiques pour lequel des données suggèrent un rôle clé dans la vulnérabilité au développement d’un usage compulsif.

Procédures

Les animaux seront soumis à des sessions d’auto-administration intraveineuse de cocaïne de 2 heures maximum par jour, pendant plusieurs mois, au cours desquelles ils recevront parfois un choc électrique d’intensité légère pouvant entrainer un inconfort pendant quelques secondes maximum. Ils seront également soumis une fois et pour 30 minutes maximum, à des tests d’exposition à la nouveauté et à la sensibilité à un stimulus aversif, susceptibles d’entraîner un stress passager. Certains animaux seront soumis à des tests comportementaux quotidiens d’1h maximum par jour, pendant plusieurs mois. Les animaux ne seront pas soumis à plus d’un test de comportement par jour. Les animaux seront soumis à une très légère restriction de nourriture pendant la durée de l’expérience. En outre, certains animaux seront soumis à une ou deux procédures chirurgicales au cours desquelles un cathéter sera implanté dans la veine jugulaire et/ou une injection et implantation intracérébrale sera réalisée. La chirurgie dure environ 30 minutes (pose du cathéter) à 2h30 (injection et implantation d’une fibre optique) puis l’animal aura une semaine minimum pour récupérer. Certains animaux recevront des injections intrapéritonéales de composés pharmacologiques, répétées maximum 9 fois par animal, avec au moins 3 jours d’écart entre chaque injection. Certains animaux recevront des injections intrapéritonéales de cocaïne, répétées maximum 5 fois par animal, avec au moins 1 jour d’écart entre chaque injection. Enfin, certains animaux seront exposés à un stress aigu de contention pendant 1 heure, jusqu’à 4 fois espacées d’une semaine minimum.

Impact sur les animaux

On peut s’attendre à voir l’apparition d’états d’inconfort, de douleur ou de stress passagers chez certains animaux soumis à une privation alimentaire légère, à des chocs électriques d’intensité légère à modérée, ou à un stimulus aversif comme de la chaleur (mais qu’ils peuvent éviter immédiatement en déplaçant leur patte) ou un stress de contention aigu, ou à une chirurgie qui peut se trouver associée à une douleur et inconfort modérés. La frustration transitoire que les animaux pourraient ressentir apparaîtra lors de leur remise dans les boîtes d’auto-administration de drogue.

Devenir

Tous les animaux seront mis à mort à l’issue de chaque procédure car les cerveaux seront prélevés pour des expériences ex vivo.

Remplacement

Pour étudier les aspects compulsifs de l’usage de cocaïne, et identifier les mécanismes neurobiologiques mis en jeu, il est essentiel de faire des mesures sur des modèles animaux ayant un système nerveux entier et fonctionnel. Il est crucial d’étudier les comportements et les états émotionnels associés à une prise volontaire de drogue et les états psychologiques associés à ses effets addictifs au plus près de la façon dont ils se manifestent chez l’humain. Ceci ne peut, par essence, être réalisé autrement que sur des animaux vivants, ayant une connectivité physiologique intègre entre les différentes régions du cerveau et un degré de développement de leurs fonctions émotionnelles et cognitives suffisant pour en faire des modèles d’étude pertinents.

Réduction

Dans nos études et la plupart des travaux sur l’usage compulsif de cocaïne chez le rat en général, seule une fraction des animaux (environ 15%) vont développer des signes d’addiction à la cocaïne. Il est donc nécessaire de tester au moins 40 animaux pour obtenir un minimum d’environ 6 individus compulsifs, respectivement, par groupe expérimental, sexe et conditions pour obtenir des résultats statistiquement robustes. Un groupe contrôle adapté d’animaux sera systématiquement prévu pour chaque jeu d’expériences et sera spécifique de chaque condition expérimentale testée. Le nombre d’animaux par groupe se base d’une part sur notre expérience solide des procédures et des modèles et souches d’animaux qui seront utilisés dans ce projet, et d’autre part sur la littérature, très abondante sur le sujet et dans laquelle les mêmes souches de rats sont couramment utilisées. Notre expérience en chirurgie intracérébrale, études comportementales et marquages cellulaires nous a déjà permis de réduire cette variabilité et de mieux la prendre en compte pour l’expliquer. Les paramètres mesurés seront ensuite comparés entre groupes, sexes et conditions pour comparer les groupes. Les animaux ne pourront pas être réutilisés car leurs cerveaux seront systématiquement prélevés à l’issue des expériences pour effectuer des vérifications et mesures de marqueurs neurophysiologiques. Sur cette base, nous nous efforcerons de réduire au minimum le nombre d’animaux utilisés en ajustant au mieux les protocoles expérimentaux et les analyses statistiques pour obtenir des résultats statistiques robustes tout en tenant compte de la variabilité inter-individuelle des animaux testés.

Raffinement

Avant chaque expérience nous passerons plusieurs jours à manipuler les animaux afin de les habituer à l’expérimentateur et à la manipulation. Il y aura, sauf circonstance imprévue, seulement un expérimentateur par groupe expérimental. Pendant toutes les expériences de comportement les animaux seront manipulés très régulièrement (presque tous les jours), ce qui les rend très peu réactifs émotionnellement à la manipulation, et ce qui permet de détecter le moindre changement d’attitude ou l’apparition de signes externes inquiétants. Pour les autres expériences, ils seront laissés tranquille dans leurs cages au maximum et surveillés plusieurs fois par semaine. Concernant les chirurgies, des antidouleurs seront appliqués au moins 30 min avant la chirurgie, durant et après. L’état général et les signes de douleur des animaux seront évalués régulièrement, selon la grille d’évaluation du comité responsable du bien-être animal. Au moins une fois par jour en post-chirurgie pendant 5 jours les animaux sont examinés pour des signes de détresse (changements de posture, yeux plissés, manque de toilettage) et l’incision est examinée pour signes d’infection. Si nécessaire, des doses supplémentaires d’analgésique seront données, du gel nutritif sera donné, de la litière douce sera utilisée, l’enrichissement sera renforcé par trois enrichissements (bloc de bois, tunnel en carton et brique en T), et une réhydratation sous-cutanée sera réalisée. Si au bout de 24h le traitement s’avère inefficace et les points limites atteints les animaux seront mis à mort. Pour l’ensemble du projet une pesée quotidienne et l’utilisation des traitements décrits ci-dessus seront appliqués en cas de dégradation de l’état de l’animal avant atteinte des points limites. Pour les animaux en hébergement individuel, il y aura renforcement de l’enrichissement (bloc de bois, tunnel en carton et brique en T), et un contact humain impliquant une manipulation douce quasiment quotidienne, et contacts auditifs, visuels et olfactifs avec les autres rats, car les cages sont transparentes et l’hébergement individuel n’est pas complètement hermétique. Les points limites correspondant au score 1 selon la grille d’évaluation conduiront à la mise au repos avec surveillance quotidienne de l’état et du poids, et mise à disposition de gel nutritif dans la cage si dénutrition. Les points limites correspondant au score 2 selon la grille d’évaluation conduiront à la mise à mort par dose létale de CO2.

Choix des espèces

Les rongeurs sont les meilleurs modèles, jusqu’à présent, sur lesquels on peut étudier les comportements liés à la psychiatrie, dont l’élevage et le maintien en bonnes conditions reste pratique à réaliser en laboratoire, et dont on sait également manipuler le génome (pour étudier notamment le rôle des sous-unités nicotiniques dans le cadre ce projet). Le rat est, en outre, un modèle particulièrement intéressant lorsqu'on souhaite étudier des fonctions cognitives complexes et particulièrement pour des tests cognitifs basés sur nos technologies sur une longue période qui présentent une forte valeur translationnelle. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (à partir de 8 semaines), afin que le développement de leur cerveau soit suffisamment mâture pour la réussite et la reproductibilité des interventions, et l’homogénéité de leur comportement.

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Souris : 996
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Soumises à une constriction chirurgicale du nerf sous l'orbite ou à une injection d'agent inflammatoire dans la joue, 996 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures d'un niveau de souffrance allant de léger à sévère. L'intervention peut entraîner une douleur postopératoire, un œdème et une hypersensibilité de la face persistant jusqu'à 60 jours, évaluée par des stimulations répétées au filament et au jet d'air lors de séances de 30 à 45 minutes sur animaux conscients. Le projet cherche à établir si un microbiote intestinal perturbé aggrave la douleur oro-faciale chronique, les retombées thérapeutiques restant annoncées à long terme. À l'issue du suivi, tous les animaux sont tués, une partie des prélèvements servant à l'entraînement technique du personnel.

Objectifs

La douleur chronique oro-faciale constitue un enjeu clinique majeur, en particulier en raison de la difficulté à en comprendre les mécanismes de transition depuis une douleur aiguë vers une forme persistante. Des travaux récents de notre équipe ont montré qu’un microbiote intestinal perturbé (ensemble des micro-organismes présents dans l’intestin) favorise l’apparition de douleurs chroniques après chirurgie de la patte. Nos résultats suggèrent que cette influence du microbiote s’exerce en modifiant l’activité des certaines cellules immunitaires localisées à proximité des neurones qui transmettent l’information douloureuse. Ces cellules immunitaires peuvent entretenir un état inflammatoire local, qui maintient l’activation excessive des neurones impliqués dans la transmission de la douleur, favorisant ainsi sa persistance. L’objectif principal de ce projet est de déterminer si un mécanisme comparable intervient dans la chronicisation de la douleur oro-faciale. Nous chercherons à comprendre comment le microbiote intestinal influence le dialogue entre cellules immunitaires et les neurones de la douleur faciale.

Bénéfices attendus

La douleur oro-faciale chronique est une pathologie fréquente et invalidante, pour laquelle les options thérapeutiques restent limitées en raison d’une compréhension encore incomplète des mécanismes responsables de sa persistance. Ces travaux permettront d’approfondir nos connaissances sur le dialogue entre les cellules nerveuses responsables de la transmission de la douleur et les cellules du système immunitaire qui peuvent moduler leur activité. À plus long terme, ces recherches pourraient contribuer au développement de nouveaux traitements de la douleur chronique oro-faciale.

Procédures

Une partie des animaux sera soumise à une intervention chirurgicale faciale, d’une durée de 5 à 10 minutes. D’autres animaux recevront une injection sous-cutanée à proximité de la joue, d’une substance provoquant une inflammation locale, procédure d’une durée d’environ 2 minutes. Toutes ces procédures seront réalisées sous anesthésie générale administrée par injection unique. Une prise en charge de la douleur sera mise en place avant les interventions chirurgicales par injection afin de prévenir la douleur, et sera renouvelée si évalué comme nécessaire, après l’intervention. L’ensemble des animaux participera à des tests comportementaux visant à mesurer leur sensibilité mécanique au niveau de la face. Ces tests sont réalisés sur animaux conscients, préalablement habitués à la manipulation et au dispositif expérimental. Chaque séance dure en moyenne 30 à 45 minutes, et sera répétée plusieurs fois au cours du suivi expérimental. Les évaluations comportementales après chirurgie seront réalisées aux jours 1, 3, 7, 14, 21, 28, 35, 45 et 60. Les évaluations comportementales après injection d'agent inflammatoire seront réalisées aux jours 1, 2, 10, 14, 21, 28, 35 et 45. À l’issue du suivi comportemental, les animaux recevront une analgésie suivie d'une anesthésie profonde. Une perfusion sera ensuite réalisée (durée 5 minutes) afin de permettre le prélèvement des tissus nécessaires aux analyses scientifiques.

Impact sur les animaux

Toutes les procédures seront réalisées après anesthésie générale des animaux, administrée une fois par injection. Une partie des animaux subiront une intervention chirurgicale au niveau du nerf infra-orbitaire, réalisée une seule fois par animal et d’une durée d’environ 10 minutes, consistant soit en une constriction du nerf, soit en un abord simple sans constriction (environ 5 minutes). Cette intervention implique une incision cutanée et une exposition nerveuse et peut entraîner une douleur post-opératoire, une inflammation locale, un œdème, un risque d’infection ainsi qu’une hypersensibilité mécanique faciale pouvant persister jusqu’à 60 jours dans le modèle avec constriction. D’autres animaux recevront une injection sous-cutanée unique d’un agent inflammatoire dans le coussinet de moustache, d’une durée d’environ 2 minutes. Cette injection peut induire une douleur locale, une inflammation et une hypersensibilité mécanique durant plusieurs jours. Une analgésie sera administrée par injection, avant les chirurgies. L’analgésie sera renouvelée à une fréquence maximale de deux injections par jour lorsque jugé comme nécessaire durant le suivi post-opératoire. Si pas d’amélioration au lendemain de l’administration de l’analgésie, les animaux seront euthanasiés (atteinte point limite). Les tests de sensibilité mécanique seront réalisés sur animaux conscients, à l’aide de stimulations par filaments mécaniques et par jet d’air, d’une durée de 30 à 45 minutes par session, ce qui peut induire un stress lié à la contention et aux stimulations répétées. Une perte de poids transitoire peut survenir dans les jours suivant la chirurgie.

Devenir

À l’issue des procédures, tous les animaux seront euthanasiés. Les prélèvements tissulaires réalisés auront deux finalités : une partie sera utilisée pour l’entraînement technique (tutorat) du personnel; les autres lots seront destinés aux analyses expérimentales finales.

Remplacement

La thématique principale du laboratoire étant l’étude de la physiologie de la douleur, le recours à un modèle animal est indispensable et aucune méthode de remplacement ne permet de répondre aux objectifs scientifiques du projet. En effet, la douleur correspond à un processus physiologique intégré impliquant l’ensemble de l’organisme et ne peut être dissociée de son contexte systémique. L’évaluation comportementale, qui constitue le point de départ de cette étude, résulte d’une intégration complexe des informations sensorielles depuis la périphérie jusqu’au système nerveux central. L’utilisation de la souris comme modèle expérimental permet par ailleurs d’étudier le rôle des interactions entre le microbiote intestinal et les compartiments neuro-immuns dans la physiologie de la douleur, notamment grâce à l’accès à des modèles murins génétiquement modifiés. Les approches in vitro, ex vivo ou in silico ont été envisagées mais ne permettent pas de reproduire cette intégration fonctionnelle globale ni d’évaluer les réponses comportementales associées à la douleur.

Réduction

Le plan expérimental a été conçu afin de limiter au maximum le nombre d’animaux utilisés tout en garantissant la fiabilité et la reproductibilité des résultats. Le nombre d’animaux a été estimé en tenant compte principalement de la variabilité attendue des réponses comportementales ainsi que de la nécessité d’intégrer des variables biologiques pertinentes telles que le sexe et le génotype. L’organisation des groupes expérimentaux permet d’obtenir des comparaisons fiables tout en évitant toute utilisation excessive d’animaux. Lorsque cela est possible, plusieurs types d’analyses seront réalisés à partir des mêmes individus, afin d’éviter la duplication des procédures expérimentales.

Raffinement

Les animaux seront hébergés en groupes sociaux dans des cages enrichies comprenant du matériel de nidification et des abris, afin de favoriser les comportements naturels et de réduire le stress. Les conditions environnementales (température, luminosité, bruit) seront stables et contrôlées. Les procédures expérimentales seront planifiées afin de limiter le stress, notamment par une habituation quotidienne de 5 jours aux manipulations, aux dispositifs expérimentaux et à l’expérimentateur. Les tests comportementaux seront réalisés dans des pièces dédiées, calmes et adaptées. Les expérimentateurs sont formés à la manipulation douce des animaux et à la détection des signes de douleur ou de détresse. Les interventions chirurgicales seront réalisées sous anesthésie générale, avec une analgésie préemptive et post-opératoire adaptée. Une alimentation liquide sera fournie durant les 3 jours suivant la chirurgie afin de limiter la douleur liée à la mastication et prévenir la perte de poids. Un arbre décisionnel accompagne chaque procédure expérimentale. Des points limites ont été définis à l’aide d’une grille d’observation . En cas de dépassement de ces critères, les animaux seront immédiatement retirés de l’étude et euthanasiés selon les procédures réglementaires en vigueur. Les stimulations mécaniques seront réalisées dans des dispositifs adaptés, sans dépasser les seuils recommandés. Les animaux feront l’objet d’une surveillance continue afin de détecter tout signe de détresse ou de comportement anormal persistant.

Choix des espèces

Chez la souris, les populations de neurones impliquées dans l’intégration des stimuli douloureux présentent de fortes similarités avec celles décrites chez l’Homme. De nombreux modèles de douleur neuropathique et inflammatoire sont bien établis et reproductibles chez cette espèce, permettant des comparaisons fiables avec les données publiées et une intégration cohérente dans la littérature internationale. L’utilisation de la souris permet en outre l’accès à un large panel de lignées génétiquement modifiées, indispensable pour l’étude des mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans la physiologie de la douleur. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte, à partir de 8 semaines, correspondant à un stade où le système trigéminal est pleinement mature et où les réponses comportementales à la stimulation mécanique sont stables et interprétables. Ce stade est également optimal pour la réalisation des analyses cellulaires et moléculaires prévues, sans interférence liée aux processus de développement ou de vieillissement.

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Souris : 472
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472 souris vont être utilisées, toutes tuées, dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, pour étudier l'effet préventif d'une molécule sur la douleur. Toutes reçoivent une injection de la molécule ou d'un placebo, 252 subissent une incision de la peau de la patte au scalpel et 220 une injection d'un composé inflammatoire. La sensibilité est mesurée avant et après par des filaments pressés sur la patte. Les animaux sont tués moins de dix-huit heures après l'intervention pour prélever leurs tissus.

Objectifs

Depuis 2013, notre équipe travaille sur une molécule nommée Tafa4, dont la perte de fonction chez la souris transforme une douleur aigue (inflammatoire, neuropathique ou post-opératoire) en douleur chronique. Nous avons aussi constaté que l'injection de Tafa4 permettait de réduire l'hypersensibilité mécanique suite à une lésion. Cette molécule a donc une forte valeur thérapeutique et notre équipe de recherche se propose d'étudier et de comprendre les mécanismes moléculaires à l'origine de cet effet. Récemment, nous avons montré que l'injection de Tafa4 avant une lésion post-opératoire empêchait la mise en place de l'hypersensibilité mécanique chez la souris. Ainsi, ce projet possède un double objectif. D'une part de comprendre comment la preinjection de Tafa4 empêche la mise en place de l'hypersensibilité mécanique, augmentant encore son potentiel thérapeutique. D'autre part, cet effet préventif est le modèle parfait pour comprendre comment l'hypersensibilité mécanique se met en place, ce qui est une question biologique ouverte depuis des années et qui serait à même d'avoir une incidence sur la prise en charge de certaines douleurs.

Bénéfices attendus

Le but final est que TAFA4 soit prescrite comme une molécule antidouleur en clinique. De plus, comprendre quels types cellulaires permets la mise en place de l'hypersensibilité ouvrira un nouveau panel de solutions pour la prise en charge de patients souffrant de douleurs chroniques.

Procédures

Afin d’étudier l’effet préventif de TAFA4, nous serons amenés à injecter la molécule (ou un placebo) en sous-cutanée sur toutes les souris (472). 252 d’entre-elles seront opérées chirurgicalement sous anesthésie générale. L’anesthésique sera administré par voie intra-péritonéale. La chirurgie consiste en une fine incision de la peau de la patte avec une lame de scalpel. Pour le modèle inflammatoire, nous injecterons un composé inflammatoire dans la patte de la souris sur 220 d’entre-elles. Ces interventions dureront moins de 20 minutes. Un jour avant et un jour après ces procédures, nous mesurerons la sensibilité au niveau de la patte des animaux grâce à des filaments exerçant une pression donnée.

Impact sur les animaux

Les animaux seront amenés à recevoir l’administration de composés par injection intra-péritonéale et sous-cutanée. L’injection de ces produits n’entraine pas d’effet indésirable sur les animaux mais la contention et l’injection peut générer un stress chez les souris. De plus, nous utiliserons des modèles lésionnels mimant une lésion inflammatoire ou post-opératoire qui pourraient entrainer une douleur légère qui n'a pas d'incidence sur le comportement de l'animal. Le test d'hypersensibilité appelé test de Von Frey engendrera un léger stress et au cours duquel on évoquera une contrainte sur une patte. Toutes ces procédures seront réalisées par un personnel qualifié et expérimenté et tout sera mis en oeuvre pour minimiser la nuisance provoquée.

Devenir

Les animaux seront mis à mort car nous devons prélever leurs tissus qui seront par la suite analysés. En effet, l’analyse est indispensable pour comprendre les mécanismes de la douleur et notamment l’effet préventif de TAFA4.

Remplacement

La thématique principale de notre laboratoire étant de comprendre la physiologie de la douleur, notre projet nécessite l’utilisation d’animaux et ne peut recourir à des stratégies de remplacement par des méthodes non animales. En effet, la douleur ne peut être dissociée du système physiologique global de l’animal. L’étude comportementale, constituant le point de départ de notre étude, est le résultat d’une intégration complexe de l’information sensorielle de la périphérie vers des zones spécialisées du cerveau. Ainsi, l’expérimentation animale sur des souris est indispensable à l’étude des phénomènes physiologiques et à la réalisation de notre projet.

Réduction

Des stratégies seront mises en place afin d’éviter ou de limiter l'utilisation subséquente d'animaux supplémentaires tout en obtenant suffisamment de données pour répondre aux questions liées à l'étude. Ainsi, l’élaboration précise des protocoles de comportement et le choix pertinent des contrôles sont des éléments déterminants. Par ailleurs, l’utilisation d’outils statistiques permet d’estimer au mieux le nombre d’animaux nécessaire. Enfin, le contrôle des paramètres environnementaux mais également du statut sanitaire des animaux permettra de limiter la variabilité des résultats expérimentaux obtenus, et ainsi de réduire le nombre d’animaux nécessaire à l’obtention de résultats statistiquement valables. Les procédures décrites sont appliquées depuis plusieurs années au sein de notre équipe et sont maitrisées par les expérimentateurs. Nous avons donc l'expérience nécessaire concernant la réalisation des procédures et l’évaluation de l'impact sanitaire sur les animaux. La qualité de notre plan expérimental ainsi que l’étude détaillée du nombre d’animaux nécessaires à l’obtention d’un résultat scientifique statistiquement valable nous permettent d’optimiser le nombre d’animaux utilisés. Nos études se concentreront essentiellement sur la peau de la patte, mais nous utiliserons également d'autres tissus de chaque animaux pour pouvoir avancer sur d'autres projets parallèles.

Raffinement

Les souris utilisées dans ce projet seront élevées en groupes sociaux, dans un environnement enrichi (coton et/ou dôme) pour optimiser les conditions d’hébergement et favoriser un comportement normal afin de diminuer au maximum le stress des animaux. Les élevages sont effectués au sein de notre établissement agréé et 5 personnes sont dédiées à l’organisation et l’entretien des élevages. De ce fait, l’état sanitaire et environnemental des animaux sont contrôlés tous les jours. Nous avons recours à l'anesthésie lors du procédé chirurgical et des soins préopératoires adéquats sont administrés. Les procédures expérimentales seront planifiées (disponibilité des locaux d'expérimentation, du matériel, période d'acclimatation des animaux aux pièces d’expérimentation), ce qui permettra de diminuer le stress des animaux et de favoriser la validité des expériences. Après une lésion, de la nourriture humide sera placée au sol pour éviter que les animaux ne se dressent sur leur patte lésée. Enfin, des points limites les plus précoces possibles seront établis en fonction des tests de comportements utilisés. Moins de 18 heures après l'intervention sur les animaux, ceux-ci seront mis à mort.

Choix des espèces

Chez la souris, les populations de neurones spécialisés dans l’intégration des stimuli douloureux sont similaires à celles décrites chez l’homme. De plus, différents tissus impliqués dans l'intégration nociceptives (peau, neurones sensoriels et moelle épinière) sont parfaitement décrit chez la souris. Il est clairement admis et recommandé par la communauté scientifique que les expériences de comportement soient réalisées sur des individus ayant atteint leur maturité sexuelle et âgés de 8 semaines. A ce stade du développement, le système sensoriel primaire arrive à maturation avant tous les autres, aussi c'est à ce stade que nous avons choisi de réaliser nos expériences. Ainsi, les animaux auront été commandés à 7 semaines auprès du fournisseur agréé de manière à ce qu'ils s'acclimatent à notre animalerie.

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144 souris vont être utilisées, toutes tuées, dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, soumises six semaines durant à un stress chronique léger imprévisible destiné à induire un état dépressif. Chaque animal subit quatorze prélèvements de glycémie par incision de la veine caudale, des isolements et des injections quotidiennes. Le protocole cible les femelles, seules à développer une insulinorésistance dans ce modèle. Le porteur écrit que le raffinement restera limité, l'objectif même du projet étant l'induction d'une symptomatologie dépressive.

Objectifs

La dépression est un problème majeur de santé publique, associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires, métaboliques et à une mortalité élevée. La résistance à l’insuline semble jouer un rôle clé dans ces comorbidités, et elle pourrait aussi moduler la réponse aux traitements antidépresseurs. Les mécanismes liant dépression, insulinorésistance et neuroinflammation restent mal compris. Nous avons développé un modèle murin combinant symptômes dépressifs et insulinorésistance sans obésité, basé sur le stress chronique léger imprévisible ppliqué pendant six semaines. Ce modèle induit un état dépressif chez les deux sexes, mais seules les femelles présentent une insulinorésistance et une hyperinsulinémie. Le projet proposé vise donc à (1) évaluer l’effet de traitements antidiabétiques et insulino-sensibilisateurs sur les paramètres métaboliques et le comportement dépressif, et (2) étudier les mécanismes reliant insulinorésistance, neuroinflammation et dépression chez les souris femelles.

Bénéfices attendus

La dépression majeure est associée à une morbidité élevée, un handicap psychique et une mortalité accrue, incluant les événements cardiovasculaires liés à des altérations cardiométaboliques, notamment la résistance à l’insuline. Les mécanismes physiopathologiques liant dépression et insulinorésistance restent mal connus, limitant le développement de biomarqueurs et de stratégies thérapeutiques ciblées. L’étude des interactions entre dépression, insulinorésistance et régulation métabolique dans un modèle murin permettra de mieux comprendre ces mécanismes. L’approche pharmacologique combinera plusieurs stratégies actuellement utilisées en clinique ou en phase de développement. Ces interventions visent à améliorer la sensibilité à l’insuline, à moduler le risque cardiométabolique et à influencer des processus biologiques liés à la dépression, comme l’inflammation et la signalisation neuro-métabolique. Leur évaluation intégrée dans un même modèle permettra de caractériser les liens mécanistiques entre dysfonction métabolique et comportements dépressifs, et d’identifier des pistes thérapeutiques agissant sur les dimensions psychiatriques et cardiométaboliques de la maladie.

Procédures

Pour chaque test de glycémie, une petite incision à la veine caudale sera réalisée après avoir appliqué un anesthésique local et la quantité de sang total prélevée à un moment donné sera d’environ de 2 à 2,5 μL afin de pouvoir réaliser une mesure à l’aide du glucomètre. Ce type de prélèvement durera 3-4 secondes et aura lieu 14 fois par animal (2 x 7 prélèvements à 5 jours d’intervalle). Pour ces tests faisant intervenir une mesure de glycémie, un isolement de 6h préalable sera nécessaire pour effectuer un jeun. Le test en lui-même dure 2h, l’isolement total sera de 8h. Pour les tests comportementaux, ceux-ci sont indispensablesindispensable afin de pouvoir évaluer l’induction du syndrome dépressif. Aucun prélèvement ne sera effectué, la nuisance principale de ces tests étant l’isolement (30 minutes à 2h en fonction du test). Lors des traitements pharmacologiques quotidiens, une injection de 200 µl pour une durée maximum de 5 secondes sera effectuée.

Impact sur les animaux

Le présent travail a pour base l’induction d’une symptomatologie dépressive, à travers des stress répétés, d’intensité légère, de survenue aléatoire pour les animaux. Maintenant que nous maîtrisons le modèle nous sommes susceptibles d’observer : une perte d’envie une diminution de l’appétit une baisse d’énergie une apathie Dans le même sens, il subsiste un risque rare de déshydratation et de perte pondérale (moins de 10% de la masse initiale).

Devenir

Les animaux sont mis à mort à la fin de la procédure afin de procéder aux analyses post-mortem et déterminer les mécanismes d’actions mis en jeux.

Remplacement

La dépression et les maladies cardiométaboliques potentiellement associées, peuvent être vues dans une approche systémique, avec des conséquences négatives sur de nombreux tissus et organes. Afin d’explorer au mieux cette dimension multi-systémique, il est indispensable de travailler sur l’organisme vivant en entier ce qui justifie ainsi la nécessité de réaliser des expérimentations in vivo. Ainsi, aucun modèle cellulaire ne peut être utilisé pour substituer totalement l’utilisation de modèles animaux.

Réduction

Pour réaliser ce travail, nous nous nous sommes basés sur des études antérieurement publiées et notre expérience acquise lors de la mise au point du modèle. Sur les 17 articles pertinents retrouvés, 11 ont portés sur des souris C57BL/6. Les tailles d’échantillon (pour les souris soumises au UCMS) variaient de 07 à 64, avec une médiane de 22,5 par condition/sexe. Au vu de ces éléments et de notre expérience préalable, en considérant l’éventualité de souris ne répondant pas au protocole UCMS, c’est-à-dire ne présentant pas de signes de dépression lors des tests comportementaux, nous avons défini à 24, le nombre de souris UCMS par groupe nécessaire à notre projet. La significativité statistique entre plusieurs groupes sera déterminée par une analyse de variance suivie d’un test de Tukey-Kramer. Dans le cas où un test non paramétrique serait nécessaire, nous utiliserons le test non paramétrique de Mann-Withney.

Raffinement

Avant la mise en application des épreuves constitutives UCMS, et ce pendant deux semaines (entre la 10ème et la 12ème semaine d’âge de la souris), les animaux seront placés par groupes de quatre dans des cages avec contrôle de la température et de l’humidité (22 ± 2°C, et 65 ± 5%), avec un accès ad libitum à la nourriture et à l’eau de boisson, et des alternances lumières/obscurité de 12h (lumière à 7h du matin, obscurité à 7h du soir).Cependant, le raffinement sera limité du fait de l’objectif du projet, en l’occurrence l’induction d’une symptomatologie dépressive. Pendant la période d’administration UCMS, les souris seront hébergées en cages individuelles en journée afin de subir les différents stresseurs puis retourneront dans leurs cages d’origine pour la période obscurité.

Choix des espèces

L’étude d’une pathologie a pour but d’en comprendre les mécanismes afin d’établir des stratégies thérapeutiques applicables à l’espèce humaine. Dans ce sens, dans le cadre de la recherche fondamentale, il paraît déterminant de choisir un modèle animal dont la physiologie et la physiopathologie sont le plus proche possible de celles de l’Homme. C’est le cas pour la souris, qui sur le plan neurobiologique et métabolique, présente de multiples similarités avec de l’Homme. De plus, cette espèce animale fait partie des espèces les plus étudiées dans la littérature scientifique, notamment en ce qui concerne les maladies mentales (dont la dépression et la schizophrénie), ce qui diminue le risque de duplication inutile de travaux et veille à réduire au mieux le nombre d’animaux utilisés. L’induction de la symptomatologie dépressive par stress chronique léger imprédictible sera réalisée chez des souris de douze semaines. Ce stade correspond à des souris jeunes adultes et est idéal pour induire tout type de conditionnement chez la souris puisque d’après la littérature, ce type d’expérimentation montre son efficacité maximale chez des animaux âgés de 12 à 24 semaines. Considérant une durée de stress de six semaines, suivie de trois semaines de traitement pharmacologique, les souris seront âgées de 20 semaines à la fin de la procédure. Les tests comportementaux inhérents à la vérification de la validité du modèle seront réalisés dans les trois semaines après chez toutes les souris, et les prélèvements finaux à 23 semaines de vie.

  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 624
Souffrances
▲ -
▲ 264
▲ 192
▲ 168
Devenir
 -
 -
 -
 624

Porteuses d'une mutation SOD1 reproduisant la sclérose latérale amyotrophique, 624 souris vont être utilisées, toutes tuées, dont 168 dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère. La maladie leur impose une dégradation motrice progressive des membres, et 48 d'entre elles subissent en plus l'implantation chirurgicale d'une sonde cardiovasculaire. Le porteur décrit une nage génératrice de stress et applique des points limites pour la phase sévère. Les animaux sont tués en fin de procédure pour retirer le capteur télémétrique et prélever leurs organes.

Objectifs

La sclérose latérale amyotrophique (SLA), également connue sous le nom de maladie de Charcot, est une maladie qui entraîne une dégradation progressive des neurones moteurs, les cellules chargées de transmettre la commande motrice produite par le cerveau vers les muscles. Chez l’homme, cette maladie est fatale dans les 3 à 5 ans suivant le diagnostic. Cette demande d’autorisation de protocole concerne un projet qui vise à caractériser les atteintes du système nerveux qui contrôle nos grandes fonctions telles que la digestion, la respiration, la fréquence cardiaque et la pression artérielle, grâce à un modèle de souris génétiquement modifiées qui sont atteintes de la SLA.

Bénéfices attendus

Les recherches que nous effectuons sur ce modèle animal pourrait déboucher sur l'identification de nouvelles cibles thérapeutiques pour traiter ou ralentir la progression de la SLA.

Procédures

Certains animaux subiront une chirurgie peu invasive d’une demi-heure environ pour implanter une sonde permettant de suivre leurs paramètres cardiovasculaires (n=48). Les autres animaux seront maintenus en vieillissement pour des prélèvements d’organes et de sang.

Impact sur les animaux

La mutation portée par les animaux est similaire à celle de l'homme. Ces animaux vont présenter des altérations motrices des membres antérieurs mais surtout postérieurs. Les animaux ayant été opérés pourront présenter des signes de douleur qui seront pris en charge de manière médicamenteuse. La nage peut générer du stress.

Devenir

Les animaux porteurs de la mutation SOD1 sont en procédure modérée jusqu’à P90 puis en procédure sévère de P90 à P120. Sur la base des lots décrits plus haut, 21 x12= 264 animaux seront utilisés en procédure légère (les WT) ; 10 x 12 = 120 animaux de P60 à P80 seront utilisés en phase modérée puis 14 x 12 = 168 de P90 à P120 en phase sévère. 6 groupes de 12 souris WT seront implantés avec une sonde télémétrique et seront donc en procédure modérée donc 72 souris. Totaux : 264 (procédure légère) + (120+72) = 192 en procédure modérée + 168 en procédure sévère = 624 animaux. L’ensemble des animaux seront mis à mort en fin de procédure afin de retirer le capteur télémétrique ou pour prélèvements sur animal euthanasié.

Remplacement

Il n’existe actuellement pas de méthode alternative suffisamment prédictive qui permettrait de se passer de l’utilisation d’animaux pour étudier la maladie de Charcot. Lorsqu’on s’intéresse aux altérations physiologiques induites par la dégénérescence neuronale il est impossible de se passer d’un modèle d’étude animal mammifère et de travailler sur des invertébrés ou des cellules différenciées

Réduction

Le nombre d’animaux a été déterminé par des méthodes statistiques ainsi que sur l’expérience que nous avons acquise au laboratoire depuis de nombreuses années sur ce modèle animal dans lequel il y a une variabilité interindividuelle importante quant à l’évolution des processus neurodégénératifs.

Raffinement

Les animaux seront hébergés au sein d'un établissement utilisateur agréé dans des conditions favorisant leur bien-être (enrichissement, suivi quotidien par du personnel qualifié). Les animaux présentant un phénotype dommageable seront suivis quotidiennement. Les mâles étant agressifs entre eux (lié au fond génétique B6SJLF1), leur nombre est limité à 4 dans une cage de taille moyenne et à 6 dans une grande cage. Nous ne regroupons jamais des animaux de portées différentes. Nous maintenons les animaux par portée d’origine et ne les séparons pas en fonction du génotype afin de limiter le stress du regroupement et les bagarres. De l’enrichissement sera aussi ajouté pour permettre un maximum de cachettes (maison en carton, tunnel, sizzlenest). Des points limites ont été mis en place et seront appliqués. Les animaliers sont formés à leur détection et préviennent les chercheurs dès les premiers signes.

Choix des espèces

L’identification de mutations génétiques à l’origine des formes héréditaires de SLA chez l’humain a permis l’élaboration de modèles murins de cette pathologie qui se développe à l’âge adulte avec l’apparition des premiers symptômes moteurs autour de 90 jours après la naissance.

  • Recherche appliquée
    • Troubles nerveux
  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Rats : 90
Souffrances
▲ 50
▲ -
▲ 40
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 90

Cinquante rats opérés sous anesthésie et tués sans réveil, quarante autres porteurs d'un implant cérébral pendant douze mois : 90 rats vont être utilisés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré pour ceux qui sont réveillés. Les seconds subissent une chirurgie d'implantation d'une heure et demie, des enregistrements hebdomadaires et une perfusion intracardiaque terminale. Le projet développe des électrodes destinées à des interfaces cerveau-machine pour redonner la parole à des personnes lourdement handicapées. Cette étape chez le rat précède des essais sur des mini-porcs, eux-mêmes préalables à un usage humain.

Objectifs

Cinq millions de personnes dans le monde ont un déficit sévère de la parole suite à des traumatismes, lésions vasculaires, ou des maladies neurodégénératives. L’objectif des interfaces cerveau-machine pour la parole (BCI parole) est de permettre à ces personnes de communiquer à nouveau grâce au contrôle d’une synthèse vocale à partir de leur activité́ cérébrale enregistrée à l’aide d’implants cérébraux. L’objectif de ce projet est de : i) développer de nouveaux implants à haute densité pour enregistrer de larges zones corticales ou intra-corticales, ii) tester ces nouveaux dispositifs en préclinique pour mieux comprendre les liens entre les signaux de surface et/ou intra-corticaux, ainsi que la dynamique des circuits corticaux pour développer des stratégies de décodage plus efficaces. Cette étude menée chez le rat en amont des études menées chez le mini-porc permettra : 1) d’évaluer la fonctionnalité de ces implants et en particulier la qualité et la stabilité des signaux enregistrés et des stimulations du cerveau sur plusieurs mois (jusqu'à 12 mois) ; 2) comparer la performance de ces nouveaux implants par rapport à celles des implants commerciaux; et 3) évaluer la biocompatibilité de ces nouveaux implants.

Bénéfices attendus

À long terme, ce projet de recherche s’inscrit dans un projet plus vaste destinés à développer des interfaces cerveau-machine pour redonner la capacité de communication à des personnes présentant un déficit sévère de la parole. Pour y parvenir, il est essentiel de disposer de grilles de multi-électrodes biocompatibles, stables et très performantes. À court terme, cette étude servira à vérifier que les nouveaux types d’électrodes implantées dans le cerveau n’occasionnent pas de lésions ou d’effets indésirables, garantissant ainsi la sécurité et la tolérance des dispositifs implantés chez l’homme.

Procédures

Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : La chirurgie d’implantation d'une durée d'environ 1h30 sera effectuée sous anesthésie. Afin de tester la qualité des implants,des stimulations pourront être délivrées au niveau de zones du cortex impliquées dans le contrôle des muscles, sous anesthésie et analgésie, sans réveil de l'animal. Pour les animaux implantés de façon chronique, l'activité neuronale sera enregistrée 1 fois par semaine pendant 1 à 2 heures sur une durée maximale de 12 mois. Pour les animaux implantés de façon chronique, une perfusion intracardiaque sera réalisée à la fin de la série d'expérimentation.

Impact sur les animaux

Des nuisances pourront être associées : 1) à la chirurgie d’implantation : hypothermie, douleurs si l’anesthésie et l’analgésie sont mal dosées pendant la chirurgie et les stimulations électriques, des douleurs, un inconfort du fait de la présence d’une protection des connecteurs positionnée sur leur tête, un risque d’infection au niveau de la zone d’implantation pendant quelques jours après la chirurgie, l’isolement physique de l’animal post-opératoire jusqu'à son complet rétablissement et cicatrisation pourra également générer un stress, 2) au rejet ou un mauvais positionnement des implants, 3) à l'isolement temporaire des animaux implantés lors des séances d'enregistrement.

Devenir

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de l'expérimentation. Une partie importante de l’étude concerne la biocompatibilité des implants. Afin d’étudier la structure du cerveau des rats qui ont été implantés de façon chronique ainsi que le comportement des implants, ces animaux devront donc être mis à mort (soit 40 animaux). Les 50 autres animaux serviront à des études d'enregistrement et/ou de stimulation électrique sous anesthésie. Ces animaux ne seront pas réveillés après la chirurgie.

Remplacement

Avant tout test chez l’animal, les performances des implants seront tout d’abord évaluées in vitro dans des solutions tampon. Cela permettra de vérifier les propriétés électriques et électrochimiques des électrodes afin d’en optimiser le mode de fabrication. Une fois leur fabrication optimisée, des dispositifs seront alors testés chez l’animal pour évaluer leur performance in vivo dans le temps. Il n’existe pas à l’heure actuelle d’alternative au modèle animal pour effectuer ce travail. En effet, les mécanismes étudiés mettent en jeu des réseaux complexes de cellules que la culture cellulaire ne saurait reproduire. De plus, avant leur utilisation chez l’homme, les nouveaux types d’implants nécessitent une validation préclinique in- vivo.

Réduction

L'efficacité des implants d'enregistrement de l'activité cérébrale sera évaluée sur des critères incluant la qualité du signal enregistré (amplitude, rapport signal/bruit, stabilité temporelle). Ces paramètres seront comparés entre groupes expérimentaux (différents implants) avec un test t ou de Mann-Whitney et au cours du temps chez un même animal pour mesurer la stabilité de l'implant par un test ANOVA à mesures répétées. Cette approche permettra une évaluation quantitative et reproductible de l'efficacité des implants in vivo. Pour une puissance statistique fixée à 80% et des effets attendus de l'ordre de d = 1.50 (très forts à considérables), le nombre minimal d'individus par groupe optimal à utiliser pour mettre en évidence des résultats significatif est de 10 individus, pour un risque alpha = 5% et en prenant en compte une perte potentielle de 20% d'individus au cours de l'expérience (SHADE). Pour les tests de biocompatibilité, chaque animal sera son propre contrôle (hémisphère implanté versus hémisphère non implanté). Les implants testés dans cette étude seront ensuite validés chez le miniporcs (projets financés au niveau national). Conformément au principe de réduction des 3R, une étude préclinique préalable chez le rat permettra de valider la faisabilité, la sécurité et les performances des implants. Cette étape permettra d'optimiser les protocoles expérimentaux et à terme, de réduire le nombre de miniporcs nécessaires à l'étude.

Raffinement

Durant leur séjour à l’animalerie, tout sera mis en œuvre pour que les animaux préservent au maximum une interaction sociale afin de diminuer leur stress. Au cours de la chirurgie d’implantation, les animaux seront placés sur une couverture chauffante afin d’éviter l’hypothermie. Les fonctions cardio-respiratoires seront monitorées. Pour le bien-être des animaux, des traitements prophylactiques à base d’antibiotique et d’analgésique (adapté au niveau de douleur et à base d’anti-inflammatoire non stéroïdiens et/ou de morphiniques) seront administrés pendant et les jours suivant la chirurgie. Un suivi clinique journalier des animaux sera mis en place durant toute la durée des expérimentations. Il visera à détecter d’éventuels états de souffrances pour mettre en place une gestion médicalisée de la douleur si nécessaire. Une grille de score associée à des points limites adaptés permettra d’intervenir rapidement dès l'apparition de signes cliniques en post-opératoire et/ou dans les mois suivants. Toutefois, pour les animaux implantés en chronique (procédure 1 uniquement), après la chirurgie d’implantation, les animaux devront être isolés pendant 24H (maximum 72H) ; il seront gardés dans des grandes cages près de leurs congénères; cela leur permettra d’interagir notamment visuellement, olfactivement et auditivement quand ils sont séparés. Des jeux et dispositifs seront mis à disposition des animaux afin de leur créer un milieu enrichi.

Choix des espèces

Le rat est le modèle standard pour les études de biocompatibilité d’implants offrant une taille de cerveau suffisante. Ils permettent en particulier de s’affranchir de l’utilisation de gros animaux à ce stade exploratoire de l’étude. Les animaux utilisés seront des adultes : réception et réalisation des implantations entre 12 et 20 semaines (250-350g) et suivi post-implantation sur une période allant jusqu’à 12 mois. En effet, la taille de cerveau doit être suffisante pour les études de biocompatibilité des implants.

  • Recherche fondamentale
    • Système immunitaire
    • Système nerveux
    • Système respiratoire
Souris : 1800
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 1800
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 1800

1 800 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une partie reçoit une injection destinée à déclencher une inflammation de la moelle épinière, l'autre subit en plus une chirurgie de 45 minutes reproduisant un traumatisme cervical, suivie d'une paralysie transitoire, d'une perte allant jusqu'à 20 % du poids et, pour 1 % des animaux, d'une automutilation de la patte. Le projet veut savoir si une inflammation préalable modifie la récupération après un tel traumatisme. Toutes sont tuées pour prélever la moelle épinière et l'analyser.

Objectifs

Les lésions de la moelle épinière au niveau cervical sont relativement fréquentes chez l’homme, entrainant des problèmes au niveau locomoteur ainsi qu’au niveau du contrôle neural de l’activité respiratoire et cardio-vasculaire, représentant ainsi la première cause de mortalité chez les patients. Une restauration partielle spontanée de l’activité respiratoire, cardiovasculaire ainsi que locomotrice peut être observée après lésion incomplète au niveau cervical, principalement due à une réorganisation des connexions nerveuses restantes. Cette récupération reste modeste et peut être fortement influencée par l’état médical antérieur des individus, notamment lorsqu’une maladie ou un épisode inflammatoire a déjà sollicité le système immunitaire de la moelle épinière. Dans ce cas, la réponse immunitaire à un traumatisme ultérieur ne sera pas la même que chez un individu dont le système immunitaire spinal est sollicité pour la première fois. Il est donc nécessaire d’identifier l’impact d’une atteinte inflammatoire préalable de la moelle épinière sur les processus inflammatoires et plastiques déclenchés à la suite d’un traumatisme de la moelle épinière.

Bénéfices attendus

Les traumatismes cervicaux de la moelle épinière entraînent des déficits respiratoires et cardiovasculaires majeurs, altérant fortement la qualité de vie des patients. Les résultats attendus de ce projet se situent à l’interface entre recherche fondamentale, recherche préclinique et applications cliniques, et visent à améliorer la compréhension des mécanismes qui limitent la réparation du système nerveux après un traumatisme de la moelle épinière. L’identification de ces processus permettra d’approfondir nos connaissances de la physiopathologie des lésions de la moelle épinière et d’orienter le développement de nouvelles approches thérapeutiques ciblant spécifiquement les mécanismes neuroinflammatoires et neuroplastiques impliqués dans la récupération. Un apport majeur de ce projet réside dans la comparaison entre les animaux présentant une neuroinflammation de la moelle épinière préalable et ceux subissant uniquement le traumatisme de la moelle épinière. Les différences attendues dans la réponse inflammatoire et dans les capacités de réparation entre ces groupes mettront en évidence l’importance de l’état immunitaire initial de la moelle épinière. Ces résultats soutiendront l’idée que le passif inflammatoire d’un patient constitue un déterminant crucial de sa trajectoire de récupération et qu’il doit être pris en compte pour optimiser les interventions thérapeutiques. À terme, ce projet contribuera ainsi à promouvoir des stratégies de médecine de précision, mieux adaptées au profil de chaque patient et potentiellement plus efficaces pour améliorer les fonctions perdues.

Procédures

Les animaux seront soumis à l’une des deux procédures. Une partie des animaux recevront une injection d’un composé permettant d’induire une neuroinflammation. Différentes concentrations de ce composé seront testés afin de déterminer la concentration permettant d’induire une neuroinflammation spinale significative chez nos animaux, sans induire de phénotype pathologique délétère. Cette concentration sera déterminée dans cette procédure grâce à des tests comportementaux (maximum 2 par animal, d’une dizaine de minutes chacun), ainsi que des évaluations fonctionnelles neuromusculaires (force de contraction et excitabilité neuromusculaire, durant une dizaine de minutes chacune). L'autre partie des animaux seront injectés avec le composé à la concentration déterminée précedemment, puis recevront une chirurgie sous anesthésie générale (chirurgie durant environ 45 minutes), permettant de créer le modèle préclinique de trauma de la moelle épinière cervicale, afin de mimer la pathologie humaine. Ces animaux seront ensuite eux aussi soumis à des tests comportementaux et fonctionnels.

Impact sur les animaux

Les nuisances attendues ou effets indésirables pouvant être attendus sur les animaux sont : - Stress et douleur potentiellement induits par l’administration en intra-péritonéal du composé testé sur souris vigile en contention. - Paralysie transitoire des pattes avant et arrière du côté lésé suite à la lésion de la moelle épinière cervicale. Cette paralysie est transitoire et disparaît en l’espace d’une semaine, permettant à l’animal de retrouver une locomotion comparable à celle observée avant la lésion spinale. - Perte de poids jusqu’à 20% du poids initial durant la première semaine après lésion de la moelle épinière cervicale. - Autophagie de la patte arrière contralatérale à la lésion spinale (1% des animaux).

Devenir

Tous les animaux seront mis à mort à la fin du protocole, et les tissus récupérés pour être utilisés dans des analyses tissulaires, cellulaires et moléculaires

Remplacement

À l’heure actuelle, il n’existe aucun modèle expérimental permettant d’étudier de manière pertinente et intégrée les réponses physiologiques complexes autrement qu’à travers des organismes vivants. Les connectivités neuronales et les interactions neuro-immunitaires impliquées dans ces processus ne peuvent être reproduites ni par des modèles in vitro, ni par des approches in silico. De plus, les manipulations nécessaires à l’étude de ces mécanismes, telles que l’intervention sur certains systèmes de neurotransmission ou les analyses neurochimiques en conditions physiologiques, ne peuvent pas être réalisées chez l’être humain. En l’absence d’alternative scientifiquement valable, l’utilisation de modèles animaux demeure indispensable pour répondre aux objectifs du projet.

Réduction

L’étude repose sur l’analyse de l’influence d’un état inflammatoire spinal préexistant sur la récupération fonctionnelle après une lésion cervicale incomplète de la moelle épinière, un concept encore peu exploré nécessitant une approche intégrative in vivo. Le protocole expérimental a été spécifiquement conçu afin de limiter le nombre d’animaux au strict nécessaire, en s’appuyant sur les données déjà disponibles dans la littérature et sur l’expertise du laboratoire concernant la physiopathologie des lésions de la moelle épinière cervicales. Ces connaissances ont permis de définir précisément le niveau et la sévérité de la lésion, ainsi que les fenêtres temporelles d’analyse, afin de réduire la variabilité interindividuelle et d’éviter toute répétition expérimentale non justifiée. Par ailleurs, les mêmes animaux sont suivis longitudinalement pour l’évaluation des paramètres comportementaux et respiratoires, ce qui permet de maximiser la quantité de données obtenues par individu et de réduire le nombre total d’animaux requis tout en garantissant la robustesse statistique de l’étude.

Raffinement

L’ensemble des procédures expérimentales a été élaboré afin de minimiser la contrainte imposée aux animaux et de préserver leur bien-être tout au long de l’étude. Le choix d’un modèle de lésion cervicale incomplète de la moelle épinière permet d’induire des déficits fonctionnels pouvant être compensés physiologiquement chez les animaux, évitant ainsi des atteintes sévères et prolongées. Les interventions chirurgicales sont réalisées sous anesthésie générale, associée à une analgésie péri- et post-opératoire adaptée, et les paramètres opératoires ont été optimisés sur la base de l’expérience du laboratoire afin de limiter la durée de la chirurgie et les manipulations. Le suivi fonctionnel repose majoritairement sur des évaluations comportementales et respiratoires non-invasives, réalisées chez les mêmes animaux au cours du temps, ce qui permet de limiter les manipulations et d’éviter des procédures supplémentaires. Enfin, l’état clinique des animaux est surveillé quotidiennement après la lésion de la moelle épinière, et les conditions d’hébergement et de manipulation sont adaptées afin de réduire le stress, favoriser la récupération fonctionnelle et assurer une prise en charge individualisée, conformément aux principes de raffinement. Des tissus de moelle épinière seront de plus récupéré après mise à mort des animaux afin poursuivre en profondeur cette étude par des expérimentations moléculaires et cellulaires.

Choix des espèces

Nous utilisons cette espèce pour plusieurs raisons : 1) Plusieurs élevages de souris de laboratoires sont disponibles 2) Grâce à leur petite taille et leur cycle de vie court, les conditions environnementales peuvent être contrôlées de la naissance à l’âge adulte 3) Les souris constituent un modèle reproductible d’étude de la neurobiologie respiratoire et cardiovasculaire 4) Les souris ont un taux de mortalité faible (moins de 2%) suite à une lésion médullaire cervicale 5) Les souris présentent une récupération motrice très rapide suite à une lésion médullaire cervicale 6) Un des aspects clés du programme de recherche concerne les voies nerveuses phréniques croisées (voies respiratoires), données publiées dans la littérature 7) Les souris et les humains partagent plusieurs caractéristiques communes dans le contrôle du système respiratoire et cardiovasculaire, ce qui en fait un bon modèle préclinique. Les animaux utilisés seront des souris jeunes adultes (âgées de 8-12 semaines) afin de s’affranchir de toutes incidences liées au développement de l’individu. La nécessité d’avoir un sujet adulte s’avère indispensable afin d’étudier de manière précise les effets de potentielles futures stratégies réparatrices qui pourront être appliquées sur des patients humains adultes.

  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 80
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ -
▲ 80
Devenir
 -
 -
 -
 80

Une chirurgie d'occlusion de l'artère cérébrale pendant une heure, puis sept injections quotidiennes et une ponction cardiaque terminale : 80 souris mâles vont être utilisées dans des procédures classées sévères, toutes tuées au troisième ou au septième jour. L'occlusion provoque une faiblesse musculaire, des troubles de la coordination et une perte de poids, suivis par un score clinique quotidien. Le projet évalue des nanoparticules censées limiter les dégâts cérébraux dans la phase qui suit l'accident vasculaire. Le porteur juge le modèle animal "indispensable", les cultures cellulaires ne reproduisant pas la complexité du tissu cérébral.

Objectifs

L’objectif principal de ce projet est d’évaluer les effets thérapeutiques des injections répétées de nanoparticules d’Apolipoprotéine A1 (A1NPs) dans un modèle murin d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique. Contrairement aux approches classiques centrées sur la phase hyperaiguë (0–24h), ce protocole innovant vise à intervenir pendant la phase subaiguë (de 12h à 7 jours après l’AVC), période durant laquelle la plasticité cérébrale, la neuroinflammation et les mécanismes de cicatrisation gliale deviennent prépondérants. Ce projet s’inscrit dans une perspective translationnelle, avec pour ambition d’ouvrir la voie à des stratégies thérapeutiques post-aiguës, accessibles à un plus grand nombre de patients, au-delà des fenêtres thérapeutiques actuelles. En s’appuyant sur les propriétés neuroprotectrices, anti-inflammatoires et anti-fibrotiques des A1NPs, nous visons à réduire la mort neuronale secondaire, améliorer la restauration de la barrière hémato-encéphalique (BHE), moduler la gliose réactive et stimuler la neurogenèse, afin d’optimiser la récupération fonctionnelle post-AVC. Les effets des injections seront évalués à travers des marqueurs histologiques, moléculaires et fonctionnels aux jours 3 et 7 post-AVC. En étudiant les processus clés comme la neuroinflammation, la mort cellulaire, la cicatrisation gliale et la plasticité synaptique, nous espérons mieux caractériser le potentiel thérapeutique des A1NPs et leurs mécanismes d’action dans un contexte post-lésionnel.

Bénéfices attendus

Ce projet présente un fort potentiel translationnel pour le développement d’un traitement post-ischémique innovant basé sur les A1NPs. Les bénéfices attendus sont multiples : - Bénéfices scientifiques : identification des effets des A1NPs sur les phases post-aiguës de l’AVC, en particulier la réduction de la neuroinflammation, la modulation de la cicatrice gliale et la stimulation de la plasticité cérébrale. Ces résultats combleront un vide critique dans la compréhension des processus de réparation cérébrale. - Bénéfices thérapeutiques : développement d’une approche injectable simple, applicable au-delà de la fenêtre thérapeutique actuelle, et ciblant simultanément plusieurs processus pathologiques de l’AVC. Cette stratégie pourrait significativement améliorer la prise en charge des patients n’ayant pas accès à des traitements aigus. - Bénéfices méthodologiques : validation d’un protocole rigoureux et reproductible pour tester l’efficacité de traitements combinant effets anti-inflammatoires, anti-fibrotiques et neuroprotecteurs. À terme, ce projet pourrait justifier des études cliniques sur les A1NPs et contribuer à la réduction des séquelles invalidantes de l’AVC, qui constitue une priorité de santé publique mondiale.

Procédures

Chaque animal sera soumis aux étapes suivantes : Chirurgie d’occlusion de l’artère cérébrale moyenne (MCAO) Type : procédure invasive classée « sévère » Durée : 30–45 minutes Description : occlusion transitoire (60 min) par monofilament, sous anesthésie et analgésie, suivie d’une reperfusion. Fréquence : 1 fois par animal répétées Type : procédure modérée Produit : molécule vs contrôle Durée : ~5 minutes par injection Fréquence : 1 injection/jour pendant 7 jours (12 h post-AVC à J7), soit 7 injections par animal Évaluations comportementales non invasives Tests comportementaux : score neurologique, coordination motrice, activité spontanée Durée cumulée : 15–20 minutes/jour Fréquence : 1 fois/jour pendant 7 jours Procédure terminale Type : procédure « sans réveil » Durée : 10–15 minutes Méthode : analgésie, anesthésie générale, ponction cardiaque, prélèvements cérébraux et sanguins Fréquence : 1 fois par animal, à J3 ou J7

Impact sur les animaux

Le modèle MCAO entraîne une ischémie cérébrale transitoire, responsable de déficits neurologiques modérés à sévères : faiblesse musculaire, troubles de la coordination, perte de poids. Ces effets sont suivis quotidiennement par un scoring clinique. Les principales nuisances sont : Douleur postopératoire : contrôlée par buprénorphine systématique Risque hémorragique : limité par une chirurgie microdissection sous microscope, hémostase et instruments stériles Risque infectieux : réduit par antisepsie rigoureuse et surveillance du site opératoire Déficits neurologiques : compensés par enrichissement, accès facilité à l’eau et nourriture, surveillance rapprochée Les injections IV, bien que répétées, sont brèves et réalisées sous anesthésie légère. Les tests comportementaux sont non invasifs et précédés d’une habituation. Le nombre d’animaux (80) est calculé pour assurer la puissance statistique tout en respectant les principes des 3R.

Devenir

À l’issue du protocole expérimental, l’ensemble des animaux inclus dans le projet seront euthanasiés, conformément aux objectifs scientifiques et éthiques du projet. Cette décision est justifiée par la nature même de l’expérimentation, la sévérité du modèle utilisé (AVC ischémique), et les impératifs liés aux prélèvements nécessaires pour les analyses. Le protocole repose sur l’induction d’un accident vasculaire cérébral (MCAO) suivi d’un traitement expérimental par A1NPs. Cette procédure engendre des déficits neurologiques plus ou moins marqués, une altération du comportement locomoteur, ainsi que des modifications histopathologiques cérébrales profondes. Il n’est donc pas envisageable de conserver les animaux à long terme, ni de les réutiliser dans d’autres projets, en raison de leur état clinique post-procédure et de l’impact physiologique des traitements reçus. Par ailleurs, les objectifs scientifiques exigent la réalisation de prélèvements tissulaires (cerveau) et sanguins à des fins d’analyses histologiques, moléculaires et biochimiques. Ces prélèvements ne peuvent être réalisés qu’en fin de vie, après une euthanasie conforme aux standards éthiques. Une perfusion intracardiaque pourra également être réalisée dans certains cas pour optimiser la qualité des coupes histologiques, ce qui implique obligatoirement une euthanasie terminale.

Remplacement

Il existe des modèles in vitro de déprivation en glucose et en dioxygène mimant l’AVC dans la littérature. Mais ces modèles ne miment pas les conditions complexes d’une ischémie cérébrale in vivo puisqu’ils ne prennent pas en compte la complexité physiologique du tissu cérébral. Des tests in vivo ont déjà été réalisés afin de trouver le temps d’occlusion optimale, induisant un moindre taux de mortalité chez les souris. Seul le modèle animal permet donc de reproduire des conditions mimant au mieux une ischémie cérébrale chez l’homme tout en prenant en compte la complexité des types cellulaires recrutés et activés lors d’un AVC. Il apparaît alors indispensable d’avoir recours au modèle animal pour tester nos différentes hypothèses.

Réduction

L’ensemble des expériences ont été conçues afin d’utiliser le moins d’animaux possible, permettant également de réaliser des études statistiques fiables. Les études précédentes au laboratoire, nous permettent d’estimer la variabilité de ces expérimentations et de proposer le nombre optimal d’animaux nous permettant d’avoir une puissance statistique suffisante pour pouvoir valider ou non les hypothèses testées. Un nombre maximum de 80 animaux sera utilisé dans ce projet (à savoir que ce nombre ne sera pas atteint si les points critiques établis par les règlementations éthiques étaient atteints ou si les tests statistiques sont suffisamment forts pour garantir nos résultats). Nous utiliserons des souris mâles pour cette étude car c’est un bon modèle de physiopathologie et nous avons utilisé ce modèle sur nos précédentes études

Raffinement

Les animaux seront placés dans des conditions optimales (les souris seront au nombre de 4 par cage). L’atmosphère sera contrôlée en température et humidité. Ils auront à disposition nourriture et boisson ad libidum. Un enrichissement adapté à ce type d’expérimentations sera mis en place. Une anesthésie générale est prévue avant toute manipulation invasive. Dans un souci de réduction de la douleur, toutes les mesures seront prises pendant les expérimentations (anesthésie, analgésie). Des points limites et des critères d’arrêt sont prévus suivant un tableau de scoring adapté à notre modèle. . De plus, suivant le stade du cycle œstral de la souris femelle, la taille de l'AVC peut être différente et nous avons besoin de contrôler ce paramètre facilement. Donc dans un 1er temps nous allons nous intéresser aux souris mâles dans un souci de réduction et si les résultats sont concluants nous pourrons inclure des femelles synchronisés pour les prochaines études. La souris représente une espèce validée dans ces modèles d’ischémie cérébrale, permettant de plus l’évaluation du handicap post-infarctus. Il existe aussi une similarité du réseau vasculaire cérébral avec l’anatomie humaine (polygone de Willis).

Choix des espèces

La souris a été choisie en raison de sa pertinence reconnue dans les modèles d’AVC ischémique. Son réseau vasculaire, notamment au niveau du polygone de Willis, est proche de celui de l’homme, permettant de reproduire fidèlement les infarctus corticaux humains. Ce modèle est largement validé et utilisé, ce qui facilite la comparaison des résultats et renforce la valeur translationnelle du projet. Le modèle MCAO chez cette souche permet d’analyser avec précision les processus ciblés par notre étude : neuroinflammation, gliose, fibrose et plasticité cérébrale. Notre équipe dispose d’une solide expertise avec ce modèle, ce qui assure une maîtrise technique et limite la variabilité interindividuelle. Le choix de la souris plutôt que du rat s’explique par une meilleure standardisation génétique, une variabilité moindre et une charge animale réduite. Enfin, seules des souris mâles sont utilisées afin de limiter les biais liés au cycle œstral et d’optimiser la reproductibilité. Les animaux utilisés seront exclusivement des souris mâles adultes âgées de 10 semaines, stade où le système neurologique, immunitaire et vasculaire est pleinement mature. Ce choix est scientifiquement pertinent car il permet une modélisation fidèle de l’AVC ischémique humain : les processus étudiés (neuroinflammation, mort cellulaire secondaire, gliose, plasticité) sont comparables à ceux observés chez l’adulte humain. L’emploi de souris juvéniles ou âgées introduirait une variabilité physiopathologique incompatible avec nos objectifs. L’âge de 10 semaines réduit la variabilité expérimentale : les jeunes présentent une plasticité accrue, les âgés des comorbidités influençant la réponse au traitement. Les souris adultes offrent au contraire un poids stabilisé, une immunocompétence homogène et une réponse vasculaire standardisée, assurant la reproductibilité. Enfin, ce stade présente des avantages techniques et éthiques : chirurgie plus précise et tests comportementaux fiables. Ce choix optimise la validité scientifique et le bien-être animal, conformément aux 3R.

  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 530
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 530
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 530

Toutes tuées après le suivi de leurs fonctions locomotrices, 530 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des injections de vecteurs viraux dans le liquide céphalorachidien ou les muscles des pattes arrière, puis passent des tests de démarche, de sensibilité et de force pendant plusieurs mois. Le projet teste des approches de thérapie génique contre deux formes de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, sur des souris qui en reproduisent les atteintes nerveuses et musculaires. Le porteur présente une preuve de concept censée déboucher un jour sur des essais chez des patients, la mise à mort servant à examiner les tissus nerveux atteints.

Objectifs

Ce projet a pour but de tester des approches de thérapie génique "ciblant le gène et le type cellulaire atteint " sur des modèles souris de la maladie de Charcot marie tooth (CMT). Il s'agit notamment de déterminer l'effet bénéfique d'injections de vecteurs viraux médicament exprimant un gène thérapeutique.

Bénéfices attendus

L'ensemble de ce projet nous permettra de déterminer si les approches de thérapie génique proposées ont un effet bénéfique pour améliorer ces deux formes de Charcot Marie Tooth (CMT). Il s'agit d'une étude préclinique qui permettra, en cas de bénéfices thérapeutiques, d'établir la preuve de concept de l'efficacité de ce type d'approche de thérapie génique ciblée pour la maladie de Charcot marie tooth (CMT). A plus long terme ces approches pourront être mise en place pour d'autres formes de CMT et déboucher sur des essais cliniques pour les patients atteints de CMT.

Procédures

L'ensemble des animaux (n=530) subiront des injections de type intrathécales au niveau lombaire ou intramusculaires dans les pattes arrières. Ces interventions sont de courte durée (de l'ordre de 5 minutes).

Impact sur les animaux

Les deux types d’injections se feront sous courte anesthésie gazeuse. Ces injections seront réalisées au moyen de fines seringues à insuline et ne nécessite pas d’incision de la peau ou du muscle au préalable. En se basant sur notre expérience et celle de nos collaborateurs ,ces injections entrainent peu d'effets indésirables. Nous espérons notamment retarder voire prévenir l'apparition des symptômes grâce à l'approche thérapeutique que nous proposons. Néanmoins, elles peuvent occasionallement induire une inflammation locale ou légères irritations et ainsi un léger inconfort qui sera surveillé dans les jours suivants l’intervention. Par la suite, les fonctions locomotrices de ces souris seront évalués au cours du temps au moyen de 3 ou 4 tests permettant d'analyser la démarche de la souris, la sensibilité de ces pattes ou encore la force de ces muscles. Ces tests entrainent peu d’inconfort aux souris. L’ensemble de ces tests pour un stade donné, seront effectué sur 3 ou 4 semaines afin de ne réaliser qu’un test par semaine et assurer une récupération aux animaux. Une grille de score sera utilisée pour évaluer différents critères (poids, apparence, comportement général, blessure etc.) rendant compte de l'état de santé général de l'animal. La classification modérée des procédures prend en compte le cumul du phénotype de la souris CMT et des injections et tests effectués chez ces animaux.

Devenir

A l'issu des études comportementales l'ensemble des animaux seront euthanasiés afin de déterminer l'effet bénéfique des thérapies proposés au niveau cellulaire sur les tisssus atteints dans la pathologie de Charcot Marie Tooth (CMT) (diminution de la dégénérescence axonale, réduction des défauts de myéline, etc.).

Remplacement

Il est difficile d'accéder aux cellules de patients du système nerveux périphériques (neurones moteurs et sensitifs et cellules de Schwann) et particulièrement les cellules de Schwann qu'il est impossible de différentier à partir de cellules pluripotentes humaines. Ainsi seuls des modèles souris nous permettent à l'heure actuelle d'établir la preuve de concept des thérapies que nous proposons pour envisager par la suite un essai thérapeutique chez l'homme.

Réduction

Le nombre d'animaux a été limité au minimum nécessaire pour mettre en évidence un effet significatif sur des paramètres de locomotion, force musculaire et vitesse de conduction nerveuse. De plus il s'agit d'une étude longitudinale c'est-à-dire que les mêmes groupes d'animaux seront suivis à différents stades (3,6 et 12 mois) afin de suivre à long terme l'effet bénéfique des thérapies.

Raffinement

Afin d'améliorer le bien être animal au cours de notre étude, les besoins physiologiques des animaux seront respectés (nourriture à volonté, enrichissement, stabulation en petit groupe, analgésiques après injection). Des points limites seront définis et les animaux seront mis à mort lorsqu'ils atteindront le critères d'interruption.

Choix des espèces

La souris reste un des modèles les plus aisés à modifier génétiquement et proche de l'homme (99% des gènes sont homologues). Elle est l'espèce la plus utilisée pour modéliser des maladies neurodégénératives ou neuromusculaires telles que la CMT. Elles développent la plupart du temps des anomalies observées chez l'homme et ont permis de mieux comprendre les mécanismes cellulaires sous-jacents à ces pathologies. Dans notre cas, les lignées utilisées pour la CMT2A et la CMT4H reproduisent la majorité des anomalies cellulaires et comportementales àpartir de 3mois, observés chez ces patients telles qu' une dégénérescence axonale, des défauts locomoteurs et des anomalies de myéline.

  • Recherche appliquée
    • Troubles nerveux
  • Recherche fondamentale
    • Biologie du développement
    • Oncologie
    • Système nerveux
Rats : 2158
Souffrances
▲ 1752
▲ 240
▲ 166
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 2158

2 158 rats vont être utilisés, des mères gestantes soumises à un régime réduit à 4 % de protéines jusqu'à leurs fœtus et leurs petits, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance allant du sans réveil au modéré. Les mères subissent des frottis, deux injections et, pour certaines, la pose d'un cathéter dans la jugulaire maintenu deux heures, les petits une série de tests neurologiques avant sevrage. Aucun animal n'est gardé vivant, fœtus, ratons et mères étant tués pour prélever leur cortex cérébral et de nombreux autres organes. Le porteur décrit un régime "drastique" censé induire des effets marqués sans souffrance chez les femelles, et justifie l'espèce par ses résultats antérieurs sur cette souche.

Objectifs

L’objectif est d’étudier l’effet préventif d’une supplémentation nutritionnelle en acides aminés essentiels, administrée pendant une période courte et ciblée de la gestation, sur le développement du cortex cérébral chez le rat, dans un contexte de carence protéique maternelle globale sévère. Le retard de croissance intra-utérin (RCIU) touche 6,4 % des nouveau-nés européens et est associé à un risque plus élevé de souffrir de complications néonatales et de développer des troubles neurocognitifs et métaboliques persistants. De nombreuses études menées chez l'animal et chez l'homme ont montré que la carence en acides aminés du fœtus, causée par une insuffisance placentaire ou un apport protéique maternel inadéquat, est un facteur de risque majeur de RCIU. Une alimentation maternelle pauvre en acides aminés pendant la gestation chez le rat a pour conséquence des niveaux réduits d’acides aminés essentiels dans le sang maternel, le placenta, le sang et le cerveau fœtal, entraînant des altérations du neurodéveloppement fœtal. Le présent projet utilise un modèle animal pour étudier les conséquences de la restriction protéique d’une part sur le développement du cortex cérébral pendant la vie fœtale et d’autre part ses conséquences comportementales à court et long terme. Notre objectif est de caractériser au niveau cellulaire et moléculaire les altérations du développement du cortex cérébral pendant la vie fœtale et de tester l’éventuel effet bénéfique sur la descendance d’une supplémentation ciblée en acides aminés essentiels donnée à la mère pendant une période clé du neurodéveloppement.

Bénéfices attendus

Ce projet apportera d’abord des connaissances fondamentales sur les effets d’une alimentation réduite en protéines pendant la gestation sur le développement du cortex cérébral fœtal. Nous avons fait le choix d’une restriction drastique des apports protéiques (tout en maintenant les apports caloriques) afin d’induire des effets suffisamment marqués pour être détectables sans pour autant induire de souffrance ni d’effet pathologique chez les femelles gestantes. L’utilisation de techniques de pointe pour les analyses cellulaires et moléculaires permettra d’identifier les types cellulaires qui sont altérés dans leur nombre, leur développement et/ou leur fonction., ainsi que les périodes de vulnérabilité maximale. Enfin, nous réaliserons des tests comportementaux spécifiques afin d’établir un lien direct entre les changements neuroanatomiques et les potentielles modifications fonctionnelles. L’intervention nutritionnelle que nous proposons de tester dans ce projet constitue également une approche innovante qui pourrait à terme ouvrir la voie à des traitements prénataux en clinique humaine pour la prévention d'altérations cérébrales dans des cas d’alimentation maternelle pauvre en protéines.

Procédures

Les femelles gestantes seront soumises à des frottis vaginaux (non douloureux, durée environ 10 à 20 secondes de contention, 1 à 2 secondes pour le frottis lui-même), deux injections sous-cutanées (durée environ 20 à 30 secondes de contention, 3 à 5 secondes pour l’injection elle-même) et, pour certaines, une chirurgie (perfusion intra-jugulaire, durée environ 20 minutes pour la mise en place de la perfusion qui est ensuite maintenue pendant 2 heures). Les tests comportementaux réalisés sur les animaux avant sevrage permettent de réaliser un examen neurologique similaire à celui qui est pratiqué chez les enfants pendant les premiers jours de vie (capacités motrices, réflexes et cognitives). La période totale de test ne dépassera pas 15 minutes/jour pour chaque raton testé, avec une pause de 6 jours entre chaque période de test. Les tests réalisés sur les jeunes adultes (P35 à P60) ont pour but d’évaluer leurs performances cognitives (apprentissage, mémoire, flexibilité, inhibition), motrices (force, équilibre, coordination) et sensorielles. Aucun de ces tests n’est douloureux pour l’animal.

Impact sur les animaux

La carence en protéines a pour effet une réduction de la prise de poids maternelle, du poids fœtal et du poids placentaire mais pas du nombre de fœtus par portée comme observé précédemment. Nous serons particulièrement vigilant au risque de survenue de cannibalisme au moment de la naissance, mais ceci n’a pas été observé lors de l’utilisation d’un régime similaire dans notre laboratoire. Les gestes expérimentaux qui seront pratiqués sur les femelles gestantes sont de type léger mais nous avons classé les procédures comme modérées en raison du régime alimentaire restreint à 4% de protéines. L’injection d’Edu et Brdu est réalisé de façon ponctuelle, en voie sous-cutanée, sans anesthésie, par le personnel animalier habilité. Les tests comportementaux réalisés sur les ratons pendant la lactation nécessiteront une séparation maternelle qui sera la plus brève possible. Les tests comportementaux réalisés sur les jeunes adultes (P35 à P60) sont considérés comme peu stressants car il n’y a pas de stimulus douloureux ou de contrainte physique.

Devenir

Aucun animal ne sera maintenu en vie à la fin du projet, les femelles seront commandées au fur et à mesure et le nombre prévu sera éventuellement réduit si tous les prélèvements requis ont pu être obtenus avant. S'il n'est pas possible d'obtenir une gestation dans le délai voulu pour certaines femelles, elles seront sacrifiées ou proposées pour d'autres protocoles. Les foetus et ratons seront tous sacrifiés et leurs organes utilisés pour de nombreuses analyses histochimiques, biochimiques, moléculaires, dans le but de caractériser de façon très complète et précise les conséquences de l'alimentation maternelle pendant la gestation sur l'architecture et le fonctionnement du cortex cérebral.

Remplacement

L’utilisation d’animaux est indispensable pour créer les conditions physiologiques caractéristiques de situations telles que la gestation et le développement fœtal. A ce jour, aucun modèle ex-vivo ou in-vitro ne permet de reproduire l’ensemble des interactions métaboliques, cellulaires et moléculaires, et encore moins les comportements. Cependant, l’utilisation de techniques de pointe permettant une caractérisation fonctionnelle au niveau de la cellule unique permet d’ouvrir la voie à des études ultérieures utilisant des modèles cellulaires in-vitro.

Réduction

Nos résultats préliminaires sur un modèle soumis aux même régime alimentaire nous ont permis d’appréhender la variabilité attendue pour certains des paramètres étudiés dans ce protocole. Nous avons ainsi calculé le nombre de fœtus nécessaire pour chaque analyse. Nous avons donc estimé qu’un nombre de 8 portées par groupe était approprié. Par ailleurs, nous considèrerons systématiquement 2 fœtus par portée (1 mâle et 1 femelle), pour chacune des mesures effectuées, soit potentiellement 16 fœtus par groupe si aucun effet du sexe n’est observé.

Raffinement

L’environnement des animaux sera enrichi (tunnel, bâton à ronger, frisottis). Les mères seront hébergées à 2 par cage avant et pendant la gestation. Elles seront placées en cage individuelle la veille de la mise bas et pendant la période de lactation, avec leurs petits. Les animaux seront suivis par un personnel animalier compétent et observés quotidiennement pour détecter d’éventuels signes de souffrance. Leur prise alimentaire et leur poids seront mesurés 3 fois par semaine. Les points limites définis conduiront, s’ils sont observés, à la mise à mort des animaux le cas échéant.

Choix des espèces

Le rat est l’espèce utilisée dans notre laboratoire et bien d’autres depuis de nombreuses années pour les protocoles expérimentaux visant à étudier l’influence de la nutrition en période périnatale sur le développement fœtal et postnatal. Nous avons déjà obtenu de nombreux résultats sur cette espèce et cette souche, qui est appropriée, par sa taille, aux études anatomiques, cellulaires et moléculaires que nous pratiquons. Le projet porte sur l’influence de la nutrition maternelle pendant la gestation sur le neurodéveloppement fœtal et postnatal et sur le comportement de la descendance en période de lactation et jusqu’à l’âge adulte (P60). Les animaux commandés au fournisseur seront des femelles vierges de 7/8 semaines et des males reproducteurs. Les analyses cellulaires et moléculaires porteront sur des organes prélevés post-mortem sur des rates gestantes, des fœtus à différents stades de la gestation, des nouveau-nés (P0), des rates et ratons mis à mort au moment du sevrage (P21) et des animaux mis à mort à P60. Des tests de comportement seront réalisés sur les jeunes ratons entre P2 et P18, afin d’établir un examen neurologique semblable à celui pouvant être réalisé sur un nouveau-né humain. Une deuxième série de tests, réalisée sur des jeunes adultes (P35 à P60) permettra une évaluation des capacités neurocognitives comme la mémoire ou l’apprentissage.

  • Recherche appliquée
    • Troubles nerveux
  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 360
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 360
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 360

Nées immunodéficientes, 360 souris reçoivent dans le cerveau, dès leurs premiers jours de vie, une greffe de cellules issues de tissus de patients épileptiques, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Certaines subissent ensuite l'implantation d'électrodes et un enregistrement cérébral prolongé en cage individuelle, avec un risque d'activité épileptique et de rejet maternel. Le projet veut savoir si des astrocytes humains issus de tissus malades peuvent déclencher une hyperexcitabilité une fois greffés dans un cerveau de souris. Toutes sont tuées à l'issue pour récupérer leurs tissus cérébraux.

Objectifs

Ce projet a pour objectif d’approcher les mécanismes à l’origine de l’épilepsie chez l’homme. Notre laboratoire utilise déjà des tissus réséqués chez des patients souffrant de tumeurs cérébrales ou de dysplasies épileptogéniques ou non, pour préparer des tranches aiguës utilisées en électrophysiologie. Malheureusement, la durée de vie de ces prélèvements n’est que de quelques heures. Nous proposons donc d’utiliser une partie de ces tissus pour isoler et mettre en culture des progéniteurs neuraux qui seront différenciés in vitro en astrocytes humains. Ces astrocytes différenciés ou les progéniteurs seront ensuite greffés dans le cerveau de souriceaux immunodéficients (lignée NOD SCID), où ils pourront s’intégrer dans l’environnement cérébral murin. Dans ce contexte, les cellules humaines pourraient induire localement certaines altérations fonctionnelles caractéristiques de l’épilepsie. Ce modèle permettra d’étudier le rôle spécifique des astrocytes humains dérivés de tissus épileptiques dans les mécanismes physiopathologiques de l’épilepsie sur une durée prolongée. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une collaboration avec les neurochirurgiens de l’AP-HP spécialistes de l’épilepsie.

Bénéfices attendus

Ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes cellulaires et physiopathologiques impliqués dans la dysplasie corticale focale (FCD), une cause majeure d’épilepsie pharmacorésistante chez l’humain. En utilisant des cultures primaires dérivées de tissus humains post-chirurgicaux, ce travail permettra d’étudier de manière unique le comportement des astrocytes humains, dans un contexte épileptique. Les greffes intracérébrales réalisées chez des souriceaux immunodéficients permettront d’évaluer in vivo le potentiel épileptogène des astrocytes humains issus de tissus dysplasiques comparés à ceux issus de tissus non épileptiques. Ces modèles permettront de : déterminer si les astrocytes humains issus de tissus de FCD contribuent à la genèse ou au maintien de l’hyperexcitabilité neuronale ; explorer les mécanismes d’interaction entre astrocytes humains et circuits neuronaux murins ; fournir des données expérimentales inédites susceptibles d’orienter de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment dans les cas d’épilepsie résistante aux traitements médicamenteux ; développer un modèle préclinique pertinent pour tester à terme des approches de modulation cellulaire ou pharmacologique ciblée. Ainsi, les bénéfices scientifiques et médicaux attendus sont considérables, tant sur le plan de la compréhension fondamentale des épilepsies focales que sur le plan de la recherche de nouvelles pistes thérapeutiques.

Procédures

Les animaux (360 souris nouveau-nées immunodéficientes) seront soumis aux interventions suivantes : -Injection intracérébrale de cellules humaines chez le souriceau nouveau-né, réalisée sans ouverture du plan cutané. -Chirurgie cérébrale chez l’animal adulte, comprenant l’implantation d’électrodes intracérébrales. -Enregistrements EEG télémétriques réalisés sur une période prolongée, sans contention. -Procédure terminale permettant la récupération des tissus cérébraux nécessaires aux analyses prévues.

Impact sur les animaux

-Greffe intracérébrale néonatale : cette intervention peut entraîner un stress de manipulation et une douleur aiguë très brève au moment de l’injection, ainsi qu’un inconfort transitoire dans les heures qui suivent. Chez les souriceaux manipulés, il existe un risque de rejet maternel ou de difficultés de tétée dans les 12–24 h suivant la greffe, pouvant se traduire par un retard de croissance ou une altération de l’état général. -Phénotype lié à l’immunodéficience (NOD SCID) : le phénotype immunodéficient peut être associé à une fragilité accrue et à une sensibilité augmentée aux infections opportunistes, susceptible d’entraîner une altération progressive de l’état général (amaigrissement, baisse d’activité), de durée variable selon les individus. -Implantation d’électrodes EEG : cette chirurgie peut provoquer des douleurs post-opératoires modérées pendant quelques jours, ainsi qu’un inconfort local transitoire lié à la cicatrisation et au port de l’implant. Une irritation cutanée au niveau des sutures et/ou du site d’implantation peut également survenir, généralement de courte durée. -Hébergement individuel lié au dispositif télémétrique : l’hébergement en cage individuelle sur une période prolongée peut induire un stress lié à l’isolement social, d’intensité faible à modérée, pendant toute la durée concernée. -Effets biologiques potentiels liés à la greffe : dans certains cas, une activité épileptiforme peut apparaître, pouvant s’accompagner de modifications transitoires du comportement et/ou d’une altération de l’état général (baisse d’activité, amaigrissement), d’intensité variable et de durée variable selon les individus.

Devenir

À l’issue de chaque procédure, tous les animaux sont euthanasiés pour permettre la récupération des tissus nécessaires aux analyses fonctionnelles et histologiques.

Remplacement

L’étude porte sur les mécanismes cellulaires impliqués dans l’épilepsie humaine, et plus particulièrement sur le rôle des astrocytes dérivés de tissus post-opératoires. Ces phénomènes nécessitent un modèle biologique intégrant un réseau neuronal fonctionnel et un environnement cérébral vivant, ce qui ne peut être entièrement reproduit par des approches in vitro. Les cultures cellulaires humaines sont déjà utilisées pour les étapes préliminaires (isolement, différenciation, caractérisation des astrocytes), ce qui limite le recours aux animaux aux seules expériences indispensables pour étudier les interactions entre cellules humaines et tissu nerveux in vivo. Ainsi, le recours à l’animal est restreint à la validation physiologique du modèle.

Réduction

Le nombre d’animaux a été déterminé a priori à partir de calculs de puissance statistique, afin d’obtenir un effectif minimal compatible avec des résultats robustes. Les effectifs par groupe ont été estimés à l’aide du logiciel G*Power, sur la base de : (i) test statistique prévu (comparaisons multiples/ANOVA selon les paramètres analysés), (ii) risque de première espèce α = 0,05, (iii) puissance cible 1−β = 0,90, et (iv) taille d’effet attendue estimée à partir de la littérature et/ou de données antérieures du laboratoire. Ces calculs conduisent à un effectif de 20 animaux par groupe pour les analyses principales. Afin de limiter le nombre total d’animaux, plusieurs mesures de réduction sont mises en place : les mêmes animaux sont utilisés pour collecter plusieurs types de données (EEG in vivo, puis analyses histologiques et/ou fonctionnelles ex vivo selon les cohortes), ce qui évite la duplication d’expériences ; les procédures chirurgicales et les acquisitions sont standardisées entre expérimentateurs pour réduire la variabilité interindividuelle ; enfin, l’organisation en lots expérimentaux est planifiée de manière à maximiser les données obtenues par animal.

Raffinement

Toutes les interventions chirurgicales seront réalisées sous anesthésie générale appropriée et associées à une analgésie systématique. Pour les chirurgies d’implantation d’électrodes EEG, l’anesthésie est réalisée par injection intrapéritonéale de kétamine (95 mg/kg)/xylazine (12 mg/kg), et une analgésie pré-opératoire est administrée par buprénorphine (0,1 mg/kg, S.C.). Une anesthésie locale (pommade EMLA / lidocaïne) est appliquée sur la zone d’incision. La température corporelle est maintenue à 37 °C pendant l’intervention et au réveil à l’aide d’un tapis/couveuse chauffant(e), et les yeux sont protégés par un gel ophtalmique. Après chirurgie, les animaux font l’objet d’une surveillance quotidienne pendant 7 jours permettant de détecter précocement tout signe de douleur, de détresse ou d’altération de l’état général. Les critères d’arrêt (points limites) incluent notamment : perte de poids significative ou retard de croissance, prostration ou baisse marquée d’activité, troubles moteurs persistants, automutilation/grattage au niveau de l’implant ou plaies, signes de déshydratation, ou tout comportement anormal durable. En cas d’atteinte d’un point limite, l’animal est retiré du protocole et euthanasié sans délai conformément aux modalités décrites dans l’item relatif à la mise à mort. Le raffinement de l’environnement repose sur un hébergement adapté avec enrichissement (matériel de nidification) et accès ad libitum à l’eau et à la nourriture. Lorsque l’implantation EEG impose une protection du dispositif et la qualité des enregistrements, un hébergement individuel temporaire est mis en place ; il est limité au strict nécessaire et s’accompagne d’un enrichissement maintenu. Les manipulations sont réalisées par du personnel formé, en limitant la durée de contention et le nombre d’interventions, afin de réduire le stress et l’impact sur le bien-être des animaux.

Choix des espèces

La souris est l’espèce la plus appropriée pour ce projet car elle permet d’utiliser des lignées immunodéficientes compatibles avec la greffe de cellules humaines. Les souris NOD SCID présentent un phénotype immunodéficient caractérisé par l’absence de lymphocytes T et B fonctionnels, sans phénotype dommageable spontané sur le plan moteur ou comportemental dans les conditions d’élevage et d’expérimentation prévues. L’absence de cellules immunitaires limite le risque de rejet des cellules humaines greffées et permet un suivi stable de leur intégration dans un cerveau vivant. Des travaux pionniers utilisant ce type de matériel cérébral humain ont été réalisés par des équipes internationales de recherche, validant ainsi ce choix. Les greffes seront réalisées chez des souriceaux âgés de 1 à 2 jours (P1–P2), car cette fenêtre développementale favorise la survie et l’intégration des cellules greffées dans le tissu cérébral, tout en permettant un suivi prolongé de leur maturation et de leurs effets fonctionnels au cours du développement postnatal.

  • Formation professionnelle
  • Recherche fondamentale
    • Système cardiaque
    • Système immunitaire
    • Système nerveux
Souris : 990
Souffrances
▲ 90
▲ -
▲ 900
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 990

Soumises à l'occlusion d'une artère cérébrale pendant une heure, parfois doublée d'une hyperglycémie provoquée par injection de glucose, 990 souris vont être utilisées, dont 900 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 90 sous anesthésie sans réveil. Une partie est observée au microscope puis tuée dans l'heure et demie, l'autre gardée jusqu'à 24 heures pour des tests neurologiques mesurant la sévérité de l'accident vasculaire cérébral. Le projet veut établir le rôle d'une protéine sensible au flux sanguin dans l'inflammation, sur des souris porteuses d'une mutation qui la suractive. Le porteur prévoit d'avancer la mise à mort si plus d'un tiers d'un groupe atteint les points limites dès 6 à 16 heures, et affirme que le recours à l'animal reste "non remplaçable" car les phénomènes se jouent à l'échelle de l'"organisme entier".

Objectifs

Ce projet s’intéresse à l’accident vasculaire cérébral, première cause de mortalité en France. Il en survient un toutes les 4 minutes et ses conséquences sont souvent graves : environ 25 % des patients en meurent, 40 % gardent un handicap, et 25 % développent une démence. La grande majorité des accidents vasculaires cérébraux sont dus à l’obstruction d’un vaisseau sanguin du cerveau. Lorsqu’une artère cérébrale est bouchée, cela entraîne une réaction qui associe la formation de caillots sanguins et une réponse inflammatoire. Cette réaction joue un rôle délétère pendant les premières étapes de l’accident vasculaire cérébral. Elle semble se produire surtout dans les zones où le sang circule mal, ce qui suggère l’implication de protéines appelées mécanotransducteurs. Ces protéines détectent les contraintes mécaniques (pression, étirement, frottements du sang) et les traduisent en signaux à l’intérieur des cellules. On s’intéressera à une de ces protéines, soupçonnée de jouer un rôle dans d’autres maladies inflammatoires comme l’athérosclérose. Les patients atteints d’une mutation qui active anormalement cette protéine sont par ailleurs exposés à des complications de la circulation sanguine. L’objectif de ce projet est donc de mieux comprendre le rôle de cette protéine sensible au flux dans l’activation des principales cellules impliquées dans l’accident vasculaire cérébral. Pour cela, un modèle d’occlusion d’une artère sera utilisé chez la souris afin de reproduire les perturbations du flux sanguin observées chez l’Homme. L’étude portera sur des souris présentant soit une protéine anormalement active (gain de fonction), soit au contraire partiellement absente. Enfin, l’utilisation de souris est indispensable pour mener ce projet : aucune méthode sur cellules isolées ne permet de recréer l‘interaction entre l’ensemble des acteurs (cellules, circulation sanguine et contraintes mécaniques) impliqués lors d’un accident vasculaire cérébral.

Bénéfices attendus

Ce projet est essentiel pour mieux comprendre les accidents vasculaires cérébraux ischémiques (c’est-à dire dus à l’occlusion d’un vaisseau sanguin). Il permettra de déterminer l’implication de la protéine étudiée dans cette pathologie. Les résultats obtenus grâce à ce modèle d’accident vasculaire cérébral appliqué à des souris permettront de faire progresser les connaissances sur les coomplications causées par les perturbations du flux sanguin cérébral. A plus long terme, ces connaissances pourront être appliquées à l’Homme afin de réduire les conséquences de l’accident vasculaire cérébral ischémique et d’autres perturbations du flux sanguin.

Procédures

Pour cette étude, nous utiliserons un modèle d’accident vasculaire cérébral induit par une occlusion d’1h, réalisée sous anesthésie et analgésie, d’une artère cérébrale chez la souris. La chirurgie dure environ 30 minutes. Ce modèle sera combiné à une injection de glucose pour provoquer une hyperglycémie aiguë 20min avant le début de la chirurgie. Au total, 990 souris seront utilisées dans cette étude. Elles seront toutes soumises à la chirurgie, avec (770 souris) ou sans (220 souris) occlusion de l’artère cérébrale pendant 1h et avec (450 souris) ou sans (540) hyperglycémie aiguë. Un premier groupe de 285 souris recevront une injection de marqueurs cellulaires (50 µl) afin d’étudier en temps réel les cellules impliquées dans l’accident vasculaire cérébral par microscopie intravitale, dans un délai maximum de 1h30 après l’occlusion. Cela sera suivi de la mise à mort immédiate des souris. Toute cette procédure sera faite sur des souris sous anesthésie et analgésie. Un deuxième groupe de 705 souris sera étudié à distance de l’occlusion avec évaluation de leur état 6h et 16h après la fin de l’occlusion (et la fin de l’anesthésie-analgésie). A 24h, elles seront soumises à des tests neurologiques visant à déterminer la sévérité de l’accident vasculaire cérébral. Sur la totalité des souris, des prélèvements sanguins seront réalisés à différents temps (jour 7 avant la chirurgie, J0 avant et après l’injection de glucose et avant la mise à mort). La durée maximale pour effectuer les prélèvements chez la souris est d’environ 2 minutes. Toute procédure invasive sera faite sous anesthésie et analgésie. Les animaux seront mis à mort en fin d'étude et les tissus seront prélevés et stockés pour les analyses biologiques.

Impact sur les animaux

Le prélèvement de sang cause un stress modéré et de courte durée chez l’animal. L’injection de buprénorphine (analgésie) cause une douleur courte et modérée. La chirurgie d’accident vasculaire cérébral induit une douleur peropératoire et une perte sensorimotrice modérée jusqu’à la mise à mort. Une déshydratation peut également être attendue, en particulier chez les animaux hyperglycémiques. Enfin, les tests comportementaux et la préhension peuvent être une source de stress légère à modérée dans son intensité et sa durée pour les souris.

Devenir

Tous les animaux seront mis à mort à l’issue des procédures 1 et 2, afin d’éviter toute souffrance inutile. Les animaux de la procédure 3 seront aussi mis à mort afin de permettre le prélèvement des cerveaux et d'un important volume de sang, nécessaires pour répondre à nos hypothèses.

Remplacement

Nous avons commencé par étudier l’impact de la suractivation de notre protéine sur des cellules humaines impliquées dans la thrombose et l’inflammation (plaquettes, cellules endothéliales). Aucune approche in vitro ne permet de rendre compte de l’impact du gain de fonction ou inversement de l’absence de cette protéine sensible au flux sur les phénomènes ayant lieu après un accident vasculaire cérébral. L’utilisation d’un modèle animal n’est pas remplaçable pour le moment car les phénomènes étudiés surviennent à l’échelle de l’organisme entier.

Réduction

Nous avons réduit le nombre de souris utilisées au minimum nécessaire et suffisant en accord avec notre expérience sur ces modèles. Les résultats obtenus seront analysés avec des tests statistiques adaptés en particulier one-way et two-way Anova. Si l’impact du gain de fonction de la protéine est mis en évidence dans le modèle sans hyperglycémie, le modèle hyperglycémique ne sera pas effectué, réduisant le nombre total d’animaux utilisée à 720.

Raffinement

Afin de prévenir toute douleur, les animaux recevront un traitement antalgique avant l’opération. Avant la chirurgie, ou tout prélèvement sanguin, une anesthésie locale sera appliquée. La chirurgie est par ailleurs réalisée sous une anesthésie générale adaptée. Après l’opération, une attention particulière sera portée aux animaux jusqu’au réveil, qui aura lieu dans une chambre thermostatée. Un suivi clinique et une surveillance des animaux à l’aide d’une grille de score seront réalisés régulièrement durant les procédures. Tout animal présentant des signes de souffrance sera pris en charge et/ou mis à mort selon le score. Enfin, le bien-être animal sera aussi amélioré par l’enrichissement du milieu : les cages seront notamment pourvues de coton. Compte tenu de l’aggravation potentielle de l’accident vasculaire cérébral chez les souris présentant un gain de fonction de la protéine sensible au flux, un temps précoce de mise à mort est prévu pour les lots concernés et leurs lots contrôles. Ainsi, si plus d’un tiers des animaux d’un groupe, correspondant à un minimum de cinq individus, atteignent les points limites et doivent être sacrifiés 6 ou 16 heures après la chirurgie, l’évaluation du score neurologique et la mise à mort de l’ensemble des lots du modèle seront avancées. Enfin, l'acquisition des gestes techniques sera initiée par le visionnage de support pédagogiques.

Choix des espèces

La souris permet de modéliser l’accident vasculaire cérébral et ses conséquences. Le modèle choisi sur les souris est déjà maitrisé par certains membres de notre équipe. De nombreux outils sont développés autour de ce modèle animal, ce qui nous permet de réaliser l’ensemble des tests pour répondre à nos questions. Enfin, nos modèles d‘expression d’une des mutations humaines entrainant une suractivité de la protéine étudiée, ou à l’inverse qui ne l’expriment pas dans les plaquettes ont été développés sur des souris de fonds génétique C57BL6/J. Les souris seront utilisées à l’âge adulte (à partir de 8 semaines), auquel le modèle d’accident vasculaire cérébral utilisé est validé et maitrisé au laboratoire. Notre étude est indépendante du développement, de la croissance ou de la vieillesse de l’animal.