Les questions parlementaires

Condamnation de la France pour la directive 86/609

expérimentation animale

Question écrite n° 20635, Assemblée nationale, 23 juin 2003

Le résumé de l'OXA

Le député demande au ministre de l'agriculture s'il prendra des mesures pour respecter la directive 86/609, citant une condamnation de la France par la Cour de justice.

1 demande : réponse à 1.

  1. Les mesures pour respecter les engagements européens de la France sur la directive 86/609, et leurs moyens.

    Réponse La réponse type tient la conformité pour acquise depuis la modification du décret de mai 2001 ; elle ne dit rien de la condamnation par la Cour de justice que cite la question.

Les erreurs de la réponse

  • "qui transpose la directive 86/608" : Le décret n° 87-848 transpose la directive 86/609/CEE, comme l'écrit la question.

La fiche

Thèmes : droit européen, conditions et devenir des animaux · Espèces : chiens, chats

Auteur
M. Thierry Mariani (Union pour un Mouvement Populaire, Vaucluse (4e circonscription))
Ministère interrogé
agriculture, alimentation et pêche
Rubrique
Animaux
Question publiée
au Journal officiel du 23 juin 2003
Réponse publiée
au Journal officiel du 11 août 2003
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

(Question écrite n° 20635 de M. Thierry Mariani, Assemblée nationale, JO du 23 juin 2003)

M. Thierry Mariani appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales sur la question des expérimentations animales pratiquées en France, en particulier sur les chiens et les chats. En effet, malgré les progrès considérables réalisés dans le domaine de la recherche n'impliquant pas le recours à des animaux, la France pratique davantage d'expériences sur les chats que les autres Etats membres de l'Union européenne ; elle est classée en troisième position pour le nombre de chiens utilisés en laboratoire. Il existe en outre un manque de transparence concernant l'utilisation des produits anesthésiants et analgésiques qui permettrait pourtant de limiter la souffrance de ces animaux lors de ces expériences. Suite à la transposition de la directive CE 86/609 par deux décrets du 17 octobre 1987 et du 20 juin 2001, la France a néanmoins été condamnée par la cour de justice des Communautés européennes pour manquement aux articles 4, 7, 11, 12, 18 et 22 de cette directive. Ces manquements sont susceptibles d'avoir un impact significatif sur la souffrance des animaux dans les laboratoires ainsi que sur la réglementation de l'approvisionnement de la recherche en chiens et chats. En conséquence, il le prie de bien vouloir lui indiquer s'il envisage de prendre les mesures propres à respecter les engagements européens de la France en ce domaine et par quels moyens il entend le faire.

La réponse

(Réponse du ministère : agriculture, alimentation et pêche, JO du 11 août 2003)

La France s'est dotée depuis de nombreuses années d'un arsenal législatif et réglementaire spécifique en matière de protection animale, notamment sur le fondement de deux articles fondamentaux du code rural (loi du 10 juillet 1976) : l'article L. 214-1 qui considère l'animal comme un être sensible et l'article L. 214-3 qui prescrit l'interdiction des mauvais traitements envers les animaux domestiques ou sauvages, apprivoisés ou tenus en captivité. Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 relatif aux expériences pratiquées sur les animaux, qui transpose la directive 86/608, prévoit que les expériences sur les animaux sont licites à condition, notamment, qu'elles revêtent un caractère de nécessité et que ne puissent utilement y être substituées d'autres méthodes expérimentales. La modification du décret, qui a été apportée en mai 2001 à la suite du recours de la commission, couvre l'ensemble des griefs qui avaient été énoncés. La procédure a été, toutefois, poursuivie uniquement du fait du délai de transmission du nouveau texte aux autorités européennes. Dans certains cas le recours à l'expérimentation animale peut être une obligation légale, pour évaluer, par exemple, la toxicité ou l'innocuité d'un produit donné. Elle est alors une étape obligatoire dans le processus qui va conduire à autoriser la mise sur le marché de ce produit. Les établissements d'expérimentation animale sont tenus de se procurer les animaux dont la liste est fixée par l'arrêté du 19 avril 1988 dans les établissements d'élevage spécialisés déclarés auprès des services vétérinaires départementaux. Des recherches sont effectuées pour mettre au point des méthodes substitutives. Ces méthodes doivent avoir pour principal critère d'offrir un niveau de sécurité et de protection de la santé de l'homme au moins aussi élevé que la procédure d'expérience précédemment pratiquée sur les animaux. La Commission européenne finance des recherches pour le développement des méthodes de substitution, validées ensuite par le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives. Les statistiques relatives aux animaux utilisés à des fins expérimentales montrent une diminution globale et régulière du nombre d'animaux depuis une dizaine d'années. Un des débats de fond actuels concernant l'expérimentation des animaux repose sur la pratique d'expériences sur l'animal de façon éthique, c'est-à-dire en faisant appel à une dimension morale. Ainsi s'est avérée la nécessité de l'avis d'un comité d'éthique préalablement à la mise en oeuvre d'une recherche sur l'animal. En France, qu'il s'agisse du secteur de la recherche privée ou de celui de la recherche publique, la majorité des laboratoires a intégré un comité d'éthique pour valider les protocoles mis en oeuvre sur les animaux. Les projets actuels en cours d'élaboration ont pour objectif de mettre en place un Comité national de réflexion éthique sur l'expérimentation animale, qui dépendra de la Commission nationale de l'expérimentation animale, créée par le décret du 19 octobre 1987 modifié précité, et instituée auprès du ministère chargé de l'agriculture et du ministère chargé de la recherche afin d'émettre des avis et des propositions sur la mise en place de méthodes expérimentales permettant d'éviter l'utilisation d'animaux vivants. Ce Comité national d'éthique aura pour avantage de mettre en présence l'ensemble des partenaires de la société civile intéressés par l'expérimentation animale, les personnalités scientifiques et les administrations concernées. L'ensemble de ces mesures contribue de façon importante à la protection des animaux de laboratoire.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • L'article L. 214-1 du code rural (loi du 10 juillet 1976) considère l'animal comme un être sensible.
  • L'article L. 214-3 du code rural interdit les mauvais traitements envers les animaux domestiques ou sauvages, apprivoisés ou tenus en captivité.
  • Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 relatif aux expériences pratiquées sur les animaux a été modifié en mai 2001, à la suite du recours de la Commission.
  • Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 rend licites les expériences sur animaux à condition, notamment, qu'elles "revêtent un caractère de nécessité" et qu'aucune autre méthode ne puisse utilement s'y substituer.
  • Les établissements d'expérimentation animale doivent se procurer les animaux listés par l'arrêté du 19 avril 1988 dans des élevages spécialisés déclarés auprès des services vétérinaires départementaux.
  • Le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives valide les méthodes de substitution.
  • La Commission nationale de l'expérimentation animale, créée par le décret du 19 octobre 1987, émet des avis sur les méthodes permettant d'éviter l'utilisation d'animaux vivants.

Le détail de l'analyse

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Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.