Les questions parlementaires
Laboratoires indépendants pour la toxicité, Madrelle
Expérimentation animale
Question écrite n° 18485, Sénat, 30 juin 2005
Le résumé de l'OXA
Le sénateur demande à la ministre de l'écologie ce qu'apportent les expériences sur animaux, si leur validité a été évaluée, et des études de toxicité indépendantes des fabricants.
3 demandes : aucune réponse à 3.
Le degré de connaissance supplémentaire apporté par les expériences sur des animaux.
Aucune réponse La réponse répond par l'obligation légale des essais de toxicité, pas par ce qu'ils apportent.
Si la ministre juge opportun que toutes les études de toxicité soient faites par des laboratoires indépendants et non par les fabricants.
Aucune réponse La réponse n'en dit rien.
Si la validité de ces expériences a déjà été évaluée.
Aucune réponse Aucune évaluation n'est citée ; la réponse rappelle que les essais sont obligatoires et que les méthodes non animales sont imposées quand c'est possible.
Les erreurs de la réponse
- "qui transpose la directive 86/608" : La directive transposée par l'article R. 214-87 est la directive 86/609/CEE du 24 novembre 1986 ; 86/608 n'est pas son numéro.
La fiche
Thèmes : substances chimiques et toxicologie, valeur scientifique
- Auteur
- M. Philippe Madrelle (SOC, Gironde)
- Ministère interrogé
- Écologie
- Ministère attributaire
- Agriculture
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 30 juin 2005
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 17 novembre 2005
- Statut
- Réponse reçue
- Événements
- Transmise le 19 août 2005 au ministère : Agriculture
- Sources
La question
(Question écrite n° 18485 de M. Philippe Madrelle, Sénat, JO du 30 juin 2005)
M. Philippe Madrelle appelle l'attention de Mme la ministre de l'écologie et du développement durable sur les dangers des conséquences de l'expérimentation animale. Il souligne les fiabilités très médiocres de l'extrapolation des données de l'animal à l'homme et l'interroge sur le degré de connaissance supplémentaire porté par les expériences effectuées sur les animaux. Il lui demande si elle ne juge pas opportun que toutes les études de toxicité des produits soient faites par des laboratoires indépendants et non par les fabricants et lui demande de lui préciser si la validité de telles expériences a déjà été évaluée.
La réponse
(Réponse du ministère : Agriculture, JO du 17 novembre 2005)
La France s'est dotée depuis de nombreuses années d'un arsenal législatif et réglementaire spécifique en matière de protection animale, notamment sur le fondement de deux articles fondamentaux du code rural (loi du 10 juillet 1976) : l'article L. 214-1 qui considère l'animal comme un être sensible et l'article L. 214-3 qui prescrit l'interdiction des mauvais traitements envers les animaux domestiques ou sauvages, apprivoisés ou tenus en captivité. Le code rural et notamment l'article R. 214-87 relatif aux expériences pratiquées sur les animaux, qui transpose la directive 86/608, prévoit que les expériences sur les animaux sont licites à condition, notamment, qu'elles revêtent un caractère de nécessité et que ne puissent utilement y être substituées d'autres méthodes expérimentales. Dans certains cas, le recours à l'expérimentation animale peut être une obligation légale, pour évaluer, par exemple, la toxicité ou l'innocuité d'un produit donné. Elle est alors une étape obligatoire dans le processus qui va conduire à autoriser la mise sur le marché de ce produit. Des recherches sont effectuées pour mettre au point des méthodes substitutives. Ces méthodes doivent avoir pour principal critère d'offrir un niveau de sécurité et de protection de la santé de l'homme au moins aussi élevé que la procédure d'expérience précédemment pratiquée sur les animaux. Cette validation est la seule garantie d'un niveau de protection de la santé humaine équivalent. La Commission européenne finance des recherches pour le développement des méthodes de substitution, validées ensuite par le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives. Les statistiques relatives aux animaux utilisés à des fins expérimentales montrent une diminution globale et régulière du nombre d'animaux depuis une dizaine d'années. Concernant votre question relative à la fiabilité scientifique des expériences pratiquées sur les animaux, un cadre réglementaire national et communautaire rend obligatoire la réalisation d'essais toxicologiques sur animaux afin d'évaluer la sécurité d'emploi de différentes catégories de produits. Cela concerne notamment les médicaments destinés à l'homme et à l'animal dans le cadre de la demande d'autorisation de mise sur le marché et du contrôle de leur qualité. Il est à noter cependant que le recours à des méthodes alternatives à l'utilisation des animaux est imposé dès lors que cela est possible. Par ailleurs, un des débats de fond actuels concernant l'expérimentation des animaux repose sur la pratique d'expériences sur l'animal de façon éthique, c'est-à-dire en faisant appel à une dimension morale. Ainsi l'avis d'un comité d'éthique s'est avéré nécessaire, préalablement à la mise en oeuvre d'une recherche sur l'animal. En France, qu'il s'agisse du secteur de la recherche privée ou de celui de la recherche publique, la majorité des laboratoires a intégré un comité d'éthique pour valider les protocoles instaurés sur les animaux. Le décret n° 2005-264 du 22 mars 2005 porte création d'un Comité national de réflexion éthique sur l'expérimentation animale, qui est placé auprès de la Commission nationale de l'expérimentation animale. Ce Comité national d'éthique aura pour intérêt de mettre en présence l'ensemble des partenaires de la société civile intéressés par l'expérimentation animale, les personnalités scientifiques et les administrations concernées. L'ensemble de ces mesures contribue de façon importante à la protection des animaux de laboratoire.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Les articles L. 214-1 et L. 214-3 du code rural (loi du 10 juillet 1976) reconnaissent l'animal comme un être sensible et interdisent les mauvais traitements.
- L'article R. 214-87 du code rural ne rend les expériences sur les animaux licites, notamment, que si elles revêtent un caractère de nécessité et si aucune autre méthode ne peut utilement s'y substituer.
- La Commission européenne finance des recherches pour le développement des méthodes de substitution, validées ensuite par le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives.
- Un cadre réglementaire national et communautaire impose des essais toxicologiques sur animaux, notamment pour l'autorisation de mise sur le marché et le contrôle de qualité des médicaments humains et vétérinaires.
- Le décret n° 2005-264 du 22 mars 2005 crée le Comité national de réflexion éthique sur l'expérimentation animale, placé auprès de la Commission nationale de l'expérimentation animale.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Code rural, articles L. 214-1, L. 214-3 et R. 214-87 texte juridique
- Loi du 10 juillet 1976 texte juridique
- Directive 86/609/CEE, écrite 86/608 dans la réponse texte juridique
- Décret n° 2005-264 du 22 mars 2005 texte juridique
Les organismes cités
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Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).