Les questions parlementaires

Arrêt mondial des tests cosmétiques, Conseil, 2018

L'interdiction totale de l'expérimentation animale pour les cosmétiques

Question orale O-000040/2018, Parlement européen, 12 avril 2018

Le résumé de l'OXA

Les citations de la réponse sont données dans notre traduction.

Des députés demandent au Conseil comment il évalue l'interdiction cosmétique de l'Union dans le monde, la fait respecter, et promeut une interdiction mondiale compatible avec l'OMC.

5 demandes : réponse à 2, réponse partielle à 2, aucune réponse à 1.

  1. L'évaluation par le Conseil de l'incidence mondiale de l'interdiction cosmétique de l'Union et de son acceptation par les pays tiers.

    Réponse Le Conseil dit ne pas analyser l'incidence mondiale, tâche qu'il renvoie à la Commission ; en droit, il juge que l'acceptation par les pays tiers n'est pas requise, seulement celle de leurs producteurs.

  2. Comment le Conseil entend s'assurer qu'aucun cosmétique vendu dans l'Union n'a été testé sur des animaux dans un pays tiers.

    Réponse Le Conseil renvoie le contrôle aux autorités de surveillance du marché des États membres, rappelle les articles 4, 11 et 18 du règlement et dit que ce n'est pas son rôle.

  3. Si le Conseil prendra des mesures pour un accord international mettant fin aux tests cosmétiques dans le monde entier.

    Réponse partielle Le Conseil examinerait une recommandation de la Commission pour ouvrir des négociations et conclurait l'accord si elles aboutissent ; il n'annonce aucune mesure de lui-même.

  4. Comment le Conseil compte promouvoir une interdiction totale des tests cosmétiques auprès des Nations unies.

    Aucune réponse Le Conseil se dit seulement prêt à exercer ses responsabilités au niveau international, sans démarche nommée auprès de l'ONU.

  5. Comment le Conseil compte éviter qu'une interdiction mondiale entre en conflit avec les accords commerciaux et les règles de l'OMC.

    Réponse partielle Le Conseil se dit convaincu que le règlement actuel est conforme aux règles de l'OMC et ajoute qu'il ne lui appartient pas de les faire respecter ; d'une interdiction mondiale, il dit seulement que l'OMC préfère l'action multilatérale.

La fiche

Thèmes : cosmétiques, interdiction, contrôles et sanctions

Auteurs
  • Sirpa Pietikäinen
  • Miriam Dalli
  • Bolesław G. Piecha
  • Frédérique Ries
  • Stefan Eck
  • Marco Affronte
  • Eleonora Evi
  • Sylvie Goddyn
Au nom de
commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire
Destinataire
Conseil de l'Union européenne
Date de la question
12 avril 2018
Séance
2 mai 2018
Date de la réponse
2 mai 2018
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

(Question orale O-000040/2018 de Sirpa Pietikäinen et 7 autres députés, Parlement européen, 12 avril 2018)

Le règlement relatif aux produits cosmétiques fixe les conditions applicables à la commercialisation des produits et ingrédients cosmétiques dans l’Union et vise à réaliser un marché intérieur des produits cosmétiques, tout en assurant un niveau élevé de protection de la santé humaine (règlement (CE) nº 1223/2009). L’expérimentation animale pour les produits cosmétiques finis et les ingrédients cosmétiques est interdite dans l’Union, respectivement depuis septembre 2004 et mars 2009 («interdiction de l’expérimentation animale»). L’interdiction de la mise sur le marché des produits cosmétiques finis et des ingrédients cosmétiques ayant été expérimentés sur des animaux est devenue pleinement applicable en mars 2013, indépendamment de la disponibilité de méthodes de substitution aux expérimentations sur les animaux («interdiction de la mise sur le marché»). Ces interdictions marquent un tournant et illustrent bien le rôle prépondérant de l’Union européenne dans le domaine de la protection des animaux ainsi que son engagement en faveur de l’arrêt de l’expérimentation animale. Elles ont en outre eu des conséquences très positives; l’Europe dispose d’un secteur des cosmétiques à la fois prospère et innovant. Les efforts de recherche sur des méthodes de substitution ont débouché sur des résultats impressionnants. L’interdiction imposée par l’Union a surtout montré qu’il était possible de mettre fin progressivement à l’expérimentation animale pour les cosmétiques. L’expérimentation animale dans le domaine des cosmétiques ne peut plus être justifiée et devrait donc être progressivement supprimée dans le monde entier. Néanmoins, en dépit d'une évolution sensible des législations à l’échelon mondial, environ 80 % des pays dans le monde continuent à autoriser l’expérimentation animale et la commercialisation de produits cosmétiques testés sur des animaux.

Dans ce contexte, le Conseil est invité à répondre aux questions suivantes:

1. Comment le Conseil évalue-t-il, au niveau mondial, l’incidence de l’interdiction par l’Union de l’expérimentation animale pour les cosmétiques et son acceptation par les pays tiers?

2. Comment le Conseil entend-il s’assurer qu’aucun cosmétique placé sur le marché de l’Union n’a jamais fait l’objet d’une expérimentation animale dans un pays tiers?

3. Le Conseil va-t-il prendre des mesures décisives pour ouvrir la voie à un accord international visant à mettre définitivement fin à l’expérimentation animale pour les cosmétiques dans le monde entier, sur le modèle du règlement de l’Union relatif aux produits cosmétiques?

4. Comment le Conseil compte-t-il promouvoir une interdiction totale de l’expérimentation animale pour les cosmétiques auprès des Nations unies?

5. Comment le Conseil compte-t-il s’assurer que l’application d’une interdiction mondiale de l’expérimentation animale n’entre pas en conflit avec les accords commerciaux et les règles de l’OMC?

La réponse

Débat en séance du 2 mai 2018

Réponse retrouvée par l'OXA : elle ne figure pas dans les données ouvertes du Parlement européen. Source : le compte rendu de la séance du 2 mai 2018, débat commun des questions O-000040/2018 et O-000041/2018 ; chaque orateur y parle sa langue.

(Débat en séance, Parlement européen, séance du 2 mai 2018. Traduction de l'OXA, non officielle.)

Le Président. - L'ordre du jour appelle le débat sur

- la question avec demande de réponse orale au Conseil sur l'interdiction mondiale de l'expérimentation animale pour les cosmétiques, posée par Sirpa Pietikäinen, Miriam Dalli, Bolesław G. Piecha, Frédérique Ries, Stefan Eck, Marco Affronte, Eleonora Evi, Sylvie Goddyn, au nom de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (O-000040/2018 - B8-0017/2018) - (2017/2922(RSP)), et

- la question avec demande de réponse orale à la Commission sur l'interdiction mondiale de l'expérimentation animale pour les cosmétiques, posée par Sirpa Pietikäinen, Miriam Dalli, Bolesław G. Piecha, Frédérique Ries, Stefan Eck, Marco Affronte, Eleonora Evi, Sylvie Goddyn, au nom de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (O-000041/2018 - B8-0018/2018) - (2017/2922(RSP)).

Sirpa Pietikäinen, auteure. - Monsieur le Président, l'Union européenne a été la première région du monde à interdire l'expérimentation animale dans le secteur des cosmétiques, tant pour les ingrédients que pour les produits à venir. L'industrie cosmétique européenne a prospéré en conséquence. Elle participe à plusieurs projets de recherche et a mis au point d'excellentes méthodes alternatives, plus fiables pour les consommateurs. Les consommateurs ont ainsi obtenu de meilleurs produits cosmétiques. Nous avons évité un très grand nombre d'expériences sur les animaux inutiles et cruelles.

À mesure que des méthodes alternatives ont été mises au point - l'UE participe actuellement à 33 projets de recherche différents -, il est apparu que les tests sur les animaux sont aussi très peu fiables. Seuls 60 % environ des risques pour la santé reproductive humaine, environ 40 % des irritations cutanées et environ 42 % des effets cancérogènes sont détectés. En revanche, les méthodes alternatives, fondées entre autres sur des plateformes de cellules souches, donnent plus rapidement des résultats nettement plus fiables et, dans de nombreux cas, moins coûteux, pour les cosmétiques comme pour d'autres produits. Nous pouvons donc dire que les tests sur les animaux sont dépassés, inefficaces et extrêmement cruels.

L'UE a véritablement été une réussite, dont de nombreux pays ont déjà suivi l'exemple. Pourtant, environ 80 % des produits contiennent encore des ingrédients testés sur des animaux, ou sont eux-mêmes testés sur des animaux. Bien que cela concerne aussi des produits commercialisés dans l'UE, il est très difficile d'obtenir des informations sur l'origine des produits, et leur contrôle s'est révélé très compliqué.

Ce dont nous avons besoin maintenant, et ce que le Parlement demande actuellement à la Commission comme au Conseil, c'est d'agir activement pour obtenir une interdiction mondiale de l'expérimentation animale pour les cosmétiques. Il nous faut un accord international, un code de conduite dans le cadre de l'ONU, des normes et une campagne mondiale qui nous permettent d'interdire les tests de cosmétiques sur les animaux d'ici à 2023. Nous demandons au Conseil comme à la Commission, à l'issue de ce débat et de la résolution, de mobiliser leurs moyens pour obtenir cette interdiction, directement auprès de l'ONU et de son secrétaire général, mais aussi auprès de tous les États membres de l'ONU, ceux qui partagent notre position comme ceux qui ne la partagent pas encore. Il est également important que l'interdiction de l'expérimentation animale pour les cosmétiques soit inscrite dans les accords commerciaux existants comme dans les futurs accords.

Puisque ces tests ont montré que les tests alternatifs donnent des résultats plus fiables pour le consommateur, c'est-à-dire pour l'être humain, qu'ils évitent des souffrances animales inutiles et que, dans de nombreux cas, ils permettent aussi de réduire les coûts, il est très important que nous investissions ensemble, y compris au moyen des ressources de la Commission et du budget de l'UE, dans la validation, le développement et la mise en œuvre rapide des tests alternatifs - y compris dans d'autres domaines que les cosmétiques, où l'on a obtenu des résultats tout à fait comparables à ceux des tests cosmétiques, tant pour la fiabilité que pour les progrès réalisés.

Nous avons besoin d'une coopération internationale, nous avons besoin de ressources, mais nous avons surtout besoin d'un peu d'humanité. Rappelons-nous que ce que nous appelons souvent le plus profondément humain en nous, comme les émotions, l'attention aux autres, la capacité de souffrir, est en réalité ce qu'il y a de plus profondément animal en chacun de nous. Ce que nous faisons aux animaux en dit très long sur nous, sur notre propre culture, sur notre éthique et sur le genre d'êtres humains que nous sommes et voulons être.

Monika Panayotova, présidente en exercice du Conseil. - Monsieur le Président, je vous remercie de l'occasion qui m'est donnée de débattre aujourd'hui avec vous de la possibilité d'une interdiction mondiale de l'expérimentation animale pour les produits cosmétiques. Votre question touche à plusieurs aspects de ce sujet important, qui intéresse vivement les consommateurs du monde entier. Je voudrais reprendre une à une les questions que vous avez soulevées, dans la mesure où elles relèvent du domaine d'activité et de compétence du Conseil.

Dans l'introduction de leurs questions, les honorables parlementaires soulignent que l'interdiction de l'expérimentation animale pour les produits cosmétiques dans l'Union européenne, prévue à l'article 18 du règlement relatif aux produits cosmétiques et pleinement applicable dans le marché intérieur depuis mars 2013, a eu des conséquences positives. En tant que colégislateur coresponsable de ce résultat, le Conseil partage assurément votre avis.

Vos autres questions portent davantage sur l'avenir. En ce qui concerne l'incidence mondiale actuelle de l'interdiction de l'expérimentation animale pour les cosmétiques dans l'UE et son acceptation par les pays tiers, nous devons distinguer un volet statistique et économique et un volet juridique. Le Conseil n'analyse pas spécifiquement l'incidence mondiale de l'interdiction de l'UE sur les flux commerciaux. Cette tâche revient plutôt à la Commission, et la commissaire pourra très probablement vous en dire davantage.

D'après mes informations, l'industrie et les consommateurs de l'UE n'ont jusqu'à présent plus constaté de problème majeur en ce qui concerne la rentabilité ou la disponibilité des produits. Du point de vue juridique, une acceptation de l'interdiction de l'UE par les pays tiers n'est pas spécifiquement nécessaire, en ce sens que les pays tiers peuvent réglementer leurs propres marchés comme ils l'entendent. Il faudrait plutôt parler d'une acceptation par les producteurs des pays tiers, qui est une condition absolue pour mettre des cosmétiques sur le marché de l'UE. La Cour de justice l'a confirmé en 2016 dans l'affaire European Federation for Cosmetic Ingredients.

À cet égard également, je n'ai connaissance d'aucune perturbation majeure, mais même si des producteurs avaient des difficultés à mettre des produits sur le marché européen, le législateur européen continuerait de faire prévaloir l'intérêt public de la santé animale sur l'intérêt de producteurs individuels de pays tiers.

Quant à garantir qu'aucun cosmétique mis sur le marché de l'UE n'a jamais été testé sur des animaux dans un pays tiers, c'est, comme le traité l'indique clairement, d'abord une tâche des États membres. Comme vous le savez, Mesdames et Messieurs les députés, les autorités de surveillance du marché font appliquer le règlement relatif aux produits cosmétiques de la même manière que toute autre législation de l'Union relative au marché intérieur. L'article 4 du règlement relatif aux produits cosmétiques impose qu'une personne responsable établie dans l'Union garantisse la conformité des produits au règlement, et l'article 11 prévoit un dossier d'information sur le produit pour chaque produit destiné à être mis sur le marché de l'UE, quel que soit son lieu de production. L'article 18 précise de manière très détaillée l'interdiction de l'expérimentation animale dans l'UE.

Comme pour tout autre produit, il n'appartient pas au Conseil, en tant qu'institution législative et d'élaboration des politiques, mais aux autorités de surveillance du marché des États membres de contrôler et de vérifier que chaque produit est conforme aux règles européennes.

S'agissant d'un accord international visant à mettre fin à l'expérimentation animale pour les cosmétiques dans le monde entier, le Conseil examinerait attentivement toute recommandation de la Commission en vue d'ouvrir des négociations sur un tel accord. Un tel accord devrait évidemment être compatible avec le règlement relatif aux produits cosmétiques. Il reviendrait à la Commission de mener ces négociations, sur la base et dans le respect d'un mandat du Conseil. Si les négociations aboutissaient, le Conseil serait alors en mesure de conclure un tel accord au nom de l'Union.

Cela m'amène à la question de la promotion d'une interdiction mondiale à l'ONU. Comme je viens de l'expliquer, conformément aux compétences que lui confère le traité, le Conseil serait prêt à exercer ses responsabilités au niveau international.

Enfin, sur la question d'un éventuel conflit avec les accords commerciaux et les règles de l'OMC, le Conseil est convaincu que le règlement relatif aux produits cosmétiques est conforme aux règles de l'OMC et aux autres accords commerciaux. Il n'appartient pas au Conseil, en tant que colégislateur de l'Union, de faire respecter les règles de l'OMC. Permettez-moi néanmoins de souligner que, dans le système de l'OMC, une action multilatérale est généralement préférée à une action unilatérale.

Elżbieta Bieńkowska, membre de la Commission. - Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vous remercie beaucoup de cette question et de l'occasion d'en débattre aujourd'hui. Le bien-être animal est un sujet extrêmement important pour les citoyens européens. Il est aussi important pour moi personnellement, alors merci beaucoup.

Cette importance se reflète dans les normes très élevées de bien-être animal qui s'appliquent dans l'UE. Elle s'est aussi reflétée, permettez-moi de vous le rappeler, dans la condamnation unanime et ferme des essais privés commandés récemment, par exemple, par certains constructeurs automobiles sur des singes aux États-Unis. Au cours des cinq dernières années, nous avons montré la voie avec notre interdiction de l'expérimentation animale pour les cosmétiques. Cette interdiction ne témoigne pas seulement de notre engagement en faveur du bien-être animal dans l'Union européenne, mais aussi d'une nouvelle approche de la sécurité humaine. Je tiens à le dire avec force : nous n'avons pas besoin de protéger les êtres humains en faisant du mal aux animaux.

On constate aussi qu'au cours de ces cinq années écoulées depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction, notre industrie est toujours numéro un mondial. L'interdiction a aussi eu une incidence sur les pays tiers. Il est bien sûr difficile d'en évaluer précisément l'incidence mondiale, mais il est clair qu'elle a inspiré de nombreux autres pays dans le monde. Nous avons veillé activement à ce qu'il en soit ainsi dans nos contacts bilatéraux et notre coopération avec les pays tiers.

Nous voulons que le plus grand nombre possible de pays suivent. Nous avons aussi été très actifs dans le développement d'alternatives à l'expérimentation animale au sein de l'UE, et là encore nous en promouvons l'acceptation et l'adoption hors de l'UE, notamment par l'intermédiaire de l'OCDE. Mais je dois répéter, malheureusement, que nos principaux partenaires commerciaux ne nous ont pas tous suivis. Nous devrions réfléchir à ce que cela signifie pour le traitement des cosmétiques importés dans l'UE. La question est d'abord celle du contrôle du respect de l'interdiction par les autorités nationales compétentes. En pratique, le principal moyen de vérifier la conformité d'un cosmétique est le dossier d'information sur le produit cosmétique. Il doit être conservé pour chaque cosmétique commercialisé dans l'UE. Mais il ressort bien sûr clairement des informations que nous avons reçues des États membres que ce dossier est parfois très incomplet.

Deuxièmement, la Cour de justice a récemment confirmé que les produits cosmétiques contenant des ingrédients testés sur des animaux hors de l'UE ne peuvent pas être vendus ici, dans l'Union européenne. Les données d'expérimentation animale obtenues hors de l'UE ne peuvent pas être invoquées. La sécurité doit être prouvée au moyen d'alternatives, mais il n'y a bien sûr aucune garantie que des cosmétiques testés sur des animaux hors de l'UE ne soient pas utilisés par nos clients européens. Cela doit changer.

Une solution pourrait être une interdiction mondiale. C'est pourquoi nous continuerons à soutenir toute initiative au niveau international visant à mettre fin à l'expérimentation animale pour les cosmétiques. Et notre soutien ira en particulier à toute initiative d'États membres de l'UE proposant une résolution de l'ONU sur cette question. La Commission continuera de promouvoir l'interdiction de l'expérimentation animale pour les cosmétiques dans l'UE dans le cadre de ses activités internationales, tant au niveau bilatéral que multilatéral.

Nous avons aussi envisagé de proposer, chaque fois que cela serait approprié, des clauses sur l'expérimentation animale pour les futurs accords commerciaux. Notre interdiction est pleinement conforme à l'accord de l'OMC sur les obstacles techniques au commerce. Celui-ci précise que les règlements techniques ne doivent pas être plus restrictifs pour le commerce qu'il n'est nécessaire pour réaliser un objectif légitime. La vie ou la santé des animaux y sont mentionnées comme un tel objectif légitime.

Cet accord est aussi le principe directeur des accords de libre-échange bilatéraux de l'UE. Il faut donc dire que, cinq ans après que l'interdiction de l'expérimentation animale dans l'UE est devenue pleinement applicable, le moment est venu d'agir au niveau mondial. Nous réfléchissons soigneusement à la meilleure façon de le faire. Une interdiction mondiale est bien sûr une option, mais nous en examinerons d'autres, et je vous tiendrai informés et associés à mesure que notre réflexion progressera.

Seán Kelly, au nom du groupe PPE. - Monsieur le Président, je salue l'engagement et l'intention de la commissaire Bieńkowska, tels qu'elle vient de les exposer, car en 2004 l'UE a interdit l'expérimentation animale pour les produits cosmétiques et, cinq ans plus tard, pour les ingrédients cosmétiques. Depuis 2009, la commercialisation de tout produit cosmétique contenant des ingrédients testés sur des animaux est également interdite ; il est donc temps que le reste du monde suive cet exemple. Malheureusement, jusqu'à 80 % des pays du monde recourent encore à l'expérimentation animale et continuent d'autoriser la commercialisation de cosmétiques testés sur des animaux. J'ai bon espoir que cette pratique cruelle et inhumaine sera totalement éliminée d'ici à 2023. Ces interdictions de l'UE ont été, ces dernières années, extrêmement importantes pour la promotion du bien-être animal. En outre, le marché européen des produits cosmétiques est le plus grand du monde et fournit actuellement environ deux millions d'emplois. À l'évidence, le succès de ce marché peut être obtenu sans sacrifier le bien-être animal ; nous devons donc travailler avec la Commission pour obtenir une interdiction mondiale.

Karin Kadenbach, au nom du groupe S&D. - Monsieur le Président, Madame la Commissaire, Monsieur le Président ! Je crois que nous avons ici un exemple où l'on peut apprendre de l'Europe, un exemple dont nous pouvons être fiers. Nous avons laissé suffisamment de temps à l'industrie et à la recherche - les orateurs précédents l'ont expliqué : en 2004 la première initiative, puis en 2013 une interdiction générale de commercialisation, définitive et effective. Cette bonne pratique montre que l'on peut obtenir beaucoup ici, en collaboration avec l'industrie et avec la recherche. Nous avons continué à protéger notre marché, nous pouvons être sûrs que les produits qui parviennent aux consommatrices et aux consommateurs sont des produits qui ne nuisent pas à la santé, et nous avons fait un grand pas en direction de la protection et du bien-être des animaux.

Je crois que l'appel qui nous est soumis, en faveur d'une interdiction mondiale de l'expérimentation animale pour les cosmétiques, est important, parce qu'il nous permettra peut-être aussi d'exercer une pression sur les produits qui ne relèvent pas encore aujourd'hui de ce règlement, à savoir les ingrédients qui peuvent encore être testés sur des animaux parce qu'ils trouvent aussi d'autres applications, dans le domaine pharmaceutique, dans celui des détergents, etc. Autrement dit, nous pouvons peut-être vraiment créer ici des incitations pour que ces ingrédients relèvent eux aussi de l'interdiction à l'avenir, puisqu'il existe des alternatives.

Je vous demande - comme vous l'avez exposé aujourd'hui - d'œuvrer pour que ces exigences ne soient pas affaiblies, notamment par les règles de l'OMC. Mon appel s'adresse aussi à toutes celles et à tous ceux de nos collègues qui négocient actuellement des accords commerciaux internationaux pour l'Union européenne : qu'ils y portent cet appel, afin qu'à l'avenir les accords internationaux de l'Union européenne posent comme règle que ces pays n'ont pas recours à l'expérimentation animale pour les cosmétiques. Cela vaut tout particulièrement pour la Chine, où c'est en réalité actuellement la procédure inverse qui s'applique. Les cosmétiques doivent y être testés sur des animaux pour être autorisés sur le marché.

Arne Gericke, au nom du groupe ECR. - Monsieur le Président, fermez donc les yeux et imaginez ceci : des cobayes pendant des heures dans d'étroits tubes en plastique ; des souris, des substances toxiques administrées par sonde gastrique, l'étouffement dans leurs propres vomissures ; des lapins dans les yeux desquels on instille des substances toxiques ; des gonflements, des rougeurs extrêmes, des brûlures chimiques douloureuses et bien d'autres choses encore. Oui, chers collègues, l'expérimentation animale est cruelle, et elle est interdite en Europe pour les cosmétiques depuis 2013. Elle est pourtant loin d'avoir disparu, malheureusement. Des dérogations permettent encore de tester sur des animaux des ingrédients de cosmétiques. Plus de deux millions d'animaux sont ainsi encore victimes de l'industrie cosmétique, année après année. Dans le monde, la situation n'est pas différente. Jusqu'à présent, seuls Israël et l'Inde ont suivi l'exemple européen et interdit l'expérimentation animale pour les cosmétiques. Dans la plupart des autres pays, dont les États-Unis, elle est encore autorisée, et en Chine elle est quasiment obligatoire, comme cela a déjà été dit. Pour nous, Européens, cela signifie que nous devons être les missionnaires de la protection animale et défendre dans le monde entier des cosmétiques sans expérimentation animale. Commençons aujourd'hui, pas demain !

Linnéa Engström, au nom du groupe Verts/ALE. - Monsieur le Président, Madame la Commissaire, la question des tests de cosmétiques sur les animaux est importante et me tient très à cœur, car c'est un exemple très clair de la façon dont nous, êtres humains, continuons à tourmenter les animaux d'une manière parfaitement absurde.

À 10 ans, j'ai adhéré à ma première association. C'était une association contre les expériences douloureuses sur les animaux, Djurens rätt, en Suède. Enfant, j'avais beaucoup de mal à comprendre pourquoi et comment on pouvait soumettre des singes, des lapins et des cobayes innocents à des tests de cosmétiques douloureux pour que des êtres humains puissent se maquiller, surtout lorsqu'il existe des alternatives tout aussi valables. J'ai en fait tout autant de mal aujourd'hui, 25 ans plus tard, à comprendre pourquoi nous le faisons alors que nous disposons de nouvelles techniques et méthodes pour tester les cosmétiques sans expériences douloureuses sur les animaux.

C'est pourquoi je demande, avec mes collègues ici présents aujourd'hui au Parlement européen, une interdiction mondiale de ces tests de cosmétiques douloureux sur les animaux. Dans l'UE, les tests de cosmétiques sur les animaux sont interdits depuis 2013, mais certains produits provenant de pays situés hors de l'UE peuvent encore y être achetés. Ces produits peuvent avoir été testés sur des animaux, puisque 80 % des pays du monde le permettent encore. Il est temps d'adopter une interdiction mondiale des tests de cosmétiques douloureux sur les animaux.

Stefan Eck, au nom du groupe GUE/NGL. - Monsieur le Président, chaque année, des millions d'animaux sont cruellement tués et tourmentés pour des cosmétiques. Les lois européennes, et même notre interdiction de vente, n'empêchent pas que des cosmétiques soient testés sur des animaux hors de l'UE et arrivent ensuite sur notre marché intérieur. Le secteur a depuis longtemps délocalisé ses expériences sur les animaux dans des pays hors de l'UE, et il est tout simplement impossible de vérifier si des expériences sur les animaux ont été pratiquées ou non. Pour des raisons de politique économique, ce Parlement est malheureusement le plus souvent hostile à la protection animale.

Demain, vous aurez l'occasion de vous décharger d'une partie de la culpabilité accumulée. Je vous en prie, votez tous pour la résolution, car les citoyens européens veulent, à une large majorité, qu'il n'y ait plus d'expériences sur les animaux. Commencez donc enfin à défendre les intérêts des citoyens, et non ceux du capital. Un philosophe célèbre a dit un jour : la mutilation délibérée d'un être vivant, réduit à un paquet de souffrance et de désespoir muet, est un crime. Et qu'est-ce qui serait un crime, sinon cela ? Nous avons besoin d'urgence d'une résolution de l'ONU pour une interdiction mondiale de l'expérimentation animale pour les cosmétiques, afin que ces crimes cessent. Madame la Commissaire, je compte sur vous !

Eleonora Evi, au nom du groupe EFDD. - Monsieur le Président, chers collègues, depuis 2009, nous avons en Europe des interdictions portant sur l'expérimentation animale dans le secteur des cosmétiques et sur le commerce de produits et d'ingrédients cosmétiques testés sur des animaux : des interdictions qui, depuis 2013, ne souffrent aucune exception (indépendamment de la disponibilité de méthodes alternatives), et qui devraient garantir que seuls des cosmétiques cruelty-free circulent. Je dis "devraient" parce que nous savons, et nos collègues l'ont aussi rappelé, combien il est difficile d'obtenir une pleine application de cette interdiction. Nombreux sont les contournements et les failles que nous voyons dans la réglementation, et non des moindres le fait de souvent ne pas avoir pleinement connaissance des informations sur les produits provenant de pays tiers ou sur les ingrédients qui sont testés et retestés parce qu'ils relèvent aussi d'autres règlements européens, comme par exemple REACH.

Il s'agit néanmoins d'un pas en avant important que fait l'Union européenne en faveur de la protection des animaux, mais pas seulement : en faveur aussi d'un développement économique différent et de la protection de la santé des personnes. Mais nous devons maintenant aller plus loin et soutenir la conclusion d'un accord mondial pour interdire cette pratique, qui est malheureusement utilisée dans 80 % des pays du monde. Nous devons écouter ces millions de personnes qui nous demandent haut et fort d'œuvrer en faveur d'un moratoire international, et ces millions de personnes se font aussi entendre, par exemple, au moyen des pétitions. Les pétitions présentées au Parlement européen qui rappellent et réclament haut et fort une interdiction mondiale sont extrêmement nombreuses.

Je pense que le Parlement européen est prêt, et qu'il est fort et uni pour le demander. J'espère que les États membres et la Commission seront prêts à leur tour, sur la scène internationale, à interdire les tests sur les animaux dans le secteur des cosmétiques et à jouer un rôle de chef de file dans les négociations à venir. Je l'espère, pour que les attentes des citoyens européens soient bientôt satisfaites.

Dominique Bilde, au nom du groupe ENF. - Monsieur le Président, affamés, la peau et les yeux brûlés, ils sont des milliers condamnés chaque année à des souffrances effroyables dans les sous-sols obscurs de laboratoires scientifiques mondiaux. Une maltraitance qui, malgré l'article 13 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, ne nous épargne pas. Car si 80 % des États autorisent encore ces pratiques, d'ailleurs obligatoires pour l'importation de cosmétiques en Chine, c'est bien le règlement REACH sur les substances chimiques qui a permis la plus vaste campagne d'expérimentation animale au monde, parfois au mépris de l'interdiction de 2009 en matière cosmétique. Un scandale qui bafoue aussi bien le progrès scientifique en matière de méthodes de substitution, notamment par l'utilisation de cellules humaines, que la réprobation massive de l'opinion publique mondiale.

Forte de sa prééminence politique et économique, l'Europe doit enfin faire rimer actes et paroles en garantissant le respect absolu du bien-être animal, gage du degré de civilisation d'une société humaine.

Diane James (NI). - Monsieur le Président, bonsoir à l'Assemblée et merci de l'occasion qui m'est donnée de m'exprimer sur cette question.

Les pays asiatiques sont les principaux contrevenants, et ils peuvent tous user de leur puissance économique considérable pour faire échec à cette initiative ; comment l'Union européenne envisage-t-elle donc qu'une quelconque action puisse être efficace ?

Le deuxième point que je veux soulever est qu'il n'a été fait aucune mention, pour autant que j'aie pu l'entendre, des cosméceutiques. Il s'agit d'un hybride, si l'on veut, entre un cosmétique et un produit pharmaceutique. De nombreux exemples sont facilement disponibles sur le marché, et cet aspect doit aussi être pris en compte dans ce qui est prévu.

Le troisième élément que je dois toutefois souligner est que, sans un cadre approprié pour rendre obligatoires le respect des règles et la tenue de registres, les entreprises, les universités, les organisations, quelles qu'elles soient, seront très peu incitées à veiller à la préservation du bien-être animal, à moins bien sûr, et je suis d'accord avec l'orateur précédent, qu'il y ait une interdiction pure et simple, en particulier pour les entreprises qui délocalisent leur production dans d'autres pays.

Claudiu Ciprian Tănăsescu (S&D). - Monsieur le Président, au cours des cinq dernières années, l'Union européenne s'est placée au premier plan de la protection des animaux en interdisant la vente de produits cosmétiques testés sur des animaux, ce qui a suscité un mouvement mondial et incité de nombreuses nations à appliquer des règles progressistes dans ce domaine. L'interdiction de l'Union européenne concernant l'expérimentation animale pour les produits cosmétiques a conduit les scientifiques et les fabricants à intensifier leurs efforts pour mettre au point des tests alternatifs, nécessaires pour vérifier la sécurité des produits cosmétiques.

Toutefois, le pas franchi par l'Union européenne avec l'interdiction de l'expérimentation animale pour les produits cosmétiques est dépassé en importance par la présente proposition relative à l'interdiction mondiale, qui constitue la seule garantie qu'il sera mis fin à l'expérimentation animale au niveau mondial. Alors que quatre pays sur cinq autorisent encore l'expérimentation animale pour les produits cosmétiques, nous avons besoin de mesures et d'actions cohérentes, viables et immédiates, qui garantissent le développement et la commercialisation de produits cosmétiques non testés sur des animaux au niveau mondial, et qui reposent sur la participation de tous les acteurs concernés.

John Flack (ECR). - Monsieur le Président, en tant que conservateur britannique, je critique parfois les ambitions de ce Parlement, mais cette fois-ci je suis heureux de les saluer, comme l'ont fait de nombreux orateurs avant moi, de tous les bords politiques.

Certaines choses sont plus importantes que la politique partisane. Pour moi, l'une des principales est le bien-être animal. Le soin et la compassion envers les autres créatures sont sûrement la mesure de notre propre humanité. L'interdiction des tests cosmétiques par l'UE a été véritablement novatrice. Même s'il reste encore quelques failles à combler, je suis fier d'appartenir à un Parlement qui est un véritable chef de file mondial sur cette question. En tant que coauteur, mon groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR) demande maintenant à l'UE de faire preuve d'un leadership mondial encore plus fort. Je m'en réjouis haut et fort. Si vous demandez aux gens dans le monde entier s'ils veulent que les cosmétiques soient testés sur des animaux, vous obtenez un non retentissant, mais cela continue parce que les grands fabricants et distributeurs font passer le profit avant la compassion, et parce que nous, responsables politiques, n'avons pas encore fait assez pour les en empêcher. Nous devons donc démontrer par nos propres actes, tout en le disant au monde, que les tests pour les cosmétiques sont une forme de cruauté parmi les plus impitoyables. On ne peut même pas prétendre que c'est pour prévenir des maladies ou sauver des vies ; c'est de la cruauté par vanité. Il est temps d'y mettre vraiment fin, une fois pour toutes, dans le monde entier. Votons tous demain pour la beauté sans cruauté.

Anja Hazekamp (GUE/NGL). - Monsieur le Président, dans le monde, plus de 115 millions d'animaux sont utilisés abusivement pour des expériences. En Europe aussi, le nombre d'expériences sur les animaux continue d'augmenter. Dès 2004, l'Union européenne a interdit l'expérimentation animale pour le maquillage, les crèmes, les shampooings et les autres produits cosmétiques. Aujourd'hui, 15 ans plus tard, il y a encore dans les magasins des produits testés sur des animaux. En Europe, par exemple, la législation sur les produits chimiques REACH laisse encore la possibilité de pratiquer des expériences sur les animaux. C'est pourquoi il est important que l'UE harmonise toutes ces lois entre elles.

Par ailleurs, l'interdiction de vente est contournée en testant les cosmétiques sur des animaux hors d'Europe. Les animaux n'y gagnent donc en réalité rien. Je trouve que c'est une très bonne idée de lutter pour une interdiction mondiale de l'expérimentation animale, d'abord pour les cosmétiques, mais ensuite, bien sûr, aussi pour d'autres applications. Car pour les animaux, peu importe en vertu de quelle loi, de quelle dérogation ou pour quel produit ils sont tués dans les laboratoires. Par ailleurs, je suis d'avis que les subventions agricoles européennes doivent être supprimées.

Mireille D'Ornano (EFDD). - Monsieur le Président, injections de produits chimiques dans les yeux, gavages et inhalations forcés, les expériences sur les animaux dans le domaine des cosmétiques sont souvent insoutenables et ne devraient plus avoir cours aujourd'hui.

Si la législation en vigueur est satisfaisante en Europe, même si elle est imparfaite, elle ne l'est pas dans le reste du monde, d'où l'idée que j'ai soutenue d'une convention internationale sur la question. En effet, en tant que coordinatrice en commission ENVI, j'avais d'ailleurs proposé à mes collègues de mener une réflexion globale et pas uniquement sur les cosmétiques. En effet, les progrès réels réalisés dans la mise au point des méthodes de substitution à ces tests cruels, y compris dans le domaine médical, sont la preuve que l'expérimentation animale n'est pas une obligation, comme certains veulent parfois nous le faire croire.

Un problème demeure néanmoins: la majorité des ingrédients utilisés dans les produits cosmétiques sont les mêmes que ceux qui sont employés dans la fabrication de produits pharmaceutiques, de détergents et même parfois de denrées alimentaires. Or, dans ces cas précis, l'expérimentation animale bénéficie d'un cadre légal avec les essais autorisés dans le cadre de la réglementation REACH. Il est donc urgent d'élargir davantage la problématique à l'expérimentation animale, en général.

Un exemple parlant: il y a presque un an, une marque de cosmétiques, qui s'était prononcée contre l'expérimentation animale, a cédé à la pression d'un marché asiatique en autorisant les tests sur animaux dans le pays en question.

Voilà donc une limite supplémentaire du cadre actuel lorsque la commercialisation de produits testés sur des animaux a lieu hors de l'Union européenne. Cette dernière ne peut plus agir d'où, une fois de plus, la nécessité d'une convention internationale mondiale.

Dobromir Sośnierz (NI). - Pour qu'il y ait un débat, il faudrait qu'il y ait deux positions. Vous êtes tous d'accord entre vous ici, je vais donc essayer de porter ce fardeau et de dire quelque chose de différent. Tout d'abord, le Parlement oublie une fois de plus qu'il est le Parlement de l'Europe, et non du monde entier. Et votre prosélytisme devient vraiment difficile à supporter, difficile à endurer. Deuxièmement, le Parlement n'est même pas un Parlement européen, car la valeur européenne est la conviction de la supériorité absolue de l'homme sur les animaux, et ce que vous pratiquez ici est un relativisme poussé très loin.

C'est un scandale que, dans l'Europe du XXIe siècle, les animaux soient mieux protégés que les êtres humains à naître. C'est un scandale que vous préfériez, de ce fait, que les premiers tests de cosmétiques aient lieu sur des êtres humains. Si nous parlons ici d'organismes vivants, ce sont les êtres humains qui testeront ces cosmétiques, parce que vous avez peur que les souris se brûlent le museau. Je pense donc que c'est un scandale, et une trahison des valeurs séculaires de l'Europe.

Interventions à la demande

Michaela Šojdrová (PPE). - Monsieur le Président, je voudrais rebondir sur les propos de l'orateur précédent. Je suis pour la protection de la vie sous toutes ses formes. L'animal est une créature vivante et il ne devrait pas être maltraité. C'est pourquoi j'apprécie que l'Union européenne ait interdit l'expérimentation animale, et je suis fière que nous soyons, en tant qu'Union européenne, en position de leader mondial dans ce domaine.

La Chine joue cependant un rôle tout à fait opposé : son gouvernement exige même des tests sur des produits étrangers qui ont fait l'objet de tests alternatifs fiables. Depuis 2014, nous observons une certaine amélioration et une limitation des tests, et des organisations à but non lucratif ainsi que des entreprises de cosmétiques de l'Union européenne justement y ont joué un rôle important. Elles s'efforcent de faire évoluer l'approche de la Chine, par exemple en soutenant la formation de laboratoires chinois. Il est vraiment réjouissant que, là où les règles de l'Union européenne ne s'appliquent pas, des entreprises européennes conscientes de leur responsabilité sociale apportent leur aide.

Notis Marias (ECR). - Monsieur le Président, il est acquis que nous sommes tous d'accord sur le fait qu'il faut parvenir à une interdiction universelle des essais sur les animaux pour les cosmétiques. Que cette interdiction ait déjà été presque obtenue dans l'Union européenne, nous le considérons comme une grande conquête. N'oublions pas que nous avons reçu de très nombreuses pétitions sur cette question depuis des années ; les mesures prises au niveau de l'Union européenne vont donc dans la bonne direction.

Mais la question est de savoir comment imposer les interdictions aux pays tiers, car il est acquis qu'en Chine comme dans les pays d'Asie, les essais sur les animaux sont autorisés pour la création de cosmétiques. Vous comprenez donc que les mauvais traitements infligés aux animaux, les tortures qu'ils subissent, et tout cela pour pouvoir fabriquer des cosmétiques, se poursuivent au niveau mondial. Il faut donc une croisade internationale et des initiatives de l'Union européenne sur cette question.

Georgios Epitideios (NI). - Monsieur le Président, dans l'Union européenne, le commerce de produits cosmétiques et d'ingrédients cosmétiques préalablement testés sur des animaux est interdit. Cette décision de l'Union européenne est louable, car, outre la protection des animaux contre des méthodes de torture et des pratiques inhumaines appliquées à leurs dépens, elle montre qu'il est possible de réduire progressivement la production de cosmétiques préalablement testés sur des animaux. Elle montre aussi qu'il est possible de trouver des solutions alternatives. La réalité nous oblige toutefois à admettre que, dans le monde, dans de nombreux pays et surtout dans des pays du tiers-monde, cette pratique est appliquée pour la production de cosmétiques. C'est pourquoi, afin que l'effort de l'Union européenne n'en reste pas au stade du vœu pieux ou, au mieux, d'une initiative allant dans la bonne direction, l'Union européenne doit engager une campagne mondiale pour que soit interdite la production de cosmétiques préalablement testés sur des animaux.

Jiří Pospíšil (PPE). - Monsieur le Président, je salue vivement ce débat, qui soutient clairement l'initiative des institutions de l'Union européenne pour que nous discutions d'une interdiction mondiale des tests de cosmétiques sur les animaux et que nous y travaillions. Je pense que nous devons être le leader mondial de la protection des animaux.

Les animaux, en tant qu'êtres vivants, méritent d'être traités autrement que comme de simples choses, et c'est l'un des sujets, mais, Madame la Commissaire, ce n'est pas le seul. Il existe dans l'Union européenne toute une série de problèmes liés aux animaux. La question de l'élevage d'animaux pour la fourrure. En République tchèque, nous avons interdit l'année dernière les élevages dits à fourrure. Il serait bon d'adopter une interdiction à l'échelle européenne de ces élevages controversés d'animaux, uniquement pour la beauté humaine, pour les fourrures.

Il y a le problème du transport de dizaines de milliers de chiots et de chatons de la partie orientale de l'Union européenne vers sa partie occidentale. Et ainsi de suite. Je vous en prie, considérons donc la question des animaux comme l'un des dossiers importants de l'Union européenne, et travaillons-y.

(Fin des interventions à la demande)

Elżbieta Bieńkowska, membre de la Commission. - Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vous remercie beaucoup pour toutes vos remarques. Tout d'abord, je veux remercier presque chacun d'entre vous pour votre engagement et votre compassion ; je vous soutiens et la Commission vous soutient. Il faut dire que vous avez agi en pionniers avec l'interdiction de l'expérimentation animale dans l'industrie cosmétique, et que nous avons inspiré les autres régions. Comme certains d'entre vous l'ont dit, nous pouvons en être fiers, car nous sommes le leader mondial sur cette question.

Tout d'abord, je veux dire que nous reconnaissons bien sûr que d'autres, dans le monde, recourent à l'expérimentation animale, mais nous devons agir de deux façons. La première, c'est que la Commission continuera à promouvoir activement l'interdiction de l'expérimentation animale pour les cosmétiques de l'UE au niveau international, y compris dans les accords commerciaux, et nous continuerons bien sûr à soutenir toute initiative allant dans ce sens au niveau international.

Deuxièmement, nous resterons pleinement engagés dans le développement, la validation et la promotion des méthodes alternatives - "alternatives" ne veut pas dire tests sur l'être humain : méthodes alternatives veut dire méthodes alternatives, ni animaux ni êtres humains - pour appuyer la promotion de l'interdiction mondiale. Je pense que l'expérimentation animale est une mauvaise chose et que nous devons faire de notre mieux pour l'éviter.

Monika Panayotova, présidente en exercice du Conseil. - Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vous remercie de l'occasion qui m'est donnée de m'exprimer au nom du Conseil sur cette question importante. Nous suivrons attentivement toute évolution au niveau international ; nous sommes donc fiers des avancées positives que nous avons obtenues pour le marché intérieur, et nous continuerons certainement à travailler ensemble pour défendre les intérêts européens dans toutes les enceintes concernées, tout en restant réalistes sur ce que l'on peut attendre des pays tiers. Les producteurs de l'Union européenne bénéficient déjà d'un avantage de précurseur en ce qui concerne les méthodes de production, mais ce ne sera que l'un des arguments à avancer lorsque nous discuterons de la possibilité d'une interdiction mondiale avec nos partenaires commerciaux. Je vous remercie de votre attention.

Le Président. - Conformément à l'article 128, paragraphe 5, du règlement intérieur, une proposition de résolution a été déposée.

Le débat est clos.

Le vote aura lieu demain, jeudi 3 mai 2018.

Déclarations écrites (article 162 du règlement intérieur)

Romana Tomc (PPE), par écrit. - En 2013, l'interdiction totale de l'expérimentation animale pour les produits cosmétiques est entrée en vigueur dans l'UE. Nous avons un secteur cosmétique performant et innovant, qui fournit environ deux millions d'emplois et représente le plus grand marché de produits cosmétiques du monde. Le degré de respect des interdictions d'expérimentation et de commercialisation en vigueur en Europe est très élevé.

Environ 80 % des pays du monde autorisent encore l'expérimentation animale, malgré les progrès législatifs dans ce domaine. Je salue l'initiative visant à inviter les présidents, ainsi que les représentants des institutions de l'UE, à plaider, lors de leurs rencontres avec leurs interlocuteurs des organisations mondiales, en particulier avec le secrétaire général de l'ONU, pour une interdiction mondiale de l'expérimentation animale pour les produits cosmétiques. Des efforts soutenus sont nécessaires en matière de formation et d'éducation, afin de garantir une bonne connaissance des alternatives et des procédures dans les laboratoires et auprès des autorités compétentes.

Texte original (chaque orateur dans sa langue)

(Débat en séance, Parlement européen, séance du 2 mai 2018)

Der Präsident. – Als nächster Punkt der Tagesordnung folgt die Aussprache über

– die Anfrage zur mündlichen Beantwortung an den Rat betreffend das weltweite Verbot von Tierversuchen für kosmetische Mittel von Sirpa Pietikäinen, Miriam Dalli, Bolesław G. Piecha, Frédérique Ries, Stefan Eck, Marco Affronte, Eleonora Evi, Sylvie Goddyn im Namen des Ausschusses für Umweltfragen, öffentliche Gesundheit und Lebensmittelsicherheit (O-000040/2018 - B8-0017/2018) - (2017/2922(RSP)) und

– die Anfrage zur mündlichen Beantwortung an die Kommission betreffend das weltweite Verbot von Tierversuchen für kosmetische Mittel von Sirpa Pietikäinen, Miriam Dalli, Bolesław G. Piecha, Frédérique Ries, Stefan Eck, Marco Affronte, Eleonora Evi, Sylvie Goddyn im Namen des Ausschusses für Umweltfragen, öffentliche Gesundheit und Lebensmittelsicherheit (O-000041/2018 - B8-0018/2018) - (2017/2922(RSP)).

Sirpa Pietikäinen, laatija. – Arvoisa puhemies, Euroopan unioni oli ensimmäinen alue maailmassa, joka kielsi eläintestaukset kosmetiikan alalla sekä ainesosien että myös tulevien tuotteiden osalta. Sen seurauksena Euroopan kosmetiikkateollisuus on menestynyt. Se on useissa tutkimushankkeissa mukana ja kehittänyt erinomaisia vaihtoehtoisia menetelmiä, jotka ovat kuluttajien kannalta luotettavampia. Kuluttajat ovat saaneet näin parempia kosmetiikkatuotteita itselleen. Olemme välttäneet erittäin suuren määrän turhia ja julmia eläinkokeita.

Kun vaihtoehtoisia menetelmiä on kehitetty – EU on mukana tällä hetkellä 33 erilaisessa tutkimushankkeessa – on käynyt ilmi, että eläintestit ovat myös erittäin epäluotettavia. Vain noin 60 prosenttia ihmisten lisääntymisterveysriskeistä, noin 40 prosenttia ihoärsytyksistä ja noin 42 prosenttia karsinogeenisistä vaikutuksista huomataan. Sen sijaan vaihtoehtoiset menetelmät, jotka perustuvat muun muassa kantasolualustoihin, antavat nopeammin huomattavasti luotettavampia ja monissa tapauksissa edullisempia tuloksia sekä kosmetiikan että myös muiden tuotteiden osalta. Voimme siis aiheesta sanoa, että eläimillä testaaminen on vanhanaikaista, tehotonta ja erittäin julmaa.

EU on todellakin ollut menestystarina, jota monen maan osalta on jo tähän mennessä seurattu. Kuitenkin noin 80 prosenttia tuotteista yhä edelleen sisältää eläimillä testattuja ainesosia tai niitä testataan eläimillä. Vaikka se koskee myös EU-alueella markkinoitavia tuotteita, tuotteiden alkuperästä on erittäin vaikea saada tietoa ja niiden valvonta on osoittautunut erittäin hankalaksi.

Se, mitä me tarvitsemme nyt ja mitä parlamentti tällä hetkellä pyytää sekä komissiolta että neuvostolta, on aktiivinen toiminta globaalin koe-eläinkiellon aikaansaamiseksi kosmetiikan osalta. Me tarvitsemme kansainvälisen sopimuksen, YK:n puitteissa olevan käytännesäännöstön, standardit ja globaalin kampanjan, jolla me voimme kieltää kosmetiikan testaamisen eläimillä vuoteen 2023 mennessä. Vetoamme sekä neuvostoon että komissioon, että tämän keskustelun ja päätöslauselman jälkeen ne käyttäisivät voimavarojaan sekä suoraan YK:hon, sen pääsihteeriin, mutta myös kaikkiin samanmielisiin ja tällä hetkellä vielä erimielisiin YK:n jäsenmaihin tämän kiellon aikaansaamiseksi. On myös tärkeää, että sekä olemassa oleviin että tuleviin kauppasopimuksiin sisällytetään kosmetiikan koe-eläinkielto.

Kun nämä testit ovat osoittaneet, että vaihtoehtoisilla testeillä saadaan luotettavampia tuloksia sekä kuluttajan eli ihmisten kannalta että vältetään turhaa eläinkärsimystä ja monissa tapauksissa myös säästetään kustannuksissa, on hyvin tärkeää, että panostamme yhdessä myös komission ja EU-budjetin voimavarojen avulla vaihtoehtoisten testien validointiin, kehittämiseen ja nopeaan käyttöönottoon – myös muilla kuin kosmetiikkaa koskevilla aloilla, joilla on saatu täysin samansuuntaisia tuloksia kuin kosmetiikkatesteillä sekä luotettavuuden että kehittymisen osalta.

Tarvitsemme kansainvälistä yhteistyötä, tarvitsemme resursseja, mutta me tarvitsemme ennen kaikkia hiukan inhimillisyyttä. Kannattaa muistaa, että se, mitä me usein kutsumme syvimmin inhimilliseksi meissä, kuten tunteet, välittäminen, kyky kärsiä, ovatkin syvimmin eläimellisiä osia meissä kaikissa. Se, mitä me teemme eläimille, kertoo meistä hyvin paljon, omasta kulttuuristamme, etiikastamme ja siitä, millaisia ihmisiä me olemme ja haluamme olla.

Monika Panayotova, President-in-Office of the Council. – Mr President, thank you for the opportunity to discuss the possibility of a global ban on animal testing for cosmetic products with you today. Your question touches upon several aspects of this important issue, which is of great interest for consumers worldwide. I would like to take the questions you raised one by one, insofar as they fall within the sphere of activity and competence of the Council.

In the introduction to their questions, the honourable Members point out that the European Union ban on animal testing for cosmetic products, which is stipulated in Article 18 of the Cosmetics Regulation, and fully applicable in the Internal Market since March 2013, has had positive consequences. As a co-legislator which is co-responsible for this outcome, the Council certainly shares your view.

Your further questions point more to the future. Regarding the current global impact and acceptance by third countries of the EU ban on animal testing for cosmetics, we have to differentiate between a statistical-economic part and a legal part. The Council does not specifically analyse the global impact of the EU ban on trade flows. This task is more for the Commission, and the Commissioner will most probably be able to say more.

According to my information, EU industry and EU consumers have so far not registered any more major problems with regard to profitability or availability of products. From the legal side, an acceptance of the EU ban by third countries is not specifically necessary in the sense that third countries can regulate their own markets as they see fit. Rather, we should speak of an acceptance by third country producers, which is an absolute condition in order to place cosmetics on the EU market. This has been confirmed by the Court of Justice in the European Federation for Cosmetic Ingredients case in 2016.

In this regard, again, I am not aware of any major disruption, but even if producers were finding it difficult to place products on the European market, the European legislator would continue to favour the public interest of animal health over the interest of individual third country producers.

On the issue of ensuring that all cosmetics placed on the EU market have never been tested on animals in a third country, as the Treaty makes clear, this is in the first instance a task for Member States. As you, the honourable Members, are aware, market surveillance authorities enforce the Cosmetics Regulation in the same way as they enforce any other Union internal market legislation. Article 4 of the Cosmetics Regulation requires a responsible person within the Union to ensure compliance of the products with the Regulation, and Article 11 provides for a Product Information File for every product to be placed on the EU market, irrespective of its place of production. Article 18 specifies in great detail the EU ban on animal testing.

As for any other product, it is not for the Council as a legislative and policy-making institution, but for the market surveillance authorities of the Member States to check and verify that every product complies with the European rules.

On the issue of an international agreement to put an end to the testing of cosmetics on animals worldwide, the Council would examine attentively any recommendations from the Commission to open negotiations regarding such an agreement. Any such agreement would obviously have to be compatible with the Cosmetics Regulation. It would be for the Commission to carry out such negotiations, on the basis of, and in line with, a mandate from the Council. Provided the negotiations lead to a successful outcome, the Council would then be in a position to conclude such an agreement on behalf of the Union.

This leads me to the question of promoting a global ban at the UN. As I have just explained, in line with its competences under the Treaty, the Council would stand ready to exercise its responsibilities on the international level.

Finally, on the question of a possible conflict with trade agreements and WTO rules, the Council is convinced that the Cosmetics Regulation is in conformity with WTO rules and other trade agreements. It is not for the Council, as a Union co-legislator, to enforce WTO rules. Nevertheless, let me point out that under the WTO system, multilateral action is usually preferred to a unilateral one.

Elżbieta Bieńkowska, Member of the Commission. – Mr President, honourable Members, thank you very much for this question and for the opportunity to discuss it today. Animal welfare is an extremely important topic for European citizens. It is also important for me personally, so thank you very much.

This importance is reflected in the very high animal welfare standards that apply in the EU. It was also, may I remind you, reflected in the very unanimous and strong condemnation of the private tests, for example, mandated lately by some car makers on monkeys in the US. Over the last five years we have led the way with our animal testing ban on cosmetics. The ban not only signals our commitment to animal welfare in the European Union, but also a new approach to human safety. I want to say it very strongly: we do not need to protect humans by harming animals.

It is also visible that during those five years since the ban entered into force, our industry still remains number one in the world. The ban has had an impact also on third countries. It is difficult of course to assess the precise global impact of it, but it is clear that it has inspired many other countries in the world. We have been active in ensuring that it does so in our bilateral contacts and cooperation with third countries.

We want as many countries as possible to follow. We have also been very active in developing alternatives to animal testing within the EU, and again we are promoting the acceptance and uptake outside the EU, notably through the OECD. But I have to say again, sadly, that not all of our main trading partners have followed us. We should think about what this means for the treatment of cosmetics imported into the EU. The question is first of all that of enforcement of the ban by the national competent authorities. In practice, the main way of checking compliance of individual cosmetics is the cosmetics products information file. This has to be kept for every cosmetic marketed within the EU. But of course it is clear from information that we received from Member States that this file is sometimes very incomplete.

Secondly, the Court of Justice recently confirmed that cosmetic products containing ingredients tested on animals outside the EU cannot be sold here in the European Union. The animal testing data obtained outside the EU cannot be relied on. The safety has to be proved using some alternatives, but there is of course no guarantee that cosmetics tested on animals outside the EU are not used by our European customers. This needs to change.

One solution could be a global ban. This is the reason why we will continue to support any initiative at international level to end animal testing in cosmetics. And our support will go in particular to any initiative by EU Member States proposing a UN resolution on this matter. The Commission will continue to promote the EU ban on animal testing in cosmetics through its international activities, both at bilateral and multilateral level.

We also considered proposing clauses on animal testing for future trade agreements whenever appropriate. Our ban is firmly in line with the WTO technical barrier to trade agreement. This specifies that technical regulations shall not be more trade restrictive than necessary to fulfil a legitimate objective. Animal life or health is mentioned as such a legitimate objective.

The agreement is also the guiding principle in the EU’s bilateral free trade agreements. So, it has to be said that five years after the EU animal testing ban became fully applicable, the time is ripe for global action. We are thinking carefully about how best to do this. A global ban is of course one option, but we will consider others, and I will keep you informed and involved as our thinking develops.

Seán Kelly, on behalf of the PPE Group. – Mr President, I welcome Commissioner Bieńkowska’s commitment and intent, as she outlined just now, because in 2004 the EU banned animal testing for cosmetic products and five years later it banned animal testing for cosmetic ingredients. Since 2009, the marketing of any cosmetic products containing animal-tested ingredients has also been banned, so now it is time for the rest of the world to follow suit. Sadly, up to 80% of countries around the world still use animal testing and continue to allow for the marketing of animal-tested cosmetics. I am hopeful that this cruel and inhumane practice will be eliminated entirely by 2023. These EU prohibitions in recent years have been hugely significant for the promotion of animal welfare. As well as this, Europe’s cosmetic products market is the biggest in the world and provides approximately two million jobs at present. Evidently, the success of this market is achievable without sacrificing animal welfare, so we need to work with the Commission to get a worldwide ban.

Karin Kadenbach, im Namen der S&D-Fraktion. – Herr Präsident, Frau Kommissarin, Herr Vorsitzender! Ich glaube, wir haben hier ein Beispiel, wo man von Europa lernen kann, auf das wir stolz sein können. Wir haben der Industrie und der Forschung lange genug Zeit gegeben – die Vorredner haben es ausgeführt: 2004 der erste Vorstoß, 2013 dann endgültig auch wirklich ein generelles Vermarktungsverbot. Diese best practice zeigt, dass gemeinsam mit der Industrie, mit der Forschung hier viel erreicht werden kann. Wir haben unseren Markt weiter gesichert, wir können sicher sein, dass die Produkte, die die Konsumentinnen und Konsumenten erreichen, Produkte sind, die nicht gesundheitsschädlich sind, und wir haben einen großen Schritt in Richtung Tierschutz und Tierwohl gemacht.

Ich glaube, dass dieser vorliegende Appell, nun ein weltweites Verbot von Tierversuchen für Kosmetika zu erreichen, ein wichtiger ist, weil wir vielleicht hier auch Druck für jene Produkte erreichen können, die heute noch nicht unter diese Verordnung fallen, nämlich jene Inhaltsstoffe, die heute noch mit Tierversuchen getestet werden können, weil sie auch andere Anwendungen im Bereich der Pharmazie, im Bereich der Waschmittel etc. finden. Das heißt, vielleicht können wir hier wirklich Anreize dafür schaffen, dass diese Inhaltsstoffe in Zukunft ebenfalls unter das Verbot fallen, weil es Alternativen gibt.

Ich ersuche Sie – wie Sie heute ausgeführt haben –, dahin zu wirken, dass vor allem durch WTO-Regelungen diese Vorgaben nicht aufgeweicht werden. Mein Appell gilt auch allen jenen Kolleginnen und Kollegen, die derzeit mit internationalen Handelsverträgen für die Europäische Union in Diskussion sind, dass dieser Appell dort auch hineingetragen wird, dass in Zukunft für internationale Verträge in der Europäischen Union gelten soll, dass in diesen Ländern keine Tierversuche für Kosmetika eingesetzt werden. Das gilt ganz besonders für China, weil dort im Moment in Wirklichkeit das umgekehrte Verfahren gültig ist. Dort müssen Tierversuche für Kosmetika durchgeführt werden, damit diese Mittel am Markt zugelassen werden.

Arne Gericke, im Namen der ECR-Fraktion. – Herr Präsident! Machen Sie mal die Augen zu und stellen sich Folgendes vor: Meerschweinchen stundenlang in engen Plastikröhren; Mäuse, giftige Stoffe per Magensonde, Ersticken am eigenen Erbrochenen; Kaninchen, denen giftige Substanzen in die Augen geträufelt werden; Schwellungen, extreme Rötungen, schmerzhafte Verätzungen und vieles mehr. Ja, liebe Kolleginnen und Kollegen, Tierversuche sind grausam – bei Kosmetika in Europa seit 2013 verboten. Verschwunden sind sie noch lange nicht – leider. Noch immer dürfen durch Sonderregelungen Inhaltsstoffe von Kosmetika an Tieren getestet werden. Über zwei Millionen Tiere werden so noch immer Opfer der Kosmetikindustrie, Jahr für Jahr. Weltweit sieht es nicht anders aus. Bisher sind nur Israel und Indien dem europäischen Beispiel gefolgt und haben Tierversuche für Kosmetik verboten. In den meisten anderen Ländern – darunter die USA – sind sie noch erlaubt, quasi Pflicht – wie bereits erwähnt – sind sie in China. Für uns Europäer gilt deshalb: Wir müssen Missionare des Tierschutzes sein und weltweit für eine tierversuchsfreie Kosmetik werben. Fangen wir damit heute an, nicht morgen!

Linnéa Engström, för Verts/ALE-gruppen. – Herr ordförande! Fru kommissionär! Frågan om kosmetikatester på djur är viktig och ligger väldigt nära mitt hjärta, då det är ett mycket tydligt exempel på hur vi människor fortsätter att plåga djur på ett väldigt meningslöst sätt.

När jag var 10 år gick med i min första förening. Det var en förening mot plågsamma djurförsök, Djurens rätt, i Sverige. Som barn hade jag väldigt svårt att förstå varför och hur man kunde utsätta oskyldiga apor, kaniner och marsvin för plågsamma kosmetikatest för att människor skulle kunna sminka sig, speciellt när det finns fullvärdiga alternativ. Jag har faktiskt lika svårt i dag, 25 år senare, att förstå varför vi gör detta när vi har nya tekniker och metoder för att testa kosmetika utan plågsamma djurförsök.

Därför kräver jag, tillsammans med kollegerna här i dag i Europaparlamentet, ett globalt förbud mot dessa plågsamma kosmetikatester på djur. I EU är kosmetikatester på djur förbjudna sedan 2013, men vissa produkter från länder utanför EU kan fortfarande köpas här. Dessa produkter kan ha testats på djur, eftersom 80 procent av världens länder fortfarande tillåter detta. Det är dags för ett globalt förbud mot plågsamma kosmetikatester på djur.

Stefan Eck, im Namen der GUE/NGL-Fraktion. – Herr Präsident! Pro Jahr werden Millionen Tiere für Kosmetika grausam getötet und gequält. Die europäischen Gesetze und sogar unser Verkaufsverbot verhindern nicht, dass Kosmetika außerhalb der EU an Tieren getestet werden und dann unseren Binnenmarkt erreichen. Die Branche hat doch längst ihre Tierversuche in Nicht-EU-Länder ausgelagert, und die Überprüfung, ob Tierversuche vorgenommen wurden oder nicht, ist gar nicht möglich. Dieses Parlament steht dem Tierschutz aus wirtschaftspolitischen Gründen leider meist ablehnend gegenüber.

Morgen haben Sie die Gelegenheit, etwas von der aufgeladenen Schuld abzutragen. Bitte stimmen Sie alle der Entschließung zu, denn die Bürger Europas wollen mit großer Mehrheit, dass keine Tierversuche mehr stattfinden. Also fangen Sie auch endlich an, die Interessen der Bürger und nicht die des Kapitals zu vertreten. Ein bekannter Philosoph sagte einmal: Die absichtliche Verstümmelung eines Lebewesens in ein Bündel Leid und stummer Verzweiflung ist ein Verbrechen. Und was sollte sonst ein Verbrechen sein? Wir brauchen dringend eine UN-Resolution für ein weltweites Verbot von Tierversuchen für Kosmetika, damit diese Verbrechen aufhören. Frau Kommissarin, ich zähle auf Sie!

Eleonora Evi, a nome del gruppo EFDD. – Signor Presidente, onorevoli colleghi, dal 2009 in Europa abbiamo divieti sulla sperimentazione animale nel settore dei cosmetici e sul commercio di prodotti e ingredienti cosmetici testati su animali: divieti che dal 2013 non hanno eccezioni (indipendentemente dalla disponibilità di metodi alternativi), che dovrebbero garantire la sola circolazione di cosmetici cruelty-free. Dico "dovrebbero" perché sappiamo – e lo hanno ricordato anche i colleghi – come sia difficile avere una piena applicazione di questo divieto. Molti sono i raggiri e i loophole che vediamo nella normativa, non ultimo quello di non avere spesso contezza piena delle informazioni dei prodotti provenienti da paesi terzi o degli ingredienti che sono testati e ritestati perché sottoposti anche ad altri regolamenti europei, come ad esempio il REACH.

Si tratta comunque di un importante passo avanti che l'Unione europea fa nei confronti della tutela degli animali, ma non solo, nei confronti anche di uno sviluppo economico diverso, nei confronti della tutela della salute delle persone. Ora però dobbiamo andare oltre e sostenere la conclusione di un accordo globale per vietare questa pratica, che è tristemente utilizzata nell'80 % dei paesi del mondo. Dobbiamo ascoltare quei milioni di persone che a gran voce ci chiedono di adoperarci per arrivare a una moratoria internazionale e questi milioni di persone si fanno sentire anche attraverso, ad esempio, le petizioni. Sono numerosissime le petizioni presentate al Parlamento europeo che ricordano e che chiedono a gran voce un bando globale.

Il Parlamento europeo penso sia pronto, ed è forte e coeso nel chiedere questo. Io spero che gli Stati membri e la Commissione siano pronti a loro volta sulla scena internazionale a bandire i test sugli animali nel settore dei cosmetici e ad assumere un ruolo di guida nell'ambito dei negoziati che verranno. Io mi auguro di sì, perché le aspettative dei cittadini europei trovino presto accoglimento.

Dominique Bilde, au nom du groupe ENF. – Monsieur le Président, affamés, la peau et les yeux brûlés, ils sont des milliers condamnés chaque année à des souffrances effroyables dans les sous-sols obscurs de laboratoires scientifiques mondiaux. Une maltraitance qui, malgré l’article 13 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, ne nous épargne pas. Car si 80 % des États autorisent encore ces pratiques, d’ailleurs obligatoires pour l’importation de cosmétiques en Chine, c’est bien le règlement REACH sur les substances chimiques qui a permis la plus vaste campagne d’expérimentation animale au monde, parfois au mépris de l’interdiction de 2009 en matière cosmétique. Un scandale qui bafoue aussi bien le progrès scientifique en matière de méthodes de substitution, notamment par l’utilisation de cellules humaines, que la réprobation massive de l’opinion publique mondiale.

Forte de sa prééminence politique et économique, l’Europe doit enfin faire rimer actes et paroles en garantissant le respect absolu du bien-être animal, gage du degré de civilisation d’une société humaine.

Diane James (NI). – Mr President, good evening to the Chamber and thank you for the opportunity to speak on this matter.

Asian countries are the principal offenders and they all can use their considerable economic might to defy this initiative, so how does the European Union perceive any action will be effective?

The second point I want to raise is that there has been no mention, so far as I can hear, of cosmeceuticals. This is a hybrid, if you like, of a cosmetic with a pharmaceutical product. There are many examples readily available on the market and that aspect also needs to be addressed with whatever is planned.

The third element, though, that I must highlight is that without the appropriate framework to ensure that compliance and record-keeping is mandatory, companies, academia, organisations, whatever they might be, are going to have very little motivation to ensure animal welfare is safeguarded unless, of course – and I agree with the previous speaker – there is an outright ban, particularly on companies that outsource their production to other countries.

Claudiu Ciprian Tănăsescu (S&D). – Domnule președinte, în ultimii cinci ani Uniunea Europeană s-a plasat în prim-planul protecției animalelor prin interzicerea vânzării de produse cosmetice testate pe animale, generând o mișcare globală și inspirând multe națiuni să aplice reguli progresive în acest domeniu. Interdicția Uniunii Europene privind testarea produselor cosmetice pe animale a condus la intensificarea eforturilor oamenilor de știință și ale producătorilor în a dezvolta teste alternative, necesare verificării siguranței produselor cosmetice.

Însă pasul făcut de Uniunea Europeană în ceea ce privește interdicția testării pe animale a produselor cosmetice este depășit ca importanță de prezenta propunere referitoare la interdicția globală, care reprezintă singura garanție că se va pune capăt testării pe animale la nivel mondial. În contextul în care patru din cinci țări încă permit testarea pe animale a produselor cosmetice, avem nevoie de măsuri și de acțiuni coerente, viabile, imediate, care să asigure dezvoltarea și comercializarea de produse cosmetice netestate pe animale la nivel global, fundamentate pe participarea tuturor actorilor implicați.

John Flack (ECR). – Mr President, as a British Conservative I sometimes criticise the ambitions of this Parliament but on this occasion I am happy to praise them, just as many speakers before me, across the political divides, have done.

Some things are more important than party politics. For me, a key one is animal welfare. Care and compassion for our fellow creatures is surely the measure of our own humanity. The EU’s ban on cosmetic testing was truly groundbreaking. Although there are still some loopholes to tighten, I am proud to be part of a Parliament that is a true world leader on this issue. As co-sponsors, my European Conservatives and Reformists (ECR) Group is now asking for the EU to show even more global leadership. I cheer this to the rooftops. If you ask people across the world whether they want cosmetics tested on animals you get a resounding no, but it still continues because big manufacturers and retailers put profit before compassion, and because we politicians have not yet done enough to stop them. So we must demonstrate by our own actions, as well as telling the world, that testing for cosmetics is a most callous form of cruelty. People cannot even pretend that it is to prevent illness or to save lives; this is cruelty for vanity’s sake. It is time to really end it, once and for all, across the globe. Let us all vote tomorrow for beauty without cruelty.

Anja Hazekamp (GUE/NGL). – Voorzitter, wereldwijd worden ruim 115 miljoen dieren misbruikt voor dierproeven. Ook in Europa stijgt het aantal dierproeven nog steeds. Al in 2004 verbood de Europese Unie dierproeven voor make-up, crèmes, shampoos en andere cosmetische producten. Nu, 15 jaar later, liggen er nog steeds producten in de winkel die getest zijn op dieren. In Europa geeft bijvoorbeeld de chemicaliënwetgeving Reach nog steeds de ruimte om dierproeven te doen. Daarom is het belangrijk dat de EU al die wetten op elkaar af gaat stemmen.

Daarnaast wordt ook het verkoopverbod omzeilt om cosmetica buiten Europa op dieren te testen. Dus schieten de dieren daar eigenlijk niets mee op. Ik vind het een heel goed plan om te strijden voor een wereldwijd verbod op dierproeven, eerst voor cosmetica, maar daarna natuurlijk ook voor andere toepassingen. Want voor dieren maakt het helemaal niets uit onder welke wet, onder welke uitzondering of voor welk product ze worden gedood in laboratoria. Voorts ben ik van mening dat de Europese landbouwsubsidies moeten worden afgeschaft.

Mireille D’Ornano (EFDD). – Monsieur le Président, injections de produits chimiques dans les yeux, gavages et inhalations forcés, les expériences sur les animaux dans le domaine des cosmétiques sont souvent insoutenables et ne devraient plus avoir cours aujourd’hui.

Si la législation en vigueur est satisfaisante en Europe, même si elle est imparfaite, elle ne l’est pas dans le reste du monde, d’où l’idée que j’ai soutenue d’une convention internationale sur la question. En effet, en tant que coordinatrice en commission ENVI, j’avais d’ailleurs proposé à mes collègues de mener une réflexion globale et pas uniquement sur les cosmétiques. En effet, les progrès réels réalisés dans la mise au point des méthodes de substitution à ces tests cruels, y compris dans le domaine médical, sont la preuve que l’expérimentation animale n’est pas une obligation, comme certains veulent parfois nous le faire croire.

Un problème demeure néanmoins: la majorité des ingrédients utilisés dans les produits cosmétiques sont les mêmes que ceux qui sont employés dans la fabrication de produits pharmaceutiques, de détergents et même parfois de denrées alimentaires. Or, dans ces cas précis, l’expérimentation animale bénéficie d’un cadre légal avec les essais autorisés dans le cadre de la réglementation REACH. Il est donc urgent d’élargir davantage la problématique à l’expérimentation animale, en général.

Un exemple parlant: il y a presque un an, une marque de cosmétiques, qui s’était prononcée contre l’expérimentation animale, a cédé à la pression d’un marché asiatique en autorisant les tests sur animaux dans le pays en question.

Voilà donc une limite supplémentaire du cadre actuel lorsque la commercialisation de produits testés sur des animaux a lieu hors de l’Union européenne. Cette dernière ne peut plus agir d’où, une fois de plus, la nécessité d’une convention internationale mondiale.

Dobromir Sośnierz (NI). – Żeby odbyła się debata, to powinny być jakieś dwa stanowiska. Państwo się tu wszyscy zgadzają ze sobą, a więc ja postaram się udźwignąć ten ciężar i powiedzieć coś innego. Przede wszystkim Parlament po raz kolejny zapomina, że jest Parlamentem Europy, a nie całego świata. I ten wasz prozelityzm jest już naprawdę trudny do wytrzymania, trudny do zniesienia. Po drugie Parlament nawet nie jest Parlamentem Europejskim, ponieważ wartością europejską jest przekonanie o bezwzględnej wyższości człowieka nad zwierzętami, a to co tutaj uprawiacie to jest daleko idący relatywizm.

Jest skandalem, że w Europie w XXI wieku lepiej chronione są zwierzęta niż nienarodzeni ludzie. Jest skandalem to, że wolicie, żeby pierwsze testy kosmetyków odbywały się w związku z tym na ludziach. Jeśli tu mówimy o żywych organizmach to ludzie będą testowali te kosmetyki, bo boicie się, że myszy poparzą sobie pyszczki. Także myślę, że to jest skandalem i jest zdradą wobec wielowiekowych wartości Europy.

Spontane Wortmeldungen

Michaela Šojdrová (PPE). – Pane předsedající, já bych navázala na svého předřečníka. Já jsem pro ochranu života v každé jeho podobě. Zvíře je živé stvoření a nemělo by být týráno. Proto si vážím toho, že Evropská unie zakázala testování na zvířatech, a jsem hrdá na to, že jsme jako Evropská unie v pozici světového lídra v této věci.

Zcela opačnou roli však plní Čína, jejíž vláda dokonce vyžaduje testování i na zahraničních přípravcích, které prošly spolehlivým alternativním testováním. Od roku 2014 vidíme jisté zlepšení a omezení testování a významnou roli v tom sehrály neziskové organizace i kosmetické firmy právě z Evropské unie. Ty se snaží změnit přístup Číny například tím, že podporují čínské laboratoře proškolováním. Skutečně je potěšující, že tam, kam pravidla Evropské unie nedosáhnou, pomáhají evropské firmy, které si uvědomují svoji sociální odpovědnost.

Νότης Μαριάς (ECR). – Κύριε Πρόεδρε, είναι δεδομένο ότι όλοι συμφωνούμε ότι πρέπει να επιτευχθεί η καθολική απαγόρευση των δοκιμών σε ζώα για τα καλλυντικά. Το γεγονός ότι ήδη στην Ευρωπαϊκή Ένωση έχει σχεδόν επιτευχθεί αυτή η απαγόρευση το θεωρούμε μεγάλη κατάκτηση. Μην ξεχνούμε ότι έχουμε λάβει πάρα πολλές αναφορές γύρω από το ζήτημα αυτό εδώ και χρόνια, επομένως τα βήματα που έγιναν σε επίπεδο Ευρωπαϊκής Ένωσης είναι προς τη σωστή κατεύθυνση.

Όμως το θέμα είναι πώς θα επιβληθούν οι απαγορεύσεις σε τρίτες χώρες, διότι και στην Κίνα και στις χώρες της Ασίας είναι δεδομένο ότι επιτρέπεται να γίνονται δοκιμές σε ζώα για τη δημιουργία καλλυντικών. Αντιλαμβάνεστε λοιπόν ότι η κακομεταχείριση των ζώων, τα βασανιστήρια τα οποία υφίστανται, και όλα αυτά προκειμένου να υπάρξει παρασκευή καλλυντικών, συνεχίζονται σε παγκόσμιο επίπεδο. Επομένως χρειάζεται μια διεθνής σταυροφορία και πρωτοβουλίες γύρω από το ζήτημα αυτό εκ μέρους της Ευρωπαϊκής Ένωσης.

Γεώργιος Επιτήδειος (NI). – Κύριε Πρόεδρε, στην Ευρωπαϊκή Ένωση απαγορεύεται το εμπόριο καλλυντικών προϊόντων και καλλυντικών συστατικών τα οποία προηγουμένως έχουνε εφαρμοστεί σε ζώα. Η απόφαση αυτή της Ευρωπαϊκής Ένωσης είναι αξιέπαινη, διότι πέραν της προστασίας των ζώων από την εφαρμογή εις βάρος τους μεθόδων βασανισμού και απάνθρωπων πρακτικών δείχνει ότι υπάρχει η δυνατότητα να μειωθεί σταδιακά η παραγωγή καλλυντικών που έχουν προηγουμένως εφαρμοστεί σε ζώα. Επίσης δείχνει ότι υπάρχει η δυνατότητα να εξεύρουμε εναλλακτικές λύσεις. Η πραγματικότητα όμως μας υποχρεώνει να αποδεχθούμε ότι παγκοσμίως σε πολλές χώρες και κυρίως σε χώρες του Τρίτου Κόσμου εφαρμόζεται η πρακτική αυτή για την παραγωγή καλλυντικών. Γι’ αυτό λοιπόν, προκειμένου να μη μείνει η προσπάθεια της Ευρωπαϊκής Ενώσεως σε επίπεδο ευχολογίου ή στην καλύτερη περίπτωση μιας πρωτοβουλίας προς τη σωστή κατεύθυνση, θα πρέπει η Ευρωπαϊκή Ένωση να αναλάβει μια παγκόσμια εκστρατεία, ούτως ώστε να απαγορευθεί η παραγωγή καλλυντικών που έχουν εφαρμοστεί προηγουμένως σε ζώα.

Jiří Pospíšil (PPE). – Pane předsedající, já velmi vítám tuto debatu, která jednoznačně podporuje iniciativu orgánů Evropské unie, abychom hovořili a pracovali na globálním zákazu testování kosmetiky na zvířatech. Já si myslím, že my musíme být světovým lídrem v ochraně zvířat.

Zvířata jako živé bytosti si zaslouží, aby s nimi bylo nakládáno jinak než s pouhými věcmi a toto je jedno z témat ale, paní komisařko, není to téma jediné. V Evropské unii je celá řada problémů, které souvisí se zvířaty. Otázka chování zvířat na kožešiny. My jsme v České republice minulý rok zakázali tak zvané kožešinové farmy. Bylo by dobré udělat celoevropský zákaz těchto sporných chovů zvířat pouze kvůli lidské kráse, kvůli kožešinám.

Je zde problém převozu desítek tisíc štěňat a koťat z východní části Evropské unie do západní. A tak dále. Tedy prosím vnímejme témata zvířat jako jednu z důležitých agend Evropské unie a pracujme prosím na tom.

(Ende der spontanen Wortmeldungen)

Elżbieta Bieńkowska, Member of the Commission. – Mr President, honourable Members – thank you very much for all your remarks. Firstly, I want to thank almost all of you for your engagement and compassion and I support you along and the Commission supports you. It has to be said that you have acted as a pioneer with the animal testing ban in the cosmetics industry, and we have inspired the other regions. As some of you mentioned, we can be proud of this, because we are the world leader on this issue.

Firstly, I want to say that of course we admit that the others globally use animal testing, but we should act in two ways. The first one is that the Commission will continue to be active in promoting the EU animal testing ban in cosmetics at international level including trade agreements and we will continue of course to support any initiative in that direction at international level.

Secondly, we will remain fully engaged in the development, validation and promotion of alternative methods – ‘alternative’ does not mean human testing: alternative methods means alternative methods, not animals nor humans – to support the promotion of the global ban. I believe that animal testing is a bad thing and we should do our best to avoid it.

Monika Panayotova, President-in-Office of the Council. – Mr President, honourable Members, thank you for the opportunity to speak for the Council on this important issue. We will follow any developments at international level attentively, so we take pride in the positive developments we have reached for the internal market and we will certainly continue working together to defend European interests in all relevant fora, while being realistic on what can be expected from third countries. There is already a first-mover advantage for European Union producers with regard to production methods, but this will be just one of the arguments that would have to be raised once we discuss the possibility of a global ban with our trading partners. Thank you for your attention.

Der Präsident. – Gemäß Artikel 128 Absatz 5 der Geschäftsordnung wurde ein Entschließungsantrag eingereicht.

Die Aussprache ist geschlossen.

Die Abstimmung findet morgen, Donnerstag, 3. Mai 2018, statt.

Schriftliche Erklärungen (Artikel 162 GO)

Romana Tomc (PPE), pisno. – Leta 2013 je v EU začela veljati popolna prepoved testiranja kozmetičnih izdelkov na živalih. Imamo uspešen in inovativen kozmetični sektor, ki zagotavlja približno dva milijona delovnih mest in predstavlja največji trg za kozmetične izdelke na svetu. Stopnja spoštovanja veljavnih prepovedi testiranja in trženja v Evropi je zelo visoka.

Približno 80 % držav v svetu kljub zakonodajnim napredkom na tem področju še vedno dovoljuje testiranje na živalih. Pozdravljam pobudo, da je treba pozvati predsednike pa tudi predstavnike institucij EU, naj se na srečanjih s sogovorniki globalnih organizacij, zlasti z generalnim sekretarjem OZN, zavzemajo za globalno prepoved testiranja kozmetičnih izdelkov na živalih. Potrebna so vztrajna prizadevanja pri usposabljanju in izobraževanju, da se zagotovi pravilno poznavanje alternativ in postopkov v laboratorijih in pri pristojnih organih.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • L'interdiction de l'expérimentation animale pour les cosmétiques dans l'UE, prévue à l'article 18 du règlement relatif aux produits cosmétiques, est pleinement applicable dans le marché intérieur depuis mars 2013.
  • La Cour de justice a confirmé en 2016, dans l'affaire European Federation for Cosmetic Ingredients, que des cosmétiques contenant des ingrédients testés sur des animaux hors de l'Union ne peuvent y être vendus.
  • Le règlement relatif aux produits cosmétiques impose une personne responsable dans l'Union (art. 4) et un dossier d'information par produit (art. 11) ; le contrôle revient aux autorités de surveillance des États membres.
  • L'accord de l'OMC sur les obstacles techniques au commerce compte la vie ou la santé des animaux parmi les objectifs légitimes d'un règlement technique.

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Le compte rendu du débat donne chaque intervention dans la langue de l'orateur. La traduction est de l'OXA et n'a rien d'officiel. L'original se déplie sous la traduction.

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.