
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-01-30 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-216203)
16 632 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles subissent une biopsie de l’oreille, des injections quotidiennes pendant cinq jours et une injection de toxine dans le muscle qui provoque une lésion, avant d’être tuées pour prélever les muscles des pattes. Le porteur revendique injecter les deux pattes pour réduire de moitié le nombre d’animaux et affirme vouloir exploiter au maximum chaque animal. Il indique que l’étude de la régénération musculaire ne peut être conduite que sur un « organisme entier », la souris étant présentée comme le modèle idéal.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le muscle strié squelettique est composé de fibres musculaires qui doivent s’adapter aux changements physiologiques et environnementaux tout au long de la vie. Il a aussi la capacité de régénérer complètement après une lésion, grâce à des cellules souches musculaires appelées cellules satellites. Ces cellules sont responsables de la régénération des fibres musculaires après une lésion, que celle-ci soit d’origine traumatique ou génétique (maladies musculaires). Des pathologies comme les myopathies, le vieillissement ou un exercice physique trop intense conduisent à un stade chronique d’activation de la régénération avec un épuisement des cellules satellites, aboutissant ainsi à une diminution de la capacité régénérative. Notre projet vise à comprendre comment les cellules satellites répondent aux signaux d’activation lors de la régénération. L’identification de ces mécanismes de régulation pourrait permettre l’établissement de stratégies thérapeutiques afin d’améliorer la régénération musculaire dans des contextes pathologiques affectant le muscle.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Notre projet vise à comprendre comment les cellules satellites répondent aux signaux d’activation lors de la régénération. L’identification de ces mécanismes de régulation pourrait permettre l’établissement de stratégies thérapeutiques afin d’améliorer la régénération musculaire dans des contextes pathologiques affectant le muscle.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux subiront une biopsie (durée 5 secondes). Une partie des animaux subira une injection quotidienne pendant 5 jours consécutifs (durée 1 min pour chaque injection) puis après 1 semaine de repos ils subiront 3 injections: une sur animal vigile pour l’anesthésie générale (durée une minute maximum) et deux sur animal anesthésié pour l’injection musculaire (durée 5 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La contention induira un stress. La biopsie à l’oreille induira une douleur légère de courte durée. L’injection intra-péritonéale induira une douleur de courte durée. L’injection musculaire de toxine induira une lésion du groupe musculaire injecté.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de l’expérimentation afin de collecter les muscles squelettiques des pattes postérieures. Ces tissus prélevés serviront soit pour des mises en culture des fibres musculaires ou des cellules souches musculaires afin de réaliser des tests in vitro soit pour des analyses de biologie moléculaire et d’histologie
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des expériences dans les cellules ont déjà été réalisées et pour étudier la physiologie de la régénération musculaire nous devons utiliser l’animal entier. Cette étude ne peut être conduite que sur un organisme entier car il est actuellement impossible de reproduire in vitro la régénération musculaire qui met à contribution différents types cellulaires. La souris est le modèle idéal pour cette analyse car les processus étudiés sont très conservés au cours de l’évolution en particulier chez les mammifères.
2. Réduction
Nous utiliserons le nombre d’animaux minimal permettant d’obtenir des résultats statistiquement significatifs. Lors de l’injection de toxine, nous injecterons les deux pattes de chaque souris afin de réduire de moitié le nombre d’animaux utilisés, car plus le nombre de cellules satellites collectées est important, plus le nombre d’animaux est réduit. Notre expérience a montré qu’en injectant les 2 pattes, nous réduisons de moitié le nombre d’animaux utilisés sans affecter le bien-être de l’animal. Nous exploiterons au maximum chaque animal en prélevant plusieurs groupes de muscles. Nous utiliserons les mâles et les femelles afin d’étudier la régénération chez les deux sexes.
3. Raffinement
Pendant l’injection intra-musculaire, les animaux seront sous anesthésie générale et analgésie avec un coussin chauffant pour éviter l’hypothermie. Un gel oculaire sera appliqué sur les yeux afin d’éviter tout dessèchement de l’œil. Pour une meilleure récupération après l’anesthésie générale, les animaux seront stabulés une nuit en armoire chauffante à 28°C. Afin de faciliter l’accès à la nourriture et l’eau derrière l’intervention, des croquettes et de l’eau gélifiée seront déposées sur le sol de la cage. Toutes les souris de la même cage seront anesthésiées et injectées le même jour afin de maintenir le groupe social. Si des souris doivent être isolées au moment du sevrage, nous regrouperons systématiquement les femelles et nous tenterons de regrouper les mâles de même âge provenant des différentes cages. Grâce à notre précédent projet, nous disposons désormais d’une expérience de 5 ans dans ce type de procédure, nous permettant d’assurer une bonne réalisation des actes et limiter au maximum les dommages.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin permet le développement d’animaux génétiquement modifiés conduisant à l’obtention de modèle dans lequel un ou plusieurs gènes peuvent être rendus non fonctionnels. De plus, le tissu musculaire de la souris est très proche de celui de l’homme dans sa structure et son fonctionnement. Le modèle murin permet donc des explorations moléculaires, cellulaires, tissulaires et fonctionnelles. Le projet concerne des animaux adultes car le muscle termine sa croissance aux alentours de 8 à 10 semaines. A cet âge, les cellules satellites ont fini de participer à la croissance musculaire et rentrent en quiescence.