27 miniporcs anesthésiés à répétition pour des brûlures de rétine au laser, des injections et des ponctions de l'œil, puis tués, pour un traitement de la DMLA.

27 animaux (cochons) · dont 22 en souffrance modérée · tous tués

Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.

Les résumés non techniques ne rendent jamais compte des résultats obtenus, et aucune appréciation rétrospective n'est publiée en France. Rien ne permet donc de savoir si les bénéfices annoncés ont été atteints.

Ce que le laboratoire annonce, résumé par l'OXA

27 miniporcs Yucatan de 6 mois vont être utilisés, tous tués à l’issue pour prélever leurs yeux, et les onze du dernier lot subissent chacun, sous anesthésie générale, une brûlure de la rétine au laser, une vitrectomie suivie d’une injection sous la rétine des deux yeux, quatre séances d’imagerie et d’angiographie et quatre ponctions de la chambre antérieure de l’œil. Ces procédures, déclarées d’un niveau de souffrance léger à modéré, visent à provoquer des lésions proches de la DMLA puis à tester des vecteurs anti-inflammatoires. Le porteur chiffre à 5 % le risque que le décollement de rétine provoqué par l’injection ne se résorbe pas, chiffre tiré de l’œil du macaque, et décrit alors une « légère perte de vision potentiellement stressante pour le porc ». Il justifie le choix du miniporc par l’absence de macula chez les rongeurs, et présente le projet comme un pas vers le remplacement des primates par des miniporcs dans la recherche sur la rétine.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique


NTS-FR-342261v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles immunitaires · Troubles sensoriels ·
Mots-clés
Néovascularisation rétinienne, Microglies, Virus Adeno-Associés, Cytokines CCL2/IL4, Modèle DMLA chez le miniporc
Cochons : 27

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) représente la première cause de baisse de vison chez les personnes âgées de plus de 50 ans dans les pays industrialisés et correspond à la troisième cause de malvoyance dans le monde, elle affecte environ 8% de la population française. Les causes de la DMLA sont d’origine multifactorielle atteignant la région centrale de la rétine : la macula, région qui permet la vision précise grâce à sa richesse en photorécepteurs de type cônes. Actuellement, un traitement efficace (injections intravitréennes d’antiVEGF) est possible pour 10% des cas de DMLA (DMLA exsudatives) mais ces injections répétées sont contraignantes, couteuses, exposent à des complications locales et générales, et leur efficacité diminue au cours du temps. Pour les DMLA non-exsudatives, il n’existe pas de traitement à ce jour. En ciblant un axe IL4/CCL2 qui s’est avéré essentiel dans le déclenchement de la maladie, nous espérons limiter l’inflammation et la perte des photorécepteurs maculaires. De plus, la DMLA non-exsudative a un risque d’évoluer vers une forme exsudative avec une perte de vision rapide. Depuis quelques années la DMLA est reconnue comme une maladie auto-immune. Dans les rétines des patients atteint de DMLA, les microglies, seules cellules immunitaires de la rétine, s’activent et migrent de la partie interne de la rétine vers la couche externe et s’accumulent à proximité des zones fortement touché par la dystrophie. Par conséquence, l’intérêt pour la microglie s’est accru, à mesure que son rôle central dans les maladies neurodégénératives et neuroinflammatoires devenait plus évident. La microglie joue un rôle clé dans la prolifération des cellules endothéliales qui conduit à la néovascularisation pathologique et à l’œdème maculaire de la DMLA exsudative. Le chemokine ligand 2 (CCL2) est notre cible d’intérêt étant donné son implication dans une cascade de polarisation des microglies et signalisation de la néovascularisation et de l’inflammation. Les cellules immunitaires sanguines sont recrutées dans la rétine par la sécrétion de CCL2 des cellules microgliales rétiniennes, un traitement préventif ciblant CLL2 permettrait d’éviter la prolifération des néovaisseaux qui est la cause de la DMLA exsudative. Les vecteurs que nous développons nous permettraient d’atteindre directement les microglies pour limiter l’inflammation.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La stratégie préventive du traitement, qui vise à empêcher l’évolution d’une DMLA vers une DMLA exsudative (dite humide) est inédite. Sans entrer en concurrence avec les injections d’antiVEGF, il viendrait compléter l’arsenal thérapeutique en diminuant fortement le nombre de patients nécessitant ce traitement chronique lourd qui a une efficacité partielle sur le long terme. Cela améliorerait significativement le pronostic visuel de l’ensemble des patients. Si l’efficacité de ce traitement est démontrée, il sera possible de tester son efficacité par d’autres voies moins risquées (injection intra vitréenne ou supra choroïdienne) qui permettraient de l’administrer en pratique courante sur un grand nombre de patients. La balance bénéfice/risque de ce traitement innovant serait favorable car de nombreux biomarqueurs simples accessibles en consultation standard sont disponibles pour évaluer le risque d’évolution vers une DMLA exsudative, parfois supérieur à 50%. Par ailleurs, ce traitement pourrait également être efficace pour ralentir l’évolution de le DMLA atrophique dans laquelle est impliquée l’accumulation sous rétinienne de cellules immunitaires sanguines. L’utilisation du miniporc est un élément majeur du projet : il présente de nombreux avantages par rapport aux rongeurs pour des raisons scientifiques, et par rapport aux primates non humains pour des raisons éthiques, financières, et écologiques. Un objectif à plus long terme est de remplacer au maximum les primates par les miniporcs dans la recherche en pathologies rétiniennes. L’autre axe majeur du projet est le développement d’un traitement ciblant la microglie rétinienne. Ces dernières années, l’intérêt pour la microglie s’est accru, à mesure que son rôle central dans les maladies neurodégénératives et neuroinflammatoires devenait plus évident. Les vecteurs que nous développons nous permettraient, ainsi qu’à d’autres groupes de recherche, d’atteindre directement les microglies pour limiter l’inflammation et ainsi traiter les DMLA et d’autres pathologies neuroinflammatoires.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

(i) Brûlure superficielle de la rétine avec un laser argon 520nm sous anesthésie générale : Geste unique sur les deux yeux sur 3 animaux (objectif 1) et unique sur les deux yeux sur 11 animaux (objectif 3). La procédure dure 5 minutes par œil. (ii) Imagerie rétinienne sous anesthésie générale : Cet examen sera fait trois fois sur chaque individu d’un premier lot de 5 animaux (J0, J7 et J14 après laser, objectif 1), deux fois sur chaque individu d’un deuxième lot de 11 animaux (J-7 et J28 après injection, objectif 2) et quatre fois sur chaque individu d’un troisième lot de 11 animaux (J-7, J28, J35 et J42 après injection, objectif 3). L’examen dure 30 minutes par animal. (iii) Angiographie du fond d’œil sous anesthésie générale : Geste réalisé trois fois sur chaque d’individu d’un lot de 5 animaux (J0, J7 et J14 après laser, objectif 1) et quatre fois sur chaque individu d’un troisième lot de 11 animaux (J-7, J28, J35 et J42 après injection, objectif 3). La procédure dure 5 minutes avec l’injection par voie intra veineuse de deux colorants, fluorescéine 2,5mL (100mg/mL) puis vert d’infracyanine 2,5mL (25mg/10mL), suivi par une imagerie de la rétine. L’angiographie sera réalisée à la suite et au cours des imageries rétiniennes. (iv) Injection sous-rétinienne sous anesthésie générale : L’injection sera faite une fois sur les deux yeux de chaque d’individu d’un lot de 9 animaux (objectif 2) et une fois sur les deux yeux de chaque d’individu d’un deuxième lot de 11 animaux (objectif 3). La procédure dure environ 45 minutes. (v) Ponction de chambre antérieur (PCA) sous anesthésie générale : Ce geste sera fait sur un œil trois fois sur chaque individu d’un lot de 5 animaux (J0, J7 et J14 après laser, alternant entre l’œil gauche et l’œil droit), deux fois sur chaque individu d’un lot de 11 animaux (J0 et J28 après injection, alternant entre l’œil gauche et l’œil droit) et quatre fois sur chaque individu d’un troisième lot de 11 animaux (J0, J28, J35 et J42 après injection, alternant entre l’œil gauche et l’œil droit). La durée de la procédure est 5 minutes et sera fait à la suite des imageries rétiniennes de procédure (ii) et les injections (iv). (vi) Prélèvements sanguins : Le prélèvement sera effectué au niveau d’une veine de l’oreille. La durée de la procédure est 5 minutes et sera fait à la suite des PCA (v).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

(i) Brûlure superficielle de la rétine avec un laser : Aucune douleur à la suite de ce traitement n’est attendu (étant donné que cette procédure se fait régulièrement en clinique d’ophtalmologie). Un chirurgien ophtalmologue réalisera cette intervention avec l’assistance des animaliers. (ii) Imagerie rétinienne : Ces examens ne sont pas invasifs et l’acquisition de l’image et scan de la rétine sont réalisés par une orthoptiste avec l’assistance des animaliers. (iii) Angiographie du fond d’œil : Aucun effet secondaire n’est attendu avec ces colorants utiliser systémiquement en clinique. (iv) Injection sous-rétinienne : Une vitrectomie centrale est nécessaire pour faciliter l’accès du produit à l’espace sous-rétinienne. Il y a un risque non-négligeable (5% sur l’œil de macaque) que le décollement de la rétine ne se résolve pas. Cela induirait une légère perte de vision potentiellement stressante pour le porc. Un chirurgien ophtalmologue réalisera toutes les injections avec l’assistance des animaliers. Le bon recollement de la rétine sera suivi en imagerie rétinienne à la suite de l’injection. UneDeux pommades ophtalmiques composées de de Vitamine A et Chloramphénicoldexaméthasone et d’oxytétracycline estsont appliquées à la suite de l’intervention pour minimiser l’irritation de la cornée. (v) PCA : Aucun effet indésirable prévus suite à la PCA. (v)(vi) Prélèvements sanguins : Aucun effet indésirable prévus suite aux prélèvements sanguins. De plus, les anesthésies répétées seront espacées d’au moins une semaine et les animaux seront surveillés au moins une heure après leur réveil par un vétérinaire et un technicien animalier après chaque anesthésie.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’euthanasie de tous les animaux est nécessaire pour obtenir les yeux sur lesquels s’appuieront des analyses post-mortem.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La rétine, structure complexe composée de multiples couches de neurones et cellules nourricières, ne peut être reconstituée parfaitement in vitro. L’utilisation de modèles animaux est donc indispensable pour étudier la pathophysiologie et le transfert de gènes dans la rétine. Cependant, nous avons obtenu un maximum d’informations à partir des cellules immortalisés et primaires in vitro avant de passer in vivo. Le vecteur a été choisi à la suite d’un ciblage sur des cultures de microglies primaires (souris) et immortalisées (humain) avant de les tester chez des souris par injection sous-rétinienne dans un projet précèdent.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

En identifiant en amont le vecteur optimal in vitro avant de passer in vivo, nous avons réduit le nombre d’animaux à utiliser. En travaillant sur les cellules primaires microglies de la souris et du porc nous avons minimiser le nombre d’animaux utilisés sur l’objectif 2, en optimisant l’efficacité d’expression du vecteur choisi. Le nombre d’animaux est choisi en accordance avec la puissance de nos tests statistiques pour chaque analyse. L’équipe d’immunologie de notre unité qui a fait ces analyses a estimé la puissance et a confirmé que n=4 était suffisant pour avoir le seuil de confiance. L’analyse statistique n’est pas envisagée directement pour l’expression du vecteur en EGFP étant donné qu’il s’agit d’une preuve d’activité de notre vecteur. Cependant, pour la fonctionnalité du vecteur, une analyse Students T Test est prévue pour comparer le niveau de suppression de transcrits ccl2 entre les groupes. Pour la puissance de l’analyse RTqPCR un minimum de n=4 est nécessaire. Pour les objectifs 1 et 3, l’analyse par Students T-test sera fait suite à l’évaluation de distribution des données d’analyse cytokinique par test de Kolmogorov-Smirnov. Dans l’éventualité où le profil cytokinique de l’objectif 1 ‘GO/NO-GO’ ne serait pas considéré comme adéquat pour la modélisation de la maladie, nous n’effectuerons pas les objectifs 2 et 3 sur les 22 animaux.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Pour l’induction de cicatrisation par laser le meilleur équipement est mis en place avec une longueur d’onde adaptée (532nm) pour assurer que les lésions soient petites et ne provoquent pas de douleur ni de baisse de vision au réveil de l’animal. Ces lésions faites au laser seront visualisées en temps réel avec un ophtalmoscope indirecte. Les zones traitées au laser éviteront la zone centrale de la macula pour respecter la vision de l’animale. La chirurgie est faite par un chirurgien ophtalmologue et l’anesthésie sera surveillée par un vétérinaire. Toutes les chirurgies sur animaux se feront sous anesthésie générale et locale renforcée si nécessaire par des compléments analgésiques appropriés, pour réduire la contrainte imposée aux animaux. L’état de santé des animaux est surveillé tout au long des expériences afin d’éviter l’apparition éventuelle d’une souffrance et une grille de scoring de la douleur sera mise en place afin de détecter précocement tout point limite et mettre en place les actions adéquates. Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation et les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum. Pour leur bien-être, les animaux sont hébergés à plusieurs par box dans un milieu enrichi comprenant des enrichissements alimentaires, physiques, sonores et visuels variés (box équipés de planche anti-démangeaisons, mise à disposition d’objets d’enrichissement en matériaux flexibles, destructibles et aisément manipulables (e.g. balles à secouer et faire rouler, Kong dental…)) et l’enrichissement sera renforcé si un animal se retrouve en hébergement seul. L’application de critères d’arrêts nous permettra d’intervenir immédiatement dès le moindre signe de souffrance en utilisant des traitements antalgiques appropriés ou de décider d’une euthanasie.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les rongeurs ne possédant pas de macula, il n’existe pas de bon modèle rongeur de DMLA. L’anatomie de l’œil du mini-porc Yucatan (macula, la vascularisation rétinienne et taille de l’œil) est proche de celle de l’homme et en fait un modèle idéal pour la translation des thérapies pour traiter la DMLA. Animaux de 6 mois (20 à 30 kg). La plupart des études sur le modèle porcin de néovaisseaux choroïdiens induits par laser utilisent des porcs de 3 mois (environ 30 kg) car la croissance très rapide du poids de l’animal rend les manipulations difficiles. Néanmoins, il a été prouvé que l’induction de néovaisseaux est plus forte lorsqu’on utilise des animaux plus âgés. Pour cette raison, nous avons décidé d’utiliser des porcs Yucatan après leur maturation sexuelle, à environ 6 mois. L’utilisation d’animaux légèrement plus âgés que d’autres études est permise par la corpulence beaucoup plus faible des miniporcs Yucatan.