
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-01-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-522080)
16 lapines vont être utilisé·es, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent jusqu’à deux anesthésies, la pose d’un cathéter dans la veine de l’oreille et une chirurgie abdominale avec incision de 3 cm, pour mettre au point de nouvelles méthodes de stérilisation par obstruction des trompes utérines. Le porteur indique que la chirurgie peut entraîner « une gêne au niveau de la cicatrice et des douleurs pelviennes ». Les trompes sont prélevées après mise à mort pour analyse, et le porteur revendique un passage « rapide » possible vers un essai clinique.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La stérilisation tubaire est une technique de stérilisation féminine définitive à visée contraceptive. Le but est de créer une barrière physique entre les spermatozoïdes et l’ovocyte au niveau de la trompe et par conséquent, éviter la fécondation ». 11% des femmes à travers le monde souhaitent recourir à une obstruction tubaire en vue d’une contraception permanente. Ces demandent de stérilisation définitive sont encadrées avec la signature d’un consentement par la patiente ainsi qu’un délai de réflexion de 4 mois. Ces techniques ont ensuite été détournées pour une autre utilisation : le traitement des hydrosalpinx. En effet, en assistance médicale à la procréation, « l’hydrosalpinx » empêche l’implantation embryonnaire. Le but de cette recherche est le traitement des hydrosalpinx mais cela passe nécessairement par la stérilisation définitive. Actuellement la méthode de référence est la ligature des trompes ou la pose de clip nécessitant une chirurgie par cœlioscopie. En 2000, une nouvelle technique, la méthode Essure®, émergeait, et permettait une obstruction tubaire par voie naturelle sans incision ni anesthésie, réalisable en hospitalisation de jour. Elle consistait à mettre en place un ressort dans chaque trompe. Ce ressort obstruait les trompes en créant une inflammation locale. Suite à l’observation d’effets secondaires dus, probablement, à la matière de l’implant (nickel et titane), cette méthode n’est plus commercialisée en Europe depuis 2017. La méthode de référence reste donc à ce jour la ligature des trompes ou la pose de clip par chirurgie. En s’inspirant de la méthode Essure®, il est proposé ici de tester un matériau biocompatible naturel connu dans le domaine de l’agroalimentaire et médical. L’hypothèse est qu’un granulome inflammatoire sera formé en 3 mois ce qui obstruera les trompes et empêchera la fécondation. Un précédent projet a déjà été déposé et réalisé mais le granulome inflammatoire n’était pas présent. La formulation du gel a donc été retravaillée. Un traitement pas ultrasons focalisés sera testé également pour créer une légère brulure de la trompe pour causer une inflammation qui bouchera la trompe.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet pourrait découler rapidement sur un essai clinique en cas de résultats positifs car le composé est biocompatible ainsi la phase d’essai de toxicité sera réduite. Les ultrasons focalisés sont déjà largement utilisés pour le cancer de la prostate. Ce procédé pourra également être rapidement proposé en clinique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront au maximum 2 anesthésies par injection intramusculaire, une insertion de cathéter à la veine de l’oreille à chaque anesthésie et une petite chirurgie (incision de 3 cm maximum sur le bas de l’abdomen). Ils seront manipulés une fois par semaine soit 12 fois pour être pesés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La chirurgie pourra entrainer une gêne au niveau de la cicatrice et des douleurs pelviennes. Ils pourront également ressentir su stress lors des contentions pour les pesées, les anesthésies et les suivis échographiques.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort car les trompes doivent être prélevées et analysées anatomopathologiquement.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La réaction inflammatoire attendue va faire intervenir différents types cellulaires et ceci n’est pas faisable in vitro ni modélisable. Toute la mise au point préliminaire a été et sera effectuée sur cadavres d’autres projets. Le fait d’utiliser un produit biocompatible va permettre de s’affranchir des étapes d’étude de toxicité. Les paramètres de traitement par ultrasons seront déterminés par simulation informatique.
2. Réduction
Le projet sera réalisé en séquentiel afin de vérifier de ne pas engager trop d’animaux si jamais, l’hypothèse n’était pas vérifiée. Le groupe contrôle de fécondation dans le projet précédent visant à valider la technique de reproduction ne sera pas refait ici car le taux de fécondation était de 100%. Le groupe contrôle permettant de vérifier si la chirurgie n’influe pas la fécondité ne sera pas refait non plus car le taux de fécondation était aussi de 100%.
3. Raffinement
Dans le cas d’incompatibilité entre individus, les animaux bénéficieront d’un programme de sociabilisation dans un enclos enrichi plus spacieux que leur cage d’hébergement par session de 30 minutes qui leur permet de stimuler leur comportement de curiosité. Lors de la chirurgie, le mélange anesthésique/analgésique sera complété par un anesthésique local qui permet de réduire les douleurs. Des points limites définis permettront de ne pas entrainer les animaux dans des souffrances non prévus et non traitables. Une fiche de score permettra d’évaluer le bien-être des animaux de façon objective.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le lapin est un modèle chirurgical qui permet d’avoir accès à un appareil reproducteur d’une taille suffisamment importante afin de pouvoir exécuter des techniques transposables chez la femme. Afin d’être sûr d’avoir des animaux sans anomalie de l’appareil reproducteur, il sera demandé à l’éleveur des lapines ayant déjà procréé. Les lapines pèseront donc entre 4 et 6 kg.