
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 27/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-662125)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour objectif de répondre à une exigence gouvernementale dans le cadre de la réglementation REACH (règlement européen visant à sécuriser la fabrication et l’utilisation des substances chimiques dans l’industrie européenne). Depuis la mise en place de cette réglementation les industriels sont soumis à l’obligation, pour chaque substance produite ou importée, de faire réaliser des études physico-chimiques, toxicologiques et écotoxicologiques. L’essai de toxicité chronique sur le poisson d’eau douce intervient obligatoirement dans le cas où la substance détenue est fabriquée ou importée en quantité égale ou supérieure à 100 tonnes. Ce projet vise à déterminer les effets toxiques d’un produit chimique à l’essai, sur les stades de développement d’une espèce étudiée, ici le poisson zèbre.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet, vise à fournir des données relatives à l’utilisation de la substance chimique. Les données de toxicité collectées à l’issu des essais réalisés permettront, par exemple, l’enrichissement de la fiche de données de sécurité propre à la substance, en avertissant des risques environnementaux associés à son utilisation.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Au cours du projet de toxicité chronique, les poissons seront en contact constant avec une substance chimique à l’essai associée à leur milieu de vie, de l’œuf après la ponte jusqu’au stade juvénile (J30 post éclosion). Aucune manipulation ni prélèvement ne sera effectuée sur les poissons durant le test.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus sur les poissons sont : – hypo ou hyperactivité, pendant 1 minute d’intensité modérée – nage en tire-bouchon, pendant 1 minute d’intensité modérée – répartition anormale à la surface ou dans le fond de l’aquarium, pendant 1 minute d’intensité modérée – sous ou sur réaction à un stimulus, pendant 15 secondes d’intensité modérée – diminution ou augmentation de la nage en groupe ou en banc, pendant 1 minute d’intensité modérée – agressivité, perte de contrôle de la flottabilité, pendant 1 minute d’intensité modérée – convulsions, pendant 15 secondes d’intensité sévère – tétanie, pendant 15 secondes d’intensité sévère – hypo ou hyperventilation, pendant 15 secondes d’intensité sévère – ventilation irrégulière, pendant 1 minute d’intensité sévère – exophtalmie, pendant 5 secondes d’intensité sévère – œdème, pendant 5 secondes d’intensité sévère – hémorragie, pendant 5 secondes d’intensité sévère.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des poissons en fin d’essai réglementaire seront mis à mort. Des mesures de taille et poids humide de tous les poissons doivent être réalisées en fin d’essai, ces dernières faisant partie intégrante de l’exploitation des résultats ainsi que de la validité de l’essai.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans notre laboratoire nous réalisons des analyses d’écotoxicologie sur des modèles invertébrés (daphnies) ou encore des modèles de plantes aquatiques (algues). Le ratio actuel des organismes utilisés pour les essais d’écotoxicologie est le suivant : 49% sur daphnie, 35% sur algues, 16% sur poissons (dont 5% de tests sur œufs de poissons zèbres). L’essai de toxicité chronique sur poissons zèbre intervient uniquement lorsque les autorités compétentes réglementaires demandent la réalisation d’essais de toxicité chronique sur espèce aquatique.
2. Réduction
Le nombre minimal de poissons-zèbres utilisé pour les essais de toxicité chronique est imposé par un texte règlementaire. Ce nombre d’individus a été calculé afin d’assurer la fiabilité des analyses statistiques réalisées à l’issu de l’essai mais si deux essais chroniques sont lancés en parallèle sur deux substances différentes, les groupes témoins seront mutualisés pour les études afin de réduire le nombre d’individus utilisés.
3. Raffinement
Les conditions environnementales de l’essai chronique sont pensées et appliquées afin de limiter le stress chez les poissons zèbres sollicités pour l’essai. En raison d’interférences possibles avec la substance testée les cuves d’essai ne sont pas enrichies directement ; cependant le bac d’hébergement dans lequel elles reposent est tapissé avec des images apaisantes de fonds marins. À partir de l’étape de répartition des œufs dans les cuves d’essai, et jusqu’à la dernière observation des poissons avant mise à mort, les poissons font l’objet d’une surveillance journalière accrue par les opérateurs. Si un alevin présente des anomalies corporelles avérées telle que des malformations ou encore un état de souffrance, il est retiré de l’essai pour être aussitôt mis à mort. Il sera alors noté pour mort dans le registre de l’essai. Si, au cours d’une des observations quotidiennes, un alevin est noté mort, alors ce dernier est aussitôt retiré de la cuve d’essai. Aucun prélèvements biologiques, analyses ou autres ne sont réalisés sur cet individu.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le poisson zèbre fait partie des poissons d’eau douce recommandé par un texte règlementaire. C’est une espèce très largement documentée : sa facilité de maintien en laboratoire et sa grande sensibilité aux polluants fait de cette espèce modèle un organisme d’intérêt dans le domaine de l’écotoxicologie. A l’issue du processus de ponte, les œufs fraîchement fécondés sont sélectionnés et triés à l’aide d’une loupe binoculaire. Ils sont ensuite répartis aléatoirement dans les cuves d’essais au stade de division 16 – 32 cellules. Les essais sont menés jusqu’à 31 jours post éclosion. L’utilisation de la procédure expérimentale à l’origine de cette demande d’autorisation de projet intervient dans l’unique cas ou la règlementation l’impose. En effet, le laboratoire privilégie autant que possible les essais d’écotoxicologie sur organismes invertébrés et sur algues d’eau douce. A ce jour, la règlementation ne donne pas la possibilité d’alternative au test chronique sur poisson d’eau douce, et cet essai reste, dans certains cas (production/importation supérieure à 1000 tonnes) l’unique procédure expérimentale de référence.