Les questions parlementaires

Bilan du pré-enregistrement REACH

Première phase de mise en oeuvre du règlement REACH

Question écrite E-4473/09, Parlement européen, 10 septembre 2009

Le résumé de l'OXA

Les citations de la réponse sont données dans notre traduction.

La députée demande à la Commission son bilan du préenregistrement REACH, le nombre de substances enregistrées et à venir, les coûts et le nombre d'animaux prévus.

7 demandes : réponse à 6, réponse partielle à 1.

  1. Le bilan que la Commission fait de la période de préenregistrement, et si ce fut une réussite.

    Réponse La Commission y voit une forte sensibilisation de l'industrie et un succès des campagnes d'information.

  2. Le nombre de substances préenregistrées.

    Réponse Environ 143 000 substances, 2,75 millions de préenregistrements par 65 000 entreprises ; 600 dossiers d'enregistrement, dont 120 finalisés.

  3. Si ce nombre a répondu aux attentes de la Commission.

    Réponse Les chiffres ont considérablement dépassé ses estimations initiales.

  4. Le nombre de substances qui doivent encore être enregistrées.

    Réponse partielle L'ECHA prévoit environ 9 000 substances et 25 000 dossiers pour les enregistrements attendus en 2010 ; rien pour les échéances de 2013 et de 2018.

  5. L'état actuel des coûts liés à REACH.

    Réponse Les coûts, estimés à l'origine entre 2,8 et 5,2 milliards d'euros, ne devraient pas varier sensiblement.

  6. Le nombre d'animaux qui seront utilisés au titre de REACH.

    Réponse La réponse reprend l'estimation initiale de 9 millions et dit n'avoir aucune raison de croire qu'elle serait sensiblement dépassée.

  7. Si ces estimations correspondent aux prévisions antérieures de la Commission.

    Réponse Oui selon la réponse, qui s'appuie sur l'ECHA pour écarter les chiffres de T. Hartung et C. Rovida, jugés surestimés d'un facteur six.

La fiche

Thèmes : substances chimiques et toxicologie, statistiques, instances européennes

La question mentionne l'expérimentation animale sans en faire son sujet principal.

Auteur
Frieda Brepoels (Verts/ALE)
Destinataire
Commission européenne
Date de la question
10 septembre 2009
Date de la réponse
5 novembre 2009
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

(Question écrite E-4473/09 de Frieda Brepoels, Parlement européen, 10 septembre 2009)

Le 1er juin 2007, le règlement REACH est entré en vigueur. Celui-ci oblige notamment les entreprises à enregistrer auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (AEPC) les substances chimiques dont elles font usage. Celles-ci avaient la possibilité de préenregistrer ces substances entre le 1er juin et le 1er décembre 2008.

Maintenant que cette première phase est accomplie, la Commission peut-elle répondre aux questions suivantes:

Comment la Commission évalue-t-elle la période de pré-enregistrement? Était-ce une réussite? Précisément, combien de substances chimiques ont-elles été enregistrées? Ce nombre a-t-il satisfait aux attentes de la Commission?

D’après les évaluations de la Commission, combien de substances doivent-elles encore être enregistrées?

La Commission peut-elle faire part de l’état actuel des coûts liés au règlement REACH et déclarer le nombre d’animaux de laboratoire qui seront utilisés? Ces estimations correspondent-elles aux prévisions antérieures de la Commission?

La réponse

(Réponse donnée par M. Dimas, au nom de la Commission, 5 novembre 2009. Traduction de l'OXA, non officielle.)

La Commission tient à informer la parlementaire que le processus d'enregistrement au titre de REACH (règlement (CE) n° 1907/2006[1]) bat son plein. Les enregistrements ont commencé le 1er juin 2008. À ce jour, environ 600 dossiers d'enregistrement ont été soumis, dont 120 finalisés (c'est-à-dire avec un numéro d'enregistrement attribué par l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) et la redevance acquittée). Les substances qui sont sur le marché depuis longtemps seront intégrées au système en trois étapes, respectivement au plus tard le 30 novembre 2010, le 31 mai 2013 et le 31 mai 2018, en fonction de la quantité de la substance chimique fabriquée ou importée et des propriétés des substances. Ces substances, appelées substances bénéficiant d'un régime transitoire, devaient être préenregistrées au plus tard en décembre 2008.

À cette échéance, quelque 2,75 millions de préenregistrements portant sur environ 143 000 substances avaient été soumis par 65 000 entreprises. Ces chiffres témoignent d'une forte sensibilisation de l'industrie, qu'il faut voir comme un succès des campagnes d'information organisées par la Commission, l'ECHA, les autorités des États membres et les associations professionnelles. Dans le même temps, ces chiffres ont considérablement dépassé les estimations initiales de la Commission et ont fait naître des inquiétudes quant au nombre d'enregistrements susceptibles d'être reçus à la première échéance d'enregistrement, le 30 novembre 2010. L'ECHA, directement chargée de la gestion du processus d'enregistrement, a désormais analysé les données de préenregistrement et travaille avec l'industrie à l'élaboration d'estimations améliorées du nombre d'enregistrements attendus en 2010.

Si les incertitudes restent grandes, ces estimations améliorées ne s'écartent pas sensiblement des estimations initiales de la Commission. L'ECHA prévoit que le nombre de substances sera proche de l'estimation initiale de la Commission, soit environ 9 000. À cet égard, les coûts de REACH, estimés à l'origine entre 2,8 et 5,2 milliards d'euros[2], ne devraient pas non plus varier sensiblement. L'ECHA estime également que le chiffre estimé d'environ 25 000 dossiers d'enregistrement reste plausible. Bien que ce chiffre soit plus incertain, l'ECHA estime qu'il ne devrait pas dépasser 75 000 dossiers. Les craintes de voir l'ECHA recevoir 2,75 millions d'enregistrements semblent donc infondées.

En ce qui concerne les animaux de laboratoire, sur la base de ses échanges constants avec l'ECHA et de ses propres échanges avec l'industrie et les autres acteurs concernés par REACH, la Commission n'a aucune raison de croire que le nombre d'animaux à utiliser pour atteindre les objectifs de REACH, estimé à l'origine à 9 millions, serait sensiblement plus élevé. Si la question de la parlementaire porte sur les récentes publications de T. Hartung et C. Rovida[3], qui mettent en cause l'évaluation de la Commission, celle-ci souhaite renvoyer[4] à l'examen attentif de ces publications par l'ECHA, qui a conclu que les chiffres relatifs au nombre d'animaux et aux coûts des essais étaient surestimés d'un facteur six et que l'estimation initiale de la Commission restait valable.

[1] Règlement (CE) n° 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 concernant l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH), instituant une agence européenne des produits chimiques, modifiant la directive 1999/45/CE et abrogeant le règlement (CEE) n° 793/93 du Conseil et le règlement (CE) n° 1488/94 de la Commission ainsi que la directive 76/769/CEE du Conseil et les directives 91/155/CEE, 93/67/CEE, 93/105/CE et 2000/21/CE de la Commission, JO L 396 du 30.12.2006.

[2] Document de travail des services de la Commission "Règlement du Parlement européen et du Conseil concernant l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH), instituant une agence européenne des produits chimiques et modifiant la directive 1999/45/CE et le règlement (CE) {sur les polluants organiques persistants}". Analyse d'impact approfondie.

[3] C. Rovida et T. Hartung : "Réévaluation du nombre d'animaux et des coûts des essais in vivo nécessaires pour satisfaire aux exigences de la législation REACH sur les produits chimiques - un rapport du Transatlantic Think Tank for Toxicology" ("Re-evaluation of animal numbers and costs for in vivo tests to accomplish REACH legislation requirements for chemicals - a report by the Transatlantic Think Tank for Toxicology"). ALTEX 26, 1/09, et T. Hartung et C. Rovida : "Les régulateurs des produits chimiques sont allés trop loin" ("Chemical regulators have overreached"). Tribune dans Nature, vol. 460, 27 août 2009.

[4] http://echa.europa.eu/doc/press/pr_09_11_animal_testing_20090828.pdf.

Texte original (anglais)

(Réponse donnée par M. Dimas, au nom de la Commission, 5 novembre 2009)

The Commission would like to inform the Honourable Member that the registration process under REACH (Regulation (EC) No 1907/2006[1]) is in full swing. Registrations started on 1 June 2008. Until now, about 600 registration dossiers have been submitted, with 120 completed (i.e. registration number attributed by the European Chemicals Agency (ECHA) and fee paid). Substances that have already been on the market for a long time will be phased into the system in three steps – by 30 November 2010, 31 May 2013 and 31 May 2018 respectively – depending on the amount of the chemical manufactured or imported and on the properties of the substances. These so-called phase-in substances had to be pre-registered by December 2008.

By that deadline, some 2.75 million pre-registrations for around 143,000 substances had been submitted by 65,000 companies. These numbers indicate a high degree of awareness in the industry which should be seen as a success of information campaigns organised by the Commission, ECHA, Member States' authorities and industry associations. At the same time, these numbers considerably exceeded the Commission’s initial estimates and raised concerns about the number of registrations that might be expected by the first registration deadline of 30 November 2010. ECHA – which is is directly responsible for the handling of the registration process – has now analysed the pre-registrations data and has been working with industry to develop improved estimates of the number of registrations to be expected in 2010.

While the uncertainties remain high, these improved estimates do not divert considerably from the original estimates of the Commission. ECHA expects that the number of substances will be close to the initial Commission estimate, i.e. around 9,000. In this regard, the costs of REACH, originally estimated at between €2.8 and €5.2 billion[2], are not expected to vary significantly either. ECHA also considers that the estimated number of around 25,000 registration dossiers remains plausible. Although this figure is more uncertain, ECHA estimates that it should not exceed 75,000 dossiers. Fears that ECHA might receive 2.75 million registrations appear, therefore, unfounded.

Concerning laboratory animals, based on the Commission's continuous discussions with ECHA and its own discussions with industry and other players concerned with REACH, the Commission has no reason to believe that the number of animals to be used to achieve the goals of REACH, originally estimated as 9 million, would be significantly higher. If the Honourable Member's question relates to the recent publications by T. Hartung and C. Rovida[3], questioning the Commission's assessment, it would like to make a reference[4] to ECHA's careful review of these publications which concluded that the figures concerning the number of animals and the testing costs are overestimated by six times and the original Commission's estimation still holds.

[1] Regulation (EC) No 1907/2006 of Parliament and of the Council of 18 December 2006 concerning the Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals (REACH), establishing a European Chemicals Agency, amending Directive 1999/45/EC and repealing Council Regulation (EEC) No 793/93 and Commission Regulation (EC) No 1488/94 as well as Council Directive 76/769/EEC and Commission Directives 91/155/EEC, 93/67/EEC, 93/105/EC and 2000/21/EC, OJ L 396, 30.12.2006.

[2] Commission Staff Working Paper "Regulation of the European Parliament And of the Council concerning the Registration, Evaluation, Authorisation and Restrictions of Chemicals (REACH), establishing a European Chemicals Agency and amending Directive 1999/45/EC and Regulation (EC) {on Persistent Organic Pollutants}". Extended Impact Assessment.

[3] C. Rovida & T. Hartung: Re-evaluation of animal numbers and costs for in vivo tests to accomplish REACH legislation requirements for chemicals – a report by the Transatlantic Think Tank for Toxicology. ALTEX 26, 1/09 and T. Hartung & C. Rovida: Chemical regulators have overreached. Opinion in Nature, vol. 460, 27 August 2009.

[4] http://echa.europa.eu/doc/press/pr_09_11_animal_testing_20090828.pdf.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • Depuis le début des enregistrements REACH le 1er juin 2008, environ 600 dossiers ont été soumis, dont 120 finalisés.
  • L'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) est directement chargée de la gestion du processus d'enregistrement REACH.
  • Échéances REACH d'enregistrement des substances bénéficiant d'un régime transitoire : au plus tard le 30 novembre 2010, le 31 mai 2013 et le 31 mai 2018.
  • À l'échéance REACH de décembre 2008, quelque 2,75 millions de préenregistrements portant sur environ 143 000 substances avaient été soumis par 65 000 entreprises.
  • Pour les enregistrements REACH attendus en 2010, l'ECHA prévoit environ 9 000 substances et environ 25 000 dossiers, chiffre plus incertain qui ne devrait pas dépasser 75 000.
  • Coûts de REACH estimés à l'origine entre 2,8 et 5,2 milliards d'euros.
  • Le nombre d'animaux à utiliser pour REACH était estimé à l'origine à 9 millions ; l'ECHA juge surestimés d'un facteur six les chiffres de T. Hartung et C. Rovida sur les animaux et les coûts.
  • C. Rovida et T. Hartung ont publié une réévaluation du nombre d'animaux et des coûts des essais in vivo pour REACH (ALTEX 26, 1/09) et une tribune dans Nature (vol. 460, 27 août 2009).

Le détail de l'analyse

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Les sources ouvertes ne donnent la réponse qu'en anglais. La traduction est de l'OXA et n'a rien d'officiel. L'original se déplie sous la traduction.

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.