
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-04-23 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-150322)
Jusqu’à treize anesthésies en dix jours pour une même souris : 260 souris vont être utilisées, 160 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger et 100 un niveau modéré. Elles sont épilées, reçoivent des bactéries en injection dans la mamelle, parfois une sonde fluorescente dans la veine de la queue, et certaines sont gavées tous les jours pendant deux semaines. Le modèle sert à étudier l’immunité mammaire des ruminants, le porteur indiquant que le passer chez la souris évite « des protocoles plus dommageables sur des espèces telles que la brebis ». Les mères infectées sont tuées pour mesurer la charge bactérienne dans leur glande mammaire, et leurs souriceaux le sont aussi, l’allaitement s’interrompant avant le sevrage sans possibilité d’adoption dans la zone d’expérimentation.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’occurence des mammites dans les élevages représente un problème majeur en santé animale. Une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans l’immunité mammaire est nécessaire pour améliorer la santé et le bien-être des animaux d’élevage, ainsi que la qualité (nutrionnelle, microbiologique…) des produits d’origine animale tout en réduisant le recours aux intrants chimiques dont les antibiotiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le caractère inédit du protocole mis en place, ainsi que l’utilisation d’une technique d’imagerie innovante permettront d’apporter des informations de grande importance dans le domaine de l’immunité mammaire. De plus, la mise en place de ce modèle chez la souris évite l’application de protocoles plus dommageables sur des espèces telles que la brebis.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris sont anesthésiées par inhalation d’un anesthésiant à plusieurs reprises : – une fois pour leur épilation, pour une durée maximale de 20 minutes – une fois pour les injections intra-mammaires pour une durée maximale de 30 minutes – potentiellement une fois pour une injection de sonde fluorescente pour une durée maximale de 15 minutes – une fois par jour pour les analyses pour une durée maximale de 15 minutes, durant la durée du protocole (durée maximale de 10 jours), soit un nombre maximal de 13 anesthésies. Les souris sont également soumises à des injections de bactéries intra-mammaires (sous anesthésie gazeuse comme indiqué ci-dessus) qui durent environ 5 à 10 sec. Elles seront aussi potentiellement soumises à une injection de sonde fluorescente (sous anesthésie gazeuse comme indiqué ci-dessus) dans la veine caudale des souris qui doivent durer environ 5 à 10 sec. Enfin, elle subissent une euthanasie à la fin du protocole. Pour le deuxième projet, les souris sont prélablement gavées quotidiennement pendant 2 semaines, la durée de l’intervention est d’environ 5 à 10 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux utilisés lors des expériences d’infections réalisées à ce jour dans le cadre de ce projet ont montré une légère perte de poids mais cette perte s’est rapidement résorbée au cours de l’expérimentation. Des signes de prostration ont pu être observés sur certaines souris après réveil suite aux injections mais n’étaient plus visibles dès le 1er jour post-infection. Aucun autre signe de souffrance ou d’altération du bien-être des animaux n’a pu être observé au cours de ces expériences.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris adultes sont euthanasiées à la fin des expériences afin de pouvoir faire des prélèvements de glande mammaire dans le but de faire des mesures de charge bactérienne. De plus, l’infection subie par les animaux induit une modification de leur statut immunitaire ce qui empêche leur utilisation dans de nouvelles expériences d’infection qui nécessitent l’utilisation d’animaux n’ayant jamais été infectés. Les souriceaux sont également euthanasiés car l’interruption de la lactation survient avant le sevrage (du fait de l’euthanasie des mères) et il n’est donc plus possible de les maintenir en vie du fait de l’impossibilité de réaliser des adoptions et des déplacements d’animaux dans une nouvelle zone à cause des spécificités de la zone d’expérimentation.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les infections expérimentales réalisées chez la souris ont pour but la compréhension du rôle d’une protéine et de l’administration d’alicaments sur la sévérité et l’issue de l’infection, ainsi que le recrutement des cellules immunitaires. Ces expériences ne peuvent être réalisées qu’à l’échelle de l’organisme d’animaux vivants et ne peuvent être reproduites in vitro puisqu’elles impliquent des interactions entre les différents acteurs du système immunitaire de l’organisme, après contact avec les bactéries en multiplication. Elles permettront ainsi une analyse pertinente et complète du point de vue physiopathologique, dont les résultats seront à priori plus fiables et auront une plus grande probabilité d’être transférables aux espèces de ruminants.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Cette technique d’imagerie a été choisie car elle est non invasive et qu’elle permet d’analyser plusieurs paramètres simultanément sur les mêmes souris tout en réalisant une cinétique de suivi de l’infection. Cette méthode permet donc de limiter grandement le nombre d’animaux utilisés pour obtenir un grand nombre d’informations sur les mêmes souris : intensité de l’infection et du recrutement des cellules immunitaires à différents temps post-infection. Des premiers essais tests seront réalisé sur des lots successifs de nombres réduits d’animaux pour optimiser les conditions expérimentales au fur et à mesure et ajuster la cinétique pour avoir le maximum d’information et de fiabilité des résultats tout en limitant au mieux la durée du protocole et la souffrance des animaux. Les expériences seront ensuite réalisées sur des lots successifs de souris et les résultats obtenus analysés à l’aide de tests statistiques pour évaluer leur fiabilité, et ainsi déterminer la nécessité ou non d’augmenter les effectifs examinés pour l’obtention de résultats statistiquement fiables.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les anesthésiques choisis sont peu toxiques et permettent ainsi une anesthésie de courte durée pour les analyses (15min maximum) et le réveil rapide avec une reprise immédiate de l’activité. L’infection des souris se fera par injection intra-mammaire, geste non traumatisant pour la glande mammaire. Le nombre d’analyse sera limité à un ou deux par jour et un suivi régulier des animaux sera effectué pendant toute la durée du protocole. Tout animal présentant des signes de souffrance ou de léthargie, dont la gravité sera évaluée en fonction des points limites pré-établis, sera exclu de l’étude puis euthanasié.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les protocoles de modifications génétiques sont beaucoup plus faciles à mettre en place chez la souris que dans les autres espèces. La souris a donc été choisie pour créer un modèle d’intérêt de souris génétiquement modifiées. De plus, la grande majorité des données publiées sur l’immunité et les thématiques d’intérêt des projets d’intérêt ont été acquises chez la souris. Il est donc nécessaire de prolonger les analyses dans la même espèce afin de pouvoir s’appuyer sur les résultats déjà obtenus pour la réalisation des protocoles et pour compléter les données pré-existentes tout en ayant des points de référence. Enfin, l’utilisation de la souris permet d’éviter la mise en oeuvre de protocoles beaucoup plus dommageables sur des espèces telles que la brebis. Les souris seront utilisées à l’âge adulte, entre 14 et 16 semaines, puisqu’elles doivent être en lactation.