Éthologie / comportement / biologie animale
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Etude de molécules favorisant la remyélinisation dans la Sclérose en plaques, grâce au modèle de Xénope (Xenopus laevis) transgénique
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12 000 têtards de xénope vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils sont exposés au métronidazole pendant dix jours puis à des molécules à tester, avec quatre anesthésies et quatre tests comportementaux, pour cribler cinquante molécules candidates contre la sclérose en plaques. Le porteur estime la mortalité prématurée à environ 10 % pour le développement et 10 % pour l'exposition au métronidazole, et certaines doses peuvent être toxiques. Il justifie le recours au têtard par sa transparence et par le grand nombre d'individus que produit l'espèce.
Objectifs
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neurologique et inflammatoire, c’est la première cause d’handicap chez le jeune adulte, et touche environ 110 000 personnes en France, avec 4 000 à 6 000 nouveaux cas par an. Dans cette maladie, la perte de la gaine de myéline (structure graisseuse qui entoure et protège une partie du neurone, permettant la conduction de l’information nerveuse) peut se traduire par un ralentissement voire une interruption de la conduction du message nerveux. Les personnes atteintes de ce type de désordres sont progressivement ou d’amblée handicapées, sur le plan physique et cognitif. Au cours des 20-25 dernières années, des progrès remarquables ont été réalisés dans la prise en charge des patients par l’introduction de traitements visant la composante inflammatoire de la maladie. Cependant bien que ces traitements diminuent notoirement les symptômes, ils ne semblent pas avoir une forte influence sur l’amélioration du statut clinique ou pour prévenir la progression du handicap, comme évalués par les scores cliniques classiques. Des faisceaux d’arguments (modèles expérimentaux, examens neuropathologiques de cerveaux de SEP, nouvelles méthodes d’imagerie chez les patients SEP) suggèrent que la remyélinisation (régénération de la myéline) est un élément clé dans la restauration des capacités motrices et cognitives. L’effort international actuel est donc d’essayer de développer des molécules favorisant la remyélinisation, pour améliorer la prise en charge de la maladie et donc la qualité de vie des patients. Le but de notre projet est d’étudier des molécules améliorant la remyélinisation dans un modèle animal de sclérose en plaques (Xenopus laevis), en couplant des analyses histologiques et comportementales adaptées aux têtards. A plus grande échelle, si ces molécules présentent un effet bénéfique sur la remyélinisation, elles pourront présenter un espoir thérapeutique pour les maladies démyélinisantes telles que la sclérose en plaques, ou plus largement les maladies affectant la myéline.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d’identifier des molécules pouvant favoriser la remyélinisation. Identifier des molécules remyélinisantes permettrait dans le cas de maladies démyélinisantes comme la sclérose en plaques, d’éviter la neurodégénérescence et à terme la dégradation des capacités fonctionnelles. Les molécules pro-remyélinisantes identifiées pourraient ensuite être utilisées comme piste thérapeutiques.
Procédures
Les têtards sont mis en contact avec du métronidazole (molécule permettant de mettre en place le modèle) durant 10 jours, puis avec des molécules à tester pro-myélinisantes pour une durée de 3 jours maximum. Les têtards sont mis en contact avec les molécules dans leur eau de balnéation. Les têtards vont être anesthésiés 4 fois 5 minutes (3 jours minimum entre chaque anesthésie) pendant toute la durée de la procédure. Ils effectueront 4 tests comportementaux de moins de 5 minutes avec un temps de 3 jours minimum entre chaque test.
Impact sur les animaux
L’anesthésie est maintenue durant toute la procédure pour ne pas engendrer de stress chez l’animal, mais peut entrainer des risques cardio-respiratoires, les battements du cœur sont donc fréquemment contrôlés durant l’anesthésie (facilement visible chez les têtards). La capture à l’épuisette, pour les tests comportementaux, peuvent aussi induire un léger stress chez le têtard, sans entrainer de blessures ou de comportements anormaux. Malgré le soin que nous portons au choix de la dose des molécules, d’après la littérature et les tests in vitro, il arrive que certaines de ces concentrations soient toxiques et peuvent entrainer la mort des têtards. Une mort prématurée des têtards est possible pendant le développement, nous estimons cette perte à 10 pour cent, ainsi que suite à l’exposition au métronidazole, que nous estimons à 10 pour cent également.
Devenir
Afin d’étudier les différents mécanismes impliqués suite à l’exposition aux molécules à tester, il est ensuite nécessaire d’euthanasier les têtards pour faire des études immunologiques plus poussées sur leurs tissus.
Remplacement
Le développement de stratégies thérapeutiques visant les maladies démyélinisantes est confronté à la difficulté de suivre les mécanismes pathologiques au sein de la complexité du système nerveux. C’est la raison pour laquelle les modèles de culture cellulaire ne suffisent pas. A l’opposé, le recours à des animaux vertébrés, qui ont un système nerveux organisé avec des couches de myéline, comparable à ce qui est retrouvé chez l’Homme (et donc intéressant pour étudier les maladies qui atteignent cette structure) peut permettre une première démonstration de l’action d’une molécule in vivo. Cette étape permet de choisir plus objectivement les molécules efficaces et de les tester ensuite chez l’homme. Le choix de l’utilisation du modèle Xenopus laevis repose sur les arguments suivants : - Il s’agit d’un modèle animal, donc un modèle intégré contrairement à des modèles ex vivo et in vitro - La transparence du têtard permet de visualiser tout le système nerveux central sans euthanasie, ce qui permet un suivi in vivo et longitudinal - Le Xénope est une espèce qui génère beaucoup de têtards, facilitant les études toxicologiques et pharmacologiques qui nécessitent un grand nombre d’animaux - Le Xenopus laevis est un animal robuste et facile d’élevage en comparaison à d’autres modèles animaux - Enfin, il existe une grande conservation des protéines de la myéline inter-espèces (amphibiens versus mammifères)
Réduction
Dans le souci de respecter la règle des 3R, ce sont les mêmes têtards qui sont utilisés pour compter le nombre de cellules oligodendrocytaires dans le nerf optique qui seront soumis au test visuel. La transparence des têtards de Xénope permet de suivre in vivo la progression des expériences grâce à l’observation des têtards au macroscope, et ainsi d’éviter des suivis histologiques tout au long du protocole nécessitant l’euthanasie des têtards expérimentaux. Nous souhaitons utiliser environ 240 têtards par molécule, en sachant qu’une molécule est testée en triplicat à 7 concentrations différentes, en comparaison avec un groupe contrôle (8 groupes au total), avec 10 têtards par condition (soit 80 têtards en triplicat donc 240 têtards au total). Ces calculs ont été réalisés à la suite de calculs de puissance pour les expériences proposées. Le nombre de 10 têtards par groupe prend en compte la mortalité spontanée au cours du développement pour certains têtards. Chaque molécule nécessitera 240 (80x3) têtards, et nous avons 50 molécules à tester, soit au total environ 12 000 têtards.
Raffinement
Les têtards sont placés dans un bain de 4L d’eau (moitié eau dure, moitié eau osmosée) à une température de 23 degrés avec une pompe pour oxygéner l’eau. L’eau est renouvelée au minimum une fois par semaine avant le commencement du protocole pour maintenir un volume suffisant et réduire l’accumulation des déchets urémiques, et tous les 3 jours suite à l’exposition au métronidazole. Les têtards sont observés quotidiennement, et ceux qui présentent des anomalies (déformations, retard de développement, troubles de la nage…) sont euthanasiés, les cadavres liés aux problèmes de développement et les surplus de nourriture sont aussi retirés de l’eau quotidiennement. De plus, des souches d’arbres flottants en composite plastique sont placées dans les bacs des têtards, qui leurs permettent de se cacher dessous. Des points limites sont définis et respectés pour éviter toute souffrance animale. Si les doses n’ont pas précédemment été déterminées dans d’autres modèles animaux, elles sont adaptées à partir de l’efficacité des molécules in vitro. Par notre expérience, ces doses sont peu ou pas toxiques chez le têtard de Xénope. Suite à l’anesthésie, les animaux sont placés dans un bac avec une oxygénation de l’eau plus importante et avec leurs congénères, et surveillés dans les minutes suivantes jusqu’au réveil, qui a lieu généralement 5 minutes après la fin de l’anesthésie, avec une reprise de la nage normale. Durant l’exposition au métronidazole, les têtards sont placés dans un incubateur opaque. Cette absence de cycle jour et nuit n’impacte pas les têtards car nous n’avons pas observé de stress ou d’augmentation de la mortalité durant les 10 jours d’exposition.
Choix des espèces
La transparence des têtards facilite le suivi in vivo de l’expérimentation (respect du critère réduction car étude longitudinale), de plus la grande homologie des protéines de la myéline des Xénopes avec celle des mammifères justifie l’utilisation de ce modèle. Les têtards sont utilisés entre stade 50 et 55. A cette période de développement, on peut facilement observer la dynamique de la mort et de la réapparition des oligodendrocytes in vivo et sans recours à l’euthanasie des animaux. De plus, le stade 48 correspond au début de la myélinisation dans le système nerveux central, au stade 50-55 la myélinisation est beaucoup plus avancée, donc plus facile à étudier.
Régulation de l’évitement comportemental par la dopamine
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710 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles reçoivent des chocs électriques d'intensité modérée dans un test d'évitement de place, subissent une à deux chirurgies stéréotaxiques du cerveau et un isolement de deux semaines, pour étudier les circuits neuronaux de l'évitement. Le porteur rattache ce travail au syndrome de stress post-traumatique et situe les retombées thérapeutiques pour les patients au conditionnel. Il affirme qu'il est impossible de remplacer l'animal vivant pour l'étude du comportement d'évitement.
Objectifs
Ce projet a pour objectif général d’identifier les circuits neuronaux impliqués dans l’évitement de place chez la souris. Ce projet se focalisera sur les neurones de l’aire tegmentale ventrale qui jouent un rôle clef dans le comportement de défense. Or, aucune étude à ce jour n’a cherché à comprendre comment l’aire tegmentale ventrale contrôle l’évitement de place chez la souris. Ce projet nécessitera ainsi l'utilisation de différentes lignées de souris transgéniques permettant la manipulation et enregistrement de l’activité au sein de ce circuit.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à identifier comment les souris apprennent à éviter un lieu dangereux et à cesser d’éviter un lieu qui ne l’est plus. Ce phénomène, autrement appelé persistance d’évitement est couramment observé dans le syndrôme de stress post traumatique. Cet évitement comportemental et cognitif excessif limite l’efficacité de la thérapie comportementale. Comprendre son corrélat neuronal pourrait donc permettre d’identifier des cibles thérapeutiques pour le traitement de l’évitement persistant chez les patients atteints de stress post-traumatique.
Procédures
Ce projet implique une série d’expériences de validation comportementale durant 1 semaine. Des expériences complementaires impliquent une a deux chirurgies stéréotaxiques d'une heure (espacées de 3 semaines) pour étudier des circuits neuronaux impliqués dans le comportement d’évitement de place durant 1 semaine.
Impact sur les animaux
Le comportement d’évitement de place engendre de l’inconfort pour l’animal puisque des chocs électriques d’intensité modérée sont administrés à l’animal. Les approches de chirurgie stéréotaxique sont des procédures douloureuses. L’isolement des souris pendant 2 semaines engendre de l’inconfort pour l’animal.
Devenir
A l’issue de chaque procédure, les souris seront euthanasiées et ne seront donc pas impliquées dans une autre procédure.
Remplacement
Il est impossible de remplacer l’animal vivant pour l’étude du comportement d’évitement. La souris représente un modèle de choix pour notre projet par la possibilité d’étudier des individus génétiquement modifiés et dont la physiologie générale est suffisamment proche de celle de l’être humain pour que les informations obtenues soient pertinentes sur un plan médical.
Réduction
Nous prévoyons d’utiliser un maximum de 646 souris adultes (mâles et femelles) sur un période de 5 ans. Nous avons optimisé les protocoles afin de réduire au maximum le nombre de souris utilisées en respectant les règles de bonnes pratiques de laboratoire pour le respect des animaux. De plus, ce chiffre comprend le nombre d’animaux utilisés pour des études préliminaires (pilotes), afin de 1) déterminer les conditions optimales lors des tâches comportementales de conditionnement et 2) mettre en place de nouvelles techniques, ce qui permettra de diminuer la quantité d’animaux utilisés à long terme. Les animaux mâles et femelles seront utilisés pour toutes les expériences. L'analyse des données se fera en tenant compte du sexe car dans de nombreux cas le niveau basal dans les tâches comportementales est différent. Ceci nous permettra d'utiliser toutes les souris générées.
Raffinement
Enfin, en vue du raffinement des procédures, un soin particulier est apporté aux questions relatives au bien-être animal. Le manque d’interactions sociales pour les expériences ou les souris sont stabulées individuellement est compensé par un enrichissement des cages avec des cylindres de coton permettant de stimuler l’activité naturelle, diminuer le stress et faciliter la thermorégulation. En outre, les cages, transparentes, sont proches les unes des autres afin que chaque animal puisse avoir un contact visuel avec ses congénères. Avant chaque procédure expérimentale, les animaux sont manipulés fréquemment afin de les habituer aux expérimentateurs et réduire ainsi leur stress. Enfin, pour les procédures impliquant une neurochirurgie, un protocole d’anesthésie et d’analgésie péri- opératoire est en place afin de garantir la bonne prise en charge de nos animaux. La santé des animaux sera surveillée tout au long de l'expérience et évaluée grâce à une grille codifiant le niveau de bien être. Cela nous permettra d'intervenir immédiatement et de manière appropriée si un premier signe de souffrance est détecté.
Choix des espèces
L’évitement est un comportement extrêmement important pour la survie et est donc conservé chez les mammifères. Par ailleurs, ce projet requiert l’étude fine de populations de neurones accessibles uniquement via des modèles murins transgéniques. Les souris se reproduisent rapidement (une portée par mois) et leur système nerveux atteint son développement adulte en 12 semaines. Ainsi, la souris adulte représente un modèle de choix pour étudier les mécanismes neuronaux qui contrôlent le comportement d’évitement.
Modulation des déficits cognitifs et phénotypes moteurs par blocage de l’inhibition dendritique dans un modèle murin du Syndrome de Down
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160 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles suivent huit semaines de tests comportementaux (discrimination visuelle, mémoire spatiale, coordination motrice, mémoire de travail) et reçoivent une injection bihebdomadaire d'un traitement, avant d'être tuées pour prélever cerveau, foie et muscles. Le porteur indique n'attendre aucun phénotype dommageable de la lignée trisomique et recourir à une eau de boisson légèrement acide pour renforcer l'apprentissage sans priver les animaux. Il affirme que l'étude de fonctions cognitives impose de travailler sur un "organisme vivant dans son intégrité".
Objectifs
Le projet consiste à comprendre les mécanismes des déficiences intellectuelles associées à des trisomies. Nous nous intéressons plus spécifiquement dans cette étude à la restauration de déficits cognitifs (apprentissage, mémoire) et de coordination motrice dans un modèle de trisomie. Un traitement potentiel, déjà évalué sur un autre modèle de trisomie, a montré son effet positif sur des fonctions simples. Le présent projet souhaite étendre la caractérisation du traitement sur d’autres fonctions d’apprentissage et de mémoire. Il permettra de qualifier plus précisément les effets de l’administration du traitement.
Bénéfices attendus
Cette étude vise à étudier les effets thérapeutiques visant à réduire des défauts de coordination motrice et d’apprentissage et de mémoire. Cette étude constitue donc la base pour la recherche de voie d’amélioration pour les patients.
Procédures
Les animaux seront évalués lors d’un ensemble de tests comportementaux visant à observer leurs performances cognitives. Ces tests seront réalisés pendant une durée totale de 8 semaines. 4 semaines d’apprentissage de discrimination de motif visuelle, 2 semaines de tests évaluant la mémoire spatiale, 2 ou 3 (suivant le test choisi) jours de mesure de coordination d’activité motrice et 1 jour d’évaluation de la mémoire de travail + jours de repos entre les tests. Les animaux subissent une injection (30 s) bi-hebdomadaire (sur les 8 semaines de tests) d’un traitement visant à améliorer leurs fonctions cognitives sans effet négatif décrit.
Impact sur les animaux
Aucun phénotype dommagable n’a été rapporté lors d’études précédentes de la lignée de souris étudiée. L’injection du traitement par voir intra-péritonéale entraînera une légère douleur. Les souris seront soumises à un stress léger ou modéré lors des tests comportementaux (stimuli lumineux et changement ponctuel du pH de l’eau (acidification de l’eau de boisson en cage d’hébergement, qui rend plus appétente l’eau lors des tests d’apprentissage réalisés en dehors de la cage d’hébergement)) afin de favoriser l’apprentissage et ainsi réduire la durée des tests. Cela permet d’optimiser la durée de la procédure globale. L’apparence des animaux (état du pelage qui doit rester brillant et propre, perte de poids visible par saillie des hanches) sera surveillée au cours des manipulations quotidiennes des animaux pendant les tests comportementaux.
Devenir
Tous les animaux de la lignée transgénique étudiée seront mis à mort car nous allons faire des prélévements (cerveau, foie, muscles …) pour faire des études approfondies des tissus et des processus moléculaires
Remplacement
La compréhension des mécanismes de maladies génétiques associées à des retards mentaux requiert l’étude d’un organisme vivant dans son intégrité. L’utilisation d’animaux est donc nécessaire notamment pour évaluer l’effet d’un traitement sur les processus cognitifs et moteurs. La souris est une espèce suffisamment proche de l’Homme, physiologiquement et génétiquement, chez laquelle nous pouvons modéliser des pathologies humaines.
Réduction
Les effectifs nécessaires ont été calculés par rapport aux études précédentes afin d’obtenir des résultats robustes. Nous analyserons les résultats de chaque test avec des tests statistiques adaptés. Nous prélèverons un maximum d’échantillons (organes, tissus…) sur chaque animal afin de pouvoir créer une banque pouvant être utilisée dans d’autres études.
Raffinement
Les animaux seront maintenus en groupes sociaux stables. Les animaux auront une eau de boisson quotidienne légèrement aversive afin de faciliter l’apprentissage du test par renforcement positif (la récompense dans le test d’apprentissage est constituée par du lait mélangé à du sirop de fraise) sans à avoir subir de privation ou de renforcement négatif. La boisson sucrée présentée dans le test devient d’autant plus appétente que l’eau de boisson quotidienne est acide ; cela renforce donc l’apprentissage des animaux, sans les priver. Des études précédentes ont montré que les souris ne perdent pas de poids malgré l’acidité de l’eau quotidienne.
Choix des espèces
La souris est l'espèce de choix pour générer des modèles de maladies humaines. Son anatomie, sa physiologie et sa génétique sont bien connues. De plus, les méthodes pour la manipulation génétique de ces animaux sont les plus développées. La nécessité d'utiliser des transgéniques est liée à l'absence de tout mutant spontané dans une espèce de mammifères qui correspond à la pathologie humaine étudiée (trisomie). Les souris seront testées une fois adultes (8 semaines). Nous avons choisi cet âge car il correspond à une période hors développement. Les patients porteurs de trisomie montrent des défauts cognitifs à l’âge adulte.
Utilisation de pigeons bisets domestiques pour la capture d’Aigles de Bonelli à des fins de conservation
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
65 pigeons bisets domestiques vont être utilisés comme appâts vivants, dont une quarantaine tués par l'aigle qu'ils servent à capturer et vingt-cinq ensuite adoptés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Chaque pigeon est attaché, exposé à la vue du prédateur jusqu'à trente-six heures et isolé, puis, pour la majorité, subit l'approche et l'attaque de l'aigle avant la mort, d'une durée de trois à dix minutes. Le porteur décrit ces contraintes sans détour et prévoit d'euthanasier les rares individus seulement blessés. Il affirme que la capture de proies mortes ne fonctionne pas pour cette espèce et que seuls des appâts vivants permettent d'attirer l'aigle de Bonelli, au nom de la conservation de l'espèce.
Objectifs
Dans le cadre de la conservation de l’Aigle de Bonelli, espèce classée en danger critique d’extinction dans les régions qu’elle habite en France en raison de son petit effectif, une des actions prioritaires est la définition des domaines vitaux de chacun des couples d’Aigle de Bonelli nicheurs en France (actuellement 47 couples) par le suivi par GPS, ceci dans l’objectif de mieux préserver chacun des territoires de chaque couple connu de l'espèce. La récente colonisation de nouveaux sites de reproduction non connus pour avoir été historiquement occupés par l’espèce nécessite d’améliorer notre compréhension des déterminants des domaines vitaux (sélection de l’habitat, proximité avec des couples nicheurs voisins, taille des domaines vitaux…) afin d’anticiper au mieux la colonisation de nouveaux sites favorables non encore connus, et donc non encore protégés. L'Aigle de Bonelli est un grand rapace prédateur, se nourrissant uniquement de proies vivantes (lapins, perdrix, pigeons). La seule manière de capturer les aigles adultes établis sur un territoire de reproduction est de les attirer à proximité d'un piège à l'aide d'une proie vivante qu'ils ont l'habitude de chasser. Nous utilisons donc des pigeons bisets domestiques d'élevage, vivants, attachés par un harnais au milieu du piège pour attirer les aigles.
Bénéfices attendus
Les bénéfices du projet portent intégralement sur l'amélioration de la compréhension de l’utilisation des habitats par l'Aigle de Bonelli, espèce classée en danger d'extinction en France par l’Union Internationale de Conservation de la Nature section France (2016). Le but est d’améliorer notre capacité à conserver l’espèce à l’échelle de chacun des sites qu’elle occupe. Pour ce, il faut capturer les aigles pour les marquer et les suivre à l’aide de balises GPS. Les données GPS permettent de déterminer les domaines vitaux et les habitats fréquentés. Nous devons obtenir une connaissance quasi-exhaustive des domaines vitaux de la population française d’Aigle de Bonelli et son utilisation des habitats, afin de protéger au mieux chaque couple de l’espèce nichant en France. Pour connaitre leurs besoins en termes de domaines vitaux (lieux de chasse, de reproduction), la seule méthode possible est la capture d’au moins un adulte par territoire, et l’équipement à l’aide d’un équipement télémétrique (GPS avec transmission des données en GSM). Le but est de maintenir, voire améliorer, la productivité des couples nicheurs, et leur survie; et à terme l'installation de nouveaux couples. Pour ce, nous devons consolider les connaissances scientifiques sur la taille et le fonctionnement démographique et spatiale de la population nationale. Cela nous permettra d'anticiper de potentielles colonisations de nouveaux sites par des mesures de protection préventives, favorisant l'établissement de nouveaux couples.
Procédures
Les nuisances sont les contraintes imposées aux pigeons domestiques (élevés en captivité) utilisés comme appâts vivants pour la capture des aigles. Ces contraintes sont: 1) le transport de l’élevage à l’hébergement, et de l’hébergement au lieu de capture d’aigle (15min à 1h par trajet ; notons que ce sont des oiseaux d’origine domestique, habitués à la présence humaine, et qui ne présentent pas de symptôme de stress pendant ce transport); 2) la contention par attache, dans une place exposée à la vue des prédateurs (max. 36h, avec alimentation et boisson à volonté) ; pendant cette contention, il s'ajoute une contrainte d’isolement: les pigeons sont des espèces grégaires, mais ils seront isolés pendant toute la procédure (transport, habituation par 'appâtage', et capture d'un aigle). Nous n'envisageons pas d'accroître le nombre de pigeons utilisés dans le seul but de réduire cette contrainte d'isolement ; 3) souffrance pendant l’approche puis l'attaque par leur prédateur avant la mort (durée de 3 à 10 min).
Impact sur les animaux
Les aigles n’attaquent pas systématiquement le pigeon dès sa première mise à disposition sur un site de capture. Il faut donc habituer les aigles à venir se nourrir sur le site de capture. Nous estimons qu’au maximum 25 pigeons (38 %) ne seront exposés qu’aux stress de transport et d’attache sur site pendant la phase d’habituation (avec maximum deux expositions par pigeon). Pour les 40 pigeons (62%) qui seront exposés à une attaque par un aigle, dans 98 % des cas, le pigeon sera tué au cours de l'attaque. Dans les 2% de cas restants où le pigeon survivra (0 à 2 pigeons sur les 5 ans du projet), ses blessures seront importantes et nécessiteront une mise à mort immédiate pour abréger les souffrances et la douleur.
Devenir
Le succès de capture étant incertain, sous l’hypothèse de 10 réalisations du scénario ‘réaliste’ (celui nécessitant 7 pigeons par territoire), sur les 65 pigeons à utiliser, nous prévoyons les devenir suivants: 1) 39 (60%) mourront immédiatement de l'attaque par l'aigle; 2) 0 à 2 (2%) seront seulement blessés par l'aigle, et seront euthanasiés immédiatement après l'immobilisation de l'aigle, 3) 25 (38%) ne seront pas attaqués par un aigle, et seront ramenés au lieu d'hébergement entre les sessions d'utilisation, seront mis au repos pour une durée minimale de 4 jours, et seront réutilisés ultérieurement au maximum 1 fois pour une session d’appâtage (évalué comme ‘gravité modérée’). Leur comportement sera surveillé dans la volière. En cas d’apathie ou de d’absence de nourrissage, ils ne seront pas réutilisés et adoptés. En cas de doute, l’avis du vétérinaire sera demandé. En fin de projet, si ces 25 pigeons sont encore vivants, ils seront intégrés dans des élevages de pigeons domestiques maintenus à titre privé (= adoptions).
Remplacement
La capture d’aigles de Bonelli avec des proies mortes, ou de la viande, a été testée mais ne fonctionne pas pour cette espèce qui n'est pas charognarde. Aussi seule l’utilisation d’appâts vivants permet de les attirer dans un piège. Parmi les proies communes pour cette espèce, le pigeon domestique a été sélectionné car disponible dans des élevages. La stratégie nationale de conservation retenue pour l’espèce nécessitant des suivis télémétriques (GPS) sur tous les territoires de l’espèce, y compris les nouveaux territoires, nous n’avons pas de moyen pour nous passer de la capture d’aigles de Bonelli, à l’âge adulte, sur leur territoire de reproduction. Une alternative serait le marquage de poussins, au nid avant qu’ils ne s’envolent, mais ils ne se cantonnent sur des sites de reproduction que 3 à 5 ans plus tard (maturité), ce qui est incompatible avec la durée de vie des balises GPS existantes (2 à 3 ans). De plus, les taux de survie normaux des jeunes et immatures sont assez faibles (0.49% la 1ere année, 0.57% la 2eme année), ce qui reviendrait à marquer 5 fois plus d’oiseaux que nécessaire. Enfin, cela ne répondrait que partiellement au sujet, une partie des nouveaux reproducteurs provenant de la population sauvage d’Espagne (Catalogne), où ils ne seraient pas marqués au nid avant l’envol.
Réduction
Le nombre de pigeons utilisés au cours des 5 ans du projet sera ≤ à 65 (entre 30 et 65), basé sur l'objectif de capturer 1 aigle sur 10 territoires (soit 10 aigles). Pour 1 tentative de capture sur 1 territoire, nous devons utiliser 3 à 7 pigeons, ce nombre dépendant de la rapidité d’habituation de l’aigle à venir s’alimenter sur les pigeons présentés. Pour réduire le nombre de pigeons stressés lors de « l’appâtage », nous réutilisons les pigeons non-prédatés, 1 fois par pigeon, et après ≥ 7 jours de récupération. Une tentative de capture se décompose en 2 phases : HABITUATION puis CAPTURE. 1) La phase d’habituation a pour but d’habituer l’aigle à consommer cette proie à l’endroit choisi, l’habituation étant considérée acquise une fois que l’aigle à prédaté 2 pigeons sur 1 site. Cette phase dure max. 6 jours consécutifs, avec 1 pigeon déposé tous les 2 jours (un même pigeon est déposé un matin et récupéré le lendemain soir si non-prédaté, soit 36h max., et ramené en volière pour récupération). Si l’habituation échoue sur le 1er site, nous recommençons sur un 2ème site. S’il y a à nouveau échec, nous abandonnons la capture et la réessayons l’année suivante. 2) Une fois l’habituation acquise, la phase de CAPTURE démarre. Nous nous donnons 4 jours consécutifs pour réussir la capture, avec 1 pigeon utilisé comme appât. Un pigeon est utilisé sur 14h max. (du matin au soir), puis il est ramené à l’hébergement. Un nouveau pigeon est utilisé le lendemain. Sur la base de l’expérience passée, nous attendons 3 scénarios : 1) scénario ‘idéal’ pour 3 territoires, avec capture dès le 5ème jour (3 pigeons tués), 2) scénario ‘échec total’ pour 1 territoire (3 pigeons stressés, 0 tué), à refaire l’année suivante, 3) scénario ‘réaliste’, avec habituation sur 2 sites, et capture de l’aigle au bout de 3-4 jours, pour 6 territoires + le territoire avec échec total (4 pigeons tués, 3 pigeons stressés). Le produit de ces effectifs par les probabilités de chaque scénario donne 37 pigeons tués et 21 pigeons stressés à deux reprises = 58 pigeons. Sous l’hypothèse de 10 réalisations du scénario ‘réaliste’ (celui nécessitant le plus de pigeons), l’autorisation est demandée pour 65 individus max., correspondant à 40 pigeons tués et 25 pigeons stressés à deux reprises. En cas de prédation par un mammifère terrestre pendant une phase d’habituation (ce qui est très rare), une clôture électrique sera déployée afin de protéger les pigeons à utiliser ultérieurement sur ce même site.
Raffinement
Nous n'utilisons que des pigeons d'origine domestique captive car cela permet qu'ils soient habitués à la présence et la manipulation par l'humain, ainsi qu'à la contention (hébergement en volière, transport, manipulation). Les séances d’habituation et de capture d'aigle n'ont lieu que dans des conditions favorables pour les pigeons (pas de pluie, t° à découvert inférieure à 30°C, pas de fréquentation humaine, p. ex. pas de chasse). De l’eau et de la nourriture sont mises à leur disposition. Il n'y aura donc pas de séance d'habituation et capture en période estivale (mi-juin à fin septembre). L’état du pigeon sur le site de capture pendant les sessions d’habituation sera suivi à distance à l’aide d’un piège photographique communiquant (1 photo transmise par heure par SMS). En cas de pigeon supportant mal l’attache (immobile, hyperactivité, port de tête ou position anormale), nous irons le récupérer le plus tôt possible. Et si le pigeon est encore vivant au bout de 36h (soir du 2ème jour d’attache), nous irons le rechercher, et le remplacerons par un nouveau pigeon, de manière à ce que les pigeons non-prédatés passent au maximum une nuit à l’attache. Lors d’une session de capture, en cas de pigeon uniquement blessé, encore vivant au moment de l’immobilisation de l’aigle (0 à 2 cas attendu sur 5 ans), nous procèderons dès que possible (dans les 3 à 10 minutes, délai déterminé par le comportement de l’aigle) à son euthanasie afin de minimiser son temps de souffrance.
Choix des espèces
Pour qu'une méthode de capture d'un prédateur à l'aide d'appâts soit efficace, il est indispensable d'utiliser des proies naturellement consommées par le prédateur. Nous avons donc choisi le pigeon biset domestique (Columba livia forma domestica), provenant d’élevages, car cette espèce est la plus proche des proies naturelles caractéristiques de l’Aigle de Bonelli (perdrix, pigeons, lapins); et car l'espèce est facilement disponible dans de nombreux élevages. Ces pigeons sont nés et élevés en volière externe et ont l’habitude de la présence humaine à proximité et de la captivité, ce qui réduit leur stress lié aux manipulations et transports. Nous n'utiliserons que des adultes, les jeunes pigeons apparaissant plus stressés par les manipulations et par l'isolement que les adultes.
Rôles des récepteurs aux cytokines pro-inflammatoires dans la physiopathologie de la maladie d’Alzheimer et modulation au cours d’infection neurotrope
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système immunitaire
- Système nerveux
3 228 souris vont être utilisé·es, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent des injections répétées, une infection chronique par le parasite Toxoplasma pouvant provoquer "un syndrome fébrile qui peut durer jusqu'à sept jours" et une perte de poids, des chirurgies stéréotaxiques et des tests cognitifs, pour étudier la neuro-inflammation dans la maladie d'Alzheimer. Les organes, dont le cerveau, sont prélevés après mise à mort. Le porteur affirme que les études in vitro "ne permettent pas" d'étudier le comportement et la cognition.
Objectifs
Une inflammation à bas bruit tout au long de la vie contribuerait aux mécanismes du vieillissement et même pourrait fortement peser dans la physiopathologie de la maladie d'Alzheimer et des démences associées. Au niveau du cerveau, des médiateurs de l’inflammation, les cytokines, qui circulent en grande quantité dans le cerveau au cours des infections ou lors des maladies neurodégénératives pourraient perturber les mécanismes de réponses physiologiques du neurone. Il est donc important de mieux comprendre comment les processus de neuro-inflammation affectent le comportement et la cognition. Ici, il est proposé d'utiliser des modèles de souris dans lesquels il est possible d’induire la suppression de l’expression d’un récepteur à une cytokine à la fois, et cela seulement dans les neurones. Cela permettra d’étudier l’importance de cette cytokine dans les processus mnésiques et comportementaux normaux, ainsi que dans des processus pathologiques. Ces derniers sont la neuroinflammation chronique ou des infections du système nerveux central. L'étude utilisera un modèle transgénique entrainant les symptômes de la maladie d'Alzheimer, ou une infection par Toxoplasma ou l'expression isolée de médiateurs de l'inflammation. Le recours à un modèle animal est donc irremplaçable pour cette étude, puisqu'elle vise à déterminer les effets de la suppression de la signalisation de cytokines sur la physiologie de neurones, le comportement et la cognition.
Bénéfices attendus
Comprendre le rôle des signaux pro-inflammatoires reçus par les neurones au cours des infections du système nerveux central et la réponse neuro-inflammatoire et la neurodégénérescence, permettra, sur le plan fondamental d'élucider les mécanismes clés mis en jeux dans les neurones et leur importance pour la fonction cognitive. Sur le plan médical, ces recherches pourraient déboucher sur l'identification de nouvelles cibles, pour des stratégies thérapeutiques contre des maladies neurodégénératives dont la maladie d'Alzheimer, pour laquelle aucun remède n'est connu.
Procédures
Les interventions concerneront: i) des injections intrapéritonéales répétées journalièrement pendant 5 jours, sur animaux vigiles (2904 souris, 5 jours, chaque injection prend quelques secondes); ii) une infection chronique réalisée par une seule injection intrapéritonéale d'un parasite, dont la phase d'invasion peut engendrer un syndrome fébrile d'une durée de 7 jours, avant de devenir asymptomatique (2796 souris, une injection de quelques secondes); iii) deux types de chirurgies sous anesthésie générale: une de moins de 15 minutes (chirurgie cutanée, 432 animaux), ou/et une de moins de 40 minutes par animal (injection intracrânienne bilaterale, 960 animaux, 40 minutes); iv) une évaluation comportementale de l'anxiété et de l'activité locomotrice (une seule session de 10 minutes par animal), la force (une session de 5 minutes au total par animal, à raison deux 3 essais de 5 secondes chacun et 30 secondes au minimum entre chaque groupe de 3 essais) et les processus cognitifs ( toutes les souris (3228), sur 15 jours au total, tests d'objets (3 sessions chacune de 10 minutes d'exploration libre sur 2 jours par animal), labyrinthe de Barnes ( chaque souris testée une fois pendant 7 jours consécutifs, à raison de 3 essais d'exploration libre sur la table de 3 minutes maximum (selon la performance de l'animal) chacun par jour)), la perfusion intracardiaque sous anesthésie générale profonde terminale (sans réveil, 3228 animaux, moins de 2 minutes).
Impact sur les animaux
Les souris utilisées ne présentent aucun symptômes apparents de maladie et n'ont donc pas de phénotype dommageable, ce que nous avons confirmé lors de leur utilisation dans le cadre du premier protocole APAFIS autorisé pour ces lignées. Dans le cas d'infection par Toxoplasma ou l'infusion chronique de cytokines pro-inflammatoires par implantation de pompes sous cutanées, les animaux présentent un syndrome fébrile qui peut durer jusqu'à 7 jours et peut entraîner une perte de poids, et de l'anxiété. Les chirurgies stéréotaxiques peuvent parfois entrainer une angoisse ou une prostration pendant les 48 premières heures post-chirurgie. Du fait que les animaux sont acclimatés à l'environnement des tests comportementaux et sont habitués aux expérimentateurs par manipulations régulières des animaux dans les semaines précédant les tests, aucune nuisance n'est constatée durant les tests comportementaux. Seul durant la semaine de labyrinthe de Barnes; où les souris doivent être hébergées individuellement, l'hébergement pourrait devenir anxiogène mais des mesures d'enrichissement du milieu et de nidification sont renforcées pour limiter l'anxiété potentielle, et l'isolement est limité à 14 jours maximum.
Devenir
Les 3228 animaux seront en fin de procédure euthanasiés. L'euthanasie est nécessaire afin de prélever les organes en post-mortem (dont le cerveau) des animaux pour comprendre ensuite au niveau cellulaire et moléculaire, les causes et mécanismes des changements observés au niveau comportemental, et limiter le double-emploi au maximum. Ces prélèvements post-mortem sont aussi nécessaires afin de confirmer l'efficacité de la procédure.
Remplacement
Le recours à l’expérimentation animale dans le cadre de cette étude intervient après de nombreuses études in vitro utilisant des modèles cellulaires qui ont démontré l’impact de facteurs produits par des pathogènes et de l’inflammation sur l’activation des cascades conduisant la neurodégénérescence. Le principe de remplacement n’est pas applicable à ce projet car ces études in vitro ne permettent pas d’étudier l’importance des manipulations proposées sur le comportement et la cognition. Par conséquent les études in vitro ne permettent pas l’obtention de résultats scientifiques exploitables et pertinents de la pathologie humaine.
Réduction
Les expériences sont organisées de manière à réduire au maximum le nombre d’animaux, tout en permettant une analyse statistique valide des résultats. Des études sur des modèles animaux similaires ont montré que des groupes de 15 animaux par expérience comportementale étaient nécessaires (12 pour les groupes contrôles témoins). En outre, un même groupe d'animaux pourra être utilisé pour plusieurs tests comportementaux et nous reproduirons chaque expérience 3 fois de manière indépendante. La variabilité interindividuelle ne nous permet pas de diminuer davantage le nombre d’animaux par groupe.
Raffinement
Les conditions d’expérimentation font l’objet d’une procédure de suivi du bien être animal. Les animaux seront suivis quotidiennement à l’initiation du modèle. Un animal sera euthanasié s’il atteint un point limite caractérisé par l'atteinte d'au moins deux des 4 signes de souffrance décrits dans la section dédiée. Ces signes, nous les avons défini en accord avec le comité local de suivi du bien-être animal pour limiter la douleur, la souffrance ou l’angoisse de l’animal. Ces signes sont: perte de poids >20% du poids initial, déshydratation, léthargie, absence de toilettage. L'utilisation d'implants sous-cutanés permettront de délivrer des molécules de manière chronique ce qui évitera de devoir recourir à des injections journalières répétées. Des mesures seront prises pour limiter l’anxiété et l’impact environnemental sur les souris (amélioration de l'enrichissement par de petites maisonnettes, tubes en carton et bâtons de bois à ronger, et ajouts de coton pour la confection de nids). La maitrise des interventions qui pourraient s'avérer douloureuses sera effectuée par l'utilisation d'analgésiques en péri-opératoire. Une surveillance journalière, par observation directe de l'attitude des souris dans la cage et leur pesée, par le personnel animalier ou expérimentateur permettra de déterminer l’éventuelle souffrance des animaux .
Choix des espèces
La souris offre la possibilité de développer de nombreux modèles mimant les pathologies humaines. La souris est l’hôte naturel du parasite Toxoplasma gondii, ce qui nous permettra d’étudier les mécanismes physiopathologiques la signalisation de médiateurs de l'inflammation dans les neurones dans le cadre d’une infection naturelle. Par ailleurs, cette espèce présente certains intérêts pratiques décisifs justifiant l’utilisation des souris comme modèle dans ce type de projet: faibles coûts, cycles de reproduction courts, croissance rapide, facilité de transport, facilité de manipulation et une bonne adaptabilité aux conditions expérimentales. De plus, notre projet de recherche est basé sur l’utilisation des animaux génétiquement modifiés (modèles invalidés pour un gène contribuant à la maladie ou exprimant les protéines humaines responsable de la pathologie Alzheimer). Aucune autre espèce d’animaux déficients pour la protéine étudiée n’est disponible. Il est également important de souligner que nous disposons chez la souris d’outils précieux (anticorps monoclonaux, plasmides, etc …) qui sont indispensables pour déterminer les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués. Seuls des animaux adultes d'âge supérieur à 6 semaines seront utilisés. Les recherches s'intéressent à l'impact de manipulations sur un système nerveux central mature et adulte, avec un impact de l'âge.
Pollution aux mélanges de métaux lourds : effets directs et transgénérationnels sur la physiologie du diamant mandarin (EU 1/2)
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
980 diamants mandarins vont être utilisé·es, gardés en vie jusqu'à leur mort naturelle, réutilisés ou replacés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils sont exposés à un mélange de métaux lourds représentatif d'une pollution urbaine, avec pose de puces et prélèvements de sang, de plumes et de sperme, sur plusieurs générations. Le porteur indique ne pas attendre "d'effets indésirables majeurs" et invoque l'étude de "l'organisme entier" pour justifier le recours à l'oiseau vivant. Il précise avoir choisi une espèce modèle de laboratoire "pour ne pas impacter la faune sauvage".
Objectifs
Les activités humaines sont une source de stress pour la faune sauvage. Cependant, il est difficile de mettre en évidence les effets dissociés de différentes sources de stress dans le milieu naturel. Pour établir des relations causales, des études en laboratoire sont nécessaires. C’est pourquoi dans ce projet nous adoptons une approche écotoxicologique en laboratoire sur le modèle d’étude diamant mandarin (Taeniopygia guttata) qui est une espèce d’oiseau modèle en écophysiologie. Nous nous concentrerons sur les effets de la pollution en éléments traces métalliques, comme le plomb, le cadmium, le cuivre. Ces éléments peuvent avoir des effets importants sur la santé humaine et sur celle de la faune sauvage. Dans des expériences précédentes nous avons testé l’hypothèse que le stress oxydatif est le mécanisme physiologique sous-jacent à ces effets négatifs sur la santé. Le stress oxydatif résulte d’une surcharge des défenses antioxydantes par des espèces réactives de l’oxygène et peut causer des dommages sur les lipides, les protéines et l’ADN. Nous avons notamment montré un lien entre expositions aux polluants et dommages sur l’ADN chez les mâles adultes de diamant mandarins. A la suite de ces études, nous allons maintenant travailler à l’échelle de plusieurs générations, notamment car certains polluants peuvent avoir des effets uniquement sur certains stades de développement ou pendant certaines périodes du cycle de reproduction, ou des effets sur les cellules germinales qui ne se détectent qu’à la génération suivante. Le premier objectif de ce projet est donc de tester les possibles effets sur plusieurs générations de l’exposition aux polluants : des effets sur le développement des jeunes aux effets à long terme qui peuvent être aussi transmis aux descendants. Notre deuxième objectif est de travailler à la fois sur des jeunes et des adultes mâles et femelles pour étudier l’effet sexe et aussi les effets des polluants sur la reproduction.
Bénéfices attendus
Habituellement les études en écotoxicologie se limitent à un seul polluant, un seul sexe et une seule génération. Notre projet permet de répondre à toutes ces limites en étudiant des effets à long terme sur plusieurs générations d’un mélange de polluants metalliques représentatif du milieu urbain. Les résultats attendus nous permettrons donc de mieux comprendre la complexité des réponses des organismes à ce type de pollution. Notamment nous pourrons identifier des relations causales entre un mélange de polluants et les paramètres physiologiques des oiseaux. Nous pourrons également déterminer si la sensibilité des mâles et des femelles est identique et quel stade de développement est le plus vulnérable face à ces polluants. Enfin, même s’il est connu que certaines molécules peuvent avoir des effets sur les générations suivantes, comme le DDT (insecticide) sur les coquilles d’œufs, les effets inter-générationnels sont encore peu étudiés. Notre étude permettra d’une part de mesurer ces potentiels effets mais aussi de mieux comprendre les modes d’action (distinction des effets pré et post nataux par exemple). A long terme notre projet permettra d’apporter des clés de compréhension sur les effets de l’urbanisation sur les populations d’oiseaux. Par exemple, certaines des mesures physiologiques utilisées sont réalisables sur des animaux sauvages (prise de sang, plumes, morphométrie) ce qui permet d’envisager de les utiliser comme marqueur des effets de la pollution sur la santé des oiseaux in situ.
Procédures
Les différentes interventions sur les oiseaux : - pose de puces d'identification (30 secondes) – mesures morphométriques et pesées (entre 6 et 8 mesures, 3 minutes, animal vigile) - imagerie médicale sous anesthésie générale (10 oiseaux et 4 mesures par oiseau pour les tests et 40 oiseaux et 2 mesures par oiseau pour l'expérience principale, la prise d'image dure environ 3 min) - mesure de la coloration du bec (3 mesures, 2 min, animal vigile). Tous les prélèvements seront effectués sur des animaux vigiles : - prise de sang (entre 1 et 5 prélèvements, environ 30 secondes) - plumes (entre 1 et 5 prélèvements, environ 1 seconde) - sperme (1 prélèvement, 1 à 3 minutes).
Impact sur les animaux
Les animaux seront exposés à un mélange de polluants représentatif d’une pollution urbaine caractérisée par une faible concentration de chaque polluant. De ce fait, et aussi d’après nos précédentes expériences, nous n’attendons pas d’effets indésirables majeurs (mortalité, perte de poids conséquente, perte de mobilité), de douleur ou de stress chronique. Les différents prélèvements (plumes, sang…) et manipulations (pose de puces d'identification, pesée…) ne sont pas invasifs et ne génèrent pas de douleur importante, néanmoins il y a quand même un stress pour les oiseaux liés à leur prise en main. Nos précédentes expériences montrent que ce type de prélèvement et le stress associé n’engendrent pas d’effets indésirables ou chroniques sur les oiseaux.
Devenir
Les animaux seront soit gardés en vie jusqu’à leur mort naturelle, soit réutilisés dans d’autres projets, soit replacés chez des particuliers.
Remplacement
Les méthodes actuelles de remplacement in vitro et in silico ne sont pas utilisables car on s’intéresse aux effets sur l’organisme entier et les modèles actuels ne permettent pas de prendre en compte la complexité d’un oiseau vivant et les polluants en mélange. Notre étude sur la physiologie et le comportement doit donc être réalisée sur des oiseaux vivants. Nous avons choisi une espèce modèle en laboratoire pour ne pas impacter la faune sauvage.
Réduction
Pour les tests de nouvelles méthodes sur les adultes (métabolisme, cytomètre) nous avons prévu une taille d'échantillon minimale avec réutilisation des animaux entre les deux tests (total de 10 individus). Pour le test de la technique d'imagerie nous avons là aussi 10 individus avec des mesures répétées sur chaque individu pour limiter le nombre total d'oiseaux utilisés. Pour l'expérience principale, la taille d’échantillon proposé (20 couples par groupe) permet d’avoir un échantillon suffisant pour réaliser des analyses statistiques en prenant en compte les aléas possibles liés au travail sur des animaux vivants. Effectivement, certains couples ne se reproduiront pas ou auront des pontes stériles. Cette proportion est estimée à 30% des couples. De plus, nous souhaitons travailler sur plusieurs générations et il faut donc qu’à chaque génération nous ayons suffisamment d’individus. Les tests statistiques prévus sont des modèles linéaires mixtes pour prendre en compte les mesures répétées sur un même individu. Nous mettrons des covariables dans les modèles quand cela est pertinent, par exemple : poids de l’oiseau, nombre d’œuf pondus.
Raffinement
Les différentes phases du protocole ont été conçues avec soin pour favoriser le bien-être des animaux : - Enrichissement structurel (branchages et perchoirs, litière pour fouiller au sol, nichoirs et fibres de coco lors de la reproduction, baignoires dans les volières extérieures) et enrichissement alimentaire (millet, os de seiche, gravier) - Attention particulière portée à l’état du plumage et à la posture des oiseaux lors des visites quotidiennes (indicateurs majeurs du bien-être) - Écartement de la procédure d’un animal si signe de souffrance (voir les indicateurs de bien être ci-dessus) et/ou perte de masse > 20% (= points limites) - Surveillance accrue au réveil de l’anesthésie lors des mesures par imagerie - Les oiseaux seront dérangés au minimum pendant l’expérimentation, c’est-à-dire que les mesures, prises de sang et autres prélèvements (plumes, œufs…) seront regroupés autant que possible. Le stress des oiseaux est donc limité en réduisant la fréquence des dérangements. Les dérangements sont aussi réduits de par l’utilisation d’antenne RFID pour enregistrer le comportement d’incubation. - transport des oiseaux dans des boîtes de transport individuelle. Les boîtes sont opaques pour limiter le stress et elles sont rembourrées avec de la fibre de coco pour garantir le confort des oiseaux.
Choix des espèces
1) Espèce modèle largement utilisée en laboratoire dans des études en écologie et évolution, notamment sur le stress oxydant, le comportement social, la sélection sexuelle et les effets maternels. Cela nous permet d’avoir des valeurs de référence 2) Continuité avec nos travaux précédents Nous travaillerons sur des adultes pour étudier les effets sur la reproduction et sur des jeunes pour étudier les effets du traitement sur le développement
Bases neurophysiologiques des Maladies psychiatriques
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système nerveux
5 268 souris vont être utilisé·es, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles subissent un stress de contention de deux heures par jour pendant dix jours, répété à deux âges de leur vie, des chirurgies d'injection intracrânienne et un test de peur acquise par stimulations électriques de 0,7 mA, pour étudier l'anxiété et la dépression induites par le stress. Le cerveau est prélevé après mise à mort. Le porteur affirme que ces connaissances "serviront à la société humaine mais aussi à améliorer le bien-être animal en général", une justification qui dépasse largement le contenu du projet.
Objectifs
Ce projet vise à étudier les origines des maladies psychiatriques, particulièrement les troubles anxieux et la dépression induites par le stress. Ces types de maladies psychiatriques sont un enjeu de santé majeur. Il n'y à pas à l'heure actuelle de connaissance des causes neurologiques qui sont à la base de ces maladies et nous n'avons pas de biomarqueurs comme moyen de les dépister, ni même de les diagnostiquer correctement. Le ministère de la santé ainsi que l'OMS ont envoyé des messages forts, rappelant l'urgence d'agir face à ces maladies dévastatrices. Ce projet à trois objectifs majeurs. Le premier vise à découvrir les modifications au niveau du cerveau induites par le stress, et comment cela se traduit au niveau comportemental. Le deuxième, vise à perturber la fonction de circuits neuronaux spécifiques pour prouver leur implication dans les effets du stress. En parallèle, urines et selles seront collectés. Ces excrétats contiennent des milliers de molécules qui reflètent fidèlement l'état dans lequel se trouve l'organisme, que l'état soit normal ou dysfonctionnel. Un troisième objectif sera de lire dans ces molécules des signatures de l'état dans lequel se trouvent les souris et détecter ainsi celles qui sont plus susceptibles de devenir malades. Ici l'emploi du mot susceptibilité est important car il s'agit bien d'animaux qui ne sont pas encore malades mais qui ont une plus forte tendance à le devenir s'ils subissent à nouveau des évènements stressants dans leur vie. Grâce aux signatures nous pourrons donc prédire qui tombera malade si de nouveaux stress sont vécus. Ceci ouvre donc la voie à des méthodes de prévention et de traitement. Les molécules que l'on retrouve dans les excrétats sont très similaires entre les souris et les hommes, donnant la possibilité d'utiliser les découvertes faites dans ce projet en santé humaine.
Bénéfices attendus
Ce projet est une étape clé pour permettre de mieux comprendre les circuits neuronaux impliqués dans le contrôle de l'anxiété liée au stress et de comprendre l'impact des gènes de susceptibilité aux maladies psychiatriques sur les processus pathologiques en découlant. Ces connaissances pourraient aboutir à des méthodes de prédiction et de traitements des maladies psychiatriques qui serviront à la société humaine mais aussi à améliorer le bien-être animal en général.
Procédures
Un lot d'animaux va subir un protocole de stress consistant en des stress psychologiques par contention d'une durée maximale de 2h pendant 10 jours et cela deux fois dans leur vie, pendant l'enfance et au stade de jeune adulte. A la fin de chaque période de stress des prélèvements d'urine et de selles seront réalisés en laissant l'animal produire naturellement ces excrétats qui seront collectés. Des prélèvements de sang seront aussi effectués avant le deuxième stress chez le jeune adulte. Un autre lot d'animaux subira les mêmes procédures que citées ci-dessus mais avec en plus une chirurgie consistant en une injection intracranienne avant ou après le premier stress de l'enfance. Un autre lot subira toujours le même protocole de stress mais sera génétiquement modifié c'est à dire qu'une des molécules nécessaires à l'activité normale d'une sous-population de neurones qui contrôlent la réponse au stress sera enlevé. La plupart des animaux auront leur comportement testé à travers divers tests de comportement. Ces tests durent chacun une dizaine de minutes et seront espacés sur quatre semaines, ne dépassant jamais 1 test par jour et 3 tests par semaine.
Impact sur les animaux
Les nuisances et effets indésirables seront principalement liés au stress provoqué par des restreintes physiques. Ce type de stress n'entraine pas de douleur mais provoque un stress psychologique. Les chirurgies provoqueront des douleurs au niveau du site d'incision cutanée et d'injection. Les tests de comportement seront pour la plupart sans douleur et basés sur la tendance naturelle des animaux à explorer ou éviter une zone anxiogène sans contrainte. Les tests d'abandon pour mesurer des symptômes dépressifs seront des contraintes physiques générant du stress de courte durée (6 minutes au maximum). Le test de la peur acquise sera légèrement douloureux car de légères stimulations électriques (5 au total de 1 seconde chacun de 0.7mA chacun) seront subis. Les perfusions intracardiaques entraineront des douleurs lors de l'ouverture du de la cage thoraxique pour accèder au coeur.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés pour permettre des études moléculaires et histologiques post-morten du cerveau.
Remplacement
Notre projet repose sur différentes approches telles que l’étude du comportement et l’étude du développement et de la plasticité du système nerveux. Nous voulons comprendre le développement et les fonctions des systèmes de contrôle des émotions. Actuellement, il n’y a pas de méthodes substitutives qui pourraient remplacer le recours a l’animal dans nos travaux. La souris est le modèle de choix car ressemblant à l'homme concernant les mécanismes à l’oeuvre dans le développement et les fonctions des systèmes de contrôle des émotions. Enfin, il existe des tests du comportement chez la souris permettant d'identifier des symptômes pyschiatriques se manifestant de la même manière chez l'homme. Tout ceci permet d'appliquer à l'homme ce qui est trouvé chez la souris.
Réduction
Notre plan expérimental est conçu de telle manière que les premières expériences réalisées permettront d’optimiser les conditions des expériences suivantes et de réduire, par conséquent, le nombre d’animaux nécessaires à leur mise en œuvre. Le nombre d'animaux par groupe a été évalué en utilisant un logiciel de statistique, ce qui permet d'avoir une bonne estimation des effectifs suffisants pour l'obtention de données statistiquement fiables tout en s'assurant d'une utilisation des animaux au strict nécessaire.
Raffinement
Les animaux sont stabulés en groupes sociaux avec un enrichissement du milieu comprenant des dômes, des briques en bois à ronger et du matériel de nidification. Les animaux sont observés quotidiennement. Des signes potentiels de souffrance sont recherchés et des points limites adaptés aux différentes phases des procédures ont été fixés. Quatre phases vont être à distinguer. Phase 1, Le suivi quotidien avec recherche de signes de souffrance décrits dans les procédures; phase 2, le suivi de trois jours selon une grille de score si certains signes de souffrance sont relevés pendant la phase 1 de suivi quotidien; phase 3, le suivi pendant les périodes de contentions imposées pendant 10 jours consécutifs ; phase 4 les périodes pré et post-opératoire de chirurgie stéréotaxique, elles-mêmes obligatoirement suivies de trois jours de surveillance selon la même grille de score mentionnée ci-dessus. La douleur générée par la chirurgie sera limitée grâce à des anesthésiques et anti-inflammatoires. L’injection d’un anti-inflammatoire non stéroïdien pendant 2 jours après la chirurgie permettra de prévenir la douleur de l’animal. La perfusion intracardiaque se fera sous anesthésie profonde.
Choix des espèces
Nous avons une très bonne connaissance des caractéristiques biologique des souris par les travaux scientifiques et techniques publiés. L'élevage selon les mêmes conditions assure la reproductibilité des expérimentations. Le temps de génération rapide et la taille des portées permettent de développer un élevage rapidement et en nombre conséquent. La souris constitue un excellent modèle pour l’étude du fonctionnement du cerveau surtout concernant les circuits neuronaux qui contrôlent les émotions car ils sont similaires à ceux du cerveau humain. De plus, nous disposons de techniques adaptées à cette espèce. Pour toutes ces raisons, ce choix d’espèce constitue un excellent modèle pour nos études. Le stress précoce de 10 jours consécutifs commencera entre P10 et P40 (P=postnatal). Les stades d'études moléculaires et histologiques de P20 à P60 sont justifiés par le fait que nous étudions les effets du stress pendant la période ou le cerveau continue de maturer concernant le contrôle des émotions. Nous essayons de déterminer les périodes les plus sensibles car elles sont aussi les périodes au cours desquelles des environnements stressants peuvent provoquer des dysfonctionnements du cerveau provoquant des susceptibilités aux maladies psychiatriques. Les paramètres biologiques seront donc étudiés après le premier stress entre P20 et P60 mais aussi entre P70 et P240, après une seconde période de stress de P60 à P70 qui elle provoquera l’apparition de symptômes d’anxiété chez les animaux ayant subis le premier stress. Les tests de comportement seront réalisés entre P50 et P240 car nous voulons vérifier qu'il n'y a pas de symptômes avant le deuxième stress mais que consécutif au deuxième stress des symptômes apparaissent.
Réduction du stress lié à la manipulation chez la souris, par entrainement de l’animal à venir volontairement dans une boite de transport
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
48 souris vont être utilisé·es, gardées en vie et conservées comme reproductrices dans l'élevage, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Après une douzaine de semaines d'apprentissage par renforcement positif, elles passent des tests comportementaux décrits comme "potentiellement modérément anxiogènes" pour évaluer une méthode de capture moins stressante. Le porteur indique que les animaux sont placés dans des situations qu'ils "éviteraient probablement en conditions naturelles" et que leur "liberté comportementale est donc affectée". Il affirme que le projet reste utile "tant que l'élevage et l'expérimentation sur des rongeurs" existent.
Objectifs
Dans un cadre expérimental, les souris sont généralement attrapées à la main par la queue ou en les incitant à entrer dans un tube de transport. Bien qu'il ait été démontré que ce dernier type de manipulation soit moins stressant, il impose l’ouverture de la cage par l’expérimentateur ce qui est susceptible d'induire un certain stress chez la souris capturée et chez celles qui partagent sa cage. En outre, les difficultés rencontrées pour attraper les souris dans des environnements d'hébergement enrichis et complexes, par la queue ou à l’aide d’un tube de transport, peuvent conduire à freiner l'adoption de ces nouveaux types d'hébergement, qui amélioreraient considérablement le bien-être de ces animaux. En entraînant les animaux à venir volontairement dans une boite de transport, en utilisant un apprentissage par renforcement positif, on réduirait l'anxiété due à l’ouverture de la cage et à la capture, et on autoriserait l'utilisation d'environnements plus complexes sans créer de contraintes supplémentaires pour les expérimentateurs. Le premier objectif de ce projet de recherche est de développer un protocole d’apprentissage basé sur le conditionnement opérant, de sorte que chacune des souris, vivant dans un petit groupe social, apprenne à répondre à un signal sonore, différent pour chacune, en venant dans une boite de transport connectée à leur cage d'origine. L'animal pouvant alors être transporté jusqu'au dispositif expérimental. Notre deuxième objectif est de déterminer si cette procédure permet de réduire l'anxiété des animaux comparativement à une manipulation classique dans un tube de transport.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus sont l’obtention d’animaux moins stressés lors de la manipulation. Les manipulations des animaux sont nécessaires lorsque les animaux sont placés dans les dispositifs expérimentaux, ou changés de cage. Outre l’intérêt éthique d’éviter le stress, ce stress lié à la manipulation peut notamment affecter les mesures effectuées lors de divers tests comportementaux et affecter la qualité des expériences scientifiques utilisant des animaux de laboratoire. La capture d’animaux dans des environnement complexes (diverses parois, et enrichissements) peut s’avérer encore plus délicate et stressante. Cette procédure permettrait, une fois développée et automatisée, la capture plus aisée des animaux dans ces environnements complexes sans créer un stress supplémentaire ni compliquer le travail des expérimentateurs.
Procédures
Durant une première phase s'étalant sur une douzaine de semaine, les animaux connaitront un apprentissage où les animaux seront récompensés en effectuant certaines tâches. Les animaux seront ensuite soumis à des tests comportementaux non invasifs de brève durée (5 minutes chacun). Les deux premiers sont réalisés l'un à la suite de l'autre. Le second le jour suivant. Ces tests sont réalisés à deux reprises, à une semaine d'intervalle.
Impact sur les animaux
Deux nuisances peuvent résulter du projet. D'une part, les animaux seront soumis à des situations anxiogènes lors des procédures de test, Un certain stress pourra donc en résulter. D'autre part les animaux sont placés activement par l'exprimentateur dans des situations qu'il éviterait probablement en conditions naturelles. Sa liberté comportementale est donc affectée. Les tests comportementaux non invasifs effectués sont communément utilisés pour évaluer l’anxiété des animaux et sont donc potentiellement modérément anxiogènes. Ces tests ne durent que 5 minutes chacun, limitant ainsi la durée de l’exposition des animaux à cette situation anxiogène. Les animaux conservent la possibilité de rester en retrait des zones les plus anxiogènes des dispsitifs de test.
Devenir
A l'issue de la procédure expérimentale, les animaux n'ayant pas été, en apparence, particulièrement perturbés par les tests comportementaux (après avis du vétérinaire et de la personne en charge de la structure bien être animal), sont maintenus dans l'élevage afin de servir de reproducteurs pour la génération suivante d'animaux.
Remplacement
Le projet visant à élaborer une méthode moins stressante de manipulation des souris ne peut se passer de l’expérimentation sur l’animal. Il est en effet nécessaire que les animaux puissent exprimer leur comportement pour évaluer l'efficacité de cette nouvelle méthode sur une base comportementale. Ce projet demeure d'intérêt tant que l'élevage et l'expérimentation sur des rongeurs, impliquant systématiquement une manipulation des animaux existe.
Réduction
Un total de 4 groupes de 12 individus est prévu. Deux groupes (24 individus) ayant appris à répondre à un stimulus sonore. La comparaison de ce 2 groupes a pour objectif d'évaluer chez des individus ayant connu un même apprentissage, les niveaux de stress liés à un accès volontaire (à un signal sonore), ou incité par l'expérimentateur dans la boite de transport (méthode classique). Deux autres groupes (24 individus) ne sont pas soumis à l'apprentissage. Ces deux groupes permettent d'évaluer l'effet de la procédure d'apprentissage sur les niveaux de stress des animaux. Ils permettent d’évaluer cet effet lors d'un accès via la boite de transport connectée au dispositif et lorsque les animaux sont manipulés de manière classique. Des comparaisons statistiques pourront alors être effectuées sur ces 4 groupes de 12. Cet effectif tient compte de la variabilité interindividuelle relativement importante pouvant exister chez cette souche sauvage de souris. En outre, ces mêmes individus seront testés une nouvelle fois une semaine plus tard, où les individus des différents groupes seront alors incités à entrer dans la boite de transport de manière différentes à celle qu'ils ont connu la fois précédente. Nous tentons d'assurer avec cette répétition qui accroît la puissance des tests statistiques que malgré le nombre relativement réduit d'individus par groupe, un effet marquant de l’accès volontaire à la boite de transport sur les niveaux d'anxiété des animaux sera mis en évidence.
Raffinement
Toutes les cages utilisées pour l’hébergement des animaux dépassent largement le minimum requis pour l ‘hébergement de deux individus (31 x 20 x 14 cm) et sont enrichies par deux tubes de carton, du matériel de construction pour faire un nid et des bûchette de bois. Un suivi quotidien des animaux utilisés permet de vérifier que les procédures d’apprentissage employées, les moyens utilisés pour le transport des animaux et les tests comportementaux ne conduisent pas les animaux à adopter des comportements pouvant traduire un stress ou mal-être chronique. Des points limites sont définis en amont et des mesures appropriées seront prises en cas de blessures ou de comportements anormaux.
Choix des espèces
Les souris domestiques sont les animaux les plus utilisés en expérimentation animale, cette espèce est donc celle qui est la plus concernée par les questions relatives aux manipulations par les expérimentateurs. Nous n’utilisons pas une souche de souris particulière, mais des animaux d’origine sauvage élevés en laboratoire depuis de 15 générations dans notre laboratoire en tentant de préserver au mieux une forte diversité génétique. Nous espérons de ce fait que résultats obtenus sur ce modèle seront d’autant plus généralisables aux diverses souches de souris de laboratoire. Tous animaux utilisés sont des adultes (70 à 160 jours). Cette tranche d’âge est communément utilisée dans bon nombre d’études chez la souris, permettant le transfert de nos résultats à ces nombreuses études.
Évaluation de l’impact du « handling » et du « tickling » sur l’agressivité endogène du rat Wistar mâle
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
42 rats Wistar mâles vont être utilisé·es, gardés en vie et adoptés ou réutilisés à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Ils reçoivent deux prélèvements de sang sous anesthésie et sont confrontés deux à deux dans une cage inconnue, un test d'opposition qui peut déclencher une agressivité entre mâles, pour évaluer si le handling et le tickling réduisent cette agressivité. Le porteur affirme qu'il n'existe aucune méthode alternative in vitro ou in silico pour mesurer l'effet de ces interactions homme-animal. La finalité annoncée est de mieux regrouper les rats en cage et de préparer leur replacement auprès de particuliers.
Objectifs
Ce projet repose sur l’hypothèse que les interactions homme-animal fréquentes et riches avec des rats mâles permettraient de diminuer leur agressivité. Ces deux techniques sont le « handling » (prises et portages manuels des animaux) et le « tickling » (chatouillis des animaux). Si un impact positif est validé au niveau de l’agressivité de ces rongeurs, le déploiement de ces techniques par notre Structure du Bien-Etre Animal permettra d’améliorer l’organisation technique et le bien-être animal, en particulier lors de deux situations à risque auxquelles nous sommes confrontés au sein notre structure : 1. mise en cage de deux rats mâles inconnus l’un de l’autre à la fin d’un protocole expérimental, afin d’éviter deux hébergements individuels et donc un isolement préjudiciable aux animaux. 2. réintroduction d’un rat mâle au sein de sa cage d’origine, avec son congénère, suite à une session de reproduction (retrait du reproducteur de sa cage habituelle pendant 4 jours à une semaine, puis replacement dans sa cage d’origine en post session de reproduction) Ces interactions pourront aussi être utilisées pour préparer la socialisation des rats destinés à être replacés auprès de particuliers. Il existe beaucoup de données relatant les apports bénéfiques du handling ou du tickling chez les rongeurs, et plus particulièrement pour l’espèce rat. Néanmoins, aux vues de nos recherches sur le sujet, aucun travail ne s’est intéressé à un impact potentiellement positif de ces 2 techniques sur le plan de l’agressivité des rats mâles. Etant donné l’apport de ces deux techniques (handling et tickling) sur le plan de l’anxiété et de l’apprentissage chez les rats, nous posons l’hypothèse qu’elles pourraient réduire, voire éliminer les comportements agressifs observés par nos zootechniciens ou par des utilisateurs dans les situations de remise en cages collectives.
Bénéfices attendus
Les rats mâles sont souvent replacés en isolement après période de reproduction, ou à la fin d’un protocole expérimental, pour limiter les conflits entre eux. Cet hébergement isolé est un facteur de stress. Les techniques d’interactions homme-animal que nous souhaitons mettre en place dans notre structure : « handling » (préhensions et portages manuels des animaux) et le « tickling » (chatouillis des animaux), qui seront évaluées dans ce projet, permettraient de replacer les rats en hébergement groupé, donc de limiter le stress et améliorer le bien-être, et aussi de les préparer au replacement auprès de particuliers.
Procédures
Les 36 rats inclus dans ce projet auront deux prélèvements de sang d’un volume très faible (maximum 0.5% du volume sanguin total). Ces prélèvements seront effectués sur animal anesthésié et dureront 30 secondes au total (anesthésie inclue). La durée entre ces 2 prélèvements sera de 1 mois.
Impact sur les animaux
- Prélèvements sanguins sous anesthésie gazeuse, au nombre de deux dans ce projet, espacés de plus d’un mois, de faible volume (inférieur à 1 ml), rapides et réalisés par un technicien expérimenté à ce geste. - Nuisance peu probable, mais pouvant toutefois survenir lors du test de l’opposition standard où 2 rats ne se connaissant pas entre eux sont placés dans une cage également inconnue : une agressivité exacerbée dans le but d’instaurer le rang de dominance pourrait survenir mais les affrontements sont peu sévères chez le rat mâle (pas de morsures), et se limitent à des phases de montes, de poussées, de culbutes, de face à face (« boxe ») et de retournement avec ou sans maintien de l’adversaire sur le dos. Ces affrontements seront visionnés en temps réel pour stopper le test en séparant les protagonistes si les affrontements venaient à être plus violents (morsures) ou si des vocalisations à 22 kHz (signes de détresse) venaient à survenir.
Devenir
Tous les animaux seront gardés en vie. Ils pourront être réutilisés dans le cadre d'actions de formation ou dans tout autre projet necessitant des animaux n'ayant subi de traitements impactant ou de procédures sévères, sur avis de la structure en charge du bien-être animal, ou replacés auprès de particuliers.
Remplacement
Il n’existe pas de méthodes alternatives (in vitro, in silico) pour évaluer l’effet des interactions homme-animal sur le niveau d’agressivité endogène des rats.
Réduction
Le nombre de 36 rats est le minimum nécessaire pour évaluer correctement d'un point de vue statistique, les résultats comportementaux - ce nombre a été calculé sur la base d'une analyse statistique préalable.
Raffinement
Les animaux seront hébergés à 2 dans des cages de 900 cm2, dotées de tunnels en plastique pour se cacher ou pour grimper, de fibres de pailles à disperser, de billes et buchettes en bois pour ronger. Nourriture et eau de boisson seront disponibles à volonté. Les résultats de l’étude permettront de déployer les interactions homme-animal (prise en main chatouillis) à tous les rats mâles de la structure afin de réduire, voire d’éliminer les conflits pouvant survenir entre eux et ainsi améliorer le bien-être animal lors des remises en cage collective après séparation nécessaire à certaines étapes d’élevage (reproduction en particulier) et préparer leur replacement auprès de particuliers.
Choix des espèces
Ce projet est réalisé sur des rats car cette espèce est fréquemment utilisée à des fins de recherches dans notre structure. Dans la pratique, nous sommes parfois confrontés à des affrontements suite à la mise en cage de 2 individus (afin d’éviter l’hébergement individuel source de stress), soit en fin de projet, soit lors de la réintroduction d’un mâle reproducteur après période de reproduction (4 jours à 1 semaine). Selon la littérature, les rats répondent bien aux techniques de handling et de tickling. Les animaux seront réceptionnés à un âge de 5 semaines, et donc utilisés en début de protocole à un âge de 6 semaines. Les impacts bénéfiques des interactions homme-animal sur l’anxiété ou les capacités d’apprentissage sont plus marqués chez les jeunes rats que chez les individus au-delà de 4 mois. Cependant, aucun travail ne s’est intéressé à des effets induits sur le plan de l’agressivité des rats mâles. Agés de 6 semaines au moment des premières évaluations, les individus inclus dans ce projet seront sexuellement matures, prérequis nécessaire de par le lien entre testostérone et agressivité.
Pollution aux mélanges de métaux lourds : effets directs et transgénérationnels sur la physiologie du diamant mandarin EU2/2
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
980 diamants mandarins vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, 510 tués, 420 réutilisés et 50 placés chez des particuliers. Ils sont exposés à un mélange de métaux lourds sur plusieurs générations, avec pose de puces, prises de sang, prélèvements de plumes et de sperme, pour mesurer les effets de la pollution urbaine sur leur physiologie et leur reproduction. Le porteur s'appuie sur des expériences antérieures pour affirmer n'attendre ni mortalité ni douleur importante, seulement un stress lié à la manipulation. Il conclut qu'aucun modèle in vitro ou in silico ne rend compte de "l'organisme entier" d'un oiseau vivant.
Objectifs
Les activités humaines sont une source de stress pour la faune sauvage. Cependant, il est difficile de mettre en évidence les effets dissociés de différentes sources de stress dans le milieu naturel. Pour établir des relations causales, des études en laboratoire sont nécessaires. C’est pourquoi dans ce projet nous adoptons une approche écotoxicologique en laboratoire sur le modèle d’étude diamant mandarin (Taeniopygia guttata) qui est une espèce d’oiseau modèle en écophysiologie. Nous nous concentrerons sur les effets de la pollution en éléments traces métalliques, comme le plomb, le cadmium, le cuivre. Ces éléments peuvent avoir des effets importants sur la santé humaine et sur celle de la faune sauvage. Dans des expériences précédentes nous avons testé l’hypothèse que le stress oxydatif est le mécanisme physiologique sous-jacent à ces effets négatifs sur la santé. Le stress oxydatif résulte d’une surcharge des défenses antioxydantes par des espèces réactives de l’oxygène et peut causer des dommages sur les lipides, les protéines et l’ADN. Nous avons notamment montré un lien entre expositions aux polluants et dommages sur l’ADN chez les mâles adultes de diamant mandarins. A la suite de ces études, nous allons maintenant travailler à l’échelle de plusieurs générations, notamment car certains polluants peuvent avoir des effets uniquement sur certains stades de développement ou pendant certaines périodes du cycle de reproduction, ou des effets sur les cellules germinales qui ne se détectent qu’à la génération suivante. Le premier objectif de ce projet est donc de tester les possibles effets sur plusieurs générations de l’exposition aux polluants : des effets sur le développement des jeunes aux effets à long terme qui peuvent être aussi transmis aux descendants. Notre deuxième objectif est de travailler à la fois sur des jeunes et des adultes mâles et femelles pour étudier l’effet sexe et aussi les effets des polluants sur la reproduction.
Bénéfices attendus
Habituellement les études en écotoxicologie se limitent à un seul polluant, un seul sexe et une seule génération. Notre projet permet de répondre à toutes ces limites en étudiant des effets à long terme sur plusieurs générations d’un mélange de polluants metalliques représentatif du milieu urbain. Les résultats attendus nous permettrons donc de mieux comprendre la complexité des réponses des organismes à ce type de pollution. Notamment nous pourrons identifier des relations causales entre un mélange de polluants et les paramètres physiologiques des oiseaux. Nous pourrons également déterminer si la sensibilité des mâles et des femelles est identique et quel stade de développement est le plus vulnérable face à ces polluants. Enfin, même s’il est connu que certaines molécules peuvent avoir des effets sur les générations suivantes, comme le DDT (insecticide) sur les coquilles d’œufs, les effets inter-générationnels sont encore peu étudiés. Notre étude permettra d’une part de mesurer ces potentiels effets mais aussi de mieux comprendre les modes d’action (distinction des effets pré et post nataux par exemple). A long terme notre projet permettra d’apporter des clés de compréhension sur les effets de l’urbanisation sur les populations d’oiseaux. Par exemple, certaines des mesures physiologiques utilisées sont réalisables sur des animaux sauvages (prise de sang, plumes, morphométrie) ce qui permet d’envisager de les utiliser comme marqueur des effets de la pollution sur la santé des oiseaux in situ.
Procédures
Les différentes interventions sur les oiseaux : - pose de puces d'identification (30 secondes) – mesures morphométriques et pesées (entre 6 et 8 mesures, 3 minutes, animal vigile) - imagerie médicale sous anesthésie générale (10 oiseaux et 4 mesures par oiseau pour les tests et 40 oiseaux et 2 mesures par oiseau pour l'expérience principale, la prise d'image dure environ 3 min) - mesure de la coloration du bec (3 mesures, 2 min, animal vigile). Tous les prélèvements seront effectués sur des animaux vigiles : - prise de sang (entre 1 et 5 prélèvements, environ 30 secondes) - plumes (entre 1 et 5 prélèvements, environ 1 seconde) - sperme (1 prélèvement, 1 à 3 minutes).
Impact sur les animaux
Les animaux seront exposés à un mélange de polluants représentatif d’une pollution urbaine caractérisée par une faible concentration de chaque polluant. De ce fait, et aussi d’après nos précédentes expériences (APAFIS#26929), nous n’attendons pas d’effets indésirables majeurs (mortalité, perte de poids conséquente, perte de mobilité), de douleur ou de stress chronique. Les différents prélèvements (plumes, sang…) et manipulations (pose de puces d'identification, pesée…) ne sont pas invasifs et ne génèrent pas de douleur importante, néanmoins il y a quand même un stress pour les oiseaux liés à leur prise en main. Nos précédentes expériencesmontrent que ce type de prélèvement et le stress associé n’engendrent pas d’effets indésirables ou chroniques sur les oiseaux.
Devenir
Les animaux seront soit gardés en vie jusqu’à leur mort naturelle, soit réutilisés dans d’autres projets, soit replacés chez des particuliers.
Remplacement
Les méthodes actuelles de remplacement in vitro et in silico ne sont pas utilisables car on s’intéresse aux effets sur l’organisme entier et les modèles actuels ne permettent pas de prendre en compte la complexité d’un oiseau vivant et les polluants en mélange. Notre étude sur la physiologie et le comportement doit donc être réalisée sur des oiseaux vivants. Nous avons choisi une espèce modèle en laboratoire pour ne pas impacter la faune sauvage.
Réduction
Pour les tests de nouvelles méthodes sur les adultes (métabolisme, cytomètre) nous avons prévu une taille d'échantillon minimale avec réutilisation des animaux entre les deux tests (total de 10 individus). Pour le test de la technique d'imagerie nous avons là aussi 10 individus avec des mesures répétées sur chaque individu pour limiter le nombre total d'oiseaux utilisés. Pour l'expérience principale, la taille d’échantillon proposé (20 couples par groupe) permet d’avoir un échantillon suffisant pour réaliser des analyses statistiques en prenant en compte les aléas possibles liés au travail sur des animaux vivants. Effectivement, certains couples ne se reproduiront pas ou auront des pontes stériles. Cette proportion est estimée à 30% des couples. De plus, nous souhaitons travailler sur plusieurs générations et il faut donc qu’à chaque génération nous ayons suffisamment d’individus. Les tests statistiques prévus sont des modèles linéaires mixtes pour prendre en compte les mesures répétées sur un même individu. Nous mettrons des covariables dans les modèles quand cela est pertinent, par exemple : poids de l’oiseau, nombre d’œuf pondus.
Raffinement
Les différentes phases du protocole ont été conçues avec soin pour favoriser le bien-être des animaux : - Enrichissement structurel (branchages et perchoirs, litière pour fouiller au sol, nichoirs et fibres de coco lors de la reproduction, baignoires dans les volières extérieures) et enrichissement alimentaire (millet, os de seiche, gravier) - Attention particulière portée à l’état du plumage et à la posture des oiseaux lors des visites quotidiennes (indicateurs majeurs du bien-être) - Écartement de la procédure d’un animal si signe de souffrance (voir les indicateurs de bien être ci-dessus) et/ou perte de masse > 20% (= points limites) - Surveillance accrue au réveil de l’anesthésie lors des mesures par imagerie - Les oiseaux seront dérangés au minimum pendant l’expérimentation, c’est-à-dire que les mesures, prises de sang et autres prélèvements (plumes, œufs…) seront regroupés autant que possible. Le stress des oiseaux est donc limité en réduisant la fréquence des dérangements. Les dérangements sont aussi réduits de par l’utilisation d’antenne RFID pour enregistrer le comportement d’incubation. - transport des oiseaux dans des boîtes de transport individuelle. Les boîtes sont opaques pour limiter le stress et elles sont rembourrées avec de la fibre de coco pour garantir le confort des oiseaux.
Choix des espèces
Espèce modèle largement utilisée en laboratoire dans des études en écologie et évolution, notamment sur le stress oxydant, le comportement social, la sélection sexuelle et les effets maternels. Cela nous permet d’avoir des valeurs de référence 2) Continuité avec nos travaux précédents Nous travaillerons sur des adultes (âgés entre 1 et 3 ans au début de l’expérience) pour étudier les effets sur la reproduction et sur des jeunes (de la naissance à la mort) pour étudier les effets du traitement sur le développement
Les cellules ganglionnaires intrinsèquement photosensibles de la rétine (ipRGCs) et l’agressivité : effet direct de la lumière bleue ?
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système nerveux
Rats : 22
Autres rongeurs : 65
843 rongeurs, souris, rats et rats africains, vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance allant de léger à sévère. Ils subissent des tests d'agressivité où les affrontements provoquent morsures et griffures, des injections dans l'œil sous anesthésie, une chirurgie du crâne et des injections quotidiennes pendant trois semaines, pour tester un effet direct de la lumière bleue sur le comportement agressif. Le porteur indique que la lumière peut modifier l'anxiété et l'agressivité et que les injections répétées causent inflammation, douleur et perte de poids, les animaux étant tués pour prélever le cerveau. Il présente le rat africain comme un modèle diurne "plus représentatif de l'humain" et justifie l'usage d'animaux par l'absence de logiciel reproduisant fidèlement le cerveau.
Objectifs
La lumière influence en profondeur la physiologie et les comportements des organismes vivants. Chez les mammifères, en plus de permettre la vision, la lumière influence de nombreuses fonctions biologiques via des cellules spécifiques sensibles à la lumière, localisées dans la rétine et activées par la lumière bleue: il s’agit des cellules mélanopsinergiques. Les cellules mélanopsinergiques projettent dans différentes régions du cerveau et permettent la régulation par la lumière de la physiologie et du comportement selon 2 mécanismes principaux : 1, la synchronisation de l’ensemble des fonctions biologiques avec le cycle jour/nuit, un effet qui implique l’horloge biologique centrale . 2, des effets directs sur de nombreux comportements via la projection des cellules mélanopsinergiques vers d’autres parties du cerveau. La société moderne vit sous une illumination quasi-permanente, en particulier à la lumière bleue (LED, smartphones, écrans d’ordinateurs). Il est connu que l’exposition excessive à ces lumières enrichies en bleu, en particulier en fin de période d’activité (soirée), peut provoquer des troubles des rythmes biologiques du sommeil, et divers effets comportementaux associés, notamment une augmentation de l’agressivité. Dans ce projet nous posons la question suivante : est-ce que la lumière bleue peut exercer un effet direct sur le comportement agressif, indépendamment d’une altération des rythmes biologiques? En effet, les projections des cellules mélanopsinergiques atteignent notamment les structures du cerveau impliquées dans le contrôle de l’agressivité. Les objectifs du projet sont 1) de caractériser les effets de la lumière bleue sur le comportement agressif chez des modèles animaux 2) identifier les populations cellulaires du cerveau impliquées dans cet effet de la lumière bleue et 3) comprendre le rôle de structures spécifiques contrôlant l’agressivité dans ces effets sur le comportement agressif. Afin d’exclure un effet mettant en jeu l’horloge biologique centrale, l’exposition à la lumière bleue aura lieu spécifiquement à des créneaux de jour, auxquels elle ne peut pas entrainer de décalage de cette horloge.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de générer de nouvelles connaissances sur les effets de la lumière bleue sur le comportement agressif. Ces connaissances pourraient permettre d’élaborer de nouvelles stratégies vis-à-vis de l’éclairage/exposition à la lumière (intensité et spectre) dans les animaleries, afin de susciter au minimum les comportements agressifs. Les résultats obtenus seront aussi informatifs quant aux potentielles nuisances (facilitation d’un comportement agressif) induites par l’éclairage à dominante bleue chez l’humain. Ceci pourrait permettre de définir de nouvelles normes d’exposition lumineuse (environnements collectifs, agressivité pathologique) afin de diminuer l’expression des comportements hostiles. Enfin, en plus de renforcer les connaissances actuelles sur le comportement agressif de la souris, ce projet permettra aussi d’obtenir des informations sur le comportement d‘un modèle peu connu à ce jour le rat africain. Ce dernier pourrait donc représenter un modèle d’agressivité ainsi qu’un modèle des effets de la lumière bleue sur la physiologie et le comportement, plus représentatif de l’humain que le modèle de souris.
Procédures
Un groupe d’animaux est soumis à un examen de l’œil d’une durée de 20 minutes. Un mois plus tard il sera soumis à trois tests comportementaux d’une durée de 1 à 5 minutes. Les animaux seront ensuite soumis à un nouvel examen de l’œil. Deux semaines plus tard ils recevront une injection dans l’abdomen d’une molécule qui empêche les effets de la lumière bleue sur l’organisme (durée injection 30 secondes). Ensuite ils seront soumis à un test comportemental d’une durée comprise entre 1 et 5 minutes. Un groupe d’animaux recevra une injection dans l’œil sous anesthésie locale et générale. Un autre groupe subit une chirurgie du crâne d’environ 45 minutes. Après 2 semaines de repos les animaux reçoivent une injection journalière dans l’abdomen pendant 3 semaines. A l’issue ils seront soumis à un test comportemental d’une durée de 1 à 5 minutes. Avenant: Les tests comportementaux seront répétés 3 fois maximum avec un intervalle de 10 jours entre les tests afin de laisser l’animal se reposer. Avenant : les animaux de la lignée Maoa KO subissent un prélevement de la queue environ 6 jours après la naissance entrainant une douleur légère et temporaire.
Impact sur les animaux
Les nuisances suivantes sont attendues : 1) l’impact de la lumière bleue peut changer le niveau d’anxiété et d’agressivité des animaux ce qui est l’objet de la question posée. 2) les tests comportementaux peuvent induire un stress ainsi que des blessures liées aux affrontements lors d’un des tests (plaies dues aux morsures et griffures). 3) les animaux sont soumis à différentes injections causant des désagréments communs (inflammation, douleurs, stress, risque infectieux, anxiété, perte de poids) ou spécifiques.
Devenir
Les animaux sont mis à mort afin de récupérer leurs cerveaux qui serviront pour analyse.
Remplacement
La première partie de projet consiste à obtenir des informations sur le comportement des animaux en réponse à une lumière bleue. Il n’existe pas de moyens de s’affranchir de l’utilisation d’animaux pour obtenir une réponse comportementale. Les deuxièmes et troisièmes parties consistent à obtenir des informations sur la chimie et le fonctionnement du cerveau animal. Or à l’heure actuelle aucun moyen alternatif (ex : logiciels informatiques) ne permet de représenter assez fidèlement le cerveau animal pour obtenir de telles informations.
Réduction
Une approche statistique a été utilisée pour déterminer le nombre d’animaux nécessaire à l’obtention de résultats fiables et robustes. Ce nombre est également appuyé par des études précédentes.
Raffinement
Les animaux ont à leur disposition du matériel pour pouvoir nidifier et ronger. Un tunnel en plexiglas est également ajouté à la cage. L’hébergement des animaux est optimisé afin de diminuer les affrontements au sein d’une cage. Les animaux isolés physiquement peuvent néanmoins se voir, s’entendre et se sentir. Avant chaque procédure les animaux participent à un entrainement afin de les habituer au contact avec l’humain et à la procédure. Toute procédure invasive potentiellement douloureuse est réalisée sous traitement antidouleur. L’'état général de l'animal ainsi que celui de chaque œil seront vérifiés quotidiennement et la souffrance éventuelle entrainée par les procédures est évaluée grâce au comportement et à l’aspect physique des animaux. En cas de souffrance, l’avis d’un vétérinaire sera demandé et un traitement requis mis en place. Des points limites onté été établis permettant l'arrêt des procédures et ainsi réduire la souffra,ce animal. Une étude préliminaire est mise en place afin d’optimiser les données obtenues tout en minimisant l’impact sur les animaux.
Choix des espèces
Afin d’observer des réponses comportementales et des effets de la lumière sur l’œil et le cerveau il est indispensable d’utiliser des animaux. La connaissance approfondie de la génétique de la souris permet l’utilisation de souris génétiquement modifiées. Cela donne accès à des outils indispensables pour l’étude des fonctions des structures du cerveau impliquées dans le comportement agressif. Le rat africain est un modèle animal diurne correspondant au mode d’activité de l’humain. Il possède également une rétine dont la composition est proche de la rétine humaine. Des informations comportementales complémentaires pertinentes pour l’humain seront alors collectées. L’agressivité des rongeurs semble décliner avec l’âge a l’instar des capacités motrices. Pour ces raisons nous avons choisi de jeunes adultes (2-4 mois). Cela permet d’utiliser des individus avec un comportement agressif encore développé. Nous utilisons également une tranche d’âge resserrée afin de s’affranchir des trop fortes variations d’agressivité liées l’âge.
Quantification du rôle de la barrière cutanée dans l’adaptation à l’aridité chez les lézards Lacertidae
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
200 lézards de dix espèces sauvages vont être capturés puis utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, avant d'être relâchés à leur point de capture. Seuls des mâles sont capturés sur le terrain, gardés cinq à sept jours et soumis à des mesures répétées de pertes en eau cutanée et à des mesures morphologiques, pour relier la topographie des écailles à l'adaptation à l'aridité. Le porteur indique que les nuisances tiennent surtout au stress de la capture, du transport et des contentions, qu'il déclare réversible. Il justifie le recours à des animaux sauvages par l'absence d'élevage de ces espèces et affirme que les collections de muséum ne permettent pas de mesurer les pertes hydriques.
Objectifs
Les variations spatiales de la disponibilité en eau et des conditions thermiques dans l'environnement favorisent l'évolution de tactiques spécifiques de conservation de l'eau et d'optimisation de son utilisation pour les besoins métaboliques. Chez les animaux ectothermes terrestres, la balance hydrique dépend de l'équilibre entre l'apport d'eau par l'alimentation et la consommation d'eau de pluie, d'eau stagnante ou d'humidité, la production d'eau métabolique et la perte d'eau par évaporation respiratoire, ainsi que la perte d'eau par évaporation cutanée, oculaire ou cloacale (perte d'eau cutanée). La perte d'eau cutanée est par ailleurs un élément prépondérant dans la perte évaporative totale. Ainsi, les adaptations à l’aridité chez ces organismes devraient impliquer des mécanismes de réduction des pertes hydriques cutanées et/ou respiratoires, ainsi que des modifications du métabolisme basal. Des adaptations structurelles du tégument semblent minimiser la perte d'eau et maximiser la locomotion et la résistance à la déshydratation chez les reptiles, dont la résistance cutanée à la perte d'eau dépend de l'épaisseur de la peau, des lipides de la couche cornée et de la couverture de la surface par les écailles. À ce jour, il n'existe aucune étude liant la caractérisation de la diversité interspécifique des pertes hydriques cutanées avec des mesures topographiques des écailles chez les reptiles. De fait, nous proposons ici d'analyser et de mesurer conjointement les pertes hydriques totales et cutanées et la topographie des écailles associées sur des lézards de différentes espèces de Lacertidae. En utilisant des espèces venant de milieux contrastés, nous pourrons ainsi mieux comprendre les mécanismes de résistance aux contraintes hydriques le long des gradients d'aridité et identifier les caractères et les espèces les plus sensibles à l'altération des conditions climatiques.
Bénéfices attendus
Ce projet a pour objectif de faire progresser la compréhension du rôle de la peau dans les adaptations aux contraintes hydriques le long des gradients d'aridité. Des premières études chez les reptiles montrent une relation négative entre les pertes hydriques totales et la température de l’environnement, et quelques travaux ont mis en évidence des relations entre l'aridité et la topographie des écailles, mais aucune étude n'a encore fait le lien entre les pertes hydriques cutanées et la topographie des écailles dans un contexte comparatif. Après l'achèvement de ce projet, ces données pourront être utilisées pour effectuer des modèles prédictifs afin d'étudier l'influence des variations climatiques futures sur la distribution de ces espèces. Enfin, ce projet va également fournir des données uniques sur une dizaine d'espèces de lézards, ce qui permettra de mieux comprendre l'écophysiologie hydrique comparative de ces espèces, certaines pouvant occuper des régions très arides.
Procédures
Nos protocoles impliqueront des captures sur le terrain, le transport des animaux et des mesures morphologiques (3 séries de mesure de 30 secondes le jour de la capture ou le lendemain), une acclimatation pendant 1 ou 2 journées, des mesures de perte hydriques cutanées (6 mesures successives de 3-4 minutes pendant une journée) et des mesures de pertes de pertes hydriques totales au repos (1 mesure pendant la nuit avec deux pesées avant et après le protocole) en cumulatif sur chaque individu de chaque espèce et chaque population du projet. Après 2 à 4 journées d'acclimatation et de surveillance, les animaux seront relâchés sur leur site de capture
Impact sur les animaux
Les mesures sont faiblement invasives et les nuisances seront essentiellement liées au stress de la capture et du transport et aux contentions. Les mesures répétées induisent un stress léger pour les animaux principalement du fait des contentions et du cumul des actes. Le stress induit par la contention est parfaitement réversible et n'entraîne pas de conséquences à long terme. Par ailleurs, le stress lié à l'hébergement sera réduit car les animaux seront gardés au maximum 5-7 jours en captivité puis relâchés.
Devenir
Tous les animaux seront relaché à l’endroit exacte de la capture. Les mesures effectuées comportent une part de stress; cependant, elles ne produisent aucune séquelle durable pour les animaux qui seront tous gardés en vie.
Remplacement
L'objectif de l'étude est de comprendre les adaptations physiologiques des lézards sauvages dans leurs environnements naturels. Nous ne disposons pas d'élevage de ces espèces et les collections de Muséum ne permettent pas de faire des mesures de pertes hydriques. Les animaux vivants capturés sur le terrain ne peuvent donc être remplacés par un équivalent cellulaire ou in silico ni par des individus élevés en captivité pour ce projet.
Réduction
Afin de garantir la puissance statistique de l'étude tout en réduisant l’effectif de l’étude, nous proposons d’échantillonner entre 1 et 2 populations de chaque espèce le long d'un gradient d'aridité de l'habitat entre les 10 espèces (depuis des espèces de milieux continentaux humides jusqu’à des espèces de milieux arides) et en capturant un nombre limité mais homogène de mâles dans chaque population (10 adultes). En matière d'analyse, cela impliquera une analyse de variance avec 10 espèces x 2 populations x 10 individus soit 200 individus.
Raffinement
Les individus maintenus en captivité seront acclimatés avant les mesures puis suivis quotidiennement. Les conditions d'hébergement seront enrichies (présence d’abris et de substrat) en suivant les recommandations zootechniques pour l'espèce. Nous nous appuierons sur un suivi journalier et scoré des individus pour quantifier plusieurs paramètres. Les comportements des animaux seront contrôlés visuellement chaque jour pour détecter l'apparition de comportements anormaux tels que prostration, léthargie, ou agitation. La masse corporelle sera suivie régulièrement (tous les 2 jours) afin de détecter toute perte soudaine de masse. Après les mesures, l’animal sera surveillé pendant 2-4 jours puis replacé dans son habitat naturel au point de capture.
Choix des espèces
Les espèces animales choisies sont le lézard des souches (Lacerta agilis), le lézard des murailles (Podarcis muralis), le lézard vivipare (Zootoca vivipara), le lézard vert (Lacerta bilineata), le lézard ocellé, (Timon lepidus), le lézard de Bonnal (Iberolacerta bonnali), le lézard catalan (Podarcis liolepis), le lézard de Bédriaga (Archaelacerta bedriagae), l’Algyroïde de Fitzinger (Algydroides fitzingeri) et le lézard tyrrhénien (Podarcis tiliguerta). Ces espèces font partie de la famille des Lacertidae qui dispose d’une phylogénie complète et récente et est distribuée en Eurasie et en Afrique. Elle représente 360 espèces répartie dans 30 genres différents distribués sur un gradient d’aridité et dans une grande diversité d’habitats. Cette famille comprend de nombreuses espèces menacées d’extinction en Europe et à valeur symbolique et écologique forte. Ce projet visera à quantifier le rôle de la peau dans l'adapation à l’aridité et pour aider à identifier les epsèces les plus sensible au réchauffement climatique. Dans ce projet, uniquement des mâles sexuellement matures vont être mesurés afin de limiter la variabilité de taille, de statut physiologique et de cycle reproducteur entre individus pouvant influencer les pertes hydriques cutanées.