Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Autres troubles humains
- Bien-être animal
- Cancers
- Diagnostic des maladies
- Maladies animales
- Maladies des plantes
- Maladies infectieuses
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
- Troubles cardiaques
- Troubles endocriniens
- Troubles gastrointestinaux
- Troubles immunitaires
- Troubles musculosquelettiques
- Troubles nerveux
- Troubles respiratoires
- Troubles sensoriels
- Troubles urogénitaux
Suivi de la prolifération cellulaire après ischémie rénale chez le porc.
- Recherche appliquée
- Troubles urogénitaux
Anesthésiés pour une mesure de filtration rénale de deux heures quinze, puis soumis à l'insertion d'un ballonnet dans l'artère rénale gonflé trente minutes pour interrompre la circulation sanguine, 11 porcs de 60 kg subissent ensuite trois biopsies rénales chacun, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le porteur décrit une douleur légère à l'insertion du ballonnet, une douleur modérée aux biopsies, une perte de poids et une déshydratation. L'objet immédiat se limite à mesurer combien de temps dure la multiplication des cellules rénales après une interruption de circulation, première étape d'un travail sur le délai optimal de prélèvement des greffons. Les 11 porcs sont tués à la fin pour que leurs reins soient prélevés et leur structure examinée.
Objectifs
La transplantation est le meilleur traitement de l'insuffisance rénale terminale. Le nombre de patients sur la liste d'attente d'une greffe de rein augmente constamment et le nombre de greffons reste largement insuffisant. Entre 2017 et 2021, seulement 41% des personnes sur la liste d'attente ont été greffées. Il est donc indispensable d'augmenter la qualité des greffons disponibles afin de diminuer le risque de reprise retardée de fonction, qui survient rapidement après transplantation. Malgré les améliorations apportées dans la prise en charge, cette reprise retardée de fonction survient dans 30% des reins greffés. Entre le prélèvement chez le donneur et la greffe chez le receveur, le rein subit une ischémie, c'est-à-dire un arrêt de la circulation sanguine, qui provoque des lésions rénales. Un tiers des donneurs en état de mort cérébrale subit un arrêt cardiaque récupéré, qui entraîne une ischémie. Un rein provenant d'un donneur ayant fait un arrêt cardiaque subit donc deux ischémies au lieu d'une. Ces reins devraient donc avoir un risque plus important de reprise retardée de fonction mais aucune étude n'a jamais confirmé cette hypothèse. Des facteurs intervenant entre l'arrêt cardiaque et le prélèvement du greffon modifieraient donc les conséquences de l'ischémie sur sa reprise de fonction. En accord avec cette hypothèse, nous avons montré qu'un intervalle entre arrêt cardiaque et prélèvement inférieur à 3 jours est associé à un risque plus élevé de reprise retardée de fonction. Nous cherchons maintenant à identifier les mécanismes sous-jacents. Notre première piste est celle de la prolifération cellulaire, c'est-à-dire la multiplication des cellules. En effet, l'ischémie provoque la mort d'une partie des cellules du rein, qui vont être remplacées grâce à la prolifération des cellules survivantes. Nous avons montré que les cellules épithéliales rénales en prolifération meurent plus lorsqu'elles subissent une ischémie que des cellules qui ne prolifèrent pas. Un prélèvement (2ème ischémie) pendant la phase de prolifération induite par l'arrêt cardiaque (1ère ischémie) pourrait donc avoir des conséquences négatives sur le greffon. Afin de démontrer cette hypothèse, nous allons utiliser le modèle porcin. Une transplantation rénale sera réalisée pendant ou après la phase de prolifération induite par une ischémie rénale. La première étape de ce projet est de déterminer la durée de la phase de prolifération induite par une ischémie.
Bénéfices attendus
L'insuffisance rénale chronique est un problème majeur de Santé Publique, et son meilleur traitement, la greffe rénale, est limité par la durée réduite de fonctionnement du greffon. Le nombre de patients sur la liste d'attente d'une greffe de rein a augmenté de 6% en 2020. Cependant, le nombre de greffons n'augmente pas de la même façon, demeurant ainsi largement insuffisant. Il est donc indispensable d'augmenter la qualité et la survie des greffons disponibles afin de diminuer le risque de non-reprise de fonction, qui survient rapidement après transplantation. Si notre projet confirme notre hypothèse de travail, il pourra permettre d'améliorer la qualité des greffons en recommandant un intervalle de temps optimal pour le prélèvement après un arrêt cardiaque récupéré. Le délai entre arrêt cardiaque et prélèvement du rein pour greffe est un paramètre modifiable qui n'a jamais été étudié auparavant.
Procédures
Les 11 animaux seront soumis aux interventions suivantes : (1) mesure du débit de filtration glomérulaire sous anesthésie générale. Cette partie de la procédure dure 2h15. (2) Toujours sous anesthésie générale, induction d'une ischémie rénale par insertion d'un ballonnet dans l'artère rénale par voie vasculaire à partir de la région inguinale. Le ballonnet est maintenu gonflé pendant 30 minutes puis dégonflé et retiré. Cet acte dure 50 minutes. (3) Injection par voie intraveineuse de marqueurs de prolifération sous sédation. Cet acte dure 10 minutes. (4) Biopsie rénale sera effectuée sous sédation pour maintenir l'animal immobile et anesthésie locale. Trois biopsies seront effectuées sur chaque animal. Cette procédure dure 30 minutes.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables prévus sont les suivants : (1) douleur légère provoquée par la procédure nécessaire pour insérer et retirer le ballonnet (perforation de la peau et du plan musculaire sous-cutané); (2) douleur modérée provoquée par la biopsie (ponction à travers la peau); (3) altération modérée de l'état général : perte de poids, déshydratation; (4) stress induit par les manipulations quotidiennes. Ces nuisances seront réduites au maximum grâce à la réalisation des procédures sous anesthésie générale balancée (hypnose et analgésie) et l'utilisation de mesures de raffinement appropriées.
Devenir
Les 11 animaux seront euthanasiés en fin de procédure afin de pouvoir prélever les reins pour étudier leur structure.
Remplacement
Des études préliminaires réalisées sur des biopsies humaines et des études in vitro ont permis de confirmer nos hypothèses de travail. Seul l’animal entier et vivant, et possédant une masse corporelle et un système rénal proche de l’homme, permettra de déterminer si un prélèvement du rein au moins 3 jours après l'arrêt cardiaque permet de réduire le risque de reprise retardé de fonction du greffon.
Réduction
Nous avons choisi de réaliser des biopsies successives sur le même animal afin de limiter le nombre d'animaux. L'autre alternative aurait en effet été d'euthanasier 9 porcs à chaque temps choisi après ischémie. Le nombre de porcs nécessaires à notre étude a été calculé de sorte à réduire au maximum l'utilisation des animaux tout en ayant un effet statistique significatif. Il tient compte des variations inter-individuelles de la pathologie rénale, et de la nécessité d’utiliser des tests non paramétriques (la quantification de la division cellulaire ne suivant pas une distribution normale).
Raffinement
Le bien-être des animaux est assuré grâce à un environnement adapté de façon à réduire l’angoisse des animaux : - Hébergement en groupe pour contact régulier entre congénères - Enrichissement de l’environnement des animaux avec des copeaux (activité de fouissement) - Activités avec plusieurs dispositifs d’enrichissement (medecine ball, planche à gratter ...) - Pesée hebdomadaire réalisée sous forme de jeux avec récompense (portion de fruit). De plus, avant de démarrer le protocole expérimental, les animaux auront une semaine minimum d’acclimatation dans l’animalerie et feront l’objet d’un contrôle quotidien par un zootechnicien. Lors de ce contrôle, des observations basées sur l’apparence physique externe, le comportement (sociabilité, appétit) et les réponses comportementales attendues aux stimuli externes (peu enclins aux manipulations, tentative de fuite) seront réalisées. Ces contrôles permettront de repérer tout animal malade ou blessé et de prendre les mesures appropriées. L'évaluation du bien-être animal sera réalisée de manière quotidienne pour chaque animal, pendant la période d'acclimatation et durant la phase expérimentale jusqu'à son euthanasie. Ces différents éléments seront évalués à l'aide d'une grille d'évaluation émanant de la cellule du bienêtre animal. L’atteinte d’un point limite sera déterminée par l’observation de signes comportementaux, d’apparence générale permettant de quantifier la souffrance de l’animal selon un score spécifique à l’espèce porcine. Les interventions longues sont réalisées sous anesthésie générale balancée (narcose, analgésie et curarisation) combinant hypnotiques et analgésiques. Les interventions de courte durée et peu douloureuse seront réalisées sous sédation et anesthésie locale.
Choix des espèces
Nous utilisons des porcs de type charcutier adultes de 60kg qui possèdent des caractéristiques anatomiques permettant l'ischémie rénale par ballonnet (taille des vaisseaux par rapport au dispositif).
Etude de stratégies d’adaptation des conditions d’élevage des veaux de boucherie aux épisodes de chaleur
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Pour éprouver des moyens de maintenir l'engraissement des veaux pendant les vagues de chaleur, 192 veaux de boucherie vont être placés trois semaines dans des salles chauffées à 30 ou 32 °C le jour et 25 à 27 °C la nuit. Les procédures impliquent un niveau de souffrance modéré, le porteur ne retenant comme effet attendu qu'une "gêne" liée au stress thermique. Les veaux sont répartis en parcs de vingt-quatre, 96 subissant l'épisode de chaleur à 100 kg de poids vif et 96 autres à 200 kg, avec du lait servi à 32 °C au lieu de 45 °C pour une partie d'entre eux. Aucun n'est tué pour l'étude, chacun retournant après une semaine de transition dans le circuit d'élevage commercial d'où il vient.
Objectifs
Les veaux de boucherie sont majoritairement élevés dans des batiments fermés équipés d'une ventilation dynamique qui extrait en permanence de l'air des salles d'élevage. Cette extraction entraîne une dépression à l'intérieur de la salle, qui est compensée par une entrée d'air neuf venant de l'extérieur. Ce système de ventilation permet ainsi un renouvellement de l'air intérieur avec un système de régulation basé sur un objectif de température ambiante (plus la température monte par rapport à une température de consigne, plus les ventilateurs tournent pour augmenter le renouvellement de l'air et abaisser la température par une entrée accrue d'air frais). Ainsi, la chaleur générée par les animaux (environ 250 W par veau et par h) est compensée par une arrivée d'air neuf permettant de limiter l'élevation de la température dans la salle d'élevage. Ce système de ventilation devient ineffficace dès lors que la température extérieure est plus élevée que la température de consigne. Cette température de consigne doit correspondre à la température de thermoneutralité des veaux, qui est en moyenne de 18°C chez les veaux (donnée ancienne déterminée chez des animaux d'un poids de 200 kg). Pendant une partie de l'année (période estivale), la température ambiante dans les bâtiments d'élevage est donc plus élevée que la température de thermoneutralité, plaçant les animaux dans une situation de stress thermique, d'autant plus que la vapeur d'eau produite par les animaux entraîne conjointement une augmentation de l'humidité de l'air dans le bâtiment, à même de compliquer encore plus les conditions d'élevage des veaux. Les objectifs du projet sont de déterminer les conditions de température et d'humidité correspondant à la thermoneutralité chez les veaux afin de développer des systèmes de régulation des conditions d'ambiance plus adaptés pour ces animaux. Le projet permettra également de déterminer les leviers d'adaptation des veaux aux conditions ambiantes afin d'adapter l'alimentation des animaux lors de périodes de vagues de chaleur.
Bénéfices attendus
Le projet va permettre d'acquérir des connaissances sur les moyens de lutte en élevage pour faire face à des conditions d'ambiance de stress thermique. Les résultats obtenus permettront de fournir aux éleveurs de veaux de boucherie des solutions techniques permettant de limiter l'impact des épisodes de chaleur sur les veaux (brassage de l'air, diminution des températures de buvée du lait à 32°C au lieu de 45°C).
Procédures
Les salles dans lesquelles les veaux seront élevés seront chauffées pendant 3 semaines pour simuler un épisode de chaleur (30-32°C la journée et 25-27°C la nuit). En 2025, 96 veaux seront soumis à cet épisode de chaleur de 3 semaines lorsqu'ils atteindront le poids vif de 100 kg. En 2026, 96 veaux seront soumis à cet épisode de chaleur de 3 semaines lorsque les veaux atteindront le poids vif de 200 kg.
Impact sur les animaux
Les conditions d'ambiance dans les salles pendant la phase expérimentale (température jusqu'à 30-32°C pendant 3 semaines) vont induire un stress thermique pouvant générer une gêne pour les animaux.
Devenir
Aucun animal ne sera euthanasié pour les besoins de l'étude. A l'issue de la procédure, chaque animal sera replacé en conditions d'élevage commercial après une transition d'adaptation d'1 semaine. Cette transition visera à faire baisser progressivement la température des bâtiments à raison de 1°C/heure jusqu'à l'obtention de la thermoneutralité et à revenir à une température classique de buvée du lait de 45°C (à raison d'une augmentation de 2°C/jour sur 1 semaine).
Remplacement
Le projet porte sur la réponse des veaux en termes d'adaptation à la chaleur. Il n'existe pas de modèles mathématiques qui prennent en compte ces différentes composantes afin de prédire l'adaptation des veaux. Pour cela, le projet est basé sur l'utilisation d'animaux en vue de mesurer leur réponse aux vagues de chaleur.
Réduction
En se basant sur les données antérieures, pour être sûr de disposer d'une puissance statistique suffisante, il faut un effectif de 24 veaux par modalité mise en comparaison. Soit 96 veaux par essai comportant 4 modalités testées.
Raffinement
Les animaux sont placés en parcs collectifs de 24 veaux pendant toute la durée expérimentale. En termes de mesures de raffinement, les veaux auront libre accès 24h/24 aux différents aliments composant leur alimentation : lait, aliment solide (mélange de concentré et de fourrage) et eau. L'ensemble de ces aliments leur sera distribué ad libitum, ainsi les animaux pourront choisir librement en fonction de leurs besoins, l'aliment (ou les aliments) qu'ils souhaitent consommer à n'importe quel moment du jour ou de la nuit. Au-delà de cet enrichissement alimentaire, il sera mis à disposition des veaux des supports physiques non nutritifs tels que des chainettes en acier inoxydable, ainsi que des grattoirs.
Choix des espèces
Il s'agit de l'espèce cible pour l'étude. Les deux gammes de poids des veaux (100 kg de poids et 200 kg de poids vif) sont considérées car la sensibilité au stress thermique est susceptible de dépendre du poids des animaux.
Impact du mercure et d’un stress nutritionnel sur les frégates en Guyane
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
- Système immunitaire
230 frégates superbes de Guyane vont être capturées à leur nid, les yeux couverts d'un bandeau noir pour les calmer, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les oisillons subissent des mesures, un baguage et des prises de sang de 1 à 1,5 millilitre avant et après traitement, certains recevant un chélateur du mercure, un antiviral, du poisson, un vaccin ou une injection de LPS destinée à déclencher une réponse immunitaire. Le porteur cherche à savoir si le mercure et la malnutrition rendent les jeunes plus vulnérables à un herpèsvirus qui tue 85 à 95 % des poussins de cette colonie, et annonce que tous les oiseaux seront relâchés au nid. Il présente ces expériences comme ayant des "effets bénéfiques sur les individus traités", tout en indiquant que l'antiviral peut abîmer les reins et que le LPS provoque de la fièvre.
Objectifs
Le mercure représente une menace importante pour les humains et la biodiversité dans le monde entier, mais nous ne savons que très peu de choses sur l'accumulation du mercure dans la faune, et particulièrement sur ses conséquences pour la santé des individus et la viabilité des populations. Les niveaux de mercure dans les oisillons de Guyane française sont significativement plus élevés que les niveaux de mercure dans d'autres colonies de la même espèce. Des travaux antérieurs ont également montré que la faune de Guyane française pourrait être soumise à des pressions dues à la pêche côtière illegale, et le récent déclin des activités de pêche à la crevette (en rejetant à la mer plusieurs tonnes de captures accidentelles) pourrait avoir réduit les bénéfices associés chez les oiseaux marins locaux. Depuis 2005, les poussins de Frégate superbe de cette population montrent l'apparition de signes cliniques sévères - i.e., des croûtes cutanées qui se propagent rapidement sur tout le corps des poussins entrainant une mortalité élevée (environ 85-95%). Ces signes cliniques et la mortalité associée sont probablement dus à une infection par un Herpèsvirus. Cependant, les Herpèsvirus n'entraînent pas de mortalité ni de problèmes évidents si les animaux sont en bonne santé. Nous supposons donc que des facteurs de stress environnementaux (exposition au mercure, malnutrition, ou une combinaison des deux) rendent les jeunes animaux plus sensibles à la maladie. Ce projet vise donc principalement à comprendre ce point, et à déterminer si certains individus ont des défenses immunitaires plus efficaces que d'autres.
Bénéfices attendus
Entre 85% et 95% de tous les poussins de Frégates meurent d'une maladie (probablement d'origine virale, mais une co-infection avec d'autres agents pathogènes est possible), d'une manière atroce et douloureuse. La maladie des jeunes entraîne également un problème pour les adultes, car ils sont obligés d'investir des ressources (recherche de nourriture, protection, compétition) sur un oisillon qui va probablement mourir. Ces expériences sont donc la clé pour réduire la souffrance des oisillons et pour améliorer notre compréhension de la corrélation entre le stress environnemental et les maladies de la faune sauvage. Notre projet permettra de développer des programmes ciblés de surveillance des maladies et des stratégies de conservation efficaces et à long terme. Les expériences prévues dans le cadre de cette étude auront des effets bénéfiques sur les individus traités (par exemple, avec des poissons locaux et non locaux, ce qui améliorera leur croissance et les protégera de l'apparition de signes cliniques visibles de la maladie virale, et également par la substance utilisée pour réduire l’éventuelle intoxication par des métaux lourds). En outre, les expériences que nous prévoyons visent à stimuler leur système immunitaire et à améliorer leur capacité à réagir aux agents pathogènes, ce qui pourrait leur permettre de survivre à de futures infections.
Procédures
Dans une première étude (138 animaux), une étude pilote sur 8 oiseaux sera réalisée (voir 5.6.2), 20 oiseaux recevront un traitement pour réduire la toxicité du mercure, 20 recevront un traitement contre l'herpèsvirus, 40 recevront un traitement pour réduire la malnutrition, et 50 oiseaux constitueront deux groupes controles ) Les animaux seront soumis à des mesures morphométriques (poids, taille, baguage, etc.) et à des prélèvements sanguins avant (1.5ml) et après (1.5ml) traitements. Dans une deuxième étude sur 20 couples adultes (40 individus au total), un prélèvement de 1,5 ml de sang sera effectué pour mesurer les niveaux de mercure et la façon dont ils affectent les hormones qui stimulent les soins parentaux. Enfin, trois autres groupes d'oiseaux (52 animaux au total) recevront soit une injection sous-cutanée d'un placebo (26 oiseaux témoins), soit une injection sous-cutanée pour stimuler une réponse immunitaire (26 oiseaux répartis en 13 oiseaux vaccinés, et 13 immunostimulés par du LPS). Pour ces individus, un échantillon de sang de 1mL sera prélevé avant le traitement, un deuxième échantillon après quelques heures, et un troisième échantillon après quelques jours. Les oiseaux seront marqués avec une bague et surveillés tous les deux jours.
Impact sur les animaux
Les individus auxquels nous donnons le poisson (local et non local) bénéficieront des effets positifs (par exemple, ils seront protégés de l'apparition des signes cliniques de la maladie virale, et présenteront une augmentation de la masse corporelle). En ce qui concerne les traitements au DMSA (pour éliminer le mercure) et a l'acyclovir (pour traiter l'herpèsvirus), ils pourraient entrainer des problèmes, notamment au niveau des reins pour l’acyclovir. Le DMSA peut provoquer des effets plus légers impliquant une gêne gastro-intestinale, une réaction cutanée, et de la fatigue, qui seront considérés comme des effets indésirables et l'administration sera interrompue. L'administration de LPS et du vaccin peuvent, chez certains individus, stimuler une réponse inflammatoire provoquant de la fièvre. Dans ce cas, les effets indésirables ne sont que de courte durée et les oiseaux reviennent à la normale en quelques heures. Nous utiliserons des doses très faibles de DMSA et acyclovir, comparables à celles utilisées précédemment dans d'autres études similaires. Nous pensons que notre expérience provoquera des effets indésirables légers et temporaires qui ne dureront que quelques jours. En ce qui concerne les autres traitements expérimentaux, nous nous attendons à des effets positifs sur la santé des poussins. Une étude pilote réalisée sur un petit nombre d'individus (4 individus pour le DMSA et 4 pour l'acyclovir), et permettra d'éviter des effets indésirables en determinant les concentrations qui peuvent être administrées. Le manque d'appétit, les vomissements et la diarrhée seront considérés comme des effets indésirables et l'administration sera interrompue. Nous surveillerons quotidiennement l'apparition de i) troubles digestifs, avec diarrhées et vomissements persistant plus de 12 heures, ii) d'une perte de poids de 15 % en une semaine, iii) d’un refus de s'alimenter pendant plus de 2 jours consécutifs, et le traitement sera interrompu si l'un de ces points limites est atteint. Les prises de sang et les injections sous-cutanées correspondent à une petite piqûre avec une aiguille très fine et ne provoquent qu'une douleur très légère.
Devenir
Tous les oiseaux seront relaché au nid.
Remplacement
Cette étude permettra de comprendre les effets de l'exposition au mercure sur la physiologie des oiseaux de mer et leur susceptibilité à une maladie virale. Il n'existe aucune approche pertinente pour remplacer l'utilisation d'animaux dans cette recherche. Le virus est spécifique de cette espèce de Frégate, donc celle-ci ne peut pas être remplacée par une autre espèce. En outre, il est fondamental de mener les expérimentations proposées dans la nature car des expériences similaires sur des animaux captifs ne reflèteraient pas les conditions réelles auxquelles les animaux sont exposés dans la nature. Le projet implique l'inclusion et l'étude de certaines variables (telles que les soins parentaux et le stress physiologique causé par l'ingestion de poisson contaminé au mercure) qui ne peuvent être reproduites en captivité.
Réduction
Pour cette étude, le nombre d'individus a été réduit afin de perturber le moins possible la colonie d'oiseaux. Le nombre d'individus à utiliser pour chaque procédure expérimentale a également été vérifié à l'aide d'un logiciel statistique qui a validé nos choix.
Raffinement
Des études sur d'autres espèces, ainsi que nos études antérieures sur les Frégates, permettent de limiter au maximum les effets secondaires (par exemple liés à la concentration de quoi à administrer). Nous travaillons avec cette espèce depuis une dizaine d'années et la connaissons très bien. Au fil des années, nous avons, par exemple, compris que la capture des adultes se fait mieux la nuit que le jour, et surtout à l'aide d'une lumière verte (et non rouge). Cela nous a permis de limiter considérablement le nombre de fois où les oiseaux, après avoir été relâchés au nid, s'envolent. Des décisions similaires ont été prises pour les oisillons. Par exemple, immédiatement après leur capture au nid, les yeux des oisillons sont recouverts d'un bandeau noir. Cela les calme et limite les mouvements d'ailes pendant leur maintien. En outre, nous avons augmenté le nombre de personnes participant à l'échantillonnage (une personne tient l'oiseau immobile sur ses jambes, une autre tient l'aile ouverte, une personne effectue l'échantillonnage et les mesures, et un autre écrit). Ceci nous a permis de réduire considérablement le temps de prélèvement et de remise au nid. Connaissant le comportement "normal" des individus en bonne santé, nous sommes également en mesure de comprendre les comportements "anormaux" (par exemple, cou courbé vers le bas, éruptions cutanées sous les ailes ou sur la gorge) et d'intervenir et d'interrompre le traitement en cas d'observation de ces éléments. Enfin, par rapport aux études précédentes, nous utilisons maintenant une huile dans laquelle les pilules (contenant les différents traitements ou le placebo) sont plongées avant d'être administrées par voie orale, et nous simulons le mouvement de bascule du poisson pendant l'administration, de sorte que les oiseaux ne sont pas nourris de force.
Choix des espèces
La Frégate superbe est une espèce très pertinente pour ce projet. Les individus se nourrissent au sommet de la chaîne trophique et sont donc sensibles à l'accumulation de contaminants. De plus, les soins parentaux sont très longs et les jeunes ont besoin d'un approvisionnement continu pendant plusieurs mois. Cette population souffre également d'une maladie infectieuse qui la rend unique d'un point de vue scientifique. Les oisillons qui seront inclus dans cette étude ne seront âgés que de quelques semaines car i) nous avons besoin d'oisillons avant l'apparition des signes cliniques ; ii) lorsqu'ils sont jeunes, l'effet de la contamination environnementale est mineur.
Acquisition d’une maitrise des gestes techniques nécessaires à la bonne réalisation des procédures expérimentales
- Formation professionnelle
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
Rats : 690
Cochons d'Inde : 817
Lapins : 647
Pour que le personnel d'animalerie acquière et maintienne la maîtrise de gestes techniques exigée par l'arrêté du 1er février 2013, 2 772 animaux non-humains vont être utilisés et tous tués. Ce sont 817 cobayes, 690 rats, 647 lapins et 618 souris, chacun soumis vigile et sous contention à quatre gestes différents au maximum, de trente secondes à deux minutes, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le porteur indique que les mannequins et les simulateurs d'injection servent en amont mais ne suffisent pas à réussir le geste sur un animal vigile. Il précise que ces animaux sont des animaux de réforme "déjà destinés à l'euthanasie" ou repris d'autres protocoles, et qu'ils ne sont pas gardés en vie afin de pouvoir vérifier la qualité du geste.
Objectifs
Ce projet est dédié à l’acquisition d’une parfaite maîtrise de gestes techniques nécessaires à la bonne réalisation des procédures expérimentales par les personnels d’animalerie. Il répond aux exigences réglementaires de l'arrêté du 1er février 2013 relatif à l’acquisition et à la validation de compétences du personnel des établissements utilisateurs, éleveurs et fournisseurs d’animaux à des fins scientifiques. Maîtriser les gestes techniques est fondamental pour le bien-être animal (réduction au maximum du stress et de la douleur associé à ces gestes) et la reproductibilité des résultats scientifiques (exécution correcte du geste et fiabilité du résultat scientifique en découlant) lors des prochaines procédures de l’établissement. L’objectif de ce projet est d’assurer, après une première acquisition théoriques et sur modèles inertes, des compétences relatives aux gestes techniques, leur qualification et leur maintien dans le temps tout en garantissant le bien-être des animaux.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus du projet sont la maitrise pour nos personnels travaillant avec les animaux des gestes techniques de routine dans nos activités, en respectant les bonnes pratiques actuelles et en minimisant les contraintes sur les animaux. En s’assurant que nos personnels sont à jour dans les connaissances pratiques et théoriques des gestes techniques, nous nous assurons que les procédures sont réalisées dans les meilleures conditions possibles et dans le respect du bien-être de l’animal.
Procédures
Chaque animal sera soumis au maximum à 4 gestes techniques différents, vigile et sous contention, d’une durée oscillant entre 30 secondes et 2 minutes.
Impact sur les animaux
Stress lié à la contention et douleur associée aux gestes techniques (introduction d’une aiguille).
Devenir
Tous les animaux sont mis à mort. Les animaux utilisés sont des animaux de réformes déjà destinés à l’euthanasie, il a donc été décidé de ne pas les garder en vie après les procédures pour éviter tout stress supplémentaire et pouvoir, le cas échéant, vérifier la qualité du geste technique.
Remplacement
Des méthodes alternatives comme des vidéos explicatives ou encore le recours à des mannequins ou autre support inerte (ex : simulateur d’injection intra veineuse) serviront de supports préalables lors des volets théoriques et pratiques des différents gestes techniques. Cependant, ces méthodes alternatives ne suffisent pas pour que le personnel réussisse à réaliser les gestes en conditions réelles, sur animal vigile tout en minimisant les nuisances sur cet animal lors de la réalisation du geste : cette partie ne peut être réalisé in vitro.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés pour les procédures est composé d’un minimum et d’un maximum, afin de pouvoir vérifier que le personnel maitrise la technique. Dès lors que le nombre minimum d’animaux est atteint et que le geste est maîtrisé, la procédure s’arrête. Si le nombre maximum est atteint et que le personnel ne maîtrise toujours pas le geste, il repasse sur modèle inerte. Les animaux utilisés seront uniquement des animaux de réforme de l’animalerie de l’établissement où se déroule le projet ou des animaux réutilisés de protocoles expérimentaux (après validation vétérinaire et selon les recommandations éthiques). Lors de ces procédures et sur les conseil du vétérinaire et/ou la SBEA, il est possible d’utiliser un même animal pour plusieurs gestes techniques (selon leur caractère invasif) afin d’utiliser le nombre minimal d’animaux pour atteindre les objectifs du projet.
Raffinement
Les animaux utilisés seront hébergés dans un environnement adapté à l’espèce, au nombre et à l’âge. Des points limites en fonction des spécificités des gestes seront appliqués. Une observation de l’état clinique général des animaux est réalisée tout au long de la procédure. Des soins spécifiques sont apportés en cas de signes cliniques (soins locaux, ajout d’enrichissement, ajout d’aliment, ...). ...). En cas de détection d’un point limite, l’animal est immédiatement mis à mort. Des points limites spécifiques sont établis et raffinés au fur et à mesure des observations. La manipulation et la contention des animaux se fera par le biais de méthodes les moins stressantes possibles (creux de la main, tunnels, habituation …). Les techniciens s’entraineront d’abord à la contention avant d’effectuer le geste, pour que le geste soit réalisé de manière sécurisée et non stressante pour l’animal et la personne. Les volumes prélevés ou injectés seront basés sur les doses minimales, et avec des produits neutres comme du sérum physiologique, ceci dans le respect des volumes d’administration et de prélèvements propres à chaque espèce.
Choix des espèces
Mâles ou femelles peuvent être utilisés. Dans la mesure du possible, les surplus de stock comme les mâles chez l’espèce souris et lapins et les femelles chez l’espèce rat et cobayes seront choisis. Ces espèces ont été choisies car ce sont les espèces élevées et utilisées dans notre établissement, il est donc nécessaire que le personnel maitrise les gestes techniques sur ces différentes espèces qui ont chacune leurs particularités. Pour pouvoir être cohérent avec les conditions réelles dans laquelle ces gestes techniques vont être réalisés et minimiser ainsi l’impact sur le bien-être animal, la qualification et la requalification des gestes techniques est effectuée sur des animaux vivants dont l’espèce correspond à celle sur laquelle les gestes seront réalisés. Les mâles ou femelles peuvent être utilisés. Dans la mesure du possible, les surplus de stock comme les mâles chez l’espèce souris et lapins et les femelles chez l’espèce rat et cobayes seront choisis.
Etude des conditions favorisant la dissémination et le développement d’acariens aviaires et l’exposition humaine à leurs piqûres
- Protection de l’environnement
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Autres oiseaux : 155
Plus de 180 000 acariens hématophages dans un même dispositif, une mortalité observée au-delà d'un seuil estimé à 150 000 par jeune poulet, et des signes annonciateurs qui n'apparaissent qu'un ou deux jours avant la mort. 95 poulets et 155 pigeons bisets vont être exposés à ces pullulations dans des nids artificiels, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les poulets restent confinés quatre semaines d'affilée dans des caissons dimensionnés d'après ce que les expérimentateurs peuvent manipuler pour en extraire les acariens, les pigeons trois nuits par semaine. Le porteur retient le pigeon biset et la poule domestique parce que ce sont les hôtes des acariens qui piquent les humains en ville, et prévoit de replacer ensuite les oiseaux chez des particuliers.
Objectifs
Les piqûres par des acariens ornithophiles du genre Dermanyssus chez l’homme en ville sont de plus en plus souvent rapportées dans différentes régions du Monde. Comme l’acarien est petit, ne vit pas sur l’hôte (se cache dans des interstices) et produit des lésions non spécifiques (confondues avec punaises de lit, moustiques, etc.), la fréquence de ces événements demeure largement sous-estimée. Les pathologies cutanées induites par l’acarien sont généralement absentes ou à peine évoquées dans les formations médicales. Le rôle de réservoir de pathogènes et les compétences vectorielles de ces acariens sont méconnues et nécessiteraient des études conséquentes. L’objectif du projet est d’identifier les déterminants de l'exposition humaine aux piqûres d'acariens hématophages du genre Dermanyssus associés aux oiseaux en ville, puis de rechercher des moyens pour empêcher la circulation entre les nids et l’habitat humain. Au moins 4 espèces du genre Dermanyssus sont présentes dans les nids d’oiseaux urbains, avec une seule espèce généraliste (Dermanyssus gallinae sensu stricto) et trois espèces spécialistes (des pigeons, des hirondelles, des martinets). Nous cherchons à établir comment les odeurs, le comportement des hôtes et la configuration spatiale des surfaces reliant les nids d’oiseau à l’habitat humain déterminent la capacité de chaque espèce d’acarien à coloniser l’habitat des humains. L’objectif des expérimentations au laboratoire sur les oiseaux est d’étudier l’effet des différentes situations sur le développement des populations d’acarien. Des expérimentations complémentaires sur acariens seuls permettront de déterminer comment ils se déplacent et s’orientent dans l’espace. Des modèles mathématiques seront construits sur la base des résultats des deux groupes d’expérimentation pour prédire les conditions de l’exposition humaine aux différentes espèces d’acariens.
Bénéfices attendus
Les bénéfices seront triples : 1°) Apport de connaissance fondamentale en biologie : nos travaux permettront de mieux comprendre la biologie et le comportement locomoteur d’acariens de petite taille omniprésents en milieu anthropisé. En particulier, nous déterminerons le rôle des espèces hôtes, de la configuration des bâtiments et de leurs équipements dans l’interruption du flux de gènes entre populations d’acariens. 2°) Apport de connaissance épidémiologique : nous fournirons une première évaluation du risque d'exposition humaine aux piqûres par des acariens du genre Dermanyssus en fonction des oiseaux en présence, de l'espèce d'acarien et du "paysage" rencontré sur le trajet oiseau-humain (configuration spatiale à l’échelle de l’acarien). 3°) Recommandations opérationnelles : après synthèse des informations que nous tirerons des présentes expérimentations impliquant des oiseaux et des expérimentation sur acariens seuls conduites en parallèle, nous atteindrons pour la première fois une compréhension multi-échelles des processus généraux de dissémination des acariens du genre Dermanyssus et de leur transfert vers les humains. Par une démarche de co-construction, nous prévoyons de produire en fin de projet des recommandations pour la prévention et la gestion des infestations par Dermanyssus et du matériel pour le transfert de connaissances à destination du corps médical (actuellement très peu informé des problèmes induits par Dermanyssus) et des professions touchant à la construction des bâtiments et l’entretien des façades.
Procédures
Les oiseaux seront manipulés pour les introduire et les sortir de leurs nids artificiels (mésocosmes). Ils seront exposés à une pullulation d'acariens.
Impact sur les animaux
Le confinement dans des espaces réduits (mésocosmes) est le principal désagrément subi par l'animal. Il intervient durant 4 semaines consécutives pour les jeunes poulets et seulement durant le repos nocturne ou sur de très courtes durées (3h) pour le pigeon. Le stress induit par la charge parasitaire peut aboutir à la mort en cas de pullulation brutale d’acariens, mais cela ne devrait pas arriver dans nos conditions. En effet, chez le jeune poulet, nous avons observé dans le passé une mortalité dans des mésocosmes contenant >180000 acariens D. gallinae en fin d’expérimentation (après 6 à 7 semaines d'expérimentation). Les signes annonciateurs (ébouriffement, éclaircissement de la crête) apparaissent très peu de temps avant la mort (1-2 jours). La dynamique démographique de la population d’acariens montre une accélération très rapide avec passage d’une charge parasitaire tolérable – sans signes détectable sur l’oiseau - à une charge intolérable en quelques jours après une phase de latence de quelques semaines. Un seuil de tolérance semble se situer légèrement aux alentours de 150000 acariens (tous stades confondus) par jeune poulet de 5-7 semaines exposés depuis l’âge d’une semaine. Nous n'avons pas de données de laboratoire sur pigeons, mais avons observé des nids hébergeant un ou deux pigeonneaux en bonne santé dans lesquels nous avons trouvé plusieurs dizaines de milliers d'acariens après le départ des oiseaux. Nous supposons donc que la charge parasitaire maximum tolérable pour un pigeon exposé en continu aux acariens est du même ordre que pour un jeune poulet. Nous travaillerons avec un inoculum de 200 acariens femelles adultes et sur une durée de 28 jours soit 4 semaines pour les poulets et les pigeons, afin d’éviter les dommages dus aux acariens.
Devenir
Les animaux seront en priorité replacés auprès de particuliers suivant les consignes données l'inspecteur vétérinaire de la région. Nous ne procèderons à leur euthanasie que dans les cas exceptionnels où nous ne trouverions pas d'acquéreurs.
Remplacement
Le projet porte sur la dynamique des populations d'acariens hématophages obligatoires et spécialistes d'oiseaux et leur potentiel à piquer les humains. L'espèce recensée de manière récurrente dans les cas humain est Dermanyssus gallinae L1, espèce spécialisée dans le pigeon. Nous avons donc impérativement besoin de travailler avec cet hôte de prédilection. En outre, les acariens associés aux poules dans les poulaillers familiaux pourraient jouer un rôle dans l'exposition aux piqûres chez les humains, nous avons donc aussi besoin d'utiliser des poules pour reproduire les événements d'infestation. Bien que plusieurs systèmes de nutrition in vitro aient été publiés pour le pou rouge des poules, aucun ne permet à ce jour d’obtenir des cycles complets répétés, et aucun n’a été testé sur les autres espèces de Dermanyssus, cibles du projet. Malgré des efforts substantiels réalisés par plusieurs équipes dont l’équipe porteuse pour améliorer les systèmes de nutrition in vitro, nous n’avons pas la possibilité à ce jour d’utiliser ces méthodes pour évaluer l’effet de l’hôte sur la dynamique des populations des acariens du genre Dermanyssus.
Réduction
Nous prévoyons d'utiliser le nombre minimum d'animaux pour obtenir des résultats statistiquement robustes au vu de la variation établie dans les expérimentations préliminaires en matière de dynamique d'accroissement des populations de Dermanyssus gallinae s.s. en nous basant sur de précédentes expériences dans des dispositifs similaires.
Raffinement
Le désagrément que subiront tous les animaux sera le confinement dans les mésocosmes. En outre, certains animaux pourraient subir un stress important en cas de pullulation excessive d’acariens, bien que cela ne devrait pas arriver car nous avons configuré les expérimentations de manière à éviter ces situations, au vu des données acquises précédemment sur D. gallinae sur jeunes poulets. Le confinement dans les mésocosmes sera limité à 3 nuits par semaines pour les pigeons et 4 semaines consécutives pour les poulets. Les pigeons seront autorisés à voler le jour dans la volière qui contiendra les mésocosmes. Les dimensions des mésocosmes ont été définies de manière à optimiser l’espace pour de jeunes poulets (7 semaines max.) nourris et abreuvés ad libitum tout en rendant possible l’expérimentation : il s’agit du volume maximum que les expérimentateurs peuvent manipuler lors de l’extraction des acariens (il faut rincer intégralement l’intérieur du système et récupérer l’intégralité du produit de rinçage). Les animaux seront surveillés régulièrement afin de détecter d’éventuels signes alarmants (paupières qui se ferment et baisse de tonus pour les pigeons, ébouriffement persistant, prostration, éclaircissement de la crête pour les poulets) ou une agitation inhabituelle. Dans ces cas, nous retirerons l'animal du mésocosmes et l'hébergerons momentanément dans une cage respectant les standards de l'hébergement des poules en expérimentation animale. Afin de limiter le stress induit par les allées et venues du personnel dans la serre, nous installerons un appareil radiophonique qui diffusera de la musique et des voix humaines. Cette technique avait nettement réduit (si ce n'est supprimé) les réactions (sursauts, cris) à l'entrée du personnel dans la serre et à l'approche des mésocosmes durant les précédentes expérimentations sur jeunes poulets. Enrichissement : les pigeons seront hébergés dans des volières équipées de perchoirs similaires à ceux présents dans les élevages de pigeons et de bassines d’eau pour la baignade. Pour les jeunes poulets, un perchoir et un bloc de sel sur le caillebottis du mésocosme permettra aux animaux de se percher et de gratter tout au long de l’expérimentation.
Choix des espèces
L'étude focalise sur des acariens qui se développent dans les nids de pigeons ainsi que les poulaillers familiaux. C'est pourquoi nous allons conduire les expérimentations sur pigeon biset et poule domestique. De manière à réduire l'impact du confinement en mésocosme, nous prévoyons de travailler sur des animaux âgés de maximum 7 semaines au cours des expérimentations sur les poules. Pour les procédures avec le pigeon biset, nous utiliserons des animaux adultes.
Allonger la période de ponte des poules pondeuses pour une meilleure durabilité de la filière de production d’œufs
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Maladies animales
Pour savoir si des poules pondeuses peuvent produire des œufs jusqu'à 100 semaines d'âge au lieu de 70 à 75, un élevage expérimental de 4 000 animaux est monté, dont 640 poules subissent des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ces 640 poules subissent quatre prises de sang, à 17, 55, 57 et 90 semaines, et la moitié du cheptel voit sa véranda fermée à partir de 55 semaines pour simuler un confinement décidé en cas de grippe aviaire. Le porteur reconnaît que la prolongation au-delà de 75 semaines pourrait dégrader leur état physique, plumage compris, tout en présentant l'allongement de la ponte comme une demande sociétale d'utiliser moins d'animaux. Trois cent vingt poules sont tuées en cours d'étude pour analyser leur microbiote intestinal, celles encore vivantes à 100 semaines partant à l'abattoir.
Objectifs
La France est l’un des premiers pays producteurs d’œufs de consommation en Europe. Les poules commencent leur période de production vers 20 semaines d’âge et la terminent, selon les souches génétiques, les pays et les pratiques, entre 70 et 75 semaines d’âge. Il existe une pression sociétale croissante en matière de durabilité des élevages et d’utilisation des animaux. Également, pour des raisons économiques, beaucoup d’éleveurs souhaiteraient prolonger la durée de vie des poules mais, au-delà de 65 à 70 semaines d’âge, ils sont confrontés à une baisse de production, de la qualité des œufs et à une dégradation de l’état physique des poules. Le projet se déroulera dans un bâtiment avec 4 salles indépendantes équipées de volières et de vérandas couvertes (accès à l’extérieur des poules, voir annexe). Au travers d’un suivi fin de l’état de santé et de bien-être des animaux ainsi qu’une amélioration de la nutrition, le projet a pour objectifs d’évaluer la prolongation de la période de production jusque 100 semaines d’âge. Il évaluera également l’effet d’une fermeture soudaine des vérandas pour deux salles pour mimer une éventuelle mise à l’abris des poules, décidée par la DDPP (= services vétérinaires), en cas d’apparition de cas d’influenza aviaire hautement pathogène sur une zone géographique donnée.
Bénéfices attendus
Au travers d’un suivi fin de l’état de santé et de bien-être des animaux ainsi qu’une amélioration de la nutrition, le projet permettra d’améliorer les connaissances sur la prolongation de la période de production des poules pondeuses. Cette prolongation est une demande sociétale grandissante (utilisation de moins d’animaux) et souhaitée par beaucoup d’éleveurs. Le projet évaluera également l’effet d’une fermeture soudaine des vérandas pour mimer une éventuelle mise à l’abris des poules, décidée par la DDPP, en cas d’apparition de cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) sur une zone géographique donnée. Cette fermeture est souvent demandée sur le terrain par les DDPP (= services vétérinaires) lorsque le risque d’apparition de l’IAHP est élevé mais à notre connaissance, c’est la première fois que les conséquences seront finement étudiées.
Procédures
La procédure n'implique pas d'actes invasifs pour la majorité des animaux. Une partie des animaux (640 animaux) sera soumise à un prélèvement sanguin d'une durée d'environ une minute (maximum 4 fois aux âges 17 sem, 55 sem, 57 sem et 90 sem). La moitié des animaux (2000 animaux au total) verront leur véranda fermée à 55 semaines jusqu'à la fin de l'étude (à 100 semaines d'âge).
Impact sur les animaux
-Prélèvements sanguins sur animaux vigiles, nécessitant une contention de l'animal et le prélèvement sanguin avec une aiguille - La prolongation de la durée de vie, au-delà de 75 semaines pourrait conduire à un état physique moins bon (plumage dégradé etc) - La fermeture soudaine des vérandas couvertes pourrait rendre les animaux plus anxieux
Devenir
En plus des animaux vivants à la fin de l'étude (envoi à l'abattoir), 20 animaux par salle seront mis à mort à différents temps (4 temps) pour étudier le microbiote intestinal, soit, pour les 4 salles, 320 animaux.
Remplacement
Pour atteindre les objectifs de ce projet, en particulier permettre de prolonger la durée de la période ponte des poules pondeuses, l’utilisation des animaux est indispensable.
Réduction
Ce projet, mené dans le cadre de la recherche agronomique, porte sur des installations semi-commerciales, pour être a minima représentatif de ce qui peut se passer dans les élevages commerciaux. Nous utilisons 4000 poules dont la destinée est la production d’oeufs consommés par les humains. Pour rappel, un élevage commercial classique comprendra plusieurs dizaines de milliers de poules. Au total, 640 animaux sur les 4000 subiront un prélèvement sanguin (interventions au-dessus du seuil réglementaire)
Raffinement
Les poules sont élevées en volières (c’est-à-dire en liberté dans une salle avec des structures permettant d’explorer l’espace en hauteur) et ont accès à l’extérieur via une véranda couverte. Des enrichissements du milieu de vie (perchoirs, blocs à picorer, balles de luzerne etc) sont mis à disposition avec une rotation régulière. Les prélèvements sanguins seront effectués par du personnel expérimenté. La préparation sera minutieuse de façon à ce que la contention de l'animal et le prélèvement de sang durent le moins longtemps possible (environ une minute par animal). Des points limites ont été définis et seront appliqués.
Choix des espèces
Les poules pondeuses sont l’espèce cible pour étudier la prolongation de la durée de leur période de production d’oeufs Poules pondeuses entre 17 semaines et 100 semaines d’âge pour étudier la prolongation de la durée de production d’oeufs
Evaluation du potentiel thérapeutique d’une protéine médicament pour la myopathie de Duchenne
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
36 rats porteurs de la dystrophie de Duchenne vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Âgés de quatre à six mois et déjà atteints dans leurs muscles, ils reçoivent une injection dans chaque patte, puis une évaluation de leur force musculaire sous anesthésie huit semaines plus tard et un prélèvement de sang avant la mise à mort. Le porteur attend à court terme une amélioration du muscle chez les rats traités, à moyen terme une combinaison avec une thérapie génique, à long terme un usage chez les patients, alors qu'aucun traitement de cette maladie n'existe à ce jour. Il indique que la protéine a déjà été validée sur des cellules puis chez la souris, et juge le passage au rat "indispensable" parce que ce modèle mime la maladie humaine plus fidèlement.
Objectifs
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est une myopathie génétique rare qui touche un garçon sur 3500 à la naissance. Le pronostic de la DMD est très sombre et les jeunes patients meurent prématurément d'insuffisance cardiorespiratoire, en raison de l'absence de la protéine dystrophine dans les muscles striés. Cette maladie entraîne une dégénérescence de l’ensemble des muscles (squelettique, cardiaque ou lisse). Il n’existe pas à ce jour de traitement pour la DMD mais des stratégies de thérapie génique prometteuses sont en cours d’évaluation dans des essais cliniques. L’un des principaux inconvénients dans ce type de thérapies est que chez les patients DMD, les fibres dépourvues de dystrophine se cassent, ce qui produit une diminution de la synthèse des protéines et de la masse musculaire, laissant place à l’accumulation de tissus de remplacement sans capacité contractile. Aujourd’hui il est connu que l’utilisation de thérapies pour la restauration de la dystrophine devra s’accompagner d’une stratégie permettant un meilleur maintien des capacités contractiles. La protéine-médicament testée dans ce projet a été décrite comme étant un acteur clé du maintien de la masse musculaire en inhibant la dégradation et en stimulant la synthèse protéique. L’objectif est d’évaluer le supposé bénéfice de sa supplémentation dans le muscle dystrophique de rats modèles de la DMD, pour renforcer le dossier préclinique préparatoire au montage d’un essai clinique chez les enfants atteints de DMD.
Bénéfices attendus
L’objectif est d’identifier des traitements combinés pour optimiser la restauration fonctionnelle des muscles dystrophiques. La protéine testée joue un rôle dans le maintien de la masse musculaire en maintenant plus longtemps actif le processus de régénération des fibres musculaires. A court terme, chez les rats DMD traités avec la protéine-médicament, une amélioration du phénotype histologique et fonctionnel du muscle dystrophique est attendue. A moyen terme, en cas de succès, l’idée est de combiner l’utilisation de cette protéine-médicament avec une stratégie permettant la restauration de la dystrophine (protéine absente dans les patients DMD) en améliorant l’intégrité musculaire. A long terme, le but est d’utiliser cette protéine comme traitement utilisable chez le patient DMD en complément des outils de thérapie génique en cours de développement.
Procédures
Les animaux recevront un unique traitement dans la patte gauche puis un autre dans la patte droite, procédure qui au total n’excède pas 10 minutes. La force musculaire sera évaluée après 8 semaines (fin de la procédure), sous anesthésie. Sur des animaux encore anesthésiés, un prélèvement de sang sera réalisé (moins de 1 minute), en vue de quantifier des biomarqueurs de la maladie.
Impact sur les animaux
L’administration du traitement dans la patte des animaux est susceptible d’entraîner une douleur transitoire liée à l’acte de traitement lui-même, au volume administré, ainsi qu’à la maladie musculaire préexistante.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour récupérer les prélèvements nécessaires aux analyses de laboratoire nécessaires à l'évaluation complète du produit testé.
Remplacement
Le but de ce projet est l’identification d’une possible stratégie thérapeutique complémentaire pour le maintien de l’intégrité musculaire dans le muscle malade. Des expériences ont été préalablement réalisées dans des cellules pour valider le fonctionnement de la protéine évaluée ici. Les premières expériences in vivo de preuve de concept ont été réalisées chez un modèle de souris de la DMD. L’objectif aujourd’hui est de tester son efficacité sur un modèle plus sévère et plus proche de la maladie humaine. L’utilisation du modèle utilisé ici parait donc indispensable pour évaluer un éventuel bénéfice de cette protéine sur des processus tels que la régénération et le maintien de la masse musculaire pendant plusieurs semaines au cours de la phase active du processus pathologique.
Réduction
De nombreuses données ont déjà été accumulées sur le modèle utilisé ici, traité avec des candidats médicaments (thérapie génique ou pharmacologique). Pour chacun des groupes, traiter 6 animaux permet d'obtenir in fine des valeurs en nombre suffisant pour confirmer ou infirmer un effet majeur de la thérapie sur l'évolution fatale de la maladie. Pour réaliser cette estimation, des tests statistiques en prenant en compte des paramètres tels que la différence à mettre en évidence entre les différents lots, la puissance et le risque du test sont réalisés. Par ailleurs, en raison de ce nombre important de projets qui incluent toujours des animaux sains et malades traités avec un placebo, de nombreuses données sont maintenant disponibles et permettent de documenter avec fiabilité l'histoire naturelle de la maladie, en comparaison avec les congénères contrôles. Il est donc possible de réduire les cohortes de ces animaux. Finalement, chacun des groupes a pu être réduit à 6 animaux. Pour l’analyse des résultats, des logiciels qui permettent de comparer deux groupes ou plusieurs groupes entre eux seront utilisés.
Raffinement
Les animaux sont stabulés en portoirs à cages ventilées, dans des pièces dont la température et l’humidité sont contrôlées, monitorées et fidèles à la réglementation. Pour leur bien-être, de grandes cages disponibles sur le marché sont utilisées, de sorte qu'ils puissent marcher et se dresser sur leurs pattes arrière. Cet exercice spontané quotidien est pleinement justifié lorsque les capacités locomotrices sont évaluées. Les animaux ont un accès ad libitum à la nourriture et à l'eau avec un cycle d'éclairage est de 12h par jour. Les animaux sont hébergés avec leurs congénères, à 7 ou 8 animaux par cage à l'âge d'un mois. Puis le nombre de rats par cage est progressivement réduit jusqu'à atteindre un maximum de 3 par cage. L'isolement n'existe jamais et le milieu est enrichi avec des lanières de papier Kraft, des bâtons de bois à ronger, des balles rondes, des tunnels ou des carrés de coton compacté. Pour éviter une réponse de stress induite par les divers tests, les animaux sont habitués dès leur plus jeune âge à être manipulés régulièrement, le plus en douceur possible. Le traitement sera administré sous anesthésie générale et des molécules de prévention, d'atténuation ou de suppression de la douleur seront systématiquement utilisées pour rendre la procédure aussi indolore que possible. Afin d’anticiper tout signe de douleur, des critères de suivi du bien-être ont été établis et sont évalués quotidiennement en observant individuellement les animaux, week-ends et jours fériés inclus. Ces critères portent sur l’aspect général des animaux (pelage et yeux), leur comportement (mobilité) et l’état général de l’animal (masse corporelle). En cas de signes de douleur, des mesures sont prises : surveillance renforcée (biquotidienne) et mesures médicamenteuses visant à atténuer ou supprimer la douleur.
Choix des espèces
Le rat est une espèce de mammifère appartenant à la classe des Euarchontoglires qui contient également les primates (donc l'humain). À ce titre, le rat phylogénétiquement proche de nous constitue un modèle apprécié. Les récents outils d'édition du génome ont permis d'en faire un modèle de choix pour l'analyse des troubles musculosquelettiques. Ce modèle de rat DMD mime la maladie humaine de manière beaucoup plus fidèle que ne le fait le modèle historique de la souris, tout en conservant les atouts des rongeurs (courte durée de gestation, taille raisonnable, longévité moyenne, effectifs plus importants). Pour ce projet, les animaux utilisés seront âgés de 4 à 6 mois. A cet âge (stade intermédiaire de la maladie), les animaux présentent des signes de la dystrophie dans le muscle squelettique, ce qui permettra d’évaluer l’efficacité de cette protéine médicament.
Evaluation de l’effet d’un métabolite de la vitamine D3 sur le processus de cicatrisation cutanéee chez les salmonidés
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Pour tester si un métabolite de la vitamine D3 ajouté à l'aliment accélère la cicatrisation des poissons d'élevage, 234 truites arc-en-ciel reçoivent une plaie cutanée au trépan à biopsie. Toutes sont tuées au terme des 56 jours de procédure pour prélever le tissu cicatriciel, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Dix-huit d'entre elles portent un transpondeur implanté dans le muscle du dos, et deux poissons par bassin sont anesthésiés pour une prise de sang à onze reprises entre le jour de la blessure et le quarante-neuvième jour. Le porteur présente le projet comme une amélioration des conditions d'élevage des salmonidés, son objet immédiat étant l'évaluation d'un additif alimentaire et des recommandations pour des essais en mer chez le saumon.
Objectifs
Les poissons interagissent directement avec leur l'environnement par leur peau. La peau des poissons est constituée d'un grand nombre de cellules sécrétrices de mucus, de macrophages et de divers lymphocytes, assurant la fonction de barrière primordiale au maintien de son bon fonctionnement. La rupture de cette barrière peut servir de portails d’entrée aux agents pathogènes et entraîner une infection. Par conséquent, une barrière solide et une cicatrisation rapide des plaies sont très importantes pour préserver la santé des poissons. En élevage industriel, des lésions cutanées, des abrasions et des ulcères apparaissent fréquemment chez les poissons. Dès lors, les plaies cutanées doivent être traitées rapidement afin d'éviter des conséquences encore plus négatives pour les poissons entrainant un accroissement de l’utilisation d’antibiotiques. [[Il est donc essentiel de trouver des solutions aux problèmes de cicatrisation des blessures de la peau qui impactent le bien-être des salmonidés d'élevage et d’assurer une production plus durable.]] Chez les vertébrés, des études ont montré l'effet bénéfique de solutions nutritionnelles sur le processus de cicatrisation des blessures cutanées, avec notamment l’utilisation de la vitamine D3. En effet, plusieurs études ont montré le rôle majeur de la vitamine D3 dans l'intégrité de la barrière cutanée et du système immunitaire suggérant fortement que cette vitamine joue un rôle essentiel dans la cicatrisation des blessures chez les poissons. Cependant, ces dernières années, l'huile et la farine de poisson, riches en vitamine D, ont été remplacées dans l'alimentation par des ingrédients d’origine végétale plus durables, moins coûteux mais pauvre en vitamine. Aussi, l’utilisation de la vitamine D3 chez le poisson s’avère sous optimale sur la croissance et la santé des poissons du fait qu’elle doit d’abord être métabolisée par le poisson en sa forme active pour pouvoir être utilisée. Actuellement, les salmonidés d'élevage ne sont supplémentés qu'en vitamine D3 et les avantages de la forme active de la vitamine D3 ne sont pas encore pleinement exploités. [[L'objectif de ce projet est d'utiliser un modèle validé de cicatrisation des blessures pour évaluer l'effet de la forme active de la vitamine D3 comme solution nutritionnelle pour améliorer la cicatrisation des blessures cutanée chez la truite arc-en-ciel en comparaison à l’apport de vitamine D3 seule]].
Bénéfices attendus
Ce projet s’inscrit dans l’amélioration des conditions d’élevage des salmonidés. Il permettra 1/d’évaluer le bénéfice de solutions nutritionnelles sur l’amélioration de la cicatrisation cutanée chez la truite arc en ciel, en étudiant l’effet de la vitamine D3 [[et de sa forme active]] dans les conditions de nos installations, 2/ d’établir si [[ la forme active ]] de la vitamine D3 permet d’accélérer le processus de cicatrisation des blessures cutanées. Les résultats de ce projet permettront ensuite 1/d’optimiser les apports vitaminiques dans la ration alimentaire afin d’améliorer le processus de cicatrisation, 2/ d’établir des recommandations pour des essais ultérieurs notamment en mer chez le saumon.
Procédures
[[Les animaux seront soumis à la procédure pour une durée de 56 jours (dont 14 jours d’acclimatation). Au début de la procédure, 2 poissons par bassins soit 18 seront identifiés par un transpondeur (durée introduction 3 secondes) placé dans le muscle du dos après anesthésie, et tous les poissons des bassins seront soumis après anesthésie à une lésion à l'aide d’un trépan à biopsie (durée 15 secondes). Chaque jour (0, 1, 3, 7, 10, 14, 21, 28, 35, 42 et 49 jours post-lésion), 2 poissons par bassins seront anesthésiés pour réaliser une prise de sang. A chaque temps, un volume sanguin nécessaire et suffisant pour l'analyse des paramètres biochimiques sera prélevé. Pour chaque prise de sang, le temps ne dépassera pas 1 minute. Temps de sortie des poissons hors de l’eau pour les pesées (3 secondes) et pour les identifications (3 secondes)]].
Impact sur les animaux
Changement du comportement alimentaire, saignement localisé au niveau du site de ponction du tissu. Réaction inflammatoire dans les premiers jours de la cicatrisation, absence de guérison avec rétrécissement de la lésion.
Devenir
Tous les animaux de la procédure seront mis à mort à la fin de la procédure pour réaliser les prélèvements de tissu cicatriciel au niveau de la blessure.
Remplacement
Au moment de la délivrance de cette autorisation de projet, il n'existe pas de modèle in vitro ou in silico capable de mimer l’intégralité des acteurs cellulaires et acellulaires participant à la complexité des processus de cicatrisation et à la modulation de cette réponse par la nutrition. De plus l’évaluation d’un additif alimentaire, implique de connaitre son mode d’action chez l’animal auquel il est destiné impliquant l'utilisation d'animaux vivants.
Réduction
Des calculs statistiques détaillés ont été réalisés afin de déterminer le nombre minimum d'animaux à utiliser pour évaluer ce projet. Le nombre d'animaux à utiliser permettra d'obtenir une densité adéquate pour favoriser une hiérarchie sociale essentielle au bien-être des animaux. Des analyses post mortem seront réalisées sur les tissus cicatriciels de chaque animal afin de générer un maximum d'information possible par animal.
Raffinement
Les conditions d’hébergement des animaux sont définies afin que la densité des animaux par bassin, les paramètres environnementaux, l'enrichissement des bassins ou encore la qualité d’eau procurent le maximum de confort aux animaux, et répondent à la législation en vigueur. Aucun animal ne restera isolé sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire l’angoisse et le stress des animaux. Avant toute manipulation (pesée ou prélèvement) au cours de cette étude, les truites arc en ciel sont anesthésiées. La capture et le stress dus à la sortie des bassins sont réduits par une manipulation délicate des animaux par les applicateurs lors des pesées, des prises de sang et des mesures. Les conditions expérimentales sont également raffinées par un séchage modéré des poissons, le port de gants, l’utilisation d’une mousse humide pour faire reposer l’animal sur un support de contention adapté, d’un point de pression sur le site de prélèvement comme décrit dans une procédure interne qui définit le volume limite de prélèvement sanguin et les périodes de récupération nécessaires. Un analgésique sera utilisé afin de réduire la douleur après l’introduction du transpondeur et lors de la réalisation des lésions et de permettre une meilleure récupération et une réduction des effets secondaires comme les frottements de l'animal contre les parois des bassins. Utilisation de pansement hydrorésistant antiseptique et antifongique après la réalisation de la lésion pour éviter l'infection de la lésion. Un minimum de deux observations quotidiennes des animaux est réalisé afin de détecter prématurément des signes cliniques de dommages corporels et pour vérifier que les poissons s’alimentent correctement. Dès l’observation d’un signe clinique, les animaux sont suivis au moyen d’une grille de score de point limites.
Choix des espèces
L'espèce utilisée est la truite arc-en-ciel, en tant que modèle animal de salmonidé. La truite est un bon modèle pour les salmonidés car elle est taxonomiquement proche du saumon et de physiologie comparable. Les fonctionnalités nutritionnelles sont les mêmes, les deux poissons étant carnivores, les besoins nutritionnels sont les mêmes. Par conséquent, la réponse physiologique de la truite au cours de l'étude sera la même que celle des autres salmonidés, les résultats pourront donc être transposés chez le saumon. La truite est également un animal plus résistant aux conditions d'élevage, aux maladies, avec un taux de croissance plus élevée permettant de rester dans le cadre du développement d’un modèle de cicatrisation subclinique. [[Au début de l’étude les truites pèseront 60 g. Le poids final des poissons à la fin de l’étude sera de 350 g]].
ORIGUR: l’huile essentielle d’origan pour le traitement des infections urinaires chez le chien
- Recherche appliquée
- Troubles urogénitaux
28 chiens beagles adultes et en bonne santé vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis gardés au chenil expérimental. Chacun subit deux prises de sang et deux prélèvements d'urine, maintenu sur le dos dans une gouttière de contention pendant environ cinq minutes, et reçoit pendant une semaine de l'huile essentielle d'origan diluée ou un placebo. Aucun de ces chiens n'a d'infection urinaire, le projet mesurant l'activité du produit dans leurs urines et sa tolérance, non la guérison d'une maladie. Le porteur indique que les propriétés de l'origan ont déjà été évaluées in vitro et chez la souris, et qu'il est "nécessaire" de confirmer son effet dans l'espèce cible.
Objectifs
Contribuer à évaluer l'inocuité et l'efficacité de l'administration orale d'huile essentielle d'origan pour le traitement des infections urinaires, chez le chien
Bénéfices attendus
Si cette huile essentielle confirme son activité bactéricide ou bactériostatique dans urines de chiens traités, ce traitement pourrait permettre de disposer d'une alternative aux traitement antimicrobiens.
Procédures
Prélévements sanguins sur chiens vigiles (2 fois/animal à J0 et J7), temps de réalisation avec la compression environ 2 min. Prélèvements d’urine sur chiens vigiles placés dans un coussin mou de contention en forme de gouttière permettant de maintenir l'animal sur le dos (2 fois/animal à J0 et J7), temps avec le positionnement du chien allongé environ 5 min.
Impact sur les animaux
Les éventuelles nuisances attendues pourront être liées aux prélèvement de sang (formation d'un hématome en cas de prélèvements répétés) et d'urines (rougeur au point de ponction) à J0 et à J7. La nuisance attendue ici est donc considérée comme légère. L'huile essentielle d'origan sera administrée sur une période très courte, d'une semaine. Afin d'éviter tout effet irritatif sur la muqueuse buccale, la dose administrée sera diluée dans de l'huile de tournesol. Les nuisances éventuelles (quoique peu attendues) peuvent être l'apparition de diarrhées, de douleurs abdominales, de prostration ou de troubles généraux.
Devenir
Les chiens seront conservés et resteront dans leur milieu de vie habituel, c'est à dire en chenil expérimental
Remplacement
Les propriétés bactéricides de l’huile essentielle d’origan ont fait l’objet de nombreuses publications et sont dues à deux de ses composés, le carvacrol et le thymol. A ce stade, les propriétés de l’huile essentielle d’origan ont été évaluées in vitro et in vivo sur des modèles expérimentaux (souris) mais n’ont jamais été évaluées, chez le chien. Il est nécessaire de confirmer l'effet de l'origan dans l'espèce cible.
Réduction
Le projet implique 28 chiens adultes et sains de race Beagle (poids moyen 13 kg), répartis en deux groupes : traitement (6 femelles et 6 mâles, +1 animal en réserve de chaque sexe) et placebo (6 femelles et 6 mâles, +1 animal en réserve de chaque sexe). Il s'agit d'une expérimentation exploratoire et la variabilité du facteur étudié n'est pas connu. Ce nombre 6 a été déterminé pour permettre de mesurer la réponse attendue, et correspond au minimum recommandé d'après les guidelines de l'Agence Européenne du Médicament (EMEA) (Guideline on Good clinical practices VICH GL9 (GCP) (CVMP/VICH/595/98- Final), June 2000; Guideline on statistical principles for clinical trials for veterinary medicinal products (pharmaceuticals) – Rev.1 (EMA/CVMP/EWP/81976/2010 Rev.1).
Raffinement
Les chiens seront soumis à deux examens cliniques approfondis (à J0 et à J7). Les prélèvements urinaires et sanguins ont été réduits au minimum et seront réalisés par des vétérinaires habitués à ces gestes. Les chiens sont surveillés chaque jour. L’objectif est de réduire au minimum le stress généré par la sortie du lieu d’hébergement, vers le lieu où sera réalisée la procédure. Ainsi, des actions de renforcement positif seront mises en place en amenant régulièrement chaque animal dans la salle où sont réalisés les différents actes (examens cliniques, prises de sang et prélèvements urinaires), en le laissant au minimum 5 minutes sur la table d’examen, au cours desquels il sera caressé par le manipulateur qui lui parlera, puis avant de quitter la salle, quelques croquettes lui seront proposées. Par ailleurs, cette salle est connue des chiens de l’EU, car ils y sont régulièrement manipulés pour des actes non invasifs : peignage, coupe de griffes … Il ne s’agit donc pas d’un lieu nouveau. Les chiens seront amenés dans la salle d'examen et contenus par une des personnes en charge de leurs soins quotidiens, et donc connue de ces derniers.
Choix des espèces
Le chien est l'espèce cible. 28 chiens adultes avec 14 femelles et 14 males seront utilisés pour être certain d'obtenir in fine un minimum de 6 chiens de chaque sexe par groupe.
Production de rats modèles de dystrophies musculaires de Becker et de Duchenne et prélèvements pour leur caractérisation génétique
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
Nés dans un élevage dédié puis expédiés vers l'établissement utilisateur qui les recevra, 12 530 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. À 13 ou 15 jours, un morceau d'oreille leur est découpé aux ciseaux pour établir leur identité génétique, et ceux qui portent l'anomalie recherchée développent ensuite une fonte musculaire progressive pendant leur hébergement. Le porteur affirme que ces rats récapitulent très fidèlement la progression des dystrophies de Duchenne et de Becker chez l'humain, et indique qu'aucun traitement n'existe aujourd'hui pour les enfants atteints. Les reproducteurs en fin de vie reproductive sont tués parce qu'ils ne sont pas malades, les mâles porteurs de la mutation et leurs frères sains partant vers des cohortes d'évaluation de médicaments.
Objectifs
Produire et caractériser génétiquement des animaux modèles qui présentent un phénotype dommageable mimant les dystrophies musculaires de Duchenne ou de Becker, anomalies génétiques rares du muscle qui touchent essentiellement les garçons. Le pronostic pour certaines d'entre elles est très sombre et les jeunes patients meurent prématurément d’insuffisance cardiaque ou respiratoire. L’anomalie génétique responsable de ces maladies résulte en l'absence ou la réduction de synthèse d'une protéine essentielle au fonctionnement des fibres musculaires. En l'absence de cette protéine, les fibres musculaires meurent progressivement, réduisant les capacités de vie autonome des enfants atteints. Il n'existe à ce jour aucun traitement pour ces enfants. Les animaux porteurs des mêmes anomalies génétiques sont produits pour identifier et tester de nouveaux médicaments. Ces animaux récapitulent très fidèlement la progression de la maladie chez l'humain et permettent d'évaluer l'absence de toxicité de médicaments innovants. En raison d'une constitution génétique propre à ces animaux, il est par ailleurs possible de modéliser l'efficacité de ces traitements innovants pour chaque malade, prémices d’une médecine adaptée à chaque patient. En cas d'efficacité non toxique démontrée, les candidats médicaments poursuivront leur développement pour, in fine, être testés chez les patients atteints de ces maladies musculaires.
Bénéfices attendus
Les animaux produits dans le cadre de ce projet contribueront au développement de traitements innovants pour les dystrophies musculaires de Becker ou de Duchenne. Des traitements de guérison sont actuellement absents de la pharmacopée et sont très attendus par les malades, leurs familles, les associations de patients et les médecins. D'une manière générale, ce projet permettra d'avancer dans la connaissance plus précise des mécanismes anormaux à l'œuvre dans ces 2 maladies, cibles de médicaments innovants.
Procédures
La production et la prise en charge en élevage d’animaux atteints d’une affection musculaire, ainsi que l'identification individuelle des animaux via la récupération d'un morceau de peau à partir duquel on définit l'identité génétique de l'animal.
Impact sur les animaux
Entre 13 et 15 jours d'âge, un très petit morceau de peau issue du bord non cartilagineux de l’oreille est prélevé à l'aide d'un ciseau. Cette découpe, quasi-imperceptible pour l'œil humain, ne modifie pas l'anatomie de l'oreille, ne provoque pas de saignement visible et ne cause à l'animal qu'un inconfort très léger d'une durée de quelques secondes. Durant le temps d'hébergement sur le site éleveur, généralement de quelques semaines, les animaux porteurs des anomalies génétiques d'intérêt ont une fonte musculaire progressive qui peut altérer modérément leur qualité de vie.
Devenir
À la fin de chacune des procédures, les animaux reproducteurs en fin de vie reproductive seront mis à mort car ils ne sont pas malades et ne peuvent donc pas être inclus dans des cohortes d'évaluation de médicaments innovantes. Tous les animaux mâles porteurs de l'anomalie génétique ainsi que leurs frères de portée sains seront expédiés vers l'établissement utilisateur receveur en vue d'être inclus dans des cohortes d'évaluation d'efficacité de thérapie innovantes.
Remplacement
Les dystrophies musculaires de Becker et de Duchenne touchent plusieurs organes interconnectés (muscles, cœur, cerveau, tube digestif). Préalablement aux essais précliniques sur les animaux issus de nos 4 lignées modèles, l’efficacité des thérapies testées a été démontrée sur des cultures de cellules musculaires et parfois, chez des organismes de plus petite taille (vers, insecte, poisson). Aucun produit n'est testé chez nos animaux sans connaissance d'un mécanisme biologique robuste, préalablement établi.
Réduction
L'équipe de recherche qui a généré les animaux a accumulé beaucoup d'expérience sur ces lignées. Lors des essais précliniques, traiter moins de 10 individus permet d'obtenir des valeurs en nombre suffisant pour confirmer ou infirmer un effet majeur d'un candidat médicament sur l'évolution de la maladie. Des tests statistiques ont été réalisés et ont permis de réduire le nombre moyen d'animaux nécessaires pour répondre de façon robuste et suffisante à la plupart des questions biologiques posées lors des expérimentations. Pour ces objectifs, nous mettons en place un élevage qui sera optimisé pour ne produire que les animaux nécessaires aux expérimentations.
Raffinement
Les animaux sont habitués dès leur plus jeune âge à être manipulés en douceur très régulièrement. Les animaux sont hébergés à deux ou plus et le milieu est enrichi. Afin d’anticiper tout signe de douleur, des critères de suivi du bien-être ont été établis et sont évalués quotidiennement en observant individuellement les animaux, week-ends et jours fériés inclus. Ces critères portent sur l’aspect général des animaux (pelage et yeux), leur comportement (mobilité) et l’état général de l’animal (masse corporelle). En cas de signes de douleur, des mesures sont prises : surveillance renforcée (biquotidienne) et mesures médicamenteuses visant à atténuer ou supprimer la douleur.
Choix des espèces
Le rat est une espèce de mammifère appartenant à la même classe que l'être humain. Cette proximité évolutive en fait un modèle apprécié. Il partage de nombreux aspects anatomiques et physiologiques avec l’humain, notamment pour la constitution et le fonctionnement des organes ainsi que les processus métaboliques. Les récents outils génétiques ont permis d'en faire un modèle de choix pour l'analyse des troubles musculaires. Les modèles de rat miment ce type de maladies humaines de manière très fidèle, tout en conservant les atouts des rongeurs avec une courte durée de gestation, une taille raisonnable et une longévité compatible avec l'étude dans un temps raisonnable d'effets à long terme des médicaments testés sur des individus âgés. Il est un excellent complément aux autres modèles.
Pré-conditionner le donneur pour améliorer la clinique de la transplantation pulmonaire : évaluation en modèle rat
- Recherche appliquée
- Troubles respiratoires
Quarante-cinq minutes de chirurgie pour prélever un poumon sur 150 rats donneurs, deux heures pour le greffer sur 150 rats receveurs : 300 rats vont être utilisés, tous tués, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Les donneurs sont mis à mort avant le prélèvement du poumon, les receveurs trois jours après la greffe pour mesurer la dysfonction du greffon et la réponse immunitaire. Jusqu'à 90 d'entre eux reçoivent auparavant une injection de corticoïdes dans la veine de la queue quinze heures avant l'opération, et 30 une administration directe dans la trachée. Le porteur écrit que les effets indésirables de cette administration trachéale "ne sont pas bien connus" et qu'une difficulté à respirer au réveil est envisageable.
Objectifs
La transplantation pulmonaire est souvent le dernier espoir pour les personnes atteintes de graves maladies respiratoires. Malheureusement, même si de plus en plus de patients ont besoin de cette opération, les résultats restent décevants : seuls 60 % des patients sont encore en vie cinq ans après la greffe. L’un des grands problèmes est qu’un grand nombre de patients développent, dès les premiers jours après l’opération, un dysfonctionnement du nouveau poumon peut ensuite entraîner des complications à long terme. Les recherches récentes en immunologie montrent que le stress subi par les cellules pendant l’opération joue un rôle important dans l’échec du greffon. Ce stress déclenche une inflammation, la mort de certaines cellules et attire des cellules du système immunitaire qui peuvent endommager le nouveau poumon. Aujourd’hui, pour éviter ces réactions, les médecins injectent des corticoïdes (anti-inflammatoires puissantes) au patient juste après la chirurgie. Notre projet vise à aller plus loin : nous pensons qu’il serait encore plus efficace de traiter le donneur, avant la greffe, avec ces corticoïdes. Pour tester cette hypothèse, nous allons utiliser un modèle bien connu de greffe de poumon chez le rat. Nous allons comparer plusieurs méthodes : traitement du donneur vivant avant le prélèvement, ou traitement du poumon une fois prélevé, pendant une phase où il est maintenu en vie artificiellement grâce à une machine. Cette dernière méthode permet d’utiliser des doses de médicament plus fortes, sans risque pour le reste de l’organisme. Nous testerons aussi plusieurs types de corticoïdes : la forme classique, mais aussi deux nouvelles versions conçues pour cibler plus précisément les cellules responsables de l’inflammation.
Bénéfices attendus
Ce projet a pour but de montrer qu’un traitement du poumon du donneur, avant la greffe – soit directement sur le donneur (in vivo), soit sur l’organe une fois prélevé et maintenu en vie par une machine (ex vivo) – peut améliorer nettement les résultats de la transplantation. Le traitement réalisé sur le poumon en dehors du corps (ex vivo) pourrait être encore plus efficace, car il permet d’utiliser des doses plus fortes de médicaments anti-inflammatoires (corticoïdes) sans effets secondaires pour le reste du corps. Les résultats de ce projet pourraient ensuite servir à lancer une étude chez l’homme. Si les résultats sont positifs, cela pourrait changer les méthodes actuelles et grandement améliorer les chances de survie des patients greffés. Ce type de traitement pourrait aussi profiter à d’autres types de greffes, comme celles du rein, du foie ou du cœur. Ce projet permettra également de tester une approche innovante : l’utilisation de microparticules pour transporter les corticoïdes directement vers les cellules du système immunitaire responsables de l’inflammation. Les résultats de ce projet pourraient ouvrir la voie à un nouveau protocole de traitement des donneurs de poumons chez l’homme, et ainsi améliorer significativement la survie des personnes greffées. Enfin, ce travail représente une première en France : il permettra de mettre en place un modèle de greffe de poumon chez le rat, avec maintien de l’organe en vie en dehors du corps. Ce modèle pourra ensuite être utilisé pour tester d’autres traitements innovants, comme des thérapies cellulaires, géniques ou de nouveaux médicaments, et ainsi faire progresser encore davantage la médecine de la transplantation.
Procédures
Toutes les procédures appliquées aux animaux seront effectuées sous anesthésie générale : -injection une seule fois sur les animaux donneurs sur une durée de 5 minutes, maximum 90 animaux -administration du meilleur traitement, une seule fois, sur une durée de 15 minutes, sur max. 30 animaux donneurs -chirurgie pour récupérer le poumon donneur, 1 seule fois, durée de 45minutes, sur les animaux donneurs, 150 animaux -chirurgie pour transplantation du poumon, 1 seule fois, animaux receveurs, durée de 2h, 150 animaux
Impact sur les animaux
Pour les animaux donneurs : L’injection de médicament dans la veine de la queue est faite sous anesthésie générale 15h avant le prélèvement du poumon. Bien que la piqure n’induit pas une douleur ressentie pendant l’anesthésie, elle pourrait générer une douleur légère et passagère au réveil. Les effets indésirables dus à l’administration dans la trachée ne sont pas bien connus, on pourrait s’attendre a observer une difficulté à respirer après le réveil. Pour les animaux receveurs : Il est fréquent que les animaux aient un peu moins d’appétit pendant un ou deux jours après l’opération. Cela est souvent dû à l’anesthésie plus qu’à la chirurgie. Une cicatrice sur le thorax gauche peut, dans de rares cas, provoquer une gêne temporaire. Cette gêne disparaît généralement en 24 à 48 heures et n’empêche pas l’animal de manger ou de boire. Les problèmes respiratoires sont très rares, car l’autre poumon (le droit) continue de fonctionner normalement. Jusqu’à présent, aucune difficulté respiratoire n’a été observée dans les trois jours suivant la greffe. Enfin, une hémorragie interne pourrait survenir si les vaisseaux sanguins ne sont pas parfaitement refermés pendant l’opération. Des signes comme des saignements, une grande pâleur ou des difficultés à respirer seront surveillés de très près pendant la période de suivi de 3 jours post-transplantation. Une nuisance liée à l’hébergement individuel en post-greffe pourrait être générée, mais elle sera atténuée par le maintien de contacts visuels, auditifs et olfactifs avec les autres animaux.
Devenir
Tous les animaux donneurs seront mis à mort avant la récupération du poumon (n=150). Les animaux receveurs seront mis à mort pour évaluer les paramètres biologiques de dysfonction primaire du greffon, l’inflammation, et la réponse immunitaire.
Remplacement
Aucune méthode ne permet d’évaluer l’effet de la transplantation pulmonaire en raison des effets complexe de la chirurgie (sections, sutures), et des réponses au stress de nombreux types cellulaires (cellules de la structure du poumon, cellules des vaisseaux, cellules immunitaires) qui sont issus du donneur et qui rencontrent les cellules étrangères du receveur venues par la circulation sanguine. Cette complexité n’est strictement pas modélisable in vitro. Seule cette méthode permettra d’apprécier l’effet du traitement du poumon donneur (in vivo et/ou ex vivo) sur l’issue clinique de la transplantation.
Réduction
Nous avons pris toutes les mesures possibles pour réduire le nombre d'animaux utilisés dans cette expérimentation. Cependant le nombre d'animaux par groupe ne doit pas être inférieur à 10, en raison de la nécessité d'obtenir des résultats fiables en tenant compte des variations inter-individus. Ce nombre est basé sur des expériences précédentes réalisées sur des porcs, sur l’expérience de nos collaborateurs, et des calculs d’estimation statistique.
Raffinement
L’état général des rats est surveillé quotidiennement : une fois par jour avant l'intervention, et trois fois par jour après la transplantation. Les animaux sont pesés avant l'intervention et trois jours après, au moment de l'euthanasie, ou plus fréquemment s’ils n’ont pas commencé à manger normalement. Un complément alimentaire hautement nutritif sera donné en post-transplantation et des hamacs chauffants seront installés dans les cages. Toutes les interventions sont réalisées de manière à réduire au maximum le stress et la douleur des animaux. Cela inclut l'anesthésie, la gestion de la douleur pendant et après l'opération, ainsi que l'utilisation de coussin ou de lampes chauffantes pendant la chirurgie. Un suivi systématique est mis en place pour évaluer la douleur des animaux et leur fournir des traitements appropriés. Des contrôles réguliers sont effectués pour minimiser la douleur, avec des évaluations trois fois par jour après l'opération. . Des points limites sont définis pour évaluer les paramètres de suivi, permettant ainsi de minimiser la douleur animale. Ces évaluations sont consignées sur des fiches de suivi pour chaque animal.
Choix des espèces
Le rat est une espèce animale de référence pour la transplantation pulmonaire. C’est également un modèle animal utilisé pour analyser la réponse biologique du poumon à la perfusion et pour évaluer l’effet du traitement chez le donneur directement. Il permet aussi d’employer des animaux dont la génétique est mieux maitrisée que celle du porc, ainsi que des animaux consanguins (tous les donneurs sont du même type génétique, tous les receveurs sont d’un autre type génétique). Le modèle rat est désormais maîtrisé et a été validé par plusieurs équipes internationales. Les animaux seront utilisés à l'âge de 70 à 85 jours, lorsqu'ils auront atteint un poids minimal de 300 g, suffisant pour garantir un développement adéquat des vaisseaux sanguins permettant la réalisation des sutures vasculaires. Les animaux seront utilisés à l'âge de 70 à 85 jours, lorsqu'ils auront atteint un poids minimal de 300 g, suffisant pour garantir un développement adéquat des vaisseaux sanguins permettant la réalisation des anastomoses vasculaires.
Traitement des cancers hépatobiliaires par le plasma froid atmosphérique dans des modèles murins immunocompétents et immunodéficients 1/2
- Recherche appliquée
- Cancers
- Troubles gastrointestinaux
- Recherche fondamentale
- Oncologie
10 800 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue pour prélèvement de sang et de tissus, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. 8 640 reçoivent une injection sous-cutanée de cellules tumorales dans le flanc, 2 160 une chirurgie abdominale de quinze à vingt minutes pour injecter ces cellules dans le foie, et 1 620 un traitement au plasma froid de dix minutes répété jusqu'à sept fois. Le porteur indique que ce gaz appliqué sur la peau peut l'assécher jusqu'à la nécrose dans les cas extrêmes, et que le développement tumoral entraîne un inconfort croissant. L'efficacité du plasma froid sur le cholangiocarcinome reste à démontrer, le porteur la disant "prometteuse" d'après des travaux sur d'autres cancers, là où les tumeurs greffées et les chirurgies du foie, elles, figurent au protocole.
Objectifs
Les cholangiocarcinomes (CCA) sont un type de cancer rare qui atteint le foie et les voies biliaires. A ce jour, seule l’ablation chirurgicale apparaît comme une thérapie efficace mais elle n’est envisageable que dans 20 pourcents des cas, avec sur 5 ans un taux de survie estimé entre 15-40 pourcents. La majorité des patients ne pouvant bénéficier d’intervention chirurgicale reçoit alors une chimiothérapie. En cas de progression tumorale consécutive à cette première ligne de traitement, il n’existe à ce jour pas de thérapie complémentaire approuvée. Par conséquent, l’émergence de nouvelles approches thérapeutiques est plus qu’attendue. Les plasmas froids atmosphériques (PFA) sont des gaz faiblement ionisés, constitués d’électrons, d’espèces radicalaires et excitées et possédant des propriétés de champ électrique et de rayonnement. Les PFA constituent une stratégie physique innovante et prometteuse pour le traitement des carcinomes puisque leurs capacités à réduire la croissance tumorale a récemment été démontrée dans des études in vitro et in vivo. Cependant, le développement et l’efficacité d’une stratégie PFA sur les cholangiocarcinomes (CCA) n’ont pas encore été testés. La finalité du projet est donc d’évaluer l’efficacité de la thérapie PFA comme alternative à l’ablation chirurgicale ou comme approche complémentaire à des traitements conventionnels. L’utilisation PFA permet raisonnablement d’espérer une régression significative de la taille des tumeurs, voire même une régression importante en combinant cette approche innovante à l’approche conventionnelle de la chimiothérapie. Par ailleurs, on peut s’attendre à un « effet sélectif » du plasma, c’est-à-dire qu’appliqué sur une zone présentant des cellules tumorales et saines, le plasma pourrait favoriser la mort des cellules cancéreuses sans endommager les cellules saines. Les objectifs sont de tester l’efficacité antitumorale du PFA et de mieux comprendre les mécanismes d’action du PFA, en particulier sur le phénotype des cellules tumorales, les cellules du microenvironnement tumorale et sur les composants de la matrice extracellulaire (MEC), dans des modèles précliniques de CCA ectopique. La caractérisation des échantillons sera réalisée par des approches multiples de biologie moléculaire et cellulaire. Ce projet sera mené dans 2 établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
Les tumeurs des voies biliaires ou cholangiocarcinome (CCA) sont de très mauvais pronostiques et très agressives. Les traitements sont limités, seule la résection chirurgicale est efficace mais seuls 20 à 30 % des patients sont éligibles, les autres recevront une chimiothérapie palliative. La recherche sur traitements dit innovants dans un but de traiter localement la tumeur est nécessaire pour proposer de nouvelles options thérapeutiques pouvant être proposée seule ou en combinaisons avec des thérapies systémiques déjà en place. Dans son ensemble, ce projet est de tester dans des modèles expérimentaux murins, l’effet du plasma froid atmosphérique (PFA) sur le CCA. Les bénéfices attendus sont de démontrer un effet antitumoral du plasma froid atmosphérique dans des modèles bien décrits de CCA représentatifs de la maladie humaine. Si l’effet anti-antitumoral s’avérait efficace, ce projet pourrait permettre de développer un nouvel outil thérapeutique anti-cancéreux applicable en santé humaine dans le cadre des cancers des voies biliaires. Au-delà du cancer des voies biliaires, les PFA pourraient jouer un rôle important dans le développement de nouvelles applications médicales. Par exemple, les résultats pourraient orienter la création de nouvelles thérapies pour d’autres cancers ou d’autres applications comme la cicatrisation des plaies et l'ingénierie tissulaire.
Procédures
- Procédure 1 (EU1). 1. Injection sous cutanées des cellules (n=8640) sur souris vigiles, durée 10 secondes/animal - Procédure 2 (EU1). 1 chirurgie pour injecter dans le foie des cellules sur souris anesthésiées et sous analgésie (n=2160), durée 15-20 minutes/souris - Traitement au plasma froid atmosphérique (EU1/EU2) sur souris anesthésiées (n=1080 procédure 1 et n=540 procédure 2) 10 minutes/souris, répété 6 à 7 fois max. - Imagerie (EU2). Anesthésie + imagerie (4-5 fois sur même souris) (n=6480), durée 15 min/souris - Prélèvements sanguins (EU1/EU2) sur animal vigile (2-3 par souris) (n=6480), durée 10 min/souris - Prélèvement terminal (EU1/EU2). A l’issue des traitements, tous les animaux seront anesthésiés et analgésiés puis soumis à un prélèvement sanguin et tissulaire pour effectuer les analyses et ne durera pas plus de 10 minutes entre de début de l’anesthésie et l’euthanasie de l’animal.
Impact sur les animaux
-le développement des tumeurs : -le modèle ectopique implique une injection des cellules sous cutanée dans le flanc/dos de l’animal ce qui peut engendrer un stress à l’animal en raison de la contention et d’une douleur de courte durée lors de l’introduction de l’aiguille, et un inconfort au fur et à mesure du développement tumoral. -Le modèle orthotopique (injection dans le foie) implique une chirurgie abdominale pour injecter dans un lobe du foie les cellules tumorales, ce qui engendre donc des nuisances liées à l’anesthésie (stress thermique, risque d’arrêt cardio-respiratoire) et à la chirurgie elle-même (douleurs post-opératoires malgré la prise en charge réalisée, inflammation locale, risque de dessiccation de la plaie). - Le traitement par plasma froid. L’utilisation de ce gaz faiblement ionisé appliqué directement sur la peau de l’animal peut générer un assèchement de la peau pouvant aller jusqu’à la nécrose dans les cas les plus extrêmes (peu probable). - Pour les traitements administrés par injection au niveau de l’abdomen ou dans la veine de la queue ou par gavage, les nuisances pourraient être un éventuel durcissement abdominal ou de la queue, une inflammation de l’abdomen, queue ou gorges). Les contraintes liées au gavage sont la contention qui constitue un facteur de stress. - Les traitements seront effectués sous anesthésie (sauf pour le gavage) et impliqueront donc également les contraintes/risques liées à l’anesthésie elle-même.
Devenir
A l’issue des procédures, les animaux seront tous euthanasiés par des méthodes réglementaires afin de prélever le sang et les tissus pour réaliser différentes analyses biologiques. Ces analyses permettront d’évaluer l’impact « biologique » des différents traitements, en utilisant les différents marqueurs de progression de la pathologie.
Remplacement
Dans la mise en œuvre de ce projet, un organisme vivant est nécessaire pour étudier les acteurs mis en jeu dans le développement et l’évaluation de thérapies innovantes anti-cancéreuses. Il n’est pas possible de recréer in vitro la complexité d’un organisme entier avec tous les acteurs cellulaires rentrant en jeu dans le développement du cancer. Le modèle animal est donc indispensable dans le cadre de ce projet.
Réduction
Le projet impliquera un total de 10800 animaux. Nous limitons au maximum le nombre d’animaux par groupe de façon à obtenir des résultats statistiquement fiables. A cause des variabilités inter-animales et intergroupes, un nombre trop restreint d’animaux engendrerait des résultats trop variables et non valides. Compte tenu des données de la littérature (variabilité attendue) et des effets espérés, un test de puissance statistique G*Power a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaire pour cette étude qui est de 15 par groupe. Nous adapterons chaque test statistique en fonction du type de résultats et d’analyses à effectuer (les différents types de tests donnant des résultats soit qualitatifs, soit quantitatifs). D’une façon générale, les modèles seront testés avec un seuil de validité de 5%. Lorsque ces conditions ne seront pas vérifiées, des tests non paramétriques seront effectués. En parallèle des animaux, nous développons des modèles in vitro en 3 dimensions afin de tester nos thérapies, ce qui permetra de réduire le nombre d'animaux utilisés.
Raffinement
Dans la réalisation de ce projet, l’ensemble des procédures ont été mise au point afin de permettre une interprétation fiable dans le respect du bien-être animal, en limitant la douleur et le stress (anesthésie, analgésie, enrichissement). Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum, le milieu est enrichi. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux en cours de procédure grâce à une surveillance attentive (point limite) et des soins adaptés (anesthésie, analgésie). Un analgésique, notamment la buprénorphine, sera utilisé en pré-opréatoire 20 minutes avant et post-opératoire pour limiter la douleur et garantir un bien-être optimal des animaux. Un protecteur oculaire en gel sera aussi utilisé lors de l'anesthésie pour éviter tout assèchement des yeux. Pour le transport des animaux, celui-ci est effectué dans le respect du bien-être animal (mise à disposition d'eau sous forme de gel et de nourriture) et est réalisé par un transporteur agréé.
Choix des espèces
Les cellules en culture ne permettent pas de tester des nouveaux traitements anti-cancéreux dans sa globalité. Aussi, la souris est utilisée pour mimer un cancer avec des caractéristiques de la maladie proche de celles observées chez l’homme. Plusieurs modèles animaux de cancers biliaires (ectopique ou orthotopique) existent chez la souris récapitulant les différentes formes observées chez l’homme. Les souris seront utilisées à l'âge adulte/jeune adulte : 5 à 8 semaines pour les animaux commerciaux dont 1 semaine d’acclimatation. Nous n'utilisons pas d'animaux trop vieux afin de nous affranchir des problèmes de prise de greffes dans le cas des xénogreffes ectopiques et modifications des fonctions hépatiques dues à l'âge dans le cas des greffes syngéniques orthotopiques qui pourraient interférer avec nos résultats.