
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-11-23 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-511119)
373 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Selon les groupes, elles sont irradiées, greffées de cellules tumorales sous la peau et traitées par injections répétées, avec des prélèvements sanguins, les tumeurs étant mesurées jusqu’à la mise à mort pour analyses. Le porteur cherche des marqueurs propres aux lymphocytes T régulateurs de la tumeur pour une thérapie ciblée du cancer, présentée comme une alternative aux traitements actuels. Il affirme que l’étape in vivo est « indispensable » pour tester l’efficacité et la toxicité avant toute application humaine.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le cancer est une maladie complexe et les cellules tumorales sont détectées notamment par les cellules du système immunitaire pour essayer de les contrôler et les éliminer. Le système immunitaire est composé de nombreux types de cellules dont les lymphocytes T qui eux-mêmes regroupent à la fois des cellules T à fonction plutôt positive et d’autres à fonction plutôt négative. Les cellules T effectrices (Teffs) contribuent à l’élimination de pathogènes ou à la diminution de tumeurs, tandis que les cellules T régulatrices (Tregs) ont une fonction suppressive qui inhibe la prolifération et inhibe l’activité des cellules T effectrices (Teffs). Par conséquent, les Tregs ont un effet délétère qui participe au développement de la tumeur et diminue l’effet des traitements. En parallèle, les Tregs ont aussi un effet bénéfique pour éviter la stimulation permanente du système immunitaire et limiter l’auto-immunité. Les Tregs constituent donc de bons candidats pour le développement d’un traitement ciblé contre le cancer à condition d’impacter uniquement les Tregs présents dans la tumeur, c’est pourquoi le challenge actuel est l’identification de marqueurs spécifiques aux Tregs de la tumeur.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet a pour but de définir de nouvelles cibles thérapeutiques pour une stratégie ciblant les cellules T régulatrices de la tumeur uniquement. Une telle thérapie améliorerait la réponse anti-tumeur des lymphocytes T ; tout en conservant les Tregs dans le reste de l’organisme, essentielles au maintien d’un système immunitaire contrôlé en situation normale et éviter l’auto-immunité. Cette approche innovante fournirait une alternative aux traitements actuels, qui restent insuffisamment efficaces, et pourrait être combinée à d’autres thérapies existantes. De plus, ce projet fournira des informations inédites sur les marqueurs des Tregs de la tumeur. Le projet présente donc aussi un intérêt scientifique pour la compréhension du fonctionnement des Tregs, cellules complexes mais essentielles à notre système immunitaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans une première procédure, des cellules tumorales sont injectées par voie sous-cutanée aux animaux vigiles (1 fois par expérience) (durée du geste 10 sec). Dans une 2ème procédure, les souris vigiles seront irradiées (durée geste < 5min) puis injectées par voie intraveineuse (1 fois par expérience) (durée du geste 10 sec). Des prélèvements de sang seront réalisés toutes les 2 semaines pendant 6 à 10 semaines (durée du geste 10 sec). Dans certaines de ces souris, des cellules tumorales seront également injectées par voie sous-cutanée aux animaux vigiles (1 fois par expérience) (durée du geste 10 sec) et d’autres ne recevront pas de tumeurs Dans une 3ème procédure, les souris seront traitées 3 fois par semaine pendant 3 semaines. Les administrations seront réalisées par des injections directement dans l’abdomen (voie intrapéritonéale) ou par administration per os (gavage oral). Ces administrations seront réalisées sur animaux vigiles (durée du geste 10 sec). Des prélèvements de sang seront réalisés 1x par semaine, pendant 3 semaines (durée du geste 10 sec). Dans une 4ème procédure, les souris vigiles seront traitées par voie intrapéritonéale 3 fois par semaine pendant 3 semaines (durée du geste 10 sec). Certains des animaux seront ensuite injectés avec des cellules tumorales par voie sous-cutanée (1 fois par expérience) animaux vigiles, durée du geste 10 sec). Un prélèvement de sang sera réalisé sur l’ensemble des animaux (durée du geste 10 sec). Dans une 5ème procédure, les souris vigiles recevront 1 injection par voie intraveineuse (1 fois par expérience) (durée du geste 10 sec). Un prélèvement de sang sera réalisé 2 fois au cours de l’expérience (durée du geste 10 sec). Dans une 6ème, les souris vigiles seront injectées par voie sous-cutanée (1 fois par expérience) (durée du geste 10 sec) puis elles recevront une injection par voie intraveineuse (1 fois par expérience) (durée du geste 10 sec). Un prélèvement de sang sera réalisé 2 fois au cours de l’expérience (durée du geste 10 sec). Dans une 7ème procédure les souris vigiles seront injectées par voie sous-cutanée (1 fois par expérience) (durée du geste 10 sec) puis elles recevront une injection par voie intraveineuse (1 fois par expérience) (durée du geste 10 sec).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux greffés avec des cellules tumorales par voie sous-cutanée développeront des tumeurs qui seront mesurées régulièrement. Les animaux peuvent également subir une perte de poids. Ces effets se manifesteront de façon croissante au cours de l’expérience. Les nuisances attendues lors de l’administration de cellules par voie intraveineuse ou sous cutanée seront celles liées à l’injection. Une légère douleur de très courte durée est attendue lors des prélèvements sanguins.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort pour des analyses post mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet est basé sur des expérimentations in vitro utilisant des cellules provenant de l’homme. Les études in vitro permettent d’obtenir des résultats fiables et cohérents avec le but du projet qui est de caractériser des molécules spécifiques aux Tregs de la tumeur chez l’humain et de vérifier leur intérêt pour le contrôle de la réponse immune. L’évaluation pré-clinique des traitements est nécessaire dans un système plus physiologique représentant un organisme vivant intégré tel que la souris et ceci permettra de valider la rationalité des molécules choisies comme cible thérapeutique. L’expérimentation in vivo nous permettra de conclure sur le rôle des molécules sélectionnées et d’évaluer une stratégie thérapeutique qui les ciblerait. Cette étape est indispensable pour tester l’efficacité, le mécanisme d’action ainsi que la toxicité éventuellement associée à ce type de traitement avant d’envisager une application clinique chez l’Homme.
2. Réduction
Le nombre de souris par groupe est ajusté au minimum selon que ce sont des expériences de mise au point ou des expériences de test d’efficacité de traitements afin que les résultats obtenus puissent présenter une puissance statistique suffisante. Le nombre d’animaux à inclure par groupe a été défini à l’aide d’outils statistiques
3. Raffinement
Les souris sont hébergées dans les conditions réglementaires et il n’est pas attendu spécialement de douleur dans les effets indésirables potentiels. Les souris sont surveillées régulièrement et elles sont mises à mort lorsque les points limites sont atteints tels qu’énoncés dans une grille de score mise en place pour évaluer de façon objective l’état des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est une espèce de choix pour les expériences menées en thérapeutique du cancer et elle a depuis longtemps servi à l’étude de thérapies anti-tumorales, notamment car la physiologie de la souris est proche de celle de l’Homme. La connaissance complète du génome murin permet d’utiliser de nombreux outils bien caractérisés, dont les souris génétiquement modifiées ou immunodéficientes. De plus, il existe un grand nombre de modèles de tumeurs humaines qui peuvent être maintenues dans les souris pour les étudier. Les souris seront utilisées à l’âge adulte afin d’avoir un système immunitaire adulte.