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Identification d’une nouvelle piste thérapeutique dans l’atteinte pulmonaire de la sclérodermie systémique
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
- Système respiratoire
Abordées chirurgicalement sous anesthésie générale pour recevoir de la bléomycine directement dans la trachée, 228 souris vont être utilisées, 20 tuées avant tout réveil et 208 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Toutes sont tuées à J14 pour analyse des poumons, après cinq séances d'imagerie par tomographie de trente minutes. La fibrose ainsi provoquée sert à tester si une protéine, CD146, peut devenir une cible thérapeutique dans la sclérodermie systémique. Le porteur décrit une douleur et une perte de poids possibles après la chirurgie, et annonce vouloir mettre au point une instillation non chirurgicale pour "limiter la morbimortalité des souris", reconnaissant ainsi que la technique employée aujourd'hui en tue une partie.
Objectifs
La sclérodermie systémique (ScS) est une pathologie auto-immune caractérisée par une mauvaise fonction des petits vaisseaux sanguins responsables d’une inflammation cutanée et fréquemment pulmonaire. L’atteinte pulmonaire, appelée fibrose, est responsable d'une toux et essoufflement handicapant des patients pouvant aboutir au décès. Cette atteinte représente la principale cause de décès et son mécanisme reste mal connu. CD146 une protéine impliquée dans la formation des vaisseaux été récemment identifiée comme une nouvelle piste thérapeutique dans la ScS. Nous avons montré dans l’atteinte cutanée chez l’humain et dans un modèle de sclérodermie cutanée induite par la bléomycine (agent profibrosant), que CD146 était impliqué. Ces résultats nous conduisent aujourd’hui à poser l’hypothèse du rôle de CD146 dans la fibrose pulmonaire sclérodermique et d’en étudier le mécanisme. Pour cela nous comparerons le développement d’une fibrose pulmonaire induite par la bléomycine entre des souris saines et des souris pour lesquelles le gêne CD146 a été inactivé. Nous étudierons les mécanismes impliqués et évaluerons l’efficacité d’un traitement par CD146 afin de prévenir ou diminuer la fibrose pulmonaire. Ces résultats permettront de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la fibrose pulmonaire de la ScS et de proposer CD146 comme nouvelle piste thérapeutique pour le traitement des patients.
Bénéfices attendus
L‘évaluation du rôle de la protéine CD146, une protéine impliquée dans la formation des vaisseaux, dans notre modèle murin de fibrose pulmonaire permettra d’approfondir les connaissances dans le domaine de la fibrose pulmonaire de la sclérodermie systémique. La mise en évidence d’une telle voie physiopathologique et d’un tel marqueur permettra d’obtenir un outil d’évaluation et pronostic simple pour les patients atteints de sclérodermie avec fibrose pulmonaire mais surtout de développer des thérapeutiques ciblées sur CD146 dans cette population à haut risque de mortalité.
Procédures
Les animaux seront soumis à une instillation intratrachéale, qui dure 10 minutes, de bléomycine (un agent profibrosant) ou sérum physiologique sous anesthésie générale par voie chirurgicale. Nous tenterons également de mettre au point un modèle par instillation par voie non chirurgicale afin de limiter la morbimortalité des souris. Les animaux auront une imagerie, qui dure 30 minutes,par tomographie par emission de positons à J-1 , J0, J3, J7 et J14 sous anesthésie générale. A J14, les animaux seront euthanasiés après anesthésie générale pour analyse des poumons
Impact sur les animaux
Du fait de l’instillation intratrachéale d'un agent profibrosant, une douleur et une perte de poids pourront suivre la chirurgie. Une surveillance particulière sera réalisée. Le protocole sera arrêté si l'animal présente des difficultés à respirer, s'il est prostré ou si la perte de poids de l'animal est supérieure ou égale à 20%. Grille d'évaluation de la douleur permettant de reconnaître la douleur, de la quantifier et d’agir. Au moyen de cette grille, nous déterminerons un score régulièrement (3 fois/semaine). Ainsi, selon le score obtenu, l'analgésie peut- etre effectuée (score 4 à 9). Si le score est élevé (10 à 20) : l’arrêt de l’expérimentation par mise à mort de l’animal sera immédiate.Grille d'évaluation de la douleur permettant de reconnaître la douleur, de la quantifier et d’agir.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés pour analyse histologique des tissus.
Remplacement
Notre projet nécessite l’utilisation d’animaux. Malgré les stratégies de remplacement mises en place dans le projet, ces dernières ne peuvent pas remplacer l’organisme entier en raison de l’isolement des cellules du contexte physiologique. Par ailleurs, les animaux génétiquement modifiés (souris transgéniques et knockouts) représentent un atout majeur pour l’obtention de résultats les plus pertinents relatifs à la compréhension des maladies humaines. Ainsi, l’expérimentation animale utilisant des souris sauvages et génétiquement modifiées est indispensable à l’étude intégrée des phénomènes physio-pathologiques et à la réalisation de notre projet.
Réduction
Nous utiliserons un nombre d’animaux en fonction des données disponibles dans littérature. L’objectif sera d’obtenir la puissance suffisante pour mettre en évidence une différence entre les groupes d’animaux, et s’assurer de la reproductibilité de ces résultats d’une série à l’autre tout en réduisant le nombre d’animaux au minimum nécessaire. Un dernier lot d’animaux sera nécessaire afin d’optimiser la procédure et limiter la souffrance. Le protocole initial et tel qu’il est décrit dans la littérature consiste en une instillation intra-trachéale par voie chirurgicale. Au cours de l’étude nous nous efforcerons de mettre en place une technique non chirurgicale par intubation en passant par les voies naturelles. Cela limitera la mortalité mais aussi la morbidité liée à la douleur tout en garantissant une technique d’induction aussi efficace. Afin de limiter ou éviter l'utilisation subséquente d'animaux supplémentaires, et ce, sans pour autant compromettre le bien-être animal, tout en obtenant suffisamment de données pour répondre aux questions reliées à l'étude, des stratégies ont été mises en place. Ainsi, l’élaboration précise des protocoles et le choix pertinent des contrôles sont des éléments déterminants. De plus nous procèderons à une utilisation maximale les données obtenues sur chaque animal. Enfin, le contrôle des paramètres environnementaux mais également du statut sanitaire et génétique des animaux permettra de limiter la variabilité des résultats expérimentaux obtenus, et ainsi de réduire le nombre d’animaux nécessaire à l’obtention de résultats statistiquement valables. Des stratégies d’optimisation sont mises en place au cours du projet afin de réduire voire de supprimer la douleur, la souffrance et l’angoisse.
Raffinement
L'induction trachéale s'effectue sous anesthésie des souris à la kétamine/xylazine par voie intra-péritonéale, avec injection de buprénorphine 30 minutes avant l'incision et d'une anesthésie locale de la souris par injection sous-cutanée de lidocaïne 5%. Du fait de l’instillation intratrachéale de bléomycine, une douleur et une perte de poids pourront suivre la chirurgie. Une surveillance particulière quotidienne sera réalisée. Le protocole sera arrêté si l'animal présente des difficultés à respirer, s'il est prostré ou si la perte de poids de l'animal est supérieure ou égale à 20%. Au moyen de la grille d'évaluation de la douleur, nous déterminerons un score régulièrement (3 fois/semaine). Grille d'évaluation de la douleur permettant de reconnaître la douleur, de la quantifier et d’agir. Ainsi, selon le score obtenu, l'analgésie peut- etre effectuée (score 4 à 9) par administration de buprénorphine .Nous nous efforcerons de mettre au point une technique non invasive par instillation à travers une sonde d’intubation oro-trachéale. Ainsi aucune douleur et gêne ne pourra être attribuée à l’induction, limitant ainsi la douleur et les décès pour la procédure.
Choix des espèces
Les souris utilisées seront des souris mâles et femelles C57bl/6. Nous utiliserons ces souris car c’est l’espèce de souris la plus utilisée dans la littérature pour le modèle murin de fibrose pulmonaire induit par bléomycine. En effet les thérapeutiques disponibles actuellement ont été évaluées sur un modèle murin de fibrose pulmonaire. L’utilisation de cette espèce nous garantit donc des résultats analysables et extrapolables aux données déjà disponibles dans la littérature. Les souris seront à un stade adulte, elles auront ainsi entre 8 et 12 semaines lors de l’induction, cet âge est celui utilisé dans la littérature pour l’induction de fibrose pulmonaire.
Thermothérapies par hyperthermie magnétique
- Recherche fondamentale
- Oncologie
1 280 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, chacune pouvant subir dix séances d'imagerie et six mesures de tumeur, toutes sous anesthésie. Une tumeur leur est implantée sous la peau, puis viennent cinq injections dans le péritoine, une injection dans la circulation sanguine et une injection directement dans la tumeur, avant l'échauffement par nanoparticules magnétiques. Le porteur annonce comme bénéfice de "développer de nouvelles nanoparticules performantes pour l'hyperthermie magnétique", en une phrase, quand les nuisances décrites incluent nécrose, douleur, perte de poids et fatigue liée aux anesthésies répétées. Le choix de la souris tient à la sensibilité de l'imagerie optique sur petit animal et à un poids qui, entre huit et douze semaines, reste "raisonnable" pour la manipulation.
Objectifs
Les thermothérapies regroupent un ensemble de méthodes basées sur l’utilisation d'un dépôt de chaleur local à des fins thérapeutiques incluant le traitement des cancers. Elles sont actuellement utilisées pour traiter directement la tumeur et/ou pour aider l'action des radiothérapies ou chimiothérapies. L’hyperthermie magnétique fait partie des thermothérapies et elle est déjà utilisée en clinique. Cependant les nanoparticules utilisées à l’heure actuelle pour réaliser cette hyperthermie doivent être améliorées afin d’augmenter leur efficacité. L’objectif de ce projet est de tester de nouvelles formulations de nanoparticules magnétiques in vivo dans l’optique de les transférer à la clinique.
Bénéfices attendus
Développer de nouvelles nanoparticules performantes pour l’hyperthermie magnétique afin de traiter les tumeurs solides.
Procédures
Injection sous la peau de cellules : 1 minute, 1 fois, durée anesthésie 5 minutes. Injection dans le péritoine : 10 secondes, 5 fois. Injection dans la circulation sanguine : inférieur à 1 minute, 1 fois, durée anesthésie 2 minutes. Injection dans la tumeur : 30 secondes, 1 fois, durée anesthésie 1 min 30. Imagerie : 10 fois, durée anesthésie 10 minutes. Mesure des tumeurs : 6 fois, durée anesthésie 2 minutes.
Impact sur les animaux
Les nuisances peuvent provenir de : 1. L’injection des cellules cancéreuses en sous cutané : infection au niveau du site d’injection. 2. La présence d’une tumeur : douleur, gêne occasionnée, nécrose. Perte de poids liée à la croissance tumorale. 3. Hyperthermie et suivi en imagerie : fatigue et stress liés aux anesthésies répétées, stress lié à la contention.
Devenir
Les souris seront euthanasiées car elles auront une tumeur sous-cutanée.
Remplacement
Nous souhaitons développer de nouvelles nanoparticules qui permettraient d’améliorer la thérapie des tumeurs solides par hyperthermie magnétique. Même si leur potentiel thérapeutique, leur validité et l’absence de toxicité seront testés en amont sur des modèles de cultures cellulaires ou d'organoides quand cela est possible, la finalité est le test sur des modèles in vivo avant d’envisager un passage en clinique.
Réduction
Les nanoparticules seront préalablement testées et validées in vitro avant d’être injectées à l’animal. Seules les nanoparticules validées seront utilisées. Le suivi se fait par imagerie de bioluminescence qui est une technique d’imagerie non invasive permettant de faire un suivi du début à la fin sur un même animal. Chaque animal est son propre contrôle. Le nombre d'animaux a été déterminé par une approche statistique.
Raffinement
Les souris seront acclimatées pendant 7 jours après leur arrivée dans l’animalerie. Les souris sont hébergées en groupes sociaux avec un enrichissement du milieu (tunnel, maison, paille) sur un portoir filtrant. Les étapes du projet sont réalisées sur animal anesthésié et lors de l’anesthésie l’animal est maintenu sur un tapis chauffant. Pour les anesthésie de longues durée de l’ocrygel est utilisé pour éviter l'asséchement des yeux. Les animaux sont surveillés par le personnel de l’animalerie et par l’expérimentateur selon une grille de score. En cas de léger mal être un antidouleur sera administré à l'animal et de la nourriture sera déposée directement au fond de sa cage pour plus d'accessibilité.
Choix des espèces
L'imagerie optique est plus sensible et facilement réalisable sur le petit animal tel que la souris. Les animaux seront utilisés à l'âge adulte entre 8 et 12 semaines. A cet âge les souris ont un poids et une taille raisonnable permettant leur manipulation.
Etude des cancers pulmonaires bronchiolaires
- Recherche fondamentale
- Système respiratoire
Respiration saccadée, perte de poids de plus de 20 %, prostration de plus de vingt-quatre heures, plaie de plus d'un centimètre carré : ces seuils déclenchent la mise à mort. 1 660 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Toutes subissent une biopsie d'oreille et cinq injections intrapéritonéales, une par jour pendant cinq jours, certaines dix injections hebdomadaires, d'autres jusqu'à six injections sous-cutanées et trois instillations dans la trachée, et vont développer une inflammation, une fibrose ou un cancer du poumon. Ces atteintes sont provoquées pour comprendre comment les cellules souches pulmonaires régénèrent le tissu, une question de recherche fondamentale dont le porteur attend qu'elle éclaire un jour la fibrose et le cancer humains.
Objectifs
Les cellules souches pulmonaires situées au niveau de la bronchiole pulmonaire jouent un rôle essentiel dans le maintien tissulaire assurant la fonction de l'organe. Ces cellules ont la capacité de se différencier en différents types cellulaires contribuant à la restauration de la fonction pulmonaire suite à une blessure. L’objectif de ce projet est de mieux comprendre la régénération pulmonaire en utilisant des modèles murins.
Bénéfices attendus
La compréhension approfondie du rôle des cellules souches pulmonaires est cruciale dans la compréhension et la gestion des pathologies pulmonaires. Ces cellules jouent un rôle central dans la réparation et la régénération des tissus endommagés. Comprendre comment ces cellules sont régulées est important pour mieux comprendre les troubles pulmonaires tels que la fibrose ou le cancer et offrir de nouvelles avancées dans le domaine de la médecine pulmonaire.
Procédures
Ce projet est basé sur un total de 1660 souris qui subiront toutes une biopsie d'oreille (1x 30 secondes) et seront toutes injectées 5x en injection intrapéritonéale (1 x par jour pendant 5 jours). Durée de l’intervention : 1minute par souris par jour. Les 1660 souris recevront une injection intrapéritonéale 1x, durée de l’intervention : 1min, en fin d'expérience. Parmi ces 1660 souris: - 420 recevront une injection intrapéritonéale 1x. Durée de l’intervention : 1 min ; - 210 recevront une injection intrapéritonéale 10x, (1x par semaine pendant 10 semaines). Durée de l’intervention 1 min; - 420 recevront deux injection en sous-cutanée 1x (durée de l’intervention 1 min), une injection intrapéritonéale 1x (durée de l’intervention 1 min) et une instillation intratrachéale 1x, durée de l’intervention 5 min ; -420 souris recevront 6 injections en sous-cutanée 1x tous les 3 jours (durée de l’intervention 1 min), 3 injections intrapéritonéales 1x tous les 3 jours (durée de l’intervention 1 min) et de 3 instillations intratrachéales 1x tous les 3 jours, durée de l’intervention 5 min
Impact sur les animaux
Les animaux vont développer une inflammation, une fibrose ou un cancer avec les nuisances associées à ces pathologies qui sont une difficulté respiratoire (respiration lente, saccadée ou très rapide) et une perte de poids. Les injections peuvent entrainer des plaies au niveau des sites d’injection.
Devenir
Cette étude vise à comprendre les mécanismes de régénération pulmonaire pour mieux appréhender les pathologies pulmonaires humaines que sont la fibrose et le cancer. Afin de valider nos hypothèses, nous devons collecter le matériel biologique, c'est à dire le poumon. Le poumon étant un organe vital, nous devons mettre à mort les animaux en fonction des cinétiques de chaque procédure.
Remplacement
Les cultures primaires de cellules bronchiolaires humaines en organoïdes et culture ALI sont en cours de mise au point au laboratoire. Ces cultures seront utilisées dès que possible et remplaceront à terme les expériences sur la souris. Cependant, ces cultures sont encore très expérimentales et ne recapitulent pas pour l'instant l’hétérogénéité cellulaire de l’épithélium pulmonaire, c’est pourquoi, nous avons besoin de valider nos résultats in vivo en ayant recours à des animaux.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisé dans ce projet a été choisi afin d’obtenir des résultats statistiquement significatifs avec le nombre de souris minimum selon la méthode statistique prédictive en tenant compte des differents parametres. En fonction des résultats obtenus dans chaque procédure, tous les points de cinétiques ne seront pas réalisés et toutes les procédures ne seront pas effectuées.
Raffinement
Les animaux seront surveillés quotidiennement (comportement, apparence, signes cliniques) par le personnel animalier et par les personnes en charge de l’expérimentation à l’aide d’une fiche d’observation. Les animaux seront pesés 2x par semaine tout au long des expériences. Les mesures correctrices ont été définies comme suit : - Dos vouté : Addition d’enrichissement et de nourriture gélifiée. Si pas d’amélioration 48h après, mise à mort de l’animal. - plaie 10% par rapport à la pesée précédente : Addition d’enrichissement et de nourriture gélifiée. Pesée quotidienne. Si perte de poids >10% du poids de la veille, mise à mort de l'animal - Prostration/inactivité : Visite 2x/jour. Addition d’enrichissement et de nourriture gélifiée. Si pas d’amélioration 24h après, mise à mort de l’animal. - agressivité : Séparation de l'animal agressif - tremblement : Visite 2x/jour si pas d’amélioration 48h après addition d’enrichissement et de nourriture gélifiée, mise à mort de l’animal Les points limites entrainant la mise à mort de l’animal ont été définis comme suit : -Plaie >1cm2 - Respiration rapide - Respiration lente - Halètement (à confirmer 20 minutes plus tard) : La respiration est forte et saccadée. - plaie au niveau des sites d’injection. - perte de poids>20% du poids de référence (jour 1 de l’expérience). Prostration > 24h, Dos vouté>48h, tremblement>48h. Perte de poids continue >10% (du poids précèdent) puis >10% (du poids de la veille) malgré mesures correctrices mises en œuvre.
Choix des espèces
Les modèles murins utilisés dans ces procédures sont les modèles de référence pour l'étude de la régénération pulmonaire et nous permettrons de comparer nos résultats avec ceux de la communauté scientifique. Les animaux seront âgés d’au moins 8 semaines (adultes) pour ne pas interférer avec le développement pulmonaire embryonnaire qui continue jusqu’à trente jours après la naissance.
Etude de la physiopathologie des infections à méningocoque et évaluation de nouvelles approches thérapeutiques dans un modèle de souris.
- Recherche appliquée
- Maladies infectieuses
- Recherche fondamentale
- Multisystémique
- Oncologie
Une partie des souris utilisées est immunodéficiente et porte une greffe de peau humaine, le méningocoque n'interagissant qu'avec des vaisseaux humains. 1 145 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Greffe de peau de quarante-cinq minutes sous anesthésie générale, infection par injection intraveineuse, injections intrapéritonéales d'anticorps et d'inhibiteurs, jusqu'à cinq ponctions veineuses : le porteur indique que l'infection peut provoquer une baisse d'activité, une perte de poids et une hypothermie, des points limites devant permettre de tuer les souris avant que l'infection ne le fasse. Le sang est ensuite prélevé par ponction dans le cœur sous anesthésie, l'analyse des vaisseaux et des organes exigeant leur mort à toutes.
Objectifs
La méningite et le purpura fulminans sont des infections bactériennes foudroyantes et sévères qui touchent principalement les enfants et les jeunes adultes. La mortalité approche 100% en l'absence de prise en charge médicale. En France, malgré une prise en charge adaptée, le taux de mortalité reste élevé : 3%pour les cas de méningite et 30% pour les cas de purpura fulminans qui se traduit par des plaques hémorragiques cutanées et un choc septique foudroyant. De plus, lorsque l’évolution n’est pas fatale, les séquelles sont fréquentes, graves et handicapent leur vie durant les jeunes patients atteints : amputations, troubles de la vision, perte partielle ou totale de l’audition, déficience mentale permanente, difficultés d’apprentissage, mémorielles, dépression nerveuse… Le purpura fulminans est un syndrome infectieux très sévère, qui associe une septicémie à des lésions tissulaires nécrotiques disséminées sur la peau et les organes internes. Ces infections sont complexes et impliquent plusieurs organes et systèmes physiologiques à l’échelle de l’organisme. Une étape essentielle de ces infections sévéres est l'infection des vaisseaux sanguins. La bactérie responsable de ces infections n’interagit qu’avec les vaisseaux sanguins humains, nous utiliserons donc une lignée de souris gréffées avec de la peau humaine (modèle mimant le purpura fulminans). Différents variants bactériens seront utilisés afin de déterminer l’importance de différents facteurs de virulence. Nous analyserons le rôle des cellules du système immunitaire dans ces infections. Nous chercherons également à valider in vivo les effets d’agents pharmacologiques préalablement validés in vitro .
Bénéfices attendus
Les résultats attendus sont importants, car mieux comprendre les mécanismes de la méningite cérébro-spinale et du purpura fulminans, pourra conduire au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques. Cela permettra à terme de diminuer voire supprimer la mortalité et les séquelles dramatiques de ces infections sévères et fulgurantes.
Procédures
Ce projet comporte 5 types d'intervention : - 1 Greffe de peau humaine, durée : 45 min. sous anesthésie générale - 2 : Infections expérimentales à méningocoque par injection intraveineuse, durée de 4h pour les souris NOD/SCID gréffées et 72h pour les souris Balb/c. une infection par animal - 3: Injection d’anticorps et d'inhibiteurs par voie intra-péritonéale (moins de 5 min) (deux injections par animal, 24 et 48h avant l'infection). Injection d’agents pharmacologiques en association ou non avec un antibiotique (moins de 5 min) (une injection par animal). - 4 : Mesure de la bactériémie chez les souris par ponction veineuse (moins de 5min). (une mesure pour les souris NOD/SCID; 5 pour les souris Balb/c)- 5 : Prélèvement de sang par ponction intracardiaque sur des souris anesthésiées avant leur mise à mort 3 min.
Impact sur les animaux
La greffe peut provoquer un stress lié à l’anesthésie. La greffe peut produire une inflammation ou une infection. L’infection peut provoquer un stress chez les souris se traduisant par une diminution de leur activité, une perte de poids ainsi qu’une potentielle hypothermie, la définition des points limites permet de mettre à mort les animaux avant la léthalité due à l'infection. L’injection d’agents pharmacologique peut produire un stress. La mesure de la bactériemie peut produire du stress lié à la manipulation et la contention.
Devenir
L'analyse de l'impact de l'infection et des traitements sur l'intégrité vasculaire et l'analyse de différents organes, nécessite la mise à mort de tous les animaux.
Remplacement
Ces infections sont complexes et impliquent plusieurs organes et systèmes physiologiques à l’échelle de l’organisme (cellules endothéliales, circulation sanguine, coagulation, système immunitaire…), c’est pourquoi notre étude nécessite le recours à un modèle animal. Il est impossible de mener une telle étude sur les modèles in vitro existants.
Réduction
Nous utiliserons pour chaque expérience le nombre minimal d'animaux permettant d'observer une différence significative en se basant sur des données publiées. Pour les comparaisons statistiques entre les groupes de souris, nous utiliserons un test adapté aux petits effectifs in vivo. Afin de réduire le nombre d’animaux dans l’étude, nous avons développé des expériences permettant l'analyse de plusieurs paramètres sur un même animal, comme par exemple les analyses sanguines et les analyses sur les greffons de peau.
Raffinement
Pour réduire la douleur, la souffrance et l’angoisse des souris au cours de notre étude, de l’enrichissement sera ajouté dans chaque cage d’hébergement (coton et maison en carton) afin de limiter le stress des animaux. De plus, nous réaliserons les greffes sous anesthésie générale et des analgésiques seront utilisés en période péri- et postopératoire. L’analgésie per et post-opératoire sera réalisée par injection sous-cutanée d’un antalgique 30 min. avant la chirurgie et dans les deux jours suivants. Des points limites ont été définis et leur atteinte entraînera la mise à mort anticipée de l’animal.
Choix des espèces
La souris est un bon modèle d'infection à méningocoque largement décrit dans la littérature. Il permet d'obtenir une bactériémie reproductible et prolongée après infection par voie intraveineuse. Ce modèle sera utilisé pour analyser les effets de différents variants bactériens et agents pharmacologiques sur l’initiation et la progression des lésions tissulaires. Souris femelles adultes âgés de 7 à 10 semaines car il est nécessaire que ces souris présentent une surface corporelle suffisante pour greffer des fragments de peau.
Etude de l’effet de biopeptides lors de la perte de poids chez le chat en surpoids
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Mettre des chats en restriction calorique pour tester une poudre de biopeptides tirée de l'hydrolyse de protéines sanguines : seize chats en surpoids vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacun subit quatre sédations avec prise de sang et voit sa ration réduite pendant toute l'étude, le porteur reconnaissant que la restriction calorique peut les rendre plus agités. Aucun remplacement n'est envisagé, le chat en surpoids étant la cible commerciale des biopeptides, et le porteur affirmant qu'il est "nécessaire" de tester sur "l'animal entier". Les seize chats sont gardés vivants et doivent être réintégrés dans un autre protocole de test d'aliment une fois leur poids optimal retrouvé.
Objectifs
L'objectif du projet est d'évaluer l'efficacité de biopeptides, issus de l'hydrolyse de protéines sanguines, chez le chat en surpoids : 1) vitesse de la perte de poids par rapport à l'effet du peptide contrôle, 2) effet sur la triglycéridémie, 3) effet sur des hormones du métabolisme lipidique (leptine, insuline, adiponectine) afin de mieux comprendre leur mode d'action.
Bénéfices attendus
Les biopeptides devraient permettre une perte de poids plus efficace chez le chat en surpoids ainsi qu'une baisse de la triglycéridémie par action sur le métabolisme lipidique.
Procédures
Quatre sédations et prises de sang sur une courte durée, moins d'1h.
Impact sur les animaux
L'ajout de la poudre de biopeptides sur les croquettes pourrait avoir un goût ou une odeur non appréciés par les animaux. Toutefois les quantités étant tellement faibles, cette nuissance sera très limitée. Une prise de poids excessive est une réelle nuisance vis-à-vis de tous les désordres associés (problème de diabète, problème articulaire, problème urinaire), c'est la raison pour laquelle, la prise de poids sera contrôlée et limitée. La restriction calorique pourrait avoir un impact sur le stress des animaux, les rendant moins sereins et plus agités. Cependant, la restriction sera faible, le suivi individualisé et la distribution de la ration en deux fois pourrait être un moyen de limiter ce stress.
Devenir
Les animaux pourront être réintégrés à un projet dont la demande d'autorisation est encore en cours (test d'aliment) ou intégrés dans un nouveau projet car ils auront retrouvé leur poids optimal. Les analyses sanguines classiques de biochimie et d'hématologie confirmeront également la bonne santé des animaux.
Remplacement
Aucun remplacement n'est envisageable dans la mesure où le chat en surpoids est l'animal cible des biopeptides testés et qu’il est nécessaire de tester sur l’animal entier pour nous permettre d’explorer le mode d’action chez cette espèce.
Réduction
Une simulation à l'aide d'un logiciel de statistiques a établi que le nombre minimum d'animaux par groupe permettant d'obtenir des différences significatives était de 8. Un t-test apparié ou un test de Wilcoxon sera utilisé pour analyser les données selon qu'elles suivent une loi normale ou non.
Raffinement
Les pièces de vie des chats sont enrichies par des paniers avec des couvertures, des griffoirs muraux, la présence de petits jeux (du type billes à grelots et balle de ping pong), plusieurs étagères et des recoins spécialement aménagés pour que les animaux puissent se cacher. La sédation lors des prises de sang permet de supprimer le stress pouvant être ressenti par l'animal lors du prélèvement. Un suivi quotidien du comportement des animaux (consommation alimentaire et comportement général) ainsi qu'un suivi hebdomadaire du poids des chats sera réalisé afin de mettre en place, si besoin était, des mesures adéquates (modification de la quantité de la ration, augmentation du contact avec les personnels animaliers) pour maintenir un bien-être optimal des animaux durant toute l'étude. Un animal qui consommerait moins de la moitié de sa ration durant 5 jours serait exclu de l'étude, tout comme un animal qui resterait prostré et montrerait des signes de détresse.
Choix des espèces
Le chat est l'espèce cible des biopeptides testés. Lers animaux seront des adultes de 3-4 ans, un âge particulièrement intéressant car la prise en charge du surpoids doit être réalisée le plus tôt possible sans attendre que les répercussions de celle-ci telles que le diabète, les troubles urinaires ou les problèmes articulaires soient déjà en place.
Développement d’un modèle de souris avec maladie cardiaque : 1/2
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système cardiaque
140 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Un virus injecté dans la veine de la queue doit leur faire sécréter de la sérotonine par le foie, suivi d'une échographie cardiaque sous anesthésie, de vingt-quatre heures seules en cage métabolique et d'un prélèvement sanguin terminal. Il s'agit de fabriquer chez la souris une cardiopathie carcinoïde, maladie humaine rare pour laquelle aucun modèle animal n'existe et aucun traitement non plus, les essais de molécules restant à venir. Le porteur écrit qu'un modèle animal est "indispensable" pour évaluer l'efficacité de molécules dans cette maladie, tout en indiquant mener en parallèle une approche observationnelle sur échantillons humains et une étude in vitro sur lignées cellulaires de foie de souris.
Objectifs
Dans certaines tumeurs du foie et du pancréas, il y a une sécrétion d'hormones dont la sérotonine. Ces hormones peuvent se jeter dans le coeur ou elles provoquent des remaniements à l'origine d'une maladie appelée la cardiopathie carcinoïde. Dans cette maladie trés rare, des patients ont une tumeur et de l'insuffisance cardiaque. Il n'existe pas de modèle animal de cette maladie qui permettrait de tester des nouveaux médicaments. L'objectif de ce projet sera de développer un modèle de souris, en injectant chez la souris un virus qui provoque une sécretion de sérotonine par le foie. Le projet se déroule dans deux établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
Il existe de rares tumeurs qui s’accompagnent d’une atteinte des valves du coeur . La création d’un modèle de souris permettra à l'avenir d’évaluer l’effet de l’administration de divers médicaments chez la souris avant de les introduire chez l’homme. Il n'existe en effet à ce jour aucun traitement pharmacologique de la maladie. Un modèle animal est indispensable pour évaluer l'efficacité de différentes molécules dans cette maladie rare. Cette maladie entraine une mortalité importante chez l'homme.
Procédures
Dans l'EU 1, nous allons réaliser une injection de virus dans la veine de la queue de souris (procédure de 5 minutes). Les virus utilisés sont des outils moléculaires pour du transfert de gènes. Dans l'EU2, nous allons réaliser une échographie cardiaque sous anesthésie (durée 20 minutes) . L'échographie cardiaque est une technique non invasive et indolore. Enfin après 4, 6, 8 ou 10 semaines, le prélevement sanguin sera fait sous anesthésie (5 minutes), avant euthanasie de l'animal, cette fois encore dans l'EU1 .
Impact sur les animaux
Les animaux seront placés pendant 24h dans des cages dites "métaboliques". Ces cages permettent de recueillir les urines des souris. L'injection du virus n'entraine pas d'effet indésirable selon la littérature. Ces cages peuvent entrainer un stress pour la souris qui est isolée. Anxiété et stress lié au déplacement des cages vers la salle d'intervention. Enfin il existe théoriquement un risque d’insuffisance du coeur associée à des gonflements des membres ( œdèmes en cas d’atteinte cardiaque sévère).
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés à l'issue de la procédure afin de prévenir la souffrance liée à la propagation du cancer, et de pouvoir analyser le coeur des souris. Cette analyse permettra de chercher des signes en faveur de l'apparition de la maladie cardiaque. L'euthanasie aura lieu dans l'EU2.
Remplacement
Nous comptons mener en parallèle une approche observationnelle sur échantillons humains. Cependant l’étude animale est indispensable afin dans un premier temps de reproduire la maladie, pour pouvoir dans un second temps réaliser des essais préliminaires médicamenteux (type inhibiteurs de la sérotonine). Nous étudierons in vitro la sécrétion de sérotonine sur des lignées cellulaires de foie de souris. Si la sécrétion est confirmée nous irons vers une utilisation chez la souris. L'utilisation d'un modèle animal est nécessaire, car actuellement aucun modèle in silico ne permet d'étudier les remaniements des valves.
Réduction
Après calcul statistique nous avons démontré qu'il nous faut 20 souris (10 males 10 femelles) par groupe. Dans un premier temps nous souhaitons utiliser 100 souris : Nous souhaitons utiliser 4 groupes euthanasiés à différents temps ainsi qu'un seul groupe controle. Nous avons limité au maximum le nombre de souris nécéssaires. Une fois le modèle validé, nous étudierons par échographie cardiaque sur deux groupes de 20 souris. AU total, utilisation de 140 souris.
Raffinement
Afin de minimiser le stress animal, les souris seront placées en groupe avec des éléments d'enrichissement comme des batons à ronger, des éléments permettant la nidification ainsi qu'un accès illimité à la nourriture et l'eau de boisson.Les animaux seront observés trois fois par jour et tout comportement anormal communiqué au responsable. Afin de limiter le stress pendant le transport des animaux, le transport entre les établissements utilisateurs (EU1 et EU2 dure 5 minutes à pied et se fera dans la cage. Leur cage sera placée dans un sac recouvert d'un tissu pour les cacher au regard du public. Les animaux sont hébergés sans isolement, avec enrichissement dans chaque cage. La douleur des animaux sera contrôlée par analgésie. L’enrichissement est adapté au suivi après injection du virus. Une échographie sera envisagé en cas de validation du modele dans les premières manipulations. A la fin de la période d'observation, les souris recevront une analgésie puis une sédation avant prélevement terminal, avant euthanasie. L'enrichissement est majoré lors du passage en cage métabolique (avec des batons et des éléments nouveaux de nidification).
Choix des espèces
L’utilisation de souris est bien connue dans l’utilisation des virus. La souris est donc le modèle expérimental le plus adapté. Les précédentes études avaient mis en évidence des modifications des valves et nous souhaitons raffiner le modèle grace à une injection de virus. Les études menées chez l'Homme indiquent une atteinte fréquente chez le sujet jeune. Nous utiliserons par conséquent des souris âgées de 8 à 12 semaines en début de procédure. L'utilisation du virus devra faire produire de la sérotonine à la souris.
Effet du stress prénatal sur le développement et la fonction des mécanorécepteurs à bas seuil d’activation
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Organes sensoriels
- Système nerveux
222 souris gestantes sont immobilisées sous une lumière vive, trois fois par jour, trente minutes par séance, six jours de suite. 4 002 souris vont être utilisées, 2 304 dans des procédures menées sous anesthésie et tuées avant tout réveil, 1 698 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, avec prélèvement de fœtus à E15 et E18,5 puis mise à mort des souriceaux à plusieurs âges. La plupart des souris de la première génération sont tuées pour prélever les organes, les géniteurs non stressés étant proposés à d'autres équipes puis tués si personne ne les reprend, le tout pour mesurer l'effet du stress maternel sur les neurones du toucher affectif. 1 008 souris passent des tests d'anxiété, d'état dépressif et de sensibilité mécanique qualifiés de non invasifs, sans qu'aucun soit nommé, celui de l'état dépressif durant trois heures.
Objectifs
Le toucher est un sens qui comprend non seulement la perception tactile de son environnement, mais également une composante émotionnelle et motivationnelle appelée toucher affectif. Cette composante est notamment très importante pour le développement social des individus. Dans la peau, cette composante émotionnelle de l'information tactile est dépendante de l'activation d'une population de neurones sensitifs spécialisée appelée les fibres C mécanoréceptrices à bas seuil d'activation ou C-LTMRs. Chez l'homme une altération de ce toucher affectif peut aboutir à des comportement d'isolement social (trouble du spectre autistique) associés à des états anxieux et/ou dépressifs. Il a été montré chez la souris que l'activation spécifiques des C-LTMRs est suffisante pour engendrer une augmentation des interactions sociales. Le développement des C-LTMRs intervient chez la souris entre le jour embryonnaire E13, où les précurseurs neuronaux commencent à se différencier, pour se poursuivre jusqu'à plusieurs jours après la naissance. La période prénatale est une période critique durant laquelle tous les systèmes physiologiques, y compris le système nerveux, développent leurs fonctions spécifiques et apprennent à s'adapter aux éventuels stimuli déclencheurs. Nous avons récemment mis en évidence chez la souris qu’un stress prénatal (c'est à dire subit par la mère durant la gestation) entraine à la fois une hypersensibilité mécanique, mais aussi une modification transcriptomique profonde dans les neurones sensitifs, notamment de gènes spécifiques des C-LTMRs. Nous émettons donc l'hypothèse que le stress prénatal pourrait induire une perturbation du développement des cLTMRs chez la descendance, et donc perturber le sens du toucher et donc le développement des interactions sociales chez les souris nées de mères stressées.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de possiblement mettre en évidence l'effet du stress prénatal sur la susceptibilité des individus à développer des troubles du comportement anxieux/dépressif, ainsi que des troubles du comportement social. Il explorera également pour la première fois les mécanismes biologiques sous-jacents, en se concentrant sur le développement des neurones sensoriels périphériques, notamment les c-LTMRs. Il apportera donc des informations cruciales sur les effets du stress subit par la mère durant sa grossesse sur le développement des organes sensoriels de l'enfant, et sur le remodelage des comportements qui pourraient en découler.
Procédures
Procédure 1 : Modèle de stress prénatal Les souris seront mises en stress de contention sous une lumière vive, 3 fois par jour, 30 minutes par session, sur 6 jours consécutifs (222 animaux) . Procédure 2, 5 et 6 : Les animaux subiront des tests comportementaux (1008 animaux) non invasifs visant à évaluer l'état d'anxiété (durée des tests, 10 minutes et 30 minutes), l'état dépressif (durée du test, 3h) , et la sensibilité mécanique (stimulation de 1s maximum). Procédure 5 : les nouveaux nés seront injectés sous anesthésie par le froid et par voie intrapéritonéale (durée de l'injection, 3 secondes maximum) . A l’âge adulte ils seront injectés par voie intrapéritonéale (576 animaux). Procédure 6 : Les souris seront injectées en intra-péritonéal (durée de l'injection, 2 secondes maximum) avant chaque session de stress, voire trois fois par jour, sur 6 jours consécutifs (36 animaux)
Impact sur les animaux
Dans le projet proposé, les souris subiront des tests pas ou peu invasifs. Bien que nous n’ayons pas observé de nuisance qui perturberaient le comportement soit de la mère stressée, soit de la descendance dans les expériences que nous avons déjà fait en accord avec le protocole éthique précédent utilisant ce modèle, les souris seront accompagnées et suivies et observées régulièrement (au moins une fois par jour), pour détecter la présence de comportements anormaux (prostration, isolement, absence de nettoyage). L'injection de l'inhibiteur de corticosterone sera également contrôlée (fréquence, dose, etc.) d’autant que la corticostérone joue un rôle clé durant la gestation. Nous utiliserons des doses déjà validées dans la littérature et suivront attentivement l'état des souris et souriceaux.
Devenir
La plupart des animaux de la 1ère génération (F1) sera euthanasiée à l'issu des procédures, pour récupérer les organes d'intérêt. Les souris mâles, et femelles non stressées ayant servi de géniteurs seront proposés à la communauté, et euthanasié si non utilisés.
Remplacement
Ce projet vise à identifier les mécanismes biologiques induits par l'exposition au stress durant la gestation. Il n'existe à ce jour aucun modèle cellulaire qui peut remplacer l'usage d'animaux pour investiguer cette thématique. La substitution par l'humain n'est pas évidente, étant donné d’une part que le niveau de stress est relatif à chaque personne (ce qui sera source de variabilité pour notre étude), et l'accès à des neurones sensoriels de foetus ou de mamans durant la gestation n'est pas possible. Le modèle murin est donc un élément clé et incontournable pour étudier l'effet du stress prénatal sur le développement des neurones sensoriels et sur les comportements associés.
Réduction
L'expérience du porteur du projet dans le modèle de stress prénatal (protocoles éthiques obtenus précédemment) et la présence de data préliminaires nous permet d'anticiper et d'optimiser le nombre d’animaux à analyser dans chaque modèle. Nous utiliserons une moyenne de 12 mères par groupe, par génotype, réparties entre contrôle et stress. Ce nombre pourra éventuellement varier à la hausse ou à la baisse (+/- 3 animaux par groupe) en fonction des résultats expérimentaux obtenus avec chaque génotype analysé pour chacun des modèles étudiés. Ces femelles seront accouplées avec 8 mâles aux génotypes correspondants, pour un rapport 2 mâles / 3 femelles . Les expériences qui seront réalisées, in vivo, ont été conçues de façon à n’utiliser que le nombre strictement minimum de souris nécessaire à l’obtention de données validées statistiquement (nombre déterminé sur la base de la littérature et de l'expérience des porteurs du projet dans les expériences réalisées, . L’utilisation de vecteur viraux pour permettre l’expression de gènes d’intérêt dans les souris permettra également d’éviter le recours à des lignées de souris transgéniques supplémentaires.
Raffinement
Jusqu'à présent, le taux de mortalité lors des expériences proposées n'atteint pas les 0.1%. Lors de la mise en place des procédures expérimentales, l’état clinique des animaux sera monitoré tous les jours. Lors de leur arrivée dans la zootechnie d’expérimentation, quelle que soit leur origine, les souris auront une phase d’acclimatation dans une pièce séparée sur portoirs ventilés d’au moins cinq jours. L’enrichissement sera constitué d’une maison en plastique et de frisure de papier kraft pour faire un nid. Lors du suivi quotidien des souris, nous analyserons les paramètres suivants : poids, température, signes extérieurs de stress tels qu’un comportement anormal (mouvement stéréotypés, isolement du groupe), la prostration ou l’aspect du pelage (poils luisant ou bien collé et gras etc). Nous examinerons également la présence de problèmes visibles (plaies cutanées étendues, dents longues, prolapsus anal). Si nous détectons une perte de poids équivalente à 20% du poids d’origine, ou bien un comportement apathique, des plaies trop importantes ou la présence de dents longues ou de prolapsus, les animaux seront euthanasiés.
Choix des espèces
La souris représente le modèle animal le plus utilisé pour étudier la physiopathologie des maladies humaines, surtout l'inflammation de la peau (taux de similarité important). En effet, l’élevage de souris est très productif et nécessite peu de place. Les connaissances et avancées technologiques actuelles permettent de disposer de nombreux modèles sophistiqués transgéniques, qui dans notre cas, permettront l'étude du rôle des C-LTMRS et l'effet du stress sur ces cellules. D’ailleurs, la majorité des animaux transgéniques nécessaires à la réalisation de ce projet sont uniquement disponibles chez la souris et sont déjà disponibles dans le laboratoire. L'utilisation de méthodes alternatives (ex. avoir recours à des biopsies humaines, etc. sera d'un grand intérêt mais cependant limite le projet, étant donné que les niveaux de stress sont relatifs à la personne en question, ce qui apportera une variabilité dans nos analyses. Trois stades/périodes de développement seront d'intêret durant notre projet: Jour embryonnaire (E) 13 à E18 : Cette période de gestation sera la période durant laquelle les sessions de stress seront conduites. Cette période correspond également à la période de développement des neurones Jour embryonnaire E15, E18,5: Les souris gestantes seront euthanasiées et les foetus prélevés, euthanasiés et analysés pour nos études, pour évaluer l’impact du stress sur la différenciation neuronale in utero. Jour post-natal P0, P5, P21 et P56 : Les souriceaux ou souris adultes de premieère génération seront euthanasiées à ces différents temps pour étudier l’impact du stress sur la maturation des neurones cLTMRs innervant la peau qui se déroule durant cette periode (P0 à P21) puis à l’age de jeune adulte (P56) .
Prélèvements en vue de produire des organoïdes endométriaux maternels servants à l’étude des pathologies utérines equine
- Recherche fondamentale
- Système urogénital
Cinq échographies transrectales, une prise de sang, un écouvillon puis une biopsie de l'utérus sous sédation : dix ponettes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les biopsies servent à produire des organoïdes d'endomètre équin, modèle in vitro destiné à étudier l'endométrite, principale cause de sous-fertilité chez la jument et source de pertes économiques pour l'élevage. Le porteur reconnaît que la biopsie utérine est un acte potentiellement douloureux et qu'elle peut rarement provoquer une rupture de l'utérus ou du rectum, entraînant la mort ou la mise à mort de la jument. Les dix ponettes sont gardées vivantes et réutilisées dans d'autres protocoles après examen vétérinaire, la méthode qui doit à terme réduire le recours aux juments vivantes reposant d'abord sur des prélèvements pratiqués sur elles.
Objectifs
L'objectif de ce projet est de mieux comprendree l'inflammation et de pouvoir reconstituer l'endomètre, qui est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus des mammifères. L’endométrite est l’inflammation de cette muqueuse, par exemple suite à une infection. L’endométrite est la principale cause de sous-fertilité chez la jument et la troisième maladie la plus fréquente chez les chevaux, causant des pertes économiques importantes pour l'élevage equin. Après un accouplement naturel ou une insémination artificielle, une réponse inflammatoire physiologique transitoire induite par le sperme élimine les rémanents séminaux et les débris de l'utérus .Chez les juments présentant une résistance naturelle à l'endométrite persistante, les composants locaux des mécanismes de défense utérine assurent la guérison du processus inflammatoire. Les juments qui ne parviennent pas à éliminer l'inflammation de l'utérus sont classées comme sensibles à l'endométrite persistante après la reproduction . Une inflammation ou une infection persistante après l'accouplement génère un environnement utérin néfaste pour les spermatozoïdes et inadapté à la vie embryonnaire, à l'origine d'infertilité. Les juments sensibles ont un retard dans l'évacuation des déchets utérins dû à des déficiences dans l'activité du myomètre et ne parviennent pas à évacuer les résidus séminaux après l'accouplement, accumulant du liquide intra-utérin, ce qui est mis en évidence par l'examen échographique . Récemment, des méthodes plus sophistiquées alternatives aux expérimentations animales ont émergé sous la forme de production d'organoides , qui sont des modèles cellulaires en 3D in vitro reproduisant de manière plus précise la structure et la fonction des organes.Ce projet vise à développer des organoïdes à partir des biopsies d’endomètre collectées chez des juments résistantes et sensibles à l'endométrite, puis à les caractériser pour identifier d'éventuelles différences morphologiques et fonctionnelles entre eux dans des conditions normales. De plus, ces organoïdes seront soumis à des challenges inflammatoires pour évaluer leur réponse différentielle. La possibilité de dériver des organoïdes à partir de tissus congelés et de les cryoconserver permettra de disposer de ce modèle tout au long de l'année, indépendamment des contraintes saisonnières qui limitent les expériences sur les juments en vie.
Bénéfices attendus
À court terme, le développement d'organoïdes permettra de mieux comprendre la pathophysiologie de l'endométrite et de tester des options de traitement in vitro, avec les avantages susmentionnés de ne pas dépendre d'expériences in vivo. Si des traitements ciblés peuvent être développés pour améliorer la gestion des juments sensibles à l'endométrite, un effet souhaitable à long terme serait une réduction de l'incidence de la pathologie et une meilleure fertilité.
Procédures
Il est prévu que chaque ponette ait 5 échographies, une procédure qui dure de 3 à 4 minutes. Pendant l'étude, il sera également pratiqué un prélèvement sanguin de 5ml, qui durera 5 secondes. Il est prévu de réaliser deux autres prélèvements de 5 minutes chacun, l'un par écouvillon endométrial et l'autre par biopsie endométriale. Pour effectuer le dernier prélèvement, on utilisera une sédation associée à un antalgique.
Impact sur les animaux
Les prises de sang peuvent entrainer une légère douleur ainsi qu’un hématome au niveau du site de prélèvement. Le temps nécessaire pour réaliser une prise de sang est d'environ 1mm. L’examen échographique transrectal de la jument comporte des risques qui sont pris en compte par les techniciens. Les différentes échographies peuvent entrainer une légère douleur, cette technique d’imagerie est rapide 3-4mn par animal. La biopsie utérine est un acte potentiellement douloureux également, cette douleur éventuelle est prise en compte par la médication mise en place. Les biopsies endométriales peuvent rarement entraîner la mort ou l'euthanasie de la jument. Les cas exceptionnels qui pourraient se produire seraient une rupture de l'utérus due à une déchirure profonde ou une coupure du myomètre au moment du prélèvement, entraînant une hémorragie utérine, ou une rupture du rectum au moment de la palpation transrectale au cours de la procédure. La contention pour les différents actes peut engendrer du stress pour les animaux.
Devenir
Tous les animaux sont gardés en vie et réutilisés pour d'autres protocoles après examens vétérinaires
Remplacement
L’objectif principal de ce projet étant d’évaluer la fertilité des femelles après insémination, nous ne pouvons pas remplacer l’utilisation des ponettes par un autre modèle. Ainsi dans un premier temps, ce projet vise à développer un modèle in vitro d’endométrite chez la jument afin de réduire à long terme l’utilisation des animaux vivants. Toutefois, au stade actuel de l’étude pour pouvoir développer cette technique, l’utilisation d’échantillons collectés chez des juments vivantes pendant ce projet est nécessaire.
Réduction
Ce projet a pour objectif également de réduire au maximum le nombre des animaux vivants utilisés à des fins scientifiques ainsi que les interventions sur chacun de ces animaux. Le développement des organoïdes permet d'optimiser les prélèvements sur un animal car les organoïdes peuvent être multipliés in vitro. En effet, un seul prélèvement in vivo permet d’obtenir une quantité suffisante d’organoïdes au laboratoire pour mener à terme les expériences nécessaires pour l’étude. De même, une fois le modèle et la variabilité entre les différents phénotypes d’animaux établis, cela permet de connaître le nombre d'animaux nécessaires pour chaque catégorie (sensible et résistante), minimisant ainsi le nombre total d'animaux utilisés dans chaque condition physiologique.
Raffinement
Notre procédure sera raffinée, minimisant les interventions, un ou deux prélèvements par animal au maximum pendant la réalisation de tout le projet. Les juments seront logées en bâtiment conventionnel sur aire paillée avec accès au pâturage, en visibilité et en contact avec des congénères pour rendre le plus agréable possible leur environnement expérimental pendant toute la durée du projet. Les ponettes voient plusieurs fois par jour les animaliers et les expérimentateurs qui surveillent attentivement leur comportement. L’enrichissement du milieu est assuré par des brosses, des jeux, des bouts des bois à ronger. Les animaliers ont suivi une formation à la manipulation éthologique des animaux : les animaux sont habitués aux différentes procédures et les vivent sans stress.
Choix des espèces
Le but de cette expérience est le développement d'organoïdes d'endomètre équin qui permettront un modèle in vitro et qui pourra contribuer à la compréhension fondamentale de la pathophysiologie de l'endométrite, nous ne pouvons pas remplacer l’utilisation des ponettes par un autre modèle. il est donc nécessaire d’avoir des ponettes donneuses pour réaliser des biopsie d'utérus pour ce projet Les animaux utilisés seront tous pubères, puisqu'il faut qu'ils soient capables de se reproduire. La collecte des biopsies sera realisée chez des ponettes en œstrus et avec un follicule dominant pré-ovulatoire et un œdème utérin de grade II ou IV.
Développement d’un modèle syngénique de DMG (Diffuse Midline Glioma)
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Les souris utilisées ici ont un système immunitaire fonctionnel, à la différence des lignées immunodéficientes des modèles précédents du même laboratoire, ce qui constitue l'intérêt déclaré du projet. 252 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Des femelles gestantes subissent une ouverture de la paroi abdominale de trente minutes pour que leurs embryons, à 12,5 ou 13,5 jours, reçoivent une injection suivie d'un champ électrique déclenchant la formation d'une tumeur, avec des douleurs modérées que le porteur attribue aux gestations interrompues. Les tumeurs obtenues sont ensuite greffées par stéréotaxie dans le cerveau de souris adultes, qui présentent ataxie, perte d'équilibre, prostration et amaigrissement avant d'être tuées pour la conservation des tissus tumoraux.
Objectifs
Ce projet a pour objectif de mettre au point des modèles de souris génétiquement modifiés de Gliome Diffus pédiatriques de la ligne médiane (DMG). Les gliomes sont l'ensemble des tumeurs cérébrales, bénignes ou malignes, issues du tissu de soutien neuronal appelé la glie. Ces tumeurs sont universellement incurables à ce jour. Ceci est dû à la résistances importantes de ces tumeurs aux peu de traitements disponibles aujourd’hui. Elle sont très différentes des gliomes de l’adulte et des tumeurs du cortex de l’enfant et il est nécessaire de pouvoir les étudier plus spécifiquement. Notre groupe a pu développer les premiers modèles in vivo au monde de Gliome Diffus de la ligne médiane à partir de biopsies de patients au diagnostic. Cependant, ces modèles présentent le défaut d'être développés dans des souris immunodéficientes. Nous avons deux objectifs finaux utilisant les modèles créés à l’aide de ces protocoles. D’une part, l'évaluation d'immunothérapies, de médicaments immuno-modulateurs ou de stratégies vaccinales afin d'éradiquer cette tumeur. Et d’autre part, l’étude des étapes précoces de la formation de la tumeur (oncogénèse) et le rôle du système immunitaire dans ce contexte.
Bénéfices attendus
Obtenir un modèle murin génétiquement modifié de DMG permettra de mieux comprendre les étapes précoces du développement de ces tumeurs, pour le moment encore inconnu. Cette compréhension permettra d’identifier les modifications précoces menant à l’apparition de cellules tumorales. L’induction de modification menant à des tumeurs dans des animaux ayant un système immunitaire compétant permettra l’exploration de nouvelles approches thérapeutiques, en prenant en compte l’environnement immunitaire de tumeurs, et tester ainsi des approches immuno-oncologiques (immunothérapie, médicaments immuno-modulateurs, stratégies vaccinales…).
Procédures
Les animaux femelles gestantes seront soumises à une intervention chirurgicale telle qu’une ouverture de la paroi abdominale (pour une durée de 30 minutes), précédés d’injections d’analgésiques et anesthésiques. Les embryons quant à eux auront des injections ainsi que l’utilisation d’un champ électrique (de moins d’une minute) menant à la formation de tumeurs. Ces futures tumeurs seront par la suite greffées dans des souris adultes, par stéréotaxie (sous anesthésie, avec une injection dans le cerveau d’une durée de 5 minutes).
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues chez les animaux sont celles liées aux symptômes tumoraux et à la chirurgie. On pourra observer des symptômes neurologiques modérés qui sont fréquemment observés en présence d’un volume tumoral conséquent (ataxie), perte d'appétit et donc perte de poids, prostration des animaux, perte d’équilibre. Chez les mères, on pourra également constater des douleurs modérées dues à des gestations interrompues.
Devenir
Les animaux seront euthanasiés pour conservation et analyse de tissus tumoraux post-mortem.
Remplacement
Une singularité des gliomes de la ligne médiane (composée du thalamus, du pont et de la moelle épinière), résulte de leur phénotype systématique d’infiltration des structures de la ligne médiane dans un premier temps, puis plus largement de tout le cerveau au décours de la maladie. Ces particularités résultent des interactions des cellules tumorales avec leur environnement qui ne peuvent être appréhendées que dans des modèles vivo, où la variété et complexité du microenvironnement tumoral peut être reproduite. De plus, la barrière hématoencéphalique, qui isole le cerveau du reste de l’organisme, est une limitation très importante dans le traitement de cette maladie (barrière non rompue) et il est nécessaire de développer des modèles de greffes afin d’évaluer une nouvelle médication avant les phases cliniques. Les molécules médicamenteuses potentiellement identifiées par la suite serons testées sur des modèles de cultures cellulaires afin de limiter leur toxicité lors du traitement des animaux, en déterminant des concentrations et une posologie adéquat. Une des perspectives de ce projet, est également d’étudier le système immunitaire dans toute sa complexité, ce qui n'est possible que dans un animal vivant.
Réduction
Nos souris vont être suivies par bioluminescence. Ce suivi longitudinal permet d’éviter l’ajout d’animaux supplémentaires à sacrifier au cours de l’étude pour avoir des informations sur la présence ou non de tumeur. Cela permet donc de diminuer le nombre des animaux par procédures. Le nombre d'animaux a été déterminé par calcul de puissance, et les résultats seront étudiés par analyse de variance.
Raffinement
Pour limiter la souffrance liée, premièrement à la chirurgie , les femelles gestantes recevront une injection d’antalgique avant et après la chirurgie, puis une autre injection le lendemain. Toutes les procédures sont réalisées sous anesthésie générale pour limiter la douleur et le stress des animaux. La température de l’animal est maintenue grâce à une plaque chauffante durant la chirurgie et le réveil. Des injections de sérum physiologique à la température de l’animal sont réalisées avant et après la chirurgie pour maintenir l’hydratation de l’animal. Un gel oculaire est également utilisé pour éviter la sécheresse oculaire ainsi que de la Betadine pour éviter tout risque d’infection. Suite à la chirurgie, les femelles sont placés seuls dans une cage chauffée le temps de leur réveil complet (+/-2h) et seront par la suite replacés en hébergement en groupe où ils reçoivent nourriture et boisson ad libitum. Pour limiter la souffrance liée à la progression tumorale chez les jeunes souris injectées, les animaux seront pesés plusieurs fois par semaine et observés tous les jours pour surveiller les signes cliniques. Des points limites précoces ont été définis et seront strictement appliqués.
Choix des espèces
L'utilisation de souris ayant un système immunitaire est ici essentielle pour la poursuite de ce projet. De plus, ce modèle, déjà établi, a été réalisé chez la souris . Des femelles âgés de minimum 7 semaines seront mises en accouplement, ce qui correspond à l’âge du jeune adulte possédant les meilleures capacités de reproduction et ceci jusqu’à la limite de leurs capacités de reproduction, à partir de 8 mois. Les embryons seront injectés au jour embryonnaire 12.5-13.5. Lors de la greffe, les souris seront agées de 6 semaines au minimum.
Développement d’un modèle de souris avec maladie cardiaque : 1/2
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système cardiaque
Pour obtenir une atteinte des valves du cœur qui n'a pas encore de modèle animal, des souris reçoivent un virus qui leur fait sécréter de la sérotonine par le foie. 140 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures classées au niveau de souffrance le plus léger. Chacune reçoit l'injection dans la veine de la queue, passe vingt-quatre heures seule en cage métabolique, subit une échocardiographie de vingt minutes sous anesthésie dans un second établissement, puis un prélèvement de sang avant d'être tuée pour l'analyse de son cœur. Le porteur qualifie l'échographie de "non invasive et indolore" et affirme que l'injection du virus n'entraîne pas d'effet indésirable, tout en mentionnant un risque d'insuffisance cardiaque accompagnée d'œdèmes des membres.
Objectifs
Dans certaines tumeurs du foie et du pancréas, il y a une sécrétion d'hormones dont la sérotonine. Ces hormones peuvent se jeter dans le coeur ou elles provoquent des remaniements à l'origine d'une maladie appelée la cardiopathie carcinoïde. Dans cette maladie trés rare, des patients ont une tumeur et de l'insuffisance cardiaque. Il n'existe pas de modèle animal de cette maladie qui permettrait de tester des nouveaux médicaments. L'objectif de ce projet sera de développer un modèle de souris, en injectant chez la souris un virus qui provoque une sécretion de sérotonine par le foie. Le projet se déroule dans deux établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
Il existe de rares tumeurs qui s’accompagnent d’une atteinte des valves du coeur . La création d’un modèle de souris permettra à l'avenir d’évaluer l’effet de l’administration de divers médicaments chez la souris avant de les introduire chez l’homme. Il n'existe en effet à ce jour aucun traitement pharmacologique de la maladie. Un modèle animal est indispensable pour évaluer l'efficacité de différentes molécules dans cette maladie rare. Cette maladie entraine une mortalité importante chez l'homme.
Procédures
Dans l'EU 1, nous allons réaliser une injection de virus dans la veine de la queue de souris (procédure de 5 minutes). Les virus utilisés sont des outils moléculaires pour du transfert de gènes. Dans l'EU2, nous allons réaliser une échographie cardiaque sous anesthésie (durée 20 minutes) . L'échographie cardiaque est une technique non invasive et indolore. Enfin après 4, 6, 8 ou 10 semaines, le prélevement sanguin sera fait sous anesthésie (5 minutes), avant euthanasie de l'animal, cette fois encore dans l'EU1 .
Impact sur les animaux
Les animaux seront placés pendant 24h dans des cages dites "métaboliques". Ces cages permettent de recueillir les urines des souris. L'injection du virus n'entraine pas d'effet indésirable selon la littérature. Ces cages peuvent entrainer un stress pour la souris qui est isolée. Anxiété et stress lié au déplacement des cages vers la salle d'intervention. Enfin il existe théoriquement un risque d’insuffisance du coeur associée à des gonflements des membres ( œdèmes en cas d’atteinte cardiaque sévère).
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés à l'issue de la procédure afin de prévenir la souffrance liée à la propagation du cancer, et de pouvoir analyser le coeur des souris. Cette analyse permettra de chercher des signes en faveur de l'apparition de la maladie cardiaque. L'euthanasie aura lieu dans l'EU2.
Remplacement
Nous comptons mener en parallèle une approche observationnelle sur échantillons humains. Cependant l’étude animale est indispensable afin dans un premier temps de reproduire la maladie, pour pouvoir dans un second temps réaliser des essais préliminaires médicamenteux (type inhibiteurs de la sérotonine). Nous étudierons in vitro la sécrétion de sérotonine sur des lignées cellulaires de foie de souris. Si la sécrétion est confirmée nous irons vers une utilisation chez la souris. L'utilisation d'un modèle animal est nécessaire, car actuellement aucun modèle in silico ne permet d'étudier les remaniements des valves.
Réduction
Après calcul statistique nous avons démontré qu'il nous faut 20 souris (10 males 10 femelles) par groupe. Dans un premier temps nous souhaitons utiliser 100 souris : Nous souhaitons utiliser 4 groupes euthanasiés à différents temps ainsi qu'un seul groupe controle. Nous avons limité au maximum le nombre de souris nécéssaires. Une fois le modèle validé, nous étudierons par échographie cardiaque sur deux groupes de 20 souris. AU total, utilisation de 140 souris.
Raffinement
Afin de minimiser le stress animal, les souris seront placées en groupe avec des éléments d'enrichissement comme des batons à ronger, des éléments permettant la nidification ainsi qu'un accès illimité à la nourriture et l'eau de boisson.Les animaux seront observés trois fois par jour et tout comportement anormal communiqué au responsable. Afin de limiter le stress pendant le transport des animaux, le transport entre les établissements utilisateurs (EU1 et EU2 dure 5 minutes à pied et se fera dans la cage. Leur cage sera placée dans un sac recouvert d'un tissu pour les cacher au regard du public. Les animaux sont hébergés sans isolement, avec enrichissement dans chaque cage. La douleur des animaux sera contrôlée par analgésie. L’enrichissement est adapté au suivi après injection du virus. Une échographie sera envisagé en cas de validation du modele dans les premières manipulations. A la fin de la période d'observation, les souris recevront une analgésie puis une sédation avant prélevement terminal, avant euthanasie. L'enrichissement est majoré lors du passage en cage métabolique (avec des batons et des éléments nouveaux de nidification).
Choix des espèces
L’utilisation de souris est bien connue dans l’utilisation des virus. La souris est donc le modèle expérimental le plus adapté. Les précédentes études avaient mis en évidence des modifications des valves et nous souhaitons raffiner le modèle grace à une injection de virus. Les études menées chez l'Homme indiquent une atteinte fréquente chez le sujet jeune. Nous utiliserons par conséquent des souris âgées de 8 à 12 semaines en début de procédure. L'utilisation du virus devra faire produire de la sérotonine à la souris.
Etude du rôle du récepteur des oestrogènes ERa dans la cellule endothéliale lymphatique
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système cardiaque
- Système endocrinien
- Système urogénital
260 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, un même animal pouvant enchaîner des injections intrapéritonéales répétées, l'ablation de ses ovaires, la pose d'un implant hormonal, douze semaines de régime obésogène, un jeûne, puis un gavage avant sa mise à mort. 160 subissent des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 100 un niveau léger. Le porteur range dans les actes "peu invasifs, indolores" la pesée et le régime riche en lipides, classe la biopsie d'oreille en douleur légère de courte durée, et signale que l'isolement des mâles après accouplement engendre un stress. L'objectif est de comprendre le rôle du récepteur des œstrogènes dans les vaisseaux lymphatiques, et les retombées avancées sur l'infertilité et l'obésité sont formulées comme des pistes, quand les ovariectomies et les gavages, eux, sont programmés.
Objectifs
Le système lymphatique permet le maintien de l’homéostasie tissulaire, il assure la balance des fluides, la circulation des cellules immunes et permet le drainage des lipides intestinaux. Une dysfonction de ce système aboutit à la formation de lymphoedème, à une accumulation massive de fluide et de tissu adipeux dans un membre (éléphantiasis). Les lymphoedèmes peuvent être primaires (maladie rare) et se développent soit à la naissance (hommes et femmes), soit à la puberté ou pendant la grossesse (femmes uniquement dans ces deux cas) suggérant un effet des hormones féminines sur sa fonction. Les lymphoedèmes peuvent être également secondaires suite à un curage ganglionnaire lors du traitement du cancer (mélanome, sein, cancers gynécologiques). Ce projet vise à caractériser le rôle des hormones féminines dans la physiopathologie du système lymphatique.
Bénéfices attendus
Cette étude permettra de mieux comprendre les différences de genre observées dans la physiopathologie du système vasculaire lymphatique. Il fournira de nouvelles pistes concernant le rôle du système lymphatique dans le système reproductif (utérus, ovaires..) pour comprendre les problèmes d'infertilité. Enfin, il permettra de mieux comprendre pourquoi le rôle du système lymphatique dans l'obésité, une maladie incurable qui touche des millions de personnes, affecte majoritairement les femmes.
Procédures
Les animaux seront soumis à différents types d'interventions: - Biopsie d'oreille pour identification et génotypage des bébés nés (quelques secondes)- Injections intrapéritonéales (2 à 3 secondes), gavage ( 5 secondes) - Ovariectomie (20 minutes de chirurgie sous plaque chauffante) et pose de pellet ( 10 minutes sur plaque chauffante) - Mise sous régime obésitogène ( 12 semaines) - Mise à jeun ( 2 heures) - Le même animal peut subir des injections intra-péritonéales répétées à un jour d'intervalle , suivie d'une ovariectomie et de la pose du pellet, puis mis sous régime obésitogène, avant de subir un gavage avant euthanasie . Il peut aussi subir un prélévement sanguin, mais cela sera fait sous anesthésie avant euthanasie.
Impact sur les animaux
Les expérimentations réalisées dans ce projet sont peu invasives, indolores (pesée, régime riche en lipides) ou de douleur légère de courte durée (biopsie d'oreille par poinçon), de classe légère et modérée (biopsie de queue, jeûne, ovariectomie, pose de pellet). Elles peuvent être associées aux nuisances suivantes : - Régime riche en lipides peut induire une prise de poids pouvant gêner les déplacements - Mise à jeun peut entrainer du stress - Ovariectomie/pose de pellet peut générer une douleur due à la chirurgie mais qui sera traitée par un analgésique et pris en compte par une surveillance accrue. - Isolement des mâles après accouplement va aussi engendrer un stress chez l'animal.
Devenir
Tous les animaux sont mis à mort en fin de procédure afin de récupérer les différents tissus notamment les tissus adipeux, la peau, l'utérus, la glande mammaire qui permettront d'étudier le rôle d'ERa dans le système vasculaire lymphatique.
Remplacement
Les effets pléiotropes des oestrogènes, synthétisées majoritairement par les ovaires, font intervenir des fonctions, tissus et cellules multiples dans l’organisme non modélisables par des approches in vitro. D’autre part, l'étude de la fertilité impliquant la gestation ne peut être observée que sur animal vivant. C’est pourquoi, le recours à l’expérimentation animale est l’unique approche permettant de comprendre les impacts physiologiques du système lymphatique dans la fertilité. De même, la prise de poids et la réponse à un régime obésitogène d'un point de vue physiologique est difficile à modéliser dans sa globalité car elle fait intervenir de nombreux partenaires cellulaires et processus pathologiques (cellule endothéliale et lymphatique, inflammation..), il n'y a aucune stratégie de remplacement pour l'étude de ces processus physio(patho)logiques, ni aucune stratégie de remplacement du modèle animal qui permet de répondre aux questions adressées par ce projet.
Réduction
Afin de réduire le nombre d'animaux utilisés dans le cadre de ce projet, nous utiliserons en grande majorité des femelles car cette partie du projet rentre dans le cadre du traitement du cancer du sein et de ses conséquences : le lymphoedème et le lipoedème qui touche une majorité de femmes. De plus, le nombre d'animaux utilisés par groupe est réduit à son minimum sans compromettre les objectifs du projet. Ce nombre est calculé de manière à donner des résultats statistiquement significatifs afin de délimiter l'effet du génotype, du temps et/ou du traitement.
Raffinement
Les animaux sont placés en pièce d'acclimatation lors de leur arrivée a la zootechnie. Ils sont pris en charge par du personnel de la zootechnie compétent qui vérifie leur état et place de l'enrichissement (carré de coton, carton) dans les cages pour amoindrir le stress du transport et permettre aux animaux de faire un nid. Les animaux issus de différents cartons de transport ne sont jamais mélangés lors de la répartition dans les cages d'hébergement. Les animaux seront hébergés en cages de 4 ou 5 et seront acclimatés pendant une période de 5 jours avant de commencer tout protocole. Tout au long du protocole, le bien-être de l’animal est bien pris en compte avec enrichissement du milieu et les souris seront surveillées quotidiennement selon les directives européennes relatives à l'hébergement des animaux de laboratoire. De plus, pour chaque procédure chirurgicale, les souris sont maintenues sur des tapis chauffants et les conditions d’anesthésie générale avec analgésique sont réalisées pour une meilleure prise en compte de la douleur. Enfin, pour un meilleur raffinement, les souris à euthanasier seront placées dans une salle isolée du reste des souris et les manipulations post-euthanasies seront réalisées dans une troisième pièce. Tout au long des procédures, les points limites adaptés et précis (décrits dans chaque procédure) sont quotidiennement surveillés permettant de mettre en application l'arbre décissionnel pouvant aboutir aux critères d'arrêt des souffrances. Cette décision sera prise par la personne en charge de la mise en oeuvre générale du projet dans l’EU et de sa conformité à l’autorisation de projet, en concertation avec la personne en charge du bien-être animal dans l’EU.
Choix des espèces
Le choix de l’espèce s’est orienté vers la souris car c’est le seul modèle pour lequel on peut avoir un suivi de la gestation, de la lactation, et de la prise de poids en réponse à un régime obésitogène. De plus, c'est le modèle qui permet d'étudier spécifiquement une invalidation génique de notre protéine d'intérêt de manière tissu-spécifique (système CRE-LOX).
Évaluation des effets prébiotiques et anti-diabétiques de tisanes à base de plantes médicinales réunionnaises chez un modèle de souris obèse
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système gastrointestinal
Nourries pendant douze semaines avec un régime riche en graisses jusqu'à peser environ le double d'une souris témoin, mises à jeun six heures une fois par mois, gavées de boissons trois fois par semaine pendant six semaines, 64 souris subissent des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une goutte de sang est prélevée à leur queue tous les quinze jours pendant trois mois pour mesurer leur glycémie. Le porteur reconnaît que l'obésité induite réduit leur mobilité, peut dégrader leur toilettage jusqu'à l'alopécie et provoquer une polyurie, et prévoit de changer leur litière deux fois par semaine à cause des souillures. Toutes sont tuées par ponction cardiaque pour prélever le maximum de sang et neuf tissus, dont le cœur, le foie, le cerveau et le contenu du cæcum, l'objet du projet étant de tester l'effet prébiotique de tisanes de plantes médicinales réunionnaises.
Objectifs
Le projet vise à évaluer les effets prébiotiques et anti-diabétiques de tisanes riches en polyphénols de plantes médicinales réunionnaises chez un modèle de souris obèse. Ce projet s’insère dans un programme de recherche visant à développer des thérapies innovantes contre l’obésité et l’état diabétique associé qui sont des problèmes de santé publique majeurs dans le Monde. En effet, l’accumulation de graisses causant l’obésité engendre des désordres métaboliques et inflammatoires conduisant à une résistance à l’insuline et au diabète de type 2. L’obésité s’accompagne également d’une dérégulation des communautés bactériennes du microbiote intestinal, appelée dysbiose, et d’une perméabilité de la barrière intestinale. Il en résulte une translocation dans le sang de composés bactériens comme des endotoxines de type lipopolysaccharides (LPS) et des métabolites comme la triméthylamine métabolisée en oxyde de triméthylamine (TMAO) par le foie. Ces métabolites d’origine bactérienne atteignent des organes métaboliquement actifs tel que le tissu graisseux et aggravent l'inflammation, la résistance à l'insuline et l’état diabétique au cours de l’obésité. Des études montrent que la réduction de la dérégulation du microbiote intestinal par des agents prébiotiques naturels comme les fibres et les polyphénols végétaux, diminue le risque de complications de l’obésité. En effet, les prébiotiques sont des composés utilisés comme substrats nutritifs par des communautés bactériennes spécifiques et sont en faveur de leur croissance. Notre hypothèse de recherche est que les polyphénols contenus dans des tisanes, servent de substrats aux bactéries intestinales et protègent contre la dérégulation du microbiote intestinal liée à l’obésité. Pour vérifier cette hypothèse, notre projet a pour but d’évaluer pour la première fois la capacité de tisanes riches en polyphénols issues de deux plantes médicinales réunionnaises à exercer une action prébiotique sur les bactéries intestinales chez un modèle de souris obèses. De plus, le projet vise à déterminer l’impact des tisanes riches en polyphénols sur la production de métabolites bactériens de type LPS et TMAO, pour limiter le développement de l’état inflammatoire et diabétique des souris obèses.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus sont : - d’ordre scientifique et médical : la preuve du lien entre les métabolites bactériens et les désordres métaboliques et inflammatoires au cours de l’obésité contribuera à l’apport de nouvelles connaissances sur le rôle de la dysbiose du microbiote intestinal comme facteur de risque et cible thérapeutique potentielle. De nouvelles perspectives thérapeutiques utilisant des prébiotiques pourront être développées pour la prise en charge de patients en situation d’obésité et à risque diabétique. - d’ordre biotechnologique : la preuve de l'efficacité de thérapies riches en polyphénols de plantes médicinales visant à améliorer la composition du microbiote intestinal, à moduler la production de métabolites bactériens atteignant les tissus métaboliquement actifs et à réduire les troubles métaboliques comme le diabète au cours de l'obésité permettra de valoriser le potentiel nutrition-santé de ces molécules naturelles issues de la biodiversité végétale.
Procédures
Les nuisances prévues sont associées à 4 types d'interventions chez les animaux : 1- Prélèvement d’une goutte de sang au niveau de l’une des veines latérales de la queue pour la mesure de la glycémie (durée 1 min, 1 fois tous les 15 jours pendant 3 mois, 8-10 µL). 2- Gavage de boissons (durée 2 min, 3 fois par semaine pendant 1,5 mois). 3- Gavage d’une solution de glucose pour le test de tolérance au glucose (durée 2 min, 1 fois par mois pendant 3 mois). 4- Ponction cardiaque terminale sous anesthésie générale (euthanasie, durée 2 min).
Impact sur les animaux
Le régime riche en graisses provoque une augmentation du poids/état d’obésité des souris générant des contraintes physiques (mobilité réduite/inactivité, diminution possible de toilettage/alopécie, modification des fécès, polyurie) voire psychologiques (stress/angoisse), engendrant une augmentation de la souillure des litières. Pour détecter ces possibles effets indésirables et garantir au mieux le bien-être des animaux, un suivi quotidien du comportement des animaux, et de leur poids et de leur prise alimentaire toutes les semaines sera effectué. Le test oral de tolérance au glucose réalisé une fois par mois va induire un stress vu que les souris seront mises à jeun pendant 6 h pour évaluer l’hyperglycémie provoquée. Les mesures de glycémie seront réalisées grâce à un glucomètre à partir d’une goutte de sang prélevée par ponction au niveau d’une des veines latérales de la queue, après application sur la queue d’une crème analgésique. Pour limiter le stress et la douleur, les manipulations seront réalisées par un personnel habilité et dûment expérimenté. L’étape de gavage des boissons prévue 3 jours par semaine pendant 6 semaines peut aussi induire un état de stress chez les animaux. Pour limiter ce stress, les manipulations seront réalisées par le même personnel habilité et expérimenté. Un suivi quotidien du comportement des animaux et une mesure de leur poids et de leur prise alimentaire toutes les semaines permettront de détecter des possibles effets indésirables afin de garantir au mieux le bien-être des animaux.
Devenir
A la fin de la procédure expérimentale, tous les animaux seront mis à mort pour récupérer chez les animaux un volume de sang maximal ainsi que différents tissus (tissu adipeux sous-cutané et épididymal, foie, coeur, crosse aortique, cerveau, caecum et contenu cécal) qui sont requis pour réaliser des dosages de marqueurs métaboliques et inflammatoires circulants permettant de caractériser l’état diabétique des souris.
Remplacement
Au laboratoire, nous développons des études mécanistiques sur modèles in vitro de cellules graisseuses, sur lesquelles des composés bactériens et polyphénols végétaux sont testés. Cependant, ces modèles in vitro ne permettent pas de mimer la complexité de l’organisme vivant, avec les échanges inter-organes impliqués dans le métabolisme énergétique comme entre l’intestin, le tissu graisseux et le foie, ni de mesurer la bioaccessibilité tissulaire des métabolites bactériens et des polyphénols en condition d’obésité. Il est aussi question d’évaluer l’impact du régime obésogène associé aux boissons à potentiel prébiotique sur la composition du microbiote intestinal et l’état inflammatoire des souris en situation d’obésité. Seul un modèle animal permet de reproduire ces conditions physiopathologiques liant dysbiose du microbiote intestinal, obésité et complications métaboliques et inflammatoires. L’utilisation d’animaux vivants permet d’évaluer l’efficacité de la stratégie nutritionnelle envisagée à base de molécules prébiotiques et anti-diabétiques, car celles-ci nécessitent un métabolisme dans le tractus digestif par les bactéries puis une absorption intestinale pour un impact sur les échanges métaboliques inter-organes intestin-foie-tissu graisseux impliqués dans la pathologie de l’obésité et l’état diabétique qu’elle engendre. Il est donc indispensable de recourir au modèle animal pour tester notre hypothèse de recherche selon laquelle les polyphénols de tisanes issues de plantes médicinales pourraient exercer des effets prébiotiques et anti-diabétiques dans le contexte de l’obésité.
Réduction
Au laboratoire, nous disposons uniquement de souris transgéniques ne permettant pas la réutilisation d’animaux. Les expériences seront conçues en utilisant le moins d’animaux possible, tout en permettant de réaliser des études statistiques exploitables. Une approche statistique a permis de déterminer qu’il faut au moins 8 souris par groupe pour atteindre des résultats significatifs. Pour comparer les effets du régime alimentaire standard et du régime riche en graisses, supplémenté ou pas par une des deux tisanes ou par des fibres alimentaires, le projet impliquera 8 groupes de 8 souris, soit un total de 64 souris. Cet effectif prend aussi en compte les études précédentes du laboratoire ayant mesuré la variabilité des expérimentations visées et établi le nombre d’animaux nécessaire pour atteindre une puissance statistique permettant de valider l’hypothèse de recherche testée.
Raffinement
Les souris seront placées dans des conditions optimales, au nombre de 4 par cage maximum, et l’atmosphère contrôlée en température, humidité, lumière, ambiance sonore. Les animaux bénéficieront d’un accès facilité à la nourriture et à l’eau, et d’un enrichissement de leur environnement pour favoriser leur comportement naturel et limiter leur stress et anxiété. Les animaux seront séparés en cas de bagarre ou de barbering important. Le change des litières sera effectué une fois par semaine et adapté à 2 fois par semaine pour les souris en situation d’obésité en cas de souillures plus fréquentes. Dans un objectif de respect du bien-être animal et de réduction de la douleur, les mesures seront prises telles qu’une habituation des souris par un personnel habilité et expérimenté ainsi que l’utilisation d’anesthésie générale par inhalation d’isoflurane 2% et d’administration de buprénorphine (0,05 mg/kg) lors des expérimentations. En cas d’atteinte d’un point limite strict, une mise à mort par dislocation cervicale sera effectuée.
Choix des espèces
La souris est un modèle largement utilisé pour les expérimentations in vivo. Les procédures, les manipulations, l’évaluation de la douleur ou de la souffrance sont par conséquent bien établies. Les souris C57BL/6 sont choisies car c’est un modèle sensible au développement de l’obésité et du diabète de type 2 induit par un régime riche en graisses. De plus, la littérature évoque chez ces souris la présence d’un microbiote intestinal et la production de métabolites bactériens comparables à ceux détectés chez l’homme, de par l’existence de principaux phyla bactériens (Actinobacteria, Bacteriodetes, Firmicutes, Proteobacteria) qui permettent d’évaluer la dysbiose du microbiote intestinal causé par le régime obésogène. Ce modèle animal est donc idéal pour la réalisation de notre projet et l’ensemble des procédures est maîtrisé sur ce modèle, notamment au laboratoire. Les 64 souris C57BL/6 utilisées seront des souris mâles (32) et femelles (32) âgés de 10 semaines au démarrage de l’étude qui durera ensuite 12 semaines. La pathologie de l’obésité et l’état diabétique qu’elle engendre touchent principalement les adultes, il est donc indispensable d’avoir des animaux de cet âge afin de donner une perspective thérapeutique à ce projet de recherche. Nos résultats antérieurs issus de projets similaires ont été obtenus à ces stades de développement des animaux, ce qui permet de réaliser des analyses comparatives dans le but de limiter le nombre d’animaux. Poids d’une souris nourrie avec un régime équilibré standard (ND) : environ 20-25 g. Poids d’une souris nourrie avec un régime riche en graisses (HFD) : environ 45-50 g.