
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-04-03 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-120312)
2 415 souris et 200 rats vont être utilisés, chacun pouvant subir jusqu’à 18 anesthésies, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. L’imagerie par échographie et photoacoustique dure jusqu’à 40 minutes par séance et peut se répéter chaque semaine pendant 18 mois, avec parfois l’injection intraveineuse d’un produit de contraste sans analgésie. Le projet est une prestation de service qui ouvre cette imagerie à d’autres équipes : 1 831 animaux non-humains seront tués pour prélèvement d’organes, 784 renvoyés au laboratoire demandeur pour y poursuivre son projet. Le porteur juge l’analgésie « non nécessaire » pour un acte qu’il qualifie de non invasif, tout en admettant que la procédure peut aggraver la faiblesse, la perte de poids ou la souffrance des animaux fragiles.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet générique de service est de fournir aux scientifiques un accès à l’imagerie échographique et photoacoustique non invasive et en temps réel de tissus d’animaux vivants anesthésiés. Les principales applications comprennent : 1- Le suivi de molécules photoacoustiques ou fluorescentes dans les tissus (biodistributions) 2- L’observation superficielle (par exemple, la peau) ou en profondeur (par exemple, les organes de la cavité abdominale) pour une caractérisation anatomique (par exemple, épaisseur des parois, diamètres des cavités) 3- Une caractérisation fonctionnelle et hémodynamique des tissus (par exemple, débits vasculaires, perfusion tissulaire, contractilité myocardique) 4- Le suivi non invasif de la progression tumorale 5- La caractérisation de potentielles nouvelles molécules thérapeutiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le suivi par imagerie ultrasonore à haute résolution associée à la photoacoustique est une approche non invasive qui permet d’obtenir des résultats concernant l’anatomie, la fonction, voire le profil moléculaire des organes où chaque animal est son propre contrôle. Cette méthode offre la possibilité d’orienter plus efficacement la recherche fondamentale et clinique dans des domaines tels que la cardiologie, la neurologie, l’oncologie, etc. Les données générées seront publiées, ce qui les rendra accessibles à la communauté scientifique et médicale.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
La procédure d’échographie/photoacoustique est réalisée sous anesthésie mais est non invasive. Elle permet d’analyser l’anatomie et la fonction des tissus mous des animaux (cœurs, cerveaux, foie, reins, etc.) avec ou sans pathologie et/ou traitement. Il peut être nécessaire d’injecter un produit de contraste par voie intraveineuse (pendant l’anesthésie de l’animal) pour une meilleure visualisation des tissus. La procédure d’échographie/photoacoustique se déroule sur une durée maximale de 40 minutes (temps médian de 11 minutes), incluant l’anesthésie, la mise en place et la préparation de l’animal, l’acquisition d’images et le réveil. La durée d’acquisition des images est variable en fonction de la complexité de l’organe et/ou des séquences d’images et peut varier de 5 à 30 minutes. L’imagerie proposée pour un suivi longitudinal pourra s’étaler sur une période allant d’une semaine à plusieurs mois (maximum 18 mois), avec une fréquence d’imagerie d’au moins une fois par semaine. Pour les protocoles courts (
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La contention et les phases d’induction et de réveil lors d’une anesthésie peuvent générer du stress. Les injections intraveineuses peuvent entraîner une légère douleur car elles sont effectuées sous anesthésie mais sans analgésie. Pour cette procédure, l’administration d’analgésie est considérée comme non nécessaire, voire susceptible d’ajouter des effets indésirables pour ce type d’intervention non invasive. Cependant, dans le cas d’animaux fragiles présentant un phénotype dommageable, il n’est pas improbable que cette procédure puisse exacerber l’apparition éventuelle d’effets indésirables tels que la faiblesse, la perte de poids ou la souffrance.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À la fin du protocole expérimental, les animaux seront soit euthanasiés et les organes cibles prélevés pour des analyses histologiques, moléculaires et biochimiques, soit nous organiserons un retour sur le site du demandeur pour la poursuite du projet dans le cadre d’une utilisation continue.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’imagerie ultrasonore joue un rôle essentiel dans la compréhension des grandes fonctions en recherche préclinique, en particulier dans des domaines où les méthodes substitutives ne peuvent pas fournir des informations équivalentes. Le suivi des processus physiologiques tels que le métabolisme, la perfusion tissulaire, la fonction des organes complexes ou la distribution de médicaments dans le corps offre ainsi des informations précieuses sur les grandes fonctions biologiques. Les modèles cellulaires ne peuvent pas reproduire fidèlement ces fonctions complexes, dynamiques et spatiales présentes dans les systèmes biologiques.
2. Réduction
Nos procédures sont non invasives, ce qui nous permet de maximiser le nombre d’expériences réalisées tout en minimisant l’utilisation d’animaux. Le suivi longitudinal, où chaque animal est son propre témoin, sera effectué par imagerie non invasive de la fonction des organes afin d’explorer leur évolution dans le temps dès l’apparition des premiers signes de dysfonction. Nous limiterons donc le nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Toutes les procédures sont effectuées de manière à limiter le stress et la souffrance des animaux, notamment par l’utilisation d’anesthésie et d’antalgiques en cas de douleur. Les souris seront surveillées quotidiennement par notre personnel qualifié afin de détecter le moindre signe de souffrance chez l’animal. Le suivi de l’évaluation de l’état de santé des animaux sera strictement respecté et effectué régulièrement en concertation avec l’équipe de zootechnie
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’utilisation de rongeurs tels que les souris et les rats permet de reproduire les pathologies humaines telles que les maladies cardiovasculaires, neurodégénératives, digestives, le cancer, etc. L’utilisation de souris génétiquement modifiées reproduit des modèles de pathologie, ce qui en fait un choix privilégié dans la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques. Le panel d’âges sera variable car il dépendra du projet scientifique auquel nous serons confrontés. Techniquement, nous pouvons imager des animaux allant de P15 (15 jours après la naissance) à 24 mois d’âge.