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Etude du métabolisme et de l’homéostasie du muscle squelettique : régulation par l’horloge biologique
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système musculosquelettique
Régimes enrichis en graisse et en sucre, décalages répétés des cycles de lumière, sept jours en cage métabolique individuelle, tapis de course une heure par jour pendant jusqu'à deux mois, pompes osmotiques implantées sous anesthésie : le porteur classe presque toutes ces atteintes en nuisances légères. 14 128 souris vont être utilisées sur cinq ans, 8 896 dans des procédures d'un niveau de souffrance léger et 5 232 dans des procédures modérées. Cet effectif est présenté comme le résultat d'une démarche de réduction qui "maximise les données obtenues de chaque animal" et évite "la production d'animaux inutiles". Toutes sont tuées à l'issue pour prélever leurs muscles et conduire des analyses histologiques et moléculaires.
Objectifs
Notre mode de vie actuel se caractérise par une sédentarité accrue alors que paradoxalement notre alimentation est de plus en plus riche en graisses et en sucres. Ce paradoxe favorise le développement de l’obésité et des maladies associées telle que le diabète. L’obésité, qui touchait déjà 13% de la population mondiale en 2016 selon l’OMS, ne fait qu’augmenter et représente aujourd'hui un défi majeur de santé publique. L’horloge biologique est présente dans toutes les cellules de l’organisme et permet aux individus de s’adapter aux changements environnementaux récurrents comme l’alternance jour/nuit. De nombreuses fonctions de l’organisme sont soumises à des variations entre période d’activité (le jour) et période de sommeil (la nuit). L’altération de ce cycle liée au mode de vie d’un individu entraine donc en retour des dysfonctionnements de son organisme. Par exemple, de multiples études mettent en évidence un risque significativement augmenté de développer une obésité, du diabète ou une maladie inflammatoire chez les personnes travaillant en horaires décalés. Le muscle, en plus d’être indispensable à la locomotion, est aussi un organe qui a la particularité d’avoir la capacité à se régénérer suite à des dommages causés par un exercice intensif ou une blessure. Il est également connu comme étant un acteur majeur de la gestion du glucose dans notre organisme. L’obésité et le diabète sont associées à des défauts de régénération de ce muscle. Ces pathologies entrainent une perte de masse musculaire conduisant à une augmentation des troubles métaboliques ainsi qu’à une perte de mobilité. Le maintien du processus de réparation musculaire chez ces patients est donc essentiel. Ce projet nous permettra de comprendre les processus de réparation musculaire au cours du développement de l’obésité et ses complications, et de préciser la contribution de l’horloge biologique dans ce contexte. A cette fin, les souris seront soumises à des régimes enrichis en graisse et/ou en sucre et subiront une variation dans les temps d’éclairage afin de mimer ce que vivent les individus travaillant en horaires décalés. Suite à cela, nous étudierons différents paramètres métaboliques et musculaires comme la capacité de régénération, d'exercice ainsi que les phénomènes d’atrophie musculaire.
Bénéfices attendus
Le muscle reste peu étudié alors qu’il est impliqué dans de plusieurs pathologies telles que les myopathies, la perte de masse musculaire liée à l'âge ou le diabète de type 2, dont plus de 350 millions de personnes sont atteintes à travers le monde. Notre projet va permettre d’identifier les mécanismes régulés par l’horloge biologique impliqués dans les processus de réparation musculaire lors de pathologies comme l’obésité et les maladies métaboliques. A plus long terme, ce projet permettra le développement de stratégies thérapeutiques visant à moduler l’horloge biologique afin de préserver la fonction musculaire lors de pathologies métaboliques.
Procédures
Un groupe de souris sauvages sera soumis à une restriction d’accès à l’alimentation de 12 semaines nécessitant 1 prélèvement sanguin (durée
Impact sur les animaux
Certaines procédures peuvent engendrer du stress : douleurs liées à la biopsie à l’oreille pour le génotypage ainsi que le marquage avec une bague (courte durée et léger), injections intramusculaire d’un composé chimique (modérée) ; Stress métabolique suite à une alimentation enrichie en graisses et en sucres (léger) ; stress lié à une mise à jeûn des animaux pendant 4 à 12h (léger); stress lié à une altération environnementale de l'horloge réalisée par des avances ou retards de phase dans l'éclairage de la cage ou de la pièce d'hébergement pour mimer un décalage horaire (léger) ; stress lié à un exercice physique des souris sur un tapis roulant ou dans un système de roues (léger).
Devenir
A l'issue de toutes les procédures, les animaux seront euthanasiés afin de récuperer des tissus en vue de réaliser des analyses histologiques et moléculaires supplémentaires, lesquelles nous fourniront des informations cruciales sur le role de l'horloge biologique sur la fonction et l'homéostasie du muscle squelettique au cours des pathologies métaboliques.
Remplacement
L’objectif de ce projet est d’évaluer différents aspects de l'horloge biologique sur la physiopathologie du muscle squelettique dans un contexte de désordres métaboliques qui mettent en jeu une communication inter-organes. Pour répondre à cette problématique, il sera utilisé des modèles de souris génétiquement modifiés pour des gènes clefs de l'horloge, mais également des procédures d'altération environnementale de l’horloge via des modifications des rythmes d'alimentations et des cycles lumière/obscurité. L'utilisation d'animaux vivants revêt donc un caractère de stricte nécessité avec le développement d’approches de physiologies intégrées. Le laboratoire est néanmoins conscient de l’aspect nécessaire de recourir à des méthodes alternatives quand cela est possible. Ainsi pour un certain nombre d’études cellulaires et moléculaires ne nécessitant pas de modèles animaux, nous utiliserons différents modèles cellulaires tels que les C2C12 (myoblastes murins) ainsi que lignées de macrophages afin d'étudier les interactions intercellulaires se produisant lors de la régénération musculaire.
Réduction
Le nombre total d’animaux concernant les procédures de l’ensemble des protocoles de notre laboratoire sur les 5 ans à venir est estimé à 14128. Cette utilisation maximise les données obtenues de chaque animal, ce qui peut limiter ou éviter l'utilisation subséquente d'animaux supplémentaires, et ce, sans pour autant compromettre le bien-être animal. La réduction du nombre d'animaux utilisés peut être obtenue par trois moyens principaux : 1. Optimisation des élevages : Éviter la production d'animaux inutiles. 2. Optimisation des groupes expérimentaux : Une prévision du nombre d’animaux total nécessaire par groupe sera réalisée pour respecter le principe des 3R à l’aide du site : https://eda.nc3rs.org.uk/experimental-design-group. 3. Formation adéquate : Assurer une bonne formation des personnes manipulant les animaux pour maîtriser les gestes techniques et minimiser le stress des animaux. La maîtrise technique permet de réduire la variabilité inter-animale et, par conséquent, le nombre d'animaux nécessaires pour confirmer statistiquement un effet biologique.
Raffinement
La stabulation se fait dans un environnement non anxiogène regroupant des conditions favorables à leur bien-être qui incluent une température régulée à 22°C +/- 2°C, 2 à 6 souris par cage, une alternance lumière/obscurité de 12h/12h (sauf procédure spécifique), de la nourriture et de l'eau ad libitum (sauf procédure spécifique comprenant le régime alimentaire), ainsi qu'un enrichissement de la cage avec des abris et des matériaux pour la confection de nids. Les animaux sont vérifiés quotidiennement et un registre de bien-être animal est tenu afin d'effectuer un suivi des conditions d'hébergement. Lors de la mise sous régime des souris, la fréquence de change de la litière et de la cage est de deux fois par semaine. L’utilisation de techniques non invasives, des produits anesthésiques et analgésiques optimaux, et la dextérité du personnel contribuent à réduire le stress des animaux durant l’expérimentation. La définition précise des points limites précoces associés à chaque procédure, ainsi qu’une surveillance pendant tout le protocole permettront de limiter l’apparition d’une souffrance ou d’une atteinte de l’état général de l’animal. En cas d’atteinte de ces points limites, les animaux seront sortis de l’étude et seront mis à mort.
Choix des espèces
La souris offre de nombreux avantages pour la recherche en métabolisme et physiologie. Elles ont un temps de génération relativement court et, selon la souche, peuvent développer des pathologies telles que l'obésité, l'insulino-résistance et la stéatose hépatique, avec des caractéristiques similaires à celles observées chez l'homme. De plus, cette espèce permet de réaliser des manipulations spécifiques, comme des gains ou pertes de fonction des gènes de l'horloge dans différents types cellulaires intervenant dans la régénération musculaire, afin de mieux comprendre leur action. Il existe également des données de la littérature identifiant les gènes régulés par l'horloge dans les muscles squelettiques chez la souris. Cela nous permettra de réduire le nombre d'animaux utilisés en comparant nos données avec ces dernières. Dans la plupart des expérimentations, les souris seront utilisées à l’âge adulte : de 2 mois à 12 mois. Etant donné que l'ensemble des procédures réalisées concerne le métabolisme, il est nécessaire d'utiliser des souris adultes (càd 2 mois minimum et en dehors de la courbe de croissance). Par ailleurs, les protocoles ont été validés (publications) au sein du laboratoire sur des souris adultes (de 2 à 12 mois) et ce, en accord avec les 3R.
Mise au point d’un nouveau protocole d’auto administration de cocaïne
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Deux sessions de douze heures pendant lesquelles l'animal s'injecte lui-même de la cocaïne, puis cinq sessions de deux heures : 192 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués pour prélèvement du cerveau. Chacun reçoit un cathéter intraveineux posé sous anesthésie, jusqu'à quinze pesées et quatorze injections, et 96 d'entre eux subissent une chirurgie crânienne sans réveil de deux à quatre heures. Le projet vise à raccourcir un protocole d'auto-administration déjà en usage, qui sera validé si plus de 90 pour cent des rats rechutent. Le porteur retient le rat parce qu'il s'auto-administre spontanément toutes les drogues consommées par les humains, ce que d'autres espèces font moins facilement.
Objectifs
L'addiction aux drogues est une maladie chronique qui a des conséquences importantes sur la santé, la société et l'économie. Un des problèmes principaux de l'addiction est le risque de rechute, même après une longue période d'arrêt. Ce risque est lié à des changements durables dans le cerveau causés par la drogue. Comprendre ces changements est essentiel pour développer de nouveaux traitements qui aident les personnes dépendantes à rester abstinentes. Pour étudier l'addiction et la rechute à la cocaïne, les chercheurs utilisent un modèle sur des rats où les animaux s'administrent eux-mêmes de la drogue pendant 10 sessions de 6 heures, avec une session par jour. Ce projet a pour but de modifier ce protocole pour rendre les expériences plus efficaces tout en réduisant l'exposition des rats à la drogue. L'idée est de remplacer les 10 sessions habituelles par une ou deux sessions plus longues (de 8 à 12 heures), suivies de 5 sessions plus courtes de 2 heures. Les chercheurs veulent voir si ces changements donnent les mêmes résultats que le protocole classique, en observant le comportement des rats et l'activité de leurs neurones. Ce projet s'inscrit parfaitement dans tous les axes de recherche de l'équipe en proposant un nouveau protocole d'auto-administration, qui est complémentaire des travaux actuels et permettra de mettre en place de façon plus efficace des projets pilotes.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de valider ou non un nouveau protocole d’auto-administration de cocaïne chez le rat afin de proposer une optimisation des expériences au laboratoire (moins de sessions, sessions plus courtes). Ce protocole sera validé si plus de 90 pour cent des animaux rechutent (taux de rechute comparé aux résultats publiés) et si l’activité dopaminergique est diminuée significativement comparé aux animaux contrôle.
Procédures
Sur animaux anesthésiés : - chirurgie d’implantation de cathéter intraveineux (durée : 15minutes par animal, 192 animaux) pour permettre l’auto-administration. - chirurgie crâniale sans réveil avec enregistrement de l’activité des neurones : 1 fois (2-4 heures par animal, 96 animaux). Sur animaux vigiles : - en amont de chaque chirurgie, 1 injection sous cutanée d'antalgiques (192 animaux) - après la chirurgie, 2 injections sous cutanée d’antalgiques (192 animaux) - au maximum 15 pesées par animal, d'une durée d'environ 1 minute (2 fois par semaine, sur toute la durée du projet, 192 animaux) - 1 injection intraveineuse (par le cathéter), les 5 premiers jours après la chirurgie d’implantation de cathéter et tous les jours d’auto-administration (14 injections , 192 rats) -au maximum 7 sessions d’auto-administration (2 sessions de 12 heures et 5 sessions de 2 heures, 1 session / jour, 192 animaux) - test de recherche de drogue (1 session / rat de 6 heures, 96 rats)
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues pour ce projet sont : -Chirurgies : inconfort transitoire au réveil, douleur minimisée par le traitement antalgique pendant et après la chirurgie -Cathéter intraveineux : gène légère pendant la durée de l’expérience -Période d’abstinence : peut causer un léger stress -Isolement : stress modéré -L’acte de pesée, l'injection sous-cutanée et les tests comportementaux sur animal vigile peuvent induire un léger stress transitoire.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour des prélèvements et analyse des cerveaux.
Remplacement
Cette recherche vise à comprendre les effets des drogues sur le comportement en utilisant des animaux vivants, car il est essentiel d'observer leur comportement dans des situations réelles. Cela ne peut pas être fait avec des cellules en laboratoire ou des modèles informatiques. En effet, pour étudier le comportement, il faut que les réseaux de neurones soient intacts et fonctionnent comme dans un cerveau vivant, ce qui n'est possible qu'avec des animaux entiers. Après vérification, aucune méthode alternative en laboratoire ou sur ordinateur ne permet de mener ce type d'étude, donc l'utilisation d'animaux est nécessaire.
Réduction
Le nombre d'animaux nécessaires pour ce projet est basé sur un calcul qui tient compte des variations dans les tests de comportement et d’activité cérébrale. Ce calcul permet de déterminer combien d'animaux par groupe sont nécessaires pour obtenir des résultats fiables et détecter des différences significatives entre les groupes. Pour cette étude, nous nous appuyons sur des expériences précédentes et des analyses statistiques. Nous avons calculé que 24 animaux par groupe sont nécessaires pour obtenir des résultats solides. Comme il existe des différences entre les mâles et les femelles dans le phénomène de rechute, nous devons inclure des groupes des deux sexes. Toutefois, pour réduire le nombre d'animaux utilisés, nous commencerons avec 12 mâles et 12 femelles par groupe. Si les premiers résultats montrent des tendances à la différence, nous ajouterons 12 mâles et 12 femelles supplémentaires pour atteindre les 24 animaux par groupe. Au total, pour cette étude, un maximum de 192 rats pourrait être nécessaire. Si, après l'analyse des données de deux groupes d'animaux, aucune tendance n'est observée, l'étude sera arrêtée. À l'inverse, si un effet significatif est détecté avant d'atteindre un total de 24 animaux/lot, l'étude sera également interrompue. Par conséquent, le nombre d'animaux indiqué correspond à un maximum prévu et non à une valeur absolue.
Raffinement
Le bien-être des animaux est une priorité à chaque étape du projet. Nous surveillons régulièrement leur état de santé, y compris leur alimentation, leur apparence et leur comportement. Si un problème est détecté, des actions correctrices sont mise en place immédiatement, selon une grille d’évaluation précise. Nous utilisons un système de points limites qui nous permet d'intervenir rapidement si un animal montre des signes de souffrance. Si un animal atteint l'un de ces points limites, il est pris en charge sans délai. Les rats sont pesés chaque semaine pour suivre leur état de santé. Ils sont hébergés dans des conditions normales, avec une température et une humidité contrôlées, dans des cages ventilées. Des éléments pour ronger, comme des bâtonnets ou des morceaux de bois, sont fournis pour répondre à leur besoin naturel de ronger. Ils ont accès à de la nourriture et de l'eau en permanence. Avant de commencer les procédures, les rats s'acclimatent pendant au moins 7 jours à leur nouvel environnement. Pendant les chirurgies, les animaux sont sous anesthésie générale et locale, avec des médicaments contre la douleur et un tapis chauffant pour maintenir leur température. Le traitement contre la douleur se poursuit pendant 48 heures après la chirurgie, pour un total de 72 heures avant et après. De plus, les animaux sont habitués à la manipulation par l’expérimentateur deux fois avant la chirurgie pour réduire leur stress.
Choix des espèces
Le rat est l’animal le plus utilisé pour l’étude de l’addiction dans les modèles animaux. En effet, les rats ont des réponses aux drogues qui sont similaires à celles de l’Homme et ils s’auto-administrent toutes les drogues abusées par l’Homme de façon spontanée, ce qui n’est pas aussi évident avec d’autres espèces, pour lesquelles la réalisation de tâches opérantes modélisant l’addiction est plus difficile à obtenir. Nous utiliserons des rats avec un niveau de consanguinité limité ce qui permet une variabilité génétique majeure entre les individus pour un meilleur reflet de ce que l’on trouve chez l’Humain. Dans cette étude, nous utiliserons des rats « jeunes adultes » de 7-8 semaines au début du projet afin de limiter le risque de variabilité qui pourrait être lié à l’utilisation de rats en phase d’adolescence (juvéniles).
Caractérisation des mécanismes reliant l’homéostasie de la membrane interne mitochondriale et la neuroinflammation.
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
- Système nerveux
Toutes tuées à l'issue pour que leurs tissus soient prélevés, 368 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles portent une mutation qui les fait cesser de prendre du poids vers dix semaines, développer une pathologie musculaire vers un an, puis une atteinte cardiaque qui les tue autour de quatorze mois, avec une survie médiane de 10,8 mois. À 5 et 10 mois, elles passent une semaine de tests comportementaux que le porteur qualifie d'inoffensifs sans les nommer, avant une chirurgie sans réveil. Sur le remplacement, il indique que les modèles cellulaires ne permettent pas d'étudier des profils de comportement et affirme devoir passer par la souris, y compris pour accéder à des tissus inaccessibles chez l'humain.
Objectifs
La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative. Elle se déclare à l'âge adulte (40-80 ans) et évolue, en 3 à 5 ans, vers la paralysie complète et le décès du patient. Elle est causée par la mort de certains neurones, entraînant un affaiblissement progressif et une atrophie des muscles. A ce jour, il n'existe pas de traitement contre la SLA car les mécanismes sont méconnus. La SLA touche les deux sexes et son incidence augmente avec l'âge à partir de 40 ans. De manière intéressante, elle peut dans certains cas être associée à des troubles de type démence. Des travaux précèdent sur une cohorte de patients souffrant de cette forme de démense, avait permis d’identifier une mutation sur un gène . Un modèle murin a été créé et caractérisé. Parmi tous les facteurs impliqués dans la pathogenèse, certains défauts dans la cellule s’avèrent essentiels et pourrait contribuer à la pathogenèse des maladies neurodégénératives. Nous émettons l'hypothèse qu’un type de désorganisation cellulaire déclenche des cascades dans le système nerveux central, contribuant à la pathogenèse des maladies neurodégénératives. Nous voulons ainsi tester l’inhibition de cette cascade sur la neurodégénération.
Bénéfices attendus
A terme, les résultats de ce projet permettront de comprendre plus précisément les mécanismes moléculaires conduisant à la neurodégénérescence. Ils pourraient également permettre le développement de modèle pouvant être utilisés pour développer de nouveaux médicaments ciblant les mécanismes imlpliqués, pour permettre de prévenir ou freiner le développement des maladies neurologiques chez les patients. Dans cette optique, notre partenaire va tester sur des modèles cellulaires l'efficacité de l'Elamipretide (un médicament déjà utilisé dans des essais cliniques en phase précoce). A plus long terme, un essai préclinique dans notre modèle murin pourrait être développé. Ce projet présente également potentiellement des bénéfices clinique et sociétal : Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un projet financer par l'Agence Nationale de la Recherche et il se fait en collaboration avec des cliniciens. Ainsi les résultats obtenus ont le potentiel d'améliorer la prise en charge de plusieurs maladies rares en termes de diagnostic moléculaire et d'engagement des patients/public. En mettant l'accent sur les processus pathogènes dans les maladies mitochondriales reconnues et les maladies neurodégénératives, ce projet contribuera à la définition de cibles thérapeutiques. Actuellement, les traitements pour les maladies mitochondriales et les maladies neurodégénératives sont inefficaces et la prise en charge des patients a un coût important en termes de santé publique en raison de la gravité de l'invalidité présentée par ces patients. Les avantages économiques de cette recherche sont difficiles à évaluer à ce stade. Néanmoins, les bénéfices pour les patients en termes d'optimisation du diagnostic sont inestimables et les possibilités thérapeutiques potentielles permettront de réduire le coût des soins.
Procédures
Des tests comportementaux seront effectués sur les animaux de 5 et 10 mois pendant 1 semaine. Aucune nuisance d’ordre général n’est attendue durant ses tests compte-tenu de leurs innocuités. Une étape d’habituation sera effectuée en amont pour limiter les perturbations dues à la manipulation. Une chirurgie sans réveil sera effectuée avant analyse de certains tissus.
Impact sur les animaux
L'étude de la lignée murine réalisée par nos collaborateurs indique qu’elles sont normales à la naissance mais à partir de 10 semaines commencent à moins prendre de poids. Vers l'âge d'un an, elles présentent une pathologie des muscles . Leur état s'aggrave rapidement avec une perte de poids importante et des tremblements, et elles développent une pathologie du coeur sévère, conduisant à la mort des animaux vers 14 mois. Cette étude indique également que le modèle présente une altération des capacités d'apprentissage et de mémoire dès 10 mois. L’atteinte neurologique est mesurable mais reste limitée et n’est pas responsable de la mortalité, qui est principalement liée à la pathologie cardiaque. Les signes cliniques apparaissent au stade terminal, débutant par une perte de poids importante. De même, l’apparition de symptômes tels qu’un affaiblissement partiel de l’extension des pattes ou des tremblements, combinée à l’incapacité de la souris à se retourner sur le flanc en moins de 15 secondes, indiquera une réduction significative de la mobilité.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de l’expérimentation car leurs tissus seront récoltés pour analyse.
Remplacement
La caractérisation du modèle a d’abord été réalisée avec des modèles cellulaires. Les expériences réalisées sur des fibroblastes issus de patients porteurs de la mutation d'intérêt ont permis d'identifier de potentiels mécanismes impliqués dans les atteintes mitochondriale et neurodégénérative. Cependant, pour l’étude de maladies neurodégénératives avec des composantes motrices et cognitives, les modelés cellulaires ne peuvent pas être utilisés pour disséquer les effets des variations moléculaires sur des profils de comportements. C’est pourquoi nous devons utiliser le modèle murin pour mieux comprendre la pathologie au cours du temps et pour tester si l’inactivation d’un processus moléculaire peut ralentir ou inverser les processus pathologiques permettant d’envisager des voies d’intérêt thérapeutiques dans l’avenir. L'utilisation de modèles murins, permet aussi d'accéder à des tissus auxquels on n'a pas accès chez l'homme.
Réduction
Avec l’aide des statisticiens de notre institut de recherche, les protocoles permettant l'analyse de plusieurs paramètres sur un même prélèvement ont été établis, réduisant au maximum le nombre d’animaux. Ainsi dans un but de réduction du nombre d’animaux à utiliser pour cette étude, des statistiques prédictives ont été réalisées dans le but d’utiliser le minimum d’animaux nécessaires et les effectifs des groupes expérimentaux ont été ajustés : - en tenant compte de notre expérience, - en fonction de la nature de l'expérience et des paramètres mesurés, - de la variabilité de ces paramètres, - de façon à produire des résultats interprétables, permettant d'atteindre une signification statistique, vérifiée par les statisticiens.
Raffinement
Un suivi quotidien des animaux inclus dans le projet, axé sur leur état général de santé, est prévu. Il sera associé à l’utilisation d’une fiche d'observation détaillée permettant un suivi optimal des animaux. Ce suivi quotidien permettra d’identifier précocement tout signe clinique, de stress ou de douleur. Le phénotype de notre modèle murin étant associé à une perte de poids. En effet à partir de l'âge de 10 semaines, les souris malgré un apport calorique normal ne prennent plus de poids normalement. Les courbes de poids au cours des 5 dernières semaines de vie montrent qu’une perte rapide de poids peut être observée avant le stade final. De plus l'analyse de survie a révélé que les souris avaient une survie significativement réduite par rapport à leurs compagnons de cages non génétiquement modifiés, avec une survie médiane de 10.8 mois. Ainsi, dès 8 mois, en plus d’être pesés une fois par semaine, une surveillance accrue sera mise en place : la fréquence du suivi augmentera, de l'eau et de la nourriture gélifiées seront placées au sol dans la cage pour éviter des complications si les animaux éprouvent de l'inconfort ou des difficultés à atteindre la trémie alimentaire et la source d'eau. De plus si des signes de stress sont observés, l’enrichissement de la cage sera amplifié (avec litière en cellulose, tunnels en carton, rouleaux de coton, etc.). Enfin, lors de cette surveillance quotidienne, si la perte de poids dépasse un seuil par rapport à la pesée précédente, cela conduira à la mise à mort.
Choix des espèces
La caractérisation du modèle murin a permis de mieux comprendre comment la mutation étudiée (chez l'Homme) d'un gène codant pour une protéine mitochondriale est impliqué dans le dysfonctionnement mitochondrial. Cette caractérisation a en particulier permis de montrer que le modèle murin présente des déficits moteurs ou cognitifs qui sont liés à un déficit de traitement des signaux de communication chez la souris mesurée par des méthodes d’électrophysiologie L'analyse du phénotype neurodégénératif des souris pourra permettre d’étudier si l’invalidation de certains gènes permet une protection contre la neurodégénérescence. L'évolution du phénotype pourra également être étudiée au cours de la vie relativement courte de l'animal et seul le modèle murin permet cette étude comportementale. Nous avons identifié les stades de développement intéressant à étudier sur la base de résultats publiés précédemment. - stade précoce, apparition des premiers signes moléculaires = 5 mois de vie : dans ce modèle l’atteinte neurologique est mesurable mais reste limitée et n’est pas responsable de la mortalité, qui est principalement liée à la cardiomyopathie. Ce modèle ne présente aucun phénotype avant l’âge de 6 mois et le stade 5 mois correspond à l’apparition d’une atteinte mitochondriale au niveau moléculaire. - stade final précédant l'atteinte finale de la maladie = 10 mois de vie : à partir de l’âge de 6 mois les animaux commencent à perdre du poids et développent une cardiomyopathie mitochondriale fatale avant l’âge de 14 mois (survie médiane de 10.8 mois).
Modèle murin de lésion de sclérose en plaques
- Recherche appliquée
- Troubles immunitaires
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
- Système nerveux
1 250 souris vont être utilisées, dont cinquante pour entraîner le geste chirurgical et quinze par donneur humain, avec des mises à mort échelonnées sur trois dates. Une partie est immunodéficiente, donc exposée aux infections et aux tumeurs, ce que le porteur nomme un phénotype dommageable. Chacune subit deux chirurgies de la moelle épinière à quarante-huit heures d'intervalle, l'une pour détruire la myéline, l'autre pour y greffer des cellules immunitaires humaines, puis des tests de traversée d'une barre crantée et de force des pattes avant. Toutes sont tuées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, pour fabriquer le modèle animal de sclérose en plaques qui manque aujourd'hui.
Objectifs
La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire et démyélinisante du système nerveux central. Dans cette pathologie les macrophages et lymphocytes du sang pénètrent le cerveau et la moelle épinière et viennent détruire une composante essentielle du système nerveux : la myéline. On distingue différent type de lésions décrites chez les patients atteints de sclérose en plaques. Un type de lésion en particulier est associé à une maladie plus agressive. Mais, à l’heure actuelle, aucun modèle animal ne permet l’étude de ce genre de lésion. L’objectif de ce projet sera de développer un nouveau modèle animal de lésions chroniques actives afin d’étudier la formation et l’évolution de ces lésions que l’on observe chez les patients atteints de forme agressive de la maladie.
Bénéfices attendus
En France, plus de 130 000 personnes vivent avec la sclérose en plaques (SEP), une maladie qui touche 2,8 millions de personnes dans le monde. Elle est souvent diagnostiquée entre 25 et 35 ans, mais peut aussi apparaître plus tôt ou plus tard. Chaque année, 5 000 nouveaux cas sont recensés en France. La SEP concerne principalement les femmes (trois malades sur quatre), mais leur progression vers le handicap est plus lente que chez les hommes, qui présentent un risque plus élevé de complications neurologiques. Il existe deux formes principales de la maladie : La forme rémittente (RR) : elle évolue par poussées, avec des symptômes qui apparaissent puis disparaissent. C'est la forme la plus fréquente et elle débute souvent entre 25 et 35 ans. Avec le temps, elle peut évoluer vers une forme plus sévère. La forme progressive (PP) : plus rare, elle se développe généralement après 40 ans et entraîne un handicap progressif, sans poussées distinctes. Les traitements actuels sont efficaces pour la forme rémittente, mais restent très limités pour la forme progressive, qui est la plus sévère. Certains types de lésions sont associés à cette forme aggressive de de la maladie, mais il manque aujourd’hui un modèle animal permettant de étudier en détail la formation et le développement de ce type de lésion. Notre recherche vise à mieux comprendre ces lésions et, à terme, à tester de nouveaux traitements pour améliorer la prise en charge des patients.
Procédures
Une partie des animaux auront une seule procédure chirurgicale pour optimiser le geste chirurgical menant à une lésion de démyélinisation de la moelle épinière. Les animaux participeront à deux tests comportementaux afin d’évaluer leurs capacités motrices. Dans le premier test, l'animal est placé sur une barre crantée et on mesure la durée de la traversée de la barre et le nombre d'erreurs, l'animal étant libre de ces mouvements durant le test. Dans le deuxième test l'animal est placé sur une grille sur laquelle l'animal s'accroche ce qui nous permet de mesurer la force de ses pattes avant. Ces deux tests comportementaux durent respectivement 90 secondes et 60 secondes. Les animaux réaliseront 2 procédures chirurgicales sous anesthésie générale et analgésie adaptée, à 48 heures d’intervalle, l’une pour la mise en place de la lésion de démyélinisation et la deuxième pour l’injection de cellules immunitaires humaines sur le site lésionnel. Chaque chirurgie durera 15 minutes. Une dernière procédure sous anesthésie générale et analgésie adaptée sera réalisée pour évaluer les voies sensorielles de l’animal entre une zone stimulée et le cerveau (1 fois, 30 minutes maximum par animal). Toutes les souris seront euthanasiées en fin de procédure expérimentale par une méthode réglementaire.
Impact sur les animaux
Une partie des animaux utilisés dans le projet sont immunodéficients (phénotype dommageable) et seront donc susceptibles de contracter des infections et des tumeurs. Les tests comportementaux pourront générer un stress aux animaux dû au changement d’environnement et aux manipulations. Les procédures chirurgicales (lésion de démyélinisation, greffe de cellules humaines) génèreront une douleur et un inconfort post-opératoire, et pourront être associées à des complications inattendues telles qu’un saignement ou une infection. L’anesthésie générale nécessaire pour leur réalisation impliquera une hypothermie, une sécheresse oculaire et un risque de dépression cardio-respiratoire.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés en fin de procédure afin de réaliser des prélèvements post-mortem nécessaires pour répondre à notre question scientifique.
Remplacement
Le seul moyen à notre disposition pour décortiquer le processus de remyélinisation endogène et de démyélinisation chronique est d’utiliser un modèle animal bien établi du processus de démyélinisation/ remyélinisation développé il y a 20 ans que nous avons réadapté pour le rendre plus proche des conditions pathologiques des patients. En ce qui concerne la souche de souris immunodéficiente utilisées, la greffe de cellules humaines nous contraint à utiliser les souris les plus adaptée pour éviter le rejet de greffe. Pour étudier le processus de développement d’une lésion chronique l’utilisation d’un modèle animal est nécessaire. En effet des alternatives pour étudier la remyélinisation existe (comme l’utilisation de culture ex vivo de cervelet) mais celles-ci ne peuvent pas être utilisé dans notre cas car nous étudions l’évolution d’une lésion à long terme (3mois). De plus l’étude de tissus humain ne nous permet l’étude qu’à un temps donné des lésion chronique et non l’évolution. Il nous est donc impossible de substituer ces travaux par d’autres méthodes n’utilisant pas ces animaux
Réduction
Pour l'optimisation du geste chirurgical, des souris seront utilisées. Nous avons défini qu’un maximum de 50 souris pourrons être utilisées sur les 5 années du projet afin de perfectionner la technique d’injection dans le cordon dorsal de la moelle épinière. De plus, nous allons étudier la mise en place d’une lésion chronique en greffant les lymphocytes de deux types de patients atteints de sclérose en plaque, nous aurons 2 groupes de patients avec 20 patients par groupe et 40 donneurs sains, soit 80 sujets au total. Pour chaque patient, nous injecterons 15 souris puis nous échelonnerons les euthanasies sur 3 temps différents nous permettant ainsi d’avoir au final 5 souris par temps d’euthanasie et par patient. Par expérience nous savons que cet effectif sera suffisant pour des tests statistiques fiables. Pour les analyses statistiques nous aurons donc pour chaque temps 400 souris au total, 100 pour le premier groupe de patient avec une forme modérée de la maladie , 100 pour le deuxième groupe de patient avec une forme aggressive de la maladie et enfin 200 pour le groupe de donneurs sains. Nous aurons donc besoin au total de 1250 souris au total.
Raffinement
Les animaux seront stabulés en portoirs ventilés et dans des conditions de température et d’hygrométrie définies par les normes européennes (directive européenne 2010/63/UE) soit 22Cplus ou moins 2C pour la température et entre 45 et 65 pourcent d’hygrométrie avec un cycle jour,nuit progressif de 12h. De plus, ils seront hébergés dans un environnement enrichi (animaux hébergés en groupe avec carré de coton et bâton à ronger) et observés quotidiennement. Ils bénéficieront d’une semaine d’acclimatation à leur arrivée. Les animaux seront suivis régulièrement par les utilisateurs ainsi que par notre vétérinaire désignée si nécessaire. Les animaux sont hébergés dans des cages à ventilation individuelles, des précautions lors de la manipulation sont prises comme manipulation sous hotte, changement de gant et nettoyage de l’endroit de manipulation entre chaque cage. Ils seront ensuite habitués à l’expérimentateur pendant 1 semaine avant le début des procédures pour réduire leur stress. Les animaux auront une période d’acclimatation aux pièces à raison de 30min à 1h avant chaque début des expériences comportementales, acclimatation également aux tests comportementaux à raison de 3 essais/tests/jours avant d’établir la performance basale de l’animal, pour diminuer le stress de l’animal. Entre chaque essais l’animal aura un temps de repos au minimum égal à son temps passé à faire le test. De plus les animaux seront manipulés de façon à diminuer le stress Les chirurgies seront réalisées sous anesthésie générale avec une prise en charge analgésiques adaptée. Une surveillance renforcée sera mise en place en période post-chirurgie pendant 2 jours et puis 2 fois par semaine après la première semaine afin de s’assurer de la bonne récupération des animaux et afin d’adapter la prise en charge analgésique en fonction de l’observation de signes de douleurs une grille de score (mise au point avec la structure du bien être animal est utilisée pour définir la prise en charge de l’animal. En cas de signe de mauvaise santé (stress, blessure, comportements anormaux) un avis vétérinaire sera demandé, Des points limites sont définis et seront respectés pour éviter toute souffrance des animaux.
Choix des espèces
Notre projet nécessitant un acte chirugical d’injection dans la moelle épinière, nous prévoyons d’optimiser le geste chirurgical des personnes (étudiants ou ingénieurs) associés à ce projet sur des souris immunocompétentes avant de réaliser ce geste ainsi que les injections de cellules humaines aux souris immunodéficiences. Notre projet nécessitant des greffes de cellules immunitaires humaines, nous utiliserons des souris immunodéprimées. En effet, ces souris présentent un système immunitaire déficient, elles sont donc de bonnes candidates pour la greffe de cellules humaines car il n’y aura pas de rejet de greffe. Les souris sont utilisées car le modèle de démyélinisation a été bien décrite chez la souris et nous avons une grande expérience de ce modèle dans notre équipe. Les animaux utilisés sont âgés d’au moins 8 semaines afin d’avoir une maturité suffisante du système nerveux central (jeunes adultes).
Rôle de l’ocytocine dans le rétablissement du comportement de tétée chez le nouveau-né de souris Magel2, modèle du syndrome de Prader-willi chez l’homme.
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Issus d'un croisement entre une femelle témoin et un mâle porteur d'une mutation du gène Magel2, 612 souriceaux naissent pour être testés puis tués au premier ou au deuxième jour de vie. Avec les 40 femelles allaitantes qui servent de support au test, 652 souris sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque souriceau est séparé de sa mère quatre heures, puis reçoit une injection d'ocytocine ou de véhicule avant un test de saisie de tétine de deux minutes. Leur mise à mort sert à prélever un fragment pour le génotypage, et les femelles sont tuées en fin de projet, à six ou huit mois, après trois ou quatre portées.
Objectifs
Ce projet porte sur la compréhension des déficits de tétée chez des souris modèles d’une maladie rare chez l’homme (le syndrome de Prader-Willi, SPW) et le rôle d’une hormone, l’ocytocine, comme effet thérapeutique. En effet, il a été montré que l’ocytocine (OT) est impliquée dans l’initiation ou le maintien de l’activité de tétée, qu’il y a un dysfonctionnement de cette activité de tétée chez les souris déficiente en OT, aboutissant à une mortalité d’environ 50 % des souriceaux deux jours après la naissance (P2) pour les souriceaux qui n’arrivent pas à téter après 24 post-natal, mais une survie équivalente à des souriceaux contrôle pour les souriceaux qui ont réussi à initier une tétée dès la naissance (P0). Ces études ont également montré que l’administration d’OT à la naissance supprime la mortalité entre P0 et P2 en rétablissant l’activité de tétée chez ces souriceaux. Ces études précliniques ont engendré des essais cliniques chez des bébés atteints du SPW qui ont montré une stimulation de l’activité de tétée par l’OT chez ces bébés. Les travaux précédents suggèrent également que chez la souris, l’effet de l’OT est différent entre la première tétée et les tétées suivantes. Dans la continuité de ces travaux l’objectif de ce projet est donc de caractériser précisément 1) les étapes de la succion qui sont altérées chez les souriceaux déficientes en OT et 2) l’effet d’une administration oro-nasale ou d’une injection sous cutanée d’OT juste après la naissance sur la survie et la restauration de la séquence comportementale de tétée chez ces souriceaux. Au total 652 animaux (612 souriceaux et les 40 femelles adultes) seront inclus dans ce projet.
Bénéfices attendus
Les objectifs permettront d’identifier le rôle de l’ocytocine (OT) dans la tétée, d’argumenter l’intérêt d’utiliser l’OT dans le traitement de déficit de succion afin de définir les conditions optimales pour traiter les souris modèles du syndrome Prader-Willi chez l’homme (SPW). Cette étude aura des retombées sur le traitement des patients SPW.
Procédures
Souriceaux : 1 test de saisie de tétine sur femelles allaitantes (2 min) et/ou 1 injection d’ocytocine ou véhicule (
Impact sur les animaux
Les injections d’anesthésique sur femelles allaitantes peuvent représenter, comme toute injection, une nuisance par leur caractère nociceptif, malgré la durée très courte de cette intervention. Les injections d’ocytocine sur souriceaux à P0 et P2 peuvent représenter, comme toute injection, une nuisance par leur caractère nociceptif, malgré la durée très courte de cette intervention. La séparation de 4h des souriceaux de leur mère avant le test de saisie de tétine peut engendrer un stress pour les souriceaux.
Devenir
L’ensemble des souriceaux produits et testés dans ce projet sont euthanasiés au 1er ou 2ième jour après la naissance, après avoir réalisé le test de saisie. Cela permettra de réaliser la biopsie post-mortem pour le génotypage. Ils ne peuvent pas être gardés dans les structures d’élevage de l’unité ou pour d’autres projets du fait qu’ils proviennent d’un croisement entre une femelle contrôle et un mâle mutant. Les 40 femelles allaitantes, support du test de saisie de tétine, seront euthanasiés en fin de projet du fait qu’elles auront entre 6 et 8 mois et qu’elles auront déjà donné 3-4 portées.
Remplacement
Nous travaillons sur la physiologie et la physiopathologie de la tétée qui est altérée dans la majorité des maladies neurodéveloppementales et en particulier dans une maladie rare chez l’homme (le syndrome de Prader-Willi, SPW). Il n’y a, à ce jour, aucune alternative à l’utilisation de mammifères pour conduire ce type d’étude. La stratégie de l’équipe a consisté en particulier à travailler sur des modèles humains dans un cadre thérapeutique et des spuris modèle, génétiquement modifiésmodèles en fonction des questions posées, afin d’apporter le maximum de réponses pour comprendre les mécanismes mis en jeu en situation normale et pathologique et, ainsi, mieux traiter les patients atteints de ces troubles précoces de la succion.
Réduction
L'utilisation de souches murines fixées génétiquement permet de réduire la variabilité et donc le nombre d'animaux utilisés. Les tests comportementaux présentent par nature une variabilité interindividuelle importante, encore plus avec les souriceaux à la naissance ou à P2. Nous utiliserons des femelles qui ont déjà donné naissance à au moins une portée, pour favoriser le comportement maternel et ainsi optimiser le taux de survie des souriceaux. Notre importante expérience pour ces tests, appuyée par des tests de Puissance montre qu’il est généralement nécessaire d’utiliser des effectifs de 15-20 animaux par groupe pour valider la démarche statistique. Le fait de ne pas distinguer les souriceaux mâles et femelles dans nos analyses (les travaux antérieurs ne montrent pas d’effet sexe sur le comportement de tétée entre P0 et P2) nous permet de diminuer de moitié le nombre de portées étudiées.
Raffinement
Les animaux utilisés dans ce projet seront hébergés dans des cages enrichies avec du matériel de nidification (dôme et coton) et la présence d'objets (cylindre carton). Le bien-être et la bonne santé des animaux adultes est évalué quotidiennement via l'observation de leur aspect (absence de poils hirsutes, position voutée, yeux fermés) et de leur comportement (absence d’apathie, d’agressivité, de nidation, ou de déplacement sur la pointe des pattes). Les souriceaux qui réaliseront le test de saisie seront isolés de leur mère pendant 4h avant le test (afin de standardiser leur motivation à téter). Pendant les temps de séparation de leur mère les souriceaux seront laissés dans leur nid, dans leur cage (pour maintenir les odeurs maternelles) et en posant ce bac sur une plaque chauffante à 38°C pour maintenir le nid à 36°C malgré l’absence de la femelle et ainsi éviter un stress thermique des souriceaux. Lors des injections sur les souriceaux à P0 et P2 de la lidocaïne 5% (gel anesthésique local) sera appliquée sur la peau 5 minutes avant l’injection pour diminuer la sensation de douleur potentielle.
Choix des espèces
L’étude que nous menons, dans le contexte pathologique, sur les déficits de tétée et l’effet de l’ocytocine dans des conditions physiologiques et pathologiques ne peut pas être menée sur des modèles in vitro ou via des modélisations. Cette étude nécessite d’évaluer des paramètres de comportement de tétée qui nécessitent d’étudier des mammifères et en particulier des modèles de maladies rares mais aussi d’avoir la possibilité de travailler sur des modèles d’animaux génétiquement modifiés. A ce jour, les rongeurs sont les animaux les plus adaptés à ce type d’étude. Nous étudions l’activité de succion des souriceaux le jour de la naissance (P0), après la première tétée afin d’étudier les déficits moteurs de la séquence comportementale des souriceaux mutant mis en évidence dans notre étude précédente. Nous les étudions également à P2 puisqu’il a été montré qu’à ce stade, ces animaux sont les plus discriminants et les plus sensibles au contexte sensoriel au cours de la tétée.
Role de la co-transmission ACh/Glutamate dans la mise en place des mémoires émotionnelles chez la souris
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système nerveux
Une chirurgie cérébrale de deux heures, puis jusqu'à quatorze jours d'injections quotidiennes et de séances de conditionnement à la peur : 184 souris génétiquement modifiées subissent ces procédures, dont 160 à un niveau de souffrance sévère. Le porteur indique que la mise en place de la mémoire de peur entraîne un stress et possiblement de l'anxiété, et signale un risque d'hypothermie et d'arrêt cardiorespiratoire sous anesthésie. Il conclut néanmoins que ses points limites lui permettent de garantir le bien-être des animaux non-humains dans l'entièreté du projet. Toutes les souris sont tuées pour prélever leur cerveau.
Objectifs
Les dysfonctionnements de la mémoire émotionnelle peuvent résulter en des pathologies de type stress post-traumatique. Les réseaux neuronaux sous-tendant ces mémoires émotionnelles sont bien identifiés. Ainsi la structure amygdalienne, région clé dans la gestion des mémoires avertives, reçoit des projections cholinergiques du cerveau antérieur moyen. Or ces projections sont en partie également glutamatergique. Le but de ce projet est de caractériser le rôle de ces projections dans la mise en place et le maintien des mémoires averties chez la souris. Afin de pouvoir disséquer ces mécanismes, nous allons utiliser différentes lignées de souris génétiquement modifiées couplées à une approche virale afin de moduler spécifiquement cette transmission population neuronale.
Bénéfices attendus
Dans la population humaine, 5 à 30 pour-cent des victimes de traumatismes développent des troubles de stress post-traumatique (TSPT), alors même que d’autres personnes ne présentent pas de conséquences à long-terme. Mieux comprendre le rôle l’activité cérébrale des régions impliquées dans la gestion des évènements traumatiques nous permettra d’identifier les dysfonctionnements menant aux TSPT et ainsi de pouvoir mieux appréhender les approches thérapeutiques. Dans ce contexte, notre projet tend à comprendre les mécanismes neuronaux sous jacents à la mise en place de la mémoire de peur chez la souris, en étudiant plus spécifiquement une voie neuronale mal connue. A l’heure actuelle très peu de données permettent de comprendre son rôle dans la mémoire de peur. Notre travail permettra une meilleure compréhension sur ce sujet, en approfondissant nos connaissances sur ces désordres cognitifs.
Procédures
Deux procédures expérimentales seront effectuées afin de comprendre les bases neurobiologiques des mémoires de peur. En utilisant des modèles murins nous évaluerons le rôle joué par différents neurotransmetteurs dans les mémoires de peur. Un premier aspect de notre travail sera de caractériser ces projections anatomiquesémanant du cerveau moyen antérieuret projetant sur l’amygdale chez un modèle murin. Dans un premier temps, une unique chirurgie cérébrale sera effectuée afin de pouvoir identifier par la suite les voies neuronales impliquées. Cette chirurgie d’une durée de 2 heures max sera effectuée sous anesthésie et analgésie. Notre étude comportementale subséquente consistera à s’intéresser à la mise en place de la mémoire de peur en étudiant les effets de l’activation ou de l’inhibition de ces projections chez les animaux. Pour cette procédureune chirurgie cérébrale sera effectuée afin d’administrer des vecteurs viraux permettant de contrôler l’activité de cette voie. Cette chirurgie d’une durée de 2 heures max sera effectuées sous anesthésie et analgésie. Les animaux seront ensuite évalués quant à leur niveau d’anxiété dans le cadre de trois tests comportementaux (10 min d’exploration spontanée des dispositifs durant 3 jours consécutifs) avec un temps de repos entre chaque. La moitié des animaux sera testée quant à la mise en place de leur mémoire de peur et de son extinction (2 protocoles comportementaux successifs, sur une durée totale de 14 jours max à raison de 10-20min par jour) suite à la modulation de la co-transmission neuronale (grâce à l’administration du ligand 1 injection quotidienne durant 14 jours max). L’autre moitié des animaux sera testée quant à la mise en place de mémoires spécifiques de peur selon l'environnement (durée totale de 10 jours max à raison de 2 fois 5 min par jour) suite à la modulation de la co-transmission neuronale (grâce à l’administration du ligand (1 injection quotidienne durant 10 jours max). A la fin de ces procédures, les animaux seront anesthésiés puis euthanasiés pour effectuer des analyses de prélèvements biologiques.
Impact sur les animaux
La mise en place de la mémoire de peur entraine un stress et possiblement une anxiété chez les animaux. L’injection intrapéritonéale peut entraîner une douleur légère de courte durée au point de piqure et dans de rares cas, une infection. Les chirurgies au niveau du cerveau (injections de virus) peuvent entraîner un affaiblissement des animaux pendant les heures suivant celles-ci. Un risque d’inflammation peut aussi être considéré suite aux sutures. Un risque d’hypothermie est possible sous anesthésie tout comme un arrêt cardiorespiratoire.
Devenir
L'ensemble des souris sera euthanasié afin de prélever les cerveaux nécessaires à la réalisation des analyses immunohistochimiques.
Remplacement
Un organisme vivant est nécessaire pour étudier les acteurs impliqués dans la mise en place des mémoires que nous étudions. Ainsi l’utilisation de rongeurs est nécessaire dans la mise en oeuvre de ce projet. Il n’est pas possible de recréer in vitro la complexité d’un organisme entier avec tous les acteurs cellulaires, moléculaires et neuronaux rentrant en jeu dans ces processus cognitifs. L’absence de méthodes alternatives quant à l’étude des mémoires aversives nous impose d’utiliser les modèles murins proposés.
Réduction
Le projet impliquera un total de 184 animaux. Nous limitons au maximum le nombre d’animaux par groupe de façon à obtenir des résultats statistiquement fiables. A cause des variabilités inter-individuelles et intergroupes, un nombre trop restreint d’animaux engendrerait des résultats trop variables et non valides. Compte tenu des données de la littérature (variabilité attendue) et des effets espérés, un test de puissance statistique a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaire pour cette étude. Pour ce projet nous avons réduit le nombre d'animaux utilisés au maximum en calculant le nombre nécessaire par groupe expérimental avec une analyse prédictive du nombre d’animaux en utilisant l’outil statistique. La taille des groupes expérimentaux pour le comportement doit se situer entre 10 et 15, et pour les analyses purement histologiques nous nous restreindrons à 3-6 animaux.
Raffinement
Les procédures d’expérimentation animale décrites ici sont essentielles pour comprendre les bases cérébrales de ces capacités cognitives et par conséquents pouvoir appréhender l’origine des désordres observés dans certaines pathologies de la mémoire de peur comme dans le cas des troubles du stress post-traumatique (TSPT). Nous disposons de techniques adaptées à cette espèce (électrophysiologie, comportement, chirurgie et génomique). Les stratégies de raffinement mises en place lors de ce projet comprennent l’enrichissement environnemental proposé aux animaux dans leur cage d’élevage, le soin apporté aux animaux tout au long de ces procédures, du choix des procédures afin de garantir une anesthésie et une analgésie optimale quant celles-ci font parties de procédures et d’une surveillance régulière garantie par un personnel formé. La mise en place de points limites pour chaque procédure proposée nous permet de garantir le bien être animal dans l’entièreté de ce projet.
Choix des espèces
Nos travaux nécessitent l’utilisation de rongeurs pour l’étude de phénomènes complexes tels que la mémoire et ses troubles. L’étude d’un système intégré nécessite d’avoir recours à des animaux « entiers ». Cette nécessité est d’autant plus incontournable lorsqu’il s’agit de l’étude des comportements et capacités cognitives telles que la mémoire. Dans notre projet, l’utilisation d’animaux génétiquement modifiés nous permet également d’aborder la physiopathologie humaine. Pour l’ensemble de ces raisons, seule l'utilisation d'animaux nous permet de répondre à ces questions. Dans nos études, nous utilisons des animaux adultes, de plus de 8 semaines au moment du début des procédures décrites. En effet, nos études visant à identifier les bases neurales de la mise en place de la mémoire se focalisent pour le moment chez l’adulte. Pour l’anatomie, nous utiliserons des animaux du même âge.
Nouvelles stratégies de réduction de l’inflammation intestinale chez le poisson zèbre
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
Sans possibilité de retour à l'élevage ni d'adoption, 8 480 larves de poisson zèbre sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l'issue pour analyses post-mortem. Une entérocolite leur est provoquée par des molécules pro-inflammatoires ajoutées à leur eau pendant trois jours, dès le troisième jour après la fécondation. Certaines sont gavées sous anesthésie, d'autres immobilisées deux minutes pour être observées au microscope. Le porteur reconnaît ne pas pouvoir exclure un état général dégradé, un comportement anormal ou la mort, et met en avant la transparence des larves, qui offre selon lui une clarté optique appréciable.
Objectifs
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, sont des pathologies multifactorielles caractérisées par une inflammation chronique de l’intestin associée à une réponse immunitaire excessive et un déséquilibre du microbiote. Cela peut entraîner des symptômes sévères comme des douleurs abdominales, des diarrhées, et une fatigue intense, affectant gravement la qualité de vie des patients. Ce projet s’incrit dans un projet plus global multiéchelle et pluridisciplinaire allant de la molécule jusqu’au patient. Les stratégies testées ici auront été au préalable validées par des expériences sur des modèles cellulaires. Ce projet, mettra à profit les avantages de la larve de poisson zèbre, chez qui il est possible d’induire une inflammation de l’intestin, afin de valider des molécules candidates ou des stratégies de délivrance afin de réduire l’inflammation. Avec le poisson zèbre nous pourrons évaluer plusieurs paramètres du tube digestif tels que l’anatomie, l’intégrité de la barrière intestinale, la réponse inflammatoire, le stress oxyydant,… Nous espérons ainsi valider de nouvelles perspectives thérapeutiques pertinentes pour le traitement des MICI.
Bénéfices attendus
En utilisant un modèle largement utilisé en routine dans des études pharmaco-toxicologiques, les larves de poisson zèbre, nous pourrons accélérer considérablement le processus de sélection des candidats médicamenteux prometteurs ou de modalité de délivrance de ces composés pour une amélioration nette et durable des symptomes des MICI. Les larves de poisson zèbre ne seront utilisées qu’après une première phase d’étude qui comportera des analyses chimiques des composés (pureté, activité) et des études in vitro sur cellules épithéliales intestinales et cellules immunitaires (cultures isolée, coculture ou utilisation de la technologie organ-on-chip). Ces larves offrent un système intégré, rapide, efficace et simple d’évaluation de la toxicité et de l’efficacité des composés préselectionnés lors de la première phase. De plus, de part la transparence du modèle au stade larvaire, celui-ci nous offre une très belle clartée optique fortement appréciable et permettant des observations in vivo non invasives grâce à des techniques d’imagerie de pointe.
Procédures
Les larves seront soumises aux interventions suivantes : Lors des sessions d’imagerie au microscope, les larves anesthésiées seront éclairées avec différents sources lumineuses. La durée totale de la procédure est courte puisqu’elle durera 2 min minutes par animal. La puissance de la source lumineuse sera choisie pour permettre l’observation sans endommager les tissus. Les larves vigiles seront exposées à des molécules ajoutées dans l’eau du bain : Ces larves seront exposées aux molécules durant 3 jours à partir du stade 3 jours post fécondation avec un changement des bains journalier de 4 à 6 jours. Certaines larves seront gavées avec une molécules fluorescente non toxique qui permet d’évaluer l’intégrité de la barrière intestinale. Le gavage, d'une durée de 2 secondes, sera réalisé sous anesthésie, un seul gavage sera réalisé par animal.
Impact sur les animaux
L’entérocolite chez la larve sera induite par différentes molécules pro-inflammatoires. Nous sélectionnerons la molécule, la dose et la fenêtre de traitement permettant d’induire une entérocolite sans toxicité sévère. Cependant, nous ne pouvons pas exclure que le traitement avec nos molécules ne cause pas des effets indésirables tels qu’un état général dégradé, un comportement anormal ou de la mortalité.
Devenir
Les animaux seront euthanasiés à l’issue de chaque procédure. En effet, ces larves étant exposées à des molécules nous n’avons pas l’autorisation de les remettre dans l’élevage ou de les faire adopter. De plus, l’euthanasie des animaux est nécessaire car des prélèvements et analyses post-mortem seront réalisées sur l’ensemble des animaux.
Remplacement
Dans ce projet, nous ne pouvons pas nous passer d’un modèle animal et nous avons choisi le poisson zèbre. Une première partie du projet impliquera une étude in vitro, réduisant le nombre d’animaux de cette étude. Toutefois ces modèles cellulaires ne permettent pas de prendre en compte la complexité des interactions de l’épithélium avec d’autres acteurs (système immunitaire et environnement de la lumière du tube digestif). Le poisson zèbre nous fournira un modèle simple et intégré d’entérocolite chez un vertébré, où les réponses in vivo au niveau tissulaire, cellulaire et moléculaire seront facilement observables et quantifiables. Une tâche longue et ardue dans un modèle murin. Un modèle animal est essentiel pour la bonne évaluation des effets induits par les composés chimiques et permettra d’étudier les acteurs mis en jeu dans cette étude.
Réduction
Nous avons prévu 8460 larves de poisson zèbre pour réaliser les six procédures décrites dans ce projet qui a pour objectif de réduire l’inflammation dans un modèle d’inflammation induite du tube digestif. Nous avons déterminé ce chiffre en prenant en compte : -Les articles déjà publiés sur l’inflammation induite du tube digestif chez le poisson zèbre afin de limiter les conditions et les protocoles à mettre en place -Les expériences préliminaires réalisées sur les molécules anti-inflammatoire que nous souhaitons tester. Les effets bénéfiques de ces molécules ont été ou seront étudiés sur des cultures de cellules de vaisseaux sanguins ou des cellules immunitaires de sujets sains et de patients atteints de maladie inflammatoire du tube digestif (MICI). Ces expériences nous donneront des informations sur les doses à utiliser. -des tests permetant de déterminer le nombre minimal d’animaux nécessaire pour une interprétation fiable des résultats -les données obtenues à partir d’expériences précédentes seront réutilisées et intégrées dans les nouvelles études lorsque cela est possible, évitant ainsi des répétitions inutiles.
Raffinement
Deux personnes expérimentées suivent quotidiennement les animaux de l’animalerie et procèdent au nourrissage bi-quotidien. Un prestataire agrémenté assure les nourrissages et suivis pendant les week-end et jours fériés. Les procédures décrites dans ce projet seront réalisées par du personnel formé et dans des locaux ayant obtenu un agrément du ministère. Des inspections sont effectuées régulièrement. Afin d’améliorer le bien-être des larves au cours des expériences, différentes méthodes de raffinement seront appliquées. Les larves seront gardées dans une enceinte thermostatée dédiée au poisson zèbre dans des conditions de vie optimale afin de réduire leur stress avec une température de 28 degrés Celsius et un pH de 7.2. Les larves seront contrôlées quotidiennement lors des changements de leur eau. Une grille de suivi de l’état des animaux sera complétée rigoureusement lors de ces contrôles et des indicateurs d’une éventuelle souffrance et/ou détresse aussi appelés points limites ont été identifiés. Ces points de surveillance garantissent le bien-être des larves et respectent des standards éthiques. Nous privilégions des techniques non invasives. Lors des sessions d’imagerie au microscope, les larves seront anesthésiées pour éviter tout stress.
Choix des espèces
Le poisson zèbre présente de nombreux avantages. Ces larves offrent un système digestif complexe, intégré dans un organisme qui nous permettra d’évaluer facilement l’efficacité des composés préselectionnés lors de la phase préliminaire réalisée sur cellules en culture. Leurs systèmes digestif, cardiovasculaire, neurologique et immunitaire sont bien étudiés, présents chez la larve et comparables à ceux des mammifères, ce qui en fait un excellent modèle pour étudier les effets de médicaments sur ces systèmes. La larve de poisson zèbre est devenue un modèle reconnu d’étude de l’inflammation intestinal. Dans ce projet, nous étudierons le système digestif chez des larves de poisson zèbre jusqu’à 6 jours post-fécondation comme décrit dans les études d’inflammation du tube digestif induite. A ce stade, ce tube présente des caractéristiques physiologiques et anatomiques permettant de répondre à nos objectifs expérimentaux. Enfin, les larves sont transparentes ce qui permet une observation directe et non invasive des processus biologiques internes grâce à des techniques d’imagerie.
Développement d’un modèle murin pour une meilleure compréhension du rôle de la microcirculation dans la myélofibrose
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
Pour comprendre le rôle des cellules qui tapissent les vaisseaux de la moelle osseuse dans la myélofibrose, 75 souris subissent des lésions provoquées de ces cellules, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Sur trente jours, chacune reçoit jusqu'à huit injections intraveineuses et subit jusqu'à huit prélèvements sanguins sous anesthésie, avant un prélèvement terminal de 800 microlitres qui exclut tout réveil : elles sont tuées par dislocation cervicale. Le porteur attend une perte de poids, une baisse d'activité, un poil rude, des paupières en partie closes et une respiration accélérée. Il annonce des points limites spécifiques permettant de soustraire l'animal aux procédures, sans dire lesquels.
Objectifs
La moelle osseuse est le lieu de la production des cellules du sang, dont les plaquettes. La myélofibrose est une maladie de la moelle osseuse caractérisée par l'accumulation de tissu fibreux, avec de graves complications au niveau des vaisseaux et du sang. Au fur et à mesure que la myélofibrose progresse, la production de cellules sanguines est inefficace et le nombre de plaquettes circulantes est réduit pouvant induire des saignements. Les traitements actuels visent à soulager les symptômes, en dehors de la greffe de cellules souches visant à remplacer ces dernières. La myélofibrose peut survenir à la suite de mutations de gènes ou d'anomalies affectant la moelle. Les cellules de la surface des vaisseaux, en interagissant avec les cellules souches, jouent un rôle clé dans le soutien de l’environnement de la moelle. En fournissant des éléments essentiels, les cellules à la surface des vaisseaux régulent les cellules souches. Des études menées sur des patients atteints de myélofibrose ont révélé des perturbations majeures des vaisseaux dans la moelle osseuse, sans explication claire. Nous faisons l’hypothèse que les cellules de la surface des vaisseaux protègent la moelle du développement de la fibrose. Pour répondre à cette question, nous utiliserons un modèle de souris qui permet d'induire des lésions dans les cellules de la surface des vaisseaux, sans atteinte des cellules souches. Ce modèle donne la possibilité de décrypter le rôle des cellules de la surface des vaisseaux sur la fibrose de la moelle et le repeuplement progressif de la moelle. L'objectif à long terme est de mieux comprendre les mécanismes par lesquels les cellules de la surface des vaisseaux exercent une influence sur les cellules souches. Cela permettra d'identifier de nouvelles pistes de traitement pour freiner la progression de la myélofibrose.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d’évaluer le rôle des cellules de la surface des vaisseaux dans la protection de la moelle face au développement de la fibrose. Cela pourrait permettre d'identifier de nouvelles pistes de traitement pour freiner la progression de la myélofibrose.
Procédures
Les souris anesthésiées seront soumises à des prélèvements de sang (maximum 8 prélèvements sur 30 jours, 10 µL par prélèvement) et à des injections intraveineuses (maximum 8 sur 30 jours, 5 mL/kg au maximum). Les souris anesthésiées subiront un prélèvement de sang terminal (800 µL).
Impact sur les animaux
Pour le prélèvement de sang à la queue, les nuisances attendues sont un saignement de courte durée, une douleur localisée et un stress de l’animal. Pour l’injection du produit, on s’attend à une inflammation et une douleur localisée au point d’injection et un stress. De manière générale, les nuisances attendues sont une perte de poids, une réduction de l’activité, une apparence anormale (poil rude, paupières en partie closes) et une respiration accélérée.
Devenir
A la fin de la procédure, les animaux sont mis à mort par dislocation cervicale car le prélèvement de sang de grande quantité n’est pas compatible avec un réveil de l’animal.
Remplacement
Ce projet a pour but de décrypter le rôle des cellules de la surface des vaisseaux sur la fibrose de la moelle et le repeuplement progressif de la moelle par des cellules souches. Le processus étudié est un processus complexe et intégré qui relève du fonctionnement de l’organisme complet (vaisseaux, moelle osseuse, os, cellules souches, circulation du sang…). Il n’est donc pas possible de remplacer le modèle animal par de l’in vitro du fait de la nécessité du métabolisme de la souris pour évaluer le processus complet. De plus, il est extrêmement difficile de cultiver les cellules primaires endothéliales (isolement très délicat, rendement faible et culture longue), qui n’arborent pas les spécificités nécessaires à l’objectif poursuivi (morphologie, jonctions cellulaires, expression de récepteurs, source de molécules). Il n’est donc pas possible de remplacer l’animal par des techniques in vitro.
Réduction
Pour évaluer la fibrose de la moelle, on utilisera une coloration de coupes histologiques mettant en évidence le collagène, nous permettant de déterminer le pourcentage de fibrose. Nous comparerons alors la moyenne des souris témoins à celle des souris traitées. Selon les données de la littérature, on s’attend à ne voir aucune fibrose chez les témoins et en moyenne 25% de fibrose chez les souris traitées. Ces moyennes théoriques ainsi que l’écart type théorique permettent de réaliser le calcul du nombre de souris nécessaires par groupe.
Raffinement
Les animaux disposent de 14 jours d’acclimatation entre leur arrivée à l’animalerie et leur utilisation en procédure. Une habituation à la manipulation d’une durée de 5 jours est prévue et pourra démarrer 7 jours après l’arrivée des animaux dans notre animalerie. Le stress et la douleur de tous les animaux utilisés dans ce projet seront diminués au minimum : • Par l’hébergement dans des cages en fonction des groupes expérimentaux 3 jours avant l’expérimentation. Le changement d’hébergement en fonction des groupes n’est réalisé que si nécessaire. Aucun regroupement n’est réalisé afin d’éviter le risque de conflits, nous séparerons seulement les souris qui ne subiront pas l’expérimentation des souris qui la subiront afin de ne pas laisser des animaux qui subiront des injections avec d’autres qui ne seront pas manipulés. Ces cages seront munies de particules de bois et enrichies avec des carrés de cellulose, bâtonnets de coton, frisure de papier, ce qui leur permet d’organiser leur environnement selon leurs besoins. Les animaux sont maintenus en groupes sociaux afin d’éviter le stress causé par l’isolement. • Par une analgésie de l’animal avant le prélèvement de sang terminal. Et par traitement antalgique en cas de signes de douleur • Par l’application d’une goutte d’anesthésique local après les injections • Par l’installation de l’animal sur une plaque chauffée afin de lutter contre l’hypothermie pendant les procédures. • Pendant toutes les expérimentations, les animaux sont surveillés par du personnel entrainé pour vérifier l’absence de signe de douleur grâce à des points limites spécifiques établis. Ces points limites permettront de soustraire l’animal aux procédures expérimentales et ainsi limiter sa souffrance et son inconfort.
Choix des espèces
La souris est un animal pour lequel les modèles d’étude in vivo sont maitrisés et caractérisés. La moelle osseuse de souris ainsi que la production des cellules du sang est largement maitrisée, en faisant un bon modèle pour l’étude du rôle des cellules de la surface des vaisseaux sur la fibrose de la moelle et son repeuplement progressif. Les souris seront utilisées au stade adulte entre 2 et 6 mois. Cet âge correspond à la période utilisant des souris pubères et ne présentant pas encore de vieillissement.
Pharmacocinétique et étude de toxicité d’une prodrogue cytotoxique de Vinblastine administrée par voie sous-cutanée
- Recherche fondamentale
- Oncologie
188 souris BALB/c reçoivent chacune une injection unique de chimiothérapie, sous la peau du dos rasé ou dans la veine de la queue, sous anesthésie gazeuse. Le protocole consiste à monter les doses sur quatre paliers pour trouver la dose maximale tolérée, celle qui produit l'effet recherché juste avant les effets indésirables jugés inacceptables, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une partie d'entre elles est saignée par ponction cardiaque après injection d'une dose létale de pentobarbital, la mort étant achevée par élongation cervicale, les autres tuées pour prélever les organes et la zone d'injection. Le porteur met en avant une administration sous-cutanée plus confortable pour le patient et bien moins coûteuse que les chimiothérapies actuelles.
Objectifs
L’administration de médicaments anticancéreux par voie sous-cutanée est actuellement limitée par leur faible solubilité, leur viscosité et leur toxicité au niveau du site d’injection (irritations voire nécroses cutanées). Nous proposons dans ce projet une nouvelle approche permettant d’administrer efficacement par voie sous-cutanée des chimiothérapies anticancéreuses déjà présentes sur le marché. Nous avons en effet développé une technologie innovante qui consiste à coupler un agent de chimiothérapie existant, la Vinblastine, à une succession de molécules pour le rendre soluble et injectable par voie sous-cutané. L’objectif de cette étude est d’étudier la toxicité et la distribution dans l'organisme de cette prodrogue de Vinblastine administrée par voie sous-cutanée (SC), comparativement à la Vinblastine seule, administrée en intraveineuse (IV). L’étude de toxicité a pour objectif de déterminer la dose maximale tolérée (DMT, dose la plus élevée qui produira l’effet souhaité sans entrainer d’effets indésirables inacceptables) par voie SC de la prodrogue de Vinblastine, et de vérifier qu’elle n’induit pas de toxicité au niveau du site d’injection. L’étude de pharmacocinétique permettra de vérifier qu’il est possible d’avoir une exposition au principe actif comparable à la voie intraveineuse, et donc une efficacité thérapeutique similaire.
Bénéfices attendus
L’objectif de cette étude est de démontrer l’innocuité de la prodrogue polymère de Vinblastine administrée par voie sous-cutanée (SC) et de comparer son profil pharmacocinétique à celui de la Vinblastine libre administrée en intraveineuse (IV). De tels résultats permettraient d’envisager la délivrance des principes actifs anticancéreux par voie sous-cutanée, qui seraient à la fois efficace, confortable pour le patient et bien moins couteuse dans son utilisation que les chimiothérapies actuelles.
Procédures
Chaque souris recevra une seule injection de la prodrogue polymère par voie sous-cutanée sous anesthésie gazeuse (sévofluorane 3%) dans la région dorsale préalablement rasée ou de la Vinblastine libre en intraveineuse sous anesthésie gazeuse (sévofluorane 3%). Cette intervention durera environ 10 minutes, anesthésie comprise. Certaines souris subiront également un prélèvement sanguin terminal effectué par ponction cardiaque après injection d’une dose léthale d'anesthésique de pentobarbital, un anesthésique puissant, et la mise à mort de l'animak sera confirmée par élongation cervicale. Cette intervention durera environ 5 minutes.
Impact sur les animaux
Les nuisances suivantes sont attendues : - L'anesthésie par cage à induction qui pourrait entrainer un stress de l'animal avant endormissement. - Les injections de la vinblastine en intraveineuse dans la veine de la queue et de la prodrogue en sous-cutané, qui pourraient causer une gène ou une inflammation au niveau du site d'injection - Les pesées qui peuvent entrainer un stress chez l'animal.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort, afin de prélever les organes et la zone d'injection pour des études histologiques afin de vérifier l’absence de toxicité systémique et de toxicité locale aigue (procédure 1) ou pour effectuer des prélèvements sanguins terminaux (procédure 2).
Remplacement
Les médicaments, durant leur transport dans l’organisme, vont interagir avec les éléments du système immunitaire et être soumis à une métabolisation (hépatique, rénale, …) qui peut provoquer l’apparition de métabolites pouvant être plus ou moins actifs voire toxiques. Cette chaine de phénomènes complexes ne peut pas être modélisée ou mimée in vitro. Il est donc nécessaire de mener ces études sur des animaux vivants pour reproduire tous ces processus et évaluer la toxicité et la fraction de substance active qui arrive dans le sang.
Réduction
Les études préliminaires in vitro ont permis le criblage de différentes formulations dont une seule sera testée in vivo, permettant ainsi une réduction du nombre d’animaux nécessaires dans cette étude. Une planification statistique minutieuse permet aussi de réduire le nombre d’animaux tout en préservant la validité statistique de l’étude. La DMT de la prodrogue sera déterminée en testant des doses croissantes de prodrogue à partir de la dose équivalente à la DMT par voie IV de la molécule libre (connu dans la littérature) car la prodrogue polymère est censée avoir une DMT supérieure à celle de la molécule libre. Quatre doses seront testées au maximum, nous nous arrêterons avant si la DMT de la prodrogue est atteinte. Le dimensionnement des groupes a été déterminé par un test de puissance (erreur de 5% et puissance de 80%) qui permet de mettre en évidence une perte de poids de 10% avec une variabilité de 10% avec 4 animaux par groupe. La DMT du principe actif libre, bien décrite dans la littérature, ne sera testée qu’à deux doses maximum pour tenir compte de la variabilité inter-souche. Pour la pharmacocinétique de libération du principe actif, une seule dose sera testée pour déterminer quelle est la prodrogue qui permet une libération optimale du principe actif dans le sang. La prodrogue polymère et la molécule libre seront administrées à une dose équivalente permettant leur détection pendant 48 à 72 heures, afin de pouvoir comparer la cinétique de la molécule libre et de la prodrogue. Nous cherchons à mettre en évidence une augmentation du temps de présence de la molécule dans l'organisme. Le nombre d’animaux nécessaire (erreur 5%, puissance 90%) a été évalué à 4 animaux par groupe. L’analyse statistique des données sera effectuée avec un test non-paramétrique.
Raffinement
Dans notre laboratoire, les animaux en provenance des centres d'élevage sont pris en charge dès leur arrivée (environ 8 jours avant le début de l'expérimentation), jusqu'à l'euthanasie. Le bien-être animal sera respecté : -Conditions d’hébergement adaptées : nourriture et eau à volonté, température constante de 20°C et mise en place d’un cycle jour/nuit inversé par période de 12 heures. -Temps d’acclimatation de 8 jours avant toute procédure -Souris hébergées en groupes (6 par cage) -Enrichissement des cages : dômes (Plast Hut) et cotons prédécoupés spécifiques (Cell Nest) -Définition des points limites et évaluation quotidienne des signes de douleurs (difficultés respiratoires, prostration, atonie, défaut d’alimentation, isolement, ou tout autre signe physique tel que la position des oreilles ou des vibrisses). La définition exacte des points limites se trouve dans une grille des scores de la douleur, qui évalue le bien-être animal sur chacun de ces points et décrit la conduite à tenir en fonction de l’état de l’animal (par exemple augmentation de la fréquence du suivi, utilisation d’analgésique…). De plus, toutes les procédures se feront sous anesthésie pour éviter toute forme de douleur.
Choix des espèces
Pour la réalisation de nos études, nous utiliserons des souris BALB/c. Les souris BALB/c sont un bon modèle car elles sont blanches et permettent de suivre plus facilement les apparitions de nécroses ou d’irritations au niveau cutané. Les premières études ayant été réalisées sur cette souche, cela nous permettra aussi de comparer les résultats. Nous utiliserons des souris jeunes adultes de 7-10 semaines qui ont un système immunitaire mature et des fonctions physiologiques bien établies.
Etude du rôle des cellules T résidentes mémoires du système immunitaire dans la tuberculose et développement de stratégies vaccinales et thérapeutiques chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
- Système respiratoire
Tester sur des souris des vaccins et des molécules qui stimulent des cellules immunitaires dites mémoires doit d'abord produire des connaissances fondamentales sur la tuberculose, les applications humaines n'étant espérées qu'en retombées indirectes. 1 974 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue pour analyser leurs poumons, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Toutes sont infectées par la tuberculose au moyen d'un aérosol. Certaines reçoivent en outre un vaccin sous anesthésie, d'autres des molécules jusqu'à une fois par jour pendant deux à trois semaines, éveillées, et une partie des souris seulement infectées subit une chirurgie de la cage thoracique pouvant durer cinq heures, dont elles ne se réveillent pas. Le porteur affirme avoir "besoin de travailler sur des organismes vivants" et conclut que son projet "nécessite l'utilisation d'un organisme entier telles les souris vivantes".
Objectifs
La tuberculose est l'une des maladies les plus meurtrières au monde, causant près de 1,5 millions de décès chaque année. Elle reste difficile à diagnostiquer et à suivre chez les patients, et il est encore compliqué de la prévenir par la vaccination ou de la traiter efficacement avec des médicaments. Même si l'on sait que le système immunitaire joue un rôle clé dans cette maladie, notre compréhension actuelle est encore limitée, ce qui complique les efforts pour améliorer le dépistage, le suivi et le traitement. Ce projet de recherche s'appuie sur des découvertes récentes qui montrent des différences dans les cellules immunitaires présentes dans les poumons de souris infectées par la tuberculose, selon qu'elles y sont plutôt sensibles ou plutôt résistantes. L'objectif est de tester de nouvelles approches, soit par des traitements qui renforcent le système immunitaire, soit par des vaccins, pour stimuler une réponse protectrice des cellules T (un type de cellules immunitaires) chez la souris. Plus précisément, le projet cherche à renforcer certaines cellules immunitaires, les cellules T « mémoires », qui pourraient jouer un rôle crucial dans la protection contre la tuberculose.
Bénéfices attendus
Il est attendu du projet un gain de connaissances fondamentales concernant le rôle de cellules T mémoires du système immunitaire dans le contrôle de l'infection. A partir de ces travaux, nous espérons des retombées indirectes comme par exemple le fait de pouvoir exploiter ces connaissances en proposant de possibles nouvelles approches préventives ou thérapeutiques, et ce, à partir de l'identification de stratégies vaccinales et/ou de l'utilisation de molécules pharmacologiques favorisant la résolution de l’infection en favorisant l’action des cellules T mémoires du système immunitaire. Ces démarches s'inscrivent dans la perspective de l'Organisation Mondiale de la Santé de mettre fin à la tuberculose.
Procédures
Dans ce projet, les souris seront infectées par la bactérie responsable de la tuberculose ; ceci se produit sur des animaux vigiles par l’utilisation d’aérosol et se déroule en une fois en quelques minutes. Certaines souris recevront l’administration d’un vaccin prophylactique (une seule injection dans une étape qui dure quelques minutes et qui est réalisée chez l’animal endormi) et d’autres recevront l’administration répétée de molécules thérapeutiques, réalisée sur des animaux vigiles de façon répétée (au maximum une fois par jour) pendant 2 à 3 semaines. Certaines souris seulement infectées subiront une chirurgie au niveau de la cage thoracique (une seule fois sous anesthésie générale et pour une durée de 5 heures au maximum).
Impact sur les animaux
Les principales nuisances causées à l’ensemble des animaux résideront dans l'induction d'une pathologie pulmonaire, la tuberculose suite à une infection expérimentale. Les autres nuisances concerneront, pour une partie des animaux, celles liées à une procédure chirurgicale et, pour les autres animaux, les nuisances liées à l'administration de molécules pharmacologiques ou de vaccins.
Devenir
Tous les animaux sont mis à mort à la fin des expériences car celles-ci sont réalisées dans un environnement infectieux et que le poumon doit être analysé comme point final.
Remplacement
Nous nous intéressons à l’impact des cellules T mémoires dans la tuberculose. Etant donné que les populations de lymphocytes d’intérêt sont assez rares, qu’elles sont pour certaines accessibles seulement dans les poumons et qu’il n'existe aucun modèle cellulaire ni de possibilité de culture ex vivo, nous devons utiliser un système intégré dans lequel la circulation sanguine, la présence de ganglions lymphatiques et les poumons sont nécessaires (ce qui exclut les modèles multicellulaires du type "organoïde"). Une partie de l’étude porte sur le comportement des lymphocytes notamment leur dynamique de déplacement, leur localisation pulmonaire et leurs interactions avec les cellules infectées dans l’environnement pulmonaire. L’autre partie vise à mobiliser ces cellules sur le site infectieux dans un cadre de thérapies ciblant l’hôte ou de vaccinations. L’ensemble de ces événements sont étroitement liés à certains paramètres physiologiques tels que la circulation sanguine, la présence de ganglions lymphatiques et le microenvironnement des poumons. Il n’existe aucun modèle cellulaire de culture ex vivo à ce jour qui recapitule cette complexité d’interactions. De ce fait, afin de répondre à nos questions biologiques, nous avons besoin de travailler sur des organismes vivants ayant une réponse immunitaire et un tissu pulmonaire suffisamment proche de l’homme. Ainsi notre projet nécessite l’utilisation d’un organisme entier telles les souris vivantes.
Réduction
Dans ce projet, un nombre maximum de 1974 animaux sera utilisé. Afin de s’inscrire dans la logique de réduction, nous avons intégré trois étapes dans notre raisonnement. Tout d’abord, certaines étapes de nos projets pourront en effet être suivies de décisions de poursuite ou d’arrêt de l’étude en fonction des promesses offertes par les résultats. Nous possédons une forte expertise dans le domaine de la microscopie intravitale des poumons ce qui nous a fourni des indications sur la taille des lots d’animaux à respecter pour obtenir en première intention des résultats statistiquement significatifs. Pour les thérapies ciblant l’hôte et la vaccination, nous disposons là aussi d’une forte expertise qui nous a permis de développer des approches expérimentales permettant d’analyser sur un même lot d’animaux, des paramètres qui étaient avant mesurés sur des lots d’animaux séparés. Finalement, l’expérience des années précédentes nous a fourni des indications sur la taille minimale des lots d’animaux à respecter pour obtenir en première intention des résultats statistiquement significatifs. Des tests statistiques seront utilisés sur des lots de 6 animaux par test.
Raffinement
Dans ce projet, plusieurs étapes peuvent causer de la douleur, du stress ou de l’inconfort aux animaux, et nous les prenons en compte pour minimiser ces effets : • Vaccination : Elle se fait sous anesthésie pour éviter la douleur. • Administration de substances : Nous privilégions des méthodes non douloureuses, comme les aérosols ou la prise d’eau, ou faiblement douloureuses comme certaines injections. • Injections spéciales : Elles sont réalisées sous anesthésie et avec un analgésique pour éviter toute douleur. • Suivi des souris infectées : Les souris sont surveillées quotidiennement pour repérer tout signe de souffrance. Si leur état se dégrade, elles sont mises à mort pour éviter toute souffrance inutile. • Chirurgie pour l'observation au microscope : Les souris reçoivent des anesthésiques et des analgésiques pour éviter la douleur, et leur confort est surveillé pendant toute la procédure. Elles ne sont pas réveillées après l'intervention. Ainsi, chaque étape est encadrée pour assurer le bien-être des animaux autant que possible.
Choix des espèces
Il existe plusieurs modèles animaux pour étudier la tuberculose, comme les singes, les poissons ou les rongeurs. Nous avons choisi d’utiliser des souris, car elles réagissent de manière similaire aux humains en termes de réponse immunitaire et de développement de la maladie. En particulier, certaines souris développent des lésions pulmonaires ressemblant à celles observées chez l’homme, ce qui permet une étude plus représentative. Les souris offrent aussi l’avantage de pouvoir utiliser des outils précis pour suivre les cellules du système immunitaire. Dans ce projet, nous utiliserons des souris d’un groupe génétique commun, ce qui permet d’éviter des différences qui pourraient fausser les résultats. Pour ce projet, seules des souris adultes de 6 à 12 semaines seront utilisées, car leur système immunitaire est suffisamment développé à cet âge pour fournir des résultats pertinents.
Impact d’un enrichissement olfactif gestationnel chez la truie sur les réponses socio-émotionnelles et cognitives du porcelet lors du rappel de l’odeur, et réponses cérébrales sous-jacentes.
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
700 cochons vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, dont 100 truies gestantes et leurs porcelets. Les porcelets passent des tests d'environnement nouveau, de soudaineté, de réunion et de discrimination sociales, et douze sessions de labyrinthe sur six jours. Vingt-six d'entre eux sont anesthésiés pour une imagerie cérébrale puis tués sans réveil, les produits injectés les rendant impropres à la consommation, tandis que 674 repartent vers le circuit de production de viande. L'objectif est de vérifier si une odeur apprise avant la naissance aide les porcelets à supporter le sevrage en élevage conventionnel, avec un partenaire privé qui formule des actifs aromatiques pour animaux de rente. Le porteur conclut que le projet "ne génère donc pas de souffrance animale".
Objectifs
Le projet vise à évaluer si une exposition prénatale à une odeur, associée à un renforcement maternel positif, a des effets bénéfiques sur les réponses comportementales, sociales, émotionnelles et cognitives de leurs porcelets lors de challenges sociaux ou environnementaux caractéristiques de l’élevage conventionnel, et à identifier les mécanismes cérébraux sous-jacents. Pour répondre à cet objectif de recherche, nous testerons 5 hypothèses. Chez les porcelets sevrés issus de truies exposées régulièrement pendant la gestation à une odeur ingérée dans un contexte positif (i.e. renforcement sucré et contact positif à l’homme), le rappel de l’odeur apprise prénatalement : (1) favorisera une meilleure adaptation comportementale à un mélange social au sevrage, un évènement particulièrement stressant en élevage porcin ; (2) diminuera les réponses émotionnelles indicatrices de stress lors de tests d’environnement nouveau et de soudaineté ; (3) améliorera les performances cognitives (mémoire et apprentissage) lors d’une tâche d’apprentissage spatial via un effet bénéfique de l’odeur sur le stress pendant la tâche ; (4) aura des effets bénéfiques sur les interactions sociales lors de situations de confrontation sociale ; Enfin, (5) la perception de l’odeur apprise pendant la vie fœtale dans un contexte positif pour les mères va générer, chez le porcelet, des réponses dans les régions cérébrales impliquées dans le traitement hédonique de la récompense, ainsi que dans les structures liées à l’apprentissage et la mémoire.
Bénéfices attendus
L’élevage conventionnel porcin est caractérisé par des environnements pauvres et monotones, et offrant peu de stimulations sensorielles aux animaux, ce qui peut engendrer un sentiment d'ennui et de frustration et avoir des effets délétères sur le bien-être. Ce projet apportera une preuve de concept et des connaissances scientifiques sur l’efficacité d’une stratégie à base d’odeurs associées à un enrichissement des conditions de vie des mères (récompense alimentaire, contacts humains positifs) pour l’amélioration de la santé mentale et physique de porcelets en agissant sur l’environnement maternel. Sur le plus long terme, cette preuve de concept pourrait permettre d'envisager le développement de stratégies d'enrichissement peu onéreuses et faciles à implémenter via l'odorisation de l'aliment ou de l'air dans des systèmes qui offrent parfois peu d'opportunité d'aménagement. Cela sera rendu possible notamment par l’implication dans ce projet d’un partenaire privé spécialisé dans la formulation d'actifs aromatiques à destination des animaux de rente.
Procédures
Les truies gestantes seront soumises soit à aucun traitement (n = 50 truies témoin), soit à des traitements positifs quotidiens (n = 50 truies odeur), notamment l'ingestion de sucres anisés et des contacts positifs avec l'homme pendant l'administration des récompenses sucrées. La majorité des porcelets du projet seront soumis uniquement à des tests comportementaux (tests d'environnement nouveau, de soudaineté, d'apprentissage spatial, de réunion sociale ou de discrimination sociale). Environ 2 semaines après la naissance, des porcelets sous la mère (n = 20 porcelets/traitement) seront soumis individuellement à un test unique d’environnement nouveau. A partir de 5 semaines d’âge, soit une semaine après le sevrage, des porcelets (n = 24 porcelets/traitement) seront soumis individuellement à un test unique d’environnement nouveau combiné à un test de soudaineté. Ces mêmes porcelets (n = 24 porcelets/traitement) seront ensuite testés individuellement dans une tâche d’apprentissage spatial (labyrinthe récompensé), avec 12 sessions de tests sur 6 jours. Au même âge, d’autres porcelets (n = 24 porcelets/traitement) seront testés par paire dans un test unique de réunion sociale. Une partie de ces porcelets (n = 15 porcelets/traitement) sera ensuite testée individuellement dans un test de discrimination sociale en présence de deux animaux stimuli. Autour de 8 semaines d’âge, 26 porcelets (n = 13/traitement) seront soumis à une session unique d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) durant laquelle ils seront anesthésiés et suite à laquelle ils seront euthanasiés sans levée d’anesthésie.
Impact sur les animaux
Les tests comportementaux peuvent induire un léger état de stress lié à la séparation du groupe social et/ou au déplacement dans un environnement relativement nouveau. Ces effets seront réduits pour des phases d’habituation aux expérimentateurs, aux manipulations et déplacements et aux dispositifs de tests.
Devenir
Les porcelets soumis à l’imagerie cérébrale seront mis à mort (car ils ne peuvent pas repartir dans le circuit classique de production de viande suite à l'injection de produits nécessaires à la réalisation de la procédure). Ils seront euthanasiés sans levée d'anesthésie. Les porcelets soumis uniquement aux observations et tests comportementaux seront gardés en vie et seront replacés dans le système d'élevage pour rejoindre le circuit classique de production de viande.
Remplacement
Ce projet visant à explorer les effets d’une programmation gestationnelle olfactive sur les comportements de la descendance, et l’activité cérébrale sous-jacente chez le porc. Il est donc absolument nécessaire de travailler sur des animaux vivants et vigiles (hormis pour l'imagerie cérébrale qui s'effectue sur animaux anesthésiés). L’utilisation du porc ne peut donc pas être remplacée.
Réduction
Les effectifs d'animaux utilisés pour cette expérience ont été calculés sur la base de la variabilité interindividuelle des mesures enregistrées en tests de comportements et imagerie cérébrale. Sur la base de notre expérience et de nos travaux précédents, nous estimons qu’un minimum de 10 à 12 animaux par lot expérimental est nécessaire pour s’assurer de pouvoir traiter les données avec des statistiques paramétriques à la fois pour les données comportementales et d’imagerie cérébrale. Par ailleurs, dans la mesure du possible, une partie des animaux sont testés dans plusieurs tests comportementaux successifs afin de maximiser la quantité de données comportementales acquises par animal et diminuer les effectifs totaux.
Raffinement
L'objectif de ce projet est d'étudier les effets bénéfiques d’une odeur apprise in utero dans un contexte positif pour les mères (odeur associée à un renforcement positif) sur les réponses socio-émotionnelles et cognitives de leur descendance. Le projet ne génère donc pas de souffrance animale et propose, au contraire, à la moitié des animaux (groupe odeur) des améliorations au milieu de vie standard habituellement rencontré en élevage conventionnel (groupe témoin), ce qui peut donc engendrer une potentielle amélioration de l'état émotionnel de ces animaux. L’évaluation des réponses cérébrales sous-jacentes au traitement central des informations olfactives nécessite de travailler sur des animaux vivants. Néanmoins, le recours à l’anesthésie générale pendant l’ensemble de la procédure d’imagerie assure une absence de souffrance.
Choix des espèces
Ce projet sera réalisé sur le porc qui est l'espèce cible du projet, avec des perspectives d'application à la filière porcine. En effet, le projet pourrait possiblement conduire au développement de stratégies d'enrichissement du milieu à base d'odeurs alimentaires dans les élevages conventionnels. De plus, le projet pourrait aboutir à l'identification de nouveaux indicateurs précoces de bien-être et de santé dans cette espèce, utilisables par la suite pour évaluer les modes d'élevage existants. Nous utiliserons des truies gestantes et leurs porcelets après la naissance car le protocole repose sur le développement d'apprentissages olfactifs in utero, en association avec un renforcement positif procuré aux mères par l'enrichissement sensoriel (sucre, odeur et contacts positifs avec l’humain). Dans l'essai préliminaire, nous souhaitons vérifier le transfert des odeurs aux fœtus et la bonne acquisition de l'apprentissage olfactif. Ainsi, nous testerons les porcelets dès la période de lactation pour s’assurer de la réussite de l’apprentissage au plus près de la fin de l’exposition olfactive prénatale. Les porcelets sous la mère seront testés dans des tests d’environnement nouveau en présence de l’odeur ou non ou dans des tests de choix d'odeurs. Dans les 2 essais du projet principal, nous souhaitons vérifier que la perception d'une odeur familière, apprise prénatalement dans un contexte positif, permet de réduire les réponses de stress induites lors de challenges cognitifs, sociaux ou environnementaux. Pour ce faire, les porcelets seront testés autour du sevrage, car cette étape est particulièrement sensible en élevage, avec des changements environnementaux (changement de logement), alimentaires (sevrage du lait et passage à une alimentation solide), et sociaux (séparation de la mère et mélange avec des porcelets issus d'autres portées). Ils seront ensuite testés lors de tests comportementaux qui nécessitent des périodes plus ou moins longues de familiarisation à l’expérimentateur et aux dispositifs de tests. L’imagerie cérébrale sera quant à elle réalisée lorsque les animaux auront atteint un poids de 25 kg minimum pour des raisons de compatibilité avec les dispositifs d’imagerie et les atlas cérébraux disponibles.
Évaluation préclinique de deux traitements de lymphomes cutanés à cellules T
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Les souris sont tuées quand le volume de leur tumeur atteint le maximum toléré, ou plus tôt en cas de nécrose ou d'ulcération de la tumeur, de poil hérissé, de dos voûté ou de déshydratation. 1 466 souris vont être utilisées ainsi, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Leur système immunitaire est d'abord affaibli par une irradiation à 2 grays ou neuf jours de gavage à la ciclosporine, avant la greffe de cellules tumorales humaines et des prélèvements sanguins hebdomadaires sous anesthésie. Le porteur affirme que la croissance tumorale ne semble pas induire de douleur jusqu'à cette limite, tout en citant la nécrose et l'ulcération parmi les motifs d'arrêt.
Objectifs
Les lymphomes cutanés à cellules T (CTCL) touchent environ 1/100 000 adultes chaque année. On estime que l’incidence a triplé en 30 ans. Des données préliminaires ont démontré que deux traitements (anti-CCR8 et anti-PAR2) sont capables de recruter des cellules immunitaires ce qui permet d’induire la mort des cellules tumorales. Pour aller en phase I d’essai chez l’Homme, nous devons tester l’efficacité de ces traitements sur des souris. Pour cela nous devons avoir une souris qui possède un système immunitaire (nos deux traitements reposent sur une coopération avec le système immunitaire) et qui permet une prise des cellules tumorales dans l’organisme. Nous allons tester 3 modèles de souris différents pour réussir à avoir des souris xénogreffées avec un système immunitaire. Nous testerons les 3 possibilités et nous garderons in fine qu’une seule de ces 3 méthodes en fonction des résultats (prise de la greffe, nombre de cellules immunitaires). Nous testerons ensuite les deux traitements, ciblant CCR8 ou PAR2, sur le modèle le plus efficace. Le but de ce projet étant de prouver, in vivo, l’efficacité de ces nouveaux traitements contre les lymphomes cutanés à cellules T.
Bénéfices attendus
Le projet vise à proposer des immunothérapies innovantes pour les lymphomes cutanés à cellules T). Les lymphomes sont des maladies rares avec un manque de traitements. Ce projet nous permettra de démontrer l’efficacité de ces deux traitements grâce aux cellules immunitaires présentes dans ces souris qui permettent de détruire les cellules tumorales liées aux anticorps que nous testons. Si les résultats sont concluants, et en association avec les résultats de toxicologie, ce projet pourra conduire à un essai de phase I d’essai chez l’Homme.
Procédures
Pour réussir à greffer des cellules tumorales dans des souris, nous allons devoir diminuer le système manière de façon transitoire, pour cela nous irradierons les souris. Pour visualiser l’effet des traitements sur les cellules tumorales, nous allons prélever de façon hebdomadaire 75uL de sang. Pour cela, les souris seront préalablement anesthésiées pour réduire leur douleur.
Impact sur les animaux
Dans notre protocole, soit nous irradions des souris, soit nous injectons de la cyclosporine par gavage pendant 9 jours avant la greffe de cellules tumorales humaines. Les souris seront irradiées une fois 24h ou 48h avant la greffe à 2 grays. Cette faible dose de radiation induit une perte de poids à 7-10 jours avant que les souris reprennent leurs poids initiaux. Selon la littérature, cette dose n’affecterait pas la durée de vie de la souris. Si le protocole d’irradiation ne fonctionne pas, nous allons traiter les souris oralement avec de la cyclosporine. Le gavage se fera sur souris anesthésiées par isoflurane. Il est attendu une perte de poids au jour 5 avant un retour aux poids initiaux à jour 12. Ensuite, nous injecterons des cellules tumorales humaines aux souris en intrapéritonéales. Au bout de 2 semaines nous prévoyons la formation de tumeur. Nous injecterons en intrapéritonéale des cellules immunitaires ce qui provoquera une douleur modérée. Dans toutes les contritions, nous injecterons les deux traitements en intrapéritonéale ce qui provoquera une douleur modérée. Nous arrêterons le protocole quand le volume de leur tumeur sera trop important ou que l’animal présente des signes de mal-être (poil hérissé, dos vouté, déshydratation) ou en cas de nécrose ou d’ulcérisation des tumeurs. Nous prélèverons du sang toutes les semaines pour doser les cellules tumorales circulantes dans le sang. Les souris seront alors anesthésiées et 75uL de sang sera prélevé de façon hebdomadaire.
Devenir
Pour l'ensemble de ces procédures, les souris seront mises à mort quand le volume tumoral attendra le maximum tolérable. À noter, ces modèles de lymphome sont largement documentés et la croissance tumorale ne semble pas induire de douleur pour l'animal jusqu'à cette limite. En cas de non-développement ou de régression de la tumeur, les souris seront conservées pour une durée de 6 semaines après traitement (durée la plus couramment publiée) puis mis à mort pour analyse.
Remplacement
Nous utilisons différentes lignées humaines de lymphomes ainsi que des cellules de patients. Ces cellules nous ont permis d’obtenir nos données préliminaires, et de confirmer l’activité anti-tumorale des anticorps en question. Nous devons donc maintenant tester les deux traitements dans des modèles in vivo. Pour cela nous souhaitons utiliser deux modèles de souris immunodéficientes pour confirmer l’intérêt thérapeutiques des anticorps et leur capacité à induire une forte régression tumorale. Nous pourrons également obtenir par ces modèles, des données pharmacocinétiques (demi-vie de l’anticorps, concentration dans le sang) et des données d’histopathologie. Cela nous permettra ainsi d’aller en essai de phase I chez l’Homme.
Réduction
Pour limiter le nombre de souris utilisées, des tests préliminaires in vitro ont été fait pour démontrer l’effet des deux traitements sur des lignées cellulaires. Ces tests nous ont permis d'évaluer l'efficacité et la toxicité des traitements et de sélectionner les combinaisons les plus prometteuses, réduisant ainsi le nombre de tests nécessaires sur les souris. Pour déterminer le nombre de souris nécessaires, nous avons utilisé des calculs statistiques ce qui nous a permis de déterminer le nombre de souris par groupe par traitement. Ainsi, nous avons besoin d'au moins 11 souris par groupe pour garantir la validité des tests.
Raffinement
Afin de limiter la douleur des animaux, des points limites précis ont été définis (volume maximum de la tumeur, perte de poids...). Aussi, lors des phases d'implantation de cellules tumorales dans des souris, les souris seront anesthésiées sous isoflurane. Nous mettons en place des conditions d'hébergement optimales et des stratégies de raffinement rigoureuses pour améliorer le bien-être des souris. Les cages sont spacieuses et équipées de litières absorbantes et non toxiques, renouvelées régulièrement pour assurer un environnement propre. Nous fournissons également des enrichissements environnementaux, tels que des tunnels, des roues d'exercice, et des matériaux de nidification, pour favoriser les comportements naturels et réduire le stress. Les souris sont maintenues à une température et une humidité contrôlée, avec un cycle lumière/obscurité approprié pour respecter leur rythme circadien. De plus, nous effectuons des évaluations régulières de la santé et du comportement des animaux, et ajustons les conditions d'hébergement en fonction des besoins spécifiques identifiés. Ces pratiques de raffinement sont essentielles pour garantir le bien-être des souris tout en obtenant des résultats expérimentaux fiables et reproductibles.
Choix des espèces
Nous utilisons des souris pour vérifier l’efficacité des traitements et obtenir des données pharmacocinétiques. Cela permet de voir si les traitements vont diminuer la taille des cellules tumorales. Toutes les études préliminaires ont été mises en place sur des cellules de patients ou des lignées cellulaires. Les souris sont génétiquement modifiées pour être partiellement ou totalement immunodéficientes ce qui permet de greffer de tumeurs humaines, y compris les lymphomes T humains et d'éviter les réactions de rejet de greffes. Nous allons sélectionner des jeunes adultes de 6 à 10 semaines. Ces souris ont fini leur croissance et refléteront au mieux la physiopathologie du lymphome cutané à cellules T dont les tumeurs surviennent principalement chez l'adulte. La standardisation de l'âge permettra une meilleure reproductibilité expérimentale.