Recherche fondamentale
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Etude de la dynamique mitochondriale hypothalamique dans le modèle murin Activity Based Anorexia : Rôle du microbiote intestinal
- Recherche fondamentale
- Multisystémique
- Oncologie
- Système gastrointestinal
468 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles subissent un modèle d'anorexie par restriction de l'accès à la nourriture, puis un gavage et des injections terminales, une partie recevant des antibiotiques dans l'eau de boisson. Le porteur indique une perte de poids importante, une hyperactivité, une fatigue, une prostration et parfois une hypothermie, avec un suivi quotidien et des points limites. L'objectif est d'étudier le rôle du microbiote intestinal dans l'anorexie, les pistes thérapeutiques pour les patients restant renvoyées au long terme.
Objectifs
Ce projet vise à étudier le rôle de la dynamique mitochondriale, impliquée dans le métabolisme énergétique cellulaire, chez un modèle murin d’anorexie largement documenté à l’international et au sein du laboratoire : le modèle Activity Based Anorexia (ABA). Le deuxième objectif principal est d’évaluer le rôle du microbiote intestinal dans l’axe microbiote-intestin-cerveau sur la neuro-inflammation et la dynamique mitochondriale centrale. L’hypothalamus sera particulièrement étudié, étant un noyau majeur dans le contrôle du métabolisme énergétique et de la prise alimentaire. De plus, certains symptômes ou comorbidités chez les patients anorexiques, comme les troubles fonctionnels digestifs, l’anxiété et la dépression, participent à l’entretien de la pathologie et sont donc des freins majeurs à l’efficacité de la prise en charge et en particulier de la renutrition. Les problèmes physiopathologiques centraux tels qu’une diminution des facultés cognitives, une baisse du volume cérébrale et des anomalies de sécrétions d’hormones du métabolismes énergétiques justifient l’étude centrale chez l’animal dénutri présentant la même physiopathologie périphérique. Ce projet permettrait d’apporter de nouvelles connaissances sur la physiopathologie centrale et le rôle du microbiote intestinal pour pouvoir proposer de nouvelles pistes thérapeutiques innovante pour dépasser ces freins à la renutrition.
Bénéfices attendus
Sur le long terme, une meilleure compréhension dans le modèle ABA de l’interconnexion des facteurs du microbiote intestinal modulant la neuro-inflammation, la dynamique mitochondriale, la synthèse protéique, et l’activité physique permettrait de proposer des solutions thérapeutiques innovantes pour aider à la renutrition des patients anorexiques. Des compléments alimentaires à base de probiotiques ayant un impact positif central sur la régulation du comportement alimentaire permettrait et de limiter les troubles fonctionnels digestifs et les altérations cognitives retrouvées chez les patients. Cela permettrait idéalement de lever les freins à la renutrition présents en clinique.
Procédures
100% des animaux seront manipulés tous les jours pour la pesée. 100% des animaux subiront la procédure terminale à savoir un gavage et deux injections intrapéritonéales. 100% des animaux seront maintenus en contention 2 min pour la mesure de la composition corporelle deux fois, au début et en fin de protocole. 234 animaux recevront une injection intrapéritonéale une fois par jour 5 jours consécutifs. 78 souris auront dans leur eau de boisson un cocktail d'antibiotiques sur l'ensemble du protocole.
Impact sur les animaux
L’ensemble des animaux seront isolés le temps du protocole, sans impact sur le score de bien-être animal mesuré. Le jeûne terminal des animaux concerné pourra entrainer un stress. Les animaux ABA, quant à eux, peuvent présenter une diminution de la prise hydrique, une hyperactivité physique anticipatoire, particulièrement les premiers jours de la limitation d’accès à l’alimentation. Ainsi, lors de l’évaluation du bien-être animal, nous pouvons généralement observer, dans ce modèle bien décrit, une fatigue des animaux (au bout de plusieurs jours de réduction du temps d’accès à l’alimentation), une prostration et, dans de rares cas une température corporelle basse des animaux, ce qui est pris en compte dans notre évaluation du bien-être pour décider des points limites adaptés. Les animaux ABA ont une perte de poids importante au cours du protocole, en accord avec ce qui est observé en clinique, cet aspect fait également l’objet d’un suivi quotidien et d’un point limite. Lors des mesures de composition corporelle, la contention de 2 minutes engendre un stress aigu.
Devenir
L’ensemble des animaux seront mis à mort pour l’étude de leurs tissus à la fin du protocole et des procédures. Une utilisation conjointe sur plusieurs projets peut être envisagée, soit la récupération de tissus non utilisés lors de ce projet ou inversement sur d’autres projets ABA ne récupérant pas l’hypothalamus et/ou le cerveau complet.
Remplacement
Ce projet est un projet de recherche intégré, la dénutrition étant la conséquence de relations métaboliques inter-organes complexes. Ce projet permettra d'un point de vue physiologique de visualiser l’intégration des signaux mettant en jeu des relations importantes entre le microbiote intestinal, l’intestin et le cerveau. Le recours à des modèles animaux est donc nécessaire pour prendre en compte cet aspect multi-organes. Cependant pour des études plus mécanistiques telle que l’étude des relations microbiote-cellules intestinales, nous avons recours à des techniques de culture cellulaire in vitro.
Réduction
Pour limiter le nombre d’animaux, en prenant en compte les résultats de la littérature et notre équipe, nous avons fait le choix de ne pas réaliser certains groupes contrôles comme les animaux soumis uniquement à la limitation progressive d’accès à la limitation (Rôle de la dénutrition) ou les animaux ayant un accès libre à l’alimentation et à une roue d’activité (Rôle de l’activité physique). Les analyses ont été préalablement optimisées et nous permettent de limiter le nombre d’animaux par groupe à 12.
Raffinement
Pour limiter le stress des animaux, les animaux auront une période d’acclimatation à l’animalerie d’une semaine puis 5 jours d’acclimatation aux cages d’expérimentation. L’antibiothérapie, pour les animaux concernés, est réalisée dans l’eau de boisson et non par gavage comme fréquemment retrouvé dans la littérature, ce qui limite le stress des animaux et les risques liés au gavage. Un enrichissement par cage sera mis en place.
Choix des espèces
La souris C57Bl/6 est communément utilisée dans les modèles soumis à des interventions nutritionnelles. De plus, la souris C57Bl/6 est une souche ayant un bon taux de réponse dans le modèle ABA. C’est un modèle validé au sein du laboratoire et à l’échelle internationale. Les modèles génétiques utilisés dans ce projet sont d’ailleurs sur ce même fond génétique. En considérant une précédante publication du laboratoire sur la dynamique mitochondriale, les souris arriveront à l'animalerie pour l’expérimentation à l’âge de 8 semaines pour un protocole ABA classique. De la même manière les animaux arriveront à l’âge de 7 semaines pour les protocoles avec antibiothérapie et avec injection de tamoxifène, pour permettre ces traitements avant les 8 semaines. Cet âge correspond à un stade jeune adulte, un pic d’incidence étant observé chez l’Homme jeune adulte.
Rôle anti-tumoral d’un champ de pression mécanique sur la croissance de cellules cancéreuses du pancréas chez la souris
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
80 souris femelles vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On leur greffe sous la peau des cellules cancéreuses humaines du pancréas sous anesthésie, puis on les soumet à un champ de pression mécanique une heure par jour, cinq jours par semaine pendant trois semaines. Le porteur indique un stress lié aux anesthésies répétées et une douleur modérée possible due à la croissance des tumeurs. Ce projet teste l'effet d'une pression mécanique sur des tumeurs pancréatiques, les retombées pour les patients étant annoncées à long terme, les souris étant tuées pour prélever les tissus cancéreux.
Objectifs
Le cancer du pancréas représente un problème de santé publique en occupant le deuxième rang des cancers digestifs en France. Ce cancer est très souvent de très mauvais pronostic et est diagnostiqué à un stade avancé avec un nombre de cas en constante augmentation. Il devrait être la deuxième cause de mortalité par cancer en Europe en 2030. Dans le but de développer de nouvelles pistes de traitement des cancers du pancréas de très mauvais pronostic, nous nous proposons d’étudier l’impact d’un champ de pression mécanique sur le développement de ces cancers. En effet, des études antérieures ont montré qu’un champ de pression mécanique inhibait la croissance des cellules cancéreuses pancréatiques en culture. Dans ce projet, nous souhaitons évaluer les effets anti cancéreux d'une contrainte mécanique sur le développement du cancer du pancréas après greffe de cellules cancéreuses du pancréas humain chez la souris.
Bénéfices attendus
Compte tenu des échecs des différentes thérapies mises en œuvre dans le traitement du cancer du pancréas, nous nous dirigeons vers de nouvelles pistes thérapeutiques des cancers du pancréas. Les avancées au cours de ces dernières années sur les contraintes mécaniques appliquées aux tumeurs nous laissent envisager l’intérêt des champs de pression sur les tumeurs pancréatiques pour en inhiber sa progression. Les retombées attendues de ce projet seront de caractériser une nouvelle thérapie du cancer du pancréas et à plus long terme de soigner ce type de cancer chez l’homme.
Procédures
On réalise deux injections sous la peau de souris femelles adultes (1 injection sur chaque flanc de l'animal), de cellules cancéreuses humaines de pancréas, sous anesthésie. Les cellules vont s’implanter à l’endroit de l’injection et commencer à croître. Cette injection dure moins de 30 secondes. La taille des tumeurs va être suivie. Lorsque les tumeurs auront démarré leur croissance, les souris seront soumises à un champ de pression mécanique sous anesthésie gazeuse à raison de 1 heure, 5 jours par semaine et ce pendant 3 semaines. Les souris vont être suivies tous les jours et les points limites évalués chaque jour de traitement (5 jours par semaine). A l'issu du traitement, les souris vont être suivies et leurs tumeurs mesurées encore 2 semaines, période durant laquelle elles ne subiront pas de traitement. L’ensemble des souris sera alors évalué 3 fois par semaine quant à leur état général, leur poids et la taille des tumeurs, mesurées à l’aide d’un pied à coulisse, au cours du temps.
Impact sur les animaux
1) Un stress physique serait une nuisance induite par les anesthésies répétées et (2) une douleur modérée peut être engendrée par la croissance des tumeurs sous-cutanées. Les animaux ne subissent pas d'autres stress ou douleurs dans ce projet.
Devenir
A l'issue de la procédure, tous les animaux sont euthanasiés et les tissus cancéreux seront prélevés pour analyses.
Remplacement
Les connaissances issues de cette étude sur l’animal ne peuvent pas être obtenues actuellement par d’autres méthodes compte tenu de la complexité physiologique de la tumeur comprenant plusieurs types cellulaires impossible à reproduire avec des cellules en culture, nous obligeant de travailler à l'échelle d'un organisme. Des études sur cellules en culture sont, par ailleurs, prévues pour étudier d’autres paramètres qui complèteront ce volet d’expérimentation animale sans pouvoir le remplacer.
Réduction
Nous avons déterminé le nombre d'animaux nécessaire et suffisant dans chaque sous-groupe pour avoir des résultats statistiquement exploitables. Chaque souris sera implantée avec des cellules cancéreuses aboutissant au développement d'une tumeur sur chaque flanc, ce qui nous permet de réduire de moitié le nombre d'animaux qui entre dans l'expérience.
Raffinement
Les méthodes et les mesures choisies visent à diminuer au maximum les contraintes imposées aux animaux. Les animaux seront anesthésiés au moment de la greffe des cellules cancéreuses sous la peau. Au cours de l’expérience, une surveillance visuelle quotidienne et un suivi de l’état général des animaux (3 jours par semaine durant 3 semaines puis 3 fois par semaine durant les 2 semaines d’observation post traitement) seront réalisés. De plus nous avons établi une grille de score qui définit les actions à mettre en œuvre (administration d’analgésie en cas de douleur, euthanasie lorsque un point limite est atteint). Des conditions d’hébergement standard adaptées sont appliquées avec une alimentation standard sans limite de quantité. Enfin, un enrichissement composé de coton et de lanières cartonnées en accordéon sera proposé aux animaux afin qu’ils puissent se confectionner des nids.
Choix des espèces
Nous avons choisi d’utiliser l’espèce souris dans notre projet de recherche car la physiologie du cancer du pancréas induit dans cette espèce animale est proche de celle chez l’Homme. Nous pourrons ainsi répondre aux questions que nous nous posons sur les effets d’un champ de pression mécanique sur le développement de ce type de cancer chez l’Homme. De plus, ce modèle apporte 2 autres avantages : sa taille et sa masse qui limite les quantités de traitement à administrer et le nombre extrêmement grand d'outils biologiques qui permettent la caractérisation des tissus cancéreux chez la souris. Les souris utilisées sont des femelles adultes pour que les animaux restent au même stade de développement tout au long de l’expérience. Nous avons privilégié des femelles pour limiter les conflits entre mâles hébergés dans une même cage.
Remodelage de la connectivité neuronale pendant la consolidation de la mémoire chez la souris (1/2)
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
40 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent deux interventions chirurgicales au cerveau sous anesthésie, une restriction alimentaire pouvant durer sept jours et des injections cinq jours de suite, avant une tâche de mémoire récompensée par de la nourriture. Le porteur indique que la restriction alimentaire peut être stressante car elle empêche certains comportements naturels, comme cacher de la nourriture. L'objectif est de comprendre le fonctionnement d'une région du cerveau impliquée dans la mémoire, les bénéfices pour les maladies humaines restant renvoyés à d'autres projets de l'équipe.
Objectifs
L’objectif global de notre projet est de contribuer à la compréhension des processus d’encodage et de stockage des mémoires chez les mammifères. Plus spécifiquement, nous souhaitons étudier les mécanismes sous-jacents la formation de la mémoire à long terme dans une zone spécifique du cerveau. Cette zone de cerveau a été impliquée dans plusieurs maladies humaines. Une meilleure compréhension de son fonctionnement en conditions normales est nécessaire afin d’identifier et de comprendre les altérations, qui se manifestent en conditions ‘anormales’, telles queles maladies neuro-développementales ou neuro-dégénératives
Bénéfices attendus
La zone de cerveau ciblé par notre étude a été impliquée à plusieurs maladies humaines. Une meilleure compréhension de son fonctionnement en conditions normales est nécessaire afin d'identifier et de comprendre les altérations, qui se manifestent en conditions 'anormales', telles que les maladies touchant le système nerveux central. Les connaissances obtenues grâce à ce travail nous permettront de renseigner d'autres projets en cours dans l'équipe, explorant le rôle de cette région du cerveau dans les altérations pathophysiologiques présentent, par exemple, lors des maladies neuro-développementales ou neuro-dégénératives. La réorganisation structurelle des circuits neuronaux est également un domaine de recherche largement négligé par les études précliniques et notre travail apportera des nouvelles connaissances dans le domaine des mécanismes de plasticité.
Procédures
Les animaux sont nourris avec un régime alimentaire modifié. Ils subissent deux brèves interventions chirurgicales (< 45 min) réalisées sous anesthésie, pour lesquelles ils reçoivent un traitement analgésique et des soins appropriés. Ils sont soumis à une tâche comportementale nécessitant une motivation appétitive pour laquelle ils reçoivent une récompense nutritive. Cette tâche nécessite que la quantité de nourriture disponible soit limitée pendant 7 jours. Ils reçoivent également des injections pendant 5 jours.
Impact sur les animaux
Les animaux subissent deux brèves interventions chirurgicales sous anesthésie. Cependant, grâce à l'utilisation appropriée d'analgésiques, d'outils et de matériels stériles, et à une surveillance et des soins post-chirurgicaux adaptés, les conséquences négatives pour les animaux sont minimisées. Une période de rétablissement (4-7 jours) est prévue avant toute autre manipulation. Les animaux sont soumis à une restriction alimentaire. Cela peut être stressant pour les souris car cela ne leur permet pas d'exprimer certains de leurs comportements naturels, comme cacher de la nourriture dans la cage. Pour compenser ce stress, nous manipulons les souris préalablement et nous essayons également de les nourrir à la même heure de la journée afin qu'elles apprennent à associer la présence de l'expérimentateur à l'apport de nourriture. En adaptant le programme d'entraînement, nous maintenons la période de restriction alimentaire aussi courte que possible (maximum 7 jours consécutifs). Le paradigme de la restriction alimentaire nous oblige également à loger les souris individuellement, afin d'éviter la compétition pour la nourriture et l'agression entre congénères. Pour pallier cette contrainte, nous maintenons les souris en hébergement collectif le plus longtemps possible avant cette étape. Nous augmentons la quantité de matériel disponible pour la construction du nid et nous augmentons l'enrichissement en manipulant les souris avant l'expérience. Tout au long des expériences, les souris sont nourries avec un régime spécial (sans effets délétères pour l'animal). Elles reçoivent également des injections intrapéritonéales, qui provoquent un léger inconfort. Pour atténuer les conséquences de cette injection répétée, nous utilisons des aiguilles de très petite taille, ce qui minimise l'inconfort pour l'animal. La solution injectée elle-même n'a aucune conséquence négative pour l'animal. Toutes les manipulations sont effectuées par un expérimentateur formé et compétent ayant plus de 8 ans d'expérience dans la manipulation des animaux.
Devenir
Les animaux seront sacrifiés et leurs tissus récupérés pour les analyses post-hoc.
Remplacement
Le projet porte sur l’étude des mécanismes sous-jacents la formation et stockage de la mémoire dans une zone spécifique de cerveau. Pour mener notre étude, nous aurions besoin d’un modèle : i) complexe et intacte, ii) adapté à la réalisation des tests cognitifs, iii) pour lequel il existe déjà des tests comportementaux validés dans la littérature scientifique, iv) disposé facilement à la modification de son génome, v) possédant la structure cérébrale ciblée, vi) adapté aux approches expérimentales invasive. Conformément à la Directive Européenne et au principe des 3Rs, nous avons réfléchi à nos expériences afin d'intégrer des approches alternatives lorsque cela était possible. A notre connaissance, seuls les modèles de mammifères, notamment les souris, répondent à l'ensemble de ces critères. Bien que des tests comportementaux simples soient possibles chez des espèces moins sensibles, ces animaux ne possèdent pas la structure cérébrale ciblée et ne sont donc pas adaptés à l'objectif de notre étude. Les études humaines ne sont pas adaptées à notre question scientifique car des tests invasifs sont nécessaires pour détecter et analyser les neurones associés au stockage de la mémoire et les analyses de connectivité possibles au niveau clinique n'ont pas la résolution nécessaire pour répondre à la question scientifique posée. Les modèles in silico actuellement disponibles ne permettent pas de modéliser le cerveau entier. Pour toutes ces raisons, et malgré notre réflexion, l'utilisation d'animaux est malheureusement nécessaire.
Réduction
Afin de ne pas utiliser plus que le nombre minimal d'animaux nécessaire, nous avons estimé, sur la base des études précédentes, le nombre d’animaux nécessaires pour atteindre une signification statistique (stratégie : études antérieures au sein de l'équipe et étude bibliographique). Nous sommes très attentifs à l’objectif de limiter au maximum le nombre d’animaux utilisés. Pour cette raison nous proposons d'adopter une stratégie expérimentale permettant une analyse précoce de nos données au fur et à mesure (c.à.d. les expériences réalisées au fur et à mesure sur de petits lots de 4-6 animaux). Cela nous permettra de modifier la taille de l'échantillon si nécessaire selon les premiers résultats obtenus. L'utilisation de ces petits groupes permettra également de repérer rapidement les problèmes potentiels de la procédure et de modifier notre approche si nécessaire pour le lot suivant. Approche statistique : selon les caractéristiques de nos données nous appliquons les tests statistiques appropriés à notre question scientifique et à nos données.
Raffinement
i) Surveillance quotidienne. ii) Vérification de l'état de l'animal (avant et après chaque manipulation/étape) selon les critères généraux ainsi que les signes cliniques spécifiques à la manipulation. iii) Intervention immédiate et appropriée (en cas de besoin) - mesures conservatoires à privilégier. iv) Raffinement des procédures chirurgicales pour réduire le risque de douleur ou de souffrance : utilisation d'une crème pour les yeux et d'un tapis chauffant pour maintenir la température de l'animal. Utilisation d'anesthésiques et d'analgésiques (pré- et post-op) pour chaque procédure chirurgicale v) Application de soins préventifs après la chirurgie; stratégie de nursing si nécessaire vi) Manipulation quotidienne des animaux avant les sessions comportementales pour réduire le niveau de stress lié à l'interaction avec l'expérimentateur vii) Optimisation de notre tâche comportementale pour minimiser la durée de la restriction alimentaire viii) Entraînement progressif de l'animal (séances d'habituation) intégré à la tâche afin de minimiser le stresse ix) Utilisation d’aiguilles de petite taille pour minimiser l'inconfort associé à l'injection i.p. x) Utilisation, dans la mesure du possible, de méthodes non invasives (par exemple, l'administration dans la nourriture) pour l'administration des médicaments afin d'éviter les contraintes associées aux autres méthodes d'administration. xi) Mécanismes d'intégration des nouvelles techniques de raffinement : formation régulière des expérimentateurs, consultation de sites éducatifs proposants les méthodes de raffinement. xii) Adaptation des conditions d’hébergement : animaux maintenus le plus longtemps possible dans des cages collectives.
Choix des espèces
Nous utiliserons la souris car nous voudrions exploiter certains modèles transgéniques impliquant, par exemple, le marquage permanent des cellules activées lors de l’apprentissage, ou l'expression d'une sonde calcique. À ce jour, la souris est la seule espèce mammalienne pour laquelle il est possible, d'une manière routine, de modifier le génome et pour laquelle les modèles créés ont été caracterisés au niveau comportemental et moléculaire. Le choix d'utiliser la souris est également motivé par nos données précédentes et la disponibilité de paradigmes expérimentaux déjà élaborés qui garantissent le succès de notre étude.
Induction de l’avortement précoce par injection de cloprosténol chez la brebis
- Recherche fondamentale
- Système urogénital
400 brebis vont être utilisées, maintenues en élevage et réutilisées pour d'autres expériences, dans des procédures déclarées d'un niveau de souffrance léger. Chaque animal reçoit des injections d'une hormone provoquant l'avortement et des prises de sang, l'ensemble répété deux à trois fois par an. Le porteur indique que l'induction de l'avortement peut déclencher des contractions utérines douloureuses, et que l'hormone peut accélérer le rythme cardiaque et respiratoire. Ces avortements répétés servent à mettre au point un gel contraceptif destiné aux femmes, présenté comme une alternative "révolutionnaire" aux méthodes hormonales, la gestation des brebis n'étant pas utile au projet.
Objectifs
L’objet de cette demande est d’obtenir l’autorisation d’utiliser une hormone pour obtenir un avortement précoce en cas de gestation chez la brebis, et ceci de façon répétée. Cette procédure sera utilisée dans un projet dont l'objectif est de développer un gel contraceptif d’origine naturelle (non hormonal) à destination des femmes, comme alternative aux méthodes hormonales existantes. En effet, celles-ci provoquent des effets secondaires et/ou de l'inconfort, tels que prise de poids, diminution de la libido, augmentation du risque de maladies cardiovasculaires et de dépression. Malheureusement, les contraceptifs non hormonaux existants sont souvent peu pratiques. Ce projet propose donc de développer in vitro, puis de tester in vivo chez la brebis, un gel à déposer au niveau du col de l’utérus, qui formerait un bouchon empéchant le passage des spermatozoïdes. Le test de l'efficacité du gel est basé sur l'évaluation du passage ou non des spermatozoïdes dans le col de l’utérus de la brebis, dont une preuve effective est la fécondation. La gestation n’est pas nécessaire au projet, d’où la demande de pouvoir procéder à des avortements précoces.
Bénéfices attendus
Le gel contraceptif développé dans le premier projet est présenté comme une alternative révolutionnaire aux méthodes actuellement existantes : hormonales (avec tous les effets secondaires connus), non hormonales (qui présentent elles aussi des inconvénients), et les méthodes dites non-techniques (qui ont une efficacité relative). Ce gel est en effet très efficace (100% d’efficacité in vitro annoncée), sans hormones, peu invasif et très pratique d’utilisation. Il représente donc une solution de choix pour les millions de femmes qui ne peuvent et ne veulent pas utiliser d’hormones.
Procédures
Les animaux seront soumis à une injection lors du traitement de synchronisation, deux injections de l'hormone abortive par voie intra-musculaire, ainsi que trois prises de sang à la veine jugulaire. Ceci répété 2 à 3 fois. Chaque intervention dure moins de 5 minutes.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sont les suivantes : douleur et hématome possible après les prises de sang, douleur causée par les injections de PMSG (synchronisation), de cloprostenol, par voie intramusculaire, répétées 2 à 3 fois dans l’année. Un stress peut être également occasionné par la contention nécessaire lors des injections et prises de sang. L’induction de l’avortement peut déclencher des contractions utérines douloureuses. Le cloprosténol peut provoquer des effets liés à l'activité de la prostaglandine F2α dans les muscles lisses, tels qu'une augmentation de la fréquence cardiaque et respiratoire et une gêne abdominale. Si malgré toutes nos précautions une rétention placentaire devait arriver, les animaux pourraient souffrir de fièvre, abattement, respiration plus rapide.
Devenir
Tous les animaux resteront dans l'élevage et pourront être réutilisés pour des expérimentations futures.
Remplacement
L’étude de l’efficacité d’un produit destiné à l’usage chez l’Homme doit d’abord se faire sur animaux, lorsque cela est éthiquement admissible. Dans notre cas, l’efficacité du gel a été évaluée in vitro. Elle doit maintenant être confirmée in vivo, avant de pouvoir démarrer une phase d’essai chez la femme. L’étude du passage des spermatozoïdes à travers le col de l’utérus n’est pas permise par des modèles in vitro et requiert des animaux pour l’étudier dans toute sa complexité.
Réduction
Sur la base d’une utilisation de 2 traitements par brebis, l’utilisation de l'hormone permet de diviser par 2 le nombre d’animaux nécessaires. Ainsi, la réalisation de 800 inséminations et donc une information sur 800 fécondations potentielles, pourra être obtenue avec seulement 400 animaux. De plus, le traitement évite de mener des gestations non nécessaires à terme et donc la procréation d’animaux non nécessaires.
Raffinement
Les brebis resteront dans leur troupeau tout au long du projet, et seront traitées sur le site d’élevage, par des opérateurs expérimentés. Un renforcement positif alimentaire sera mis en place après chaque manipulation. Les animaux seront habituées aux manipulations avant le démarrage de l'expérimentation. Les cous des brebis seront tondus afin que la veine jugulaire soit plus accessible, et éviter les hématomes. Une crème décongestionnante sera appliquée après le prélèvement. Si une infection utérine devait advenir, des antibiotiques et antiinflammatoires seraient administrés (points limites attendus : fièvre, abattement, respiration accélérée). De même, si l’avortement induit devait déclencher des contractions utérines douloureuses, un antiinflammatoire non stéroïdien serait administré (point limites attendus : abattement, voire anorexie en cas de douleur importante).
Choix des espèces
La brebis est un bon modèle pour étudier la viscosité du mucus cervical, et le passage des spermatozoïdes à travers le col utérin. Brebis adultes matures sexuellement, dans un état physiologique permettant une fécondation.
Modèle murin de remplacement trachéal par une matrice aortique
- Recherche fondamentale
- Système respiratoire
480 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, une partie dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, une autre opérée sous anesthésie et tuée avant tout réveil pour prélever un greffon d'aorte. Les souris opérées subissent une chirurgie de remplacement de la trachée par une matrice aortique de 45 minutes, avec des injections de tamoxifène cinq jours de suite pour les lignées transgéniques, et sont euthanasiées entre 7 et 90 jours après. Le porteur indique des douleurs post-opératoires, un risque d'infection et une perte de poids temporaire possibles. Il affirme qu'aucune méthode alternative ne modélise ce remplacement et retient la souris pour ses lignées génétiquement modifiées, l'ancien modèle étant la brebis.
Objectifs
La greffe trachéo-bronchique est un véritable défi chirurgical et biologique. Des échecs successifs ont été observés avec les prothèses synthétiques, les bioprothèses, les allogreffes trachéales, et les autogreffes d’organes et tissus divers. Le remplacement trachéo-bronchique par une allogreffe artérielle cryopréservée soutenue par une endoprothèse a été réalisé récemment chez l'Homme. Cette technique est la seule à avoir prouvé son efficacité et durabilité. Des études expérimentales chez la brebis et des applications chez l’homme ont toutes montré la formation d’un nouveau conduit respiratoire avec de l’épithélium respiratoire et du cartilage « de novo ». Le greffon aortique cryopréservé joue un rôle très important dans cette régénération car il contient des cellules viables et libère des facteurs de croissance et des cytokines diverses . Le corps humain de l’hôte est un bioréacteur qui induit, en présence de la matrice aortique, des facteurs favorisant la migration et l’activation des cellules inflammatoires et des cellules progénitrices dans le greffon. Afin d’étudier les mécanismes cellulaires et moléculaires mis en jeu lors du remplacement trachéal par la matrice aortique, nous souhaitons développer un modèle murin de remplacement trachéal par l’aorte qui nous permettra d’étudier les étapes-clés du processus de régénération plus facilement que chez la brebis. Afin de déterminer l’origine cellulaire des nouveaux anneaux cartilagineux présents dans la matrice aortique, des souris double transgéniques seront utilisées pour faire du traçage de la lignée chondrocytaire. OBJECTIFS i. Mettre au point le modèle de remplacement trachéal par l’aorte ascendante chez la souris. ii. Identifier les programmes cellulaires et moléculaires intervenant dans la néochondrogenèse au sein de la matrice aortique.
Bénéfices attendus
Ce projet représente la suite des travaux de recherche concernant le remplacement trachéo-bronchique par une allogreffe artérielle, réalisée chez la brebis, permettant l'utilisation de la technique chez l'homme, avec la formation de nouvelles voies respiratoires. Ce nouveau projet représente une étape d’un travail de recherche essentiel qui vise à identifier les mécanismes cellulaires qui favorise la régénération et la réparation tissulaire mis en jeu lors du remplacement trachéal. La mise en évidence de ces mécanismes permettra de proposer des solutions thérapeutiques afin d’améliorer et accélérer l’apparition de nouvelles voies respiratoires après le remplacement par allogreffe artérielle.
Procédures
- prélèvement post mortem d'un greffon aortique (1 intervention, durée de l'intervention: 15 minutes, acte réalisé après euthanasie), - injection de tamoxifène pour les animaux transgéniques uniquement (1 injection/jour pendant 5 jours continus, durée de l'intervention: 20 secondes, acte réalisé après traitement analgésique) - procédure chirurgicale (1 intervention, durée de l'intervention: 45 minutes, acte réalisé après traitement analgésique et anesthésique; prise en charge analgésique au cours de la période post-opératoire, l'euthanasie des animaux opérés aura lieu de 7 à 90 jours après la procédure chirurgicale).
Impact sur les animaux
Les effets indésirables attendus sont le risque anesthésique, la douleur post-opératoire, une infection post-opératoire, une perte de poids temporaire au cours de la période post-chirurgicale, le stress associé à des administrations intrapéritonéales répétées de tamoxifène.
Devenir
A la fin des procédures , les 480 animaux sont euthanasiés afin de réaliser des prélèvements post-mortem.
Remplacement
A ce jour, il n'existe pas de méthodes alternatives pour modéliser le remplacement trachéo-bronchique par une allogreffe artérielle. Cette affirmation se base sur : - des discussions avec des confrères; - des conférences en pneumologie ; - une recherche bibliographique approfondie effectuée sur la période 2010-2021 dans les bases de données en utilisant es mots-clés suivants: replacement, trachea, aorta, alternatives.
Réduction
Afin de réduire le nombre d'animaux utilisés, les mises au point de la technique chirurgicale seront réalisées sur des souris euthanasiées, issues de surplus de colonie. Le calcul de la taille d'échantillon a été déterminé par un calcul de puissance à partir de données de la littérature. Un modèle murin de remplacement trachéal a été publié récemment en utilisant soit des trachées de souris syngéniques, soit des structures synthétiques. Cet article, unique référence existante sur ce type de modèle expérimental murin, déclare observer un taux de survie post-opératoire de 80% à 60 jours pour les greffons syngéniques. A partir de ces résultats, nous avons réalisé un calcul de puissance pour déterminer la taille des effectifs. Le nombre total d'animaux pour le projet est de 480 souris. Il sera nécessaire de procéder à des tests statistiques pour une interprétation fiable des résultats.
Raffinement
Avant la réalisation d'une procédure expérimentale, les souris seront maintenues en cage de 370 cm2. Les animaux seront logés en groupes sociaux stables formés de 4 individus compatibles. Il n'y aura pas de limitations en apports alimentaires et hydriques. L'enrichissement du milieu sera composé de matériel de nidification et d'abri en cellulose. Afin de vérifier la profondeur de la dose d'anesthésie, les signes suivants seront vérifiés: le relachement des muscles, la perte du réflexe de retrait sur les deux pattes et la queue, la perte du réflexe palpébral, une respiration calme. Si l'un de ces signes est toujours présent 10 minutes après l'injection ou apparait avant la fin de l'intervention chirurgicale, une deuxiéme injection de produits anesthésiques sera réalisée. La douleur post-opératoire sera prise en charge par l'application locale d'analgésique au niveau de la zone opérée et par une injection sous-cutanée d'analgésique. Si besoin, celle-ci sera répétée les jours suivants la chirurgie. Les interventions chirurgicales auront lieu le matin, permettant ainsi une vérification de l'état général des animaux en post-chirurgie, en particulier en s'assurant que les animaux sont complètement sortis de l'anesthésie en fin de journée (retour de la mobilité, prise hydrique et alimentaire). Une observation journalière des animaux est réalisée (apparence physique externe, changement de comportement, réponse aux stimuli externes, courbe de poids). Les animaux seront pesés quotidiennement lors des 5 jours suivant l’acte chirurgical. Par la suite, le poids sera enregistré 3 fois par semaine. Une perte de plus de 20% du poids initial ou la perte totale de mobilité seront considérés comme des points-limites, justifiant la fin du protocole expérimental. La cicatrisation sera observée en même temps que le suivi de poids. Des signes d’inflammation seront scrutés (rougeur, gonflement). La perte des fils de suture indiquera une bonne cicatrisation.
Choix des espèces
Le modèle de remplacement trachéal chez la souris offre la possibilité de travailler sur des organismes génétiquement modifiés (contrairement au modèle ovin précédemment utilisé) pour pouvoir cibler le rôle de certaines populations cellulaires et des molécules impliquées dans le processus ide néochondrogenèse et ainsi, identifier des mécanismes responsables de la régénération trachéale. Pour le modèle de remplacement trachéal, des souris adultes (8-12 semaines) seront utilisées. En pathologie humaine, la technique de remplacement trachéal s’adresse surtout aux adultes (sténoses acquises bénignes et pathologie maligne de l’arbre respiratoire).
Production d’anticorps polyclonaux chez la poule et le lapin
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Cancers
- Diagnostic des maladies
- Maladies animales
- Troubles immunitaires
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
- Système immunitaire
Poules : 240
390 lapins et poules vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils reçoivent des injections destinées à leur faire produire des anticorps, puis des prélèvements sanguins répétés, avant d'être mis à mort pour récupérer la quasi-totalité de leur sang. Le porteur décrit des réactions locales possibles, gonflement ou abcès, et générales, fièvre, perte de poids, baisse d'activité. Il affirme qu'aucune méthode substitutive n'est assez efficace, écartant la production d'anticorps par criblage de phages jugée "décevante" malgré son existence depuis 1990.
Objectifs
L'objectif de ce projet est de produire des anticorps polyclonaux suite à des immunisations de poules et lapins. Ces anticorps seront notamment utilisés pour la recherche (immunologie, oncologie, immunohistochimie, biomédicale…), en médecine, pour la réalisation de test de diagnostic… Ce projet respecte la réglementation relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques en vigueur.
Bénéfices attendus
1) Obtenir des quantités suffisantes d'anticorps polyclonaux pour pouvoir travailler dessus. 2) Approfondir les connaissances nécessaires pour l'avancement de la recherche dans les domaines suivants : immunologie, oncologie, immunohistochimie, recherche biomédicale, médecine... 3) Faire évoluer les tests de diagnostic. 4) Trouver de nouvelles pistes d'applications thérapeutiques.
Procédures
Les animaux seront soumis à deux types d'interventions : des injections et des prélèvements sanguins. Le nombre d'interventions sera dépendant du protocole de l'étude mais chaque intervention sera de courte durée. Un délai adapté au produit administré sera dispensé entre chaque injection. Un temps de récupération sera également dispensé entre chaque prélèvement sanguin. Ce temps de récupération sera réalisé conformément aux recommandations éthiques.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables attendus sur les animaux sont les suivants : stress dû à la contention, stress dû aux injections et aux prélèvements, possibilité d'observation chez les animaux de réactions locales (gonflement, abcès...) et/ou générales (augmentation température, perte de poids, diminution de l'activité...) après les administrations.
Devenir
Les animaux inclus dans ces études seront mis à mort afin de récupérer la quasi-totalité du volume sanguin circulant selon les besoins et surtout de respecter le principe de précaution.
Remplacement
La production d'anticorps (AC) polyclonaux nécessite 1 immunisation de l'animal dans le cadre de ce projet. Il n'existe actuellement aucune méthode substitutive assez efficace pour répondre aux objectifs du projet. Une nouvelle approche a été publiée en 1990 pour le développement d'AC par un système de criblage de collection de phage qui ne nécessite pas l'immunisation d'animaux, mais les résultats restent très décevants. En effet, depuis 1990, aucun anticorps n'est utilisé en thérapie ou en diagnostic clinique malgré un certain nombre de publications scientifiques utilisant cette technologie. Seuls 1 AC anti-TNFα et plus récemment des AC neutralisants du SARS-Cov-2 ont été développés à partir de collection de donneurs humains dont les derniers sont des donneurs ayant été en contact avec le virus, donc immunisés. A ce jour, l'alternative aux immunisations animales consiste à développer des AC synthétiques à partir de banques ou "Library" synthétique pour le criblage d'un nombre important de fragments de molécules ("binders"), ayant une bonne interaction avec l'antigène. Ces fragments sont plus petits que les AC et peuvent réagir avec une certaine affinité avec l'antigène mais aussi tout autre antigène ayant une structure proche de celle recherchée. Ces réactions croisées sont, parmi d’autres inconvénients, souvent rencontrées par cette approche synthétique. Un autre inconvénient majeur, est que le fragment ne reconnait qu’1 seul épitope (partie d'une molécule capable de stimuler la production d'un anticorps), alors qu’un sérum polyclonal est multi-épitope, ce qui permet d’augmenter la sensibilité de la détection et aussi faciliter son développement dans le temps. Tous les AC synthétiques développés et publiés à ce jour sont dirigés contre des protéines recombinantes qui ont été utilisées pendant les étapes de criblage. Leur utilisation est très limitée et ne dépasse pas l’étape de résultats préliminaires, puisqu’ils ne reconnaissent pas les protéines endogènes (élaborées par l'organisme) qui ont des structures natives et conformationelles. Les AC synthétiques ne reconnaissent pas certaines modifications des protéines qui leur donnent telle ou telle fonction biologique. C'est pourquoi la majorité de ces anticorps n'est pas utilisée par la communauté scientifique qui continue de travailler et publier avec les anticorps conventionnels. L'approche de criblage par phage est testée en parallèle pour comparer les performances et valider ou non cette alternative.
Réduction
Le nombre d'animaux utilisé sera réduit au minimum. Entre 2 et 6 animaux (poule ou lapin) seront inclus par étude. Le nombre sera choisi en fonction des volumes de sang que l'on peut prélever afin d'obtenir une quantité suffisante d'anticorps. Pour les poules, un nombre de 8 études environ par an a été estimé, d'où l'utilisation potentielle de 240 poules sur 5 ans (calcul à partir de 6 poules par étude). Pour les lapins, un nombre de 5 études environ par an a été estimé, d'où l'utilisation potentielle de 150 lapins sur 5 ans (calcul à partir de 6 lapins par étude). La réglementation en vigueur relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques sera respectée.
Raffinement
Méthodes de raffinement : 1) Tout au long de leur hébergement, les animaux auront des conditions d’hébergement adaptées et optimales (logement, environnement, alimentation, apport en eau, soins). Afin de les maintenir, les paramètres d’ambiance, l’aliment, l’abreuvement seront vérifiés quotidiennement. De plus, afin d’augmenter leur bien-être, les animaux seront hébergés collectivement dès que possible et disposeront d’un environnement enrichi (exemples : lapins = bois à ronger, foin/paille, de quoi grimper et se cacher... ; poule = perchoir, bloc à picorer ou type coquilles d'huîtres...). Si, selon les besoins, les animaux doivent être hébergés individuellement, ils auront un contact visuel et/ou olfactif avec leurs congénères et un enrichissement compensatoire. 2) Dans le but de repérer rapidement toute anomalie, les animaux seront suivis quotidiennement. Toute anomalie sera rapportée au vétérinaire qui jugera s’il est nécessaire de réaliser un examen clinique approfondi et interviendra dans le diagnostic, la prescription et mise en place d’un traitement thérapeutique adapté et/ou des soins divers, dans le but de soigner ou soulager l’animal. L’administration du traitement prescrit devra être réalisée par une personne habilitée. 3) Surveillance accrue de l’animal durant les manipulations. 4) Une période d'acclimatation adaptée sera dispensée avant la 1ère administration et/ou prélèvement, afin de permettre aux animaux de s'adapter à leur environnement et de s'assurer de leur bon état de santé. Grâce à ces différentes méthodes, le bien-être de l’animal sera respecté et sa douleur, souffrance et angoisse seront d’abord réduites puis supprimées. Ainsi, les manipulations seront réalisées dans les meilleures conditions possibles.
Choix des espèces
Le lapin est une espèce particulièrement immunoréactive, permettant ainsi d’obtenir un sérum disposant d’une concentration importante en anticorps, avec des anticorps de forte affinité. En plus de leur immunoréactivité importante, les poules disposent d’anticorps spécifiques, les immunoglobulines Y, notamment extraits à partir du jaune d’oeuf. Ainsi, l’immunisation de poules permet de contrôler facilement le taux d’anticorps en limitant la contrainte imposée aux animaux. De plus, il existe des différences de séquences entre la partie constante des immunoglobulines Y et des immunoglobulines G. L’utilisation d’immunoglobulines Y permet ainsi de réduire le bruit de fond, les réactions croisées et les signaux aspécifiques. Les anticorps de poules sont également une alternative aux anticorps de lapin pour les expériences nécessitant des anticorps provenant de plusieurs hôtes différents. Le choix de l’espèce se fera donc en fonction de l’utilisation prévue des anticorps. Les lapins seront âgés de 6 semaines à 2 ans environ et les poules d'1 jour à 2 ans environ, car c’est à ces stades qu’ils sont entièrement immunocompétents.
Thérapie génique pour les rétinopathies par surexpression d’un facteur de transcription CRX sur différents modèles murins
- Recherche appliquée
- Troubles sensoriels
- Recherche fondamentale
- Organes sensoriels
9 144 souris de huit lignées vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles reçoivent une injection d'un virus AAV sous la rétine sous anesthésie, des anesthésies répétées pour des examens de la vision (électrorétinogramme, tomographie optique) et des tests comportementaux nommés, optocinétique et exploration d'une boîte claire ou obscure, pour valider une thérapie génique de surexpression du gène CRX. Le porteur affirme qu'aucune méthode sans animal ne reproduit la rétine, tissu complexe, et conclut à la "nécessité" de recourir à la souris. Les retombées annoncées pour les patients atteints de rétinopathies restent renvoyées à un stade ultérieur, l'objectif immédiat étant de tester l'efficacité et la sécurité du traitement chez la souris.
Objectifs
La perte progressive des photorécepteurs (PR), les cellules sensibles à la lumière de notre œil, sont des causes fréquentes de déficience visuelle avec une prévalence de 1/4 000. Certaines de ces pathologies sont liées à des facteurs de transcription spécifiques aux photorécepteurs, comme le cone-rod homeobox (CRX). Les facteurs de transcriptions sont primordiaux pour le développement des photorécepteurs, leur différentiation en cônes ou en bâtonnets, leur maintien et leur fonctionnement. Ils permettent l’expression d’autres gènes, et sont donc en amont de nombreuses voies. Une mutation, un défaut, dans ce genre de gène induit donc de nombreux changements qui peuvent conduire notamment à la mort des photorécepteurs. Par ce projet, nous souhaitons valider notre traitement thérapeutique pour soigner les patients atteints de ces mutations sur Crx, mais aussi sur d’autres gènes important pour la rétine. Les modèles de souris mimant ces pathologies, et présentant différentes mutations dans Crx ont déjà permis de comprendre le fonctionnement de ce gène et d’approfondir nos connaissances sur les rôles tenus par ce facteur de transcription. Il nous est désormais possible d’exploiter nos nouvelles connaissances pour proposer des solutions thérapeutiques aux pathologies liées à Crx. Nous proposons de surexprimer Crx au moyen d’un Adeno-Associated Virus (AAV). L'efficacité et la sécurité des thérapies géniques, au moyen d'injections d’AAV, ont été prouvées avec des succès précliniques démontrant leur efficacité clinique. Chez un de nos modèles de souris Crx aveugle, nous avons précédemment montré que notre traitement permettait de restaurer partiellement les photorécepteurs et ainsi d’établir une basse vision. Nous devons maintenant tester cette thérapie sur d’autres modèles présentant d’autres mutations dans Crx pour valider notre thérapie sur plusieurs pathologies. Nous souhaitons améliorer l’efficacité de notre AAV, pour répondre plus efficacement à ces différentes pathologies. Nous souhaitons également pouvoir proposer notre traitement à d’autres patients, atteints de dégénérescence rétinienne non liée à Crx. Pour cela, nous utiliserons encore une fois des souris qui mimeront des pathologies telle que la rétinite pigmentaire (RP), et qui nous permettront de valider l’effet protecteur de Crx pour d’autres pathologies.
Bénéfices attendus
A l’heure actuelle, peu de thérapies sont proposées aux patients atteints de rétinopathies, ou dégénérescence visuelle. La plupart permettent uniquement de ralentir les symptômes, mais ne ralentissent pas la mort des cellules et encore moins des photorécepteurs, nos cellules sensibles à la lumière. Ils doivent donc vivre avec leur perte de vision sans solutions efficace. Il existe actuellement quelques traitements de thérapie génique, qui sont eux plus efficaces, mais ils ne sont proposés qu’en fonction de la mutation génétique du patient induisant la maladie. Hors il existe des dizaines de gènes, ayant eux-mêmes des dizaines de mutations possibles, qui peuvent entrainer une même maladie. Ces traitements sont donc à usage très limités. Nous réalisons ce projet afin de développer une thérapie génique efficace aussi bien pour des rétinopathies liées à un facteur de transcription spécifique, CRX, que ce soit une mutation dominante ou non, qui n’ont pour l’instant pas de traitement disponible, que pour des rétinopathies liées à d’autres gènes, et entrainant la perte des photorécepteurs. Ce serait donc un traitement plus général, applicable au plus grand nombre. Nous espérons par ce projet démontrer l’efficacité de notre traitement sur plusieurs modèles de souris. Ces différents modèles présentent soit une mutation dans le gène Crx, soit une mutation sur d’autres gènes connus. Dans tous les cas, ces souris miment les pertes de visions humaines. Si notre produit s’avère efficace sur ces animaux, nous auront alors la preuve de notre concept. Nous pourrons donc produire notre traitement à plus grande échelle, afin de le proposer en essai clinique pour les patients. Nous espérons ainsi pouvoir proposer un réel traitement thérapeutique qui permettra aux patients de voir aussi longtemps que possible.
Procédures
Nous utiliserons 8 lignées de souris ayant des pathologies différentes, qui permettront de mesurer l’impact que pourrait avoir notre traitement thérapeutique et le nombre de patient que cela pourrait aider par la suite. Toutes les souris recevront une injection sous rétinienne d’AAV sous anesthésie générale (1 à 2 min par œil). La bonne réalisation de l’injection sera validée par observation sous macroscope. Certaines souris seront euthanasiées à différents temps après les injections, pour collecter les rétines, sans suivre d’autres expérimentations. Une partie des animaux seront de nouveau anesthésiés à 35, 60, 90, 155, 270 et/ou 360 jours, pour réaliser un ERG (mesure non invasive de la réponse électrique de la rétine à un stimulus lumineux) et un OCT (visualisation non invasive de la rétine en coupe chez la souris) sur les deux yeux (environ 20/30 minutes pour les deux tests). Ces examens sont non invasifs et nous permettent de mesurer la fonction visuelle de la souris. Une autre partie des souris passeront un test d’optocinétique à 65, 95, 155, 275 et/ou 365 jours (3 x 20minutes espacés d’1 heure minimum). Ce test permet de quantifier les reflexes oculaires de la souris et se fait donc sur animal vigil. Elles pourront également réaliser un test comportemental appelé clair/obscur (5 minutes), ou la souris est filmée en train d’explorer une boite soit noire soit éclairée, afin de visualiser son comportement face à la lumière, les souris étant des animaux nocturnes. Ces tests nous permettent de mesurer la vision réelle de la souris. A chaque temps, à la fin de ces tests, des souris seront euthanasiées pour analyser les rétines en coupe histologiques, ou quantifier la production d’ARN ou de protéines.
Impact sur les animaux
Plusieurs modèles de souris seront utilisés dans cette étude. Les techniques qui seront effectuées pour évaluer l’efficacité de notre thérapie génique sont peu invasives et couramment utilisées en recherche ophtalmologique (électrorétinogramme, tomographie par cohérence optique, tests d’optocinétique). Les phénotypes des animaux utilisés sont restreints à la rétine. La vision est un des sens les moins utilisé par la souris, qui est plutôt un animal nocturne. Le caractère non dommageable des lignées murines utilisées pour ce projet a d’ailleurs été établi précédemment par la Structure chargée du Bien-Être Animal (SBEA). Les souris élevée dans le noir jusqu’à leur 28 ème jour (chez les rd10, afin de préserver la rétine du stress dû à la lumière, qui induit la dégénérescence rétinienne dans ce modèle) ne développent pas de stress particulier. Les anesthésies répétées peuvent être dommageables pour les souris, mais elles sont espacées de 14 jours minimum, et les animaux sont surveillés jusqu’à leur réveil et quotidiennement. Une grille d’évaluation nous permet d’ailleurs de suivre le bien-être de l’animal tout au long de sa vie, par différentes observations. Si un animal présente des signes de douleurs, il sera pris en charge. L’injection sous rétinienne se réalise également chez l’homme, et n’engendre pas de douleurs. Le décollement rétinien dû à la procédure se résorbe en 48h. Par précaution, nous prévoyons d’utiliser un analgésique local et un anti-inflammatoire. Une opacification de la cornée peut être observée malgré l’ajout systématique de gel ophtalmique. Si une cataracte apparait néanmoins, elle se résorbe normalement d’elle-même rapidement. Si les animaux présentent des saignements anormaux dans l’œil lors de l’injection ou avant leur réveil, ils seront euthanasiés. A la fin des procédures, les animaux sont euthanasiés, ce qui permet d’étudier la rétine à un niveau cellulaire et moléculaire, pour valider l’efficacité de notre traitement.
Devenir
Tous les animaux sont euthanasiés à la fin de la procédure, afin de récupérer les rétines et réaliser des marquages immunologiques sur les coupes histologiques, ou analyser les effets de notre traitement au niveau transcriptomique et protéique.
Remplacement
Le projet visant la validation d’une stratégie thérapeutique pour le traitement de maladies rétiniennes, une validation de ces approches in vivo est un prérequis des agences réglementaires avant la mise en place d’essais cliniques. Il est également fondamental de travailler sur des modèles animaux présentant des pathologies comparables à celles développées chez l’Homme. La nécessité d’avoir recours à des animaux se justifie également par le fait que la rétine est un tissu complexe composé de nombreux types de neurones dont les interactions sont cruciales pour générer un signal visuel correct. Dans ce contexte il est essentiel de travailler in vivo car les processus de mort cellulaire, de neuroprotection, ou de réparation sont totalement dépendants de l’environnement cellulaire. Pour ces différentes raisons, des méthodes expérimentales n'impliquant pas l'utilisation d'animaux vivants ne sont pas susceptibles d'apporter le même niveau d'information.
Réduction
Notre étude se déroule sur 5 ans, et comprend l’analyse de plusieurs lignées. Ces différentes lignées sont importantes pour vérifier que notre stratégie thérapeutique va cibler le plus grand nombre de patients ainsi que pour comprendre le mécanisme d’action. Nous indiquons ici un nombre d’animaux surestimé pour réaliser toutes les expérimentations que nous pensons nécessaire, mais cela sera ajustable. Le nombre de modèles à étudier pourra être revu à la baisse en fonction des résultats obtenus sur les autres modèles. Finalement, si nous nous apercevons que le traitement n’est plus efficace à partir d’un certain temps, les temps restant supérieurs ne seront pas réalisés. Notre étude commencera toujours par établir la dose d’AAV à injecter à chaque modèle sur les temps courts. Nous comparerons ensuite l’efficacité de nos deux AAV, pour ne réaliser les procédures chez ce modèle qu’avec l’AAV à la dose efficace. Si les anesthésies répétées s’avèrent trop néfastes pour les animaux (difficultés au réveil, difficultés de récupérations…) nous réduirons le nombre de tests nécessitant une anesthésie. Les animaux étudiés aux temps les plus lointains pourront donc être moins suivis que prévu. Si un nombre d’individus correctement injecté pour obtenir les résultats statistiques souhaités est atteint avant d’avoir utilisé tous les animaux prévus, nous pourrons utiliser les animaux pour les autres expériences ou stopper la reproduction. Le but est d’obtenir 12-18 yeux, en fonction des expérimentations, pour chaque vecteur, à la fin de la procédure. Le taux de réussite d’injections pouvant varier entre 50% et 75%, nous prévoyons donc plus d’animaux que nécessaire. Nous ne garderons que les animaux correctement injectés dans au moins un œil, ceux-ci pouvant être analysés séparément dans la plupart des expériences. Les autres seront sacrifiés à la fin de l’injection, encore sous anesthésie.
Raffinement
Durant l’injection sous-rétinienne, une anesthésie locale sera effectuée en plus de l’anesthésie générale. Une goutte de gel oculaire hydratant sera déposée sur l’œil des animaux pour préserver la cornée. Les animaux seront ensuite surveillés jusqu’au réveil. Afin de prévenir une éventuelle douleur, les animaux recevront un anti-inflammatoire suite à l’opération. Ils seront observés quotidiennement pour surveiller l’apparition éventuelle d’infection oculaire. Une grille d’évaluation de la douleur est utilisée pour apprécier l’état des animaux. Si des signes de douleur ou de gêne se manifestent, ou en cas de perte d'appétit ou de prostration, les animaux seront soignés autant que possible, mais pourront être euthanasiés si leur état se dégrade trop. Les animaux qui entreront dans notre protocole seront suivis à divers temps de manière non invasive et indolore, grâce à nos équipements. Dans le but de réduire le plus possible la douleur, souffrance ou angoisse, nous imposons : - des conditions d’élevage conformes à la directive 2010/63/UE et à la STE123 (animaux en groupe autant que possible, nidification et abris, croquettes et eau à volonté, change hebdomadaire). - des méthodes d’anesthésie adaptées à l’âge de l’animal. - des méthodes d’évaluation de la douleur par une observation et un suivi quotidiens.
Choix des espèces
La thérapie génique que nous souhaitons développer nécessite d’être validée in vivo avant d’être testée chez l’homme. Afin d’être le plus proche des pathologies humaines que nous souhaitons traiter, et ainsi évaluer les bénéfices/risques de notre approche thérapeutique, nous prévoyons d’utiliser des souris comme modèle d’étude. L’existence de lignées de souris atteintes naturellement ou non de dégénérescence rétinienne en fait un excellent organisme modèle pour notre projet. Nos modèles sont bien établis en recherche ophtalmologique. Chaque modèle est différent, et les temps choisis pour les injections correspondent aux contraintes imposées par la dégénérescence rétinienne. Nous observerons ensuite les effets de notre traitement entre 3 semaines et 1 an après injection.
Etude multisites du codage dynamique des transformations somatomotrices dans le cortex pariétal postérieur de macaque (PNH) par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (EU1/2)
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
3 macaques rhésus vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, pour étudier par IRMf le codage des transformations somatomotrices. Chaque animal est habitué sur plusieurs mois à la sortie de cage et aux tâches, subit une chirurgie possible sous anesthésie et des injections d'un agent de contraste à base d'oxyde de fer, avec restriction hydrique et contention. Le porteur reconnaît un stress lié à l'immobilité et au bruit de la machine, et un risque de troubles hépatiques dû au fer. Il présente le primate non-humain comme "essentiel", modèle le plus proche de l'humain, et prévoit de réutiliser ces animaux plutôt que de les tuer.
Objectifs
Au quotidien, nous intégrons plusieurs modalités sensorielles afin d’interagir de façon flexible avec l’environnement. Par exemple, la coordination des informations visuelles, proprioceptives et tactiles nous permet d’attraper précisément une tasse sur une table. La transformation de l’information visuelle en mouvement de la main a été largement étudiée en laissant de côté le rôle de l’information tactile dans la planification de l’action, de ce fait nos connaissances sur cet aspect sont restreintes. Pour frapper, de nuit, un moustique posé sur notre main avec notre autre main, notre cerveau a besoin de guider le mouvement de notre main non pas quelque part à l’extérieur du corps, mais quelque part sur le corps. Cette transformation est complexe car notre corps peut prendre de multiples configurations : debout, assis, bras croisés etc. Le traitement tactile-moteur prend très probablement place dans le cortex postérieur pariétal (CPP). Cependant, les régions cérébrales précises ainsi que les mécanismes responsables demeurent méconnus. Notre projet a pour objectif d’identifier, par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), les régions cérébrales impliquées dans l’organisation de mouvements vers le corps et d’élucider les mécanismes cérébraux sous-jacents. Pour ce faire, des macaques exécuterons des mouvements oculaires vers un endroit sur les mains défini soit par des cibles visuelles placées près des mains, soit par des cibles tactiles sur les mains. Les mains seront tantôt croisées tantôt décroisées passivement grâce à un moteur tactile. La comparaison des activations cérébrales lorsque les mouvements des yeux sont dirigés vers une information visuelle ou vers une information tactile, placées sur des mains croisées ou non croisées, nous permettra de répondre aux questions suivantes : Comment est-ce que la planification des mouvements de yeux change en fonction de la position de la main par rapport au corps ? Comment est-ce que la planification du mouvement des yeux change en fonction de la nature de l’information qui guide ce mouvement, visuelle ou tactile ? Cette étude s’inscrit dans une perspective comparative, puisque les mêmes expérimentations sont réalisées chez l’humain, dans l’objectif de comparer les fonctions du cortex pariétal humain et du primate non-humain, dans le contexte de la préparation de mouvements vers le corps.
Bénéfices attendus
Ce projet est conçu pour enrichir nos connaissances fondamentales concernant le fonctionnement cérébral du processus de transformations somato-motrices. Grâce à ce projet, nous serons en mesure de décrire plus précisément les aires cérébrales impliquées ainsi que leur dynamique de fonctionnement. Ce projet permettra également une comparaison entre l’humain et le macaque et ainsi d’expliquer des différences évolutives entre ces deux espèces proches. Cette comparaison est rendue possible grâce à l’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle chez des sujets éveillés chez ces espèces, permettant ainsi la comparaison directe entre les activations cérébrales obtenues. Ces questions relèvent clairement du domaine des neurosciences fondamentales, et notre principale ambition est de mieux comprendre comment le cerveau met en œuvre ces fonctions cognitives chez l'homme et les primates non humains. Cependant, nous pensons que les réponses que nous apporterons pourront alimenter de nombreux domaines des sciences appliquées, des neurosciences cliniques, des sciences vétérinaires à l'intelligence artificielle.
Procédures
Habituation à la sortie de cage (3 mois) ; 1 Chirurgie potentielle sur un animal maximum, sous anesthésie générale (3h) ; Habituation aux tâche comportementales (6 mois); Habituation à l’injection d’agent de contraste (2 mois) comprenant 1 injection vigile (injections: 5s à 10s); Campagnes d’acquisitions IRMf vigile comprenant (3 semaines, 1 session par jour, maximum de 3 campagnes d’acquisition par an): 1 injection pour chaque session (injections: 5s à 10s), 3 prélèvements sanguins pour chaque campagne d’acquisitions IRM pour contrôler les niveaux de fer circulants (prélèvement: 10s à 15s). La procédure dans son ensemble est considérée comme modérée.
Impact sur les animaux
L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) ne constitue pas une source potentielle de nuisances importantes. Les animaux peuvent toutefois subir un stress de par l’immobilité imposée ainsi que de par le bruit important généré par la machine. La restriction hydrique peut s’avérer stressante. La tâche implique le déplacement passif des bras dans un système de contention. Des injections de produit de contraste seront effectuées en vigile. Ce produit de contraste est un oxyde de fer supra-magnétique, qui peut induire des élévations du taux de fer sanguin et potentiellement des troubles hépatiques.
Devenir
A la fin du protocole, en concertation avec le vétérinaire réfèrent et dépendamment du degré réel de sévérité de la procédure pour chaque animal, les singes seront préférentiellement réutilisés pour une autre étude. Ces animaux auront acquis une grande valeur scientifique, du fait de leur entrainement à réaliser des taches cognitives. Les animaux ayant un plot implanté seront préférentiellement réutilisés pour une autre étude nécessitant des approches IRMf. De ce fait, nous ne prévoyons pas de désimplantation chirurgicale à la fin de notre protocole. Également, notre protocole ne nécessite pas l'euthanasie de ces animaux pour des fins scientifiques. Si la décision est prise d’une sortie de protocole, le plot de tête sera désimplanté. A la fin du protocole, en concertation avec le vétérinaire et dépendamment du degré réel de sévérité de la procédure pour chaque animal, les singes pourront être réutilisés pour une autre étude, ou un replacement dans un sanctuaire sera envisagé. En dernier recours, si aucune solution alternative n’est possible, les animaux seront sacrifiés.
Remplacement
L’utilisation du modèle primate non-humain apparait essentiel pour la réalisation de cette étude de recherche fondamentale et comparative, utilisant des approches d’imagerie IRMf. Phylogénétiquement, ce modèle d’étude pré-clinique est le plus proche de l’humain dans l’expression de ses comportements et dans son organisation anatomo-fonctionnelle. Ainsi, les informations obtenues seront plus facilement comparables (approche évolutive) transposables et identifiables à une application chez l’humain. De plus, des taches comportementales variées peuvent être réalisées par ces animaux permettant ainsi l’étude d’un large spectre de comportements complexes. Enfin, le projet scientifique porte spécifiquement sur la comparaison des fonctions cognitives chez l’homme et le macaque. A terme, cela permettra donc de préciser les circonstances expérimentales et cliniques dans lesquelles le macaque peut être utilisé comme un modèle de la cognition humaine, et les conditions où il ne le peut pas.
Réduction
Le nombre d’animaux est réduit à la valeur minimale permettant d’atteindre une significativité et reproductibilité des observations. Au total, nous prévoyons la possibilité d’inclure 3 animaux dans le protocole (2 en réutilisation et un en nouvelle inclusion). Ce nombre a été choisi sur la base du nombre minimum standard d’animaux (n=2) défini par la communauté scientifique abordant des problématiques comportementales avec des méthodes d’imagerie chez le primate non-humain, et sur la possibilité d’avoir à remplacer des animaux en cours de protocole (n=1). Tous les protocoles seront lancés sur les mêmes animaux ce qui nous permettra de comparer différentes acquisitions sur les mêmes sujets et ainsi optimiser la puissance statistique de notre étude. Les animaux en réutilisation, pour cette étude, suite à des recherches peu invasives, sont déjà entrainés à l’IRM et hébergé dans le laboratoire. Cette réutilisation est d’autant plus importante que ces animaux doivent être entraînés sur une longue durée de temps, avec renforcement positif, pour arriver à un comportement stable, avant de pouvoir passer à la phase de collecte de données. Nous prévoyons de lancer 9 campagnes d’acquisitions par animal (15 sessions par animal, chaque session incluant de 2 à 15 scans en fonction de la motivation des animaux).
Raffinement
Notre méthodologie expérimentale a été planifiée afin de minimiser l’impact de notre étude sur la santé et le bienêtre des animaux. Par exemple, l’imagerie constitue une approche non-invasive qui va nous permettre d’étudier l’activité cérébrale dans le cerveau entier des animaux sans engendrer d’effets délétères. L’implantation du plot, réalisée chirurgicalement sera réalisée avec les meilleures techniques d’asepsie possible, par un neurochirurgien, afin de réduire le risque d’infection ou de désimplantation. En dehors des sessions d’imagerie qui seront réduites le plus possible sans compromettre les résultats scientifiques, les animaux seront hébergés dans un environnement social, incluant du matériel de fourrage et de multiples formes d’enrichissement (selon un protocole défini en SBEA et implémenté par les chercheurs et les techniciens animaliers). Pour favoriser des interactions sans stress excessif entre l’animal et l’expérimentateur, les animaux seront entrainés à la technique d’association positive entre un son (clicker), une action, et une récompense alimentaire. Une sortie de cage vers la chaise sans canne est également à l’étude dans notre structure. De plus, la mise en place de points limites précoces nous permettra un suivi régulier du stress des animaux.
Choix des espèces
Pour cette étude, le modèle primate non-humain (macaque) apparait essentiel pour plusieurs raisons : - Cette étude s’intéresse à des mécanismes neurobiologiques chez le macaque pour des raisons de connaissance fondamentale. - Phylogénétiquement, ce modèle animal est le plus proche de l’humain dans l’expression de ses comportements et dans son organisation anatomo-fonctionnelle la rendant notamment plus « facilement » comparable pour des études évolutives - Cette étude s’inscrit explicitement dans une perspective comparative entre espèces, la comparaison homme macaque étant un point clé de cette étude. En plus des connaissances fondamentales générées cela va permettre de préciser l’opportunité d’utiliser le macaque comme un modèle de la cognitive humaine et de ses dysfonctions. -Des taches comportementales variées peuvent être réalisées par ces animaux permettant ainsi l’étude d’un large spectre de comportements complexes du point de vue des neurosciences fondamentales. -Toutes informations physiologiques ou physiopathologiques obtenues chez le primate non-humain est plus facilement transposable à une application chez l’humain. « Les deux animaux réutilisés sont des animaux matures. Les animaux reçus de nos fournisseurs sont de jeunes adultes (3.5-4 ans). Ils arrivent généralement déjà en groupe et sont socialement compatibles permettant de les pairer pour leur hébergement. L’étude portant sur des sujets adultes, les variations de maturation ou de vieillissement au sein de cette tranche d’âge restes minimes et ne devrait pas engendrer de variations significatives des réponses neuronales dans les taches étudiées. A terme, des analyses portant sur un possible effet âge sur les traitements cognitifs qui nous intéressent pourront être entreprises à plus large échelle.
Coopération de mutations géniques et de l’inflammation dans le développement de la leucémie myélomonocytaire chronique
- Recherche fondamentale
- Oncologie
3 204 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Des souris receveuses sont irradiées pour détruire leur moelle osseuse, greffées avec des cellules mutées, puis suivies jusqu'à deux ans par prises de sang répétées, avec des injections induisant une inflammation chronique. Le porteur indique que l'irradiation peut entraîner infections opportunistes, anémie, apathie et perte de poids dans les deux semaines suivant la greffe. Il conclut qu'il est "indispensable" de développer un modèle murin, la leucémie ne pouvant selon lui être étudiée in vitro.
Objectifs
Les leucémies sont des cancers du sang c’est-à-dire qui affectent la production normale des cellules sanguines. Les cellules du sang sont renouvelées quotidiennement à partir de cellules souches qui se trouvent dans la meolle osseuse : les cellules souches hématopoïétiques. Ces cellules sont douées d’auto-renouvèlement et sont donc responsables de la production des toutes les cellules du sang (les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes) tout au long de la vie. Il est donc tout à fait crucial de préserver leurs fonctions. Quand ces fonctions sont altérées, par exemple par exemple par des stress environnementaux (radiations) induisant des changements dans l’expression de certains gènes, cela conduit au développement de leucémies. La leucémie myélomonocytaire chronique est une leucémie caractérisée par l’accumulation de monocytes, un type des globules blancs circulants dans le sang. Cette maladie touche le sujet âgé. Elle est peu fréquente mais grave, avec une survie inférieure à 3 ans. L’âge avancé des patients ne permet pas d’utiliser la greffe de moelle osseuse et il n’existe actuellement aucun traitement curateur. De nouvelles approches thérapeutiques sont donc nécessaires. Il n'est pas possible de modéliser les fonctions des cellules souches hématopoïétiques, base du cancer, in vitro. De même, le processus de développement d’une leucémie requiert l’environnement de la moelle osseuse impossible à reproduire dans une boite de pétri. Il est donc indispensable de développer des modèles murins mimant le plus fidèlement possible le développement de la maladie pour tester des molécules d’intérêt thérapeutique et en découvrir de nouvelles. Notre projet a pour but de : 1/ Développer des modèles de leucémie myélomonocytaire chronique chez la souris ressemblant au plus près à la maladie humaine et qui s’adapteraient à une étude clinique. Comprendre les mécanismes d’aggravation de la maladie. (2) Etudier le rôle d’une inflammation chronique sur le développement de la leucémie. Au cours de la vie nous subissons de nombreuses infections bactériennes ou virales qui mettent en jeu le système immunitaire et la production de monocytes dans le sang et créent une inflammation chronique. (3) Etudier les mécanismes impliqués dans le développement de la maladie et analyser les mécanismes de la naissance du cancer pour découvrir de nouvelles pistes thérapeutiques. (4) Tester un composant chimique sur le développement et la guérison de la maladie.
Bénéfices attendus
Il n'existe pas de traitement curatif spécifique de cette leucémie qui reste donc une maladie très sévère, induisant la mort des patients dans les 30 mois après le diagnostic. Il n’existe pas non plus de bons modèles de souris mimant cette pathologie humaine. En développant de tels modèles, notre projet permettra de tester de nouveaux traitements spécifiquement adaptées à cette leucémie incurable et sera à terme très bénéfique pour les patients. Au niveau plus fondamental, notre projet permettra de comprendre comment la maladie survient, quel est le rôle de l’inflammation chronique qui survient avec l’âge sur son développement ou son accélération.
Procédures
Pour étudier le développement de cette leucémie, nous utiliserons la transplantation de moelle osseuse. Les transplantations sont réalisées par injection par voie veineuse, sous anesthésie, de cellules de moelle osseuse de souris donneuses, portant des mutations dans des gènes, dans des souris receveuses préalablement irradiées. L’irradiation a pour but de tuer toutes les cellules de la moelle osseuse et de libérer ainsi de la place pour les cellules transplantées qui vont venir s’y greffer. La prise de greffe est analysée un mois après la transplantation par la présence de cellules donneuses dans le sang des animaux, par une prise de sang à la veine faciale, effectuée sous anesthésie. Nous suivrons ensuite le développement de la maladie au cours du temps, jusqu’à 2 ans, par prise de sang régulières (toutes les deux semaines ou toutes les semaines si la maladie s’aggrave) et analyse des différentes cellules sanguines. Toutes les souris receveuses seront soumises à ces injections et prélèvements sanguins. Pour induire une inflammation chronique, des injections intra-péritonéales seront réalisées 2 fois par semaine pendant un mois. Une anesthésie locale avec de la lidocaïne sera utilisée pour ces injections.
Impact sur les animaux
Malgré la greffe de d’un nombre important de cellules de moelle qui permet aux cellules du sang de se reformer rapidement après l’irradiation, il se peut que dans les 2 semaines suivant la transplantation, les animaux souffrent : 1/ d’infections opportunistes, les cellules de l’intestin pouvant être aussi étant affectées par l’irradiation. 2/ d’une mauvaise prise de greffe et des difficultés à récupérer un taux normale de cellules dans le sang qui pourrait engendrer une diminution des globules rouges (anémie), fatigue, apathie, perte de poids, et perte de l’alimentation et dégradation de l’état général.
Devenir
Les animaux sont les animaux receveurs de cellules de moelle osseuse lors des transplantations dans nos procédures. Ils seront mis à mort et leurs organes prélevés pour étudier le phénotype et les mécansimes de la maladie.
Remplacement
Il n’est pas possible in vitro d’étudier les fonctions des cellules souches hématopoïétiques qui se trouvent dans la moelle osseuse, les mécanismes de production des cellules du sang et le développement de leucémies in vitro. Le développement de ces maladies requiert l’environnement de la moelle osseuse impossible à reproduire in vitro. Enfin, la prolifération in vitro de cellules cancéreuses est limitée et ne reflète pas ce qui se passe dans un individu. Il est donc indispensable de développer des modèles de souris mimant le plus fidèlement possible le développement de la maladie leucémique pour tester et sélectionner de nouvelles thérapies.
Réduction
La maladie évolue avec l’âge donnant des variations importantes d’un animal à l’autre. Pour avoir un pouvoir statistique suffisant nous pourrions être obligés d’étendre l’élevage pour avoir un nombre suffisant d’animaux du même âge au temps de l’expérience. Pour pallier cela (réduction), nous utiliserons la transplantation qui consiste en une greffe de moelle osseuse provenant d’une même souris donneuse à plusieurs souris receveuses qui développeront alors chacune une maladie identique. Nous pouvons utiliser moins d’animaux pour tester rapidement plusieurs conditions avec un pouvoir statistique important. Cette approche permet aussi de réduire considérablement les élevages et d’avoir des groupes de souris greffées à traiter du même âge. Nous pouvons greffer 10 souris à partir d’une souris donneuse. Ces modèles de leucémie sont nouveaux, le rythme de développement de la maladie n’est donc pas encore connu. En conséquence, nous avons calculé le nombre de souris nécessaires par groupe de greffe en nous fondant sur les données du laboratoire et de la littérature pour des pathologies similaires.
Raffinement
Immédiatement après irradiation, une observation des animaux sera réalisée 2 à 3 fois par semaine, afin de s’assurer que l’animal ne présente pas de complications directement liées à l’irradiation. Afin de favoriser le bien-être des animaux, l’hébergement se fera en groupe pour favoriser la socialisation des animaux et la nourriture et l’eau de boisson seront fournies ad libitum. Un enrichissement structural du milieu (coton de nidification, cabanes) sera mis en place dans chaque cage. Les procédures seront réalisées par un personnel expérimenté et sous anesthésie pour tous les gestes techniques. Les animaux seront observés quotidiennement par le personnel de l’animalerie et lors de chaque intervention des expérimentateurs (injection, pesées). Des points limites généraux sont établis. Les animaux bénéficieront d’un environnement enrichi en tout temps. Du DietGel Energy sera ajouté dans les cages après transplantation ou en cas de diminution de la prise alimentaire.
Choix des espèces
La souris est le modèle de choix pour étudier l’hématopoïèse et les cancers du sang car elle possède un système hématopoïétique et immunitaire proche de celui de l’Homme. Les souches des animaux sont bien caractérisées ce qui permet d’effectuer des greffes de moelle osseuse en évitant les problèmes liés au rejet de greffe. Enfin, il s’agit d’espèces faciles à élever qui permettent l’obtention relativement rapide de résultats du fait de leur temps de génération réduit. Nous utiliserons des souris de 8-14 semaines car elles sont considérées comme adultes. En effet, dans le cadre de notre étude, nous avons besoin que les animaux aient atteints l’âge adulte pour être dotées d’un système immunitaire fonctionnel.
Etude de l’activité cardiaque chez la grenouille
- Enseignement supérieur
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
900 grenouilles vont être utilisées dans des procédures menées sous anesthésie, les animaux étant tués avant tout réveil ou avant l'expérience. Anesthésiées et démédullées, elles servent à exposer ou prélever le tissu cardiaque pour que des étudiants de licence et de master enregistrent l'activité électrique du cœur de quarante minutes à trois heures. Le porteur décrit une finalité de formation pratique et non de production de connaissances. Il justifie le recours à la grenouille par sa simplicité expérimentale et une chirurgie "facilement applicable" par les étudiants.
Objectifs
Formation pratique des étudiants en troisième année de licence science de la vie. Les étudiants par la mise en place de procédures expérimentales sur la grenouille sont formés à la manipulation sur animaux en vue d'obtenir des résultats exploitables et d'élaborer des comptes rendus scientifiques. Il s'agit d'aborder expérimentalement la fonction cardiaque sur ce modèle.
Bénéfices attendus
Obtentions de résultats interprétables par les étudiants d'un point de vue fonctionnel. Application direct des notions théoriques vues en cours sur la physiologie et la régulation cardiaque. De plus cette technique permet aux étudiants de visualiser en conditions réelles les modifications de cette activité cardiaque induites par les différents médiateurs.
Procédures
Pour la formation des étudiants en licence 3 les animaux sont anesthésiés et désensibilisés. Un accès au tissu cardiaque permet alors aux étudiants d'enregistrer et de travailler sur l'activité électrique de l'organe durant 3 heures. Pour la formation des étudiants en Master 1 les animaux sont anesthésiés et désensibilisés. Un prélèvement de tissu cardiaque permet alors aux étudiants d'enregistrer et de travailler sur l'activité électrique de l'organe durant 40 minutes.
Impact sur les animaux
léger stress lorsqu'on manipule les animaux. Ensuite les animaux sont anesthésiés, puis désensibilisés pour être utilisés dans des conditions dites "ex vivo".
Devenir
Mise à mort: pour les travaux pratiques de master 1: les animaux sont mis à mort avant l'expérience puisque un prélèvement cardiaque est réalisé pour travailler sur le tissu. Pour les travaux pratiques de licence 3 les animaux sont euthanasiés à la fin de la procédure qui est une procédure sans réveil. La mise à mort est justifiée par le fait de leur désensibilisation et de la procédure expérimentale réalisée par les étudiants pour leur formation.
Remplacement
L'intérêt est d'avoir accès à une application directe de la régulation de la fonction cardiaque par les étudiants. De ce fait, l'utilisation des animaux est pleinement justifiée pour une formation de qualité en physiologie animale concernant les étudiants de ce parcours.
Réduction
Les conditions expérimentales sont définies de façon à réduire le nombre d'animaux utilisés. 1 seul animal par binôme d'étudiants limitant le nombre une première fois, et la mise en commun des résultats de l'ensemble des binômes pour un nombre de d'échantillons satisfaisant, limitant le nombre une seconde fois.
Raffinement
L'anesthésie ainsi que les procédures de désensibilisation sont utilisées pour permettre de mener par la suite les expériences ex vivo
Choix des espèces
La grenouille étant un animal poïkilotherme, les conditions expérimentales restent simplifiées. En effet, les expériences ex vivo peuvent être réalisées sans contrôle particulier de température et de gaz respiratoires. De plus, la chirurgie permettant l'accès au coeur, ne nécessite pas de gestes compliqués et peut alors être facilement applicable par les étudiants. Les animaux sont utilisés à l'âge adulte pour une fonction et régulation cardiaque optimales.
Validation in vivo de nouveaux agents de contraste spécifiques pour la détection précoce du cancer mammaire métastatique.
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
405 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une injection induisant un cancer mammaire, jusqu'à trois examens d'imagerie sous anesthésie, une injection de sonde et un prélèvement de sang terminal avant la mise à mort. Le porteur indique n'avoir observé aucun effet indésirable notable au cours de deux années d'études antérieures et suit les tumeurs au pied à coulisse. Il présente la validation in vivo de ces agents de contraste comme "primordiale" et "indispensable", aucun modèle in vitro ne reproduisant selon lui la dissémination métastatique.
Objectifs
Depuis 2 ans, les études de notre client, menées dans le projet autorisé sur la « validation in vivo de nouveaux agents de contraste spécifiques pour la netrin-1, potentiel biomarqueur du cancer mammaire métastatique », ont démontré des résultats prometteurs in vitro e in vivo. La suite des études a permis la conception d’autres agents de contraste pour le même biomarqueur (nétrine-1), ainsi que l’identification d’autres biomarqueurs pour lesquels notre client a cependant conçu des sondes d’imagerie, qui ont été synthétisées et testés in vitro. Notre client souhaiterait pouvoir les étudier in vivo, sur des souris témoin ainsi que des souris porteuses de tumeur mammaire. Pour cette nouvelle demande, il s’agit de pouvoir effectuer le même type de procédures autorisés que dans le projet précédent, mais, cette fois, concerne l’étude de plusieurs biomarqueurs, en utilisant des sondes d’imagerie de petite taille, à administrer par voie intraveineuse.
Bénéfices attendus
L’imagerie moléculaire, notamment le ciblage de biomarqueurs spécifiques, représente une alternative de choix pour une détection précoce de cancer étant donné que les changements physiologiques apparaissent bien avant les changements morphologiques que ces biomarqueurs engendrent et doit permettre un diagnostic précoce. Les études in vitro réalisées au préalable démontrent une affinité ou une réponse au biomarqueur de choix pour certaines des sondes développées par notre client et leur validation in vivo sur des modèles de cancer est primordiale.
Procédures
Induction de cancer mammaire : 1 injection par animal 5 minutes maximum sous anesthésie générale gazeuse. Suivi par imagerie : au maximum 3 examens non invasifs sur 24h avec 1 délai d'1h minimum entre 2 examens sous anesthésie générale. Administration de la sonde 1 seule injection par voie intraveineuse sur souris vigile. Prélèvement de sang sur animal anesthésié volume de 400μL puis mise à mort. Mesure de la tumeur au pied à coulisse: sur animal vigile, 2 minutes, 1 fois par semaine.
Impact sur les animaux
Concernant la mise en place du modèle de cancer mammaire, les dommages attendus sont liés au développement d’une tumeur et nous mettrons en place un suivi ainsi que des points limites pertinents permettant d’anticiper toute douleur ou stress qui pourrait être provoqué chez l’animal. La douleur infligée par l’injection des cellules et réactifs pour l'imagerie, elle, correspond à celle d’une piqûre d’aiguille. Après ces 2 ans d’études, nous n’avons pas remarqué d’effets indésirables ou nuisances dues au développement tumoral ni à l’administration des sondes. La cinétique par imagerie scintigraphique 3D ainsi que la biodistribution ex vivo ont été réalisées 10 jours post induction. A ce stade, les tumeurs sont
Devenir
Toutes les souris seront mises à mort à l'issue de chaque procédure car elles ne peuvent pas être réutilisées pour la procédure suivante ou une autre étude.
Remplacement
Le cancer et la formation des métastases sont des phénomènes complexes qui font intervenir de multiples étapes, tissus et types cellulaires, conduisant en particulier à l’échappement des cellules cancéreuses de la tumeur primaire et leur survie et dissémination dans l’organisme. Ces paramètres ne pouvant être étudiés in vitro, le recours aux animaux est indispensable. Par ailleurs, ce projet vise à vérifier le ciblage spécifique d’un agent de contraste vers la tumeur ; et de comprendre la biodistribution de ces agents de contraste parmi les différents organes, ce qui n’est possible qu’en utilisant un animal vivant. Pour ces raisons l’utilisation du modèle animal souris est fondamental, puisque l’étude préclinique en particulier ne peut se faire que sur un organisme vivant entier.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisé sera réduit au minimum nécessaire pour obtenir des résultats statistiquement pertinents et reproductibles. Pour chacune des sondes, pour chaque procédure et à chacun des 6 souris sont induites avec des cellules 4T1 en intramamaire. Nous en sélectionnons 3 sur les 6 de taille de tumeur identique pour effectuer les examens. L’analyse statistique sera effectuée avec le logiciel GraphPad PRISM V7 pour comparer les lots expérimentaux. Etant donné le nombre réduit de souris par lot, des tests Mann-Whitney non paramétriques avec correction de Welch seront utilisés pour déterminer les différences entre chaque lot change selon la distribution des échantillons, et le test de Kruskal-Wallis non paramétrique suivi par un post-test de Dunns ou Tukeys de comparaison de groupes multiples.
Raffinement
Les animaux seront observés scrupuleusement et des points limites prédictifs nous permettront de prendre les mesures nécessaires afin d’éviter toute souffrance au cours de l’expérimentation. Les études réalisées depuis 2 ans ont montré très peu de souffrance des animaux. Les points limites n’ont jamais été atteints (pas de perte de poids observée, pas de tumeur >200mm3, pas de nécrose sévère des tumeurs mammaires. De plus, durant les examens d'imagerie et l'induction du modèle tumoral, les souris seront anesthésiées. Enfin, les souris seront hébergées dans des cages en portoir ventilé enrichies avec du celluron. Elles auront un accès à l’eau et la nourriture ad libitum et un cycle jour/nuit 12h/12h pendant toute la durée de l’expérimentation.
Choix des espèces
La souris est une espèce animale classiquement utilisée pour les études de tumorigenèse, de progression tumorale et métastatique de par la relative faible durée des expérimentations (quelques semaines), ainsi que par la possibilité d’utiliser des techniques d’imageries in vivo. C’est ainsi le modèle animal de choix afin de réaliser des expérimentations permettant d’étudier la croissance de tumeurs primaires et de métastases issues de cellules cancéreuses. La lignée de cellules 4T1 est une lignée d'origine murine. Elle est classiquement administrée au laboratoire sur la lignée de souris BALB/c By. Le fournisseur de la lignée cellulaire (ATCC) indique qu'elle provient de souris BALB/c By (Aslakson CJ, Miller FR. Selective events in the metastatic process defined by analysis of the sequential dissemination of subpopulations of a mouse mammary tumor. Cancer Res. 52: 1399-1405, 1992). Un lot de souris BALB/c By témoin sera aussi étudié. 5 - 6 semaines, stade où les bourgeons mammaires ne sont pas complètement développés et où les conditions hormonales de la souris sont adéquates pour la croissance tumorale.
Implantation de cathéters chez les rongeurs de laboratoire pour une utilisation à des fins scientifiques
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système cardiaque
- Système endocrinien
Rats : 2800
Hamsters dorés : 400
4 000 souris, rats et hamsters vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal subit sous anesthésie une chirurgie de pose de cathéter vasculaire ou non vasculaire, jusqu'à 45 minutes, suivie d'un hébergement individuel de deux à six jours. Le porteur reconnaît une douleur pendant et après la chirurgie et un inconfort lié à l'isolement. Il présente cette prestation comme préparant des rongeurs cathétérisés expédiés vers d'autres laboratoires, et décrit l'animal comme un "passage obligatoire" avant toute administration à l'homme.
Objectifs
Les rongeurs sont les plus utilisés dans la recherche expérimentale étant un modèle présentant des caractéristiques proches de l'humain et une grande définition et stabilité génétique, ce qui en fait un modèle de choix pour les pathologies humaines. Ils représentent les modèles animaux dans les domaines tels que l'oncologie, les maladies cardiovasculaires, neurodégénératives et métaboliques, l'immunologie, etc. Ce projet a pour but d’avoir des rongeurs préparés en vue de leur utilisation dans des études expérimentales. Plusieurs prestations sont réalisées chaque année sur rats, souris et hamsters concernant l'implantation de cathéters (vasculaire : 400/an et non vasculaire : 400/an).
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus du projet sont la mise au point de nouveaux médicaments présentant un minimum d'effets secondaires dans la pathologie humaine qui est ciblée par la/les substance(s) active(s) testée(s). Ce projet permettra de générer des données scientifiques robustes chez l'animal pour pouvoir passer ultérieurement aux premières administrations chez l'homme, étape indispensable dans le processus de développement et de mise sur le marché de nouvelles molécules. Pour l’animal, le projet diminue le stress car il évite les appareils de contention, allège et diminue la contention manuelle. Il empèche également la douleur provoquée par des injections ou des prélèvements, unique ou répétés.
Procédures
Chaque animal subira sous anesthésie, une chirurgie de pose de cathtéter(s) vasculaire ou/et non vasculaire, pour une durée maximum de 45 minutes. Suite à la chirurgie, l'animal sera hébergé individuellement, pour une durée comprise entre 2 et 6 jours.
Impact sur les animaux
Les nuisances ou les effets indérisables attendus sur les animaux sont la douleur pendant la chirurgie, celle en post-opératoire, et également l'hébergement en individuel, pouvant générer inconfort et stress.
Devenir
La majorité des animaux seront expédiés dans des laboratoires de recherche, pour une utilisation dans leurs projets de recherche
Remplacement
Pour l’étude d’une pathologie, l’utilisation d’animaux permet de comprendre le fonctionnement d’un organisme. L'utilisation d'animaux est donc rendue nécessaire car il n’existe pas de méthode de substitution (in vitro ou in silico) pour évaluer les réactions du corps vivant entier (ensemble complexe). Or, avant toute administration à l’homme, l’animal constitue un passage obligatoire pour l’évaluation de l’efficacité, la toxicité et la pharmacocinétique d’un candidat médicament. Des méthodes alternatives (ex: in vitro) ne sont pas réalisables, l'objectif du projet étant de fournir des modèles animaux préparés utilisés dans des études expérimentales.
Réduction
Nous réalisons ce protocole avec nos partenaires avec qui nous échangeons sur le nombre minimal et suffisant d’animaux utilisés. Aucune approche statistique ne sera réalisée.
Raffinement
Une surveillance des animaux est faite quotidiennement pour déceler tout signe clinique anormal et atteinte des points limites tout au long du projet. L’observation est basée sur l’utilisation d’une grille d’évaluation spécifique au modèle. Les chirurgies seront réalisées par un personnel formé et expérimenté avec un protocole anesthésique et analgésique adapté et un suivi post-opératoire de l’état de santé des animaux avec des soins et un enrichissement adapté afin de permettre une bonne récupération des animaux.
Choix des espèces
Les rongeurs sont des espèces animales les plus pertinentes et les plus couramment utilisées pour évaluer les effets bénéfiques d'un produit candidat médicament car les rongeurs ont un système nerveux développé et d'autres système métabolique proche de celui de l'Homme. Leur génétique est parfaitement connu ce qui permet d'avoir des résultats reproductibles permettant d'élaborer des conclusions fiables. Le choix de l'espèce au sein de l'ordre des rongeurs est conditionné par les besoins suivant les éléments cibles de l'organisme. Les animaux commenceront le projet à partir de l’âge de 4 semaines (âge minimun) et devront peser au moins 100 g (pour les rats), 20 g (pour les souris) et 60 g pour les hamsters. L'âge exact est déterminé par la demande de notre partenaire en fonction de son axe de recherche. Le choix du stade de développement des animaux est donc justifié dans sa demande de projet.