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Exploration fonctionnelle des mécanismes de l’action antidouleur de TAFA4 chez la souris
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Bien-être animal
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
984 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dont 384 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque souris subit un modèle de douleur, injection de carraghénane pour une inflammation, ou chirurgie pour une lésion neuropathique ou post-opératoire, avec administration de composés par gavage ou injection. Le porteur mentionne des pertes de poids liées aux modèles lésionnels et décrit des tests comportementaux répétés. Il conclut que l'étude de la douleur est indispensable in vivo, la douleur ne pouvant selon lui être dissociée de l'organisme entier.
Objectifs
Nous avons récemment découvert une molécule particulièrement adaptée au traitement de la douleur, notamment dans le cas des douleurs post-opératoires aigues et chroniques. Nous avons également découvert que l’action de cette molécule nécessite un récepteur exprimé à la surface de toutes nos cellules appelé LRP1. Le but de cette étude est de déterminer les mécanismes physiologiques d’action de la molécule anti-douleur que nous avons identifié. Pour cela nous allons utiliser des souris dans lequel nous éliminerons séquentiellement LRP1 dans un type cellulaire donné tout en le maintenant dans les autres types cellulaires. Ainsi nous déterminerons qu’elles sont les cellules impliquées directement dans le fonctionnement de notre molécule antidouleur.
Bénéfices attendus
Le but final est que TAFA4 soit prescrite comme une molécule antidouleur en clinique.
Procédures
Pour le modèle de douleur inflammatoire, une unique injection de Carraghénane sera réalisée sur chaque souris. La durée d’une injection ne dure que quelques secondes et nécessite une contention rapide de l’animale vigile. En ce qui concerne les modèles de douleur neuropathique ou post-opératoire (nécessitant une chirurgie), les souris seront sous anesthésie générale. La chirurgie ne nécessite qu’une seule anesthésie par souris, car il s’agit de chirurgies de courtes durées (pas plus de 15 minutes par souris). Chaque souris ne subira qu’un seul modèle de douleur, soit une chirurgie, soit une injection.
Impact sur les animaux
Les animaux seront amenés à subir l’administration de composés par gavage ou bien par injection intra-péritonéale et sous-cutanée. De plus, ils subiront des modèles lésionnels mimant une lésion inflammatoire, post-opératoire ou neuropathique qui pourraient entrainer une perte de poids.
Devenir
A la fin de chaque procédure, les animaux seront mis à mort par inhalation d’une concentration croissante de CO2 (ou perfusion intra-cardiaque pour la procédure 1). En effet, ces animaux ne peuvent être réutilisés pour d’autres procédures.
Remplacement
Une de nos thématiques de recherche est de comprendre comment et pourquoi une personne a mal. Notre projet nécessite l’utilisation d’animaux et ne peut recourir à des stratégies de remplacement par des méthodes in-vitro. En effet, la douleur ne peut être dissociée du système physiologique global de l’animal. Il est donc nécessaire de réaliser une étude comportementale afin d’étudier l’intégration complexe de l’information sensorielle de la périphérie (peau) jusqu’au cerveau. Par ailleurs, les animaux génétiquement modifiés que nous utilisons représentent des alternatives prometteuses pour des résultats plus pertinents en ce qui concerne la compréhension des pathologies humaines. En particulier, les souris génétiquement modifiées fournissent des modèles nouveaux permettant de mettre en évidence de nouvelles molécules analgésiques ayant un spectre d’action plus spécifique afin, à terme, d’améliorer la qualité de vie des patients. Ainsi, l’expérimentation sur des souris est indispensable à l’étude des phénomènes physiologiques et à la réalisation de notre projet.
Réduction
Des stratégies seront mises en place afin de limiter l'utilisation subséquente d'animaux supplémentaires tout en obtenant suffisamment de données pour répondre aux questions liées à l'étude. Ainsi, l’élaboration précise des protocoles de comportement et le choix pertinent des contrôles sont des éléments déterminants. De plus nous procèderons à une utilisation maximale des données obtenues en réalisant toute une série de tests comportementaux non-invasifs sur le même animal, sans pour autant compromettre le bien-être animal. Par ailleurs, nous utiliserons des outils statistiques nous permettant d’évaluer au mieux le nombre d’animaux nécessaire. Enfin, le contrôle des paramètres environnementaux mais également du statut sanitaire et génétique des animaux permettra de limiter la variabilité des résultats expérimentaux obtenus, et ainsi de réduire le nombre d’animaux nécessaire à l’obtention de résultats statistiquement valables. Les procédures décrites sont appliquées et maitrisées par les expérimentateurs. Nous avons donc l'expérience nécessaire concernant la réalisation des procédures et l’évaluation de l'impact sanitaire sur les animaux. La qualité de notre plan expérimental ainsi que l’étude détaillée du nombre d’animaux nécessaire à l’obtention d’un résultat scientifique statistiquement valable nous permettent d’optimiser le nombre d’animaux utilisés. Ce projet nécessitera au maximum 984 souris.
Raffinement
Les souris utilisées dans ce projet seront élevées en groupes sociaux, dans un environnement enrichi (coton et/ou dôme) pour optimiser les conditions d’hébergement et favoriser un comportement normal afin de diminuer au maximum le stress des animaux. Les élevages sont effectués au sein de notre établissement agréé et 5 personnes sont dédiées à l’organisation et l’entretien des élevages. De ce fait, l’état sanitaire et environnemental des animaux sont contrôlés tous les jours. Nous avons recours à l'anesthésie/analgésie lors du procédé chirurgical et des soins pré-, per- et post-opératoires adéquats sont administrés. Les procédures expérimentales seront planifiées (disponibilité des locaux d'expérimentation, du matériel, période d'acclimatation des animaux aux pièces d’expérimentation), ce qui permettra de diminuer le stress des animaux et de favoriser la validité des expériences. Enfin, des points limites les plus précoces possibles seront établis en fonction des tests de comportements utilisés. Un examen clinique sera effectué quotidiennement afin de vérifier la cicatrisation et l’état général de l’animal. Toutes ces stratégies d’optimisation seront mises en place dans le but de réduire voire supprimer la souffrance chez l’animal.
Choix des espèces
Chez la souris, les populations de neurones spécialisés dans l’intégration des stimuli douloureux sont similaires à celles décrites chez l’homme. Travaillant sur la physiologie d’animaux adultes, nos tests comportementaux et nos analyses moléculaires seront réalisés sur des souris âgées de 8 à 12 semaines.
L’IKEJIME : Etat des lieux et apports de cette méthode d’abattage pour l’acceptabilité de la mise à mort des poissons
- Enseignement supérieur
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
60 truites arc-en-ciel vont être utilisées, toutes mises à mort, réparties en quatre groupes de quinze selon la méthode d'abattage testée. Le projet compare l'asphyxie sur glace, la percussion crânienne, l'électronarcose et la méthode Ikejime, pour mesurer le stress et la qualité du filet. Le porteur indique que certains groupes seront tués par des méthodes qui ne respectent pas les recommandations de la directive 2010/63/UE, l'asphyxie sur glace durant plus de dix minutes avec un stress accru. L'objet déclaré porte en partie sur l'acceptabilité de la mise à mort et la qualité organoleptique de la chair.
Objectifs
L'objectif est d'évaluer le stress et la qualité du filet de poisson mis à mort par différentes méthodes chez la truite Arc en Ciel : l'asphyxie sur glace, méthode classiquement utilisée sur les bateaux de pêche, la percussion crânienne, méthode classiquement utilisée sur les parcours de pêche, l'électronarcose, méthode utilisée en élevage et la méthode Ikejime, méthode traditionnelle japonaise de plus en plus utilisée actuellement.
Bénéfices attendus
La méthode Ikejime est en développement actuellement chez certains pécheurs car elle est considérée comme préservant mieux les qualités organoleptiques du poisson car moins stressante et douloureuse au moment de l'abattage. Le projet permettra d'évaluer scientifiquement ces données et de comparer cette méthode de mise à mort aux autres méthodes beaucoup plus utilisées actuellement sur les bateaux de pêche (asphyxie sur glace et percussion de la boite cranienne) et en élevage (electronarcose).
Procédures
Les animaux seront soumis à différentes méthodes d'euthanasie. Les procédures seront réalisées par des personnes expérimentées et durera de l'ordre de quelques minutes ainsi la percussion crabienne et la méthode ikejime sont d'une durée de la minute maximum, la technique electronarcose à une durée de 3 minutes. La méthode de mise a mort par asphyxie sur glace est la méthode la plus longue, 45 minutes, mais la glace ralentie la physiologie de l'animal. 15 poissons sont concernés par cette méthode.
Impact sur les animaux
Du fait des objectifs du projet, certains groupes de poissons seront mis à mort avec des méthodes qui ne respectent pas les recommandations de mise à mort (annexe IV) de la directive 2010/63/UE mais qui sont utilisés en pratique par les pécheurs. Les méthodes testées dans ce projet et non décrites dans la directice 2010/63/UE sont la mise à mort par asphyxie sur glace et la méthode Ikéjimé. Les nuisances ou effets indésirables attendus sur les poissons sont associés à la méthode de mise à mort par asphyxie sur glace. La durée de mise à mort sera plus longue que celle obtenue avec les autres méthodes, électronarcose de l’ordre de 3 minutes, percussion/commotion cérébrale et Ikejime de l’ordre de la minute tandis que pour l’asphyxie sur glace le temps estimé est plus de 10 minutes. Le stress induit sera plus important.
Devenir
Procédure sans réveil (mise a mort) pour tous les animaux
Remplacement
L'objectif du projet étant de comparer différentes méthodes de mises à mort chez le poisson, cela ne peut se faire que sur des animaux vivants.
Réduction
En faisant l'hypothèse que la libération de cortisol est identique entre la méthode Ikejime et la percussion cranienne, et une liberation multipliée par 2 pour les méthodes asphyxie et électronarcose, le test de comparaison de 2 moyennes avec un risque alpha de 0.05 et une puissance à 0,9 ,15 poissons par lot sont nécessaires, ce qui correspond donc à 60 poissons au total (https://biostatgv.sentiweb.fr/), 15 par méthodes de mise a mort testées (asphyxie, percussion/commotion de la boîte cranienne, electronarcose et ikejime). Cette hypothèse est basée sur des premières données non publiées sur les méthodes de mise à mort de type électronarcose, commotion et surdosage d’anesthésique nous permettant d’avoir une idée des ordres des grandeur de niveau de cortisol attendu. Et surtout sur les différences de durée pour obtenir la mise à mort des animaux, très rapide et proche en durée pour la méthode percussion/commotion cérébrale et Ikejimé et plus longue pour les méthodes électronarcose et asphyxie sur glace.
Raffinement
Durant la période d'acclimation et d'élevage des animaux, les points limites sont les paramètres d'ambiance de l'élevage (température, oxygène). Si les paramètres critiques sont atteints (température > 20°C, oxygène < 6 mg/ml) et ne peuvent pas être rectifiés, par exemple en raison d’une coupure de courant longue durée ou du défaut d’un appareil, l'expérimentation sera arrêtée. D'autre part, en cas de nage erratique, d'anorexie, les poissons seront euthanasiés. La densité sera de 16 kg/m3, ce qui est bien en deça de ce qui est réalisé en élevage (50-70 kg/m3) et les bacs seront enrichis de tubes permettant aux poissons de se cacher.
Choix des espèces
La Truite est l'espèce de poisson la plus élevée en France. Elle est de plus très utilisée dans les parcours de pêche. Ce n'est pas un modèle au niveau des poissons de pêche mais c'est également un modèle scientifique en expérimentation animale avec des publications sur le stress et la physiologie de l'espèce. La truite est donc un modèle intéressant car bien décrit scientifiquement et les résultats pourraient être comparer avec le milieu marin car la truite peut également s’élever en eau de mer. D’une façon générale, il n’y a pas de raison pour penser qu’une réponse en fonction de la méthode de mise à mort utilisée soit différente selon les espèces de poissons. Ce seront des truites adultes de type portion, vendue entière pour une personne, soit 250g environ. C'est une taille interessante pour appliquer les différentes méthodes de mise à mort.
Effet d’une inclusion à long terme de sainfoin dans un régime riche en céréales sur le parasitisme intestinal, le microbiote du gros intestin et l’immunité du cheval
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
16 chevaux vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, gardés vivants et réutilisés à l'issue. Ils subissent huit prélèvements de fèces et de sang sur quatre mois pour tester l'effet du sainfoin sur le parasitisme intestinal, avec un inconfort passager mais sans douleur attendue selon le porteur. Ce dernier présente le sainfoin comme une alternative aux vermifuges chimiques. Il affirme qu'aucun modèle ne reproduit les interactions entre parasites, microbiote et immunité du cheval.
Objectifs
Une trop forte infestation par les parasites intestinaux peut représenter un danger pour la santé du cheval. L’utilisation de vermifuges chimiques est aujourd’hui la méthode la plus couramment utilisée pour lutter contre ces parasites. Cependant l’utilisation trop fréquente de ce type de molécule a des conséquences néfastes dans plusieurs domaines : résistances de la part des parasites intestinaux, conséquences écologiques et perturbation importante du microbiote intestinal des chevaux qui joue un rôle central dans le maintien d’une bonne santé digestive de cet animal. Il parait donc essentiel de trouver des alternatives pour réduire les niveaux d’infestations parasitaires tout en préservant l’équilibre intestinale du cheval. De récentes études supposent que cette dernière dépendrait d’une association bénéfique entre le microbiote intestinal, le parasitisme et l’immunité de l’hôte. Dans un précédent essai, il a été constaté que le type de régime pouvait influencer le niveau d’infestation parasitaire des chevaux et que l’ajout de sainfoin dans des rations riches en céréales (pouvant avoir un effet négatif sur l'écosystème instestinal du cheval) permettait de limiter le parasitisme intestinal. D’après ces observations, on peut donc supposer que l’activité antiparasitaire du sainfoin dépend du type de ration ingérée par le cheval et que l’ajout de sainfoin dans une ration riche en céréales permet de limiter la charge parasitaire des chevaux par le biais du maintien d'un bon équilibre intestinal. Cependant les études effectuées chez le cheval ont été réalisées sur de courtes périodes, c’est pourquoi des recherches supplémentaires sont nécessaires afin d’évaluer l’effet antiparasitaire du sainfoin sur le long terme. De plus, des questions restent soulevées, notamment sur les mécanismes sous-jacents de l’effet antiparasitaire du sainfoin et ses effets sur le microbiote et l’immunité du gros intestin équin. C’est pourquoi l’objectif de ce projet est d’évaluer l’effet du sainfoin sur le long terme et sur les interactions parasites/microbiote/ immunité dans le cadre d’un régime responsable d’un déséquilibre intestinale.
Bénéfices attendus
Ce projet aura le double bénéfice de : - Mieux comprendre les interactions entre les parasites intestinaux, le microbiote du gros intestin et l’immunité du cheval ainsi que les mécanismes sous-jacents utilisé par le sainfoin pour exercer son action antiparasitaire - Tester le sainfoin, une alternative naturelle de contrôle des parasites, sur le long terme et dans le cadre d’un régime largement utilisé aujourd’hui dans le monde équin. On pourra ainsi évaluer si cet aliment pourrait être utiliser par la suite sur le terrain, dans le but de diminuer la fréquence d’utilisation des vermifuges.
Procédures
Au cours du projet, les chevaux sont soumis à huit prélèvements de fèces et de sang répartis sur une durée de quatre mois. Au minimum, deux semaines séparent chaque prélèvements qui s'effectuent sur animal vigile et ne durent que quelques minutes. Les autres semaines, des fèces sont récoltées au sol pour mesurer des paramètres fécaux tout en limitant le nombre de prélèvements sur les chevaux.
Impact sur les animaux
Un lèger inconfort passager pourra être ressenti par les chevaux au moment des prélèvements, mais aucune douleur n'est attendue dans ce projet. De l'huile de paraffine est utilisée pour faciliter les prélèvements de fèces.
Devenir
Il n'est pas attendu de dommage pour les animaux impliqués dans ce projet. Les chevaux du groupe adulte pourront donc être réutilisés sans effet cumulatif.
Remplacement
Il n’existe actuellement pas de modèle permettant de reproduire la complexité des interactions entre parasite, microbiote et immunité chez le cheval. Il n’est donc pas possible de remplacer l’utilisation d’animaux vivants dans cette étude.
Réduction
Les chevaux sont conduits en conditions contrôlées et uniformes afin de minimiser les variations liées à l’environnement. Une étude statistique a permis de déterminer le plus petit nombre d'animaux a inclure dans chaque groupe tout en assurant la fiabilité des résultats. Une analyse statistique sera appliquée sur les résultats obtenus.
Raffinement
Les prélèvements de fèces et de sang ont lieu dans un travail adapté à la contention des chevaux pour éviter tout risque de blessure. De plus, de l’huile de paraffine est appliquée pour les prélèvements de fèces afin de limiter l'inconfort éventuel. Le nombre de prélèvement de fèces a été réduit au minimum en pratiquant des récoltes de fèces fraiches au sol lorsque cela est possible. Les chevaux étant des animaux grégaires, ils sont sortis tous les jours au paddock en groupe. Ceci permet de respecter leur bien-être. Ils sont hébergés dans des boxes séparés par des barreaux leur permettant de se voir et de se sentir De plus, au quotidien, le personnel animalier observe le comportement de chaque cheval matin, et soir au moment de la distribution des repas afin de repérer les signes de mal-être ou de souffrance.
Choix des espèces
L’essai doit nécessairement être conduit avec des chevaux car il s’agit de l’espèce cible de cet aliment, et les parasites intestinaux du cheval sont propres à cette espèce. Les chevaux utilisés sont tous adultes (entre 5 et 13 ans au début de l'essai) car c'est le stade physiologique ciblé par l'étude.
Exploration fonctionnelle des différences sexuelles dans la modulation de la douleur
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Bien-être animal
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
168 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Elles subissent selon les groupes une chirurgie sous anesthésie ou une injection dans la patte de carraghénane ou de zymosan pour induire une douleur inflammatoire, neuropathique ou post-opératoire, puis des tests de sensibilité mécanique et thermique (Von Frey, Hargreaves), avant mise à mort au CO2. Le porteur décrit une hypersensibilité "de courte durée et réversible" mais reconnaît une perte de poids et une mobilité réduite après chirurgie. Les bénéfices tiennent en une phrase, développer "de nouvelles stratégies thérapeutiques", et il affirme que l'expérimentation sur souris est "indispensable".
Objectifs
Récemment, nous avons pu identifier des différences sexuelles dans la récupération post-lésionnelle de plusieurs modèles de douleur. Afin de comprendre la physiologie de la douleur, des études comportementales seront réalisées. En effet, le comportement est le résultat d’une intégration complexe de l’information sensorielle de la périphérie vers le cerveau. Notre étude nécessite donc l’utilisation de souris adultes génétiquement modifiées (mâles et femelles) sur lesquelles des tests comportementaux de sensibilité mécanique et thermique, en conditions normales et pathologiques devront être réalisés (inflammatoire, neuropathique et post-opératoire). L’hypersensibilité mécanique et thermique induite lors de la mise en place des conditions pathologiques est de courte durée et réversible dans le temps (sauf procédure 2).
Bénéfices attendus
Les résultats de cette étude pourraient permettre de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques adaptées aux hommes et aux femmes.
Procédures
Pour les chirurgies (procédures 1 et 2), les souris seront sous anesthésie générale (soit 88 animaux au total). Chaque souris ne subira qu’une seule chirurgie et donc une seule anesthésie (chirurgie de courte durée donc une seule injection suffit). Pour les modèles inflammatoires, l’injection intraplantaire de Carraghenane ou de Zymosan ne sera réalisée qu’une seule fois.
Impact sur les animaux
Il est possible qu’après la chirurgie il y ait une perte de poids. D’autre part, une mobilité réduite est engendrée lors des deux premières procédures. Ces effets dureront jusqu’à la fin du comportement douloureux (voir pour chaque procédure).
Devenir
A la fin de chaque procédure, les animaux seront mis à mort par inhalation de CO2 (concentrations croissantes). En effet, ces animaux ne peuvent être réutilisés pour d’autres procédures.
Remplacement
La thématique principale de notre laboratoire est de comprendre comment et pourquoi une personne a mal. Notre projet nécessite l’utilisation d’animaux et ne peut recourir à des stratégies de remplacement par des méthodes in-vitro. En effet, la douleur ne peut être dissociée du système physiologique global de l’animal. Il est donc nécessaire de réaliser une étude comportementale afin d’étudier l’intégration complexe de l’information sensorielle de la périphérie jusqu’au cerveau. Cette approche globale est d’autant plus nécessaire que ces différences comportementales mâle/femelle peuvent émaner de différences génétiques. Celles-ci peuvent impacter la circuiterie comme la signalisation moléculaire à différents niveaux de l’intégration de l’information sensorielle. Ainsi, l’expérimentation sur des souris est indispensable à l’étude des phénomènes physiologiques et à la réalisation de notre projet.
Réduction
Des stratégies seront mises en place afin de limiter l'utilisation subséquente d'animaux supplémentaires tout en obtenant suffisamment de données pour répondre aux questions liées à l'étude. Ainsi, l’élaboration précise des protocoles de comportement et le choix pertinent des contrôles sont des éléments déterminants. De plus nous procèderons à une utilisation maximale des données obtenues en réalisant toute une série de tests comportementaux non-invasifs sur le même animal, sans pour autant compromettre le bien-être animal. Par ailleurs, l’utilisation d’outils statistiques permet d’estimer au mieux le nombre d’animaux nécessaire. Pour les tests en « time course », les résultats obtenus seront analysés en utilisant la Two-way Repeated Measure ANOVA, avec comme facteurs le génotype, le sexe et l'évolution au cours du temps. Enfin, le contrôle des paramètres environnementaux mais également du statut sanitaire et génétique des animaux permettra de limiter la variabilité des résultats expérimentaux obtenus, et ainsi de réduire le nombre d’animaux nécessaire à l’obtention de résultats statistiquement valables. Les procédures décrites sont appliquées depuis plusieurs années au sein de notre équipe et sont maitrisées par les expérimentateurs. Nous avons donc l'expérience nécessaire concernant la réalisation des procédures et l’évaluation de l'impact sanitaire sur les animaux. La qualité de notre plan expérimental ainsi que l’étude détaillée du nombre d’animaux nécessaires à l’obtention d’un résultat scientifique statistiquement valable nous permettent d’optimiser le nombre d’animaux utilisés. Ce projet nécessitera au maximum 168 souris.
Raffinement
Les souris utilisées dans ce projet seront élevées en groupes sociaux, dans un environnement enrichi (coton et/ou dôme) pour optimiser les conditions d’hébergement et favoriser un comportement normal afin de diminuer au maximum le stress des animaux. Les élevages sont effectués au sein de notre établissement agréé et 5 personnes sont dédiées à l’organisation et l’entretien des élevages. De ce fait, l’état sanitaire et environnemental des animaux sont contrôlés tous les jours. Nous avons recours à l'anesthésie/analgésie lors du procédé chirurgical et des soins pré-, per- et post-opératoires adéquats sont administrés. Les procédures expérimentales seront planifiées (disponibilité des locaux d'expérimentation, du matériel, période d'acclimatation des animaux aux pièces d’expérimentation), ce qui permettra de diminuer le stress des animaux et de favoriser la validité des expériences. Avant les tests de Von Frey et de Hargreaves, les animaux sont habitués pendant 1h dans l’enceinte. Enfin, des points limites les plus précoces possibles seront établis en fonction des tests de comportements utilisés. Un examen clinique est effectué quotidiennement afin de vérifier la cicatrisation et l’état général de l’animal. Toutes ces stratégies d’optimisation sont mises en place dans le but de réduire voire supprimer la souffrance chez l’animal.
Choix des espèces
Chez la souris, les populations de neurones spécialisés dans l’intégration des stimuli douloureux sont similaires à celles décrites chez l’homme. Travaillant sur la physiologie d’animaux adultes, nos tests comportementaux et nos analyses moléculaires seront réalisés sur des souris âgées de 8 à 12 semaines.
Comparaison du comportement, de l’état corporel et des performances de canards mulards mâles épointés et/ou dégriffés, ou non, et tests de leviers de maîtrise
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
960 canards mulards vont être utilisés, tous abattus à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une partie subit l'épointage du bec et le dégriffage par cautérisation infrarouge à un jour d'âge, puis tous sont élevés en claustration et gavés pour la production de foie gras. Le porteur reconnaît que l'épointage provoque un stress et une douleur aiguë modifiant le comportement jusqu'à deux semaines. L'étude compare ces pratiques dans le mode d'élevage qu'il décrit lui-même comme "le plus contraignant" pour l'animal.
Objectifs
En élevage le canard de Barbarie et le canard Pékin peuvent manifester des comportements anormaux, dont la cause principale n’a pas été identifiée, générant des problématiques de picage et de griffures causant des lésions et portant ainsi atteinte à leur bien-être. Les méthodes principales permettant de prévenir ou de contrôler ces comportements sont l’épointage et le dégriffage. L’épointage est réalisé par cautérisation de l’extrémité bec du caneton à 1 jour à l’aide d’un faisceau infrarouge afin de limiter sa croissance. Le dégriffage est réalisé selon le même procédé sur la pointe des griffes. Il n'existe pas de données bibliographiques sur ces problématiques chez le canard mulard, hybride issu d’un mâle Barbarie et d’une femelle Pékin. Or, ces pratiques préventives sont potentiellement douloureuses. L’objectif du premier essai est donc de caractériser et de comparer le comportement, l’état corporel et les performances zootechniques (croissance pondérale, efficacité alimentaire, poids des pièces de découpe) de lots de canards ayant été soit épointés, soit dégriffés, épointés et dégriffés ou n’ayant eu aucune intervention (lot témoin) afin d'obtenir des données liées à ces pratiques. Ces animaux seront élevés en claustration, le mode d’élevage le plus contraignant pour l’animal qui soit pratiqué en élevage, notamment lors de la mise à l’abri en période d’influenza aviaire. Un environnement contraignant devrait mettre en exerge les différences entre lots. Selon les résultats issus de ce premier essai, un second essai nous permettra de tester un levier pour limiter les effets indésirables en l’absence des pratiques d’épointage et de dégriffage (enrichissement de l'hébergement, lumières, accès extérieur, densité...). L'objectif appliqué étant de définir les modalités d'élevage les plus adaptées à la biologie du canard afin de favoriser son bien-être .
Bénéfices attendus
Le projet permettra de disposer de données spécifiques au canard mulard sur les problématiques du picage et des griffures en conditions de confinement, ce mode d'élevage étant celui devant être adopté lors des périodes d'influenza aviaire. Ces essais permettront d’évaluer, faute de données disponibles pour cette espèce et ce mode de production, les conséquences de l’arrêt de ces traitements en conditions défavorables (confinement), sans autre changement dans la conduite, dans un objectif d’amélioration du bien-être animal. En fonction des résultats obtenus, différents leviers seront in fine proposés à partir d’éléments issus de la bibliographie disponible chez d’autres espèces afin de pallier les problèmes rencontrés et l'un d'entre eux sera testé expérimentalement
Procédures
Les animaux seront soumis à des contentions (manipulation individuelle par un opérateur formé et mise en caisse adaptée à l’âge et l’espèce des animaux) nécessaires à leur pesée et à l'évaluation de leur état corporel (7 au maximum par animal au cours des 12 semaines d’élevage). La durée totale de chaque contention n'excèdera pas 30 minutes. A l'âge de 84 jours ils seront placés dans des caisses de transport et transférés de loges de 30 animaux à des parcs collectifs de 4 canards. Ce transfert n'excèdera pas 1 heure. 120 animaux seront épointés au couvoir à 1 jour d'âge par application d'un faisceau infrarouge sur la pointe du bec. 120 animaux seront dégriffés selon la même méthode, le faisceau infrarouge étant appliqué sur la pointe des griffes, parmi ces 240 animaux. 120 animaux seront à la fois épointés et dégriffés selon ces procédés.
Impact sur les animaux
En l’absence de traitement du bec, les animaux sont susceptibles d'exprimer des comportements mutuels d’arrachage des plumes (picages), pouvant amener à des lésions plus ou moins graves et donc à une altération de leur bien-être. Ce risque est généralement accru vers l'âge de 6 semaines. L'épointage est effectué au couvoir peu après l'éclosion par chauffe de la pointe du bec à l'aide d'un faisceau infra-rouge. Cette méthode inhibe la multiplication des cellules à la pointe du bec et limite son développement. L’épointage provoque également un stress et une douleur aiguë transitoires qui, chez les canards Pékin et Barbarie, se manifestent par des changements comportementaux (augmentation du repos et diminution des comportements nécessitant l'utilisation du bec tels que l’alimentation, l’abreuvement, le lissage des plumes et l’exploration) pouvant être observés jusqu'à 2 semaines après l’épointage. En l’absence de traitement des griffes et d'accès à l'extérieur pour assurer leur abrasion, les animaux sont susceptibles de se blesser mutuellement (griffures), notamment si le lot s’avère réactif à des évènements soudains (réactions au bruit notamment). Le dégriffage est une procédure similaire à l'épointage avec un traitement infrarouge sur l'extrémité des griffes afin de limiter leur croissance. Les canards en phase d’engraissement suivront une procédure de gavage, susceptible dans de rares cas où elle serait mal réalisée de générer des lésions dans leur oesophage. Le mode d’hébergement en loges collectives limitera leurs possibilités de mouvements, bien qu’en engraissement les animaux aient une activité amoindrie et plus de repos immobile lié à la digestion.
Devenir
Les animaux seront abattus en abattoir agrée en fin d'essai afin d'effectuer des mesures sur leurs performances zootechniques (poids des pièces de découpes: cuisse, magret, peau du magret, poids du foie, test de fonte).
Remplacement
Le comportement des animaux en élevage étant étudié, l’animal vivant ne peut pas être remplacé par un modèle cellulaire ou de simulation informatique.
Réduction
960 animaux répartis en deux essais de 480 canards mulards mâles seront requis. Pour chaque essai cela représente 120 canards par modalité, soit 30 animaux par parc. Pour comparer statistiquement les modalités et détecter des différences entre-elles, un effectif minimal de 99 animaux par modalité est nécessaire, soit 25 animaux par parc. Après vérification sur des données de croissance pondérale d'un essai précédent, cet effectif permettra de différencier les lots dès un écart de moyenne de 343g. Ce projet étant le premier mesurant des paramètres liés à l'épointage et au dégriffage, un tel effectif permettra également de détecter des effets faibles lors de l’utilisation des tests statistiques. Afin de pallier les aléas expérimentaux, l'effectif par loge est fixé à 30 animaux pour s'assurer un nombre minimal de valeur pour tester statistiquement les hypothèses. L'hétérogénéité des réponses chez les canards mulards sera également prise en compte au sein de chaque modalité.
Raffinement
Les mesures de comportement seront réalisées par vidéos pour ne pas cause de stress par la présence d’un humain. Les mesures nécessitant la manipulation des animaux seront regroupées afin de limiter les contentions, qui seront réalisées sur le nombre minimal d'animaux nécessaire (25 par loge). Le transport de l'élevage à l'engraissement se fera parcs par parcs pour minimiser le temps passé en caisse de transport (moins d'1h). Les animaux seront élevés en groupe et surveillés quotidiennement. En engraissement avant chaque repas un contrôle du jabot sera effectué par le gaveur par palpation. Ce contrôle de la digestion permet de limiter le risque de blessures en limitant le volume du jabot et la dilatation de l'oesophage, en ajustant la dose d'aliment donnée. Cela permet aussi de détecter les éventuelles lésions. En cas de lésions sévères ou de perforation de l'oesophage l'animal est euthanasié car cette blessure est irréversible. Le gaveur étant entraîné à réaliser l'embucage, le nombre d'animaux lésés est rare. Le picage et les griffures pouvant occasionner des lésions sévères, une grille d’indicateurs sera mise en place afin de déterminer le point limite, c’est-à-dire le moment ou la souffrance et/ou la détresse de l’animal doit être pris en charge et des actions mises en place. La grille regroupe des critères auquel un score est attribué selon leur déviation d'un état normal (aspects : taille, poids, état du plumage, lésions ; physiologie : respiration, consommations ; comportement : agressivité, isolement, postures, boiteries, troubles de l’équilibre). Lorsque la déviation est mineure la surveillance est renforcée jusqu’à retour à un état normal. Les conditions d’ambiance pourront être modifiées (ventilation, température). En cas de déviation modérée des mesures sont prises pour atténuer la souffrance (nettoyage de la plaie, mise en infirmerie jusqu’à cicatrisation, modifications de la complexité de l’hébergement : ajout d’objets à manipuler, de litière…). En cas de déviation grave l'animal sera euthanasié si le retour à l’état normal est impossible ou nécessite un isolement prolongé, source importante de stress car le canard est un animal social. Si dans un parc au moins la moitié des animaux présentent des déviations modérées à sévères la surface de la loge pourra être doublée et le vétérinaire pourra être consulté.
Choix des espèces
Les travaux ont un objectif finalisé d’application au sein de la filière palmipède à foie gras (canard). Il n’est donc pas pertinent de choisir une autre espèce animale que le canard gras, et en l’occurrence le canard mulard mâle, espèce légalement autorisée pour la production de foie gras (règlement CE 1538/91 de la commission du 5 juin 1991, portant modalités d'application du règlement (CEE) n° 1906/90 du Conseil établissant des normes de commercialisation pour les volailles). Les animaux utilisés pour l’essai seront âgés de 1 à 94j. De 1 à 83j, ils seront élevés au sol en loges collectives de 6m². Seront suivis le comportement, l’état corporel et les performances des canards en élevage. Après transfert dans un autre bâtiment, les animaux seront engraissés par gavage de 84 à 95j en loges collectives afin de mesurer les effets potentiels des paramètres testés jusqu’à la fin du cycle de production classiquement suivi pour la production de foie gras. Seront suivis le comportement, l’état corporel et les performances des canards lors de l’engraissement par gavage. Ces âges correspondent à ceux retrouvés en élevage de canard gras standard.
Etude de l’effet de différentes doses d’un mélange d’épices sur le comportement et la digestion de taurillons à l’engraissement
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
8 jeunes bovins vont être utilisés, maintenus en vie et placés à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils reçoivent un additif alimentaire à base d'épices déjà commercialisé, avec des prélèvements de contenu ruminal par intubation et des prises de sang sur animaux vigiles, quatre fois à un mois d'intervalle. Le porteur indique qu'aucun effet indésirable n'est attendu du produit et que l'intubation peut provoquer une toux passagère. Il justifie le recours aux bovins par le fait qu'ils sont l'espèce cible du produit testé.
Objectifs
Une entreprise a développé un mélange d’épices permettant de stimuler un certains type de glandes salivaires dans la cavité buccale du ruminant, induisant une production accrue de salive riche en substances tampons. Cette amélioration du pouvoir tampon impacte les populations microbiennes présentent dans le rumen de ces animaux, micro-organismes indispensables au bon fonctionnement de l’écosystème digestif. De plus, le pouvoir tampon permis par l’insalivation réduit les risques d’acidoses ruminales (maladie digestive largement répandue en élevage bovin) et permet donc d’assurer une meilleure santé digestive. Dans ce projet, l’objectif est de tester les effets d’un mélange d’épice (déjà commercialisé) à des doses inférieures aux recommandations actuelles sur plusieurs paramètres digestifs (comportement alimentaire, pH ruminal, écosystème ruminal...) et sur les performances des animaux.
Bénéfices attendus
Le produit testé dans ce projet pourrait permettre de diminuer l'acidose ruminal fréquemment rencontrée en élevage et ainsi permettre une meilleure santé digestive chez des animaux recevant des rations classiquement distribuée en élevage mais "à risque".
Procédures
Tous les prélèvements sont réalisés sur animaux vigiles, ne durent que quelques minutes et ont lieu le dernier jour de chaque période expérimental, c'est-à-dire qu'ils seront au nombre de quatre séparés chacun de quatre semaines. Il s'agit d'un prélèvement de contenu ruminal et d'un prélèvement de sang. Les fèces sont récoltés au sol afin d'éviter des fouilles rectales aux animaux.
Impact sur les animaux
Le produit testé dans ce projet étant déjà commercialisé aucun effet indésirable lié à celui-ci n’est attendu. Concernant les prélèvements, l’intubation pour le prélèvement ruminal est un geste fréquemment réalisé, il peut provoquer une toux qui disparaitrait dès le retrait de la sonde. Une gêne légère et passagère peut être éprouvée au moment de la prise de sang, mais celle-ci ne devrait pas durer plus de quelques minutes.
Devenir
Les huit animaux seront placés à la fin de la procédure expérimentale. En effet, ils recevront un additif alimentaire déjà sur le marché et ne subiront qu'une procédure de classe légère permettant leur placement dans de bonnes conditions.
Remplacement
Le projet doit obligatoirement être conduit avec des animaux vivants, car il n'existe pas d'autre modèle pour observer l'effet d'un additif alimentaire sur la santé du bovin dans sa globalité.
Réduction
Les animaux sont conduits en conditions contrôlées et uniformes afin de minimiser les variations liées à l’environnement. Une étude statistique a permis de déterminer le plus petit nombre d'animaux a inclure dans chaque groupe tout en assurant la fiabilité des résultats. Une analyse statistique sera appliquée sur les résultats obtenus.
Raffinement
Les bovins sont manipulés dans un couloir adapté à leur contention pour éviter tout risque de blessure. La collecte de contenu ruminal est un geste couramment réalisé qui ne nécessite pas d’analgésie ou de sédation. Afin de limiter le nombre de ces prélèvements de contenu ruminal, un bolus intra-ruminal est implanté au début de l'étude afin de suivre le pH ruminal en continu. Pour respecter leur bien-être, les animaux sont logés sur une litière de paille dans des cases voisines leur permettant de se voir et de se sentir. Au quotidien, le personnel animalier observe le comportement de chaque vache le matin et le soir au moment de la distribution du repas afin de repérer les signes de mal-être ou de souffrance.
Choix des espèces
L’essai doit nécessairement être conduit avec des bovins car c’est l’espèce cible des produits testés. Il se déroule avec de jeunes bovins (race viande) de 400 à 450 kg au début de l'essai, car c’est souvent une phase critique d’élevage pendant laquelle les éleveurs cherchent à maximiser la croissance en utilisant des rations "à risque". L'inclusion de ces animaux dans l'essai permet donc de mimer les conditions d'élevage.
Etude de l’intérêt d’analogues synthétiques de la phéromone S.N.A.P. (Salmon Nest Appeasing Pheromone) pour diminuer l’infestation du Saumon atlantique par le copépode Lepeophtheirus salmonis
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
54 saumons atlantiques vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque poisson est isolé dans un faible volume d'eau moins d'une heure, exposé à une seringue puis infesté par des poux marins, pour comparer une phéromone apaisante et trois analogues censés réduire les infestations en pisciculture. Le porteur indique tuer les poissons avant la métamorphose du parasite pour leur épargner l'irritation la plus sévère, et affirme qu'ils ne peuvent être ni réutilisés ni replacés pour des raisons sanitaires. Il revendique le recours à des "organismes entiers" capables de réagir aux composés, faute de méthode de remplacement.
Objectifs
Il s'agit d'une étude de recherche appliquée investiguant les mécanismes d'action physiologiques de la phéromone apaisante S.N.A.P. (Salmon Nest Appeasing Pheromone) libérée lors de l’éclosion des oeufs de saumon atlantique (Salmo salar). Le copépode marin, Lepeophtheirus salmonis, couramment dénommé "pou du saumon" est un ectoparasite du saumon atlantique, responsable de pertes économiques importantes dans les fermes d’élevage de l’hémisphère nord. Les moyens de lutte actuels sont limités par les problématiques de résistance aux traitements chimiques et de bien-être animal des traitements physiques et mécaniques. L'espèce de salmonidé la plus couramment produite en pisciculture est le saumon atlantique. En dépit de la sélection basée notamment sur la recherche de souches moins farouches, ce poisson continue de présenter des réactions de stress très intenses, aigües, mais aussi chroniques, ayant des conséquences physiologiques importantes, parmi lesquelles on note des altérations des défenses spécifiques et non-spécifiques contre les infections. Ces perturbations sont à l’origine de nombreuses infections bactériennes, virales, fongiques et parasitaires, qui conduisent à l’emploi de différents xénobiotiques (antibiotiques, antiparasitaires, antifongiques, antiseptiques divers), mais aussi de traitements physiques préjudiciables pour le bien-être des poissons, comme les traitements thermiques utilisés lors d’infestation par les poux marins (principalement Lepeophtheirus salmonis). La phéromone S.N.A.P. est une sécrétion composée de l'ester éthylique d'un acide oméga-7 et de l'ester éthylique d'un acide gras saturé. Le produit qui sera utilisé est une composition protégée par un brevet. La phéromone S.N.A.P. augmente l’activité des cellules à mucus de la peau et du tube digestif, et entraîne une diminution de l’attractivité des salmonidés pour les larves infestantes de poux marins. L’objectif de ce programme est de vérifier et comparer l’efficacité d’analogues structuraux de cette phéromone chez le saumon atlantique et d'ainsi mesurer leur capacité à limiter le recours aux traitements médicamenteux.
Bénéfices attendus
La comparaison de la phéromone S.N.A.P. et de ses 3 analogues permettrait de valider leurs effets sur le copépode Lepeophtheirus salmonis et de proposer ce(s) traitement(s) naturel(s) et dépourvu(s) de toxicité, tant pour les poissons, que pour le consommateur et l’environnement, comme alternative aux solutions actuelles. Le contrôle de ces infections et infestations constitue une cause importante de souffrance pour les salmonidés en pisciculture et les nombreuses stratégies actuelles de gestion des poux peuvent, paradoxalement, augmenter le risque de réinfestation en manipulant ou en stressant le saumon atlantique. Ce projet permettra de mettre au point des mesures préventives contre les infestations du saumon atlantique par le copépode Lepeophtheirus salmonis qui seront plus respectueuses du bien être animal que les pratiques actuelles encore autorisées. L'une d'elle consiste notamment à déplacer les saumons atlantiques depuis les cages en mer dans des bassins aménagés sur des bateaux plateformes. Les animaux sont alors plongés dans de l'eau douce chauffée à 37°C (quand l'eau des cages ne dépasse pas 14°C), et ce changement radical d'environnement s'accompagne d'un système de brossage des poissons, avant que ceux-ci ne soient remis en eau de mer.
Procédures
Les animaux seront soumis à un isolement social et à un environnement de volume limité: 1 évènement unique par animal de 1 h maximum. Les animaux seront soumis à l'administration d'un traitement dans le volume d'eau à l'aide d'une seringue, c'est à dire à une perturbation liée à la proximité d'un opérateur et à la présence de la seringue dans le cristallisoir: 1 seul évènement par animal pour 35 poissons (les 7 individus du lot témoin 2 ne sont pas concernés). Temps d'injection de 15 secondes environ. Les animaux subiront l'infestation par les copépodes Lepeophtheirus salmonis: 1 seul évènement par animal de durée maximale d'1 h pour 35 poissons (les 7 individus du lot témoin 2 ne sont pas concernés).
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues pour les animaux sont le recours à un isolement social et la limitation de l'environnement à une enceinte de volume restreint à 5 L d'eau de mer: ces deux contraintes ne sont appliquées que pendant un laps de temps court, celui de la durée du test (< 1h). Deux autres événements potentiellement perturbateurs seront subis par quasiment tous les poissons: l’introduction de la seringue qui permet d'administrer le traitement (durée environ 15 secondes) et l’introduction des copépodes. Le témoin 2 se distingue des autres traitements par le fait qu'il n'y a pas introduction de la seringue dans le cristallisoir. Dans ce cas-là, l'opérateur n'approche donc pas sa main de l'enceinte pour réaliser un traitement. L'irritation engendrée par l’accrochage superficiel des larves de copépode Lepeophtheirus salmonis restera bénigne comme en atteste la littérature scientifique: la brièveté du test ne permet pas en effet à la métamorphose en larve chalimus de s’opérer, ce qui évite l’irritation plus sévère liée à l’ancrage du filament dans la peau du poisson. Les molécules utilisées dans les traitements mis en oeuvre sont sans effets indésirables attendus, soit parce qu'elles ne modifient pas la nature du milieu (absence de traitement ou eau de mer), soit parce qu'il s'agit d'une phéromone apaisante propre à l'espèce considérée, ou d'analogues structuraux de celle-ci, qui sont autorisés comme additifs alimentaires et sont dépourvus de toute toxicité. Ces molécules sont donc inoffensives pour les poissons, notamment à la dose de 6 ppm. Les autres manipulations, pêche, déversement, relèvent de pratiques zootechniques courantes qui ne justifient pas un classement en procédure expérimentale.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin de la procédure car ils ne peuvent ni être ré-utilisés, ni être replacés, dans ce dernier cas pour des raisons sanitaires.
Remplacement
La présente étude possède une composante physiologique très importante. Elle doit nécessairement porter sur des êtres vivants, qui représentent des systèmes biologiques intégrés, où de multiples organes/tissus fonctionnent de façon associée et coordonnée. En effet, l’utilisation de traitements sémiochimiques est une stimulation sensorielle par exposition à des phéromones qui nécessite l’utilisation d’organismes entiers pouvant détecter et réagir aux composés testés. La détection de ces composés peut engendrer une cascade de réactions physiologiques pouvant mener à une modification du comportement ou de la physiologie de l’animal. Cela ne peut être obtenu et observé que sur animaux entiers pouvant pleinement exprimer leurs comportements et physiologies naturels. Il n'existe pas actuellement de méthodes de remplacement pouvant simuler ces changements suite à une stimulation sensorielle.
Réduction
Préalablement à cette étude, et afin de réduire le nombre de sujets nécessaires à la mise-en-évidence de l’efficacité des différents analogues potentiels, une étude des pharmacophores de la phéromone S.N.A.P. en bioinformatique a été menée, ce qui a permis de réduire leur nombre à 3. Avec les deux témoins (absence de traitement et traitement à l'eau de mer), la phéromone de référence et les 3 analogues, le nombre total de traitements à tester est ainsi ramené à 6. De précédentes études réalisées sur un nombre de sujets similaires par modalité, ont pu, via une ANOVA à un critère, complétée d'un test d'homoscédasticité (test de Levene) et de normalité (Shapiro-Wilk) et en utilisant la méthode des comparaisons multiples de Tukey, montrer une sensibilité suffisante pour mettre en évidence des différences significatives entre traitements. Différentes répétitions de tests comparables ont validé une bonne robustesse et reproductibilité du test d’attractivité, avec 7 sujets par groupe de traitement: c’est le nombre que nous avons retenu, portant l'effectif total d’animaux utilisés dans le test d’infestation à 42: 6 traitements X 7 individus/traitement.
Raffinement
Les manipulations susceptibles d’entraîner stress majeur ou douleur, seront réalisées post-mortem. La mise à l’isolement social et la limitation à un environnement de volume réduit seront limités au temps du test (< 1h). De plus les cristallisoirs seront placés sous une tente en nylon blanc afin d'éviter que la présence et les mouvements des opérateurs à proximité, ou qu'une intensité lumineuse trop forte, ne génèrent une perturbation supplémentaire des poissons. La fixation des copépodes, à la surface de la peau, reste une irritation bénigne et superficielle, ainsi qu’en témoigne la littérature. Les poissons sont sacrifiés avant la métamorphose du copépode Lepeophtheirus salmonis en chalimus, ce qui écarte les animaux de l'infestation par ce stade du parasite qui possède un ancrage cutané générateur d’inflammation.
Choix des espèces
Il s’agit de l'espèce de salmonidés la plus massivement produite en aquaculture. Les saumons seront au stade smolt, jeunes sujets pesant environ 200g. Ce stade est compatible avec le test d’attractivité, les smolts constituant la population la plus attractive pour les poux.
Effet d’une modification du gène auts2a sur les mécanismes moléculaires et comportementaux transmis à la descendance chez le médaka
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
160 médakas vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures classées en gravité légère. Les poissons, dont le gène auts2a est modifié par CRISPR, sont isolés huit heures pour des tests comportementaux d'apprentissage, puis tués par surdose d'anesthésique. Le porteur étudie la transmission à la descendance d'effets liés à ce gène qu'il dit impliqué dans plusieurs pathologies humaines dont l'autisme. Il affirme qu'il n'existe pas d'alternative à l'animal vivant pour observer des réponses comportementales issues d'une fécondation naturelle.
Objectifs
Des températures suboptimales lors de la période de reproduction ont montré une baisse de l’expression maternelle d’un gène, auts2a, impliqué dans de nombreuses neuropathologies humaines : Trouble du spectre autistique, schizophrénie, Retard mental, etc … . Ce projet vise à comprendre les mécanismes moléculaires des stades précoces du développement embryonnaire qui entrainent des modifications des phénotypes comportementaux chez une espèce de poisson modèle, le médaka (Oryzias latipes). Par une approche d’édition de génome (CRISPR/Cas9) nous réaliserons deux lignées de médaka n’exprimant pas la protéine auts2a, ce qui nous permettra de réaliser des phénotypages comportementaux et moléculaires.
Bénéfices attendus
Ce projet nous permettra de mieux comprendre les effets intergénérationnels de stress parentaux, par exemple thermiques liés au réchauffement climatique, sur les comportements adaptatifs de la descendance chez des poissons d'élevage. L'identification du rôle clé joué par le gène auts2 dans cette transmission chez un poisson modèle contribuera à renforcer les connaissances scientifiques sur la transmission maternelle et/ou paternelle de ce gène impliqué dans de nombreuses pathologies humaines.
Procédures
Les animaux seront isolés pendant 8h afin de s'habituer à un nouvel environnement (nous déterminerons ainsi leurs capacités d'apprentissage des caractéristiques nouvelles de cet environnement). Cet isolement entraîne un stress modéré pour le médaka puisque son activité de nage redevient régulière et le poisson remonte en surface (indicateur d'absence de stress) après moins d'une heure.
Impact sur les animaux
Les phénotypes entraînés par la mutation n’induisent pas de souffrance et ne sont donc pas dommageables pour l’animal (il s’agit essentiellement de modifications des réponses émotionnelles et cognitives bénignes).
Devenir
Mise à mort selon la réglementation en vigueur pour l'espèce (surdose d'anesthésie)
Remplacement
Il n’existe pas d’alternative à l’utilisation des animaux dans cette expérimentation car nous recherchons précisément des mécanismes intervenant pendant une fécondation naturelle perturbée par la modification ou l’absence d’une protéine impliquée dans le neurodéveloppement ainsi que les réponses comportementales des poissons (vivants donc) issus de cette fécondation.
Réduction
Concernant les tests comportementaux, nous comparerons 4 génotypes différents, avec un nombre équitable de femelles et de mâles par génotype, ce qui nécessite un minimum de 20 poissons (10 femelles et 10 mâles) par génotype pour réaliser des tests statistiques robustes.
Raffinement
Les animaux sont élevés dans les conditions optimales de l’espèce (température, photopériode, qualité d’eau, densité). Les manipulations des animaux seront réalisées le plus rapidement possible pour limiter le stress. Pour les tests comportementaux, les conditions environnementales seront les mêmes qu’en condition d’élevage hormis un isolement obligatoire pour l’analyse du comportement. Il n’y aura aucune procédure douloureuse. A la fin des tests, ils seront euthanasiés selon la procédure de mise à mort réglementaire.
Choix des espèces
L’analyse de l’expression du transcriptome à différents stades de développement embryonnaire est rendue possible par les spécificités biologiques du médaka. En effet, Il produit une trentaine d’œufs de manière quotidienne, ce qui permet un grand échantillonnage. Son développement embryonnaire est plus lent que celui du zebrafish (9 jours contre 2 jours), ce qui permet une meilleure précision lors de l’étude et l’observation du développement des œufs (qui sont translucides). De plus, le médaka ne possède que le paralogue auts2a (comme l’homme) tandis que le zebrafish possède les paralogues auts2a et auts2b (dont on ne connaît pas la fonction). Les injections auront lieu sur des œufs au stade 1 cellule (15 minutes après leur fécondation) et seront issus de poissons matures de souche sauvage. Les études comportementales porteront sur des poissons âgés entre 3 et 5 mois. Avant 2 mois les médakas montrent une activité plus importante et une grande variabilité inter-individuelle et avant 3 mois leur phénotype adulte n’est pas atteint ce qui rend leur détection par le logiciel ethovision XT plus difficile (la couleur des médakas s’assombrissant avec le temps).
Tests de polyculture en circuit fermé pour valider une méthode in silico de combinaisons d’espèces piscicoles
- Production de routine
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Tests réglementaires
795 poissons de six espèces vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, sédatés à répétition pour le suivi de croissance et anesthésiés pour des prélèvements sanguins. Le porteur indique que 186 d'entre eux seront tués pour évaluer leur stress et leur statut immunitaire, les 609 restants devant être réhabilités dans la mesure du possible. L'objectif affiché est de valider un modèle informatique de combinaisons d'espèces pour la pisciculture, présenté comme un outil visant à réduire le recours aux animaux. Le porteur affirme qu'il n'existe pas d'autre alternative que des données expérimentales pour valider ce modèle.
Objectifs
Ce projet est dans la continuité d'un précédent travail expérimental. L'objectif est de valider une méthode in silico en vue d'établir des combinaisons d'espèces de poissons pouvant être élevés ensemble.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à valider expérimentalement une méthode in silico, c’est-à-dire un modèle définissant des combinaisons d’espèces piscicoles compatibles (voire complémentaires) dans l'exploitation de ressources en système d'élevage. Le travail de modélisation vise clairement à diminuer le recours à des animaux avec des approches de type essai-erreur. Toutefois, pour valider le modèle, il n’existe pas d’autre alternative que le recours à des données expérimentales. A terme, ce modèle doit être un outil d’aide à la décision pour les pisciculteurs voulant développer la polyculture de poissons, que ce soit en circuit fermé hors sol ou en étang. Le projet prévoit par ailleurs l'analyse de différents paramètres qui permettront de développer plusieurs descripteurs de bien-être animal, spécifiques aux poissons et si possible, moins invasifs. L’agrégation de ces descripteurs permettrait ensuite de construire un indicateur du bien-être du poisson en élevage, intégrateur, incluant les dimensions à la fois zootechniques, physiologiques et comportementales.
Procédures
Les animaux seront soumis à des manipulations pour le suivi de croissance et seront à ce titre sédatés. Cela concerne tous les poissons (N = 795). Ce suivi sera réalisé à J0 et tous les 20 jours jusqu'à J60. Pour les prélèvements de sang, les poissons seront anesthésiés (à J60). Cela concerne 93 poissons pour la série 1 (30 carpes, 30 tanches et 33 black-bass) et 93 autres poissons pour la série 2 (33 perches, 30 tilapias et 30 clarias). Les poissons seront anesthésiés pour réaliser ces prélèvements.
Impact sur les animaux
Le projet est construit de façon à minimiser les nuisances et les effets indésirables sur les poissons, quelle que soit l'espèce. Toutefois le projet prévoit l'application de sédation et d'anesthésie des poissons, impliquant par là-même une manipulation et une émersion temporaire des poissons. Précisons cependant que nous plaçons les poissons dans des conditions expérimentales proches de celles en élevage, mis à part la densité, qui est relativement faible dans nos unités expérimentales comparativement à ce qui peut être pratiqué en élevage. Les conditions expérimentales sont établies de façon à satisfaire au mieux les exigences comportementales et physiologiques des différentes espèces de poissons.
Devenir
Procédure 1 : Evaluation de l'état de stress et du statut immunitaire : 186 poissons concernés par cette procédure, avec dans le détail 30 carpes, 30 tanches et 33 black-bass pour la série 1 et à 33 perches, 30 tilapias et 30 clarias pour la série 2. Ils seront mis à mort. Procédure 2 : Suivi de croissance et enregistrement du comportement. Cela concerne 795 poissons, à savoir dans le détail, 130 carpes, 65 tanches et 265 black-bass, soit un total de 460 poissons pour la série 1 ainsi que 140 perches, 130 tilapias et 65 clarias, soit un total de 335 poissons pour la série 2. Sur ces 795 poissons, 186 seront mis à mort (cf. procédure 1). Les poissons restants, soit 609 en l'absence de mortalité durant les deux séries de tests, seront dans la mesure du possible réhabilités (placement dans des structures d'hébergement ou d'élevage).
Remplacement
Le remplacement n'est pas envisageable dans le cadre du présent projet. En effet, rappelons que notre objectif est de produire un outil (modèle prédictif) visant à réduire (ou dans le meilleur des cas, à s'affranchir) de l'expérimentation animale. Pour développer cet outil, nous utilisons des données de la littérature scientifique pour construire le modèle, mais nous avons aussi besoin d'un jeu de données externes pour valider celui-ci. Aussi est-ce la nécessité de disposer de données externes qui nous amènent à envisager ce projet expérimental.
Réduction
Le projet prévoit d'utiliser un nombre suffisant mais réduit de poissons : de 10 à 35 poissons / aquarium selon les modatlités avec prélèvement de 3 individus par espèce et par aquarium pour les prélèvements sanguins, de cerveaux et d’écailles. Les mêmes individus seront utilisés pour les prélèvements de ces trois matrices. Le nombre total de poissons (795) nous permet d’avoir une robustesse suffisante d’un point de vue statistique. Les espèces sont grégaires au stade de vie juvénile (comme c'est le cas ici) et c'est la raison pour laquelle il est prévu une biomasse initiale de 1 kg/aquarium. Cette valeur intègre la volonté de réduction du nombre de poissons, les exigences biologiques des espèces utilisées dans le projet et la capacité de traitement de l'eau des aquariums durant les deux mois d’expérimentations de chaque série.
Raffinement
Le stress des poissons est limité autant que possible durant toutes les étapes du projet en les plaçant toujours dans une eau de bonne qualité (suivi régulier des paramètres et corrections si nécessaire), en évitant le bruit et les gestes brusques et en appliquant de façon progressive tout changement lumineux (application d'une aube et d'un crépuscule). Pour les suivis de croissance, les poissons doivent être sortis de l'eau ; aussi pour cette étape, nous prenons soin de leur appliquer une légère sédation, avec respect d'un jeûn la veille du contrôle de croissance, sur la base d'un protocole visé par le vétérinaire référent.
Choix des espèces
Black-bass (Micropterus salmoides), tanche (Tinca tinca) et carpe commune (Cyprinus carpio) sont les trois espèces à mobiliser pour la première expérimentation. Perce commune (Perca fluviatilis), Tilapia (Oreochromis mossambicus) et Clarias (Clarias gariepinus) sont les autres espèces pour la seconde expérimentaion. Ces deux groupes d'espèces ont été choisis pour produire des données permettant de valider expérimentalement la méthode prospective in silico (prédiction d'indices de compatibilité et de complémentarité d'espèces de poissons en polyculture). Ces 2 x3 espèces ont été retenues en particulier car elles ont les mêmes exigences quant aux caractéristiques du milieu d'élevage (paramètres physico-chimiques) mais des réponses physiologiques (vitesse de croissance) et comportementales (occupation de la colonne d'eau, prise alimentaire) différentes. Ces expérimentations doivent produire un set de réponses utile pour valider la méthode in silico. Tous les poissons utilisés dans ce projet seront au stade juvénile.
Evaluation du comportement et de la tolérance hémato-biochimique chez le chien Beagle suite à l’administration orale d’un extrait végétal standardisé
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
20 chiens Beagle vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, gardés vivants et réutilisés à l'issue. Ils reçoivent chaque jour pendant trois mois un extrait végétal par voie orale et subissent des prélèvements de sang à la veine jugulaire à cinq reprises, pour en tester la tolérance et l'effet sur le comportement. Le porteur affirme n'attendre aucune nuisance et prévoit de replacer les chiens dans leur environnement d'étude à la fin. Sur le remplacement, il indique que le chien est l'espèce visée par le produit et qu'il n'existe donc pas d'alternative.
Objectifs
La plante constitue une solution de santé curative et/ou préventive pour les maladies multi-factorielles en raison de la nature multimoléculaire des bioactifs dont elle est composée. Parmi les plantes d’intérêt, une est traditionnellement utilisée pour ses propriétés sédative ou antispasmodique. Bien que des recherches récentes aient étudié les effets bénéfiques d'un des composants majeurs de cette plante, peu ou pas d’études ont exploré directement le potentiel anti-antioxydant et anxiolytique de l’extrait standardisé de la feuille de cette plante chez le chien. Cet extrait contient les principaux constituants biochimiques de cette plante (acides phénoliques incluant l’ensemble des dérivés cinnamiques, flavonoïdes, triterpènes) dont l’action combinée et/ou synergique pourrait lui conférer des effets bénéfiques supérieurs à ceux susceptibles d’être exercés par le composant actif majeur. Ces effets restent globalement, jusqu’à présent, inconnus et peu ou pas explorés notamment chez les carnivores domestiques. Les données relatives à l’action calmante ou anxiolytique de l’extrait standardisé chez le chien restent limitées à ce jour. L'objectif de ce projet sera d'abord d’évaluer la tolérance hémato-biochimique de notre extrait botanique standardisé et de son traceur chez le Chien Beagle sain. Seront également étudiés les effets de cet extrait et de son traceur sur le comportement (à l’aide de grille de scoring) et le statut oxydant. Notre principale hypothèse est que la richesse et la diversité moléculaire de l'extrait botanique étudié (flavonoïdes, acides phénols, dérivés cinnamiques, etc.) et surtout la potentielle action synergique et/ou additive de ses molécules bioactives pourrait lui conférer une action comportementale plus marquée, en impliquant certains mécanismes, comme une action inhibitrice de l’activité de la GABA-T plaquettaire (reflet de la GABA-T centrale, augmentation de la concentration sanguine du GABA). Le traceur testé correspond à un des constituants actifs majeurs de l'extrait végétal étudié. Il appartient au groupe chimique des acides phénols ; il possède des propriétés anti-oxydante, anti-inflammatoire, sédative et organo-protectrice (hépatique et rénal). Dans ce projet, il sera incorporé dans l’aliment à une dose 300 fois inférieure à la dose maximale de sécurité recommandée par l’EFSA.
Bénéfices attendus
Les travaux conduits dans le cadre de ce projet devraient permettre de mettre en évidence d'abord l'acceptabilité de l'extrait botanique étudié et ses effets sur le comportement et le statut oxydant chez le Chien Beagle sain. Le design adopté permettrait de déterminer si l’extrait botanique testé exerce une action supérieure à celle conférée par son traceur. L’hypothèse testée est basée sur la potentielle nécessaire synergie d’action des principes actifs présents dans le totum de l’extrait végéal. La validation des effets de l'extrait botanique étudié permettrait d'envisager son utilisation comme alternative aux traitements chimiques allopathiques dans le cas d'altération du bien-être et/ou du comportement.
Procédures
Aucune nuisance n'est attendue de l'extrait standardisé testé, les données concernant les doses maximales à ne pas dépasser chez le Chien sont disponibles et publiées par l'EFSA. Dans tous les cas, toute souffrance ou toute altération de l'état général, l’animal sera mis en observation pour lui apporter d'éventuels soins. Si la souffrance, pour des raisons inconnues, persiste, il sera exclu de l'étude. Les chiens seront exposés à trois types d'intervention nutritionnelle pendant une durée de 3 mois : un lot de 5 chiens recevant le régime standard et une administration orale quotidienne de l'extrait végétal étudié ; un lot de 5 chiens recevant le régime standard et une administration orale quotidienne du traceur actif de l'extrait végétal étudié; et un lot de 5 chiens recevant le régime standard et une administration orale quotidienne d'un aliment complémentaire à visée comportementale. Un prélèvement sanguin de 8 ml au niveau de la veine jugulaire sera réalisé par une personne expérimentée sur tous le chiens pendant la durée du protocole (J0; J15 ; J30 ; J60 ; J90). L'acte de prélèvement dure 2 minutes environ (contention par un tiers, rasage et désinfection du site de prélèvement).
Impact sur les animaux
Aucune nuisance n'est attendue de l'extrait standardisé testé, les données concernant les doses maximales à ne pas dépasser chez le Chien sont disponibles et publiées par l'EFSA. Il n' y a pas risque de douleur ou de souffrance associé à l'acte de prélèvement sanguin. Cet acte dure 2 minutes environ (contention par un tiers, rasage et désinfection du site de prélèvement).
Devenir
Les animaux sont replacés dans leur environnement d'étude après chaque procédure. Le comportement des animaux est surveillé (par la SBEA) à la fin du projet pour s'assurer de leur bonne santé.
Remplacement
Le Chien est l'espèce cible des résultats du projet. Il n'y a donc pas d'alternative qui permettrait son remplacement.
Réduction
Nous utilisons 5 chiens par groupe afin d'avoir un nombre suffisant pour pouvoir réaliser des tests statistiques pertinents et anticiper les différences interindividuelles pour répondre aux objectifs de l'étude. Le nombre de prélévement étant répété sur chaque chien, cela permet de réduire leur nombre au minimum et d'avoir des données suffisantes pour répondre aux questions posées par une utilisation optimisée de ces dernières sur chaque animal.
Raffinement
L'hébergement respecte les recommandations en vigueur chez les animaux de l'étude. L'enrichissement du milieu de vie est régulièrement amélioré (balade et moments en liberté , jeux...). Un suivi régulier des animaux est assuré par le personnel animalier (observation quotidienne de l’état général et du comportement, pesées hebdomadaires). Les protocoles expérimentaux sont optimisés pour chaque procédure afin d’obtenir le maximum d’informations et ainsi une meilleure analyse des résultats obtenus.
Choix des espèces
Les chiens sont des adultes de 2 ans, en bonne sant et n'ayant pas reçu de traitement antibiotique ou tout autre traitement pouvant modifier le comportement, depuis au moins 3 mois. Le Chien est l'espèce cible des résultats du projet. Il n'y a donc pas d'alternative qui permettrait son remplacement.
Rôle des effets adverses périnataux dans la rupture de tolérance orale
- Protection de l’environnement
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
- Système immunitaire
8 640 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures déclarées légères malgré leur nombre. Elles subissent un stress de séparation maternelle, une exposition aux micro et nanoplastiques ou une infection intestinale à Cryptosporidium en période périnatale, puis jusqu'à 28 gavages et des injections sous-cutanées, pour étudier la rupture de tolérance alimentaire. Le porteur qualifie de modérées la diarrhée et la colite attendues, tout en classant l'ensemble en gravité légère. Il affirme que l'étude nécessite un "organisme intégré" qu'aucun modèle in vitro ne remplace.
Objectifs
Les objectifs de ce projet de recherche sont: 1- de caractériser si et comment des événements adverses en période périnatale (stress de séparation maternel (SSM), exposition aux micronano plastiques (MNPL) ou infection a Cryptosporidium parvum (CP)) ont des conséquences à long terme sur la tolérance orale (TO). La tolérance orale est l'absence de réponse immuniatire à un antigène du non soi (aliment par exemple) lorsque celui est administré par voie orale et non systémique. 2- identifier des marqueurs communs aux trois modèles prédictifs d'une rupture de la TO.
Bénéfices attendus
Ce Projet a pour but d’identifier des biomarqueurs de prédisposition aux ruptures de TO à partir de 3 modèles d’Evenements Adverses Perinataux i.e. un stress social, une exposition aux MNPL ou une infection intestinale. L’identification des mécanismes impliqués dans la rupture de TO devrait fournir des pistes pour le développement de stratégies préventives. Dans le projet, 2 stratégies préventives de rupture de TO seront testées, l’enrichissement de l’environnement et l’introduction tardive des potentiels allergènes alimentaires. Ce projet devrait permettre d’identifier des marqueurs précoces de prédiction de la perte de TO, et de fournir des preuves scientifiques pour 2 stratégies préventives.
Procédures
Gavages: les animaux subiront entre 1 et 28 gavages / animaux vigiles. Injection sous cutanées: les animaux subiront entre 1 et 2 injections sous cutanées / animaux vigiles.
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effet indésirables attendus sur les animaux sont légers. Ces protocoles sont standards et ont été largement utilisés par la responsable de projet. La diarrhée et la colite attendue dans le protocole de challenge alimentaire sont modérés.
Devenir
Dans le but d'étudier les réponses humorales, cellulaires et intestinales les animaux seront euthanasiés à la fin des procédures.
Remplacement
La règle des 3R sera strictement respectée. Ce travail a pour but d’analyser les conséquences de 3 différents modèles d'effets adverses (infection ou facteurs environnementaux) survenus en période néonatale sur la TO. Cette étude nécessite donc de travailler sur un organisme intégré. L'étude de la tolérance orale ne peut être réalisée sans expérimentation animale. En effet, les études in vitro ne tiennent pas compte de la complexité des coopérations cellulaires.
Réduction
Du point de vue statistique, nous répéterons les expériences trois fois, et nous utiliserons des modèles statistiques mixtes qui tiennent compte à la fois des facteurs à effet fixe (exemple Infection, exposition aux MNPL ou stress de l’animal) et des facteurs à effet aléatoire (répétition des expériences).
Raffinement
Afin de suivre la directive européenne 2010/63/UE, des frisures de papier kraft seront rajoutés comme enrichissement aux animaux. . Selon la durée de l’étude, un deuxième enrichissement pourra être introduit dans l’environnement, tel que des aspen Brick, des tunnels en polycarbonate ou des igloos. Durant toute la période d’expérimentation, l’état général des animaux sera observé quotidiennement. Pour chaque procédure des points limites ont été définis pour limiter la douleur, la souffrance ou l’angoisse de l’animal sera euthanasié s’il présente un de ces points limites d’arrêt de la procédure (SBEA). Les animaux seront surveillés pendant toute la durée de l’expérimentation afin de détecter l’apparition d’éventuels comportements atypiques tels que : • altérations des fonctions normales (impossibilité d’uriner, de s’alimenter…), • vocalisation, tremblements …, • une perte de poids élevé (mais
Choix des espèces
Nous avons choisi de travailler sur un modèle murin car il existe une grande diversité d’outils chez cette espèce permettant l’étude de la réponse immunitaire et de la barrière intestinale. Nous travaillerons sur la lignée C3H/HeN car cette lignée est particulièrement sociable et les femelles portent une grande attention à leur descendance ce qui limite le cannibalisme des petits suite à leur manipulation par les expérimentateurs. La souris est un modèle préclinique largement utilisé pour les études des origines développementales de la santé et des maladies. Nos résultats pourront donc être plus facilement comparés avec la littérature existante. Les différents modèles de fragilisation (SSM, exposition aux MNPL ou CP) seront appliqués en période périnatale (voir procédures expérimentales). La réponse immunitaire et la barrière intestinale seront observées à PND15 et PND21. Les protocoles de Tolérance orale et Challenge alimentaire (voir procédure expérimentales) seront commencés à PND15 et les animaux euthanasiés à PND42 et PND36 respectivement.
Etude de faisabilité de la détection par l’autopesée d’animaux challengés
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Maladies animales
60 agneaux vont être utilisés dans des procédures classées légères, puis renvoyés dans le cheptel pour être engraissés et abattus pour la consommation. Ils sont infestés par voie orale par deux vers parasites, Haemonchus contortus et Trichostrongylus colubriformis, puis subissent prélèvements rectaux, prises de sang à la jugulaire et pesées répétées, l'objectif étant de tester l'autopesée pour repérer les animaux parasités. Le porteur indique que l'infestation peut provoquer anémie et perte de poids et prévoit de sortir de l'essai les agneaux dont l'hématocrite chute. Il affirme qu'on ne peut pas remplacer le mouton pour reproduire le cycle parasitaire.
Objectifs
L’objectif de ce projet est d’évaluer le potentiel de l’auto-pesée pour détecter les animaux parasités par les strongles gastro-intestinaux (SGI) qui présenteraient des trajectoires de gains de poids quotidien déficitaires par rapport à des individus témoins non infestés.
Bénéfices attendus
Les nématodes parasites du tube digestif, dont les strongles gastro-intestinaux (SGI), sont une contrainte majeure pour l’élevage des ovins et caprins en système pâturant en raison des pertes de production et de la mortalité qu’ils occasionnent. Plus précisément, ils peuvent entrainer une réduction significative de l’ingéré se traduisant par des pertes de gain de poids moyen quotidien (GMQ). Leur contrôle repose actuellement sur l’emploi systématique de molécules à activité anthelminthique (AH). Toutefois, l’utilisation intensive de ces molécules pendant des décennies a conduit à l’émergence de résistances voire de multirésistance (résistance à plusieurs familles d’AH en même temps) chez certaines populations de parasites. De plus, l’écotoxicité d’une classe particulière d’AH, les lactones macrocycliques, est maintenant bien documentée et acceptée de tous, laboratoires producteurs compris. Dès lors, il nous faut repenser complètement notre approche du contrôle de ces parasites. Une lutte intégrée combinant une utilisation rationnelle et prudente des AH avec des méthodes non chimiques (conduite du pâturage, sélection génétique d’animaux résistants, alicaments…) est actuellement proposée pour permettre un contrôle durable des SGI et une moindre diffusion de la résistance aux AH. L’utilisation rationnelle des AH consiste à n’appliquer un traitement AH qu’aux seuls animaux qui en ont vraiment besoin (traitement ciblé sélectif). En effet, dans un troupeau ovin, le parasitisme par les SGI est réparti de façon très hétérogène entre les individus : certains hébergent peu voire très peu de parasites et n’en souffrent pas ou très peu quand d’autres en hébergent beaucoup. Afin de freiner la diffusion de la résistance aux AH dans les élevages, il faut donc pouvoir identifier les individus qui nécessitent un traitement. Un outil permettant de contrôler régulièrement le poids et l’embonpoint des animaux serait alors d’une grande utilité pour développer une stratégie de traitement ciblé sélectif.
Procédures
Les animaux seront soumis à 4 actes expérimentaux : (Infestation expérimentale per os, prélèvement rectal pour analyse coprologique et prélèvement sanguin par ponction à la veine jugulaire es pesées). Les agneaux sont pesés deux fois par semaine, à heure fixe. Une cage d'autopesée sera également installée dans le lot afin de collecter des données de pesée plus régulières des agneaux (jusqu'à plusieurs fois par jour). - Coprologie : Des prélèvements individuels sont réalisés sur tous les animaux de l’essai à la mise en lots (J0) puis à J21, J28 et J35 pour vérifier la bonne installation des vers puis suivre l’évolution des excrétions. La méthode utilisée pour les coprologies individuelles est la méthode de flottation au chlorure de sodium en lame de McMaster avec une sensibilité de 15 oeufs par gramme de matières fécales. - Hématocrite et indice FAMACHA : Des prises de sang individuelles sur tubes EDTA seront réalisées sur tous les animaux de l’essai, animaux infestés et animaux témoins non infestés, à la mise en lots (J0), puis à J14, J21, J28 et J35. Les prises de sang sont accompagnées d’une notation FAMACHA (intensité de la coloration des muqueuses oculaires, indicateur de l’anémie). Si la valeur d’hématocrite s’avère inférieure à 20% ou si l’examen de la coloration des muqueuses (FAMACHA) conclu à une anémie sévère, l’animal est traité et sorti de l’essai. Toutefois, ce cas de figure est peu probable car la dose utilisée est à la fois suffisante pour diminuer l’ingéré mais insuffisante pour mettre en danger la vie de l’animal.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables attendus dus à l’infestation des agneaux par Haemonchus contortus et Trichostrongylus colubriformis sont : - L’anémie qui peut apparaitre autour du 21eme jour suite à l’infestation, une fois que les nématodes seront adultes et infectants. - La perte d’appétit qui peut engendrer une perte de poids des animaux à partir du 21eme jour après infestation. Le rationnement des agneaux à 800g de concentrés par jour peut accentuer les effets de la perte de poids des agneaux. En cas de signes de maladie (fièvre > 40°C, problèmes respiratoires, décubitus prolongé, anorexie, perte de poids > à 15%…), ou d’impact sur l’état général des animaux (prostration, cachexie, alopécie…), une intervention vétérinaire aura lieu et un traitement adapté (antidouleurs, antiinflammatoires, antibiotiques) sera mis en place (l’animal sortira du protocole si nécessaire). Les nématodes intestinaux utilisés dans ce protocole seront inoculés à une dose suffisamment importante pour obtenir les réponses souhaitées mais suffisamment faible pour ne pas engendrer de signes cliniques. Les animaux seront observés quotidiennement afin d'évaluer toute altération de l'état général (anorexie, prostration). Tout animal présentant une altération générale fera l'objet d'un examen clinique (température, hématocrite, coproscopie). Tout animal ayant un hématocrite inférieur à 15% ou excrétant plus de 50 000 oeufs/g de fèces sera vermifugé et sorti du protocole.
Devenir
Les agneaux retournent dans le cheptel à la fin de la procédure. Ils seront par la suite engraissés pour la consommation.
Remplacement
On ne peut pas remplacer l’hôte (le mouton) pour la réalisation du cycle parasitaire et l’étude de l'impact de l’infestation sur le gain de poids des animaux.
Réduction
Le nombre d’animaux prévus dans l’expérimentation a été limité au maximum pour avoir un effectif garantissant l’interprétation des données.
Raffinement
Les agneaux sont hébergés sur une litière paillée et en lots de manière à pouvoir exprimer leurs comportements sociaux. Petit à petit, ils vont s’habituer à être manipulés et les prélèvements seront réalisés par du personnel expérimenté.
Choix des espèces
L’espèce ovine est l’espèce cible (application potentielle en élevage). Il n'existe pas d'autre espèce modèle ni de système alternatif à cette étude car ce caractère résulte de phénomènes biologiques, physiologiques, génétiques complexes.