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Autres poissons : 2464
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Issues de populations de rivières plus ou moins polluées, des gambusies sont placées dans trente-deux bassins de 1 100 litres où elles se reproduisent sur deux générations. 2 464 poissons vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils passent trois mois exposés à un mélange de polluants à dose environnementale, puis sont repris au piège pour être mesurés avant la mise à mort et la dissection de leurs foies. Le porteur écrit que le remplacement n'est pas possible parce que l'étude porte sur une chaîne alimentaire entière, et que le statut d'espèce invasive de la gambusie interdit de relâcher les survivants.

Objectifs

La pollution chimique par l’agriculture, les industries ou d’autres activités humaines est une cause majeure du déclin de la biodiversité. C’est particulièrement vrai dans les rivières qui concentrent toutes ces pollutions (par ruissellement et lessivage des sols, rejets, etc...). Il a été démontré récemment que certaines espèces de poissons de rivières pouvaient s’adapter à certains de ces polluants chimiques, leur permettant ainsi de continuer à vivre dans des milieux pollués. Ces adaptations sont extrêmement rapides (quelques dizaines d’années), ce qui posent la question des mécanismes mis en œuvre au cours de ces adaptations. Par ailleurs, on ne sait pas dans quelle mesure ces adaptations modifient certaines caractéristiques des poissons comme leur capacité à consommer leurs proies, ce qui pourraient en retour modifier l’équilibre des écosystèmes de rivières. L’objectif général du projet est d’étudier les mécanismes de l’adaptation des poissons à la pollution et les conséquences des adaptations pour l’équilibre de l’écosystème. Nous travaillerons sur une petite espèce de poisson qui est une espèce exotique envahissante, établie en France (la gambusie) et qui a colonisé avec succès des rivières pouvant être très polluées. Pour cela nous testerons, dans des écosystèmes artificiels, des poissons de différentes origines (rivières polluées ou non) réagissant différemment à des cocktails de polluants représentatifs des milieux naturels et si ces réactions -par effet cascade- affectent l’équilibre et le fonctionnement des écosystèmes.

Bénéfices attendus

Les données générées seront suffisantes pour produire, à une échéance des 3 années du projet, des avancées significatives dans le domaine de l’écologie scientifique sensu lato. En particulier, ce projet permettra de mettre en évidence les effets directs (écotoxicité) et indirects de la pollution aquatique sur l’adaptation d’une espèce invasive. Il permettra aussi de documenter l’impact de la gambusie sur la dynamique de son écosystème en fonction du niveau de pollution. Bien que cette espèce soit invasive, ces recherches pourront aussi bénéficier à la conservation et la gestion de populations de poissons natifs, puisque nous aurons de meilleures connaissances quant à la possibilité d'adaptation/résilience de ces organismes dans les écosystèmes dégradés pas les humains.

Procédures

Sans un premier temps, les poissons seront soumis à un stress écotoxicologique non-léthal (mélange de polluants) et à dose environnementale pendant une durée 3 mois. Durant cette période, les poissons seront capturés à l'aide de pièges à vairons (types de nasses) afin de les mesurer avant le début de l’exposition aux polluants et avant leur euthanasie en fin de protocole. La capture se fait sur une période courte, les pièges sont installés pendant environ une heure dans chaque système espérimental.

Impact sur les animaux

Le maintien en mésocosmes pourrait être une source de stress pour les animaux. Néanmoins, compte tenu de la grande taille des bacs (1100 litres), la faible densité de poissons par bac (au max 3g pour 100 litres) et l'abondance de nourriture et de caches, les gambusies pourront exprimer leurs comportements sociaux et alimentaires naturels. Par ailleurs, la productivité des bacs et les échanges à l’interface air-eau sont suffisants pour maintenir un niveau d’oxygénation suffisant au bien-être des poissons et représentatif du milieu naturel. Les conditions de l’eau dans les mésocosmes peuvent légèrement différer des conditions naturelles mais les gammes attendues dans les mésocosmes sont totalement cohérentes avec les gammes mesurées en milieu naturel. De plus, les gambusies tolèrent naturellement des gammes extrêmes de conditions physico-chimiques donc nous ne nous attendons pas à ce que ces faibles variations de conditions génèrent un stress. Le stress liés à l'exposition aux polluants et à la capture sont considérer comme léger car (i) il s'agit de doses de polluants que les poissons rencontrent dans l'environnement et (ii) la capture se fait avec un nombre réduit de manipulation sur les poissons.

Devenir

S'agissant d'un espèce invasive, elle ne peut pas être relâchée en milieu naturel. Par ailleurs, compte tenu des besoins de l'étude, les individus seront disséqués post-mortem pour l'analyse des foies. Les individus seront donc euthanasiés en fin de procédure.

Remplacement

Pour tester expérimentalement l’effet combiné de la pollution et des espèces invasives sur la chaine trophique et sur le fonctionnement de l’écosystème, l’utilisation d’animaux est requise et le remplacement n'est donc pas possible. Compte tenu du caractère empirique et fondamental du projet, l’outil de modélisation mathématique et l’utilisation de modèles artificiels ne sont pas pertinents.

Réduction

Le nombre d’individus et de réplicats de mésocosmes prévus se base sur des travaux antérieurs effectués sur ces mêmes infrastructures pour explorer des thématiques similaires. Concernant les effets écosystémiques, l’effectif utilisé dans les analyses statistiques correspond au nombre total de mésocosmes utilisés et requiert donc une importance primordiale. Le traitement statistique à postériori sera basé sur des équations structurelles permettant d’étudier des relations linéaires complexes nécessitant une taille d’échantillon 10 réplica par lien statistique testé. Étant donné que nous disposons au total de 32 mésocosmes, entre 3 et 4 liens pourront être testés dans cette expérience, ce qui est suffisant étant donné le nombre réduit de paramètres d’intérêts (richesse et abondance des invertébrés benthiques et pélagiques, taux de décomposition de la litière). Compte tenu d'études antérieures, il s'avère que pour obtenir un effet mesurable de l’abondance de poissons sur les paramètres écosystémiques, le nombre minimal de poissons est de 20 individus pour 1100 litres (20*32 = 640 individus au total).

Raffinement

Les mésocosmes de 1100 L sont utilisés pour l’étude des effets à long terme sur les écosystèmes aquatiques. Ces dispositifs simulent des conditions naturelles avec un habitat complexe (graviers, abris solides, plantes naturelles) avec une faible densité de poissons. La nourriture (zooplancton et macro-invertébrés) est en quantité suffisante pour assurer une croissance positive des adultes et des juvéniles. Un élevage pilote préliminaire a montré que G. holbrooki est une espèce résistante au stress qui se prête très bien à la captivité et aux expériences multigénérationnelles. Elles se reproduisent très bien en captivité et expriment leur comportement dans ces conditions. Néanmoins, le comportement naturel des populations originaire de zones non polluées peut être affecté par les doses de polluants environnementales retrouvées dans les milieux non pollués.

Choix des espèces

La gambusie (Gambusia holbrooki) est une espèce invasive largement répandue dans l’ensemble du sud de la France et qui impacte fortement les espèces non invasives présentes dans ces milieux pouvant alors causer des altérations du fonctionnement des écosystèmes. Cette espèce peut supporter une grande amplitude de changements environnementaux (salinité, température, pollution) et elle s’adapte rapidement à de nouvelles conditions. C’est un modèle de choix en écologie évolutive avec un temps de génération réduit. Présente en abondance dans les milieux naturels variés (fortement et peu pollués), c’est l’espèce la plus pertinente pour répondre aux objectifs du projet. Les animaux introduits dans les mésocosmes seront au stade adulte pour pouvoir contrôler le nombre d’individus de chaque sexe (5 mâles et 2 femelles par mésocosme). Les femelles seront gravides afin de rapidement générer des F1 (environ 10 individus par femelles, soit environ 50 individus F1 par mésocosmes qui produiront ensuite environ 640 individus F2).

Elevage des tiques dures sur lapins

(NTS-FR-518313v1 – 12/09/2024)
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Lapins : 10
Souffrances
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Devenir
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L'objet réel de ce projet est de nourrir avec du sang de lapines vivantes un élevage de tiques que l'unité entretient depuis quinze ans. 10 lapines vont être utilisées sur cinq ans, cinq tuées et cinq adoptées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les tiques restent fixées sur leurs oreilles quatre à sept jours, sans anesthésie ni pendant la pose ni les jours suivants, et chaque lapine sert trois fois en quatre mois pour couvrir un cycle complet du parasite. Le devenir dépend du caractère de l'animal, celles que le porteur juge trop agressives seront tuées après avis du vétérinaire, les plus dociles proposées à des particuliers.

Objectifs

L’élevage des tiques est bien établi dans l’unité depuis 15 ans. L’objectif principal de ce projet est d’établir et de maintenir des élevages de tiques qui sont les vecteurs de certaines maladies humaines et animales et d’étudier le rôle des tiques dans l’acquisition et la transmission de certains microorganismes aux humains et aux animaux.

Bénéfices attendus

Cet élevage permettra de maintenir des espèces de tiques nécessaires pour différents projets de recherche évaluant les interactions entre les pathogènes et les vecteurs (tiques) pour la compréhension de la transmission des maladies humaines et animales (zoonose).

Procédures

Une lapine sera utilisée pour un cycle complet de développement de la tique (adulte (oeufs)/larve/nymphe/) soit 3 fois sur une durée d’environ 4 mois. Sachant que les adultes peuvent rester sans manger entre 10 à 12 mois. Les lapines ne sont pas anesthésiées ni durant la pose des tiques, ni les jours suivants. Les tiques restent fixées sur les oreilles des lapines pendant quatre à sept jours selon le stade de devéloppement.

Impact sur les animaux

Les nuisances sont dues à la piqure des tiques qui restent fixées sur les oreilles des lapines pendant quatre à sept jours selon le stade de devéloppement de la tique. Cette fixation provoque des lésions peu importantes et parfois des démangeaisons.

Devenir

Les animaux qui sont trop agressifs pour être adoptés et ceux qui auront d’autres anomalies seront euthanasié après avis du vétérinaire de notre laboratoire. Par contre, les animaux en bonne santé et les moins agressifs seront adoptés pas des particuliers.

Remplacement

Les tiques sont des acariens strictement hématophages à tous les stades de développement. Actuellement, aucune alternative de remplacement des lapins pour l’engorgement des tiques n’est disponible, malgré les différents essais que nous avons réalisé dans notre laboratoire pour gorger les tiques sur des membranes artificielles comme c’est le cas des moustiques, puces, punaises de lit et triatomes que nous élevons également au sein de notre laboratoire.

Réduction

Un lapin sera utilisé pour un cycle complet de développement de la tique (adulte (œufs)/larve/nymphe/) soit 3 fois sur une durée d’environ 3 à 4 mois. Sachant que les adultes peuvent rester sans manger entre 10 à 12 mois. Un lapin sera donc utilisé 3 fois/an/espèce de tiques. Donc, seulement 2 lapins seront utilisés par an (un pour chaque espèce de tiques de notre élevage) soit 10 lapins pendant la durée totale de ce projet (60 mois).

Raffinement

Pendant la période d’engorgement nous allons proposer le gel Diet Energy de Safe dites qui est un aliment hydraté contenant 63% d’eau. Après engorgement des tiques les oreilles des lapins seront nettoyées avec de la bétadine et les jours suivants jusqu’à guérison des lésions causées par les tiques. Les lapins sont visités chaque jour y compris les week-end et jours fériés pour s’assurer que les animaux ont de la nourriture et de l’eau. Ils seront manipulés en dehors des procédures expérimentales, dans un espace calme, par du personnel formé et habitué. Les cages de chaque lapin seront enrichies avec des foins, des jouets en bois.

Choix des espèces

Le lapin (New Zealand) est l’espèce animale la plus appropriée pour nourrir les trois stades de développement des tiques, compte tenu du fait que c’était l’espèce qui a été utilisée pour adapter et établir un élevage des tiques au laboratoire. Ces lapins sont de grande taille à l'âge adulte, ils sont dociles et donc faciles à manipuler, ce qui est un avantage. Ce projet n'inclura que des lapins adultes en raison de leur taille. La taille des adultes permettra de les manipuler facilement et de nourrir plus de tiques sans utiliser d'animaux supplémentaires. La grande taille des oreilles permet un nourrissage d'un grand nombre d'individus. De plus, cette taille d'oreille nous permet une fixation facile des chaussettes et carcans.

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Souris : 320
Souffrances
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Cathétérisées au ventricule gauche après une échocardiographie sous anesthésie, 320 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les deux interventions durent quinze et trente minutes par animal, sur des souris transgéniques privées de certaines protéines dans un organe précis. Le projet cherche pourquoi la relaxation du cœur se dégrade davantage chez les femmes après la ménopause, en explorant un axe entre le foie et le cœur. Le porteur justifie la mise à mort par le "bien être à long terme de la souris", au motif que la chirurgie qu'il vient de pratiquer risque de provoquer des complications.

Objectifs

Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont responsables de 4 millions de décès par an en Europe et représentent la principale cause de décès. Cependant, l'incidence des MCV varie considérablement en fonction du sexe, du statut hormonal et du statut métabolique. En effet, avant la ménopause, les femmes semblent être protégées des MCV par rapport aux hommes du même âge, mais leur incidence et leur gravité rejoignent ensuite celles des hommes après la ménopause, suggérant ainsi un rôle protecteur des œstrogènes. Parmi les MCV, l'insuffisance cardiaque (IC) avec fraction d'éjection préservée (ICFEP), caractérisée par une dysfonction diastolique (relaxation cardiaque) et une function systolique normale ( contraction cardiaque) est désormais considérée comme la forme prédominante d’IC (>50%). L’ICFEP présente un dimorphisme cardiaque puisque les femmes âgées sont davantage touchées par rapport aux hommes. Aujourd’hui, le diagnostic précoce de la maladie est difficile et, contrairement à l’ICFER (IC à fraction d’éjection réduite), il n’existe que peu de médicaments efficaces. Ce constat provient du fait que l‘on connait très mal le fonctionnement de la relaxation cardiaque et ses régulateurs, d’où la nécessité urgente d’étudier ces mécanismes. Dans ce contexte, dans l’équipe, nous avons identifié récemment Ephrine-B1 comme un déterminant moléculaire de la diastole. Plus récemment, des données de microscopie électronique du tissu cardiaque ont révélé des régulateurs potentiels d’Ephrine-B1 avec notamment le rôle des œstrogènes et le rôle du métabolisme hépatique . Aussi, l’OBJECTIF DU PROJET consistera maintenant à explorer, dans différents modèles de souris le rôle de ces différentes pistes moléculaires dans la régulation spécifique de la fonction diastolique cardiaque, mais également de la fonction systolique. Les différences mâles/femelles chez ces animaux nous permettront également d’explorer la dimension dimorphique sexuelle de l’ICFEP.

Bénéfices attendus

Les mesures de pressions intra-cavitaires et les échocardiographies permettront de connaitre avec précision les fonctions de relaxation et de contraction du cœur et nous permettront ainsi de définir la présence ou non d’une ICFEP chez nos animaux. Ce projet nous permettra pour la 1ère fois, au travers la régulation de la protéine Ephrine-B1, d’apprécier le rôle des œstrogènes et du métabolisme hépatique dans la relaxation cardiaque et donc de présenter l’axe foie/cœur comme un nouvel axe thérapeutique potentiel dans l’ICFEP. En effet, les dysfonctions métaboliques du foie pourraient donc entrainer des dysfonctions de la relaxation cardiaque. En accord avec cette hypothèse, les maladies métaboliques du foie touchent les mêmes catégories de patients que l’ICFEP avec, de la même façon, une incidence plus élevée chez les femmes. A terme, ce projet devrait permettre de mieux appréhender l’ICFEP touchant différemment les hommes et les femmes et une meilleure prise en charge thérapeutique personnalisée.

Procédures

IL y a 2 intervention : l'échocardiographie, non invasive sous anesthésie légère - Durée: 15 min / souris et l'intervention 2: cathétérisme ventricule gauche cardiaque, procédure chirurgicale Durée : 30 min / souris

Impact sur les animaux

Une mauvaise gestion de l'anesthésie pourrait entrainer soit la mort prématurée de la souris ou, au contraire, un réveil de cette dernière en cours de chirurgie. Cependant, le manipulateur peut ajuster en temps réel le % d'anesthésique. De plus, le système du cathéter est doté de sonde permettant de mesurer le rythme cardiaque qui est un excellent indicateur de la qualité de l'anesthésie.

Devenir

Tous les animaux sont euthanasiés à la fin de la procédure. En effet, l'acte chirurgical présente un risque de développer des complications post opératoires. Pour le bien être à long terme de la souris, il est nécessaire d'euthanasier les animaux à la fin de cette intervention.

Remplacement

Pour diagnostiquer l’ICFEP, il est nécessaire d’évaluer la fonction cardiaque diastolique (mesures des flux et vitesses de relaxation en Echocardiographie Doppler-Intervention 1 + mesures de pression intra-cavitaires par cathétérisme ventricule gauche-Intervention 2) mais aussi la fonction systolique (Echocardiographie-Intervention 1) sur animal entier vivant. Aujourd’hui, il n’existe pas de méthodes alternatives permettant d’obtenir l’ensemble de ces données fonctionnelles cardiaques nécessaires pour étudier l’ICFEP, à part ces 2 interventions fonctionnelles sur l’animal.

Réduction

Les souris utilisées pour l'échocardiographie sont les mêmes que celles utilisées pour le cathétérisme ventriculaire. Par ailleurs, des études antérieures de notre équipe mais également d’autres équipes ont démontré que 20 souris par groupe est le minimum pour faire une analyse statistiquement correcte pour les mesures de pressions cardiaques intra-cavitaires en tenant compte de la variabilité de mesure dans les cas pathologique d’ICFEP mais également en tenant compte des animaux pour lesquels il est quelquefois impossible d’introduire le cathéter au niveau ventriculaire.

Raffinement

Les mesures de raffinement mises en place pour minimiser le stress et améliorer la qualité de vie au quotidien de nos animaux est une alimentation et une source d'eau ad libitum. Un enrichissement du mileu est fait grâce à l'utilisation de morceaux de papier et de cartons permettant au souris de fabriquer un nid. De plus, des tunnel en cartons sont également utilisés pour occuper au quotidien nos souris. Concernant l’intervention 1 (imagerie cardiaque), nous utilisons une anesthésie légère par inhalation car c’est une intervention non invasive. Nous utilisons également une table thermorégulée pour le bon maintien de la température de la souris. Le point limite de cette intervention est une mauvaise adaptation de l'animal à l'anesthésie (respiration haletante ou trop diminuée), qui est compensée par une régulation immédiate de la concentration de produit délivré. Pour l’intervention 2 (chirurgie), l’anesthésie se fait comme pour l’intervention 1 (imagerie cardiaque) mais nous utilisons en plus à la fois une analgésie globale et une analgésie locale. Ceci nous permet d’avoir une couverture maximale de la douleur lors de la procédure chirurgicale. Cette intervention 2 est une chirurgie donc elle peut entrainer une diminution de la température corporelle de la souris, et pour palier à cela nous utilisons un tapis chauffant. Pour éviter un dessèchement des yeux, un gel occuloprotecteur est également utilisé. Les points limites concernant cette intervention 2 sont l’hémorragie, une mauvaise réaction aux analgésiques et ou anesthésiques. L'expertise chirurgicale de l'expérimentateur permet de gérer toute complication et le cathéter, capable de détecter la fréquence cardiaque de l’animal, permet de réagir au plus vite si l’un de ces points limites est atteint. Cela est couplé à une surveillance visuelle constante de l’animal et de la zone chirurgicale.

Choix des espèces

Nous utilisons des souris car nous avons pu générer grâce à cette espèce différents modèles transgéniques présentant une délétion (= absence d'expression) de différentes protéines d’intérêt dans un organe spécifique pour étudier la régulation de la fonction diastolique cardiaque à l’âge adulte chez le mâle et la femelle. Les animaux sont tous utilisés au stade postnatal 60 jours (P60) quand le coeur a fini définitivement sa maturation.

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Souris : 24
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Les souris de la lignée TgM83 portent une protéine humaine mutée qui déclenche chez elles, vers huit à dix mois, des troubles moteurs de type parkinsonien. 24 d'entre elles vont être utilisées, douze dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, douze dans des procédures menées sous anesthésie sans réveil. La moitié subit une chirurgie crânienne pouvant durer une heure, puis vit isolée une semaine sur deux pendant dix-huit semaines, le temps d'enregistrer leur sommeil de trois à dix mois d'âge. Toutes sont tuées par perfusion transcardiaque sous anesthésie terminale, pour que leur cerveau soit examiné avant l'apparition des signes moteurs de la maladie.

Objectifs

Le trouble comportemental en sommeil paradoxal anticipe d’une décennie la maladie de Parkinson dont il est considéré comme le meilleur marqueur précoce. Pendant le sommeil paradoxal, nous sommes naturellement paralysés. Cette paralysie est absente chez les patients atteints du trouble comportemental en sommeil paradoxal. Nous faisons l’hypothèse que la zone cérébrale contrôlant cette paralysie serait une cible précoce des mêmes processus pathologiques que ceux responsables de la maladie de Parkinson et qui envahiraient au cours du veillissement l’ensemble du cerveau.Notre objectif est de tester cette hypothèse sur une souche de souris de type transgénique (TgM83), fréquemment utilisée pour la recherche sur la maladie de Parkinson, qui expriment une protéine humaine mutée responsable d’une forme génétique de cette maladie neurodégénérative. Différentes études comportementales indiquent que les souris TgM83 présentent des altérations motrices sévères de type parkinsonien dès l’âge de 8-10 mois. En revanche, on ne sait pas si leur sommeil est perturbé en amont de ces signes cliniques, comme chez les patients parkinsoniens.Ce projet nous permettra de caractériser le sommeil des souris TgM83 porteuses de la pathologie, de prévoir l’émergence de la maladie de Parkinson à la détection de symptômes précoces durant le sommeil et enfin d’étudier la propagation cérébrale de la pathologie au cours du veillissement.

Bénéfices attendus

Le trouble comportemental en sommeil paradoxal est pour les médecins un symptôme neurologique précoce et fiable de la Maladie de Parkinson. En effet, il serait l’un des premiers signes visible et facilement identifiable à l’hôpital qui survient une dizaine d’années avant les symptômes moteurs invalidants bien connus. Par ailleurs, ceci suggère que ces deux pathologies sont chronologiquement liées et partageraient des mécanismes pathologiques communs qui envahiraient de façon lente, insidieuse et presqu’invisible, le cerveau au cours du vieillissement chez les patients. Notre objectif est de tester cette hypothèse en profitant de l’opportunité expérimentale que nous offre une souche de souris exprimant la protéine mutée qui est responsable de la maladie de Parkinson. Différentes études comportementales antérieures ont déjà établi que ces souris présentent des altérations motrices de type parkinsonien dès l’âge de 9-10 mois. En revanche, on ne sait pas si leur sommeil est sévèrement perturbé en amont comme il est maintenant bien décrit chez les patients parkinsoniens. Plusieurs bénéfices importants sont attendus de ce projet de recherche qui visera d’abord à caractériser finement le sommeil de ces souris, de déterminer si elles développent, comme nous le prévoyons, un trouble comportemental en sommeil paradoxal précoce, voire d’autres biomarqueurs potentiels prédictifs de la Maladie de Parkinson, et d’étudier comment la pathologie se propage dans le cerveau au cours du vieillissement. Selon les résultats obtenus, cette souche de souris pourrait alors constituer un modèle préclinique pertinent de la maladie de Parkinson, mimant précisément et chronologiquement son développement au cours du temps. Ceci ouvrirait alors de nombreuses voies de recherche pour la mise au point à moyen terme de traitements préventifs pour ralentir la maladie, voire curatifs en la stoppant complètement dès la pose de son diagnostic.

Procédures

La moitié des souris (n=12) prévues pour ce projet de recherche subiront une intervention chirurgicale sous anesthésie générale d'une durée maximum de 60 minutes. Elles seront ensuite mises en isolement lors des phases expérimentales pendant 1 semaine toutes les 2 semaines, soit pour une durée maximale de 18 semaines. Pour le prélèvement des cerveaux en fin d’expérimentation, l’ensemble des souris (n=24) recevront successivement un traitement médicamenteux analgésique puis sédatif avant l’induction par voie intrapéritonéale d'une anesthésie chirurgicale terminale requise pour la perfusion transcardiaque de l’animal.

Impact sur les animaux

Pour l’ensemble des souris (n=24) prévues pour ce projet de recherche, de potentiels effets indésirables liés à l’aspect neurodégénératif du modèle animal sont à considérer et sont de fait attendus (objet du présent projet). Bien que les animaux soient mis à mort avant l’apparition de signes moteurs avant-coureurs de la maladie de Parkinson, il n’est pas à exclure une apparition précoce d’un trouble du comportement en sommeil paradoxal (objectif de ce projet), une perte légère de poids et quelques difficultés locomotrices à l’éveil sur certains individus. Pour la moitié de ces souris qui seront soumises à une intervention chirurgicale (n=12), les effets indésirables afférents sont très peu probables mais seront anticipés comme une hypothermie, une hémorragie locale, un arrêt respiratoire ou une infection post-opératoire entraînant une dégradation de l’état de santé. L’isolement des souris durant les phases d’enregistrement pourrait entraîner un léger stress et anxiété transitoire, sans impact sur nos paramètres d’intérêt.

Devenir

Toutes les souris prévues pour ce projet de recherche (n = 24) seront mises à mort en fin de procédure afin de prélever les cerveaux pour leur étude anatomo-pathologique et comparative.

Remplacement

L’intérêt d’étudier les mécanismes physiopathologiques responsables troubles du sommeil réside dans leur caractère prédictif et évolutif vers la Maladie de Parkinson. Or, il est encore aujourd’hui impossible d’aborder ces questions chez l’homme sain ou malade, d’autant qu’aucun marqueur spécifique des mécanismes impliqués n’est encore validé en neuroimagerie. Des contrôles anatomo-pathologiques sont souvent réalisés sur des biopsies issues de patients mais décédés des décennies après le déclenchement des processus pathologiques. Aussi, des modèles animaux demeurent essentiels pour reproduire les observations cliniques, les comprendre et les modéliser. La souris est un animal adapté aux études longitudinales (faible prise de poids et de volume corporel avec l’âge). Par ailleurs, les réseaux neuronaux responsables du sommeil sont communs aux mammifères, incluant les rongeurs et l’homme, et sont bien identifiés. Enfin, des animaux de niveau phylogénétique inférieur (drosophile, poisson rouge, vers C. elegans) sont parfois utilisés pour l’étude du sommeil (activité́/inactivité́) mais ils ne possèdent pas de sommeil paradoxal qui est spécifique aux mammifères et aux oiseaux (peut-être aux reptiles) et dont la complexité́ du système nerveux n’est en rien comparable avec celle des mammifères. D’autres méthodes prometteuses se développent régulièrement comme la modélisation in-silico, l’intelligence artificielle, les cultures cellulaires sur puces et depuis peu les organoïdes cérébraux mais elles ne constituent pas encore d’alternatives crédibles pour aborder des processus neurobiologiques complexes, mimer leurs dysfonctionnements, reproduire et modéliser des observations cliniques sous-jacentes de pathologies évolutives et neurodégénératives comme la Maladie de Parkinson.

Réduction

Le nombre d'animaux est légitimé par l’organisation de l’étude autours de deux procédures expérimentales indépendantes mais conduites en parallèle. La taille de chaque lot expérimental a été calculée et optimisée sur la base de nos nombreuses études conduites chez la souris et publiées au cours de la dernière décennie par l’équipe, incluant nos travaux déjà réalisés dans le cadre de la demande d’autorisation de projet précédente sur le même sujet. Ces calculs prennent en compte les « erreurs et échecs » aux différentes étapes des deux procédures expérimentales (chirurgie sous anesthésie générale, récupération post-opératoire, survie post-traitement, comportements anormaux, état de santé général), la variabilité́ interindividuelle des paramètres physiologiques considérés, la dégradation des signaux polysomnographiques au cours du temps (procédures de plusieurs mois) pouvant dès lors rendre leur interprétation aléatoire, en enfin la nécessité de ne pas compromettre la reproductibilité et la significativité des données obtenues (utilisation systématique de tests statistiques paramétriques ou non paramétrique adaptés aux petits échantillons). Chaque animal ne sera soumis qu’à une seule procédure expérimentale avec mise à mort pour les analyses des cerveaux, éliminant toute possibilité de réutilisation.

Raffinement

Dès leur arrivée à l’animalerie de notre centre de recherche, toutes les souris (n=24) seront classiquement hébergées en respectant des conditions optimales à 4 par cage favorisant des interactions sociales normales jusqu’à ce qu’elles atteignent l’âge requis pour les expérimentations. Des enrichissements environnementaux systématiques seront mis en place pour améliorer leur bien-être, tels que des carrés de coton à déchirer pour faire le nid ou encore des batônnets de bois à ronger. Pour évaluer le bien-être, le poids et l’état du pelage seront mesurés quotidiennement. Si un animal dépasse un des points limites détaillés dans les procédures expérimentales, il sera retiré́ et euthanasié sans délai. Pour les souris qui seront soumises à une intervention chirurgicale (n=12), une attention quotidienne leur sera portée lors de la phase post-opératoire pour optimiser la récupération (ajout d’anti-inflamatoires non-stéroidiens si nécessaire, suivi pondéral, mobilité et comportements) grâce à l’utilisation d’une grille de score post-opératoire. Pendant les périodes expérimentales (1 semaine sur 2 pendant 18 semaines), notre préoccupation sera d’analyser régulièrement grâce à des fiches de scorage l’évolution des paramètres physiologiques et le comportement locomoteur pour détecter au plus tôt les perturbations caractéristiques du trouble comportemental en sommeil paradoxal. Celles-ci constitueront de-facto le point limite des expérimentations, tout en établissant la preuve de concept recherchée. Dans les cas où aucun trouble comportemental en sommeil paradoxal ne se déclencherait avant l’apparition spontanée des signes cliniques moteurs de type parkinsonien (9-10 mois d’âge), la mise à mort sera programmée pour prévenir toute souffrance.

Choix des espèces

Nous souhaitons valider un modèle préclinique d’une pathologie neurologique prédictive de la Maladie de Parkinson, en reproduisant chez la souris les mécanismes évolutifs sous-jacents se déroulant sur plusieurs décennies chez les patients, bien avant leur décès. Aussi, les analyses anatomo-pathologiques des cerveaux de patients décédés ne permettent pas d’aborder ces mécanismes qui débutent de façon précoce, bien avant l’apparition des problèmes moteurs bien connus de la Maladie de Parkinson. Il n'existe pas de marqueurs qui permettraient l’exploration fonctionnelle par neuroimagerie. La compréhension de mécanismes à l’échelle cellulaire et moléculaire passe par la mise en œuvre de techniques inapplicables chez l’homme mais possible chez la souris présentant de grandes similitudes d’organisation de leur cerveau. Par ailleurs, le sommeil paradoxal est propre aux mammifères. Des modèles d’animaux moins évolués sont parfois utilisés pour l’étude de la vigilance mais ils ne sont pas pertinents pour ce projet. Nos travaux ont permis d’identifier chez le rongeur les structures cérébrales potentiellement ciblées par la pathologie. Ceci rend évident le choix de la souris, particulièrement la souris TgM83 pour induire l’expression de la protéine mutée impliquée dans la pathologie qui nous intéresse. Cette étude longitudinale de la période présymptomatique chez ce modèle murin durera 7 mois environ, débutant chez des souris jeunes adultes asymptomatiques âgées de 3 mois pour s’achever dès qu’apparaitront les premiers signes prédictifs de la maladie de Parkinson (mais avant la mise en place de la pathologie), à l’âge de 9-10 mois. Pour ce type d’étude physiologique et comportementale de longue durée, la souris s’avère à nouveau plus adaptée que le rat (pas de prise de poids et de volume corporel significatif avec le vieillissement, cerveau de plus petite taille avec des processus évolutifs plus rapides) augmentant la faisabilité du projet.

  • Recherche fondamentale
    • Système urogénital
Souris : 552
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 552
▲ -
Devenir
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 552

Toutes tuées en fin de procédure pour que leurs organes soient prélevés, 552 souris vont être utilisées dans des procédures classées à un niveau de souffrance modéré. Chacune reçoit deux injections intramusculaires, 360 subissent une ouverture du thorax ou de l'abdomen, et 144 sont enfermées seules en cage à métabolisme sur une grille métallique, quatre-vingt-seize heures la première fois. Quarante-huit autres sont gavées deux fois par jour pendant neuf jours, et le porteur évoque une chirurgie sans réveil alors que le tableau des gravités ne déclare aucun animal dans cette catégorie. Il affirme que seules des expériences sur des animaux non-humains permettent d'étudier les effets d'un excès d'aldostérone sur l'équilibre du potassium, les cellules en culture ne suffisant pas.

Objectifs

L’hyperaldostéronisme primaire est un syndrome dans lequel le taux d'aldostérone est anormalement élevé à cause d’un excès de sa production par les glandes surrénales. Cette hormone agit sur le rein et stimule la réabsorption de sel et la sécrétion de potassium. En condition d’hyperaldostéronisme, quand l’organisme n’a pas besoin de cette hormone mais qu’elle est tout de même produite, le rein va retenir le sel dans l’organisme ce qui conduit à une hypertension sévère, généralement résistante à tous les traitements classiques. Ainsi, l’hyperaldostéronisme primaire est à l’origine de 6-18 pourcents des cas d’hypertension selon les populations étudiées et représente presque un quart des hypertensions résistantes à tout traitement. En parallèle, l’excès d’aldostérone va stimuler l’excrétion rénale de potassium, conduisant à une perte de potassium dans les urines et une baisse sévère de sa concentration dans le sang (hypokaliémie) pouvant avoir des conséquences fatales sur le système cardiaque. Deux protéines travaillent de concert pour permettre de limiter les pertes rénales de potassium et l’hypokaliémie. Ce projet vise à étudier si ces deux protéines participent également à la réponse à l’hyperaldostéronisme en tentant de s’opposer à l’effet hypokalémiant de l’aldostérone.

Bénéfices attendus

L’hyperaldostéronisme primaire, maladie qui est caractérisée par une surproduction anormale de l’hormone aldostérone, conduit au développement d’une hypertension et d’une hypokaliémie (baisse de la concentration en potassium dans le sang). La découverte récente d’un lien entre un facteur de croissance, un transporteur rénal de potassium et la capacité du rein à retenir le potassium, nous a amené à envisager que cette voie pourrait être mis en œuvre dans le contexte de l’hyperaldostéronisme en réponse à l’hypokaliémie. Notre projet, qui utilisera des souris mâles et femelle invalidées ou non pour les gènes à tester permettra d’évaluer si cette voie existe, ce qui pourrait permettre d’envisager d’agir dessus pharmacologiquement au bénéfice des malades.

Procédures

Tous les animaux, vigiles, (552 souris) subiront deux injections intramusculaires sur deux sites d’injection différent le premier jour de chaque procédure (1 minute par animal). Une partie des animaux subiront une thoracotomie (180 souris, 15 minutes par animal) ou une laparotomie (180 souris, 15 minutes par animal) sous anesthésie et analgésie, à des fins de recueils de tissus/organes. Pour une autre partie des animaux, trois recueils urinaires sur animal vigile en cage à métabolisme seront réalisés sur un groupe de 144 souris (96 heures en cage à métabolisme pour le premier dont 48h d’habituation et 24h pour les deux autres recueils). Nous effectuerons, également, 2 prélèvements sanguins à 7 jours d’intervalle sur animal anesthésié (1 minute par animal, sur 144 souris). De plus, deux mesures de la composition corporelle par résonance magnétique nucléaire espacées de 7 jours (2 minutes par animal) seront effectuées sur ces 144 souris. Une autre partie des animaux (48 souris) sera soumise à un maximum de 9 jours de gavages deux fois par jour (30 secondes par animal) et subira un prélèvement sanguin unique sous anesthésie (1 minute par animal). Toutes les souris sont euthanasiées en fin de procédure (552 souris).

Impact sur les animaux

En fonction des groupes expérimentaux, certains animaux seront hébergés individuellement permettant ainsi de recueillir leur urine et leur fèces. Ce type d’hébergement génère des nuisances sur les animaux car ceux-ci sont isolés et se déplacent sur une grille métallique de surface réduite. Ils subiront un prélèvement de sang sous anesthésie et antalgique pouvant entrainer une hémorragie. Certaines souris seront placées dans un tube clos pour la mesure de la composition corporelle par mesure de résonance nucléaire magnétique. Cette procédure peut entraîner un léger stress au moment de la manipulation des souris pour vider leur vessie par massage abdominale et le temps de la mesure (2 minutes). Des animaux subiront également un gavage qui pourrait conduire à une fausse route. Certains animaux subiront également une chirurgie sans réveil susceptible d’entrainer une insuffisance respiratoire. L’injection intra-musculaire peut entrainer également une douleur ponctuelle.

Devenir

A la fin de chaque procédure, les animaux sont euthanasiés afin de pouvoir utiliser leurs organes à des fins d’études post-mortem.

Remplacement

Dans la mesure du possible, le remplacement des animaux par des méthodes alternatives (par exemple des cellules en culture) est préférable. Toutefois, seules des études sur des animaux nous permettront d’étudier les conséquences physiopathologiques d’un hyperaldostéronisme primaire sur l’équilibre de la balance potassique. En effet ces processus font intervenir des systèmes complexes qui travaillent de concert et qui agissent également les uns sur les autres. L’identification de l’implication possible de ces différents acteurs pourra ouvrir de nouvelles possibilités pour développer des stratégies thérapeutiques novatrices

Réduction

Ce projet a une durée de 5 ans, et nécessitera l’utilisation de 552 souris. Ce nombre a été défini afin d’utiliser le minimum d’animaux tout en assurant l’obtention de résultats statistiquement significatifs. Nous l’avons calculé au plus faible à l’aide de tests statistiques et sur la base de notre expérience. Nous limiterons le nombre d’animaux en réalisant des expériences sur les mêmes animaux en limitant toutefois les expériences qui aboutiraient à des souffrances trop importantes et qui pourraient impacter négativement certains résultats. Par ailleurs, le nombre d’animaux utilisé est susceptible d’évoluer à la baisse si nous constatons qu’il n’existe pas de dimorphisme sexuel, ce qui permettra de mélanger les résultats des souris mâles et femelles ou si nous constatons que certaines de nos hypothèses concernant l’implication de nos protéines d’intérêt ne sont pas validées.

Raffinement

Durant leur hébergement en stabulation, les animaux auront un accès libre à la nourriture et à de l’eau filtrée, et seront placés dans des cages ventilées. L’environnement des animaux sera enrichi avec du nid végétal, des cylindres en carton, des bouts de bois et des maisons en plastique. L'hébergement en cages à métabolisme sera lui aussi réalisé dans l'établissement utilisateur. Afin de limiter les désagréments liés à la grille, nous plaçons une coupelle en verre de 6 cm de diamètre sur cette grille ce qui permet à la souris de dormir ou de se réfugier en n’étant plus en contact permanent avec la grille, ce dispositif n’altérant pas le recueil d’urine. Par ailleurs, la détermination quotidienne du poids, de l’apparence physique et du comportement des animaux durant leur hébergement en cages à métabolisme nous permettra de définir les points limites et de replacer l’animal en stabulation classique avant que son état ne se détériore. Le suivi de ces points limites continuera afin de vérifier s’ils reviennent à la normal. Le cas échéant, l’euthanasie de l’animal pourra être envisagé. Pour la mesure dans l’appareil à résonnance magnétique, les animaux seront habitués à être manipulés pour avoir la vessie vidée et à être placer dans le tube de mesure. Quelques jours seront consacrés à laisser les souris découvrir le tube de mesure, à y être placées puis ressorties. Ce tube est en plastique rouge pour diminuer le stress de la souris. Le tube est muni de trou pour permettre la circulation de l’air. La souris est maintenue dans le fond du tube par un piston de diamètre légèrement plus petit que le diamètre du tube. La hauteur du piston est réglable et permet de laisser la souris se mouvoir librement. La queue de la souris peut passer entre le piston et la paroi du tube sans être pincée. La mesure dure 2 minutes. Nous avons noté que les souris habituées stressent moins dans le tube après habituation : ne perdent pas de fèces pendant la mesure, sortent du tube sans hésitation. Pour le prélèvement de leurs reins, les animaux subiront une anesthésie sans réveil. L’ensemble des expériences sera mené dans des locaux d’hébergement respectant les standards en vigueur, par des personnels hautement qualifiés et formés à l’expérimentation animale.

Choix des espèces

Le modèle animal permet de réaliser des expériences de physiopathologie rénale de mammifère en prenant en compte tous les paramètres physiologiques qui existent in vivo. Les analyses in vitro ou in silico ne sont pas suffisantes en ce qui concerne l'étude des fonctions rénales qui ont des effets systémiques. Nous avons choisi de mener nos expériences chez la souris, car les modèles d’invalidation des gènes susceptibles de nous intéresser ont été générés chez la souris. De plus, ces expériences ont pour objectif d'être associés à des expériences déjà réalisées dans le laboratoire sur ces mêmes lignées de souris. Nous utilisons des souris mâles et femelles âgées de 8 à 15 semaines afin d’évaluer l’effet de l’induction d’un hyperaldostéronisme sur la balance du potassium et d’évaluer l’implication de deux facteurs protéiques dans la réponse à cette induction. Nous utilisons des souris mâles et femelles « normales » et transgéniques (invalidées pour nos gènes d'intérêts) âgées de 8 à 15 semaines afin d’évaluer l’effet de l’induction d’un hyperaldostéronisme sur la balance du potassium et d’évaluer l’implication d’un facteur de croissance et d’un transporteur ionique dans la réponse à cette induction.

  • Recherche appliquée
    • Troubles nerveux
  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 872
Souffrances
▲ -
▲ 72
▲ 800
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Devenir
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 872

Quarante-deux gavages, un par jour pendant quarante-deux jours, voilà ce que subissent 480 des souris de ce projet, 800 d'entre elles passant par ailleurs des tests comportementaux répétés jusqu'à cinq jours d'affilée. 872 souris vont être utilisées en tout, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 72 d'entre elles et modéré pour 800. La démyélinisation est provoquée par un produit ajouté à la nourriture, afin de tester si des molécules ciblant un récepteur de la sérotonine corrigent les troubles cognitifs et sensoriels associés à la sclérose en plaques. Le porteur retient la souris pour son homologie génétique de 90 % avec l'être humain et parce qu'il dispose déjà de lignées transgéniques dépourvues de ce récepteur, hébergées chez un prestataire d'élevage.

Objectifs

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire chronique du système nerveux central (SNC) qui touche environ 2,5 millions de personnes dans le monde. La maladie se manifeste par une grande variété de symptômes qui se caractérisent par une atteinte des voies motrices, une baisse de la sensibilité et l'apparition de troubles cognitifs et émotionnels. Ces symptômes sont liés à la perte de la gaine de myéline (processus de démyélinisation) qui entoure les neurones et qui permet à l'information de voyager rapidement et efficacement le long des nerfs. De plus, plusieurs résultats de la littérature soulignent l'intérêt de cibler un récepteur de la sérotonine pour le traitement de maladies neurodégénératives. Sachant qu'il est connu que des molécules qui se lient à ce récepteur ont des effets bénéfiques pour le traitement des maladies inflammatoires chroniques, l'idée principale de ce projet est de vérifier si ces molécules peuvent aider à traiter différentes facettes de la maladie, comme les problèmes de perte de myéline ainsi que des troubles cognitifs et sensoriels dans un modèle animal de maladie qui reproduit ses symptômes. Nous réaliserons des études comportementales et des analyses biochimiques et histologiques pour évaluer le rôle du récepteur dans cette maladie. Dans cette étude nous utiliserons 872 animaux.

Bénéfices attendus

Parmi les bénéfices attendus du projet, nous espérons l'identification d'une molécule qui permettra de réduire d'au moins 50% la demyélinisation et capable de restaurer les déficits sensoriels et cognitifs. Nous espérons faire progresser l'état des connaissances quant au rôle du récepteur de la sérotonine dans les effets cognitifs de la démyélinisation dans le modèle de sclérose en plaques .

Procédures

Afin de réaliser le génotypage, un poinçonnage de l'oreille sera effectué après l'âge de 14 jours. Cette intervention n'est réalisée qu'une fois par animal et dure moins de 30 secondes. Le génotypage ne sera pas systématique puisque l'élevage sera maintenu avec des croisements homozygote x homozygote. Ainsi, seulement une partie des animaux sera prélevée pour le génotypage. Au total, 42 administrations (1 administration par jour pendant 42 jours) par voie orale (1 min/gavage/jour) seront réalisées sur 480 animaux vigiles. 800 animaux effectueront des tests de comportement n'excédant pas 10 minutes par test et deux tests maximum par jour. Une période d'habituation de 20 minutes pourra parfois être nécessaire soit de 5 à 30 min/jour/animal. Certains tests pourront être répétés tous les jours pendant maximum 5 jours pour mesurer les comportements sociaux. L'ensemble des animaux recevra une dose sublétale d'anesthésique/antalgique (1 min/injection intrapéritonéale) avant leur mise à mort.

Impact sur les animaux

Les animaux utilisés dans ce projet sont identifiés par les bagues à l'oreille et une partie est prélevée de l'autre oreille pour le génotypage (DAP générique pour les prélèvements pour le génotypage). Les souris pourraient ressentir une légère nuisance due à ces prélèvements (douleur légère de courte durée). Contrairement au modèle EAE (Encéphalomyélite Autoimmune Expérimentale), le modèle de démyélinisation par la cuprizone n’induit pas de paralysie des animaux et n’engendre pas de perte de poids. Cependant, ce modèle est connu pour entrainer des déficits cognitifs et sensoriels. Nous ne nous attendons pas à l'apparition de douleur suite au traitement cuprizone qui est ajouté dans la nourriture. L'objectif de ce projet est essentiellement thérapeutique et a pour but de tester les propriétés des ligands du récepteur 5-HT7 synthétisés par nos collègues chimistes dans un modèle de sclérose en plaques. Nous avons déjà montré qu'une des molécules testées (Serodolin) possède des propriétés anti-inflammatoires et antalgiques. Cependant l'injection quotidienne de ligands du récepteur 5-HT7 peut induire un stress des animaux. Si nous n'avons pas observé d'effet indésirable après administration unique, l'administration répétée peut induire différents effets indésirables tels qu'un inconfort dû à l’injection ou des effets secondaires liés au composé (comme la sédation par exemple). De même, la manipulation des animaux dans plusieurs tests comportementaux peut induire un stress. Les procédures mises en œuvre seront de classes légères ou modérées.

Devenir

Tous les animaux seront mis à mort à la fin des trois procédures pour réaliser des dosages et analyses immunohichimiques.

Remplacement

Des études in vitro seront réalisées en parallèle des études in vivo afin d’obtenir plus d’informations sur les mécanismes d’action et les voies de signalisation impliquées. Les études in vitro nous permettent aussi de vérifier l’affinité des molécules pour le récepteur et ainsi de définir la dose utilisée in vivo. Cependant, l’évaluation de l’effet anti-inflammatoire et neuroprotecteur des ligands du récepteur de la sérotonine nécessite l’utilisation de l’animal afin de considérer un organisme entier et de confronter l'effet de nos ligands à la complexité des mécanismes neurologiques mis en jeux dans la démyélinisation/remyélinisation induite par la cuprizone. L’étude du comportement animal est une étape essentielle dans le développement de médicaments actifs sur le système nerveux. L’effet d’une molécule résulte de son action au niveau de l’ensemble de l’organisme. A ce jour aucun test in vitro ou modèle informatique ne permet de prédire et rendre compte de l’ensemble des phénomènes impliqués dans l’action d’un médicament et en particulier ceux qui conditionnent le comportement.

Réduction

Le nombre d'animaux utilisé sera réduit au minimum pour obtenir des résultats pertinents, reproductibles et statistiquement valides. Les approches décrites nécessitent des cohortes de 6 animaux minimum par groupe et 10 animaux maximum par groupe pour les études de comportement. Chaque expérience sera réalisée deux fois indépendamment afin d’assurer la validité statistique des résultats. En ce qui concerne l’analyse des données comportementales, des procédures statistiques adaptées à l’analyse des variables dépendantes relevées seront utilisées.

Raffinement

Nous réaliserons une période d'acclimatation d'une semaine des animaux avant le début des expériences. Les animaux sont stabulés en portoirs à cages ventilées, dans des pièces dont la température et l’hygrométrie sont contrôlées, monitorées et fidèles à la réglementation. Les animaux ont un accès ad libitum à la nourriture et à l'eau. Le milieu est enrichi avec entre autres, des bâtons de bois à ronger de deux tailles différentes et/ou du celluron et/ou des disques de papier kraft compactés et/ou tunnels en carton ou dômes en cellulose et/ou une pyramide polycarbonate où sont placées les capsules de nourriture. Les animaux seront suivis tout au long des procédures quotidiennement (observation de l’aspect général extérieur de l’animal : posture, qualité du pelage, faciès, yeux). Un suivi deux fois par semaine avec la grille de scoring au moment de leur pesée permettra d’appliquer un point limite prédictif et aboutira à la décision de mise à mort par les responsables de bien-être animal si les points limites sont atteints. En fonction du score total, la grille de scoring pourra être appliquée quotidiennement. Dans le cas où un animal présente un ou des signe(s) clinique(s) lors des visites quotidiennes, nous effectuerons une surveillance renforcée. Le suivi des animaux est conduit par un personnel compétent pour reconnaître, quantifier et atténuer ou supprimer les signes de douleur ressentie chez les animaux. Des données de la littérature indiquent que des préparations de croquettes commercialisées n'induisent pas toutes une démyélinisation, aussi nous avons choisi de préparer notre nourriture. Une étude antérieure nous a permis de montrer que la nourriture faite maison induisait bien une démyélinisation. Cependant, sachant que la nourriture préparée ne permet pas aux animaux de ronger, dans ce projet et pour le confort des animaux, nous souhaitons évaluer si les croquettes commerciales induiront bien une démyélinisation. Si tel est le cas, les croquettes commerciales contenant l'agent de démyélinisant seront utilisées dans les procédures suivantes. Dans le cas où nous utilisons la nourriture faite maison, elle sera préparée tous les 3/4 jours et renouvelée 2 fois/sem et nous ajouterons des bâtons de bois à ronger dans la cage pour limiter la pousse continuelle des dents.

Choix des espèces

La souris est un modèle classiquement utilisé dans les études précliniques. Nous utiliserons des souris C57BL/6 car nous disposons actuellement de souris transgéniques qui n'expriment pas le récepteur 5-HT7 sur ce même fond génétique. Ces souris sont actuellement hébergées dans un établissement prestataire d'élevage, ce qui donne de nombreux avantages en termes d’élevage, d’animaleries, d’expertise en techniques d’expérimentation animale ainsi que le suivi microbiologique et vétérinaire des animaux. La souris est : - un mammifère proche de l'Homme (homologie de 90%) - l’animal de laboratoire le plus utilisé par la communauté scientifique et pour les études précliniques Les animaux sont utilisés à l’âge adulte (7 à 12 semaines) afin de garantir un système nerveux central mature. Cet écart d'âge se justifie pour pouvoir constituer nos cohortes et réduire le nombre de portées nécessaires. Nous veillerons à ce que l'âge moyen des animaux par groupe soit homogène.

  • Recherche fondamentale
    • Organes sensoriels
    • Système nerveux
Rats : 480
Souffrances
▲ -
▲ -
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▲ 480
Devenir
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 -
 480

480 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Une solution chimique injectée à travers le tympan détruit leurs capteurs d'équilibre et provoque vertiges, pertes d'équilibre et troubles de la marche, puis neuf séances de tests comportementaux s'échelonnent sur trente jours, avant une cartographie du cortex de cinq à huit heures, crâne ouvert sur cinq millimètres de côté, dont les rats ne se réveillent pas. Le projet décrit la réorganisation de deux zones cérébrales après la lésion, avec l'idée d'améliorer un jour la rééducation des patients atteints de troubles vestibulaires. Le porteur conclut que le recours aux rats est "nécessaire et incontournable" et qu'il n'est "pas remplaçable" par d'autres modèles.

Objectifs

La déafférentation des capteurs vestibulaires de l’oreille interne est à l’origine de pathologies appelées « vestibulopathies périphériques » (VP). Ces pathologies provoquent des troubles de l’équilibre et de la marche, mais également visuels, perceptifs et cognitifs associés à des vertiges. Les VP ont une forte prévalence dans la population des pays industrialisés et représentent un coût sociétal important. Dans ce projet, nous allons réaliser un modèle de lésion de l’oreille interne à l’arsanilate qui est un modèle animal de vestibulopathie représentatif de la pathologie vestibulaire chez le patient. Dans le cadre de ce projet nous allons étudier les modifications cérébrales induites dans deux zones du cerveau : une qui reçoit les informations de la surface du corps en lien avec le sens du toucher (cortex somatosensorielle primaire), et une autre zone qui contrôle les mouvements volontaires (cortex moteur primaire). À ce jour, aucune étude ne s’est intéressée précisémment à ces deux zones cérébrales après une lésion de l’oreille interne et nous faisons l’hypothèse qu’il y aura des modifications cérébrales importantes après la lésion vestibulaire. En effet, après une lésion de l’oreille interne, avec le temps le cerveau va s’adapter et compenser la perte d'équilibre permettant ainsi de retrouver une stabilité posturale. C’est ce qu’on appelle la compensation vestibulaire. Ainsi, les modifications cérébrales dans les deux zones du cerveau seront étudiées à 3 délais post-lésionnels : 4 jours après la lésion vestibulaire, 15 jours ou 30 jours. Ces différents délais nous permettrons d’évaluer comment la perte des informations vestibulaire et la compensation vestibulaire modifient nos deux zones cérébrales d’intérêts. Comprendre ces mécanismes est crucial, non seulement pour la science fondamentale, mais aussi pour améliorer les méthodes de rééducation sensorielle et motrice en clinique.

Bénéfices attendus

En France, les déficits vestibulaires représentent 5% des urgences à l’hôpital et 300 000 consultations par semaine. La perte de l’équilibre constitue un vrai handicap sensoriel et moteur et les déficits vestibulaires impactent grandement la vie quotidienne des patients. Cependant, les mécanismes qui sous-tendent la compensation vestibulaire restent en partie méconnus, notamment dans les zones cérébrales motrices et sensorielles qui nous intéressent dans ce projet. Comprendre ces mécanismes est crucial, non seulement pour la science fondamentale, mais aussi pour améliorer les méthodes de rééducation sensorielle et motrice en clinique.

Procédures

Injection d’une solution chimique à travers le tympan sous anesthésie générale pour induire le syndrome vestibulaire (vertige, déficits de la posture et de la marche) : de 40 à 90 min. Test comportementaux à J1, J2, J3, J4, J7, J10, J15, J21 et J30 après la lésion vestibulaire: 15 min par session. Cartographie (sous anesthésie générale – de 5 à 8h) : - Ouverture du crâne (5 mm x 5 mm) pour implantation d’électrodes permettant l’enregistrement des signaux cérébraux. - Stimulation de la patte et enregistrements cérébraux. - Stimulation cérébrale et enregistrements des mouvements de la patte. Perfusion intracardiaque sous anesthésie générale pour récupérer les tissus d'intérêts.

Impact sur les animaux

Les animaux soumis à une lésion vestibulaire peuvent avoir un déficit d’hydratation dans les 24-48 heures après l’atteinte vestibulaire. Une perte de poids attendue chez les animaux les premiers jours après la lésion vestibulaire (environ 5 à 10%). L’introduction d’un liquide dans l’oreille moyenne (pour la lésion vestibulaire) peut être source d’inconfort. Les déficits vestibulaires conduisent à d’autres effets indésirables tels que des problèmes de maintien de la posture, une perte d’équilibre et de la fatigue. Les tests comportementaux peuvent être source de stress pour les animaux car ils sont séparés temporairement de leurs congénères (5 à 10min). Pour la lésion vestibulaire et les enregistrements cérébraux les animaux sont sous anesthésie générale (40 à 90min pour la lésion vestibulaire, 5 à 8h pour les enregistrements). Il est nécessaire de réaliser sous anesthésie générale l’ouverture du crâne (5 mm x 5 mm) pour une implantation d’électrodes afin d’enregistrer les signaux cérébraux. Les animaux ne seront pas réveillés à la fin de cette chirurgie mais de nouveau anesthésiés profondément afin de récupérer le cerveau pour différentes analyses.

Devenir

La totalité des animaux du projet (n=480 ; 14 groupes) auront une perfusion intracardiaque afin de récupérer les tissus pour des marquages immunohistochimiques.

Remplacement

Il n’existe pas à l’heure actuelle de modèle informatique mimant de manière aussi complexe la physiologie et la physiopathologie du syndrome vestibulaire. De manière identique, les modèles in-vitro ne peuvent pas s’appliquer dans le cadre de ce projet puisque nous avons besoin de l’individu dans son ensemble, autant au niveau du système nerveux central (pour les modifications au niveau cortical) qu’au niveau périphérique (informations quant à l’équilibre postural et locomoteur, et la compensation des déficits vestibulaires). Les objectifs même de cette étude axée sur la compréhension des mécanismes de plasticité mis en jeu après une atteinte vestibulaire et leur corrélation avec la récupération fonctionnelle nécessitent le recours à des animaux. Par ailleurs, l’étude des mécanismes neurochimiques nécessite une approche post-mortem sur coupes histologiques. Nos approches invasives ne pouvant être utilisées chez l’humain, l’utilisation de rats est donc nécessaire et incontournable et n'est pas remplaçable par d’autres modèles alternatifs.

Réduction

Le nombre d’animaux par groupe est limité à son strict minimum. Le nombre d’animaux par groupe a été fixé au regard de la littérature sur les modifications cérébrales à savoir n=10/groupe/sexe. Certains animaux pourraient probablement être écarteés de notre étude pour l’une des causes suivantes : une défaillance physiologique de l’animal, une mauvaise diffusion de la solution chimique à travers le tympan, des problèmes techniques (parasitage des enregistrements cérébraux…). Ce qui nous amène à fixer le nombre de rats par groupe à n=12/sexe mais nous pourrons réduire le nombre d’animaux à n=10/sexe si aucun animal n’est écarté.

Raffinement

Avant l’administration d’une solution chimique à travers le tympan pour induire les déficits vestibulaires, les animaux sont sous anesthésie générale. La température de l’animal est maintenue avec une couverture chauffante thermorégulée, et une solution est appliquée sur les yeux pour l’hydratation oculaire. Avant le réveil de l’animal, une solution sera injectée pour sa réhydratation et ainsi compenser les pertes liquidiennes lié à la chirurgie. Les biberons des cages des animaux seront équipés d’une pipette allongée et une solution nutritionnelle complète sera fournie dans la cage des animaux pour faciliter l’hydratation et l’alimentation durant la première semaine post-lésion. Le suivi de poids, ainsi que l’évaluation de l’apparence et du comportement des animaux (réalisée avec une grille de score adaptée pour reconnaitre les points limites et actions à entreprendre mais également les points d’arrêts de l’expérimentation), sont effectués quotidiennement durant la première semaine, puis deux fois par semaine jusqu’à la fin des tests comportementaux. Les animaux sont habitués à l’expérimentateur et à la salle d’expérimentation pendant 1 à 2 semaines pour limiter le stress. Une récompense (riz soufflé chocolaté) est donnée aux animaux après les tests comportementaux avant leur retour dans l’animalerie. Avant de réaliser les enregistrements cérébraux, les animaux sont sous anesthésie générale. L’hydratation de l’animal est maintenue et renouvelé toute les heures grâce à une solution injectable. Pour faciliter la miction de l’animal pendant la chirurgie, un palpage de la vessie sera réalisé. Un analgésique sera également administré à l’animal avant incision au niveau du crâne pour pouvoir accéder au cerveau. Une solution est appliquée sur les yeux pour l’hydratation oculaire et la température de l’animal est maintenue avec une couverture chauffante thermorégulée. Tout au long de la procédure chirurgicale des points limites ont été définis visant à éviter, réduire ou supprimer la douleur ou la souffrance de l’animal. Une fois les enregistrements cérébraux terminés, les animaux sont de nouveau anesthésiés profondément avant de réaliser une perfusion intracardiaque et de récupérer leurs cerveaux.

Choix des espèces

Les études antérieures dans le domaine de la plasticité post-lésionnelle du cortex cérébral ont été menées chez l’humain, le primate non-humain et, majoritairement, chez le rat. Par ailleurs, les études développées dans le laboratoire au niveau du cortex somesthésique ont été réalisées chez le rat avec des approches électrophysiologiques, immunohistochimiques et comportementales. Les études du laboratoire dans ce domaine constituent des études de référence importantes pour l’avancée de notre projet. De même, les tests comportementaux visant à évaluer les déficits vestibulaires et leur récupération sont bien standardisés dans les études conduites chez le rat et sont maîtrisés dans notre laboratoire. Afin d’étudier la plasticité post-lésionnelle du système nerveux, les animaux utilisés seront âgés de 3 mois (± 15 jours), chez qui le système nerveux est considéré comme mature.

  • Recherche fondamentale
    • Biologie du développement
    • Oncologie
Souris : 196
Souffrances
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196 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, chacune opérée du cerveau deux fois, une première injection virale avant l'âge de quatre jours, une seconde entre vingt-quatre et vingt-huit jours. Les nouveau-nés sont séparés de leur mère jusqu'à deux heures pour la première intervention. Le porteur identifie le cannibalisme maternel comme le principal problème de ses procédures et énumère cinq parades, dont des friandises données aux femelles pour qu'elles associent son intervention à quelque chose de positif. L'enjeu est de vérifier dans un cerveau vivant un mécanisme de transport cellulaire déjà décrit sur des cultures de neurones, les retombées médicales étant renvoyées à d'éventuelles pistes futures.

Objectifs

Comment les cellules du cerveau (les neurones) peuvent-elles réagir si rapidement aux signaux, alors qu'il faut parfois des minutes, voire des heures, pour que les molécules voyagent d’une cellule à l’autre? Grâce à l’utilisation de techniques in vitro et à la modélisation mathématique, nous avons découvert un nouveau mode de transport cellulaire expliquant comment le signal se transmet de façon rapide et efficace le long des connections cérébrales. Ces résultats, obtenus in vitro sur culture cellulaire de neurones, nécessitent maintenant d’être validés in vivo afin de démontrer la pertinence physiologique de ce nouveau mécanisme dans le cerveau de mammifère. Pour cela, nous proposons d’exprimer une molécule fluorescente dans le cerveau de souris adultes qui sera transportée le long des connections cérébrales. Nous bloquerons ensuite le mécanisme de transport en injectant un inhibiteur que nous avons identifié. Nous analyserons ensuite la localisation de la molécule fluorescente après fixation des tranches de cerveau. Si le nouveau mode de transport que nous avons découvert existe in vivo, nous devrions observer une accumulation de la molécule fluorescente au niveau des points de contact avec les neurones cibles. Ces travaux permettront ainsi de démontrer comment les neurones gèrent leur communication pour la transmission rapide et efficace du signal à travers le cerveau.

Bénéfices attendus

Le transport des vésicules dans les neurones est un processus essentiel qui permet de déplacer des protéines importantes du corps cellulaire vers les zones de communication entre les neurones, appelées synapses. Dans une étude précédente, nous avons découvert un nouveau mode de transport que nous avons surnommé "Sushi-go-round", qui joue un rôle dans la régulation de ces communications. Ce projet va nous permettre de prouver l'exitence de ce mode de transport chez les mammifères, ce qui nous aidera à mieux comprendre comment les neurones communiquent et s'adaptent. Ces découvertes pourraient avoir des implications majeures en neurosciences, en nous aidant à mieux saisir le fonctionnement du cerveau et en ouvrant de nouvelles voies pour comprendre les maladies qui affectent le système nerveux.

Procédures

Dans cette étude, des souris, qui n'ont même pas encore quatre jours de vie, vont recevoir une injection de virus dans une zone du cerveau. Cette opération dure entre 10 et 20 minutes. Pendant ce temps, les souriceaux seront séparés de leur mère pour un maximum de deux heures. Ensuite, quand ils seront âgés entre 24 et 28 jours (après sevrage), ils subiront une autre injection dans une autre partie précise de leur cerveau. Cette deuxième opération prendra un peu plus de temps, entre 30 et 45 minutes. Après un temps défini dans l’étape 0 du projet, les animaux seront mis à mort pour récupérer les cerveaux pour analyse.

Impact sur les animaux

- stress : Les souris nouveau-nés (P0-P4) et leurs mères seront séparés momentanément (120min maximum) donc cela engendrera du stress. -anesthésie : risque de déshydratation, dépression cardio-vasculaire et respiratoire, hypothermie. Après l’injection des nouveaux nés, un suivi de l’animal sera mis en place tous les jours pendant une semaine pour vérifier l’apparition de signes de souffrance (peau de couleur bleutée, vocalisation, changement de la respiration abdominale). Concernant les animaux sous chirurgie, un suivi postopératoire sera également mis en place pendant les 4h de traitement (Agité ou très immobile, vocalisation ou automutilation, Augmentation de la fréquence et de la respiration abdominale), jusqu’à leur mise à mort. Un traitement analgésique en sous cutané sera utilisé en présence de signes de souffrance.

Devenir

Tous les animaux ayant subis une chirurgie seront mis à mort pour les prélèvements.

Remplacement

Ce projet s'inscrit dans la continuité d'une recherche précédente qui a été réalisée dans notre laboratoire, où nous avons découvert un nouveau moyen par lequel les cellules nerveuses peuvent communiquer rapidement entre elles. . Ces résultats proviennent d’analyse à partir de culture de cellules de souris. Maintenant, nous devons vérifier si ce même processus se produit dans un organisme vivant, la souris. C'est pourquoi nous ne pouvons pas nous passer de ce modèle animal pour nos prochaines étapes de recherche.

Réduction

Pour réaliser nos expériences, nous devons déterminer combien de souris nous avons besoin. Cette décision est basée sur des études précédentes, ce qui nous aide à garantir que nos résultats seront fiables et reproductibles. Nous avons prévu d'utiliser 15 souris par groupe pour certaines analyses, en incluant à la fois des mâles et des femelles. Pour une autre partie de notre étude, qui concerne l'activité électrique des neurones, nous utiliserons 10 souris par groupe. De plus, afin de réduire le nombre de souris nécessaires tout en assurant que nos résultats soient cohérents, nous allons d'abord tester les paramètres d'injection des virus. Cela nous permettra d'optimiser nos méthodes avant de commencer les expériences principales.

Raffinement

Lors de la chirurgie, les souriceaux sont anesthésiés et ils reçoivent une injection d'analgésique. Nous veillons à ce que les animaux soient en contact avec de la litière provenant de leur cage d'origine afin qu'ils soient en présence d'odeurs familières. Le plus gros problème rencontré dans nos procédures est le cannibalisme maternel. Afin de diminuer au maximum ce phénomène, nous mettons en place plusieurs actions : 1- seules les femelles qui ne présentent pas de signes de stress sont utilisées 2- nous favorisons l'utilisation de femelles non primipares 3- une grande quantité de matériel de nidification est fournie 4- les femelles ne sont manipulées qu'avec des tunnels 5- deux à trois fois par semaine pendant la gestation, nous fournissons quelques friandises ou du gel nourrissant aux femelles afin qu'elles associent notre intervention à quelque chose de positif. La croissance pondérale est le principal marqueur de bonne santé chez les nouveau-nés puisqu'elle indique que l'individu arrive à se nourrir et que la mère s'occupe bien de lui. Ainsi tout individu qui présente une croissance pondérale altérée est, selon le degré, suivi de plus près (point limite) ou euthanasié (point d'arrêt).

Choix des espèces

Compte tenu du degré de similarité anatomique et cellulaire important entre le cerveau de souris et le cerveau humain, la souris est un modèle de choix pour étudier le rôle du transport axonal. Nous utiliserons des souris C57/BL6J. Les injections seront réalisées à deux stades de développements : 1/ Cerveau immature : injection de virus avant les 4 jours de vie du souriceaux 2/ Cerveau mature : injection après 21 à 24 jours de latence (après expression du virus) d'un inhibiteur du transport, pour visualiser l'accumulation de vésicules ( petites sacs) au niveau des prolongements des cellules nerveuses qui se trouve dans la zone du cerveau qui relie les deux hémisphères.

  • Recherche fondamentale
    • Oncologie
    • Système immunitaire
    • Système nerveux
Souris : 3600
Souffrances
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Devenir
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Certaines des souris utilisées développent spontanément des tumeurs sur leurs dix glandes mammaires vers quatorze à seize semaines, d'autres reçoivent à quatre semaines une toxine qui détruit une partie de leurs neurones de la douleur. 3 600 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles portent des adénocarcinomes mammaires, subissent des chimiothérapies, des injections péritumorales et l'implantation chirurgicale d'une micropompe, sans qu'aucun analgésique puisse leur être donné puisque le projet porte justement sur les neurones de la douleur, et le porteur affirme pourtant qu'en respectant les limites de taille des tumeurs elles n'atteindront jamais le stade de la souffrance. La mise à mort, entre seize et vingt-huit semaines, sert à prélever les tumeurs, les poumons, la rate, les ganglions lymphatiques et les ganglions rachidiens.

Objectifs

Il apparait de plus en plus évident que les systèmes nerveux et immunitaire travaillent de concert pour détecter les menaces, assurer la défense de l’hôte et maintenir ou restaurer l’homéostasie. Leur interaction repose sur l’action de molécules libérées par les fibres nerveuses innervant les tissus, capables de moduler les fonctions des cellules immunitaires, et vice-versa. Les glandes mammaires saines et les tumeurs mammaires murines sont innervées par ces fibres nerveuses impliquées dans la perception de la douleur et pourraient influencer la progression tumorale en fonction du statut inflammatoire des tumeurs. L’objectif principal de ce projet est donc d’examiner en détail l’influence potentielle de certaines de ces fibres nerveuses (Nav1.8+) sur la croissance tumorale et la réponse immunitaire antitumorale, en particulier lors de traitements chimiothérapeutiques.

Bénéfices attendus

L’influence des fibres nerveuses Nav1.8+ sur la régulation de la réponse immunitaire antitumorale et l’effet thérapeutique des chimiothérapies reste peu exploré. Outre son aspect fondamental, la compréhension des mécanismes sous-tendant cette régulation permettrait d’identifier de nouvelles approches thérapeutiques combinées aux chimiothérapies. L’étude de l’influence des nocicepteurs sur la croissance tumorale et la réponse immunitaire anti-tumorale lors de traitement chimiothérapeutiques revêt donc une pertinence clinique évidente. Notamment, cette étude pourrait apporter des éclaircissements sur la prise en charge de la douleur provoquée par ces traitements, et déterminer si celle-ci influe sur la réponse antitumorale.

Procédures

Certaines souris seront soumises à une procédure chirurgicale afin de d'implanter une micro pompe osmotique. L'ensemble des injections (Intrapéritonéales, sous-cutanées, péri-tumorales) seront réalisée sous anesthésie gazeuse légère (isofluorane) et n’excèdent pas 10 secondes. Les souris subiront des prélèvements sanguins réalisés sous anesthésie gazeuse sans nuisance pour l’animal.

Impact sur les animaux

Les animaux seront porteurs d’un ou plusieurs adénocarcinomes mammaires et seront soumis à des traitements chimiothérapeutiques, susceptibles de déclencher des douleurs chez les animaux. Compte tenu de la nature même du projet qui propose d’explorer l’effet des neurones impliqués dans la perception de la douleur, aucun analgésique ne pourra être utilisé sans compromettre les résultats expérimentaux. Certaines lignées de souris utilisées dans ce projet développent des tumeurs mammaires au niveau des 10 glandes mammaires aux alentours de 14-16 semaines. Cependant, par expérience, en respectant les limites de taille des tumeurs, les souris n’atteindront jamais le stade de souffrance ou de difficulté de mouvement aux temps auxquels elles seront mises à mort (entre 16 et 28 semaines). Dans ce projet, les souris seront soumises à diverses interventions (injection de cellules, agents chimiques, actes chirurgicaux) susceptibles de provoquer des douleurs allant de modérées à sévères, ainsi qu'un stress de durée variable, allant de courte durée (10 secondes) à plus longue durée (1 heure).

Devenir

Mise à mort des animaux à la fin des procédures expérimentales pour récupérer les organes d'intérêts (tumeurs, poumon, ganglion lympahatiques, rate, ganglions de la corne dorsale)

Remplacement

Notre hypothèse est que les fibres nerveuses Nav1.8+ pourraient influencer l’effet thérapeutique des chimiothérapies et la réponse immunitaire antitumorale. Compte tenu de la nature même du projet, qui nécessite d’effectuer des traitements de chimiothérapies sur des individus malades, seuls des modèles animaux sont utilisables pour répondre à ces questions. De plus, la tumeur est un micro-environnement complexe qui ne peut pas être modélisée in vitro et in silico, particulièrement en ce qui concerne son innervation sensorielle. Cependant, pour la recherche des mécanismes de l’interaction neurone-cellules immunitaires-cellules tumorales, nous veillerons à utiliser dès que possible des techniques ex vivo déjà maitrisées au laboratoire, telles que la coculture de neurones, de cellules tumorales et de cellules immunitaires. De même, pour comprendre l’effet spécifique des chimiothérapies sur l’activation neuronale, nous tenterons d’effectuer ces traitements sur des cultures de neurones

Réduction

Le plan de nos expériences est construit de sorte à limiter le nombre de souris au maximum. Le modèle d’induction d’un adénocarcinome mammaire est très bien décrit et maitrisé au sein du laboratoire. Ainsi, la pousse tumorale aura lieu dans quasiment 100% des souris. Des expertises antérieures de certains membres de l’équipe, enrichies par des recherches bibliographiques, nous ont permis de déterminer le nombre de souris nécessaires par expérience. Ce nombre a été également déterminé afin de répondre aux exigences de tests statistiques permettant d’obtenir une différence clinique et significative. Pour chaque groupe d'animaux utilisé, tous les paramètres quantifiables seront vérifiés (poids, taille de la tumeur, marqueurs sanguins, comportement) et tous les organes nécessaires à notre étude seront prélevés (tumeur, rate, foie, poumons, ganglions lymphatiques drainant et ganglion rachidien de la racine dorsale (DRG)) afin d'éviter de répéter des expériences inutiles. Pour minimiser l'impact du microbiote intestinal sur le développement tumoral et donc la variabilité de nos expériences, nous avons choisi de comparer les groupes de souris génétiquement modifiées avec leurs contrôles de même portée respectifs et non avec des souris de type sauvage.

Raffinement

Pour réduire le stress des animaux, un temps d'acclimatation d'au minimum une semaine sera respecté après un transfert d'une animalerie à l'autre ainsi qu'avant toute procédure expérimentale. Les souris seront hébergées en cage standard avec toit filtrant au nombre de 5 souris par cage, avec de la sciure de bois utilisée comme litière, des lanières de papier kraft comme matériau de nidification et des maisons en dôme. Les souris sont nourries et boivent ad libitum et sont libres de leur déplacement. Pour réduire la souffrance : une surveillance quotidienne est réalisée. Les points d’observation seront réalisés quotidiennement suivant le développement tumoral et consisteront en une vérification du poids, de la vivacité et de l'état du pelage et du comportement général des animaux, ainsi que de la taille et de l’aspect de la tumeur. Une souris qui aura perdu 20% de son poids initial sera systématiquement mise à mort. De la nourriture humide sera déposée systématiquement dans la cage des animaux à partir du moment où la taille des tumeurs atteindra 200mm3 pour faciliter au maximum l'alimentation.

Choix des espèces

La souris constitue un modèle idéal pour notre étude. Le haut niveau de similarité de sa biologie par rapport à l’homme (dans notre cas, les schémas des systèmes immunitaires et neuronaux sont très similaires entre l’homme et la souris), l’état actuel des connaissances, les outils et structures disponibles pour sa manipulation et un temps de génération court font de la souris le modèle idéal à l’étude des systèmes immunitaire et nerveux. De plus, le modèle murin est un modèle de choix par l'existence de souris génétiquement modifiées. Des souris d'âge minimum de 7-8 semaines seront utilisées afin d'avoir un système immunitaire et sensoriel mature. Certaines souris seront traitées à la résinifératoxine et à la toxine diphtérique, respectivement, à l’âge de 4 semaines. En effet, l'injection doit être effectuée le plus précocement possible lors du développement du système nerveux afin d'obtenir une déplétion optimale et spécifique de cette sous-population neuronale.

  • Recherche fondamentale
    • Oncologie
Souris : 20
Souffrances
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Devenir
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 20

Injectées cinq jours de suite dans l'abdomen pour faire apparaître des lésions précancéreuses de la prostate, 20 souris mâles attendent ensuite plusieurs mois avant de recevoir un gavage quotidien pendant deux semaines. Elles sont toutes tuées à l'issue pour que leur prostate soit analysée, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. L'objectif est de confirmer sur un animal vivant qu'inhiber une voie de signalisation réduit le potentiel métastatique, effet déjà observé sur des systèmes ex vivo. Ni le produit qui déclenche les lésions ni la molécule testée ne sont nommés, et la durée réelle de détention des souris tient dans un "plusieurs mois plus tard".

Objectifs

Le cancer de la prostate est la 3ème cause de mortalité par cancer chez l'homme. Dès lors qu'il est invasif, il conduit inévitablément au décès du patient par échappement aux traitements. Notre laboratoire s'intéresse aux mécanismes moléculaires de progréssion des lésions précancéreuses indolores et benignes vers les tumeurs invasives et agressives. Nous avons demontré que l'activation d'une voie de signalisation dans les lésions précancéreuses promeut l'aggresivité et l'invasion métastatique. Nous avons également montré dans les systèmes ex vivo que l'inhibition de cette voie dans les cellules prostatiques diminue leur plasticité et donc le potentiel métastatique. Le but de cette étude est de valider cet effet in vivo.

Bénéfices attendus

Ce projet permettra de valider le potentiel thérapeutique d'un composé montré bénéfique pour diminuer le potentiel métastatique in vivo. L'ensemble de l'étude nous permet une meilleure compréhension de la pathogénèse du cancer de la prostate ouvrant des nouvelles perspectives thérapeutiques et une meilleure prise en charge des patients.

Procédures

Les animaux de ce projet (20) seront sujets à des traitements par des injections au niveau de l'abdomen pendant 5 jours pour induire l'apparition de lésions précancéreuses prostatiques. Cette procédure prend 10 secondes comprenant la préhension de la souris et l'injection en elle-même. Plusieurs mois plus tard, les animaux seront soumis à un traitement pharmacologique soit avec la molécule active, soit avec son adjuvant. Ces solutions seront administrées par la voie orale, à l'aide d'une sonde. Cette procédure prend 10 secondes comprenant la préhension de la souris et l'administration du composé. Le traitement sera quotidien pensant 2 semaines, et à la fin de la procédure les tissus seront récupérés post-mortem pour des analyses histologiques.

Impact sur les animaux

Les injections répétitives peuvent induire l'irritation et/ou une douleur au niveau de la zone d'injection. Les lésions précancéreuses restent indolores jusqu'à 5 mois après injection du premier composé, nous ne nous attendons donc pas à une agressivité et donc à une douleur. L'administration par gavage oral, une irritation au niveau de la voie d'administration est possible, mais très peu probable. Le composé est bien toléré à la dose et la durée de traitement prévues pour cette étude, et même pendant les périodes de traitement prolongées et à forte dose.

Devenir

Une fois les procédures terminées, les prostates des animaux seront prélevées post-mortem pour les analyses ultérieures.

Remplacement

Aucun modèle cellulaire ne récapitule la cinétique de la transition cancéreuse ni la complexité cellulaire impliquée dans l'évolution des lésions précancéreuses. Cette complexité rend nécessaire l'utilisation d'expériences in vivo pour comprendre ce phénomène et en disséquer les méchanismes moléculaires. Nous avons étudié l'effet de ce composé dans des systèmes ex vivo préalablement à cette étude.

Réduction

Etant donné la variablité inter-individuelle observée dans nos études précédentes, nous avons estimé que 10 souris par lot étaient suffisantes afin d'observer un effet de traitement. Ainsi, nous avons prévu les groupes de souris de sorte à avoir 10 souris par analyse effectué pour le groupe expérimental donné.

Raffinement

Tout le long des traitements par injections intra-péritonéales, la souris sera surveillée afin de détecter les irritations ou l'inflammation du site d'injection. De plus, les injections seront réalisées en altérnant les côtés d'injection. Tout le long des traitements par voie orale, les animaux seront surveillées pour les signes des douleurs au niveau de la voie d'injection, notamment l'hydratation de l'animal sera survéillée quotidiennement par le pincement de la peau, le poids des animaux sera également surveillé quotidiennement pendant la durée du traitement. De la nourriture en gel sera ajoutée dans les cages dès le premier jour des traitements. Le composé lui-même a été décrit dans la littérature comme bien toléré par les animaux à des doses et pour la durée de traitement que nous prévoyons pour notre étude. Nous ne nous attendons donc pas à une souffrance des animaux en liaison avec le traitement. Toutefois, les souris seront surveillées quotidiennement, avec un suivi de l'aspect général de l'animal, sa posture et son comportement. Tout animal en souffrance sans possibilité de soulagement sera sorti de l'étude. Tout au long de leur vie, les animaux seront surveillés par le personnel compétent, les cohortes seront constituées de sorte qu'aucun animal ne se retrouve isolé et l'enrichissement (des nids en fibres) sera ajouté dans la cage.

Choix des espèces

Le modèle de souris qu'on utilise recapitule de manière fidèle l'apparition et l'évolution des lésions précancéreuses prostatiques chez l'homme. Etant donné que le but de l'étude est d'évaluer l'effet d'un traitement et que le les cellules environnantes les lésions précancéreuses jouent le rôle clé dans l'évolution des lésions, nous sommes dans l'impossibilité d'utiliser les systèmes cellulaires qui ne récapitulent pas la complexité d'un tissu. Seuls les souris mâles adultes seront utilisés dans ce projet car l'induction de lésions précancéreuses doit se faire sur des prostates matures et donc après la puberté.

  • Recherche fondamentale
    • Système cardiaque
Rats : 48
Souffrances
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Devenir
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 48

48 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacun reçoit une injection dans la veine caudale sous anesthésie, puis subit neuf prélèvements sanguins par voie sous-mandibulaire, avant que son cœur, son foie, ses poumons et sa thyroïde ne soient prélevés pour y doser le produit. Il s'agit de mesurer où se répartit dans le corps une amiodarone encapsulée dans des nanocapsules lipidiques, première étape du développement d'un médicament contre la fibrillation atriale. Le porteur affirme qu'aucune méthode alternative ni aucune modélisation ne permettent ces mesures, et juge "indispensable" de développer de nouvelles approches thérapeutiques.

Objectifs

La fibrillation atriale est le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque et touche environ 300 000 personnes en France. Le médicament antiarythmique amiodarone est le seul médicament autorisé pour le traitement de cette pathologie en cas d’insuffisance cardiaque malgré ses effets indésirables cardiaques et extracardiaques associés. En effet, l'amiodarone se distribue dans le coeur mais également dans de nombreux organes tels que la thyroïde, le foie, le poumon ou l'oeil. Améliorer les formulations médicamenteuses permettrait donc de mieux traiter les patients. Ce projet vise à utiliser les nanomédecines pour cibler le coeur et diminuer la distribution d'amiodarone aux autres organes afin de limiter ses effets secondaires. L'introduction de l’AMD dans des particules de très petite taille, appelée encapsulation, représente une stratégie prometteuse pour diminuer sa toxicité et améliorer son efficacité. L’objectif de ce projet est d’évaluer la biodistribution , c'est-à-dire la répartition dans les différents organes , la pharmacocinétique, c'est-à-dire le devenir dans l’organisme et la toxicité de l’amiodarone encapsulée par rapport à la molécule seule in vivo chez le rat. Les études de la pharmacocinétique et de la distribution tissulaire des différentes formulations d'amiodarone représentent une étape essentielle dans le développement d’un potentiel nanomédicament. Ce projet permettra d’analyser le devenir des formulations dans l’organisme, d'évaluer une potentielle accumulation dans les organes et ainsi de pouvoir mieux appréhender d’éventuels effets indésirables propres à la nanoparticule. L'objectif est de valider la première étape de développement d'un nouveau médicament qui entraîne moins d'effets secondaires que le médicament actuel.

Bénéfices attendus

Ce projet nous permettra de déterminer si l'introduction de l’AMD dans des particules de très petite taille est capable de cibler le coeur. La fibrillation atriale est aujourd’hui une cause majeure de mortalité et morbidité dans le monde. Malgré les progrès réalisés ces dernières années dans la prise en charge précoce des patients, qui a permis de diminuer considérablement la mortalité aigue, il existe toujours un risque élevé pour les patients de développer un accident vasculaire cérébral. L’arsenal thérapeutique disponible actuellement a permis des progrès cliniques mais la morbi-mortalité reste élevée. A ce jour, la fibrillation atriale constitue un problème majeur de santé publique en France et il apparait indispensable de développer de nouvelles approches thérapeutiques pour améliorer la qualité de vie des patients et rendre l'amiodarone accessible à un plus grand nombre de patients. Le but du présent projet est de démontrer que l'encapsulation d'AMD pourrait constituer une stratégie thérapeutique prometteuse et originale pour le traitement de la fibrillation atriale.

Procédures

Les animaux anesthésiés (isoflurane) seront soumis à une procédure d'injection dans la veine caudale. La durée totale de l’intervention est d'environ 3 min. 9 prélèvements de sang seront réalisés en sous-mandibulaire.

Impact sur les animaux

Notre objectif est d’offrir aux animaux la meilleure qualité de vie possible et de garantir que toute nuisance ou souffrance due aux procédures soit détectée et réduite le plus rapidement possible. Les nuisances ou effets indésirables suite à l'anesthésie sont l'hypotension, le refroidissement et la perte de poids. Une douleur modérée au site de ponction veineuse pourrait être induite par les prélèvements sanguins multiples.

Devenir

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure expérimentale en vue du prélèvement des organes post-mortem (coeur, foie, poumon, tyroïde) pour les dosages tissulaires d'amiodarone.

Remplacement

Le remplacement d'animaux ne sera pas possible dans cette étude, car il n’existe pas aujourd’hui de méthode alternative ni de modélisation possible des études de biodistribution et pharmacocinétique qui doivent être réalisées in vivo.

Réduction

Dans le respect de la règle des 3R, nous réduirons le nombre d'animaux à maximum 6 rats par groupe. Ce nombre est basé sur notre expérience et a aussi été estimé à l'aide d'un logiciel de biostatistiques. C’est le nombre minimal qui permet d’assurer la robustesse des résultats pour évaluer au mieux la biodistribution tissulaire et la pharmacocinétique de l'amiodarone encapsulée , sans qu’il soit excessif en terme d’animaux à inclure. Seules les expériences indispensables seront réalisées et il n’y aura pas de répétition inutile d’expérience. Une analyse statistique des résultats sera ainsi réalisée à l’aide de tests non paramétriques. Afin de limiter le nombre d’animaux utilisés, nous réaliserons toute une série de collecte de données sur un même rat: prélèvements sanguin et tissulaires.

Raffinement

Nous raffinerons cette étude par un hébergement des animaux selon la réglementation en vigueur avec un enrichissement du milieu. Les animaux sont élevés avec une attention particulière (passage du personnel minimum 2 fois/jour et observation de l'état général). Les manipulations sont réduites au minimum afin de limiter le stress des animaux. La souffrance de l’animal sera réduite au maximum ou supprimée par l’utilisation systématique d’anesthésique avant la procédure et d’analgésique si l'animal montre des signes de douleurs. Notre objectif est d’offrir aux animaux la meilleure qualité de vie possible et de garantir que toute nuisance ou souffrance due aux procédures scientifiques soit détectée et réduite le plus rapidement possible. Une période d’acclimatation d’au moins 7 jours sera respectée après réception des animaux. Pour éviter tout stress, les animaux seront hébergés selon la réglementation en vigueur : - dans des cages aux normes suivant leur âge et leur poids - en groupe social au sein de l’animalerie - en leur mettant à disposition un enrichissement du milieu (cabanes, tunnels, papier, coton pour la confection de nids). Une grille d’évaluation des points limite sera mise en place pour évaluer l’état de l’animal après la procédure et mettre en évidence un éventuel point limite. La décision de garder en vie les rats sera prise par le responsable du projet en concertation avec la structure de bien-être animal (SBEA). La mise à mort sera réalisée par un protocole adapté en vue des prélèvements post-mortem.

Choix des espèces

Le rat est un modèle de choix pour les études de biodistribution et de pharmacocinétique. Il existe dans cette espèce une grande disponibilité d’outils d’étude biologiques pour la biodistribution et la pharmacocinétique. Rats jeunes adultes de 3 mois pour s'affranchir de l'effet du vieilissement.

  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 582
Souffrances
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Devenir
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Comprendre comment le cerveau décode l'intensité des odeurs, en démêlant ce qui revient à l'olfaction et ce qui revient aux fibres nerveuses trigéminales : pour cette question, 582 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une biopsie de la queue vers six jours sert au génotypage, puis viennent une heure de chirurgie sous isoflurane pour injecter un virus et implanter des fibres optiques dans le cerveau, et des séances quotidiennes de discrimination olfactive de vingt minutes pendant huit à dix jours. Pour que les souris travaillent, leur eau de boisson est additionnée d'acide citrique afin qu'elles boivent moins et cherchent la récompense, ce qui fait baisser leur poids. Le porteur annonce des points limites "établis préalablement" sans dire lesquels, et ne précise pas combien des 582 souris passent par la chirurgie.

Objectifs

L'odorat joue un rôle essentiel dans l'interaction avec le milieu environnant, la détection des sources d'alimentation potentiellement dangereuses et l'évaluation de la comestibilité des aliments. Ces dernières années, l'importance de l'odorat est devenue de plus en plus évidente, en raison de l'augmentation des troubles de l'odorat provoquée par les infections par le SRAS-CoV2. Par rapport à d'autres pertes sensorielles telles que la cécité ou la surdité, l'anosmie a attiré peu d'attention en partie parce qu'il s'agit d'une condition socialement « invisible ». La pandémie de COVID-19 a considérablement augmenté l'incidence de cette maladie et a également sensibilisé le grand public à ce sujet. Pourtant il n'existe aucune intervention thérapeutique permettant de récupérer ou d'améliorer les capacités olfactives. Cette absence de solutions découle d'un manque de connaissances sur les mécanismes physiologiques qui régissent le système olfactif. Les principes fondamentaux qui déterminent la perception de mélanges d'odeurs complexes, les stimuli olfactifs les plus courants dans la nature restent non élucidés. La plupart des odeurs à des concentrations spécifiques peuvent activer les fibres nerveuses trigéminales dans l'épithélium olfactif provoquant des sensations telles que le froid, le chaud ou l'irritation, dont on sait qu’elles interagissent avec le système olfactif. Ce projet vise à comprendre comment le bulbe olfactif décode l'intensité des odeurs en étudiant comment sont intégrés les signaux olfactifs et trigéminaux déclenchés par les odorants.

Bénéfices attendus

Les données épidémiologiques estiment que 10 à 15% de la population mondiale souffre d’une altération de l’odorat, et que 5% de la population mondiale est totalement anosmique. Toutefois, comparée à d'autres pertes sensorielles telles que la cécité ou la surdité, l'anosmie a souvent été négligée par les institutions médicales et gouvernementales. Pourtant l’anosmie est fréquemment associée à une nette détérioration de la qualité de vie amenant très souvent à une dépression. Notre étude permettra de mieux comprendre le lien entre olfaction et sens trigeminal et de mieux connaître le traitement cérébral des odeurs, résultats qui seront utiles pour améliorer la qualité de vie des patients ayant des troubles de l'odorat.

Procédures

Les animaux seront génotypés à l'aide d'une biopsie de queue faite vers 6 jours. Nous réaliserons des chirurgies pour l'injection virale et l’implantation chronique de fibres optiques d'enregistrement chez la souris éveillée (chirurgie environ 1h sous isoflurane). Pour le test comportemental de discrimination olfactive (environ 1 séances de 20 min par jour pendant 8-10 jours) les animaux auront de l'acide citrique dans leur eau de boisson afin de limiter leur prise hydrique, diminution contrebalancée par la récompense obtenue dans la cage de comportement, la nourriture est donnée ad libitum. Le poids des animaux est mesuré plusieurs fois par semaine. Les odorants et le CO2 sont présentés à des intensitées non aversives pour les animaux.

Impact sur les animaux

Les animaux seront génotypés à l'aide d'une biopsie de queue faite vers 6 jours ce qui peut entraîner une légère douleur de courte durée. La chirurgie peut entrainer un saignement important au niveau du crâne de l'animal et entrainer une douleur et des problèmes de récupération (modérée). Les tests olfactifs seront réalisés en donnant de l'acide citrique dans l'eau de boisson ce qui permettra de les laisser ad libitum. Cela fera baisser leur poids (car ils boivent moins). La présentation de CO2 peut être aversive à forte dose, toutefois nous resterons dans une gamme de dosage sans effet pour l'animal. Les effets indésirables pourront se produire lors de l'injection de methimazole. Les données de la littérature indiquent que l'inflammation à court terme est spécifique de l'épithelium olfactif. L’anosmie transitoire peut perturber la prise alimentaire ainsi que le poids des animaux (légères).

Devenir

Tous les animaux seront mis à mort pour prélèvements du cerveau à la fin de la procédure.

Remplacement

Dans le cadre de notre projet , nous devons utiliser des souris in vivo. Nous ne pouvons pas réaliser ces expériences in vitro ou sur cultures de cellules puisque pour notre étude nous avons besoin d'observer les paramètres comportementaux et de physiologie intégrée.

Réduction

Les groupes expérimentaux ont été créés en considérant la variabilité biologique entre individus et la complexité des procédures envisagées. Le nombre d'animaux utilisé est fortement lié à la puissance statistique afin de s'assurer avec certitude de la validité des résultats obtenus, selon le protocole nous utiliserons des tests de two-way ANOVA suivis de tests post hoc Sidak pour les comparaisons 2 à 2, ou des t-test ou leur équivalent non paramétrique. Afin d'optimiser nos cohortes et réduire le nombre d'animaux transgéniques générés par croisements, nous utiliserons l'ensemble des portées (mâles et femelles). Les animaux non utilisés à l'issue du génotypage seront proposés au don. Nous avons prévu une étude pilote en amont des expériences afin de valider les sites précis d'injection et ainsi réduire le nombre total d'animaux utilisés. Lors du prélèvement des tissus, certains tissus non utilisés pourront être récupérés par d'autres membres de l'équipe.

Raffinement

Le soin apportés aux animaux par le personnel zootechnique et les expérimentateurs a pour but d'améliorer le bien-être des souris, et de réduire, supprimer ou soulager les douleurs dans les procédures invasives en particulier. Pour chaque source potentielle de stress, des mesures bioéthiques sont prises afin de minimiser toute gêne pour l’animal. Les sources de souffrance et l’angoisse des animaux pourraient provenir des conditions d’hébergement. L’accueil est effectué dans une structure d’animalerie agréée en matériel et en personnel. Le milieu de vie en cages d’hébergement est enrichi par des objets adéquats, comme un nid en coton et des batons de bois. Une visite quotidienne de l’animalerie est organisée pour vérifier l’absence d’anomalie pour les cages, les biberons, les rations alimentaires et le comportement des animaux. Nos protocoles ont été mis au point de façon à veiller au bien-être animal en améliorant leur environnement et en surveillant leur état de santé: notamment nous chercherons à éviter et limiter la douleur et la souffrance, à assurer des soins pré-, per- et postopératoires adéquats, à recourir à l'anesthésie et à l'analgésie, à appliquer les points limites établis préalablement et, enfin, à utiliser les procédures réglementaires et appropriées de mise à mort.

Choix des espèces

Les comportements olfactifs, alimentaires, de recherche de récompense peuvent être étudiés avec pertinence chez la souris en comparaison avec l’homme. La souris permet également de manipuler certains gènes permettant d’accéder à la partie plus mécanistique des processus dans un environnement physiologique comparable à l’homme. Nous utiliserons des mâles et des femelles. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (à partir de 2-3 mois) afin que les réseaux neuronaux soient bien établis et que les expériences ne soient pas perturbées par une plasticité neuronale accrue.