Alimentation animale
- Autres troubles humains
- Bien-être animal
- Cancers
- Diagnostic des maladies
- Maladies animales
- Maladies des plantes
- Maladies infectieuses
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
- Troubles cardiaques
- Troubles endocriniens
- Troubles gastrointestinaux
- Troubles immunitaires
- Troubles musculosquelettiques
- Troubles nerveux
- Troubles respiratoires
- Troubles sensoriels
- Troubles urogénitaux
Evaluation des réponses physiologiques, comportementales et zootechniques de volailles de chair exposées à des épisodes contrôlés de stress thermique
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Renvoyés vers les circuits de commercialisation ou tués par électronarcose dans l'abattoir expérimental de l'établissement, 6 368 poulets de chair vont être exposés à des épisodes de chaleur contrôlés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. L'élévation de température fait monter leur température corporelle et leur rythme respiratoire, réduit leur activité et freine leur croissance, effets recherchés puisqu'il s'agit de les mesurer. Les manipulations se limitent à des pesées à cinq dates et à des notations de lésions des pattes, sans prélèvement. Le porteur cherche des additifs nutritionnels capables d'atténuer ces effets, et affirme qu'aucune méthode substitutive ne reproduit la thermorégulation des volailles.
Objectifs
L’augmentation des températures environnementales pose des défis majeurs pour la sécurité alimentaire et le bien-être animal. Le stress thermique induit une hausse de l’incidence des maladies chez les animaux d’élevage, notamment en raison d’une augmentation du nombre d’agents pathogènes et/ou d’une altération de la fonction immunitaire de l’animal. Chez les volailles de chair en particulier, le stress thermique constitue l’un des principaux facteurs affectant la santé, la croissance, la consommation alimentaire, la mortalité et le bien-être. Dans ce contexte, l’élévation des températures moyennes et la fréquence accrue des vagues de chaleur rendent indispensable l’étude des réponses animales afin d’adapter les systèmes d’élevage. Ce projet consiste à mesurer l’impact thermique sur les performances de croissance (poids, gain de poids moyen quotidien) et de consommation (consommation d’aliment et d’eau) ainsi que sur des réponses physiologiques (stress oxydatif, température corporelle, etc.). Des mesures comportementales peuvent être aussi analysées dans ce projet afin de caractériser les effets de la chaleur sur le comportement des animaux (activité, prise alimentaire, etc.). De plus, ce projet a pour objectif de tester différents outils pour pallier ce stress thermique. Pour cela, nous étudions de nouveaux programmes alimentaires et/ou de nouveaux aliments. Nous testons ou mettons au point de nouveaux additifs nutritionnels (antioxydants, acides aminés de synthèse, huiles essentielles, probiotiques…) et autres produits d’intérêt nutritionnel ayant pour objectif de réduire les effets néfastes du stress thermique sur les volailles d’élevage.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus du projet sont multiples. Les mesures réalisées peuvent permettre d’améliorer les connaissances sur l’impact du stress thermique sur les animaux en termes de performances zootechniques, de réponses physiologiques ou de comportements. Ces mesures permettent également d’évaluer l’efficacité de solutions nutritionnelles pour pallier les effets néfastes du stress thermique sur les animaux. Ainsi ces travaux contribueront à renforcer la résilience des systèmes d’élevage face au changement climatique.
Procédures
Aucun prélèvement n’est réalisé sur les animaux. Les manipulations d’animaux sont limitées et non invasives, s’agissant principalement de pesées au cours de l’essai (à J10, J21, J28, J35, J42). Chaque pesée dure entre 1 minute par animal (si pesée individuelle) et 5 minutes maximum (si pesée par petits groupes d’animaux). Dans certains cas, des analyses sur les fèces ou la litière peuvent être réalisées mais cela ne nécessite pas de prélèvement ou d’intervention sur les animaux (récolte des fèces via des plateaux sous les compartiments ou échantillon de litière prélevé dans la case). De même, les mesures de comportements ne nécessitent pas d’interventions sur les animaux puisqu’il s’agit d’observations. Enfin, dans certains essais, des critères de bien-être et/ou physiologiques peuvent être étudiés comme des notations de pododermatite (évaluation des lésions des pattes : rougeurs, irritations, ulcérations) ou des relevés de température corporelle. Cela nécessite une contention de l’animal par l’opérateur, de moins d’une minute par animal.
Impact sur les animaux
La principale nuisance attendue dans ce projet est liée à l’exposition des animaux à un stress thermique modéré et contrôlé. Celui-ci se traduit principalement par une augmentation de la température corporelle et du rythme respiratoire, ainsi que par des modifications comportementales (réduction de l’activité, augmentation du temps passé en position de repos). Une dégradation des performances zootechniques (réduction de l’ingéré alimentaire, diminution du gain de poids, altération de l’efficacité alimentaire) est également attendue en lien avec l’élévation de la température ambiante. En conditions extrêmes, un stress thermique prolongé ou trop intense peut entraîner une détérioration de l’état général pouvant aller jusqu’à la mortalité. Cependant, dans le cadre de ce projet, les conditions expérimentales sont définies de manière à induire un stress thermique modéré, sans atteindre ces niveaux critiques. Des mesures de suivi rapproché des animaux ainsi que des seuils d’intervention clairement établis permettent d’adapter immédiatement les conditions (réduction de la température, interruption de l’exposition) afin de prévenir toute atteinte sévère au bien-être. De ce fait, aucune mortalité liée à cette procédure n’est attendue.
Devenir
À l’issue de chaque essai, les animaux sont soit orientés vers les circuits conventionnels de commercialisation des volailles de chair, soit mis à mort par électronarcose à des fins scientifiques dans notre abattoir expérimental par du personnel formé et conformément aux méthodes de mises à mort règlementaires. Cette seconde option permet la réalisation d’analyses complémentaires de qualité de la viande par exemple.
Remplacement
Aucune méthode substitutive ne permet actuellement de reproduire la complexité de la thermorégulation chez les volailles, en intégrant les interactions comportementales et métaboliques intervenant dans ce processus.
Réduction
Pour chaque essai, nous adaptons le nombre d’animaux en fonction des objectifs et du nombre de solutions testées. L’idée est d’avoir suffisamment d’animaux pour que les résultats soient fiables, sans en utiliser plus que nécessaire. Pour cela, nous utilisons des méthodes statistiques qui permettent de déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaires pour détecter une différence réelle entre les groupes si elle existe. Nous nous appuyons aussi sur notre expérience et sur les résultats d’autres études scientifiques pour ajuster ce nombre. Cette approche permet d’obtenir des résultats solides tout en limitant le nombre d’animaux utilisés. Par ailleurs, certains essais sont réalisés en collaboration avec plusieurs entreprises, ce qui permet de partager les résultats et d’éviter de répéter des expérimentations similaires.
Raffinement
Le bien-être des animaux repose sur une surveillance quotidienne assurée par un personnel qualifié et spécialement formé à l’élevage et à la manipulation des volailles. Les animaux sont élevés en case collective (entre 12 et 40 animaux). La période de démarrage entre 0 et 10 jours d’âge ne sera pas concernée par l’augmentation des températures et hygrométries, afin de permettre aux jeunes volailles de s’adapter à leur environnement et car elles sont particulièrement sensibles sur cette phase (plus de risque d’altération de leur bien-être). La durée et les périodes d’augmentations de la température seront adaptées à la thématique d’essai et réduites au maximum. Les manipulations sont réduites, peu invasives et courtes dans le temps. Elles se limitent principalement à des pesées (J10, J21, J28, J35, J42). L’eau et les aliments sont distribués à volonté. L’air est ventilé, les conditions d’ambiance (température et hygrométrie) sont contrôlées via un boitier de commande. Dans les dispositifs au sol, les animaux sont logés sur de la litière (copeaux ou paille). Dans les autres dispositifs avec des compartiments, un sur-grillage plastique est placé au sol des modules afin d’améliorer le confort pour les pattes des volailles. Un papier de démarrage (papier absorbant) est placé au sol les premiers jours après l’arrivée des poussins. Il permet de déposer un peu d’aliment directement à leur portée et d’améliorer le démarrage alimentaire, tout en limitant le contact avec le sol grillagé. Il est retiré après quelques jours.
Choix des espèces
Il s’agit de l’espèce cible. Les poussins sont reçus, âgés d’un jour, comme dans les conditions d’élevage habituelles. Ils sont élevés jusqu’à 35 ou 42 jours d’âge (en fonction des dispositifs, des thématiques ou des génétiques étudiées). Lors de la phase de démarrage (jusqu’à 10 jours d’âge), les volailles seront élevées avec des conditions d’ambiances (température et hygrométrie) conformes au cahier des charges standard leur assurant un bien-être optimal. Cela permet une meilleure adaptation des animaux à leur environnement, et de limiter les potentielles nuisances sur les animaux en n’impactant pas cette phase plus critique de développement des animaux. C’est sur les phases de croissance et/ou de finition (après 10 jours d’âge et jusqu’à 42 jours d’âge maximum) qu’une modification des consignes de conditions d’ambiances pourra intervenir afin d’évaluer l’impact de celles-ci ainsi que des solutions nutritionnelles sur les animaux.
Digestibilité des nutriments des aliments et des matières premières chez le coq adulte
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Jusqu'à quatre-vingt-seize jours par an en cage individuelle et quarante-huit jours de mise à jeun de vingt-quatre heures : 32 coqs adultes vont être utilisés pendant deux ans dans des procédures d'un niveau de souffrance léger. En dehors des semaines de bilan, ils vivent par groupes de quatre et ne subissent que deux pesées par an. Les essais mesurent la digestibilité de matières premières et de coproduits, jusqu'à vingt-quatre par coq et par an, pour fournir aux fabricants d'aliments et aux éleveurs des valeurs de référence utilisées dans leurs formulations. Au bout des deux ans, une partie des coqs est cédée à des particuliers connus de l'équipe, les autres sont tués.
Objectifs
Des essais de digestibilité sont mis en place sur coqs afin d’évaluer de la manière la plus précise possible la valeur nutritionnelle des matières premières, coproduits ou aliments destinés aux volailles. Les matières premières et coproduits ne cessent d’évoluer, par les changements des itinéraires techniques plus respectueux de l’environnement, l’apparition de nouvelles sources de protéines locales et l’optimisation des procédés qui génèrent des coproduits valorisables par les animaux. Les mesures de digestibilité permettent de faire le bilan entre les nutriments consommés par l’animal, ceux réellement absorbés et utilisés pour les fonctions physiologiques et de croissance, et ceux rejetés dans les déjections. Les résultats ainsi obtenus permettent aux fabricants d’aliments et aux éleveurs d’adapter au mieux la qualité nutritionnelle des aliments aux besoins des animaux. Cela contribue au maintien d’une flore digestive équilibrée (moins de fermentations indésirables) et à la bonne santé des animaux, mais aussi à réduire les rejets (azoté, phosphore, …) dans l’environnement. Dans ce type de protocole, l’utilisation de l’espèce d’élevage est indispensable, puisqu’il s’agit de la cible directe de la thématique. Le coq est utilisé en tant que référence pour les volailles, puisqu’il s’agit d’un animal adulte dont les besoins ne sont liés qu’à l’entretien et non pas à des fonctions physiologiques particulières comme la croissance, la ponte etc…
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de continuer l’acquisition de données de digestibilité fécale chez le coq nécessaires afin de formuler au mieux les aliments d’élevage pour limiter les désordres digestifs liés à un déséquilibre nutritionnel, mais aussi les rejets dans l’environnement, tout en développant les connaissances sur des matières premières notamment locales. Les essais de digestibilité permettent d’évaluer des hypothèses de manière fine et donner des valeurs de référence de la valeur nutritionnelle d’une matière première ou d’un aliment avec un nombre d’animaux très réduit. Les résultats contribuent à alimenter les bases de données disponibles pour la filière et à développer des équations de prédiction utilisées par les formulateurs. Les mesures in vivo (quelques équipes en France à les réaliser), permettent le maintien de la validité et l’adaptation continue de ces équations, et le développement d’autres pour des matières premières et coproduits qui ne cessent d’évoluer. Le coq est un modèle pour les volailles, les mesures sont rapides et plus facilement réalisables que sur poulets pour notamment évaluer de nouvelles matières premières.
Procédures
Les coqs ne sont pas soumis à des interventions autres que des pesées (2 fois/an). Pour le faire dans les conditions les moins stressantes, les animaux sont pris juste avant l’allumage et manipulés par des techniciens formés.
Impact sur les animaux
La nuisance majeure sur le dispositif précédent était l’hébergement en cage individuelle pendant une période prolongée. Dans ce nouveau dispositif, les animaux sont hébergés en groupe la plupart du temps, avec une durée d’hébergement en cages individuelles réduite à seulement 4 jours consécutifs sur une semaine pendant les essais. Sur une année, cela représente moins de 30 % du temps (pour 24 MP évaluées par coq). La seule autre nuisance, mais dans une moindre mesure, est la mise à jeun de 24 h autour de la phase de bilan. Néanmoins, les coqs (souche légère) adultes ayant peu de dépenses énergétiques à ce stade, réagissent bien à ce stress de courte durée et aucune dégradation de leur état n’a jamais été observée. Aucun effet indésirable des aliments distribués, bien adaptés à leur état physiologique, n’est attendu. Le nombre de semaines d'essai maximum est fixé à 24 par an, avec au plus 3 semaines consécutives. Chaque semaine d’essai comporte 4 jours de placement en cage et 2 jours de mise à jeun. Soit un maximum de 48 jours de mise à jeun et de 96 jours en cages individuelles.
Devenir
Les coqs issus de la procédure d'hébergement individuel et de mise à jeun (après 2 ans) sont, soit cédés à des particuliers (connus de l’équipe), soit euthanasiés. Durant ces 2 ans, ils sont utilisés sur plusieurs essais, alternés avec de périodes hors essai. Lors d’un essai, ils sont en cage uniquement pendant les semaines de bilan. Les procédures s’appliquent uniquement pendant les bilans, qui sont étalés sur l'année et avec un maximum de 24 par an.
Remplacement
Les matières premières, coproduits et additifs utilisés en alimentation animale ont une « valeur biologique » variable. Ils peuvent varier avec l’espèce végétale, la variété, le procédé appliqué, l’ajout d’additifs, etc. La modélisation et les équations de prédiction ne peuvent donner que des valeurs moyennes qui ne rendent pas compte de cette variabilité et surtout pas de la variabilité entre animaux eux-mêmes. Seule l’évaluation sur animaux permet de mesurer avec précision la valeur nutritionnelle et le niveau de rejets d’un aliment.
Réduction
Le nombre d’animaux a été optimisé de façon à obtenir des résultats pertinents, reproductibles et statistiquement valides. Le dispositif prévu est donc de 16 coqs afin de tester deux aliments sur une semaine d’essai, ou plus d’aliments répartis en plusieurs séries.
Raffinement
Les animaux passent plus de 2/3 du temps en petits groupes de 4 animaux dans un environnement enrichi (deux niveaux de hauteur, deux types de surfaces (grillagée et litière), perchoirs, …) qui leur permet d’exprimer des comportements naturels (exploration, jeu entre congénères, battement des ailes, fuite si besoin). Le reste du temps, pour le besoin des bilans, ils sont en cage individuelle mais gardent une perception visuelle, auditive et olfactive des congénères (cages accolées et grillagées). La surveillance journalière, la manipulation des mangeoires et des abreuvoirs, permettent une habituation des animaux à la présence humaine. Le perchoir installé dans chaque cage, leur permet de se percher même pendant le temps de bilan. Ce projet est utilisé en parallèle pour générer des donnés permettant le développement de modèles de prédiction de la digestibilité par Spectrométrie dans le Proche Infrarouge. Avec ces modèles, la mise à jeun ne serait plus nécessaire.
Choix des espèces
Seule l’évaluation sur animaux permet de mesurer avec précision la valeur nutritionnelle et le niveau de rejets d’un aliment. La mesure chez l’espèce d’intérêt agronomique, "poules", permet d’approcher au mieux les réponses en élevage. Le coq est un modèle utilisé classiquement. Les valeurs obtenues sur coqs permettent d’estimer la valeur nutritionnelle pour la poule pondeuse, ou chez les animaux en croissance de manière comparative. Ce sont des animaux adultes, donc en phase d’entretien (pas de croissance), ce qui facilite le bilan et donne des résultats très homogènes au sein du même traitement (forte puissance expérimentale).
Evaluation des métabolites de la vitamine D sur le statut vitaminique et l’homéostasie minérale chez la truite arc-en-ciel
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Ajuster la forme de vitamine D ajoutée aux aliments d'élevage pour gagner de la croissance et réduire les rejets de phosphore : 160 truites arc-en-ciel vont être utilisées pendant 84 jours dans des procédures d'un niveau de souffrance léger, toutes tuées à l'issue pour prélèvement des filets. Elles subissent un jeûne de 36 heures, sept sorties d'eau pour la pesée par groupe, puis une prise de sang à la veine caudale d'un volume supérieur à 10 % du volume circulant, possible parce que la mise à mort suit immédiatement. Le porteur affirme qu'aucun modèle in vitro ou in silico ne peut reproduire l'activation de la vitamine D, qui mobilise intestin, foie, reins, branchies, os et écailles. Les bénéfices annoncés sont zootechniques et économiques, de 5 à 10 % de croissance en plus, de 10 à 20 % de rejets de phosphore en moins, une meilleure qualité du produit final.
Objectifs
La vitamine D joue un rôle essentiel chez les poissons en régulant l’équilibre du calcium et du phosphore, deux minéraux indispensables à la formation du squelette et des écailles. Elle intervient également dans la fonction musculaire, l’utilisation des nutriments, la croissance et la survie. Chez les salmonidés, un apport insuffisant en vitamine D peut entraîner des problèmes de minéralisation, une efficacité alimentaire réduite et une plus grande sensibilité aux stress et aux maladies. En aquaculture, la vitamine D est apportée principalement sous forme de vitamine D3 dans les aliments. Cependant, les conditions modernes d’élevage peuvent limiter son efficacité. Les aliments actuels contiennent une part importante d’ingrédients d’origine végétale, ce qui modifie la disponibilité du calcium et du phosphore. De plus, l’élevage intensif, avec une faible exposition à la lumière naturelle et des contraintes sanitaires fréquentes, peut réduire la capacité des poissons à transformer la vitamine D3 en formes actives dans l’organisme. Dans ce contexte, l’utilisation directe de formes plus actives de la vitamine D suscite un intérêt croissant. Le 25 hydroxycholécalciférol, un métabolite de la vitamine D3, est mieux utilisé par l’organisme et a montré des effets positifs sur la croissance, l’efficacité alimentaire et la minéralisation chez plusieurs espèces de poissons, à des doses plus faibles que la vitamine D3 classique. Toutefois, la réponse à ces formes de vitamine D dépend fortement de l’espèce, du stade de développement, de la composition de l’aliment et des conditions d’élevage, et des excès peuvent avoir des effets négatifs. Par ailleurs, bien que la forme hormonale active de la vitamine D soit utilisée chez les animaux terrestres, les connaissances restent limitées chez les salmonidés quant à ses effets sur la santé et la qualité des poissons. Ce projet vise donc à mieux comprendre l’utilisation de la vitamine D chez les salmonidés en comparant, dans des conditions contrôlées, les effets de la vitamine D3 et de ses métabolites sur la santé, les performances de croissance et la qualité des poissons, afin de contribuer à une aquaculture plus performante et durable.
Bénéfices attendus
Le projet permettra de mieux comprendre l’homéostasie du calcium et du phosphore chez les salmonidés en réponse à l’apport de métabolites de la vitamine D3, utilisé comme une stratégie prometteuse pour garantir un statut vitaminique optimal. Aussi, l’efficacité biologique de la vitamine D3 étant fortement dépendante de la source utilisée, une évaluation comparative rigoureuse des métabolites et de leur origine est nécessaire. L’optimisation du statut vitaminique devrait permettre une amélioration mesurable des concentrations circulantes du 25-(OH)D, une meilleure régulation des équilibres phospho calciques et une réduction de l’incidence des troubles métaboliques. Une amélioration de la croissance, pouvant atteindre +5 à +10 % selon les données de la littérature, ainsi qu’une diminution des mortalités et des déformations squelettiques (colonne vertébrale, opercules, mâchoires) sont également attendues. Sur le plan environnemental et économique, une meilleure utilisation des minéraux alimentaires devrait conduire à une amélioration de l’efficacité alimentaire et à une réduction des rejets de phosphore dans l’environnement, estimée jusqu’à 10–20 %. Ces effets contribuent directement à la durabilité des systèmes d’élevage et à l’amélioration de la qualité du produit final. Enfin, le projet permettra de générer des données biochimiques, zootechniques et sanitaires comparables entre différentes sources de vitamine D3, favorisant le développement de stratégies de nutrition de précision adaptées aux différents systèmes de production (systèmes en recirculation, cages marines).
Procédures
Les animaux seront soumis à la procédure pour une durée de 84 jours. [[Une mise à jeun de 36 h, correspondant aux pratiques standards de gestion en aquaculture des salmonidés, est appliqué afin de diminuer le stress métabolique avant la mise en place des animaux]]. Sorties hors de l’eau pour la pesée des poissons par groupe (7 fois en 12 semaines, moins de 30 secondes). Prises de sang unitaires au niveau de la veine caudale (durée 30 secondes). Un volume sanguin supérieur à 10% du volume sanguin circulant sera prélevé car les poissons seront immédiatement mis à mort (durée 1 seconde).
Impact sur les animaux
Les animaux seront nourris avec un aliment standard répondant à leurs besoins nutritionnels et supplémenté en métabolites de la vitamine D3 pendant 84 jours après une semaine d’acclimatation. Stress dû à la capture et à la sortie des bassins pour la pesée Douleur transitoire à l’endroit du prélèvement de sang réalisé une fois par animal.
Devenir
Tous les animaux entrant dans la procédure expérimentale seront mis à mort afin de réaliser des prélèvements de muscles (filets).
Remplacement
Au moment de la réalisation de la procédure expérimentale n'existe aucun modèle in vitro ou in silico capable d'imiter tous les facteurs cellulaires et acellulaires impliqués dans l'activation de la vitamine D chez les animaux, le retour endocrinien et l'homéostasie minérale concernent l'intestin, le foie, les reins, les branchies et l'os/écailles, ainsi que des déterminants comportementaux de l'apport alimentaire. Pourtant, la procédure est nécessaire et ne peut être remplacée par une autre stratégie qui n'implique pas l'utilisation d'animaux vivants.
Réduction
Des calculs statistiques détaillés ont été réalisés afin de déterminer le nombre d'animaux adéquat pour ce projet. Le nombre d'animaux à utiliser permettra d'apporter de bonnes conditions d'élevage en favorisant une hiérarchie sociale essentielle au bien-être des animaux et d'obtenir des données scientifiquement robustes. Des analyses post-mortem seront réalisées sur les tissus de chaque animal afin de générer le maximum d'informations possibles par animal.
Raffinement
Les conditions d'hébergement des animaux sont définies de sorte que la densité d'animaux, les paramètres environnementaux (température, luminosité), l'enrichissement des bassins (bâche semi-opaque simulant un refuge, aérateur stimulant les poissons) et la qualité de l'eau offrent un confort maximal aux animaux et restent conforme à la législation en vigueur. Aucun animal ne sera isolé sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, afin de minimiser l'anxiété et le stress des animaux. Avant toute manipulation (pesée ou échantillonnage) au cours de cette étude, les truites arc-en-ciel seront anesthésiées. La capture et le stress liés à la sortie des bassins pour la pesée par groupe des animaux et le prélèvement seront réduits par une manipulation délicate des animaux par les applicateurs, un séchage modéré des poissons, le port de gants, l'utilisation de mousse humide pour placer l'animal sur le support de contention et un point de pression sur le site de prélèvement (décrit dans la procédure interne qui définit le volume limite de prélèvement sanguin et les périodes de récupération nécessaires).
Choix des espèces
La truite arc-en-ciel est utilisée dans cette étude comme modèle animal représentatif pour les salmonidés. La truite est une excellente espèce modèle car elle est elle-même un salmonidé largement élevé et est taxonomiquement proche du saumon, ce qui permet une extrapolation significative des résultats au saumon atlantique. Les truites utilisées dans cette étude présenteront un poids initial d’environ 125 g au début de l’expérimentation et atteindront approximativement 420 g à la fin de la période d’étude. Ces stades correspondent à la phase juvénile tardive à sub-adulte, reconnue comme particulièrement pertinente pour l’étude du métabolisme des micronutriments liposolubles chez les salmonidés.
Évaluation d’un additif détoxifiant sur les réponses physiologiques et métaboliques du poulet de chair exposé aux mycotoxines
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Livrés à un jour d'âge et élevés jusqu'à 36 jours, les poulets de chair sont décrits comme particulièrement sensibles aux mycotoxines en raison de leur croissance rapide, ce qui en fait ici le sujet du test. 360 poulets vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Leur aliment est volontairement additionné de mycotoxines pendant 36 jours, ce qui peut provoquer un refus de s'alimenter, une perte de poids, de l'apathie, un plumage ébouriffé, des diarrhées et une mortalité accrue, et 2 mL de sang sont prélevés sur chaque animal aux jours 34 et 35. Tous seront tués, le porteur invoquant le fait qu'ils ont reçu un additif détoxifiant qui n'a pas encore d'autorisation de mise sur le marché.
Objectifs
En élevage avicole, les mycotoxines représentent un risque important pour la santé et les performances des volailles. Ces toxines, produites par des champignons contaminent fréquemment les matières premières végétales utilisées dans l’alimentation animale. À l’échelle mondiale, 70 à 80 % des matières premières contiennent au moins une mycotoxine détectable. Les poulets de chair sont particulièrement sensibles en raison de leur croissance rapide et de leur consommation élevée d’aliment. L’exposition simultanée à plusieurs mycotoxines dans un même aliment peut réduire la croissance, l’immunité, la fertilité et la productivité des animaux. Les pertes économiques liées à ces contaminations sont estimées à plusieurs centaines de millions de d’euros par an. Pour limiter ces effets, des agents détoxifiants sont couramment utilisés dans l’alimentation des volailles. Leur efficacité dépend toutefois de nombreux facteurs, comme le type et la quantité de mycotoxines présentes, leur combinaison, le mode d’action des produits et les conditions d’élevage. Il est donc nécessaire de les évaluer de façon rigoureuse dans des conditions expérimentales contrôlées. Ce projet a pour objectif d’évaluer l’efficacité d’un agent détoxifiant conçu pour protéger la santé et les performances des volailles en agissant contre les mycotoxines présentes dans les aliments. L’objectif final est de mieux comprendre les réponses métaboliques des poulets de chair face aux mycotoxines et aux agents détoxifiants, afin d’améliorer leur bien-être et de mieux gérer le risque mycotoxines en production avicole.
Bénéfices attendus
Les mycotoxines contaminent une large proportion des matières premières destinées à l’alimentation des volailles, avec des études montrant que 70 à 80 % des aliments contiennent au moins une mycotoxine. Chez le poulet de chair, une exposition répétée à ces toxines peut ralentir la croissance, fragiliser l’intestin, affaiblir le système immunitaire et rendre les animaux plus sensibles aux maladies. Cela a des conséquences directes sur le bien‑être des animaux, mais aussi sur la rentabilité des élevages. L’utilisation d’agents détoxifiants constitue une stratégie préventive et corrective essentielle face au risque mycotoxines, omniprésent en production avicole. Elle représente une solution efficace pour atténuer les effets sanitaires, zootechniques et économiques des mycotoxines, tout en contribuant au bien-être animal et à la durabilité des systèmes de production. Leur évaluation expérimentale est essentielle pour démontrer leur efficacité et optimiser leur utilisation en conditions d’élevage. L’utilisation d’agents détoxifiants contribue à améliorer l’état général des volailles en limitant les effets toxiques des mycotoxines sur les organes cibles, notamment le foie, les reins et l’intestin, et en réduisant les désordres métaboliques associés. En atténuant les effets des mycotoxines, ces agents participent également à une meilleure homogénéité des lots et au maintien de l’efficacité alimentaire. Enfin, ils s’intègrent dans une approche globale de gestion du risque mycotoxines, permettant d’anticiper et de limiter les impacts liés aux variations climatiques et à la qualité des matières premières.
Procédures
Stress et inconfort des animaux qui seront sortis de leur compartiment pour être pesés en groupe (
Impact sur les animaux
Les animaux seront nourris avec un aliment standard répondant à leurs besoins nutritionnels et supplémenté en mycotoxines et en enzymes détoxifiantes pendant 36 jours. Les mycotoxines ajoutées artificiellement dans l’aliment peuvent influencer la santé et la qualité de vie des animaux caractérisées par une perte de poids dû à un refus de s’alimenter, une apathie, un plumage ébouriffé, une augmentation de la mortalité et une dégradation de la litière en raison de potentielles diarrhées. Inconfort et le stress dus à la sortie des compartiments pour la pesée en groupe des animaux et la prise de sang. Douleur transitoire à l’endroit du prélèvement de sang réalisé une fois par animal en fin de procédure.
Devenir
Les animaux ayant été nourris avec un aliment supplémenté avec des toxines et d'un additif n’ayant pas encore une autorisation de mise sur le marché, seront mis à mort.
Remplacement
Au moment de la délivrance de cette autorisation de projet, il n’existe pas de modèle in vitro ou in silico capable de mimer l’intégralité des fonctions cellulaires et physiologiques sollicitées par les poulets de chair lorsqu'ils sont affectés par les mycotoxines. De plus l’évaluation d’un additif alimentaire, implique de connaitre son mode d’action chez l’animal auquel il est destiné impliquant l'utilisation d'animaux vivants.
Réduction
Des calculs statistiques ont été réalisés afin de déterminer le nombre d’animaux adéquat pour ce projet et a été réduit à la stricte nécessité pour aborder l’objectif du projet. Le nombre d’animaux à utiliser permettra d’apporter de bonnes conditions d’élevage en favorisant une hiérarchie sociale nécessaire au bien-être des animaux, d’avoir suffisamment de quantité d’échantillons pour réaliser les analyses et d’obtenir des données scientifiquement robustes.
Raffinement
L’inconfort et le stress liés à la sortie des animaux des compartiments pour la pesée collective sont limités par la réalisation des opérations de capture dans un environnement calme et silencieux. Les animaux sont manipulés avec précaution, saisis au niveau du tarse, juste au dessus des doigts, puis transférés dans des contenants de taille adaptée afin d’éviter tout empilement et de prévenir les risques d’étouffement. L’inconfort et le stress dus à la sortie des compartiments pour les prises de sang sont réduits par une manipulation délicate des animaux, un prélèvement de faibles volumes de sang en fonction de la volémie et par l’application d’un point de pression sur le site de prélèvement. L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste à étaler de la litière sous forme de copeaux ou de sciure afin d’assurer le confort des animaux par l’isolation thermique, l’absorption de l’humidité et la prévention des pathologies. De la litière sera ajoutée régulièrement au cours de l’étude pour maintenir une litière sèche. L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de coupelles d’eau en plus des pipettes et des godets récupérateurs d’eau et en adaptant régulièrement la hauteur des lignes d’eau en fonction de l’âge des animaux. L’accès à la nourriture est facilité en adaptant la hauteur des mangeoires en fonction de l’âge des animaux afin que le bord de la mangeoire se trouve au niveau de la poitrine de l’animal. Le raffinement consiste aussi à limiter les manipulations des animaux en les pesant uniquement à la mise en place, au changement d’aliment et en fin d’étude. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de sorte que l’enrichissement des compartiments (clochettes qui scintillent, litière), la densité des animaux par compartiment, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie) procurent le maximum de confort aux animaux et restent conformes à la législation en vigueur. Aucun animal ne reste isolé, en compartiment individuelle sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.
Choix des espèces
L’agent détoxifiant testé dans ce projet est destiné à être incorporé dans les rations alimentaires distribuées aux volailles (poulets de chair) pour faire face à la variabilité de la qualité nutritionnelle des ingrédients entrant dans la composition des régimes alimentaires des volailles. Les animaux livrés seront des poussins de 1 jour (poids moyen 40 g). Ils seront mis en stabulation en cages au sol avec litière et seront élevés jusqu’à l’âge de 36 jours. Des poulets juvéniles et jusqu’à 36 jours d’âge seront utilisés dans cette étude afin de bien comprendre la réponse physiologique et métabolique en réponse aux mycotoxines au cours des différentes phase de croissance du poulet de chair.
Evaluation du métabolisme ruminal et de la digestion chez la vache – MODIFICATION
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
16 vaches adultes réformées vont être utilisées, huit dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger et huit d'un niveau modéré. Huit d'entre elles subissent deux opérations, une stérilisation par pose d'élastiques sur les pédoncules ovariens d'environ une heure et la pose d'une canule ruminale d'environ deux heures trente. Ensuite, jusqu'à quatre litres de jus de rumen leur sont prélevés par jour, en un à huit prélèvements, trois jours par semaine pendant huit semaines consécutives, et elles restent attachées jusqu'à cinq jours sur sept pour évaluer la valeur nutritionnelle de rations et des solutions censées limiter les émissions de méthane. Le porteur justifie la stérilisation par le fait qu'elle évite l'expression des chaleurs et les chevauchements, "source de blessures au niveau de la canule ruminale", et annonce la réutilisation de huit vaches dans un projet ultérieur sans rien indiquer du sort des autres.
Objectifs
Les ruminants ont un estomac particulier comprenant plusieurs compartiments (rumen, réseau, feuillet, caillette). Le rumen, le plus grand des compartiments, est le lieu de fermentations anaérobies pendant lesquels les aliments riches en fibres (végétaux) sont décomposés par les micro-organismes ruminaux. La dégradation des fibres de la ration entraine la production d’Acide Gras Volatils (AGV). Les AGV sont une source importante d’énergie pour les ruminants. Les micro-organismes du rumen sont également une source protéique. A l'inverse, les micro-organismes ruminaux peuvent parfois détruire certains nutriments présents dans la ration, alors qu’ils sont essentiels à l'animal. Les fermentations ruminales sont également à l’origine de la production de gaz dont le méthane. Cette 1ère étape de fermentation est essentielle et impactante à plusieurs niveaux. Le fonctionnement des microorganismes impliqués reste peu connu et fait toujours l'objet de recherches. Dans un contexte de raréfaction des ressources naturelles, de changements climatiques et de préoccupations écologiques, il est aujourd'hui fondamental d'améliorer nos connaissances sur l'évolution des composants de la ration dans le rumen, afin d'optimiser l'efficacité alimentaire globale des animaux et de minimiser les pertes et les rejets au sein de l'environnement. Le contenu ruminal est un milieu très complexe. La composition précise du « cocktail» de microorganismes présents dans le rumen n’est pas encore connue et donc non reproductible par culture 100% in vitro. Les études in vitro pour étudier les fermentations ruminales sont toutefois possibles et font partie intégrante de ce projet, mais nécessitent des prélèvements de jus de rumen pour apporter les microorganismes afin d’assurer le bon fonctionnement du modèle. Les objectifs de ce projet comprennent l’évaluation, par des méthodes standardisées, de la fermentescibilité et la valeur nutritionnelle des composants de la ration, le suivi du délitement de bolus, l'effet des matières premières et/ou des suppléments nutritionnels sur l'activité fermentaire et la production de produits de fermentation (gaz, AGV, …) et l'effet des composants de la ration sur l'évolution du pH, paramètre essentiel pilotant l'activité fermentaire et participant au confort ruminal de l’animal.
Bénéfices attendus
Les objectifs de ce projet sont multiples et comprennent l’évaluation, par des méthodes standardisées, de la fermentescibilité et de la valeur nutritionnelle des différents composants de la ration, le suivi du délitement de bolus dans le rumen, l'effet des matières premières et/ou des suppléments nutritionnels sur l'activité fermentaire et la production de produits de fermentation (acides gras volatils, ammoniac, méthane..), et l'effet des composants de la ration sur l'évolution du pH, paramètre essentiel pilotant l'activité des microorganismes et participant au confort ruminal de l’animal. Ces différents objectifs permettront d’intégrer des nouveaux composants dans les rations actuelles afin de répondre aux enjeux du changement climatique en terme de limitation des ressources alimentaires et de la concurrence Homme/Animal face à ces ressources, d’élaborer de nouvelles solutions nutritionnelles limitant la production de gaz à effet de serre par les ruminants ou permettant une meilleure valorisation protéique et énergétique des constituants de la ration.
Procédures
Prélèvement de jus de rumen sur animaux vigiles (environ 10 min). Pour les études d’ « évaluation de l’activité fermentaire, au maximum, 4 litres de jus de rumen sont prélevés par jour en 1 à 8 prélèvements durant 3 jours maximum (consécutifs ou non) par semaine soit 5% du volume total du contenu ruminal (80 L en moyenne), permettant une reconstitution rapide du milieu. Ces prélèvements seront faits sur une durée de 8 semaines consécutives au maximum. Après chaque session de prélèvement, une semaine de repos en stabulation libre sur aire paillée / sciure sera réalisée pour les animaux donneurs de jus de rumen. Le maximum d’essai comprenant un prélèvement de jus de rumen sera de 90 sur 5 ans. Administration de composants de la ration ou/et solution nutritionnelle orale ou par la canule sur animaux vigiles. AJOUT : JUSQU’A 8 ANIMAUX SERONT SOUMIS A DEUX OPERATIONS CHIRURGICALES POUR CHAQUE ANIMAL AVEC ANESTHESIE ET ANALGESIE AFIN DE PRATIQUER UNE STERILISATION PAR POSE D’ELASTIQUES SUR LES PEDONCULES OVARIENS (ENVIRON 1H) ET LA POSE D’UNE CANULE RUMINALE (ENVIRON 2H30).
Impact sur les animaux
Le prélèvement de jus de rumen peut induire un stress le temps du prélèvement (environ 10 min) chez certaines vaches. L’introduction et le retrait des sachets peuvent également générer un stress le temps de la manipulation (environ 10 min). Le logement à l’attache sur une période prolongée peut entrainer un stress chez certains animaux. AJOUT : DANS LE CADRE DU RENOUVELLEMENT DU CHEPTEL EXPERIMENTAL, UNE INTERVENTION CHIRURGICALE DE CANULATION RUMINALE ET DE STERILISATION SERA REALISEE. CETTE CHIRURGIE PEUT ENTRAINER UNE DOULEUR POST-OPERATOIRE MODEREE AINSI QU’UN INCONFORT TEMPORAIRE LIE A LA CICATRISATION. UN FAIBLE RISQUE DE COMPLICATIONS EST ATTENDU (INFECTION LOCALE, INFLAMMATION).
Devenir
L’APPLICATION DES PROCEDURES DE CE PROJET N’ENTRAINANT QU’UNE ALTERATION LEGERE OU MODEREE DU BIEN ÊTRE, CES ANIMAUX POURRONT ETRE INCLUS DANS UN NOUVEAU PROJET APRES ACCORD D’UN VETERINAIRE.
Remplacement
A notre connaissance, aucune méthode in vitro fiable excluant totalement l'utilisation d'animaux n'est disponible à ce jour pour permettre l'étude de la dégradabilité des constituants de la ration, du suivi du délitement de bolus dans le rumen et du processus de fermentations ruminales. L’écosystème ruminal est trop complexe, trop peu connu, pour permettre le développement de modèles de cultures cellulaires par exemple. Par principe, les solutions nutritionnelles évaluées dans nos essais sont des propositions innovantes qui n'ont pas encore été évaluées dans la bibliographie. Il n'est donc pas possible de s'y référer ni d'utiliser d’éventuels modèles in silico existants. Le modèle d’animaux canulés du rumen, pour des études in vivo ou in vitro utilisant du jus de rumen est également aujourd’hui considéré comme le plus pertinent pour les études de fermentations ruminales.
Réduction
Pour chaque essai réalisé, le nombre d’animaux utilisé est réduit à son minimum (2 à 4, selon les protocoles). Il existe une variabilité inter individuelle importante chez les ruminants. Les études décrites dans ce projet sont préférentiellement conduites en schéma expérimental de carré latin (chaque animal est son propre témoin, tous les traitements sont testés sur tous les animaux), ce qui permet d’éliminer l’effet « individuel » et de réduire au minimum le nombre d'animaux nécessaires pour permettre de détecter des effets statistiquement significatifs. Le calcul de la puissance statistique du test, prenant en compte une valeur seuil de significativité de 5%, un coefficient de variation moyen du paramètre étudié de 4% et un nombre maximum de 4 individus montre que ce dispositif permet de détecter significativement une différence de 8% entre les traitements, ce qui correspond aux effets que l’on cherche à mettre en évidence. Pour les « sachets bolus », 2 à 3 animaux sont suffisants à la réalisation de ce type d’étude. L’objectif de ces études étant un suivi de la technologie de délitement, aucune analyse statistique n’est nécessaire. Une fois équipés d'une canule ruminale, les animaux peuvent être utilisés dans le cadre de plusieurs études, ce qui permet de limiter le nombre d'animaux à utiliser. Les 8 vaches incluses dans ce projet permettront de réaliser 30 études de dégradabilité des constituants de la ration, 90 études d’activité fermentaire du microbiote ruminal et 5 études de délitement des bolus au cours de ces 5 ans.
Raffinement
Pendant les essais in sacco, les vaches seront logées à l’attache au maximum 5 jours sur 7 et 8 semaines consécutives maximum. Les interactions physiques et visuelles seront possibles entre les animaux pendant toute la période de l’essai. Elles seront logées sur un matelas en caoutchouc (3,07 m2). Au moins 2 jours par semaine, les animaux seront remis en stabulation libre sur aire sciure. Une fois l’essai terminé, les vaches seront logées en stabulation libre sur aire paillée ou sciure pendant une période de repos de 2 semaines minimum. Dans le cadre des études « sachets bolus », les animaux seront logés en stabulation libre sur aire paillée/sciure. Ils seront bloqués au cornadis uniquement lors de la pose et dépose des « sachets bolus » pendant une durée maximale d’une heure. Pour ce type d’essai, 2 à 3 vaches seront utilisées. Un maximum de 5 essais sur 5 ans pourra être réalisé. Après chaque essai, 2 semaines de repos en stabulation libre sur aire paillée / sciure sera réalisée pour les animaux utilisés. Lors des périodes de repos prolongés d’au moins 4 semaines, les vaches peuvent avoir accès à l’extérieur (un retour en essai inclut obligatoirement une période d’au moins 21 jours avec la ration de l’essai). Les prélèvements de jus de rumen pour les essais d’« évaluation des effets des composants de la ration sur l’activité fermentaire » pourront être réalisés en bloquant les vaches au cornadis, pendant une durée maximale de 60 minutes. Le jus de rumen pourra également être prélevé sur des vaches à l’attache, pendant une durée maximale de 60 minutes. Les vaches seront observées et suivies tous les jours par le personnel qualifié. L’ingestion de la ration sera surveillée. Des points limites spécifiques au projet seront définis et appliqués pendant la durée prévue pour ce projet. Pendant toutes les périodes d’études, de la musique douce sera diffusée 7h par jour. Lors du logement sur aire paillée/sciure, des brosses sont également disponibles. Le bâtiment est éclairé en cycle naturel, complété par un éclairage artificiel en journée. AJOUT : POUR LA CANULATION ET LA STERILISATION, UN PROTOCOLE DE SOIN OPERATOIRE ET POST-OPERATOIRE (ANESTHESIE ET ANALGESIE) ADAPTE SERA MIS EN ŒUVRE PAR DU PERSONNEL QUALIFIE ET LE VETERINAIRE. L’INFECTION LOCALE ET L’INFLAMMATION SONT LIMITEES PAR L’UTILISATION D’UN PROTOCOLE DE SOIN OPERATOIRE ET POST-OPERATOIRE ADAPTE REALISE PAR DU PERSONNEL QUALIFIE ET LE VETERINAIRE.
Choix des espèces
Les animaux choisis sont des vaches adultes, pour d’une part correspondre au modèle scientifique de référence, notamment pour les mesures in vivo de dégradabilité ruminale, et d’autre part pour correspondre aux espèces cibles de l’utilisation in fine des solutions nutritionnelles étudiées (vaches laitières ou bovins à l'engraissement), afin que leur métabolisme soit représentatif de ces animaux. LES VACHES SONT DES VACHES ADULTES TARIES ET STERILISEES (AGEES DE 2 A 15 ANS AU DEMARRAGE DU PROJET). Ces vaches sont des animaux réformés, possédant une flore microbienne ruminale stable (contrairement à celle d’animaux en croissance), optimisant ainsi la fiabilité des résultats. AJOUT : LE FAIT QU'ELLES SOIENT STERILISEES PERMET D'EVITER L'EXPRESSION DES CHALEURS, NOTAMMENT DES CHEVAUCHEMENTS QUI PEUVENT ETRE SOURCE DE BLESSURES AU NIVEAU DE LA CANULE RUMINALE.
Phénotypage fin de jeunes ovins pour une sélection sur la réduction de l’impact environnemental de l’élevage ovin allaitant
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Prélevés par ponction à la jugulaire et par sondage gastro-œsophagien pour recueillir leur fluide ruminal, sans anesthésie ni sédation, 1 000 agneaux vont être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré. L'objectif est de repérer des prédicteurs de l'impact environnemental de l'élevage ovin, les animaux recevant par moments une alimentation entièrement à base de concentrés qui risque de provoquer une acidose du rumen. Le porteur écarte les alternatives au motif que la variabilité individuelle des émissions ne se mesure pas autrement. À la fin des prélèvements, les agneaux ne sont pas tués dans le projet mais poursuivent leur carrière de production, donc rejoignent la filière.
Objectifs
Notre projet a pour objectif d’identifier des prédicteurs de l’impact environnemental de l’élevage d’ovins allaitants. Les impacts seront étudiés sous l’angle de l’ingestion (aliments et eau) et des émissions de gaz à effet de serre. Nous utilisons des agneaux mâles et femelles de race Romane, descendants de béliers sélectionnés pour valoriser efficacement (ou peu efficacement) ce qu’ils ingèrent, une valorisation efficace signifiant que les individus ingèrent moins que les autres tout en ayant le même niveau de production. Le projet portera sur l’étude des 5ème et 6ème génération de sélection. Après 4 générations de sélection, la divergence est bien marquée : les agneaux issus de béliers efficaces ingèrent 10% de moins de concentré que les agneaux issus de béliers peu efficaces, tout en ayant des performances de croissance identiques. Ces différences sont très réduites bien que significatives, avec un régime plus riche en fourrages. La connaissance des émissions de gaz à effet de serre dans chacune des lignées et sous deux régimes différents nous renseignera sur les liens génétiques entre l’efficacité alimentaire et l’impact environnemental. Chaque année, une centaine d’agneaux de chacun des deux sexes (50% issus de béliers efficaces et 50% issus de béliers peu efficaces) seront mesurés pour leurs émissions de gaz et leurs ingestions d’aliments et d’eau. Les différents outils de mesures reposent sur l’identification électronique des animaux qui sont ainsi mesurés tout en étant maintenus dans leurs lots d’élevage. L’impact environnemental sera évalué sous deux régimes alimentaires différents : un régime 100% concentré basse énergie quand les agneaux auront entre 3 et 5 mois d’âge, puis un régime plus riche en fourrages quand les agneaux auront entre 6 et 9 mois d’âge. Enfin, l’enregistrement en routine des émissions de gaz et des quantités ingérées est peu envisageable à grande échelle, à des fins de sélection. Nous rechercherons donc des prédicteurs de ces caractères dans différents tissus/fluides : le plasma sanguin, le fluide ruminal et les fèces. Les prélèvements de chacun de ces fluides seront réalisés au maximum 2 fois dans la vie de chaque animal, à l’issue de chacune des phases d’alimentation, avec un délai de 3 à 4 mois entre les deux prélèvements. Les émissions de gaz à effet de serre sont principalement dues aux fermentations ruminales, donc l’étude du microbiote ruminal sera central dans ce projet en lien avec le microbiote fécal.
Bénéfices attendus
Notre projet propose d’étudier des animaux sélectionnés sur leur efficacité alimentaire et de répondre à la question suivante : des animaux plus efficaces émettent-ils plus de gaz à effet de serre que des animaux moins efficaces ? La sélection sur chacun des caractères pourra alors être différente en fonction des résultats obtenus, de façon à ce que l’impact environnemental de l’élevage ovin soit limité, tout en maintenant la rentabilité économique pour les éleveurs. De plus, l’ensemble des prélèvements sera utilisé pour rechercher des prédicteurs des émissions de méthane, car ces dernières restent encore peu accessibles en élevage conventionnel. Ces prédicteurs pourront être utilisés par les organismes de sélection, pour inclure l’efficacité alimentaire et/ou les émissions de gaz à effet de serre dans leurs programmes de sélection
Procédures
Pour ce protocole, les agneaux mâles auront chacun deux séries de prélèvements, espacées de 3 mois minimum. Les femelles ne seront prélevées qu’un seule fois, après la phase d’alimentation fourragère. Pour ces prélèvements, les animaux ne seront ni anesthésiés ni sédatés. Chaque année, les 200 animaux étudiés seront prélevés. Sur la totalité du projet, ce seront ainsi 1000 animaux qui seront échantillonnés. Ces prélèvements correspondent à une prise de sang à la jugulaire, un prélèvement de fèces au niveau rectal, et un prélèvement de fluide ruminal par sondage gastro-oesophagien. L’ensemble de ces 3 prélèvements est réalisé en moins de 10 minutes, sans isoler l’animal de ses congénères. Chaque mâle aura donc 2 prises de sang, 2 prélèvements de fèces et 2 prélèvements de fluide ruminal. Les prélèvements sont faits à 5 mois et 8 mois d’âge, pour les mâles. Les femelles n’auront qu’une prise de sang, un prélèvement de fèces et un prélèvement de fluide ruminal, lorsqu’elles auront environ 8 mois d’âge. Pour le prélèvement à la jugulaire et le prélèvement rectal, l’animal sera en attente dans un couloir. Un animalier lui soutiendra la tête pendant qu’un autre animalier fera le prélèvement de sang à la jugulaire. Suite à la prise de sang, un baume antiseptique et cicatrisant pourra être appliqué en massage sur les veines. Ensuite, environ 5g de fèces seront prélevés directement dans le rectum par un animalier dont le gant sera enduit de lubrifiant, un second animalier soutenant toujours la tête de l’animal. Enfin, l’animal passera du couloir au restrainer, matériel de contention adapté aux ovins. Celui-ci portera l’animal jusqu’au poste de prélèvement du fluide ruminal. La tête de l’animal sera maintenue par un animalier, pendant qu’un second animalier fera descendre la sonde gastro oesophagienne souple (12 mm de diamètre et 100 cm de longueur) par la bouche jusqu’au rumen. Une fois la sonde placée, la pompe à vide (reliée à l’autre extrémité de la sonde) sera activée et environ 40 mL de fluide ruminal sera prélevé. La pompe sera ensuite éteinte et la sonde retirée avec précaution. L’ensemble de ce prélèvement (de l’introduction de la sonde à son retrait) n’excède pas deux minutes. Un renforcement positif par distribution manuelle de concentré sera réalisé à la fin du prélèvement de fluide ruminal.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables pendant la première phase de contrôle pourraient être liés à l’alimentation 100% concentrés (à base de céréales) à volonté lors du premier contrôle, avec des risques d’acidification importante du milieu ruminal. L’aliment concentré a été formulé pour respecter des recommandations élevées en fibres et il a été enrichi en bicarbonate, pour prévenir cette acidose ruminale. Les soigneurs sont habitués à l’élevage de ruminants et connaissent ce trouble digestif et ses symptômes. En cas d’acidose aigüe, ils ont à leur disposition des traitements à administrer par voie orale. Ils sont formés à ce geste. Lors des phases d’adaptation prévues dans le projet, les animaux qui auraient du mal à se familiariser avec les automates d’ingestion sont entraînés par les animaliers, avec un renforcement positif par distribution manuelle de concentré. Tout animal qui ne parvient pas à s’adapter aux automates n’est pas conservé pour le protocole. Durant toute la phase d’élevage et d’expérimentation, en cas de signes de maladie (fièvre >40°C, problèmes respiratoires, décubitus prolongé, anorexie, perte de poids…), ou d’impact sur l’état général des animaux, une intervention vétérinaire aura lieu et un traitement adapté (antidouleurs, anti-inflammatoires, antibiotiques) sera mis en place (l’animal sortira du protocole si nécessaire). En cas de non réponse aux traitements et sur décision vétérinaire, l’animal sera euthanasié.
Devenir
Les agneaux poursuivront leur carrière de production suite à la procédure expérimentale.
Remplacement
Notre projet porte sur l’impact environnemental de la sélection sur l’efficacité alimentaire. Les principales émissions de gaz à effet de serre proviennent de la digestion des fibres dans le rumen, par les ruminants. Ces émissions de gaz poduits dans le rumen ont des origines génétiques et alimentaires complexes. Cette variabilité individuelle ne peut être étudiée en dehors des animaux eux-mêmes. De plus, nous cherchons des prédicteurs biologiques de ces émissions de gaz, donc il est indispensable de prélever des échantillons sur les animaux mesurés afin d’avoir le lien direct entre les mesures et les prédicteurs testés. Le recours à l’animal ne peut donc être évité.
Réduction
Notre projet repose sur le phénotypage de 200 agneaux par an, soit 1000 agneaux sur 5 ans. Ces effectifs ont été calculés pour nous permettre d’observer des différences faibles entre nos deux lignées d’animaux, sur des caractères autres que la consommation résiduelle. Nous avons choisi de travailler sur les deux sexes, afin d’appliquer le modèle de transmissibilité aux caractères que nous étudions. Ce modèles nécessite des trios (parents-descendants) phénotypés à un âge identique entre les générations. L’estimation des paramètres génétiques repose sur l’analyse de nombreux animaux (au moins 700). Les enregistrements issus de ce projet viendront compléter des bases de données issues de projets antérieurs de façon à avoir les effectifs suffisants nous permettant les analyses génétiques des nouveaux caractères.
Raffinement
Durant notre projet, les animaux sont élevés en lots pour exprimer leurs comportements sociaux. Les mesures réalisées reposent sur l’utilisation d’automates que les animaux fréquentent selon leurs besoins. Toutes les données sont gérées en temps réel et intégrées par un logiciel dédié. Le suivi des animaux est quotidien, par cet outil informatique, par des caméras, mais aussi par les nombreux passages des animaliers pour un suivi visuel. Les temps d’occupation des automates sont régulièrement contrôlés pour s’assurer que chaque animal se nourrisse à volonté. Tout animal qui ne parvient pas à s’adapter aux automates n’est pas conservé pour le protocole. Les animaux sont logés sur des aires de copeaux de bois, pour nous assurer qu’ils ne mangent pas leur litière, ce qui fausserait l’étude. Des disques à mordiller seront suspendus dans les parcs. Les animaux sont habitués dès leur plus jeune âge au contact humain, et en particulier à être manipulés. Afin de limiter le stress de contention, les prélèvements sont réalisés par du personnel qualifié à l’aide de matériel de contention adapté aux ovins et auquel les animaux sont habitués. Les prélèvements de fèces, sang et de contenu ruminal se font successivement lors de la même contention, afin de réduire au maximum le temps de contention. Les prélèvements de sang et de fèces sont similaires à ceux qui peuvent être réalisés en élevage classique pour du génotypage, de la prophylaxie ou du diagnostic de parasitisme gastro-intestinal. Pour les prises de sang, les agneaux pouront être tondus au niveau du coup pour faciliter la visualisation de la veine jugulaire. Un baume antiseptique et cicatrisant pourra être appliqué en massage sur les veines. Une attention particulière sera portée aux veines jugulaires pour repérer tout signe éventuel de phlébite. Les prélèvements de contenu ruminal ne sont pas des prélèvements habituels en élevage ovin. Néanmoins, le personnel de l’établissement utilisateur a été formé et pratique ce type de prélèvement depuis plusieurs années. A la fin des prélèvements, une poignée de granulés est donnée à l’animal pour un renforcement positif. Ils font l’objet d’une surveillance visuelle toute particulière au moment des prélèvements et après ceux-ci. Les ingestions et les poids sont encore enregistrés sur les deux jours suivants les prélèvements, pour avoir une indication de leur état de santé.
Choix des espèces
L’étude des émissions de gaz à effets de serre est primordiale pour l’espèce bovine qui en est la principale responsable. Néanmoins, l’espèce ovine présente 2 avantages au sein des ruminants pour l’étude de l’impact environnemental des ruminants : des troupeaux avec de grands effectifs (mêmes conditions d’élevage), une sélection génétique opérationnelle. Le rumen est l’élément central de notre projet, donc l’espèce ovine est toute indiquée pour être support de ce travail. Notre projet porte ainsi sur l’utilisation d’ovins allaitants de race Romane sélectionnés sur leur efficacité alimentaire. Cette efficacité alimentaire est évaluée lors de la phase de croissance dans un premier temps. Les agneaux entrent en halle de phénotypage entre 10 et 12 semaines d’âge, afin de débuter la phase de contrôle autour de 90 jours d’âge, et ont 8 à 9 mois d’âge en fin de projet.
Mesure de la valeur nutritionnelle des aliments ou matières premières sur des lapins en croissance
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
550 lapins en croissance vont être utilisés pour mesurer la valeur nutritionnelle d'aliments, dans des procédures d'un niveau de souffrance déclaré léger. Le porteur écarte les analyses chimiques et les modèles in vitro, jugés trop incertains pour prédire la digestibilité réelle chez cette espèce. Placés en cages individuelles, les lapins font l'objet d'une collecte de leurs fèces et de cinq pesées, l'isolement et certaines matières premières testées pouvant provoquer stress et diarrhées. À la fin de l'essai, ils ne sont pas gardés mais vendus sur le marché de commercialisation classique, donc destinés à l'abattage de la filière.
Objectifs
L’objectif du projet est de mesurer avec précision la valeur nutritionnelle des matières premières utilisées dans l’alimentation des lapins. La formulation des aliments repose sur des tables de composition et sur une matrice nutritionnelle caractérisant chaque matière première. Pour garantir une formulation de précision, cette matrice doit être régulièrement actualisée afin d’intégrer les variations annuelles de qualité des matières premières, ainsi que l’apparition de nouvelles origines ou de nouveaux co produits industriels. Une meilleure connaissance de la composition nutritionnelle permet aux experts en nutrition animale d’adapter plus finement les aliments aux besoins physiologiques des animaux et d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles sur le marché. À l’inverse, une matière première mal caractérisée est mal valorisée par l’animal. Cela se traduit par un besoin supplémentaire d’aliment pour nourrir l’animal, par une augmentation des rejets fécaux et donc un impact environnemental accru ; et pouvant même aller jusqu’à dégrader la santé de l’animal en raison d’une digestion inadaptée. Ce projet vise ainsi à optimiser la formulation des aliments consommés par plusieurs milliers de lapins chaque année en France et à l’international, en améliorant à la fois l’efficacité alimentaire, le bien-être animal et l’impact environnemental des élevages.
Bénéfices attendus
Ce dispositif est indispensable pour mesurer des digestibilités de matières premières et ainsi les évaluer : cela permettra ensuite de compléter les tables nutritionnelles qui permettent de formuler les aliments des lapins d’élevage (aliments qui correspondront mieux aux besoins de l’animal). C’est le seul dispositif qui permet de maîtriser les consommations individuelles et de réaliser une collecte totale des fèces.
Procédures
Aucun prélèvement n’est réalisé sur les animaux : l’ensemble des fèces est collecté grâce aux plateaux disposés sous les cages. Les manipulations sont limitées à cinq pesées (J13, J20, J24, J34 et J38), chaque pesée durant moins d’une minute par animal. Ces interventions, brèves et non invasives, constituent les seules manipulations effectuées durant tout l’essai.
Impact sur les animaux
Du fait que les animaux soient placés dans des cages individuelles, cela peut engendrer du stress. En fonction des matières premières testées, la nuisance attendue peut également correspondre à une digestion perturbée se traduisant notamment par un ramollissement marqué des fèces, voire l’apparition de diarrhées.
Devenir
A la fin de l’essai, les lapins sont commercialisés sur un marché de commercialisation classique.
Remplacement
Les méthodes alternatives (analyses chimiques, modèles in vitro) ne permettent pas d’obtenir des données de digestibilité suffisamment fiables pour prédire l’utilisation réelle des nutriments par le lapin, en raison notamment de l’accumulation de l’incertitude liée aux modèles de prédiction et à la variabilité analytique. En raison des particularités physiologiques de cette espèce, digestion spécifique chez le lapin avec un fonctionnement particulier de son tube digestif et à la caecotrophie, aucune technique ne peut actuellement remplacer l’expérimentation in vivo. Les animaux utilisés ont entre 34 et 73 jours, âge correspondant à la phase de croissance couramment observée en élevage et nécessaire pour obtenir des données représentatives.
Réduction
Le projet comprend 10 essais (deux par an). Dans chaque essai, 9 matières premières ainsi qu’un témoin sont évalués, soit un total de 90 matières premières analysées sur l’ensemble du projet. Compte tenu de la variabilité individuelle et du niveau de précision requis pour établir les valeurs nutritionnelles, 55 animaux sont nécessaires par essai (5 répétitions de 1 lapin x 9 matières premières + 1 témoin, sur deux séries successives). Le nombre d’animaux a été déterminé à partir d’un test statistique de puissance (calcul de la plus petite différence significative = ppds) afin de pouvoir détecter une différence significative de digestibilité entre les groupes (seuil de 5 %, soit une probabilité de 1/20 d’erreur de première espèce). Cela représente ainsi le minimum nécessaire pour obtenir des résultats robustes tout en limitant le nombre total d’animaux. La durée totale d’un essai est de 38 jours, comprenant une phase d’adaptation initiale, puis une période d’adaptation aux aliments testés et une période de collecte pour chacune des deux séries. Les lapins changent d’aliment expérimental entre les deux séries. Ce schéma expérimental permet de réduire la variabilité individuelle et d’augmenter la précision des mesures sans augmenter le nombre d’animaux utilisés. Pendant chaque série, les quantités d’aliment ingéré sont mesurées et l’ensemble des fèces est collecté quotidiennement, permettant d’estimer la quantité assimilée.
Raffinement
Le bien être des animaux repose sur une surveillance quotidienne assurée par un personnel qualifié et spécialement formé à l’élevage et à la manipulation des lapins. Bien qu’hébergés individuellement, les animaux peuvent sentir et entendre leurs congénères présents dans la même salle, ce qui limite l’isolement social. Une période d’adaptation à leur nouvel environnement est prévue au début de l’essai. À chaque série expérimentale, les lapins bénéficient également d’un temps d’adaptation aux aliments testés, et les transitions alimentaires sont réalisées de manière progressive afin de prévenir tout trouble digestif. Les taux d’incorporations des matières premières testées dans les aliments expérimentaux sont adaptés en fonction de leur type (céréales, protéagineux, oléagineux, etc). L’objectif est d’avoir le pourcentage le plus élevé possible pour fiabiliser au maximum les résultats mais sans entraîner d’effets négatifs notamment sur la consommation d’aliment ou la digestion. Les manipulations sont réduites, peu invasives et courtes dans le temps. Elles se limitent aux pesées effectuées à J13, J20, J24, J34 et J38. L’environnement d’élevage est aménagé pour réduire le stress des animaux : une enceinte diffuse de la musique en journée pour atténuer les éventuels bruits soudains, la présence de fenêtres permet un apport de lumière naturelle, l’air est ventilé et la température est maîtrisée (chauffage adapté en fonction de la saison). L’eau et les aliments sont distribués à volonté. Des points limites ont été définis (grille en annexe). Selon ces critères, un animal ou l’ensemble des lapins assignés à une matière première peut être retiré de l’essai. Si nécessaire, un traitement collectif via l’eau de boisson peut être instauré après avis vétérinaire.
Choix des espèces
Il s’agit de l’espèce cible. Un essai dure 38 jours : du sevrage du lapereau (environ 34 jours d’âge) à environ 72 jours d’âge. Les douze premiers jours, les lapins consomment un aliment unique classique, le temps qu’ils s’adaptent à leur nouvel environnement. Ensuite les deux séries de mesures sont réalisées avec tout d’abord un temps d’adaptation aux nouveaux aliments (7 jours à chaque fois) et un temps de collecte de fèces (4 jours). Deux jours entre les deux séries sont nécessaires pour réaliser la transition alimentaire entre les deux aliments différents des deux séries. Nous utilisons des lapins d’environ 34 à 72 jours d’âge, afin de réaliser les mesures sur des animaux en croissance, ce qui est le plus représentatif des animaux présents dans les élevages.
Etudes de digestibilité chez le chat et le chien
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Chiens : 25
25 chats et 25 chiens vont être utilisés pour mesurer la digestibilité d'aliments industriels, dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré. Ils sont isolés à répétition en cage métabolique, cinq jours pour les chiens, onze pour les chats, puis réutilisés d'une étude à l'autre sans être tués. Le porteur affirme l'absence d'effet cumulatif et une bonne tolérance, tout en surveillant vocalisations, léchage excessif et comportements stéréotypés. Le projet sert à ajuster les rations et procédés de fabrication d'un partenaire industriel.
Objectifs
L’objectif principal de ce projet est de s’assurer de la digestibilité des aliments fournis par nos partenaires industriels afin de permettre à ce dernier de raffiner au mieux les procédés de fabrications ainsi que les apports énergétiques des rations.
Bénéfices attendus
La digestibilité des aliments est le premier déterminant de la valeur énergétique des aliments. La connaitre permet de formuler des recommandations appropriées en réduisant aussi bien le risque de sous mais surtout de sur-alimentation chez les chiens et les chats de propriétaires.
Procédures
La procédure est un test de digestibilité de 5 jours pour les chiens et de 11 jours pour les chats. D’après notre expérience sur la plateforme, cette procédure est bien tolérée par les animaux et il n’y a donc pas d’effet cumulatif. Le bien être des animaux est surveillé tout au long des protocoles par une observation quotidienne par un personnel qualifié et formé spécifiquement à ces espèces sensibles.
Impact sur les animaux
Bien que les procédures soient globalement bien tolérées et qu’aucune altération significative du bien-être n’ait été observée jusqu’à présent, nous considérons que la répétition des phases d’isolement en cage métabolique peut générer un stress et que l’introduction d’un nouvel aliment peut être à l’origine d’une diarrhée tout au plus passagère (jamais observé jusqu’à présent).
Devenir
La décision a été validée par un vétérinaire désigné de la plateforme et dans la continuité des années d'expérience sur la plateforme qui a permis de conclure qu’il n’y a aucune contre-indication à garder les animaux, parce que notamment il n’y a pas d’effet cumulatif. Le vétérinaire référent de l’animalerie sera néanmoins consulté au cas a priori peu probable où l’animal se serait vu attribuer six points ou plus en application du tableau figurant en annexe
Remplacement
Il n’y a, à l’heure actuelle, aucune méthode in vitro de remplacement qui permette de simuler de manière satisfaisante la digestion dans l’estomac et dans l’intestin grêle ainsi que le processus de fermentation dans le caecocôlon. Compte tenu, des différences de physiologie digestives, il n’y pas non plus de modèle alternatif issu d’une autre espèce animale. La digestibilité d’un aliment est une caractéristique propre à chaque espèce. Les approches alternatives bien que prometteuses et complémentaires, ne permettent pas, à l’heure actuelle, de répondre de manière fiable et complète aux objectifs de notre étude. Elles ne peuvent donc pas se substituer aux essais in vivo dans ce contexte précis.
Réduction
Les procédure sont réalisées plusieurs fois par an (15 fois par an pour les chiens et 10 fois pour les chats) afin de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
Le bien être des animaux est surveillé tout au long des protocoles par une observation quotidienne par un personnel qualifié et formé spécifiquement à ces espèces sensibles. Les animaux bien qu’isolés dans des cages métaboliques voient, entendent et sentent leur congènères. Une feuille de scoring est mise en place. Elle prend en compte le comportement de l’animal (vocalisation et posture). Tout score suppérieur à 6/10 déclenche une évaluation immédiate par le vétérinaire référent. Des mesures d’enrichissement adaptées à ces contraintes spécifiques sont également mises en place pendant toute la durée de la période en cage métabolique. Celles-ci reposent notamment sur l’ajout de dispositifs spécifiques pour les chats (ex : grattoirs), une stimulation auditive (diffusion de musique), la diffusion de phéromones), des interactions quotidiennes avec les soigneurs lors des phases de nettoyage et d’entretien, ainsi que des soins individuels réguliers, notamment le brossage des animaux. En complément, une attention particulière est portée à la détection précoce de signes de stress ou de comportements anormaux, au-delà d’un simple scoring général. Les soigneurs et vétérinaires sont formés à identifier notamment les comportements stéréotypés (tournis, déplacements répétitifs), les comportements de léchage ou de prurit excessif, l’apparition d’alopécie, en particulier abdominale chez le chat ou tout autre comportement évocateur de mal-être. L’apparition de tels signes entraîne une évaluation immédiate de l’animal et, si nécessaire, une interruption du protocole pour l’animal concerné, conformément à nos critères d’arrêt anticipé.
Choix des espèces
Les animaux utilisés sont les espèces cibles. Animaux de plus d’un an car les animaux hébergés dans notre plateforme sont des animaux adultes
Mesure de la valeur alimentaire des fourrages et des rations chez la chèvre
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Le projet constitue une méthode officielle de référence pour mesurer la valeur alimentaire des fourrages destinés à l'élevage. 120 chèvres vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance léger, sans acte invasif ni mise à mort. Placées en box individuel une douzaine de jours, elles sont pesées, traites et suivies pour mesurer ce qu'elles ingèrent et digèrent, puis réintroduites dans le troupeau et réutilisables au bout d'un mois. Le seul inconfort décrit tient à l'isolement des premiers jours, l'étude servant surtout à calibrer des méthodes de laboratoire pour la filière.
Objectifs
L’objectif du projet est de mesurer la valeur alimentaire des aliments utilisés ou à utiliser en élevage de ruminants (fourrages principalement), c’est-à-dire de déterminer la quantité ingérée volontaire des animaux (alimentation à volonté) et la fraction de cette quantité ingérée qui est digérée dans le tube digestif (digestibilité). Cela implique de mesurer les quantités d’aliment distribuées, refusées, et la quantité de fèces émises, sur une durée totale de 5 jours consécutifs.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus sont une connaissance approfondie de la valeur alimentaire « réelle » mesurée in vivo sur les animaux. La connaissance de la valeur alimentaire des aliments (fourrages) pour ruminants est un facteur de réussite technique et économique des élevages. Elle permet notamment de ne donner aux animaux que les compléments (concentrés) nécessaires aux besoins des animaux, donc d’augmenter l’autonomie économique et protéique des élevages.
Procédures
Les animaux sont manipulés une fois par procédure pour les monter et les descendre du box, éventuellement pour les brosser ou les nettoyer, et bloquées au cornadis deux fois par jour pour la traite sur place (durée inférieure à 10 min par traite).
Impact sur les animaux
La seule nuisance sur les chèvres concerne le fait qu’elles soient placées en box individuel pendant 12 jours, ce qui peut conduire à un léger stress le premier jour, et à un peu d’inconfort au niveau des pattes.
Devenir
A l’issue de chaque procédure, n’ayant subi aucune mesure ou chirurgie invasive, ni aucun traitement affectant leur santé, les animaux seront ré-introduits dans le troupeau, participeront au renouvellement ultérieur du troupeau et pourront être réutilisés dans de nouveaux projets, après au moins une période de 1 mois.
Remplacement
Ce projet constitue la méthode officielle de référence pour déterminer la valeur alimentaire des aliments pour ruminants (mesure de l’ingestibilité et de la digestibilité in vivo). Elles servent notamment de référence pour la calibration de méthodes alternatives de remplacement, via des équations de régression, comme la mesure en laboratoire de la digestibilité pepsine-cellulase, ou de la prévision de l’ingestibilité à partir des teneurs en matière sèche, matière organique, azote et fibres des aliments. La valeur alimentaire de l’ensemble des aliments utilisés sur le terrain en élevage (chez les éleveurs, par les conseillers, les entreprises de conseil) est calculée via des analyses chimiques, des logiciels et des équations de prévision, à partir donc de ces mesures de référence.
Réduction
Compte tenu des variabilités connues entre individus et entre jours de mesures, le nombre de chèvres (n = 6) et la durée des mesures (5 jours) correspondent au minimum nécessaire pour avoir une bonne précision des mesures, afin d’établir au final une valeur moyenne d’ingestibilité et de digestibilité. Si une chèvre venait à ne pas supporter d’être en box (prostration, chute d’ingestion sur plusieurs jours), elle serait immédiatement sortie de son box et du projet, sans être remplacée (pas de chèvre de secours prévue en phases 1 et 2). Cette situation n’est jamais arrivée jusqu’à présent (toutes les chèvres se sont accommodées facilement dans ces conditions).
Raffinement
Les animaux seront conduits conformément aux règles d’élevage et de bonnes pratiques en place dans l’élevage, avec un suivi et enregistrement du bien-être animal quotidien. L’accès permanent à l’aliment (10-15% de refus chaque jour), à un abreuvoir individuel, à un bloc de sel et oligo-éléments, ainsi que l’environnement (box dans la chèvrerie, contact visuel (pour toutes les chèvres) et physique (deux par deux), ainsi que le sol (caillebotis bois et tapis) permettent un confort pour les chèvres. Le comportement des chèvres et leur niveau d’ingestion sont particulièrement suivis les premiers jours de montée dans les box. Tout animal prostré régulièrement, dont l’ingestion chute, sera sorti des box et sorti du projet. Ce type de comportement est très facile à repérer en caprins. Dans les projets précédents, ce n’est jamais arrivé dans nos conditions d’élevage actuelles (box dans la chèvrerie). La procédure n’induit en elle-même aucune douleur ou souffrance aux animaux (aucune mesure directe sur les animaux, aucune mesure invasive).
Choix des espèces
Les ruminants (bovins, caprins, ovins) sont les animaux cibles de ce type de projet. Les caprins se rapprochent des vaches laitières en termes de besoins liés à leur niveau de production de lait (par rapport à leur poids), et des ovins par leur taille (petits ruminants). Les chèvres sont donc des modèles très intéressants, à la fois pour leurs spécificités (comportement et curiosité alimentaire) et leur similitude physiologique avec les bovins et ovins (tous ruminants). Les chèvres seront en milieu de lactation, avec des mise-bas de janvier-février, et des procédures mises en place entre mars et juin. Plus rarement, les chèvres pourraient être utilisées en fin de lactation (automne) ou durant le début de la période de tarissement (automne-hiver), en excluant le dernier mois de gestation.
Effets à long terme d’une supplémentation en vitamine D3 sur la ponte, la qualité des œufs, les caractéristiques osseuses et le statut immunitaire des poules pondeuses
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
64 poules pondeuses vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance léger. La moitié sera tuée pour prélever les tibias, l'autre gardée en vie et réutilisée dans un autre protocole. Elles subissent cinq pesées et cinq prises de sang au fil du cycle de ponte, jusqu'à 100 semaines d'âge, pour comparer des formes de vitamine D. Le porteur justifie surtout le projet par la rentabilité, chiffrant à 162 000 euros par an les pertes liées aux œufs fêlés et visant 150 œufs de plus par poule.
Objectifs
La vitamine D₃ est depuis longtemps la principale source de vitamine D en aviculture. Depuis 2006, la forme active de la vitamine D est également autorisée et largement utilisée comme source complémentaire. Chez les poulets, la vitamine D₃ est convertie dans le foie puis dans les reins en métabolite actif. Cette vitamine joue un rôle essentiel dans le développement osseux, la production d'œufs et la qualité de la coquille. Toutefois, la conversion en forme active est limitée, en particulier chez les jeunes poulettes et les poules âgées dont les fonctions hépatiques et rénales sont amoindries. Pour améliorer l’efficacité de la vitamine D₃ chez les pondeuses, la supplémentation en métabolites actifs, apparaît comme une stratégie intéressante. Celui-ci s’est montré 2 à 4 fois plus efficace que la vitamine D₃ dans l’alimentation des pondeuses. De nombreuses exploitations agricoles renouvellent leurs troupeaux vers 60–70 semaines en raison d’une baisse de productivité, soulignant l’importance d’ajuster les apports nutritionnels, notamment en vitamine D₃, pour maintenir les performances des poules vieillissantes. Une supplémentation précoce et prolongée en forme active est proposée pour améliorer la production et la qualité des œufs. Cependant, des résultats récents sur les effets de la forme active varient selon la durée des essais, les niveaux alimentaires de calcium et de vitamine D₃, ou encore les conditions expérimentales. Les données sur les effets à long terme restent limitées. Bien que certaines études suggèrent un renforcement du système immunitaire, la plupart ont été menées en conditions de stress, et l’impact de la forme active sur l’immunité en conditions normales demeure incertain. Ce projet vise donc à évaluer l’effet d’une supplémentation en forme active, en remplacement total ou partiel de la vitamine D₃, du début de la ponte jusqu’à 100 semaines d’âge, sur la production, la qualité des œufs et des os, ainsi que sur la fonction immunitaire.
Bénéfices attendus
Les résultats de ce projet permettront d’établir des recommandations sur la supplémentation en vitamine D3 et de sa forme active (25-OH-D3) chez les poules pondeuses vieillissante afin de maintenir la bonne santé et les performances après 60 semaines d’âge où l’on observe normalement une chute de productivité. L’apport de vitamine D3 (ou ses dérivés) dans l’alimentation des poules pondeuses âgées présente des effets physiologiques documentés sur la qualité de la coquille, la santé osseuse, la productivité en fin de cycle, et donc sur la rentabilité économique de l’élevage. En effet, en vieillissant, les poules absorbent moins efficacement le calcium car leur taux circulant de vitamine D3 active diminue, ce qui entraîne des coquilles plus fines, une augmentation des œufs fêlés (3% d’œufs fêlés= 3000 œufs perdus/jour soit 162 000 euros/an) ou cassés et donc une perte de valeur commerciale. Une nutrition adaptée en vitamine D3 permet de maintenir une bonne qualité de coquille et un métabolisme calcique efficace contribuant directement à atteindre des objectifs productifs prolongés. Dans la pratique, de nombreuses exploitations renouvellent leurs poules vers 60–70 semaines à cause de la baisse de productivité. Ce projet vise donc à évaluer si une meilleure gestion nutritionnelle en termes de vitamine D, tout au long du cycle de production des poules, permet de maintenir la ponte et la santé des poules au-delà de 60 semaines et jusqu’à 100 semaines d’âge. Cela permettrait de réduire le nombre total d’animaux utilisés de 40%. Le maintien de la production d’œufs chez les poules vieillissante est un facteur clé de rentabilité et de durabilité car 1/les coûts d'élevage des poulettes sont amortis sur une période plus longue, 2/une durée de cycle prolongée diminue les coûts de renouvellement avec moins de réformes anticipées, 3/la production totale par poule augmente significativement (objectif : 500 œufs en 100 semaines, soit 150 œufs en plus par poule). Le maintien même d’un léger surplus de production par poule en fin de cycle se traduit par un gain financier significatif à l’échelle d’un lot.
Procédures
[[Sortie des cages pour la pesée individuelle de chaque poule à la fin de chaque phase de (5 phases de production : 5 pesées, temps de pesée par animal, moins d’une minute). Contention des animaux pour la prise de sang à la fin de chaque phase]]. A chaque temps de prélèvement, un volume de sang de 4 ml nécessaire et suffisant à l'analyse des différents paramètres sanguin sera prélevé sur chaque animal. Pour chaque prise de sang, le temps de prélèvement ne dépassera pas 1 minute.
Impact sur les animaux
[[Inconfort dû à la manipulation des poules lors des pesées et stress léger dû à la manipulation prises de sang, à la fin de chaque phase (5 phases)]].
Devenir
Une poule par cage sera mise à mort afin de prélever les tibias pour évaluer l’addition précoce et prolongée de la vitamine D sur la minéralisation osseuse, soit la moitié des animaux de chaque groupe (total 32 animaux) A la fin de cette procédure, une poule par cage sera gardée en vie et pourra être réutilisée après une période de récupération validée par le vétérinaire désigné dans une autre procédure.
Remplacement
La procédure expérimentale est indispensable et ne peut être remplacée par des méthodes alternatives à l’utilisation des animaux. Aucun système in vitro ne permet de démontrer la biodisponibilité des vitamines en lien avec la production d'œufs, la qualité des œufs et des os, ou l'état immunitaire des poules pondeuses.
Réduction
Des calculs statistiques ont été réalisés afin de déterminer le nombre d’animaux adéquat pour ce projet. Les calculs ont été faits sur la base de résultats obtenus d’études antérieures avec la vitamine D3 sur la production d’œufs chez les poules. Le nombre d’animaux utilisé permettra d’évaluer l’effet de l’addition précoce et prolongée de la vitamine D3 sur les performances de ponte et la santé des poules pondeuses vieillissante.
Raffinement
Le projet sera réalisé dans un établissement de moins de 350 poules pondeuses, selon « Les normes minimales relatives à la protection des poules pondeuses ». Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de sorte que l’enrichissement des cages mis à disposition pour occuper les animaux (perchoir, miroir, grelot scintillant, plaquette) et les paramètres environnementaux (contrôle du bruit, éclairage, température et hygrométrie) procurent le maximum de confort aux animaux. Les poules pondeuses sont hébergées à raison de 2 poules par cage sur deux étages permettant de procéder facilement à l’inspection des animaux. L’hébergement des poules permet un contact direct avec son congénère afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux. Les cages sont disposées d’une manière à favoriser les interactions positives d’ordre visuel avec les animaliers. L’apport de grit [[(mélange de gravier, coquillage et d’écailles d’huitres)]] dans la ration alimentaire au moins une fois par semaine favorisera la digestion et stimulera le picorage. L’inconfort et le stress dus à la sortie des cages pour la pesée individuelle de chaque poule sont réduits en réalisant les opérations de capture le plus silencieusement possible, par une manipulation délicate des animaux saisis au niveau du tarse juste au-dessus des doigts pour être transférés dans des contenants suffisamment grands. L’inconfort et le stress dus à la sortie des cages pour les prises de sang sont réduits par une manipulation délicate des animaux, un prélèvement de faibles volumes de sang en fonction de la volémie et par l’application d’un point de pression sur le site de prélèvement comme décrit dans le procédure interne qui définit le volume limite de prélèvement sanguin et les périodes de récupération nécessaires. L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement.
Choix des espèces
Les vitamines testées dans ce projet sont destinées à être incorporées dans les rations alimentaires distribuées aux poules pondeuses pour maintenir et ou améliorer la production et la qualité des œufs des poules âgées. Des poules pondeuses brunes de l’espèce HyLine Brown à haut potentiel de production, de 24 semaines seront utilisées pour évaluer si l’apport précoce et prolongé de la forme active de la vitamine D permet de maintenir voire d’améliorer la production et la qualité des œufs des poules âgées (100 semaines).
Évaluation de l’efficacité d’un additif détoxifiant pour limiter l’impact des mycotoxines alimentaires sur la croissance du tilapia
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Nourris pendant 84 jours avec un aliment volontairement contaminé par des mycotoxines, 300 tilapias vont être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance léger à modéré, tous tués à l'issue. La contamination peut provoquer perte de poids, refus de s'alimenter, gonflement du ventre et inflammation de l'anus, pour tester un additif détoxifiant. Le porteur reconnaît que l'étude vise l'enregistrement commercial du produit en Amérique latine, requis par la réglementation. Le nombre de poissons est présenté comme issu de "calculs statistiques détaillés" qui ne sont pas rapportés.
Objectifs
À l’échelle mondiale, les mycotoxines constituent un des risques majeurs pour la sécurité alimentaire touchant les cultures, les aliments pour animaux et la santé animale et humaine. Une exposition aiguë ou chronique peut provoquer des effets délétères chez l'humain et chez l'animal, incluant des troubles gastro-intestinaux, rénaux, immunitaires ou carcinogènes. Les cultures agricoles sont fréquemment contaminées par plusieurs mycotoxines, renforçant la toxicité via des effets synergiques. Les données issues d’une étude mondiale montrent que 70 % des échantillons agricoles contiennent plusieurs mycotoxines et qu'une proportion importante franchit les seuils de risques zootechniques. Dans les secteurs de l'élevage, l’impact économique est considérable. En effet, les mycotoxines compromettent la croissance, la fertilité, l’immunité et la productivité des animaux. Les pertes économiques globales liées aux mycotoxines sont estimées à plusieurs centaines de millions de dollars par an dans les chaînes de valeur agricoles et agroalimentaires. L’aquaculture est également touchée, avec une exposition croissante aux aflatoxines, fumonisines et trichothécènes qui coexistent dans les farines végétales utilisées pour l’alimentation, notamment dans les régions d’Asie-Pacifique qui sont fortement contaminées. Il existe une gamme de produits représentant la solution la plus avancée pour préserver la santé et la performance des animaux en désactivant les mycotoxines qui contaminent les aliments destinés aux animaux d’élevage. Par le biais de trois modes d’actions (adsorption, biotransformation et bioprotection), ces produits détoxifiants assurent une protection ciblée, irréversible et immédiate contre les mycotoxines (fumonisine, deoxynivalenole). La dernière innovation de la gamme de produits détoxifiants conserve toutes les stratégies de détoxification de la gamme précédente tout en introduisant une nouvelle approche de biotransformation enzymatique ciblant les ochratoxines. Ce projet visant à tester l’efficacité et la sureté fonctionnelle de ce nouveau produit, permettra d'obtenir l'autorisation de mise sur le marché du produit
Bénéfices attendus
Ce projet permettra l’enregistrement du produit dans les régions d’Amérique Latine et donc la mise à disposition du produit le plus récent et le plus efficace pour gérer les risques liés aux mycotoxines dans l'industrie de l'élevage. L'introduction d'un produit détoxifiant dans l'aquaculture latino-américaine offre un avantage car il s’adresse à l'un des problèmes les plus fréquents retrouvés dans les régions tropicales comme le Brésil qui est la contamination des aliments pour animaux par des toxines fongiques. En effet, les températures élevées et l'humidité favorisent la prolifération des toxines, ce qui augmente considérablement leur présence dans les matières premières végétales telles que le maïs et le soja, largement utilisées dans l'alimentation aquacole. De plus, même à de faibles doses, les mycotoxines provoquent une immunosuppression, des lésions hépatiques et rénales et une plus grande sensibilité aux infections, réduisant ainsi les performances des poissons d'élevage. L’impact économique est significatif, d'autant plus que les aliments représentent environ 60 % du coût total de production dans les systèmes intensifs et super intensifs. Réduire la charge toxique dans l’alimentation à l'aide d'un détoxifiant permet non seulement d'éviter les pertes, mais aussi d'optimiser l'efficacité alimentaire et d'améliorer l'uniformité des lots. Par ailleurs, certaines mycotoxines peuvent être transférées aux tissus animaux en cas d'exposition prolongée, ce qui représente un risque pour la chaîne alimentaire humaine. Avec la croissance de l'aquaculture comme pilier pour répondre à la demande mondiale en protéines, et le Brésil s'imposant comme l'un des plus grands producteurs de tilapia en Amérique Latine, disposer d'un produit détoxifiant permet de garantir des normes sanitaires plus strictes, et facilite l'accès à des marchés exigeants. Enfin, l’utilisation d’un produit détoxifiant s’inscrit dans une politique plus écoresponsable. En effet, il favorise la transition vers des régimes alimentaires aquacoles plus durables en sécurisant l’utilisation des matières premières végétales en remplacement des ingrédients d’origine marine (farine de poisson). En Amérique latine, où les défis liés au stockage, au transport et à la variabilité climatique sont importants, ce type de produit devient un allié stratégique pour limiter les pertes économiques et garantir la résilience du système aquacole.
Procédures
Les animaux seront soumis à la procédure pour une durée de 84 jours. Sorties hors de l’eau pour la pesée des poissons par groupe (7 fois en 12 semaines, moins de 30 secondes) Prises de sang unitaires (durée 30 secondes). Un volume sanguin supérieur à 10% du volume sanguin circulant sera prélevé car les poissons seront immédiatement mis à mort (durée 1 seconde). .
Impact sur les animaux
Les animaux seront nourris avec un aliment standard répondant à leurs besoins nutritionnels et supplémenté en mycotoxines et en enzymes détoxifiantes pendant 84 jours après une semaine d’acclimatation. [[Les mycotoxines ajoutées artificiellement dans l’aliment peuvent influencer la santé et la qualité de vie des animaux caractérisées par une perte de poids, un refus de s’alimenter, des changements d’apparence (gonflements du ventre, inflammation de l’anus), une détérioration de la barrière intestinale, une immunosuppression. Stress dû à la capture et à la sortie des bassins pour la pesée. Douleur transitoire à l’endroit du prélèvement de sang réalisé une fois par animal.
Devenir
Tous les animaux entrant dans la procédure expérimentale seront mis à mort soit afin de réaliser des prélèvements biologiques soit parce qu’ils ne peuvent pas être réutilisés ou replacés en raison de leur exposition aux mycotoxines. Les différents prélèvements permettront de démontrer l’efficacité du mélange d’enzymes détoxifiantes en comparaison avec les différents groupes contrôles, et que la santé des animaux n’est pas affectée.
Remplacement
Au moment de la délivrance de cette autorisation de projet, il n’existe pas de modèle in vitro ou in silico capable de mimer l’intégralité des fonctions cellulaires et physiologiques sollicitées par les poissons lorsqu'ils sont affectés par les mycotoxines. De plus l’évaluation d’un additif alimentaire, implique de connaitre son mode d’action chez l’animal auquel il est destiné impliquant l'utilisation d'animaux vivants. Enfin, cette procédure est nécessaire car l’enregistrement d’un additif alimentaire requis par la loi nécessite la réalisation d’une étude in -vivo.
Réduction
Des calculs statistiques détaillés ont été réalisés afin de déterminer le nombre d'animaux adéquat pour ce projet. Le nombre d'animaux à utiliser permettra d'apporter de bonnes conditions d'élevage en favorisant une hiérarchie sociale essentielle au bien-être des animaux et d'obtenir des données scientifiquement robustes. Des analyses post-mortem seront réalisées sur les tissus de chaque animal afin de générer le maximum d'informations possibles par animal.
Raffinement
[[Un minimum de deux observations quotidiennes des animaux est réalisé afin de détecter prématurément des signes cliniques de dommages corporels qui sont suivis au moyen d’une grille de score spécifique et adaptée à la procédure.]]. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies afin que la densité des animaux par bassin, les paramètres environnementaux (température, pH) l'enrichissement des bassins (couvercle semi opaque pour simuler un refuge, aérateur pour stimuler les poissons) ou encore la qualité d’eau procurent le maximum de confort aux animaux, et répondent à la législation en vigueur. Aucun animal ne restera isolé sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire l’angoisse et le stress des animaux. Avant toute manipulation (pesée ou prélèvement) au cours de cette étude, les tilapias sont anesthésiés. La capture et le stress dus à la sortie des bassins sont réduits par une manipulation délicate des animaux par les applicateurs lors des pesées et des prises de sang. Les conditions expérimentales sont également raffinées par un séchage modéré des poissons, le port de gants, l’utilisation d’une mousse humide pour faire reposer l’animal sur un support de contention adapté, d’un point de pression sur le site de prélèvement comme décrit dans une procédure interne qui définit le volume limite de prélèvement sanguin et les périodes de récupération nécessaires.
Choix des espèces
L'espèce est choisie en fonction de la pertinence de la région d'enregistrement du produit. , Le tilapia est un poisson peu exigeant, résistant aux conditions d'élevage, aux maladies, avec un taux de croissance élevée. Il est particulièrement adapté aux conditions climatiques et environnementales tropicales. Néanmoins, le tilapia, comme poisson d’eau chaude est la principale espèce exposée aux risques liés aux mycotoxines en Amérique latine et au Brésil et le deuxième plus important groupe de poissons mis en élevage après les carpes. Dans ce projet, l’espèce Oreochromis aureus du genre mâle sera utilisée. Les additifs alimentaires dont l’activité détoxifiante veut être confirmée, chez cette espèce, sont destinés à être incorporés dans les rations alimentaires distribuées aux tilapias. [[Au début de l’étude, les tilapias pèseront 80 g, ce qui correspond à un stade juvénile avancé / pré adulte. Les tilapias de 80 g se trouvent dans un stade où les organes cibles des mycotoxines (foie, intestin, gonades) sont fonctionnels mais encore en maturation, ce qui augmente la sensibilité aux perturbations métaboliques. La croissance est exponentielle, permettant une détection claire des effets chroniques des mycotoxines sur les performances zootechniques, l'efficience alimentaire ou les indices corporels. En terminant l’étude avec un poids supérieur à 350 g, les poissons atteindront un stade sub-adulte proche du poids commercial, un niveau de développement où les organes sont pleinement formés, permettant une évaluation complète des effets toxiques. Ce choix garantit que l’exposition couvre l’ensemble de la phase juvénile à sub-adulte, une fenêtre critique de développement durant laquelle les mycotoxines peuvent provoquer des effets physiologiques détectables et pertinents pour l’aquaculture.
Etude exploratoire sur le métabolisme de la vitamine D chez le porc en croissance finition
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
60 cochons vont être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance léger, tous tués pour prélever foie, reins et tibia. Élevés du sevrage jusqu'à environ 80 kg, ils subissent des pesées et des prises de sang à la jugulaire pour comparer des formes de vitamine D dans l'alimentation. Le porteur avance surtout des bénéfices économiques: réduire le coût des métabolites, améliorer la "prévisibilité économique" et renforcer le positionnement de l'entreprise comme référent en nutrition porcine. L'amélioration du bien-être des cochons figure parmi ces arguments commerciaux.
Objectifs
La vitamine D joue un rôle essentiel chez le porc : elle contribue à la solidité des os, à la croissance, aux défenses immunitaires et au bon fonctionnement général de l’organisme. Dans l’alimentation animale, on utilise traditionnellement la vitamine D classique. Une autre forme, plus facilement utilisée par le corps, est également disponible (25OHD3) et permet d’obtenir de meilleurs niveaux de vitamine D dans le sang. Cependant, cette forme est plus coûteuse, ce qui pousse de nombreux élevages à combiner les deux sources pour limiter les dépenses tout en maintenant de bonnes performances. Même si ces pratiques sont répandues et ne semblent pas poser de problème visible, certaines questions importantes restent sans réponse. Par exemple, on ne sait pas encore si l’utilisation prolongée de la forme la plus biodisponible (250HD3) pourrait modifier le fonctionnement naturel du foie, qui transforme habituellement la vitamine D en une forme utilisable par l’organisme. De même, une autre forme encore plus active existe (1,25(OH)2D3), mais elle agit directement sur la régulation du calcium dans le corps. Son ajout pourrait donc, en théorie, perturber l’équilibre naturel entre la vitamine D, le calcium et certaines hormones qui contrôlent les minéraux dans l’organisme. Aujourd’hui, aucun travail n’a étudié en détail comment ces différentes formes de vitamine D influencent le métabolisme du porc, notamment en période de croissance. C’est pourquoi une étude exploratoire est nécessaire. Elle permettra de vérifier si l’ajout de la forme la plus biodisponible modifie ou non l’activité naturelle du foie, de mieux comprendre comment les stratégies combinant plusieurs formes influencent le métabolisme global de la vitamine D, et d’évaluer si l’apport de la forme la plus active perturbe l’équilibre du calcium et des autres minéraux essentiels. Les résultats attendus contribueront à améliorer les recommandations nutritionnelles pour les éleveurs, en garantissant que les programmes de supplémentation en vitamine D soient efficaces, sûrs pour les animaux et fondés sur des connaissances scientifiques solides.
Bénéfices attendus
L’étude permettra de déterminer les niveaux de supplémentation optimaux pour la vitamine D₃, la 25OHD₃ et la 1,25(OH)2D₃ et d’évaluer leur impact sur le métabolisme osseux et hépatique. Une meilleure maitrise de ces besoins pourrait réduire l’usage de métabolites plus coûteux et améliorer le rapport coût efficacité des formules alimentaires. L’optimisation du statut vitaminique et minéral favorise la croissance, la conversion alimentaire et la solidité osseuse, diminuant la variabilité des performances et améliorant la prévisibilité économique pour les producteurs. De plus, des apports améliorés en vitamine D3 ou en 25OHD3 permettent d’augmenter les concentrations plasmatiques de 25OHD3 à 41,8–50,3 ng/mL contre 16,6 ng/mL pour des apports classiques, soutenant ainsi minéralisation plus efficace et un statut vitaminique plus stable. Aussi, une meilleure compréhension du métabolisme de la vitamine D contribue à prévenir les déséquilibres minéraux susceptibles d’entrainer douleurs, boiteries ou fragilité osseuse, contribuant à améliorer le bien être des animaux. La réduction des troubles locomoteurs, de la fragilité osseuse et des interventions vétérinaires se traduit aussi par moins de pertes animales et par des économies directes pour les élevages. Des recommandations fondées sur données physiologiques robustes renforcent la crédibilité des conseils techniques et facilitent l’adoption de programmes nutritionnels adaptés et sécurisés auprès des fabricants d’aliments et des producteurs. Une supplémentation en accord avec les besoins physiologiques permet d’éviter les surdosages, favorisant une formulation alimentaire plus efficace, durable et réduisant l’usage inutile de nutriments et de réduire les excès de minéraux excrétés. L’adaptation des doses de ces suppléments constitue en effet un enjeu majeur pour la durabilité environnementale des élevages. Enfin, cette étude permettra de clarifier le rôle de la supplémentation en 25OHD₃ sur la fonction hépatique, de sécuriser des programmes de supplémentation mixtes et d’affiner les recommandations internes. Elle contribuera ainsi à renforcer le positionnement de l’entreprise en tant que référent scientifique en nutrition porcine.
Procédures
Les animaux seront nourris avec un aliment standard répondant à leurs besoins nutritionnels. Au cours de la procédure, les animaux seront soumis à un prélèvement sanguin au niveau de la veine jugulaire. Il sera nécessaire et suffisant pour réaliser les analyses des paramètres sanguins. Pour chaque prise de sang, le temps de prélèvement ne dépassera pas 1 minute.
Impact sur les animaux
Inconfort dû à la conduite des animaux pour les pesées en fin de phase de croissance (J35) et de phase de finition (J70). Stress dû à la contention des animaux pour les prises de sang (J35, fin phase croissance ; J70 fin phase finition).
Devenir
La moitié des animaux, soit 30 animaux seront mis à mort pour le prélèvement d’échantillons biologiques (foie, rein, tibia) à la fin de la phase de croissance. L’autre moitié des animaux sera mis à mort à la fin de la phase de finition de la procédure pour le prélèvement d’échantillons biologiques (foie, reins, tibia).
Remplacement
La procédure expérimentale est nécessaire et ne peut pas être remplacée par une autre stratégie n'impliquant pas l'utilisation d'animaux vivants. En effet la procédure vise à montrer l’impact d’une stratégie mixte de vitamines sur l’activité hépatique et la régulation calcique chez le porc en croissance. Cette procédure nécessite de prendre en compte toutes les interactions systémiques et cellulaires qui ont lieu afin de mieux appréhender le mode d’action des additifs alimentaires pour améliorer le bien-être des animaux.
Réduction
Des calculs statistiques détaillés ont été réalisés afin de déterminer le nombre d’animaux minimum a utilisé pour évaluer l’hypothèse de ce projet exploratoire. Le nombre d’animaux à utiliser permettra d’apporter des bonnes conditions d’élevage en favorisant une hiérarchie sociale essentielle au bien-être des animaux, et générer des données scientifiquement interprétables.
Raffinement
La conduite des animaux pour leur pesée individuelle est optimisée en limitant les sources de stress. Cela inclut le déplacement des porcs en groupe (cage par cage) dans le calme, sans claquement des portes métalliques, et en tenant compte du point de balance de l’animal : celui-ci avance lorsque l’opérateur se positionne derrière ce point, et recule si l’opérateur se trouve devant. Deux pesées sont réalisées (J35, J70), procédure légère. L’opérateur doit porter une tenue de couleur sombre, et stimuler les animaux par la voix et la main afin de guider leur déplacement. Des panneaux de conduites sont autorisés pour la conduite des animaux. Lors des prises de sang en fin de phase grower et de phase finisher de la procédure, l’inconfort et le stress dus à l’immobilisation des animaux à l’aide d’un lasso en acier souple pour les porcs de plus de 30 kg, sont réduits par une manipulation compétente et rapide des animaux par les applicateurs de la procédure, par un prélèvement de faibles volumes de sang en fonction de la volémie et par l’application d’un point de pression sur le site de prélèvement comme décrit dans le procédure interne qui définit le volume limite de prélèvement sanguin et les périodes de récupération nécessaires entre les deux prélèvements. A la fin de la prise de sang, l’animal peut être caressé au niveau du groin ou sous le cou. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de sorte que la densité des animaux par cage, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie) procurent le maximum de confort, et restent en accord avec la législation en vigueur. Des enrichissements (jouets suspendus en caoutchouc ou à mâcher, ballon) sont mis en place dans toutes les cages. Aucun animal ne reste isolé, en cage individuelle sans contact olfactif, auditif et visuel avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.
Choix des espèces
La procédure expérimentale est réalisée en utilisant des porcelets sevrés à 28 jours d’âge au niveau de l’élevage et réceptionnés avec un poids vif de 20 kg en moyenne. Les animaux seront utilisés au stade de porcelets en croissance (20 kg) et conduit jusqu’au stade de l’engraissement (environ 80 kg) afin d’évaluer les programmes d’alimentation vitaminiques mixtes utilisés en élevage.