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Mesure de l’utilisation digestive iléale des acides aminés des aliments chez le porc
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
275 porcs vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque animal subit une chirurgie digestive de deux heures, avec anastomose et pose de canule, puis un hébergement individuel de huit semaines et cinq périodes de mouvements restreints de trois jours et demi, pour mesurer l'utilisation digestive des acides aminés des aliments. Le porteur indique que la modification du tube digestif est irréversible et justifie par là la mise à mort. Il conclut que les modèles in vitro ou mathématiques manquent de précision et affirme un "besoin" de recourir aux porcs pour la filière alimentaire.
Objectifs
Les aliments des porcs sont constitués de matières premières qui sont combinées dans une recette permettant de satisfaire les besoins nutritionnels des animaux, tout en limitant les excédents nutritionnels préjudiciables au bien-être animal (troubles métaboliques, surpoids entraînant des troubles locomoteurs, inadaptation digestive à l'origine de diarrhée). Les matières premières utilisées dans les aliments doivent donc systématiquement faire l'objet d'études de caractérisation. L'un des principaux critères permettant la combinaison des matières premières dans une recette est leur teneur en acides aminés. Celle-ci est déterminée sur la base de l'utilisation digestive des acides aminés au niveau de l'intestin grêle, qui est mesurée par différence entre les quantités ingérée et excrétée dans les digesta en fin d'iléon. L'objectif du projet est de déterminer l'utilisation digestive iléale des acides aminés des aliments chez le porc.
Bénéfices attendus
Le projet va permettre de disposer de connaissances concernant la valeur nutritionnelle des aliments. Celles-ci sont bénéfiques pour les animaux, l'environnement, les éleveurs et l'ensemble de la société car elles permettent une meilleure utilisation des ressources alimentaires, diminuant ainsi les risques métaboliques pour les animaux, les risques liés aux impacts environnementaux des élevages et la compétition entre les animaux et l'homme pour l'utilisation des ressources alimentaires. En particulier, les connaissances issues du projet permettent de diminuer les rejets dans l'environnement, notamment d'azote.
Procédures
Les animaux seront soumis à une intervention chirurgicale (implantation de cathéter, anastomose digestive et pose de canule digestive, intervention d'une durée de 2h) et à des conditions d'hébergement particulières (hébergement individuel pendant 8 semaines et limitation des mouvements pendant 5 périodes de 3.5 jours).
Impact sur les animaux
Les principales nuisances sont liées aux conséquences de l'intervention chirurgicale (modification du tractus digestif) et aux modalités d'hébergement. L'intervention chirurgicale peut potentiellement entraîner des douleurs qui seront systématiquement évaluées et prises en charge de manière adéquate. Elle aboutit également à une modification du tractus digestif non réversible tout en limitant les déplacements d'organes car le caecum et le gros intestin sont maintenus dans la cavité abdominale. Ces modifications peuvent s'accompagner d'une accélération du transit et d'une sensation accrue de faim. Les animaux sont également placés en cages individuelles, ce qui peut générer un stress. De plus, les mouvements des animaux sont limités pendant 5 périodes de 3,5 jours pour la collecte des digesta non contaminés par de l'urine, ce qui pourra induire un stress supplémentaire.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés car les modifications du tractus digestif mises en place lors de l'intervention chirurgicale sont non réversibles.
Remplacement
Nous souhaitons mesurer l'utilisation digestive iléale des aliments chez le porc. Pour cela, nous ne disposons pas de modèles (in vitro ou mathématiques) suffisamment précis pour permettre la représentation de la complexité biologique des phénomènes digestifs et nous avons besoin d'avoir recours à des essais sur animaux.
Réduction
Le nombre d'animaux est calculé comme étant le nombre d'animaux strictement nécessaire pour mesurer l'utilisation digestive iléale des acides aminés des aliments avec une précision suffisante (nous considérons qu'un écart-type de 1% est nécessaire pour que les mesures réalisées soient bénéfiques pour la connaissances des valeurs nutritionnelles des aliments). Sur la base de nos essais antérieurs, cette précision est atteinte avec un effectif de 4 animaux par aliment. Les comparaisons entre aliments seront réalisées sur la base d'analyses de variance dans les conditions d'application des modèles statistiques linéaires généralisés.
Raffinement
Les animaux sont toujours placés à proximité de leurs congénères pendant le projet, soit en contact direct (phases de récupération post-opératoire et d'adaptation), soit en contact visuel et auditif (phase de mesure). Toutes les cages sont équipées de dispositifs d'enrichissement qui sont renouvelés régulièrement et au gré des comportements individuels. Ils s'agit de matériels manipulables (chaînes métalliques, balles en plastique dur, jouets en plastique mou uniquement pendant les périodes péri-opératoires pour ne pas interférer avec les mesures). Les salles sont également équipées de dispositifs audio permettant la diffusion de fond sonore. Un protocole spécifique pour la prise en charge de la douleur est mis en place au moment de l'intervention chirurgicale. La prise en charge de la douleur est réalisée conformément aux recommandations pour un acte pouvant entraîner une douleur modérée à sévère. Les animaux sont suivis a minima quotidiennement par du personnel expérimenté afin de détecter l'atteinte d'un point limite.
Choix des espèces
Il s'agit de l'espèce-cible des études. Les animaux seront en croissance, d'un poids moyen de 35 kg en début de procédure. Lors de la phase de mesure, le poids des animaux sera d'environ 50 kg, ce qui correspond au poids vif moyen des animaux présents dans les élevages commerciaux et qui sont la cible des résultats du projet.
Effet de la fréquence de distribution et de la nature de la ration alimentaire sur l’ingestion, la production laitière et le comportement alimentaire des chèvres laitières
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
32 chèvres de race Alpine vont être utilisées, toutes gardées vivantes dans l'élevage à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles passent six semaines sur caillebottis, hors de leur aire paillée habituelle, avec pesée automatique et pose d'un accéléromètre à l'oreille, pour mesurer l'effet du rythme de distribution des rations sur l'ingestion et la production laitière. Le porteur présente l'objectif comme économique, l'alimentation représentant environ 60 % du coût de production du lait de chèvre. Sur le remplacement, il affirme que le recours aux animaux est "obligatoire" faute de pouvoir réaliser ces mesures individuelles en ferme commerciale.
Objectifs
La maîtrise des coûts alimentaires est un enjeu majeur pour la filière caprine. Aujourd’hui, les charges d’alimentation représentent environ 60% du coût de production (euros/litre de lait) des élevages caprins et une importante part de ce cout est liée aux aliments dits concentrés (en énergie : céréales, en protéines : tourteaux), par opposition aux aliments fourragers. Les élevages caprins utilisent en moyenne 570 g de concentrés pour produire 1 litre de lait. Cette dépendance aux aliments concentrés expose les éleveurs à la volatilité des marchés des matières premières et fragilise leurs revenus. A titre d’exemple, l’IPAMPA, qui est l’indice des prix des intrants pour la production de lait de chèvre, a augmenté de 14,4% entre 2020 et 2021. Un moyen d’action est de de réduire la part de concentrés dans les rations distribuées aux animaux et d’augmenter la part de fourrages, tout en maintenant un bon niveau de production laitière. Pour revoir le rationnement des chèvres laitières et augmenter la part de fourrages dans les quantités consommées, il est nécessaire de comprendre les bases de l’ingestion d’aliments plus fibreux et moins énergétiques que les concentrés. Les modalités de distribution de la ration (nombre de distributions dans la journée, ordre des fourrages distribués si la ration n’est pas mélangée) apparaissent comme des pistes intéressantes pour augmenter la consommation des fourrages utilisés dans la ration par les chèvres laitières. L’augmentation de la fréquence de distribution pourrait en effet stimuler l’ingestion et augmenter les quantités de fourrages ingérées. Cette hypothèse est liée au rythme circadien de la prise alimentaire chez les chèvres: elles sont plus motivées à manger la journée et ruminent pendant la nuit. Par ailleurs, le fractionnement des repas dans la journée contribue à une meilleure stabilité du pH du rumen et permet ainsi de maintenir la motivation à manger. Ainsi, les objectifs du projet sont : - de quantifier les effets du nombre de distributions journalières en fonction de la nature de la ration sur l’ingestion, la production laitière, la composition du lait et le comportement alimentaire des chèvres laitières, - de quantifier la variabilité individuelle de l’ingestion des chèvres laitières, Ce projet s’intègre dans un projet plus large, dans lequel une diversité de rations et de modalités de distribution sera testée.
Bénéfices attendus
Le projet permettra de quantifier les réponses d’ingestion (quantités journalières, nombre de prises alimentaires dans la journée, temps passé à manger) des chèvres laitières pour 2 rations et 2 rythmes de distribution ainsi que les conséquences sur la production laitière. Il contribuera ainsi à améliorer les connaissances sur la valorisation de la ration par les chèvres laitières (quantité de lait produite par kg de matière sèche ingérée) en stimulant l’ingestion par la maîtrise de la distribution. Par ailleurs, le dispositif de mesures individuelles de l’ingestion produira des données originales sur la variabilité individuelle des chèvres laitières. Un des enjeux pour les élevages caprins est de faire au mieux avec cette variabilité : étant donné les effectifs, il n’est pas possible de rationner les animaux individuellement. La constitution de lots est incontournable et la ration d’un lot est conçue sur la base d’un animal « moyen » sensé être représentatif du lot. Produire des connaissances sur les facteurs de variations de l’ingestion des animaux permettra de mieux raisonner les critères utilisés en élevage pour la constitution des lots d’alimentation.
Procédures
Les animaux seront hébergés dans un dispositif sur caillebottis, pour éviter qu’ils ingèrent de la paille ce qui fausserait les mesures d’ingestion. Ils iront à la traite deux fois par jour, comme le reste du troupeau conduit comme un élevage laitier classique. Lors de chaque traite, ils seront pesés automatiquement via un système de balance au sol sur lequel ils marchent avant d’accéder au quai de traite et à leur place. Cette pesée ne nécessite donc aucune manipulation particulière. La production laitière est enregistrée par des compteurs à lait. Pendant l’essai, 16 animaux recevront une ration à base d’ensilage de maïs dont la composition a été conçue pour le limiter le risque d’acidose (forte part de fibres, faible part d’amidon). Ces animaux y seront progressivement adaptés avant l’essai pendant 18 jours, avec une incorporation de l’ensilage en augmentant la proportion tous les 5 jours. Les 16 autres animaux recoivent la ration à base de pulpe de betteraves, utilisée en routine dans l’installation.
Impact sur les animaux
Le projet implique que les animaux soient placés pendant 6 semaines dans un dispositif sur caillebottis, ce qui n’est pas l’environnement habituel de ces animaux (normalement sur aire paillée) mais qui permet d’éviter l’ingestion de paille et donc une mesure précise de l’ingestion. Pour limiter le temps passé sur le dispositif, en plus des 2 passages journaliers à la traite, chaque lot de 8 animaux aura accès, en groupe, à une aire d’exercice (entre 6 et 10 m²/lot) tous les jours pendant 30 minutes. Les pesées quotidiennes s’effectuent à l’entrée du dispositif de traite, sur un plateau de pesée au sol de l’aire d’attente. Ce dispositif est automatisé : les animaux marchent sur le plateau, sont idenfiés avec leur boucle et n’ont donc pas besoin dêtre manipulés. Cette pesée est habituelle pour eux : elle a lieu en routine, en dehors des essais. La ration à base de maïs a été conçue selon les recommandations nutritionnelles INRAE pour éviter les risques d’acidose (baisse du pH du rumen), avec une part importante de fibres (50%) et une part limitée d’amidon (16%). Les accéléromètres sont placés au niveau de la boucle à l’oreille des animaux. Des tests préliminaires ont montré que les chèvres s’habituaient bien à ce dispositif léger (15g). Le cas échéant, l’accéléromètre sera retiré. Le réallotement en début d’essai implique la mise en place d’une nouvelle hiérarchie, ce qui se passe généralement bien, les animaux étant habitués à changer de lot pendant la conduite de routine de l’élevage (par exemple au moment de la période de reproduction). L’adaptation au dispositif en portillons individuels est rapide car les animaux ont déjà tous été placés au moins une fois dedans. Les chèvres repèrent vite leur place et mangent sans problème. Néanmoins, durant les premiers jours, la surveillance reste accrue pour vérifier que tous les animaux s’alimentent sans problème.
Devenir
Tous les animaux sont gardés en vie dans l'établissement utilisateur à l'issue du projet.
Remplacement
Le recours à l’animal est obligatoire pour mesurer les quantités d’aliments qu’il consomme et caractériser son comportement alimentaire (nombre de repas dans la journée, vitesse d’ingestion). Il n’est pas possible de réaliser ces mesures individuelles en fermes commerciales étant donné le niveau d’équipement nécessaire.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans le projet a été choisi en prenant en compte 3 éléments : la taille du dispositif de mesure de l’ingestion individuelle (32 places) , les expériences antérieures sur la variabilité du comportement alimentaire et un nombre suffisant d’individus du point de vue statistique pour pouvoir quantifier un effet du nombre de distributions sur l’ingestion des chèvres laitières
Raffinement
Les 32 chèvres laitières passeront 6 semaines dans un dispositif de mesure individuelle de l’ingestion dont l’intérêt est d’avoir des cases collectives pour garder les animaux en lot, avec leurs congénères, tout en étant capable de mesurer précisément ce qu’ils ingèrent individuellement. Les animaux choisis pour ce projet ont déjà tous utilisés le dispositif de mesure et n’avaient pas montré de signes de stress, à savoir ils étaient capables de se coucher dans le dispositif, ne présentaient pas de baisse d’ingestion, de poids ou de production laitière. Pour améliorer l’environnement, des brosses seront installées dans chacun des 4 cases collectives. Il sera vérifié quotidiennement que les animaux se couchent bien dans la case. Si un animal ne se couche pas, un tapis en caoutchouc sera utilisé. Lors de la traite, un système de pesée automatique (sans manipulation des animaux) permettra de suivre le poids des animaux et ainsi détecter un éventuel problème lié à une baisse d’ingestion. L’état général des animaux (posture, positionnement vis-à-vis des congénères, signes sanitaires comme des boiteries, etc) sera contrôlé plusieurs fois par jour, en particulier pendant la distribution de la ration pour vérifier que tous les animaux s’alimentent correctement (présence à l’auge, comportement normal pendant l’alimentation, absence de boiteries lors du déplacement à la traite). En cas de détérioration de l’état d’un animal, un bilan sanitaire sera réalisé et si besoin, le protocole de soin établi par le vétérinaire référent sera appliqué. Avant d’intégrer le dispositif de mesure d’ingestion individuelle, les animaux seront habitués à la ration à base d’ensilage de maïs pendant 18 jours. Cette transition alimentaire sera réalisée sur une aire paillée, environnement habituel des animaux. L’ensilage de maïs sera intégré progressivement dans la ration à raison de 10%, 20% puis 30% par intervalle de 5 jours.
Choix des espèces
Le projet porte sur l’amélioration de l’élevage caprin, c’est donc l’espèce d’intérêt qui est utilisée. La race Alpine est une des 2 races majoritaires en France. Les animaux utilisés seront des chèvres en milieu de lactation pour pouvoir étudier les effets du nombre de distributions sur la production laitière et avoir des résultats représentatifs du contexte de production des élevages commerciaux
Etude de l’effet d’une supplémentation en levures probiotiques sur la mise en place du microbiote digestif et le statut immunitaire du veau en période de pré- et post-sevrage
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
26 veaux vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis vendus à des élevages d'engraissement pour la production de viande. Ils subissent, entre la naissance et cent jours, des prélèvements de fèces, de sang à la jugulaire et de contenu du rumen prélevé à la sonde œsophagienne reliée à une pompe à vide, sous contention par un animalier. Le porteur reconnaît un possible inconfort lié aux prélèvements et à la contention. L'étude vise à mesurer l'effet de levures probiotiques sur le microbiote digestif et le statut immunitaire du veau au sevrage.
Objectifs
Les objectifs de ce travail sont d’étudier l’effet d'un apport de levures probiotiques (dans l’aliment lacté) sur les performances zootechniques, la structure et les fonctionnalités du microbiote digestif intestinal) et sur le statut immunitaire du veau en période de pré- et post-sevrage.
Bénéfices attendus
Les bénéfices de ce projet comprennent : - une meilleure compréhension de l'activité de flore ruminale chez le jeune bovin avant et après sevrage
Procédures
Les prélèvements de fèces (~20g) seront réalisés à 30, 70 et 100 jours après la naissance. Le prélèvement qui dure entre 1-2 minutes, se fait directement au niveau de l’anus par défécation naturelle ou stimulée (à l'aide d'un thermomètre). Le prélèvement de contenu ruminal (~100 mL/veau à J30 et entre 300-400ml/veau à J70) qui dure entre 3-5 minutes, est réalisé une heure après le repas du matin à l’aide d’une sonde oesophagienne transparente de 9 mm de diamètre reliée à une pompe à vide. Le veau est immobilisé debout au cornadis par un animalier pendant 1-3 minutes. Les prises de sang (~40 ml) sont réalisées à la naissance puis à 15, 70 et 100 jours d’âge. Une contention est pratiquée par un animalier et une deuxième personne procède à la prise de sang au niveau de la veine jugulaire. Cette opération dure moins d'une minute.
Impact sur les animaux
Même si toutes les précautions seront prises pour attenuer les effets indésirables sur les veaux, il se peut que les animaux soient dans un état d'inconfort lors des prélèvements et la contention.
Devenir
Après le sevrage (fin de l’essai), les veaux mâles seront vendus pour intégrer des élevages spécialisés dans la production de viande.
Remplacement
Une méthode alternative in vitro (Daisy Incubator II) permettra de remplacer la méthode traditionnelle de digestibilité apparente et donnera une indication sur la dégarabilité des matières premières composant la ration.
Réduction
Les prélèvements de contenu ruminal et de sang ont été réduits en supprimant ces prélèvements durant les premiers jours de vie car des études antérieures ont montrées que le système digestif du nouveau n'était pas suffisamment mature. De plus, nous avons réduit au maximum le nombre d'animaux par lot (n=13) pour maintenir la robustesse de notre modèle.
Raffinement
Le protocole a été modifié pour espacer les prélèvements et ainsi éviter un surplus de stress à l'animal lors des contentions et des prélèvements. Les points limites ont été formulés afin de limiter la douleur chez les animaux.
Choix des espèces
Dans ce projet, les animaux seront inclus dès la naissance jusqu'à 100 jours de vie et donc en phase de croissance car l'objectif étant de tester l'effet du probiotique Actisaf Sc 47 durant cette période critique. Afin d'étudier la mise en place du microbiote chez le jeune bovin (veau), il nous semble pertinant d'utiliser l'animal car : - Il n’existe pas de modèle in vitro robuste pour l’étude de la mise en place du microbiote digestif chez le veau et du statut immunitaire. - L’évaluation de l’ingestion des aliments par le jeune n’est possible qu’avec des mesures quotidiennes de la consommation de l’animal.
Evolution du schéma de sélection des poulets labels pour une meilleure adaptation au réchauffement climatique
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
1200 poulets label rouge vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, avec une seule prise de sang à quatre semaines. Le projet vise à faire évoluer leur schéma de sélection pour l'adaptation au réchauffement climatique et l'efficacité alimentaire. Le porteur indique que la contention peut générer un stress et un risque d'hématome. Les poulets sont ensuite remis en élevage et suivis jusqu'à l'âge d'abattage commercial de douze semaines.
Objectifs
L'objectif du projet est de faire évoluer le schéma de sélection des poulets labels rouges afin de leur permettre de s'adapter à l'évolution des conditions de production, principalement dans le cadre du réchauffement climatique, tout en promouvant l'efficacité alimentaire des animaux afin d'épargner les ressources utilisées pour la production, et maintenir ou améliorer la qualité de la viande, qui est essentielle, en particulier dans cette production de qualité supérieure.
Bénéfices attendus
Le projet permettra d'adapter le schéma de sélection des poulets label pour répondre aux attentes des différents acteurs de la filière et des consommateurs, et d'assurer ainsi la durabilité de sa production.
Procédures
Les animaux seront soumis à 1 prélèvement sanguin à l'âge de 4 semaines. La procédure durera quelques secondes.
Impact sur les animaux
Pour effectuer la prise de sang, les animaux seront attrapés et maintenus quelques secondes en contention, ce qui peut générer un stress pour l'animal. Même s’il est faible, on ne peut écarter le risque d’un hématome à l’endroit de la prise de sang.
Devenir
L'objectif étant de suivre les performances, les capacités d'adaptation et la qualité des produits des poulets, les animaux doivent être suivis de leur naissance à 12 semaines (âge d'abattage commercial des poulets labels). Après la prise de sang à 4 semaines, les animaux seront donc remis en élevage pour le suivi de tous les critères cités ci-dessus.
Remplacement
Pour évaluer les possibilités de sélection du poulet label, il nous disposer des mesures sur ces animaux dans les conditions de production, le modèle le plus adapté est donc le poulet label lui-même.
Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés, une étude statistique a été réalisée. Le nombre d'animaux nécessaires pour ce projet a été évalué d'après des publications scientifiques de simulation de précision de l'estimation des paramètres génétiques, qui sont les éléments de base de la construction des schémas de sélection. Compte-tenu des études de génétique publiées, on considère qu’une corrélation génétique entre un caractère mesuré dans 2 environnements différents inférieure à 0.8 entraîne des conséquences significatives sur la sélection. Le caractère principal à évaluer dans notre dispositif est l'efficacité alimentaire. Compte-tenu des connaissances antérieures sur le déterminisme génétique de ce caractère, nos simulations montrent qu’avec 1200 animaux, nous estimerons une corrélation génétique de 0.8 avec une précision de 0.096, ce qui est une précision adéquate pour les calculs ultérieurs de stratégies de sélection.
Raffinement
Le calme et une contention soignée pendant la prise de sang seront mis en oeuvre. Pour le reste, les poulets seront élevés dans des conditions standard, au sol sur copeaux, en groupe et auront accès à l’aliment, l’eau de boisson ad libitum et la possibilité d’explorer des objets divers (billes, perchoirs). Ils seront visités deux fois par jour. Le parcours est en herbe, et nous venons d’y implanter des haies d’arbustes pour guider les animaux vers le parcours et les sécuriser. Ils ne fourniront pas encore d’ombre cet été, nous prévoyons donc également d’installer, à différents endroits du parcours, des « tipis » en palettes de bois (entre 5 et 10). Cela fournira des abris et de l’ombre aux animaux afin de les inciter à utiliser le parcours pendant la période estivale. Des grillages ont été installés autour des nouvelles plantations pour éviter que les animaux ne les abîment, nous devons également installer sur ces grillages des filets opaques (du même type que ceux que l’on voit sur la partie gauche de la photo), qui fourniront un peu d’ombre aux animaux le long des clôtures. En fonction de l’évolution de la situation sanitaire, un filet de protection sera ajouté au-dessus du parcours (si l’épidémie persiste) ou la surface par animal sera réaugmentée à 2 m²/poulet (si l’épidémie régresse).
Choix des espèces
L'obejctif étant l'amélioration du schéma de sélection des poulets labels, le modèle le plus adapté est le poulet label lui-même. Les animaux seront utilisés de la naissance à 12 semaines (période de production normale des poulets labels rouges).
Stratégies alimentaires pour améliorer la qualité de la viande et le bien-être animal chez des porcs mâles non castrés en production biologique
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
120 porcs mâles non castrés vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, avec des pesées répétées et trois prises de sang sur animal vigile maintenu au lasso. Le projet teste des stratégies alimentaires en production biologique pour la qualité de la viande destinée à la consommation. Le porteur indique que la contention et l'aiguille provoquent une douleur légère de moins de deux minutes. Les animaux sont abattus en abattoir commercial à l'issue de l'engraissement.
Objectifs
La production porcine biologique (AB) est en forte progression en France comme en Europe. La nouvelle réglementation européenne AB (2022) renforce les contraintes relatives à l’alimentation des porcs (localisation des ressources), entraînant une diversification des pratiques alimentaires. Or l’alimentation module directement ou en interaction avec d’autres facteurs d’élevage (génétique, logement…) la qualité de la viande (texture et goût, valeur nutritionnelle…) ainsi que l’image de la production (éthique, impacts environnementaux…). D’autre part, la production de porcs mâles non castrés est confrontée à deux problèmes principaux : des comportements indésirables (montes excessives, agressivité) défavorables au bien-être et des problèmes de qualité de viande (odeurs indésirables dites sexuelles sur certains porcs, moins de gras intra-musculaire, davantage de lipides insaturés). Favoriser la production de porcs mâles non castrés notamment en AB et améliorer leurs conditions d’élevage et la qualité de leurs produits nécessite d’y remédier. Parmi les mesures à mettre en œuvre, identifiées sur la base de la littérature scientifique, deux leviers seront explorés dans ce projet : l’alimentation et la réduction du poids à l’abattage des animaux. Nous comparerons une alimentation « classique » correspondant aux pratiques rencontrées dans les élevages de porcs biologiques à une alimentation « améliorée » grâce à l’incorporation de sources de fibres et de protéagineux dans l’aliment, associée à la distribution de fourrage. L’objectif est d’améliorer le bien-être (satiété, comportements exploratoires) et de réduire le risque d’odeurs indésirables (moindre teneur en scatol tissulaire) potentiellement présentes dans la viande de porcs mâles non castrés. Par ailleurs, nous privilégierons l’origine régionale ou métropolitaine des matières premières. L’effet de la réduction du poids à l’abattage sera simulé par des mesures in vivo à trois stades, environ 85, 105 et 125 kg de poids vif, qui permettent d’estimer les performances zootechniques et le risque d’odeurs. Certaines mesures seront réalisées sur du plasma ce qui implique des prises de sang.
Bénéfices attendus
L’objectif du projet est de fournir des références scientifiques pour raisonner l’alimentation des porcs dans une approche de qualité globale des productions animales. Il s’agit notamment de viser un meilleur niveau de bien-être des porcs mâles non castrés (moins de comportements agressifs entre animaux suite à l’effet favorable des fibres alimentaires sur la satiété et l’expression des comportements exploratoires envers l’environnement d’élevage) et de qualité des viandes et produits qui en sont issus (moindre risque d’odeurs indésirables en raison d’une moindre teneur tissulaire en scatol, un des principaux composés impliqués grâce à l’apport de fibres alimentaires). Ces résultats obtenus dans le cadre de la production biologique pourront aussi servir de référence en production porcine conventionnelle de porcs mâles non castrés et visant des pratiques plus agro-écologiques.
Procédures
Tous les animaux (=120 porcs) seront (a) régulièrement pesés individuellement au cours de leur phase d’élevage (a minima, 10 fois), (b) soumis à des observations visuelles du comportement et de leur état de santé à trois reprises au cours de leur phase d’élevage, (c) soumis à une prise de sang réalisée sur animal vigile, à trois reprises au cours de leur phase d’élevage (vers 85, 105 et 125 kg de poids vif). La façon dont les prises de sang sont réalisées est décrite en 5.6.2.
Impact sur les animaux
Les animaux seront soumis à trois prélèvements de sang au cours de l’expérience. Ces prélèvements de sang induisent une douleur légère en raison de la contention avec un lasso et de l’introduction d’une aiguille. La douleur disparait après la contention au lasso (elle dure moins de 2 minutes) et le retrait de l’aiguille. En pratique, la durée de la contention est en moyenne de 30 secondes et une seule tentative est réalisée chez la majorité des porcs. Deux autres effets indésirables potentiels sont le saignement et le malaise (situation très rare).
Devenir
En fin de projet, les animaux seront abattus dans un abattoir commercial selon la réglementation et les recommandations en vigueur pour limiter au maximum le stress et respecter au mieux le bien-être des animaux.
Remplacement
Le projet concernant les performances zootechniques, le bien-être et la qualité de la viande des porcs mâles non castrés, il n’existe pas de méthode substitutive.
Réduction
L'étude portera sur 60 porcs par traitement expérimental, soit un total de 120 porcs. Ce dispositif nous permettra d’atteindre un effectif suffisant pour réaliser des analyses de variance en incluant la répétition, le traitement et leur interaction en effets fixes. Des modèles répétés seront utilisés pour les variables mesurées plusieurs fois sur le même animal. Ce dispositif en deux répétitions, a l’avantage de permettre de vérifier que les effets observés sont répétables, ce qui est particulièrement important pour la consommation alimentaire, l’indice de consommation, et certains indicateurs de bien-être, évalués au niveau du groupe. L’ampleur des effets attendus est variable selon les paramètres considérés et est difficile à prédire puisqu’une telle expérience n’a jamais été réalisée au préalable. Pour la concentration en scatol du tissu gras, un des indicateurs majeurs de qualité des viandes de porcs mâles non castrés et dont nous visons la réduction par l’apport de fibres dans l’aliment, nous avons émis des hypothèses à partir de la bibliographie puis réalisé un calcul d’effectif avec une puissance de 0.8 et un seuil de significativité de 0.05. Selon le type de fibres et leur concentration dans l’aliment, cet effectif varie entre 38 et 76 par groupe expérimental. Afin de prédire les effets d’une réduction du poids à l’abattage sur le risque d’odeurs des viandes, nous réaliserons des prélèvements de sang à trois stades. L’effet attendu concerne essentiellement la teneur en androsténone du tissu gras, qui sera prédite à partir de l’oestradiol plasmatique. En utilisant des données de notre laboratoire, nous avons réalisé un calcul d’effectif comme précédemment. L’effectif est de 55 pour une réduction entre 125 et 105 kg de poids vif et de 60 pour une réduction entre 105 kg et 85 kg. Compte tenu de ces calculs, nous avons retenu 60 porcs par traitement.
Raffinement
La douleur liée aux prises de sang est réduite en limitant la durée de la contention (animal immobilisé par un lasso passé autour du groin) à 2 minutes au maximum (point limite 1) et le nombre de tentatives de prélèvements à trois par animal (point limite 2) grâce à une manipulation appropriée des animaux avant et pendant les prises de sang. Ces prises de sang sont réalisées dans un local confortable et suffisamment grand pour faciliter les manipulations. Une désinfection de la peau est réalisée avec un coton imbibé de bétadine immédiatement avant introduction de l’aiguille. Par ailleurs, la taille des aiguilles est adaptée au gabarit des animaux (aiguille 18G x 1.5). En cas de saignement au point de piqure, une compression avec compresse est appliquée jusqu’à l’arrêt du saignement. Un suivi individuel du comportement est réalisé pendant 2 minutes pour détecter un éventuel malaise de type vagal. En cas de malaise, l’animal sera immédiatement isolé et stimulé (massage cardiaque si nécessaire) jusqu’à la reprise de connaissance et d’un comportement normal. Si l’animal ne reprenait pas connaissance, c’est qu’un arrêt cardiaque aurait eu lieu, signifiant la mort de l’animal qui serait vérifiée par l’arrêt des battements cardiaques. Après les prises de sang, les animaux retournent rapidement dans leur loge habituelle. L’animalier vérifie alors que tous les animaux ont un comportement normal. En termes d’hébergement, les animaux sont élevés en groupes dans des loges sur litière paillée avec accès permanent à une courette extérieure. La surface disponible est de 2,3 m²/porc dont 1,3 m2 pour l’aire de repos sur paille, alors que la réglementation 2010/63 demande 1,35 m²/porc dont 0,7 m2 pour l’aire de repos au-delà de 100 kg de poids vif.
Choix des espèces
Nous travaillons sur l’espèce porcine puisqu’il s’agit de proposer des stratégies d’alimentation et pratiques d’élevage en production biologique favorables au bien-être de ces animaux et à la qualité de leurs produits qui sont destinés à la consommation humaine. Les animaux sont élevés en station expérimentale certifiée biologique et selon la réglementation européenne concernant la production porcine biologique. Nous travaillerons sur l’ensemble de la période d’engraissement (25 à 125 kg, soit environ 4 mois de 70 à 180 jours d’âge) pour le suivi de la croissance et de la consommation d’aliment. Nous réaliserons des mesures supplémentaires vers 85, 105 et 125 kg de poids vif (soit environ 20, 24 et 27 semaines d’âge) afin de prédire les effets de la stratégie alimentaire et d’une réduction plus ou moins marquée du poids à l’abattage sur les performances techniques et la qualité de viande, en particulier les odeurs indésirables. Ces mesures concernent : les épaisseurs de lard et de muscle par ultra-sons, la concentration des principaux composés odorants dans le sang. Des observations relatives au bien-être et à la santé (par exemple le nombre de toux ou de griffures) sont réalisées à environ 12, 18 et 26 semaines d’âge. Afin de prédire les effets d’une réduction du poids à l’abattage sur le risque d’odeurs des viandes, nous réaliserons des prélèvements de sang à trois stades : au stade usuel d’abattage (vers 125 kg de poids vif), à un stade considéré comme « plancher » pour l’abattage en termes de poids des pièces issues de la carcasse (vers 85 kg de poids vif) et à un stade intermédiaire (vers 105 kg de poids vif).
Effet d’une association d’extraits d’algues sur les performances de croissance et la qualité de la carcasse et de la viande de poulets standards
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
84 poulets standards vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, avec une seule prise de sang sur animal vigile. Certains poussins sont placés dans des conditions de démarrage dégradées qui provoquent une perte de poids, pour tester si des extraits d'algues améliorent la croissance et la qualité de la viande. Le porteur affirme que la nutrition en conditions d'élevage ne peut pas être étudiée sans l'animal. Vingt poulets sont vendus vivants à des éleveurs, les soixante-quatre autres restent en expérimentation jusqu'à leur abattage à quarante-deux jours.
Objectifs
Afin d’accroitre la robustesse des souches de poulets utilisés pour la production standard et de réduire le recours aux antibiotiques en élevage, il est possible d’utiliser de façon préventive des additifs alimentaires. Des extraits d’algues riches en polyphénols et/ou polysaccharides pourraient avoir ce type d’effet de par leurs propriétés antioxydantes et antimicrobiennes. Cette étude a pour objectif de tester la capacité de résilience de poussins placés en conditions de démarrage dégradées et supplémentés ou non avec l’association de plusieurs extraits d’algues en comparaison avec un lot témoin positif non exposé à ces conditions et non supplémenté avec ces extraits. L’effet de ces derniers sur les performances de croissance, la qualité de la carcasse et de la viande le statut antioxydant et immunitaire global sera analysé.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus du projet sont le développement d'extraits d'algues permettant de réduire le recours aux antibiotiques en élevage de volailles en renforçant leurs capacités de défense immune et antioxydante et de résilience face à des perturbations de l'environnement (exemples : changements de température, utilisation de matières premières dans l'aliment moins digestibles).
Procédures
Un seul prélèvement de sang sera réalisé en 1 min sur animal vigile.
Impact sur les animaux
A priori, des nuisances ou des effets indésirables sur les animaux et leur environnement ne sont pas attendus. Au pire, ces extraits d'algues n'auront aucun effet sur les paramètres mesurés dans ce projet. La mise en place dans des conditions non optimales des poussins des lots 2, 3 et 4 va induire une perte de poids sur les premières 24 h post-éclosion mais les animaux ont la capacité de réaliser ensuite une croissance compensatrice dès l'accès à l'aliment et les extraits d'algues distribués aux lots 3 et 4 devraient les aider à la réaliser. Les prises de sang sont effectuées par des personnes expérimentées avec du matériel adapté aux différents âges des animaux mais la probabilité d'avoir un hématome n'est pas nulle. Chaque animal prélevé fait l'objet d'une surveillance accrue par les animaliers au cours de l'heure suivante.
Devenir
A J1, les 20 poulets ayant fait l’objet d’une prise de sang au sinus occipital seront vendus en vif à des éleveurs par l’Unité Expérimentale PEAT. A J10, les 64 poulets ayant fait l’objet d’une prise de sang au sinus occipital seront maintenus en expérimentation jusqu’à leur abattage à J42.
Remplacement
Remplacement : étant donné que cette expérimentation porte sur la nutrition du poulet en conditions d’élevage standard, l’utilisation de l’animal ne peut être remplacée par un modèle d’étude in vitro ou in silico. Le projet SAGA concerne deux espèces, le poulet et le porc. Les extraits d'algues testés ont fait l'objet de plusieurs études in vitro qui ont montré leur efficacité notamment sur le système immunitaire (Berri et al., 2016, J. Appl. Phycol., ; Berri et al., 2017, Vet. Anim. Sci. ; Bussy et al., 2019, Algal Res.). Dans ce projet, nous sommes sur la phase in vivo.
Réduction
Réduction : les animaux seront élevés dans un bâtiment d’élevage standard. Le nombre de répétitions (8 parquets/traitement) permettra de détecter une différence d’indice de consommation entre traitements de 0,1 kg/kg avec un risque alpha de 5% bilatéral et une puissance de 80%. La densité des animaux sera équivalente à celle utilisée en conditions standards d’élevage (33 kg/m2) avec 25 poulets par parquet soit 200 animaux par traitement. Pour l’étude des paramètres du statut antioxydant et immunitaire global, de composition corporelle et de qualité de viande en fin de période d’élevage, le nombre de répétitions par lot est respectivement de 16 et 64. Ces nombres sont suffisants pour mettre en évidence un effet significatif des traitements au regard de l’expérience acquise sur des études précédentes concernant ces paramètres. Analyse statistique : les données seront traitées par analyse de variance avec un seul facteur et des tests paramétriques ou non paramétriques de comparaison de moyennes en fonction de l’homogénéité de la variance observée.
Raffinement
Raffinement : A la mise en place, afin de faciliter l'accès à l'aliment, des granulés seront disposés sur une feuille cartonnée disposée sur le sol. Toute manifestation de symptômes comportementaux persistants définis par un point limite (animal prostré plus de 24 h et ayant cessé de s’alimenter et de s’abreuver) entrainera le retrait de l’animal de l’expérimentation. Le milieu est enrichi avec des perchoirs en bois qui sont vraiment uilisé par les poulets tout au long de leur durée d'élevage.
Choix des espèces
L’objectif du projet est de tester l’effet d’une supplémentation alimentaire avec différents extraits d’algues sur les performances de croissance, la qualité de la carcasse et de la viande et la capacité de réponse antioxydante et immune de poulets élevés en conditions standards. Il n’existe pas de modèle mathématique ni de test in vitro permettant d’atteindre cet objectif. Cette étude permettra donc de tester directement sur l’espèce cible, le poulet, de nouveaux produits qui n’ont jamais été évalués jusqu’à présent en élevage avicole. Les extraits d’algues seront apportés par voie alimentaire sur les périodes de démarrage (0 à 10 jours), croissance (10 à 21 jours) et finition (21 à 42 jours). Pendant le démarrage, les poussins sont plus sensibles aux perturbations de l’environnement et aux contaminations bactériennes éventuelles. L’apport d’antioxydants via les extraits d'algues pendant la période de finition permettra d’avoir une incorporation optimale dans tous les tissus en particulier les muscles pour optimiser la qualité de la viande après abattage et son aptitude à la conservation. Les poulets seront donc élevés de leur jour d’éclosion jusqu’à l’âge classique d’abattage pour un élevage standard à savoir 6 semaines.
Effet d’une inclusion à long terme de sainfoin dans un régime riche en céréales sur le parasitisme intestinal, le microbiote du gros intestin et l’immunité du cheval
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
16 chevaux vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, gardés vivants et réutilisés à l'issue. Ils subissent huit prélèvements de fèces et de sang sur quatre mois pour tester l'effet du sainfoin sur le parasitisme intestinal, avec un inconfort passager mais sans douleur attendue selon le porteur. Ce dernier présente le sainfoin comme une alternative aux vermifuges chimiques. Il affirme qu'aucun modèle ne reproduit les interactions entre parasites, microbiote et immunité du cheval.
Objectifs
Une trop forte infestation par les parasites intestinaux peut représenter un danger pour la santé du cheval. L’utilisation de vermifuges chimiques est aujourd’hui la méthode la plus couramment utilisée pour lutter contre ces parasites. Cependant l’utilisation trop fréquente de ce type de molécule a des conséquences néfastes dans plusieurs domaines : résistances de la part des parasites intestinaux, conséquences écologiques et perturbation importante du microbiote intestinal des chevaux qui joue un rôle central dans le maintien d’une bonne santé digestive de cet animal. Il parait donc essentiel de trouver des alternatives pour réduire les niveaux d’infestations parasitaires tout en préservant l’équilibre intestinale du cheval. De récentes études supposent que cette dernière dépendrait d’une association bénéfique entre le microbiote intestinal, le parasitisme et l’immunité de l’hôte. Dans un précédent essai, il a été constaté que le type de régime pouvait influencer le niveau d’infestation parasitaire des chevaux et que l’ajout de sainfoin dans des rations riches en céréales (pouvant avoir un effet négatif sur l'écosystème instestinal du cheval) permettait de limiter le parasitisme intestinal. D’après ces observations, on peut donc supposer que l’activité antiparasitaire du sainfoin dépend du type de ration ingérée par le cheval et que l’ajout de sainfoin dans une ration riche en céréales permet de limiter la charge parasitaire des chevaux par le biais du maintien d'un bon équilibre intestinal. Cependant les études effectuées chez le cheval ont été réalisées sur de courtes périodes, c’est pourquoi des recherches supplémentaires sont nécessaires afin d’évaluer l’effet antiparasitaire du sainfoin sur le long terme. De plus, des questions restent soulevées, notamment sur les mécanismes sous-jacents de l’effet antiparasitaire du sainfoin et ses effets sur le microbiote et l’immunité du gros intestin équin. C’est pourquoi l’objectif de ce projet est d’évaluer l’effet du sainfoin sur le long terme et sur les interactions parasites/microbiote/ immunité dans le cadre d’un régime responsable d’un déséquilibre intestinale.
Bénéfices attendus
Ce projet aura le double bénéfice de : - Mieux comprendre les interactions entre les parasites intestinaux, le microbiote du gros intestin et l’immunité du cheval ainsi que les mécanismes sous-jacents utilisé par le sainfoin pour exercer son action antiparasitaire - Tester le sainfoin, une alternative naturelle de contrôle des parasites, sur le long terme et dans le cadre d’un régime largement utilisé aujourd’hui dans le monde équin. On pourra ainsi évaluer si cet aliment pourrait être utiliser par la suite sur le terrain, dans le but de diminuer la fréquence d’utilisation des vermifuges.
Procédures
Au cours du projet, les chevaux sont soumis à huit prélèvements de fèces et de sang répartis sur une durée de quatre mois. Au minimum, deux semaines séparent chaque prélèvements qui s'effectuent sur animal vigile et ne durent que quelques minutes. Les autres semaines, des fèces sont récoltées au sol pour mesurer des paramètres fécaux tout en limitant le nombre de prélèvements sur les chevaux.
Impact sur les animaux
Un lèger inconfort passager pourra être ressenti par les chevaux au moment des prélèvements, mais aucune douleur n'est attendue dans ce projet. De l'huile de paraffine est utilisée pour faciliter les prélèvements de fèces.
Devenir
Il n'est pas attendu de dommage pour les animaux impliqués dans ce projet. Les chevaux du groupe adulte pourront donc être réutilisés sans effet cumulatif.
Remplacement
Il n’existe actuellement pas de modèle permettant de reproduire la complexité des interactions entre parasite, microbiote et immunité chez le cheval. Il n’est donc pas possible de remplacer l’utilisation d’animaux vivants dans cette étude.
Réduction
Les chevaux sont conduits en conditions contrôlées et uniformes afin de minimiser les variations liées à l’environnement. Une étude statistique a permis de déterminer le plus petit nombre d'animaux a inclure dans chaque groupe tout en assurant la fiabilité des résultats. Une analyse statistique sera appliquée sur les résultats obtenus.
Raffinement
Les prélèvements de fèces et de sang ont lieu dans un travail adapté à la contention des chevaux pour éviter tout risque de blessure. De plus, de l’huile de paraffine est appliquée pour les prélèvements de fèces afin de limiter l'inconfort éventuel. Le nombre de prélèvement de fèces a été réduit au minimum en pratiquant des récoltes de fèces fraiches au sol lorsque cela est possible. Les chevaux étant des animaux grégaires, ils sont sortis tous les jours au paddock en groupe. Ceci permet de respecter leur bien-être. Ils sont hébergés dans des boxes séparés par des barreaux leur permettant de se voir et de se sentir De plus, au quotidien, le personnel animalier observe le comportement de chaque cheval matin, et soir au moment de la distribution des repas afin de repérer les signes de mal-être ou de souffrance.
Choix des espèces
L’essai doit nécessairement être conduit avec des chevaux car il s’agit de l’espèce cible de cet aliment, et les parasites intestinaux du cheval sont propres à cette espèce. Les chevaux utilisés sont tous adultes (entre 5 et 13 ans au début de l'essai) car c'est le stade physiologique ciblé par l'étude.
Etude du système immunitaire d’un Micromammifère exposé à des métaux toxiques
- Conservation des espèces
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
100 mulots sylvestres capturés dans la nature vont être utilisés, tous tués à l'issue par dislocation cervicale, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils subissent des prélèvements de sang par voie rétro-orbitaire sous anesthésie et une injection de LPS, avant d'être tués pour prélever leurs organes. Le porteur anticipe une mortalité de 3 % dans les pièges et un stress lié à la capture et à l'hébergement. Il affirme que l'usage d'animaux sauvages est "requis", la réponse immunitaire des individus sauvages différant de celle des animaux de laboratoire.
Objectifs
Le concept de «One Health» postule que la santé humaine, animale et environnementale sont liées et promeut une approche systémique des questions environnementales, au profit des problématiques de santé publique associées. De nombreux changements environnementaux induits par les activités humaines (Fragmentation des habitats, pollution, zoonoses, ...) affectent les écosystèmes et la faune sauvage à l’échelle mondiale. Parmi ces menaces, l’exposition aux éléments traces métalliques (ETM) peut induire de nombreux effets toxiques à tous les niveaux d’organisation biologique (de la molécule aux services écosystémiques). L’exposition de Mammifères sauvages à des ETM toxiques a montré un effet immunosuppresseur aussi bien en laboratoire qu’en milieu naturel, les rendant potentiellement plus susceptibles aux pathogènes circulant dans l’environnement. Les performances du système immunitaire des animaux sont par ailleurs modulées par la qualité et la quantité des ressources alimentaires disponibles dans leur environnement. Les études abordant les effets des métaux sur le système immunitaire des Mammifères terrestres in natura sont rares et les mécanismes de l’immunomodulation par les métaux et par les ressources alimentaires mal connus. Des études comparatives portant sur le système immunitaire de rongeurs ont montré une différence significative des réponses immunitaires entre des groupes d’individus sauvages et de laboratoires, rendant nécessaire l’expérimentation sur le terrain, en complément d’approches en laboratoire. Dans ce contexte, l’objectif du présent projet vise à comprendre les mécanismes des impacts des métaux toxiques et de la qualité nutritionnelle sur l’état et le fonctionnement du système immunitaire de Rongeurs sauvages. Après une étude préliminaire visant à la mise au point, chez le Mulot sylvestre, de tests immunologiques développés chez la Souris domestique, le projet portera sur le site d’une ancienne fonderie de zinc (Zn) et de plomb (Pb) située dans les Hauts-de-France. Ce site se distingue par un gradient de concentrations en cadmium (Cd), Pb et Zn dans les sols : les concentrations décroissent des zones les plus contaminées, situées au pied de l’ancien site métallurgique, vers des zones peu affectées à plusieurs kilomètres de l’ancienne usine (et considérées comme « témoin » dans la présente étude).
Bénéfices attendus
Ce projet permettra une meilleure compréhension de l’impact des polluants métalliques sur le système immunitaire d’une espèce sauvage, le Mulot sylvestre. Ces résultats permettront de développer des marqueurs de toxicité non conventionnels (par opposition aux marqueurs classiquement utilisés en évaluation des risques écotoxicologiques (ERE) que sont la mortalité, la croissance ou la reproduction) qui pourront à terme être transposés dans les procédures réglementaires d’ERE. L’immunomodulation du système immunitaire par les métaux permettra également d’évaluer l’impact potentiel sur la susceptibilité de ces Rongeurs à héberger des pathogènes zoonotiques, c’est-à-dire transmissible à l’Homme (par exemple les bactéries Borrelia sp. responsables de la maladie de Lyme).
Procédures
Pour les procédures 1 et 2, une prise de sang sera réalisée sous anesthésie générale pour chaque animal. Pour la procédure 3, les animaux recevront deux prises de sang sous anesthésie générale espacées de 5 jours. La prise de sang est effectuée en insérant une pipette Pasteur dans le sinus rétro-orbitaire des Mulots sylvestres pour collecter un échantillon sanguin (~150-200 µL en fonction de la masse de l’animal considéré) par capillarité, méthode de prélèvement considérée comme la moins stressante chez des souris de laboratoire. Le volume de sang maximal prélevé est estimé à 1,5% de la masse corporelle, soit 300 µL de sang pour un individu de 20 g. La prise de sang sera réalisée 2h après une injection intrapéritonéale de LPS (500 µg/kg). A la suite de cette intervention les animaux seront euthanasiés par dislocation cervicale.
Impact sur les animaux
Mortalité La littérature ainsi que l’expérience des personnels impliqués dans ce programme laissent envisager un taux de mortalité de l’ordre de 3%. Les causes de décès peuvent être un stress conduisant à une rupture des cervicales ou un refroidissement en période froide (peu probable au printemps) et/ou pluvieuse dans les pièges. Des arrêts cardiaques peuvent être constatés dans les pièges ou lors des manipulations. En dehors de l’arrêt des captures en cas de conditions météorologiques défavorables, ces mortalités indésirables sont difficilement totalement évitables. Stress à la capture et durant les manipulations Les captures d’organismes sauvages entrainent nécessairement un stress, réduit au minimum par la relève des pièges dès que possible le matin (les captures ayant généralement lieu la nuit). Dès que les animaux sont sortis des pièges ou des cages, et après détermination spécifique immédiate, les animaux non-cibles (Campagnols par exemple) sont immédiatement relâchés, réduisant le stress au minimum. Les animaux-cibles (Mulots sylvestres) sont immédiatement anesthésiés pour la suite des manipulations (examen morphologique pour la détermination du sexe, mesures mophométriques pour la détermination de l’âge, prise de sang, injection de LPS). Les animaux trop jeunes sont relâchés dès les mesures morphométriques permettant d’estimer leur âge, de même que les femelles gestantes. Stress durant l’hébergement L’hébergement, sous tente et avec contrôle des conditions environnementales (Température, hygrométrie), dure de quelques heures à 5 jours maximum dans le présent projet. L’hébergement est individuel, ce qui, au printemps, correspond au comportement solitaire des Mulots sylvestres en période de reproduction et évite d’éventuels comportements antagonistes. L’observation comportementale et la pesée (permettant d’évaluer un point-limite fixé à une perte de masse de 20%) sont quotidiennes de manière à détecter un éventuel stress élevé chez les individus. L’expérience de l’équipe sur cette espèce montre que les individus tolèrent la captivité courte (5 jours) sans montrer de comportements (activité motrice, alimentaire…) dénotant un stress élevé.
Devenir
Les individus seront mis à mort pour un prélèvement d'organes. Ces organes permettront la mise au point de mesures immunologiques et la mesure de l’exposition aux métaux, grâce aux mesures des concentrations dans les tissus. Il s’agit d’une décision prise collégialement par les membres de la structure du bien-être animal de notre unité, au regard des aspects éthiques, scientifiques et logistiques.
Remplacement
L’objectif du projet est d’étudier la réponse immunitaire d’animaux exposés à une contamination environnementale en fonction de leur charge parasitaire (helminthes intestinaux) et de la qualité nutritionnelle de leur alimentation. L’utilisation d’animaux est requise car, à notre connaissance, aucune approche de modélisation ne permettrait d’obtenir de telles données. Des études comparatives sur le système immunitaire de rongeurs ayant montré que la réponse immunitaire d’individus sauvages et d’animaux de laboratoire différaient significativement, l’utilisation d’animaux sauvages est donc aussi requise.
Réduction
La variabilité inter-individuelle des réponses immunitaires est très forte en conditions naturelles. La variabilité liée à la biodisponibilité des ETM (Capacité de transfert de l’environnement vers un organisme) conduit aussi à des concentrations variables en ETM dans les organes cibles de différents individus du même site. Sur la base de ces informations, les effectifs prévus pour les procédures 1, 2 & 3 ne peuvent être inférieurs à 20 Mulots (Procédure 1), 40 Mulots (Procédure 2) et 40 Mulots (Procédure 3) pour garantir une puissance statistique suffisante et la valorisation scientifique des résultats.
Raffinement
Suite à une procédure invasive telle qu’une prise de sang dans le sinus rétro-orbitaire ou une injection de LPS, les animaux sont remis en cage et observés à différents temps après la procédure pour évaluer leur état sanitaire (blessure à l’œil, comportement dénotant une diminution de la vue, apathie, manque d’appétit…). Un point-limite (perte de 20% de la masse) est évalué quotidiennement lors des périodes d’hébergement (qui n’excédent pas 5 jours dans le présent projet). Les animaux seront hébergés sous tente avec un contrôle des conditions environnementales (Température, hygrométrie) et les anesthésies, mesures et prélèvements seront effectués dans le véhicule agréé pour expérimentation animale, donc en un lieu séparé de l’hébergement. Les animaux conservés pour les expérimentations sont hébergés entre quelques heures et 5 jours maximum en fonction de la procédure concernée. Les animaux sont hébergés dans les meilleures conditions possibles (hébergement individuel pour éviter des comportements antagonistes, cages adaptées, enrichissement). L’ensemble des procédures est effectuée par ou sous supervision directe de personnels hautement qualifiés et expérimentés dans le domaine de ce type d’expérimentation.
Choix des espèces
L’espèce choisie est le Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus). Il s’agit d’un Micromammifère abondant, ubiquiste, opportuniste avec un régime alimentaire varié (Majoritairement granivore). Son positionnement trophique intermédiaire le place comme une source de nourriture de premier choix pour un grand nombre de prédateurs (Rapaces et Mammifères) incluant des espèces patrimoniales (Milan royal par exemple). Leurs nombreuses utilisations dans la littérature permettent de les définir comme bio-indicateurs des impacts des activités anthropiques dans les écosystèmes, incluant la pollution environnementale. Leur facilité de capture et leur capacité à être maintenus en captivité en font un modèle biologique idéal par rapport aux objectifs scientifiques de cette étude. Les Mulots sylvestres utilisées dans la procédure 1 permettront de tester le croisement possible entre les techniques développées sur Souris et l’espèce modèle retenue dans ce projet, le Mulot sylvestre. Seuls des individus d’âge subadulte et adulte (masse supérieure à 15g) seront utilisés pour cette étude.
Analyse vidéo de l’efficacité alimentaire individuelle en condition de groupe et de reconnaissance individuelle chez le bar
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
20 bars vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils reçoivent un marquage externe et un accéléromètre implanté, puis sont élevés et mesurés pour tester une méthode vidéo d'évaluation de l'efficacité alimentaire en aquaculture. Le porteur qualifie les nuisances de limitées et maîtrisées, et indique tuer tous les poissons en fin d'essai pour ne pas les garder inutilement. Il juge le remplacement impossible, la mesure devant être faite in vivo sur l'espèce d'élevage.
Objectifs
L’efficacité alimentaire est le premier critère à améliorer en termes d’efficacité économique et environnementale dans tous les élevages et notamment en pisciculture. Ce caractère est cependant impossible à évaluer chez les poissons au niveau individuel car il nécessite de connaitre la ration ingérée par chaque poisson nourrit au sein d’un groupe de nombreux individus. Le projet vise à développer une méthode de quantification de l’ingéré individuel pour des poissons élevés en groupe en condition classique d’élevage, utilisant la reconnaissance d’individus par analyse vidéo et l’analyse de l’activité par accéléromètres. Dans le projet la procédure en expérimentation animale mise en oeuvre sur 20 poissons comprend: un marquage externe (marque individuelle colorée) et interne (accéléromètre), un élevage en condition normal durant 3 périodes de 2 semaines avec des mesures biométriques à intervalle régulier.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus du projet sont d’une part la possibilité d’évaluer la prise alimentaire des poissons en condition de groupe pour calculer l’efficacité alimentaire individuelle, d’autre part la possibilité d’effectuer de la reconnaissance individuelle des poissons. La reconnaissance par intelligence artificielle permettra peut-être à terme d’enregistrer le comportement alimentaire des poissons sans avoir besoin de les marquer.
Procédures
Les animaux seront soumis à une procédure incluant: un marquage intramusculaire, un marquage externe par et intrapéritonéal (avec une marque acoustique), suivis de 4 mesures biométriques.
Impact sur les animaux
Les nuisances et les effets indésirables sont a priori limités. La procédure mise en oeuvre est d'une sévérité légère et est maîtrisée par notre équipe sur cette espèce. Les conditions d'élevage en captivité ont été optimisées pour cette espèce.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin de la procédure 1, afin de ne pas garder inutilement ces animaux expérimentaux
Remplacement
Le remplacement est impossible pour ces recherches qui impliquent la mesure in-vivo de l’efficacité alimentaire chez l’espèce d’intérêt aquacole Dicentrarchus labrax.
Réduction
Pour constituer une preuve de concept de la mesure de l’efficacité alimentaire par analyse vidéo le nombre de 20 individus a été choisi pour plusieurs raisons. Ce nombre est nécessaire afin d’obtenir des interactions sociales entre les individus (le bar est un animal grégaire) et suffisant pour avoir un échantillon représentatif des comportements alimentaires variés. Davantage d’individus compromettrait la capacité à évaluer l’ingéré par l’oeil humain. Moins d’individus ne permettrait pas d’effectuer des tests statistiques significatifs de corrélation entre l’ingéré estimé pour chaque poisson par les différentes méthodes.
Raffinement
Tout sera mis en place dans le cadre des procédures pour limiter la souffrance et le stress des animaux. Pendant le marquage et les biométries nous utiliserons une procédure d'anesthésie optimisée pour cette espèce. Durant les phases d’élevage, les poissons seront en condition optimale d’alimentation (ad libitum alimentaire). L’alimentation sera effectuée en 4 points du bassin, créant ainsi de la variation dans l’environnement. La luminosité du bassin sera réglée afin d’optimiser l’apaisement des poissons avec l’utilisation d’un cycle correspondant à un ensoleillement avec 14 heures de jour et 10 heures de nuit comprenant une phase d’aube et de crépuscule.
Choix des espèces
Dicentrarchus larbax (bar) est une espèce importante pour la pisciculture. Explorer des moyens d'améliorer l'efficacité alimentaire de cette espèce est un enjeu majeur de développement durable de la filière. Le stade de développement des animaux utilisés est le stade adulte (350g).
Définition du rythme d’alimentation à appliquer pendant la période de reproduction des génitrices de truite
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
400 truites vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, 40 tuées à l'issue pour prélèvement de tissus et 360 renvoyées en élevage pour la commercialisation de leurs oeufs. Un marqueur électronique leur est injecté dans le muscle dorsal et des prises de sang mensuelles sont réalisées sous anesthésie pendant six mois. Le porteur affirme qu'aucun effet indésirable n'est attendu, la truite ayant un accès veineux facile. L'étude vise à définir le rythme d'alimentation optimisant la production d'oeufs.
Objectifs
Chez une espèce saisonnée comme la truite-arc-en-ciel dont la période de reproduction se déroule en hiver, l’application d’une photopériode longue et constante en période hivernale permet induire une ponte en début d’été. Cette technique est massivement utilisée par les éleveurs français pour produire des œufs tout au long de l’année mais avec une certaine hétérogénéité de réponse et de qualité des œufs issus de ces pontes décalées. Actuellement, les recherches en nutrition aquacole portent essentiellement sur le remplacement de la farine et l’huile de poisson dans les aliments aquacoles, notamment par des matières premières d’origine végétale. Toutefois, le remplacement de la farine de poisson et huile de poisson par de nouvelles matières premières augmente le plus souvent le coût de l’aliment. Ceci est d’autant plus vrai pour la production d’œufs de truite où la qualité de l’aliment, notamment l’apport en acide gras essentiel, est primordial pour maintenir les performances de reproduction des animaux et la qualité des œufs et ces nouvelles matières premières riches en acides gras essentiels (huile de micro-algues par exemple) autre que la farine et l’huile de poisson coûtent très chères. L’alimentation avec un aliment de qualité mais coûteux pourrait être limitée à des périodes où les apports alimentaires sont déterminants dans la production d’œufs de qualité. Par conséquent, de nombreuses questions se posent quant au rythme d’alimentation à appliquer pendant le cycle de reproduction pour s’adapter au mieux aux besoins physiologiques des poissons et ainsi optimiser les performances de reproduction et la qualité des œufs (nombre, taille, qualité).
Bénéfices attendus
Cette expérimentation permettra d’identifier les périodes au cours de la vitellogénèse (accumulation et formation de substances de stockage dans un oeuf) de la truite où les apports alimentaires sont déterminants dans la production d’œufs de qualité (taille, nombre, viabilité, survie après fécondation). Ainsi cette étude permettra d’étudier les processus de stockage, de mobilisation et de transfert à l’œuf des différents nutriments au cours d’un cycle complet de vitellogénèse sous photopériode. Elle permettra d’établir le lien entre la physiologie de la nutrition (stockage, mobilisation et transfert des nutriments) et la physiologie de la croissance et de la reproduction (évolution des hormones de reproduction) au cours du cycle de vitellogénèse.
Procédures
Chaque procédure sera réalisée sous anesthésie (MS222). Un pit tag, pour permettre l'identification individuelle des femelles de truite, sera injecté en début d'expérimentation dans le muscle supérieur dorsal. Des prélèvements de sang seront réalisés une fois tous les mois (6 prélèvements maximum par individu) sur une durée d'expérimentation de 6 mois. La quantité de sang prélevée sera de 2ml sur des femelles adultes d'environ 2kg.
Impact sur les animaux
L'élevage ne créera aucune nuisance ou effet indésirable sur les animaux car c'est un protocole classique d'élevage avec des aliments qui répondent aux besoins nutritionnels des poissons. Les prises de sang seront réalisées une fois tous les mois sur les animaux. L'injection du pit tag et les prélèvements de sang (2ml) seront réalisés sur des poissons de grandes tailles (environ 2kg) préalablement anesthésiés (MS222). Le pit Tag une fois injectée créera une petite blessure au niveau de la piqure, le poissons devraient cicatriser et récupérer en quelques jours (le taux d'infection avec ce type de procédure reste très faible). La prise de sang ne posera aucun effet indésirable car les vaisseaux sanguins de la truite sont d'accès facile et leur volume sanguin important. La fréquence de prélèvement (une fois tous les mois) ne créera pas non plus d'effets indésirables car la capacité de l'organisme à remplacer le volume sanguin prélevé ne sera pas impactée. Au moment de la ponte, 10 poissons par traitement (total = 40 poissons) seront euthanasiés et des prélèvements de tissus seront réalisés en vue d’analyses biologiques.
Devenir
40 poissons seront euthanasiés en fin d'expérimentation pour permettre les prélèvements de tissus en vue d'analyses biologiques. Les 360 poissons non euthanasiés repartiront dans un circuit classique d'élevage pour la commercialisation des oeufs.
Remplacement
L'étude porte sur l'impact d'une stratégie alimentaire sur la reproduction des animaux, elle ne peut donc pas être appréhendée sur lignée cellulaire ou par modélisation.
Réduction
Nous avons prévu une densité optimale d’animaux par bassin permettant d’éviter les comportements agressifs qui peuvent survenir avec un petit groupe de poissons (relation dominant/dominé). Pour une espèce comme la truite, il est nécessaire d’avoir une densité minimale d’élevage pour optimiser le bien-être de l’animal et éviter tout comportement agressif (relation dominant/dominé). La densité d'élevage utilisée au cours de cette expérimentation correspond à celle préconisée en aquaculture biologique. Les animaux après leur reproduction repartiront dans un circuit classique d’élevage. Nous avons choisi de réaliser des prises de sang au cours de l'élevage (procédures expérimentales qui restent de classe légère) pour minimiser le nombre de poissons euthanasiés pour des prélèvements biologiques. De plus, nous identifions les femelles par des pit tags pour avoir comme unité statistique un poisson et non un bassin, ce qui nous permet également de réduire le nombre d'animaux mis en expérimentation. Cependant, dans le cadre de cette expérimentation, nous allons étudier l’impact de nos traitements sur la croissance de nos animaux et nous avons donc besoin d’au minimum deux bassins par traitement pour éliminer l'effet bassin. Nous ne pouvons pas réduire plus le nombre de 100 individus par traitement car c'est le nombre minimal nécessaire pour obtenir une densité optimale au bien-être du poisson (20 à 25kg/m3 pour des génitrices, bassins de 4.5m3).
Raffinement
Les conditions d’élevage seront optimisées (biomasse faible de 20kg/m3, bassin de 4.5m3, taux de renouvellement d'eau de 200%/heure). Le taux de renouvellement d'eau important permettra de maintenir l'eau des bassins claire et sans dépôt de matière en fond de bassin ainsi qu'un taux d'oxygenation optimal. La température de l'eau variera avec la saison de 8 à 12°C, ce qui reste dans l'optimum de température pour la truite arc en ciel. Le comportement et les mortalités seront contrôlés 2 fois par jour lors de l’alimentation des animaux. Si une perte de poids anormale ou un comportement atypique étaient observés (comportement de fuite anormal pendant l’alimentation, léthargie, hyperactivité locomotrice, perte d’intégrité physique suite à un cannibalisme ou à des comportements agressifs), les animaux concernés seraient euthanasiés. La personne qui effectuera les prélèvements de sang est familiarisée avec l’espèce animale et la technique choisie. Les animaux seront manipulés avec ménagement et calme. Une faible quantité de sang sera prélevé (2mL sur des animaux de 2kg) ce qui ne provoquera pas d'effets notables sur le volume d'éjection cardiaque ou sur la pression artérielle.
Choix des espèces
La truite arc-en-ciel est choisie en raison de son importance agronomique et commerciale (première production piscicole française). Les animaux matures auront déjà pondu une première fois et entreront dans leur deuxième période de reproduction. Les truites ont deux ans et font 2kg
Etude de l’effet de différentes doses d’un mélange d’épices sur le comportement et la digestion de taurillons à l’engraissement
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
8 jeunes bovins vont être utilisés, maintenus en vie et placés à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils reçoivent un additif alimentaire à base d'épices déjà commercialisé, avec des prélèvements de contenu ruminal par intubation et des prises de sang sur animaux vigiles, quatre fois à un mois d'intervalle. Le porteur indique qu'aucun effet indésirable n'est attendu du produit et que l'intubation peut provoquer une toux passagère. Il justifie le recours aux bovins par le fait qu'ils sont l'espèce cible du produit testé.
Objectifs
Une entreprise a développé un mélange d’épices permettant de stimuler un certains type de glandes salivaires dans la cavité buccale du ruminant, induisant une production accrue de salive riche en substances tampons. Cette amélioration du pouvoir tampon impacte les populations microbiennes présentent dans le rumen de ces animaux, micro-organismes indispensables au bon fonctionnement de l’écosystème digestif. De plus, le pouvoir tampon permis par l’insalivation réduit les risques d’acidoses ruminales (maladie digestive largement répandue en élevage bovin) et permet donc d’assurer une meilleure santé digestive. Dans ce projet, l’objectif est de tester les effets d’un mélange d’épice (déjà commercialisé) à des doses inférieures aux recommandations actuelles sur plusieurs paramètres digestifs (comportement alimentaire, pH ruminal, écosystème ruminal...) et sur les performances des animaux.
Bénéfices attendus
Le produit testé dans ce projet pourrait permettre de diminuer l'acidose ruminal fréquemment rencontrée en élevage et ainsi permettre une meilleure santé digestive chez des animaux recevant des rations classiquement distribuée en élevage mais "à risque".
Procédures
Tous les prélèvements sont réalisés sur animaux vigiles, ne durent que quelques minutes et ont lieu le dernier jour de chaque période expérimental, c'est-à-dire qu'ils seront au nombre de quatre séparés chacun de quatre semaines. Il s'agit d'un prélèvement de contenu ruminal et d'un prélèvement de sang. Les fèces sont récoltés au sol afin d'éviter des fouilles rectales aux animaux.
Impact sur les animaux
Le produit testé dans ce projet étant déjà commercialisé aucun effet indésirable lié à celui-ci n’est attendu. Concernant les prélèvements, l’intubation pour le prélèvement ruminal est un geste fréquemment réalisé, il peut provoquer une toux qui disparaitrait dès le retrait de la sonde. Une gêne légère et passagère peut être éprouvée au moment de la prise de sang, mais celle-ci ne devrait pas durer plus de quelques minutes.
Devenir
Les huit animaux seront placés à la fin de la procédure expérimentale. En effet, ils recevront un additif alimentaire déjà sur le marché et ne subiront qu'une procédure de classe légère permettant leur placement dans de bonnes conditions.
Remplacement
Le projet doit obligatoirement être conduit avec des animaux vivants, car il n'existe pas d'autre modèle pour observer l'effet d'un additif alimentaire sur la santé du bovin dans sa globalité.
Réduction
Les animaux sont conduits en conditions contrôlées et uniformes afin de minimiser les variations liées à l’environnement. Une étude statistique a permis de déterminer le plus petit nombre d'animaux a inclure dans chaque groupe tout en assurant la fiabilité des résultats. Une analyse statistique sera appliquée sur les résultats obtenus.
Raffinement
Les bovins sont manipulés dans un couloir adapté à leur contention pour éviter tout risque de blessure. La collecte de contenu ruminal est un geste couramment réalisé qui ne nécessite pas d’analgésie ou de sédation. Afin de limiter le nombre de ces prélèvements de contenu ruminal, un bolus intra-ruminal est implanté au début de l'étude afin de suivre le pH ruminal en continu. Pour respecter leur bien-être, les animaux sont logés sur une litière de paille dans des cases voisines leur permettant de se voir et de se sentir. Au quotidien, le personnel animalier observe le comportement de chaque vache le matin et le soir au moment de la distribution du repas afin de repérer les signes de mal-être ou de souffrance.
Choix des espèces
L’essai doit nécessairement être conduit avec des bovins car c’est l’espèce cible des produits testés. Il se déroule avec de jeunes bovins (race viande) de 400 à 450 kg au début de l'essai, car c’est souvent une phase critique d’élevage pendant laquelle les éleveurs cherchent à maximiser la croissance en utilisant des rations "à risque". L'inclusion de ces animaux dans l'essai permet donc de mimer les conditions d'élevage.
Etude des effets antagonistes du sélénium sur la toxicité au mercure chez les géniteurs de truite arc-en-ciel.
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
5 778 truites arc-en-ciel vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures classées de gravité légère, une partie mise à mort sous anesthésie sans réveil. Reproductrices et alevins sont nourris pendant plusieurs semaines avec un aliment contenant du méthylmercure à quatre fois la limite légale, pour étudier l'effet protecteur du sélénium sur cette contamination. Le porteur revendique des retombées pour la santé humaine et pour la valorisation de coproduits de thon dans l'élevage de la truite. Il affirme que l'étude des mécanismes chez la descendance ne peut être menée sur lignée cellulaire ni par modélisation.
Objectifs
L’objectif de ce projet sera de mieux comprendre et caractériser l’antagonisme du sélénium vis-à-vis du méthylmercure dans l'alimentation des géniteurs de truite arc-en-ciel, principale espèce aquacole produite en France, sur son métabolisme, sa détoxication, ainsi que sur les paramètres antioxydants et la réponse pro-inflammatoire chez la descendance.
Bénéfices attendus
Ces travaux auront ainsi des répercutions en santé humaine en améliorant les connaissances sur les conséquences qu’entraînent une exposition, par l’alimentation parentale, au méthylmercure sur la descendance. Cette expérimentation permettra aussi d’évaluer la possibilité d’utiliser des coproduits de thon comme ingrédient alternatif pour l’élevage de la truite arc-en-ciel.
Procédures
Trois prélèvement de sang au maximum de 2 mL chez les géniteurs de truites d'un poids moyen compris entre 0,6 et 1 kg anesthésiés dans un bain de benzocaïne (durée : environ 1 minute pour chaque prélèvement de sang). Alimentation pendant 6 mois de plusieurs lots de géniteurs de truite (90 animaux au total) avec un aliment contenant 2 ppm de méthylmercure. Alimentation pendant 3 semaines de plusieurs lots d'alevins de truite (1800 animaux au total) issus des géniteurs utilisés dans le projet avec un aliment contenant 2 ppm de méthylmercure.
Impact sur les animaux
La limite légale de mercure et de sélénium dans les aliments aquacoles est de 0,5 mg/kg, donc la dose la plus haute représente ici 4 fois la limite légale pour le mercure et 8 fois la limite légale pour le sélénium. Ces concentrations ont été choisies suite à un premier essai nutritionnel réalisé chez des truites juvéniles ainsi qu’une étude bibliographique des effets du sélénium et du mercure chez les poissons au stade géniteur (Penglase et al., 2014 ; Khadra et al., 2019). Ces doses assurent l’observation d’un challenge pro-oxydant et inflammatoire par le mercure, tout en évitant une non métabolisation de ce dernier ainsi qu’un blocage de la reproduction ou une mortalité certaine des poissons. Une légère baisse de la croissance transitoire avait été observée chez les juvéniles et pourrait également être observée chez les géniteurs ou alevins, en plus de l'observation au niveau métabolique d'un stress oxydant et pro-inflammatoire limité.
Devenir
L’ensemble des animaux de l’expérimentation sera euthanasié et destiné au prélèvement d’échantillons pour analyses
Remplacement
S’agissant d’un essai nutritionnel chez des géniteurs de truite et dans le but d’étudier les mécanismes physiologiques et moléculaires qui en découlent chez la descendance, l’étude ne peut donc pas être réalisée sur des lignées cellulaires ou par des calculs et des modélisations informatiques.
Réduction
Le nombre de poissons mis en expérimentation est calculé a minima compte-tenu de la variabilité individuelle observée dans des études antérieures avec dix femelles et cinq mâles par bassin pour pouvoir obtenir suffisamment de pontes simultanées dans chaque lot pour la deuxième partie de l’essai sur la descendance. Avec 6 régimes testés chacun dans deux bassins, le nombre de géniteurs de truite mis en expérimentation sera de 6x2x15=180. A J0, 9 poissons n’ayant pas encore reçu de régime expérimental seront prélevés pour les analyses, soit un total de 189 géniteurs utilisés pour cet essai sur les géniteurs.
Raffinement
Les procédures sont raffinées avec des conditions d’élevage optimisées énoncées ci-dessus. Les animaux seront nourris à satiété visuelle afin d’assurer leur bien-être et ne pas polluer le milieu par une trop grande distribution d’aliment qui ne serait pas consommé. Les effectifs seront limités afin de réduire les rejets dans l’eau. La supplémentation en mercure organique sera testée car mieux assimilée que la forme inorganique, donc potentiellement plus toxique pour l’animal mais moins polluante au niveau environnemental. Les doses minimales à partir desquelles un effet est visible ont été choisies. Le mercure sera ajouté avant extrusion de l’aliment afin de limiter sa potentielle dissolution dans le milieu aquatique. Un mélange attractant sera ajouté dans l’aliment végétal afin de maximiser la prise alimentaire. Des analyses de mercure seront réalisées en cours d’essai afin de vérifier l’absence de pollution de l’eau. Si tel était le cas, l’essai serait stoppé.
Choix des espèces
La truite arc-en-ciel est la première espèce piscicole produite en France et a donc un poids agronomique et commercial important, ce qui en fait un choix privilégié pour cet essai, en plus de son intérêt scientifique : espèce à gros œufs avec alevins contenant de larges réserves vitellines issues des dépôts maternels. Les animaux utilisés seront des géniteurs de truites femelles et mâles avec un ratio 2/1, afin d’être dans les conditions optimales de reproduction et pouvoir étudier l’effet de l’alimentation parentale : maternelle et paternelle (en particulier pour les effets épigénétiques) chez la truite arc-en-ciel.