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    • Troubles nerveux
Souris : 384
Souffrances
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384 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Génétiquement modifiées pour reproduire la leucodystrophie métachromatique, une maladie neurodégénérative infantile, elles reçoivent par chirurgie un implant sous-cutané de cellules encapsulées et jusqu'à six prélèvements sanguins mensuels, puis sont euthanasiées pour analyses post-mortem. L'étude évalue une enzymothérapie visant les patients déjà symptomatiques, pour lesquels il n'existe à ce jour aucun traitement. Le porteur affirme qu'il n'existe pas de modèle in vitro et que la souris est la "seule espèce" pour laquelle un modèle de cette maladie a été créé.

Objectifs

La leucodystrophie métachromatique (MLD) est une maladie neurodégénérative héréditaire conduisant à une perte de myéline (isolation de la gaine nerveuse) qui s’accompagne de signes cliniques très sévères cognitifs et moteurs chez le jeune enfant avec une aggravation très rapide et un décès des patients. De nos jours la majorité des patients atteints de MLD sont diagnostiqués lorsque leurs symptômes sont déjà bien installés (patients symptomatiques). Les traitements actuels, présentent de bons résultats pour les enfants traités en présymptomatique mais restent inefficaces une fois les symptômes présents. L’enjeu pour cette maladie est donc de trouver des traitements pouvant agir sur les patients symptomatiques et notamment sur l'inflammation cérébrale, une composante majeure de la maladie. Nous proposons d’évaluer l’efficacité d’une nouvelle thérapie pour le traitement de la pathologie via une sécrétion continue de la protéine (mode d'administration confidentiel) dans le modèle murin de la maldie déjà bien caractérisé.

Bénéfices attendus

À l’heure actuelle il n’existe aucun traitement pour les patients atteints de MLD ayant des symptômes déjà bien installés (patients symptomatiques). Ce projet a pour but d'identifier une nouvelle voie thérapeutique chez les patients déjà symptomatiques pour la LDM.

Procédures

- prelevement sanguin une fois par mois soit 6 au maximum, durée d'environ 5min sous anesthésie - une chirurgie d'implantation une fois à 6 mois avec une procédure par animal d'une durée maximale de 20min sous anesthésie et analgésie - euthanasie à la fin du projet

Impact sur les animaux

Le principal effet indésirable concerne le stress que pourrait engendrer les prises de sang mensuelles sur l’animal. Enfin, l'implant de ce projet a une taille minimale comparé à notre étude précédente avec des implants rectangulaires de 25mmx12mmx13mm d'épaisseur, qui était déjà bien tolérés. Il y a de plus un risque anesthésique et un risque de douleur post chirurgical.

Devenir

En fin de procédure tous les animaux seront euthanasiés, car les prélèvements et analyses (histologique et biochimique) sont nécessaires post-mortem.

Remplacement

À l’heure actuelle il n’existe pas de modèle In vitro ou de système cellulaire pour étudier les symptômes et marqueurs moléculaires associés à la Leucodystrophie métachromatique (MLD). Nous avons donc besoin de modèles animaux pour reproduire et étudier cette maladie et surtout évaluer l’effet thérapeutique de l'implantation en sous cutanée des cellules encapsulées permettant une sécrétion continue d'arylsulfatase A. Le modèle de choix pour étudier la MLD est la souris car seule espèce pour laquelle un modèle de MLD a été créé.

Réduction

Nous limitons au maximum le nombre d’animaux par groupe de façon à obtenir des résultats fiables. Compte tenu de la littérature et des effets attendus, un test de puissance statistique a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaire. De ce fait un nombre de 12 souris par groupe a été choisi, ce qui va nous permettre de limiter la variabilité inter-animale et inter-groupe, et de réaliser des tests statistiques fiables. Un nombre total maximal de 384 souris (comprenant 2 répétions des expériences par groupe) sera nécessaire pour ce projet.

Raffinement

Dans la réalisation de ce projet, l’ensemble des procédures ont été mises en œuvre afin de permettre une interprétation fiable des résultats dans le respect du bien-être animal en limitant au maximum la douleur et le stress (anesthésie pour les prises de sang, manipulation en amont de la procédure pour une habituation au manipulateur, prise de poids mensuelle). Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum. En cours de procédure une attention particulière est donnée à nos animaux afin de garantir leur bien-être grâce à une surveillance quotidienne (points limites) et de soins adaptés. Enfin, en terme de raffinement nous avons réduit la taille de notre dispositif. Les animaux seront hébergés dans des conditions standard avec mise à disposition d'enrichissement

Choix des espèces

Nous avons besoin d’un modèle animal pour reproduire et étudier la MLD et surtout pour évaluer l’effet thérapeutique de la sécrétion en continu d'ARSA par des cellules encapsulées. Le modèle de choix pour étudier la MLD est la souris car seule espèce pour laquelle un modèle de MLD a été créé. Nous prévoyons de conduire notre étude sur un modèle murin déjà connu de MLD déficient pour l’enzyme ARSA, le modèle murin de la pathologie, génétiquement modifié est très proche de ce que l’on retrouve chez les patients. Les souris développent tardivement à partir de 15-18 mois, un phénotype ataxique et moteur. Ce phénotype tardif n’est pas dommageable, sachant que nos souris seront euthanasiées à 12 mois soit avant l'apparition des anomalies motrices. Les animaux entreront en procédure à 5mois et 2 semaines (acclimatation à la zone A1 de l’animalerie, et habituation au manipulateur) avec un début du traitement à 6 mois, âge auquel débutent des premiers symptômes chez la souris (souris symptomatiques). La fin de la procédure aura lieu lorsque les souris auront 8 ou 12 mois selon la durée du traitement et selon les différents groupes.

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    • Maladies infectieuses
Macaques à longue queue : 36
Souffrances
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36 macaques à longue queue vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Ils reçoivent un implant de télémétrie par chirurgie, une dizaine d'anesthésies et des injections vaccinales, puis une infection par des arénavirus responsables de fièvres hémorragiques, les animaux non vaccinés devant développer perte de poids, fièvre et signes hémorragiques avant la mort ou la mise à mort. Le projet teste un candidat vaccin multivalent, avec des points limites déclarés comme l'hypothermie, le coma ou une perte de poids excessive. Le porteur affirme que ces études précliniques sont "indispensables" et "nécessitent obligatoirement des organismes entiers", le modèle macaque reproduisant selon lui le tableau clinique humain.

Objectifs

Les arénavirus du Nouveau Monde sont nombreux mais plusieurs d’entre eux sont à l’origine de fièvres hémorragiques comme les virus Guanarito, Machupo, Sabia, Chapare et Junin. Un vaccin existe seulement pour ce dernier alors que les autres virus sont aussi responsables d’émergences avec un taux de mortalité élevé (jusqu’à 30%). Le vaccin a déjà prouvé son efficacité en protégeant des macaques cynomolgus contre les virus Machupo et Guanarito. Il reste à prouver son efficacité contre les autres arénavirus du Nouveau Monde pour valider la protection contre tous les arénavirus très pathogènes d’Amérique du Sud ainsi que contre un arénavirus non-inclus dans la composition du vaccin (virus Whitewater Arroyo) pour étudier la capacité de protection croisée. L’objectif de ce projet est de démontrer chez le primate non-humain le potentiel de protection contre les cinq arénavirus pathogènes circulant en Amérique du Sud ainsi que sa capacité à protéger contre un nouvel arénavirus du Nouveau Monde non inclus dans sa formulation. Pour cela, nous allons injecter des doses vaccinales à des macaques cynomolgus. Le projet vise donc à : - Montrer la protection acquise grâce au vaccin contre tous les arénavirus pathogènes d’Amérique du Sud - Etudier le niveau et les mécanismes de protection - Tester la protection à court et à long terme du vaccin.

Bénéfices attendus

Un tel vaccin multivalent pourrait permettre de proposer une stratégie vaccinale contre tous les arénavirus du Nouveau Monde et ainsi être préparé pour lutter contre l’émergence possible de l’un de ces virus à fort potentiel épidémique. En effet, étant donné la faible fréquence des épidémies occasionnées par chacun de ces virus et le faible nombre de cas impliqués, il n’est pas raisonnable de développer des vaccins individuels contre chacun d’entre eux. La seule méthode rationnelle et pragmatique qui permet d’envisager le développement industriel d’un tel vaccin est de proposer un candidat qui permettrait de protéger contre l’ensemble des fièvres hémorragiques causées par les arénavirus en Amérique du Sud. De plus, le large spectre de ce vaccin pourrait conférer une protection contre d’éventuels arénavirus émergents, étant donné les protections croisées attendues. Si l’efficacité de ce vaccin est prouvée contre les virus d’intérêt chez le macaque cynomolgus, les études réglementaires pour la mise sur le marché de ce candidat vaccin pourront être réalisées.

Procédures

La procédure expérimentale soumettra les animaux à des anesthésies (au nombre de 10 prévues dans la procédure expérimentale, du jour de la réception jusqu’au jour de la mise à mort, et d'une durée de 1h à 2h selon les individus), à des injections (une unique injection par voie sous-cutanée le jour du challenge et une injection par voie intra-musculaire le jour de la vaccination pour les groupes concernés) et à des prélèvements salivaires, nasaux et sanguins sur animaux anesthésiés (9 sessions de prélèvements prévues dans cette procédure expérimentale, sessions d'une durée d'environ 15 minutes par animal). Lors de l'atteinte de point limite ou de la fin du protocole, les animaux seront anesthésiés, puis des prélèvements (sang, moelle osseuse) ainsi que la mise à mort puis des prélèvements autres (liquide céphalo-rachidien, humeur vitrée, organes) seront réalisés. Pour les animaux ne présentant pas de point limite ni de score limite atteint, la procédure s'achèvera donc entre 28 et 30 jours post-infection. La durée de la procédure pour les survivants sera donc de 10 jours d’acclimatation puis de 30 jours au maximum de protocole.

Impact sur les animaux

Tous les animaux du projet auront subi une chirurgie d’implantation des dispositifs de télémétrie avant les étapes d’injection du vaccin. Un suivi de la cicatrisation sera réalisé par un contrôle journalier et des soins seront administrés si nécessaire. Dans chacune des expérimentations suivant ces deux procédures, les animaux seront impliqués dont des animaux vaccinés et des animaux non vaccinés. Aucun effet n’est attendu pour les animaux vaccinés hormis les possibles signes cliniques que peut induire un vaccin à court terme (fièvre). En effet, nous avons précédemment montré la protection du vaccin contre les virus Machupo et Guanarito. Nous attendons le même niveau de protection contre les virus Chapare, Sabia et Junin qui sont aussi inclus dans la composition du vaccin. Pour le virus Whitewater Arroyo, nous testons une protection croisée, donc la protection totale est moins certaine. Les animaux contrôles non-vaccinés devraient présenter les symptômes décrits chez les humains suite à l’infection par ces virus. Nous nous attendons donc à observer des symptômes une perte de tonus, une perte de poids, une fièvre et l’observation de signes hémorragiques éventuels. Les procédures incluent des prélèvements répétés, réalisés (sous anesthésie) selon des volumes et une fréquence conformes aux recommandations éthiques en vigueur. Cela pourrait entraîner un inconfort, une diminution de l’alimentation et une fatigue temporaire lors du réveil.

Devenir

L'étude implique que les organes et les tissus puissent être prélevés sur l'ensemble des animaux de l'étude (n=36), ceux-ci étant répartis en divers groupes infectés et vaccinés. Par conséquent, seule la mise à mort des 36 animaux de l'étude permettra d'obtenir des données statistiquement robustes.

Remplacement

Il existe désormais plusieurs méthodes alternatives in vitro, dérivées de la culture cellulaire (classiquement utilisée depuis des décennies). Ces nouvelles technologies tendent à recréer artificiellement les interactions inter cellulaires que nous pouvons retrouver dans un organisme. Bien que très prometteuses, ces techniques restent très localisées et répondent à des problématiques assez ciblées. Le vaccin utilisé ici a d’abord fait l’objet de caractérisation in vitro. La réponse immune induite a été testée et une forte réponse a été observée. Dans le cas des fièvres hémorragiques virales dont font partie les fièvres hémorragiques induites par les arenavirus, il est impossible de remplacer les modèles animaux afin de réaliser des études sur la physiopathogénèse et les réponses immunitaires dans leur ensemble. Ce projet vise donc à démontrer l’efficacité d’un candidat vaccin contre l’infection, ce qui nécessite obligatoirement des organismes entiers. De plus, cela s’inscrit dans des études précliniques, indispensables au développement d’un candidat vaccin.

Réduction

Le nombre d’animaux a été réduit autant que possible pour obtenir des résultats interprétables et statistiquement pertinents. En effet, un effectif de trois animaux par groupe représente le minimum absolu permettant des résultats statistiquement significatifs. Au-delà de la survie, les groupes seront comparés en fonction des valeurs de score au cours de la maladie, des valeurs des paramètres biochimiques, virologiques et autres paramètres physiologiques. Les tests statistiques ne pourront pas être tous hautement significatifs, cependant, la multiplicité des paramètres évalués permet de démontrer de manière fiable les résultats obtenus. Les précédentes études basées sur des expérimentations utilisant des groupes expérimentaux de 3 animaux ont permis d’obtenir des données et résultats significatifs montrant que la présence ou absence de virémie est un critère essentiel.

Raffinement

Malgré les conditions de confinement, les conditions réglementaires d’hébergement sont appliquées. Afin d’assurer au mieux le bien-être des animaux, ils seront hébergés en volière par groupes de 3 dans un milieu enrichi avec des dispositifs permettant aux animaux de mettre en avant le plus possible un comportement naturel (perchoir, jeu, diversification alimentaire…). Un scoring quotidien sera réalisé dès le jour de l’infection, et des points limites ont été définis à l’avance (hypothermie, coma post anesthésie, perte de poids excessive). Cela permettra de mettre fin à la procédure expérimentale pour les animaux qui atteindraient l’un des points limites fixés ou un score limite. Par ailleurs, l’enregistrement permanent de la température grâce à des systèmes implantés permet une meilleure analyse de la maladie induite. Malgré une chirurgie pour la mise en place de cet implant, le fait d’équiper les animaux avec un tel dispositif représente un raffinement en tant que mesure non invasive et paramètre de surveillance dans le cadre des points limites. Les animaux sont également visibles de l’extérieur du laboratoire grâce aux caméras permettant ainsi un contrôle visuel en dehors des horaires de présence du personnel dans le laboratoire. En cas de doute sur l’état d’un ou plusieurs animaux, une entrée en laboratoire sera programmée immédiatement pour procéder à une observation en zone et à une possible décision.

Choix des espèces

Il n'existe pas de bon modèle rongeur pour la fièvre de Lassa, l’arénavirus responsable de fièvre hémorragique le plus étudié à ce jour. Les cobayes et des souris génétiquement modifiées peuvent présenter une susceptibilité plus ou moins prononcée mais ces modèles ne reproduisent qu'en partie la maladie et les réponses immunitaires qui ont lieu chez l'Homme. Nos précédentes expérimentations réalisées avec les virus Machupo et Guanarito ont abouti à une infection létale pour tous les cynomolgus infectés par Machupo et les 3 animaux contrôles infectés par Guanarito ont présenté une pathologie sévère bien qu’un seul d’entre eux n’ait atteint le point limite d’expérimentation en cours de protocole. Les symptômes observés reproduisent bien le tableau clinique décrit chez l’Homme, le modèle cynomolgus est donc le plus adapté pour étudier la maladie et la protection par le vaccin. Ce projet ne nécessite pas d'exigences particulières concernant le stade de développement des animaux utilisés hormis le fait de former des groupes homogènes en âge et poids pour pouvoir analyser les résultats sans biais. Les animaux utilisés seront des juvéniles sevrés d’au moins 12 mois et de moins de 3 ans.

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    • Maladies infectieuses
    • Troubles respiratoires
Macaques à longue queue : 216
Souffrances
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Devenir
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216 macaques à longue queue vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, les mères réutilisées et tous les nouveau-nés tués jusqu'à l'âge de trois ans. Les nouveau-nés sont infectés par le virus respiratoire syncytial et le SARS-CoV-2, leur microbiote perturbé par des antibiotiques, et subissent jusqu'à trente prélèvements sanguins par an, dix-sept lavages broncho-alvéolaires et dix ponctions de moelle osseuse. Le porteur étudie l'effet du microbiote sur la réponse immunitaire du nouveau-né, en s'appuyant sur l'impossibilité éthique de telles expériences chez l'enfant humain. Il affirme que seul le primate non-humain présente une proximité suffisante avec l'humain pour ce type d'étude.

Objectifs

L’objectif de ce projet est d’explorer le rôle du microbiote dans l’immunité, dès la naissance, et d’anticiper les effets délétères causés par son altération (dysbiose) précoce, dans le cas notamment des infections respiratoires virales chez l’enfant. Le système immunitaire est immature à la naissance et se développe dans les premières années de vie par interaction avec l’environnement. Le microbiote intestinal, qui regroupe l’ensemble des micro-organismes qui peuplent nos intestins, est acquis principalement lors de l’accouchement par voie basse puis via le lait maternel. Il interagit avec le système immunitaire au travers des composés issus de son métabolisme, les métabolites, et des cytokines produites par les cellules immunitaires. Le microbiote est indispensable au rôle de barrière des muqueuses et pour l’apprentissage de l’immunité locale, en régulant la reconnaissance des espèces pathogènes ou non et en assurant ainsi l’homéostasie locale. La littérature montre qu’une dysbiose perturbe les capacités du système immunitaire à faire face à une infection. Or ce microbiote peut être facilement fragilisé, notamment par l’utilisation d’antibiotiques, pratique courante en pédiatrie. Même s’il se reconstitue, les effets à court et à long terme de cette fragilisation transitoire restent mal compris. Notre hypothèse est que cette perturbation chez le nouveau-né peut-être responsable de la sévérité observée de certaines pathologies respiratoires de la petite enfance. Comprendre le rôle du microbiote paraît donc déterminant pour appréhender ces situations et envisager des stratégies thérapeutiques pertinentes adaptées. Dans ce projet nous nous intéressons à différents virus ayant un profil pathologique propre à l’enfant. C’est le cas du virus respiratoire syncytial (VRS), principal responsable de bronchiolites aigües, et du virus SARS-CoV-2 de la COVID-19, dont les présentations cliniques sont différentes de ce que l’on observe chez l’adulte, pouvant être sévères (infection VRS) ou asymptomatiques (SARS-CoV-2). L’objectif de ce projet est d’évaluer l’impact du microbiote sur la réponse immunitaire du nouveau-né primate non-humain à une infection virale. Nous comparerons des microbiotes altérés ou non par une antibiothérapie dans les premiers jours de vie, sur des animaux nés par voie basse et allaités. Nous évaluerons des stratégies thérapeutiques basées soit sur la vaccination maternelle, soit sur une intervention néonatale (vaccin ou traitement probiotique).

Bénéfices attendus

Ces travaux sur le primate non-humain permettront d’approfondir les connaissances en immunité pédiatrique actuellement limitées chez le nouveau-né humain pour des raisons évidentes d’éthique, mais aussi d’accès aux différents compartiments (sang, muqueuses, moelle, poumons) et de volume disponible pour les échantillons. Le bénéfice attendu dans un premier temps est une meilleure compréhension des interactions et des mécanismes régulateurs entre système immunitaire et microbiote au cours des premiers temps de vie d’un nouveau-né, période au cours de laquelle se façonne la capacité du système immunitaire à réagir à une infection virale ainsi que sa mémoire immunitaire. En analysant ensuite l’impact d’un microbiote intact ou altéré sur la réponse immunitaire à une infection, nous espérons pouvoir anticiper les effets délétères causés par une dysbiose précoce. Et en explorant des stratégies préventives (vaccination maternelle ou néonatale, administration néonatale de probiotiques), pouvoir contrer ces effets le plus précocement possible en l’ajustant aux capacités et aux besoins spécifiques du nouveau-né. Quant aux bénéfices à long terme, notre réseau autour de l’immunité pédiatrique et nos collaborations avec des pédiatres nous permettront également de confirmer et comparer nos résultats à ce que l’on observe chez les enfants en clinique. Les nouveau-nés bénéficieront des résultats obtenus sur le modèle préclinique pour mieux appréhender et idéalement prévenir les effets délétères d’une dysbiose précoce sur la réponse immunitaire à une infection respiratoire ultérieure et éventuellement à d’autres infections ou agressions.

Procédures

Mères : - Anesthésie : 40 en moyenne. Pour chacune des interventions, durée 30min à 1h - Echographies : 2 à 3 fois avec un intervalle d’un mois entre, 30min par examen - Prélèvement de sang : une fois par semaine pendant huit semaines au cours de la gestation. Ensuite une à deux fois par mois jusqu’au sevrage. Enfin une fois par semaine pendant un mois après le sevrage. Jusqu’à 25 fois en moyenne. 5min par prélèvement - Ecouvillonnage des muqueuses aux mêmes dates que le sang. Jusqu’à 25 fois en moyenne. 10min - Lait maternel : aux mêmes dates, Jusqu’à 25 fois en moyenne. 10min par collecte - Lavage broncho-alvéolaire : sept lavages. Un pendant la gestation, puis six après la naissance avec un intervalle minimum de deux semaines entre. 20min - Ponction de moelle osseuse : cinq ponctions. Quatre ponctions à deux mois d’intervalles jusqu’au sevrage, puis un mois après sevrage. 20min - Vaccination : deux injections au cours de la gestation. 5min Nouveau-nés : - Anesthésie : entre 18 et 30 en moyenne la première année, puis 12 et 4 fois la deuxième et troisième année respectivement, entre 15 et 30min - Contention : jusqu’à 12 fois pour certains points rapides (avec sang et écouvillons) jusqu’à 2 mois de vie maximum. - Prélèvement de sang : 2-3 fois/semaine (0-2 mois de vie), puis toutes les deux semaines (2-6 mois), toutes les trois semaines (6-12 mois), tous les mois (1-2 ans) et enfin tous les trois mois (2-3 ans). Jusqu’à 30 fois en moyenne la première année, puis 12 et 4 fois la deuxième et troisième année respectivement. 5min par prélèvement - Ecouvillonnage des muqueuses : compartiments nasal, oropharyngé, salivaire, rectal, anal, vaginal (si femelle) et oculaire, aux mêmes dates que le sang. Jusqu’à 30 fois en moyenne la première année, puis 12 et 4 fois la deuxième et troisième année respectivement. 10min - Lavage broncho-alvéolaire : jusqu’à 17 lavages. 20min - Ponction de moelle osseuse : jusqu’à 10 ponctions. 20min - Exposition virale : une exposition. 30min - Vaccination : deux injections. 5min - Traitement antibiotique ou probiotique : administration quotidienne pendant une à quatre semaines. 20min - Imagerie in vivo : trois sessions. Moins d’une heure - Euthanasie en fin d’étude

Impact sur les animaux

Nous distinguons les effets de l’expérimentation sur le nouveau-né primate non humain des effets liés aux infections et traitements. Nous devons maîtriser la fréquence et la durée des interventions lors des premiers jours de vie afin de ne pas interférer avec la croissance du nouveau-né ni impacter la relation mère/nouveau-né. Cela peut se traduire par un impact sur la prise de poids de l’animal en croissance, à savoir une absence de prise de poids voire une perte. Sur certains points précoces, le nouveau-né sera seulement immobilisé pour ne pas risquer le rejet du petit par sa mère lié à des odeurs non reconnues ou une réactivité moindre suite à l’anesthésie, ainsi qu’une hypothermie difficile à gérer chez le nouveau-né. Ce projet repose sur notre expérience passée qui a démontré que nous pouvons suivre un schéma expérimental tel que celui décrit, sans impacter la croissance des nouveau-nés ni la relation avec les mères. Les pathogènes entraînent chez le nouveau-né des formes asymptomatiques, légères ou modérées, d’après la littérature et notre expérience. Des symptômes pourront être relevés (fièvre, baisse d’activité, lésions pulmonaires) mais sont transitoires et résolus en moyenne après deux semaines. La vaccination maternelle ou néonatale, de même que l’administration d’antibiotiques, pourront être associés à une réaction locale au site d’injection qui serait transitoire, avec érythème et gonflement, résolue en quelques jours. Enfin l’administration de probiotiques par voie orale se fera autant que possible par succion et non par gavage, en respectant les volumes préconisés. Comme il n’est pas possible d’entraîner un nouveau-né à la manipulation pour limiter le stress, une attention toute particulière sera portée aux techniques employées ainsi qu’au matériel utilisé pour être adapté au mieux aux spécificités du nouveau-né, avec du personnel spécifiquement formé et entraîné sur le modèle.

Devenir

Tous les nouveau-nés primates non-humains seront euthanasiés à des âges différents, jusqu’à l’âge de 3 ans, pour accéder aux organes et ainsi à l’analyse fine des différents compartiments d’intérêt (charge virale, populations immunitaires, microbiote, métabolites, histologie…). Les femelles primates non-humains seront sorties du projet un mois après le sevrage et pourront être réutilisées. Elles servent de contrôle des différents systèmes matures et adultes, mais il n’est pas nécessaire d’accéder aux tissus, nos données de laboratoire seront utilisées si nécessaire.

Remplacement

Ce projet nécessite l’étude du système immunitaire et du microbiote en fonctionnement, et ces systèmes intégrés et leurs interactions ne peuvent pas être reproduits in vitro. De même, reproduire in vitro des symptômes dans le cadre d’une pathologie respiratoire n’est pas possible. Dans la mesure du possible, des tests ex vivo seront réalisés en amont sur des explants de poumons par exemple, pour déterminer une souche et/ou une dose de virus adaptées à notre modèle. Le recours à l’animal reste donc indispensable. Nous utiliserons un modèle de primate non humain, le macaque cynomolgus, pour sa proximité phylogénétique avec l’Homme : il présente une forte homologie au niveau des acteurs et de l’organisation de la réponse immunitaire et vaccinale mais aussi de la composition microbiotique, contrairement à ce que l’on peut retrouver chez d’autres modèles animaux. Il sera exposé à des virus auxquels il est sensible à l’infection, aussi bien chez le jeune que chez l’adulte.

Réduction

Nous avons établi un nombre minimum d’animaux par condition afin de déterminer si les variations observées entre les différents groupes sont bien dues aux conditions expérimentales et non aux variations propres à chacun des individus. Nous avons ainsi établi des groupes avec un maximum de six animaux par groupe. Ce chiffre représente le nombre maximum d’animaux par groupe et dans certains cas il pourra être réduit pour des phases préliminaires. Par ailleurs tous les modèles auront été validés sur des animaux adultes et/ou juvéniles à la faveur d’autres projets, avant de les transposer au nouveau-né.

Raffinement

Les animaux seront suivis tous les jours avec une attention particulière pendant les deux premières semaines de vie. Des grilles d’évaluation permettront de suivre et détecter tout écart au bien-être animal. En cas d’atteinte d’un point limite, des mesures seront prises (arrêt des interventions, traitement, sortie d’étude), selon avis du vétérinaire et de la structure du bien-être animal. Egalement en cas d’apparition de douleurs ou de signes cliniques liés aux prélèvements ou à l’infection, un traitement symptomatique pourra être mis en place. L’unité minimale d’hébergement des animaux sera le couple mère/enfant qui ne sera séparé qu’au-delà de l’âge minimal réglementaire de sevrage pour cette espèce afin de reformer de nouveaux groupes. Dans l’ensemble, le groupe social multifemelles et multi-nouveau-nés sera favorisé au maximum. Toute intervention sera faite sous anesthésie générale réversible pour permettre un réveil rapide des animaux, avec une anesthésie non systématique du nouveau-né lors des premières semaines de vie, lorsque la balance bénéfice/risque n’est pas favorable (risques d’hypothermie ou de rejet maternel trop importants) par rapport au temps nécessaire pour l’intervention. Enfin, toutes les techniques et analyses ont été miniaturisées afin de réduire les volumes de sang nécessaires à prélever.

Choix des espèces

Ce projet a pour objectif d’évaluer l’impact d’une perturbation du microbiote d’un nouveau-né sur sa réponse immunitaire à une infection respiratoire, et ainsi évaluer le bénéfice de certains traitements ou vaccins sur les effets délétères liés à cette perturbation. Seuls les primates non humains présentent des caractéristiques anatomiques, physiologiques et immunologiques, en terme de réponse immunitaire et vaccinale, suffisamment proches de l’Homme pour permettre une étude pertinente de ces phénomènes. Nous avons choisi le macaque cynomolgus, qui a déjà été modèle d’infection pour nos virus d’intérêt dans des études scientifiques, et chez qui les techniques et outils d’exploration du système immunitaire et du microbiote sont disponibles et maitrisés. Notre étude, qui s’intéresse à des développement in utero et néonataux, nécessite d’avoir accès à des femelles gestantes et aux nouveau-nés issus de ces gestations.

Evolution de la menstruation chez les primates

(NTS-FR-180262v2 – 13/01/2023)
  • Recherche appliquée
    • Troubles urogénitaux
  • Recherche fondamentale
    • Oncologie
    • Système endocrinien
    • Système urogénital
Ouistitis et tamarins : 12
Babouins : 6
Singes écureuils : 12
Souffrances
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▲ 24
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Devenir
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 30
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30 primates non-humains, ouistitis, babouins et singes écureuils, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, tous gardés vivants dans leurs groupes. Les femelles sont capturées deux à trois fois par semaine pour des prélèvements sanguins et des frottis vaginaux sous anesthésie, les babouins subissent une biopsie de l'utérus par raclage et douze petits singes une ablation de l'utérus. Le porteur étudie l'évolution de la menstruation chez les primates et reconnaît vouloir évaluer si l'usage de ces animaux comme modèles de l'endométriose est pertinent. Il affirme que ce phénomène ne s'étudie pas sur cellules en culture faute de banque de tissus adaptée.

Objectifs

Les objectifs du projet sont la caractérisation au niveau cellulaire, génétique et fonctionnel de l’évolution de la menstruation chez les primates. Ce projet répond à une question cruciale mais sous-étudiée liée à l’évolution de l’espèce humaine, ayant des conséquences sérieuses au niveau médical.

Bénéfices attendus

Ce projet permettra de caractériser les réseaux moléculaires mis en jeu lors du cycle hormonal et de la menstruation à l'état sain chez les primates, et d'évaluer leur conservation entre espèces. La caractérisation de cet état sain est une base indispensable à la compréhension des mécanismes pathologiques, et pour évaluer si l'utilisation actuelle de primates non-humains comme modèles de recherche pour les maladies telles que l'endométriose est pertinente.

Procédures

Babouins : Le suivi des cycles des 6 femelles babouins se fait par observation (non-invasive) pendant 3 mois. Le jour de la biopsie par raclage les animaux seront capturés dans leurs enclos respectives à l’aide des tunnels de capture et transférés dans des cages à fond amovible pour être anesthésiés avant de suivre la biopsie. La durée de la capture peut prendre 30 minutes. La durée de la biopsie, 1 heure. Ouistitis et Singes écureuils : Le suivi des cycles des 6 femelles ouistitis (12 maximum) et 6 femelles singes écureuils (12 maximum) se fait par dosage sanguin de la progestérone et suivi de l’indice caryopyknotique de l’épithélium vaginal. Les animaux doivent être capturés entre 2 et 3 fois par semaine(les prélèvements pourront être plus espacés lors du suivi du 2ème et 3ème cycle selon la concordance aux valeurs de références) pour faire un prélèvement sanguin à faible volume et un frottis vaginal. Les animaux seront capturés manuellement. L’ensemble des prélèvements seront réalisés sous anesthésie générale. La durée normale de l’intervention est de 10 minutes (maximum 30 minutes). Les individus ne présentant pas de variations du cycle après 5 prélèvements seront exclus du projet et les inclusions seront arrêtées dès que 6 individus par espèce auront pu aller jusqu’au bout du protocole de recherche. Ces 6 ouistitis et 6 singes écureuils subiront une hystérectomie. Le temps d’anesthésie générale requis pour une hystérectomie chez une petite espèce comme le Singe écureuil ou le Ouistiti est de une heure maximum. (avec un temps de préparation de l’animal d’environ 30 minutes et environ 30 minutes d’acte chirurgical pur).

Impact sur les animaux

- Douleur légère inconfort possible après raclage utérin chez le babouin - Stress lors des captures - Anesthésies - Mise à jeûn avant les anesthésies - Hématomes possibles aux sites de prélèvements sanguins - Plusieurs complications post-chirurgicales peuvent survenir post hystérectomie avec des degrés de gravités différents (hématomes, infections urinaires, surinfections de la plaie chirurgicale (abcès), hémorragies internes ou encore éventration)

Devenir

Tous les femelles seront gardées en vie et dans leurs groupes sociaux d’origine après chacune des procédures.

Remplacement

La menstruation est un phénomène tissulaire complexe qui ne peut pas être étudié fonctionnellement sur des cellules en culture. L’étude du transcriptome et des régions de régulation de la transcription nécessite l’utilisation d’échantillons de tissus prélevés directement sur les animaux avec un suivi strict du cycle hormonal. Il n’existe pas de banque de tissu pour cet organe en ces conditions.

Réduction

Pour chaque espèce, 3 femelles seront prélevées dans la phase lutéale et 3 femelles en fin de cycle (menstruation ou phase équivalente pour les espèces non menstruantes). Ce nombre correspond au nombre minimum de réplications par espèce nécessaire à l'interprétation des résultats de l'étude. Pour les babouins nous utiliserons donc 6 individus. Pour les marmousets et singes écureuils, des femelles peuvent ne pas présenter de cycle hormonal, pour des raisons qui peuvent être liées à leur âge, à la structure de leur groupe social (dominance), ou à un arrêt des cycles avant la fin de la période identifiée de reproduction. Afin d’obtenir des prélèvements exploitables sur 6 individus, nous utiliserons 12 individus maximum par espèce. Les individus ne présentant pas de variations du cycle après 5 prélèvements seront exclus du projet, et les inclusions seront arrêtées dès que 6 individus auront pu aller jusqu’au bout du protocole de recherche. Nous utiliserons donc 30 animaux maximum au total.

Raffinement

Tous les prélèvements de tissu se feront sous anesthésie générale et couverture antalgique. Pour les babouins, la biopsie se fera par raclage en minimisant au maximum le stress pour l’animal et l’invasivité du prélèvement. Toutes nos animaleries font l’objet d’un planning de mise à disposition d’enrichissements adaptés à chaque espèce. Les enrichissements sont soit structurels (divers perchoirs, balançoires...), périodiques (jeux de manipulations proposés selon un rythme hebdomadaire) ou alimentaires (graines dans la litière pour fourragement, glaçons surprises, friandises...). Ce programme est supervisé par notre responsable du bien-être animal et validé par la structure en charge du bien-être animal.

Choix des espèces

La menstruation est présente seulement chez certains primates. Nous avons sélectionné pour l’étude cinq primates non-humains et l’Homme. Chez les Cercopithecinae, un clade proche phylogénétiquement de l’Homme, nous trouvons des espèces avec menstruation (e.g. babouin olive, macaque rhésus). Dans la super-famille Ceboidae, incluant des espèces plus éloignées phylogénétiquement, nous trouvons des espèces sans menstruation comme le Singe écureuil et le Ouistiti commun. Cette configuration nous permettra de mettre en évidence les différences fonctionnelles qui sous-tendent l’apparition des menstruations chez les primates en tenant compte de la structure de l’arbre phylogénétique. L'étude nécessitant des échantillons de tissu utérin à la fin du cycle menstruel, tous les animaux utilisés sont des adultes en âge de procréer.

  • Recherche appliquée
    • Maladies animales
    • Troubles sensoriels
  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 280
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 40
▲ 240
Devenir
 -
 -
 -
 280

280 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Elles subissent l'ablation des glandes lacrymales pour provoquer une sécheresse oculaire douloureuse, puis l'instillation d'une solution qui active les nocicepteurs et provoque une sensation de brûlure, avec des tests nommés de sensibilité cornéenne et d'imagerie de la cornée. Le porteur veut cartographier les circuits neuronaux de la douleur oculaire chronique et le rôle de l'inflammation. Il affirme qu'une approche sur animal entier reste incontournable car ces circuits impliquent tout l'encéphale.

Objectifs

La cornée est le tissu le plus innervé de l’organisme et le générateur de douleur le plus puissant. La sécheresse oculaire est une pathologie liée à une diminution de la production de larmes. Elle engendre des douleurs, picotements, sensation de brûlure oculaire et sensibilité à la lumière (photophobie) avec des atteintes cornéennes. C’est une douleur chronique qui affecte de façon dramatique la qualité de vie des patients (anxiété, dépression) et qui en fait l’un des premiers motifs de consultation en ophtalmologie. Les douleurs oculaires chroniques sont les plus difficiles à traiter notamment car les circuits neuronaux et les mécanismes qui en sont à l’origine sont encore mal connus. Ce projet, en utilisant un modèle murin de sécheresse oculaire qui mime les symptômes de la pathologie humaine, a pour but de cartographier précisément les circuits neuronaux impliqués dans la douleur cornéenne. Le rôle de l’inflammation dans ces douleurs sera également évalué. Ce projet repose sur l’utilisation de souris sauvages afin de mettre en évidence les circuits cérébraux de la douleur oculaire et de souris transgéniques afin d’évaluer le rôle de l’inflammation dans ces douleurs.

Bénéfices attendus

La prise en charge de la douleur chronique oculaire est actuellement un enjeu majeur alors que les traitements restent peu efficaces. Le bénéfice attendu de ce projet est d’aboutir à une meilleure caractérisation des circuits neuronaux de la douleur cornéenne et de permettre d’améliorer notre compréhension de ses mécanismes d’initiation et de maintien, encore largement inconnus, afin de faire le lien entre manifestations cliniques et mécanismes neurologiques fin de développer des traitements réellement efficaces.

Procédures

Les procédures expérimentales nécessitent de tester la sensibilité cornéenne au niveau basal, puis durant et après le développement de la douleur neuropathique cornéenne (CNP). Dans toutes les procédures, les animaux seront soumis à des tests de sensibilité cornéenne, imagerie de la cornée, avant puis durant et après la mise en place de la CNP. Ces tests ne durent qu’entre 1 à 5 minutes. - Test de sensibilité cornéenne : animal vigile, réalisé 3 fois (J0, J7 et J14), durée du test : 2 minutes/session - Imagerie de la cornée : animal anesthésié, réalisé à J0, 1 injection d’anesthésique et le test dure 3minutes. - Imagerie IVCM : animal anesthésié, réalisé 1 fois (J0), durée du test : 5 minutes. Les examens ophtalmologiques se feront à l’aide de techniques non invasives (lampe à fente, biomicroscope). Ces examens sont réalisés chez l’Homme par un ophtalmologiste sous anesthésie locale et sans hospitalisation. Ils le sont également chez l’animal en clinique vétérinaire. Le test de la sensibilité cornéenne se fera chez l’animal vigile contrairement aux études d’imagerie de la cornée qui nécessitent une ’immobilisation complète de l’anima. Ces tests seront alors pratiqués sous anesthésie générale. Le modèle de sécheresse oculaire est induit par exérèse des glandes lacrymales. La stimulation nociceptive cornéenne se fait par instillation d’une solution activant les nocicepteurs cornéens. L’instillation est réalisée une fois et dure 1 minute. La solution est lavée par dépôt d’une goutte de PBS. Toutes les procédures comprennent une euthanasie qui nécessite l’injection d’un analgésique puis d’une dose létale d’anesthésique.

Impact sur les animaux

Les nuisances attendues seront celles observées dans la sécheresse oculaire à savoir des picotements, des démangeaisons, des sensations de brulure, de corps étrangers dans l’œil, une sensibilité accrue à la lumière. La douleur de la chirurgie d’exérèse sera contrôlée par une analgésie pré, per- et post-opératoire. Cette étude sera effectuée grâce à l’utilisation de souris transgéniques. Le fait de naître transgénique est en soi un potentiel effet indésirable pour les animaux. Néanmoins, les souris utilisées dans ce projet ne présentent pas de phénotype dommageable, suggérant qu’elles ne souffrent pas de la présence du transgène. Les tests pratiqués peuvent engendrer une gêne transitoire de courte durée comme on peut le constater chez l’Homme. Le test de sensibilité chimique sera réalisé, chez l’animal éveillé, par l’instillation d’une solution contenant un alcaloïde activant les neurones nocicepteurs entrainant ainsi une sensation de douleur (brûlure) et une inflammation.

Devenir

Des prélèvements et analyses post-mortem sont nécessaires ce qui implique l’euthanasie des animaux à la fin de chaque procédure.

Remplacement

L’utilisation d’animaux vivants se justifie par la nécessité de mettre en évidence des circuits neuronaux complexes impliqués dans la douleur cornéenne et qui impliquent l’ensemble de l’encéphale. Le modèle que nous utilisons ne peut pas être remplacé par une approche alternative in-vitro car la douleur cornéenne chronique est une pathologie complexe qui ne peut être modélisée qu’au niveau de l’animal entier. Une approche intégrative sur l’animal entier reste incontournable.

Réduction

Nous utiliserons 280 animaux dans ce projet. Afin de respect la règle de réduction, nous utiliserons un nombre limité de souris et de groupes tout en gardant la significativité des résultats via une analyse statistique adaptée. Ce nombre sera gardé le plus petit possible et a été estimé grâce aux outils disponibles de calcul de puissance statistique.

Raffinement

Afin de réduire le stress et l’anxiété, les animaux seront reçus une semaine avant le début des expérimentations. L’hébergement des animaux est effectué en confinement adapté à la stabulation de lignés de souris. Les conditions d’hébergement ont été optimisées pour réduire le stress des animaux : présence d’enrichissement dans les cages (copeaux de bois compacté, tube en carton, maison en carton) et maintien des animaux en groupe de 5 congénères afin d’éviter le stress de l’isolement. La nourriture et l’eau de boisson sont fournies ad libitum. La température de la zone d’hébergement est maintenue à 21°C et suit un cycle d’éclairage non inversé 12h jour/12h nuit. Le taux d’humidité des cages est contrôlé. Les animaux seront observés et manipulés quotidiennement afin de minimiser le stress et la douleur qui seront évalués à l’aide de points limites validés par le comité local du bien-être animal en concertation avec les responsables de l’animalerie. Toute observation anormale sera notée dans un tableau des points limites et nous suivrons l’échelle décisionnelle que nous avons définie. L’application de cette échelle permettra de modifier la procédure en cours avec l’administration d’un traitement antalgique, et/ou de décaler dans le temps les actes prévus par la suite ou enfin de mettre à mort l’animal en dernier recours. Pour éviter toute souffrance les procédures de chirurgie se feront sous anesthésie générale associée à un protocole analgésique en pré-, per- et post-opératoire. Aucun acte ne sera entrepris avant que l’animal ne soit stabilisé pour ces différentes constantes. Si un animal anesthésié présentait une détresse respiratoire ou cardiaque ou s’il se trouve en hypothermie, nous procéderons à un arrêt immédiat du protocole en cours et en l’absence de rétablissement la mise à mort de l’animal sera envisagée par l’administration d’une dose létale d’euthanasiant chimique. Les tests de la lampe à fente et l’imagerie confocale in-vivo qui peuvent induire un stress et nécessitent que l’animal soit immobile seront réalisés sous anesthésie générale légère.

Choix des espèces

Dans la littérature, les modèles de douleur oculaire ont majoritairement été développés chez des souris mâles et femelles adultes. Les animaux utilisés seront adultes (âgés de 2mois) à leur arrivée dans notre animalerie. Ils entrent en étude après une période d’acclimatation de 7 jours. Le développement de modèles précliniques chez la souris est hautement reconnu et utilisé en routine pour la recherche portant sur la douleur oculaire. La souris de laboratoire est l'animal de choix car (1) elle possède les structures cérébrales adéquates, (2) nous avons accès à tous les outils génétiques requis.

  • Recherche appliquée
    • Maladies animales
Bovins : 10
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 10
▲ -
Devenir
 -
 -
 10
 -

10 veaux vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous gardés vivants à l'issue et six seulement recevant réellement le produit. Chaque animal traité porte un cathéter posé dans la veine jugulaire et reçoit une perfusion continue pendant dix jours, isolé de ses congénères, avec une vingtaine de prélèvements sanguins. Le porteur cherche à mesurer les paramètres pharmacocinétiques de deux formulations, un bénéfice qu'il annonce comme destiné aux éleveurs sans autre précision. Il affirme qu'aucune méthode alternative ne reproduit la diffusion d'un produit dans l'organisme entier et juge indispensable de recourir à l'animal.

Objectifs

L'objectif de ce projet est de déterminer les paramètres pharmacocinétiques de deux formulations tests suite à une administration intraveineuse continue à des veaux pendants 10 jours consécutifs en utilisant une pompe en élastomère.

Bénéfices attendus

Les bénéfices attendus sont de pouvoir déterminer les paramètres pharmacocinétiques de la molécule testée. Cela sera bénéfique aux éleveurs. Dans ce projet, les bovins sont l'espèce cible.

Procédures

Les animaux seront soumis à une administration intraveineuse continue pendant 10 jours. Pour cela un cathéter sera mis en place au niveau de la veine jugulaire. La première étape consiste à placer le systeme sur l'animal en utilisant un collier ou un harnais sur lequel sera fixé la pompe. La mise en place du système se fera sur animal vigile. La veille de l'administration un cathéter sera placé au niveau d'une veine jugulaire. La mise en place du cathéter se fera sous anesthésie locale. Durée pour la mise en place du système: environ 20 minutes par animal. Puis les formulations test seront administrées à chaque animal pendant 10 jours de manière continue (volume 16 mL/jour soit 0.67 mL/h). Des prélèvements de sang seront réalisés sur les animaux. Environ 3 mL de sang seront collectés juste avant le début de l'administration et à 1h, 2h, 4h, 8h, 24h, 32h, 48h, 56h, 72h, 80h, 96h, 104h, 1120h, 128h, 144h, 152h, 168h, 176h, 192h, 200h, 216h, 224h, 240h (fin de l'administration), 242h et 248h. Durée d'un prélèvement: inférieur à la minute.

Impact sur les animaux

Isolement des animaux pendant 10 jours. Légère douleur de courte durée pour la mise en place du cathéter . La mise en place du cathéter se fera sous anesthésie locale. De nombreux prélèvements sanguins seront réalisés. Ils pourront être fait à la veine jugulaire ou caudale. Une attention particulière sera portée aux sites de prélèvements. Il n'est pas attendu de nuisance particulière par rapport aux produits testés.

Devenir

Tous les animaux seront gardés en vie à la fin de cette procédure. 10 animaux seront inclus dans ce projet. Ils seront répartis en 2 groupes de 3 animaux pour les animaux administrés. Les 4 animaux restants sont des animaux de réserves si besoin . Retour de ces 4 animaux au stock dès le premier jour de la procédure si non utilisés.

Remplacement

Aucune méthode alternative ne permettant actuellement de reproduire la diffusion d’un produit dans le sang des animaux au niveau de l'organisme entier, il est indispensable de recourir à l’animal entier.

Réduction

10 animaux seront inclus dans ce projet. Ils seront répartis en 2 groupes de 3 animaux pour les animaux administrés. Les 4 animaux restant sont des animaux de réserves si besoin (dont 1 animal avec le cathéter mis en place, soit 1 animal réserve pour l'administration). C'est le nombre d'animaux minimal pour avoir des résultats interprétables.

Raffinement

Les animaux auront une période d'acclimatation d'environ trois semaines. Dès leur arrivée, les veaux seront logés en groupe, pendant la période d'acclimatation, les animaux seront manipulés plusieurs fois par semaine afin de minimiser le stress lors de la pose des cathéters et de la pompe. Un suivi au minimum quotidien sera mis en place. En cas de signes d'infection locale au niveau du cathéter, un traitement antiseptique local adapté sera appliqué. En cas d'échec de ce traitement local ou en cas de signe d'infection générale, l’essai sera arrêté pour l’animal concerné, le cathéter sera retiré et un traitement adapté sera appliqué. Un système de litière profonde, de la paille propre seront fournis. Une attention particulière sera portée au raffinement et à l’enrichissement du milieu autant que possible. Un suivi au minimum quotidien sera mis en place. Les animaux auront un contact visuel et auditif entre eux.

Choix des espèces

L'espèce choisi est l'espèce cible pour ce projet Animaux de 200 kg. Jeune bovin. Poids cible pour ce projet.

  • Recherche appliquée
    • Bien-être animal
Macaques à longue queue : 3
Babouins : 3
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 6
▲ -
Devenir
 -
 -
 6
 -

6 primates non-humains, 3 macaques à longue queue et 3 babouins, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, avec réutilisation possible après avis du vétérinaire. Chaque animal subit une anesthésie générale profonde de deux heures maximum, susceptible de provoquer un stress, pour tester un nouveau protocole d'anesthésie présenté comme un raffinement. Le porteur décrit un projet dont la finalité serait l'amélioration du bien-être des animaux non-humains eux-mêmes, par un réveil plus rapide après chirurgie. Il affirme qu'aucune alternative non animale ne permet de tester une procédure d'anesthésie et juge indispensable de l'adapter à chaque espèce utilisée au laboratoire.

Objectifs

Ce projet a un objectif d’amélioration du bien-être animal en raffinant la procédure d’anesthésie utilisée dans le cadre de la chirurgie expérimentale. Celui-ci intègre l’utilisation de molécules halogénées plus récentes, moins solubles dans le sang et les tissus. Effectivement ces molécules présentent une moindre toxicité et une élimination plus rapide avec pour conséquence un réveil plus rapide peu influencé par la durée de l’anesthésie. Tout ceci concourt à un meilleur réveil de l’animal à la suite d’une chirurgie et donc à une meilleure récupération post-opératoire.

Bénéfices attendus

La finalité de ce projet est l’amélioration des pratiques en expérimentation animale, par une amélioration du bien-être animal et du respect de la règle des 3R en particulier sur le raffinement des procédures d’anesthésie profonde. Effectivement il s’agit d'apporter du confort aux animaux notamment en permettant un réveil plus rapide et une meilleure récupération post-opératoire.

Procédures

Procédure unique sous anesthésie générale profonde-Durée maximale 2 heures

Impact sur les animaux

Anesthésie longue (2h maximum) pouvant engendrer un stress

Devenir

Cette procédure expérimentale est classée en classe modérée permettant une potentielle réutilisation des animaux après favorable du vétérinaire.

Remplacement

Il n’y a pas d’alternative non animale possible pour tester une nouvelle procédure d’anesthésie d’animaux. Effectivement, les aspects physiologiques et systémiques doivent être pris en compte au niveau de l’animal entier. Il nous semble indispensable de pouvoir adapter cette nouvelle procédure à toutes les espèces sur lesquelles nous travaillons de façon à appréhender leurs spécificités et leur bien-être. D’autre part, préalablement à la mise en place de cette nouvelle procédure sur modèle primate, une session de mise à jour des connaissances théoriques en anesthésie et de formation au nouveau matériel anesthésique puis une mise en place sur modèle porcin sera réalisée.

Réduction

Le nombre maximum estimé d’animaux nécessaire à cette mis en place est de 3 par espèce. En l’absence d’événement anesthésique secondaire au cours de la procédure, l’ensemble des animaux ne seront pas inclus.

Raffinement

Ce nouveau protocole d’anesthésie constitue un raffinement et une amélioration du bien-être des animaux puisqu’il permet un réveil plus rapide et améliore ainsi la récupération post-opératoire de l’animal quelque soit la procédure chirurgicale réalisée et sa durée. Une table chauffante est utilisée lors de l’anesthésie générale. La fréquence d'observation des animaux est doublée au réveil, passant de 3 à 6 fois par jours, et consiste en des examens cliniques de l’animal vigile, permettant une prise en charge individuelle et adaptée. Les animaux seront hébergés avant protocole expérimental en groupe en volière, de façon à préserver leur de mode vie en communauté. Au cours du protocole expérimental les individus traités seront hébergés de façon privilégiée en cage séparées, mais jointives permettant la vision et la communication entre congénères. Un enrichissement alimentaire (fruits et/ou légumes) est apporté quotidiennement, un enrichissement par jeux (différentes activités) est apporté en rotation dans les cages selon un programme hebdomadaire. Enfin, un aménagement (perchoirs, cordes…) des cages permet un enrichissement de l’espace.

Choix des espèces

Notre laboratoire travaille sur le grand animal dont les macaques et les babouins. Il nous semble donc indispensable de pouvoir adapter cette nouvelle procédure à toutes les espèces sur lesquelles nous travaillons de façon à appréhender leurs spécificités et améliorer leur bien-être. Macaque : Jeune adultes, à partir de 2 ans, 2.5-6Kg. Principaux sujets utilisés dans nos expérimentations Babouin : jeunes adultes (entre 18 mois et 3/4 ans), 5 à 10Kg. Principaux sujets utilisés dans nos expérimentations

  • Recherche appliquée
    • Troubles gastrointestinaux
Rats : 1380
Souffrances
▲ -
▲ 120
▲ 120
▲ 1140
Devenir
 -
 -
 -
 1380

1 380 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance allant de léger à sévère. Ils subissent une vingtaine de gavages, une intoxication du foie sensibilisée au phénobarbital et, pour une partie, une ligature et perforation du cæcum, pour reproduire une cirrhose décompensée avec état de choc et détresse cardio-respiratoire. Le porteur revendique de reproduire une gravité qu'il juge sévère et indique avoir écarté la buprénorphine, jugée délétère pour son modèle, ce qui revient à priver d'analgésie les rats du volet inflammatoire. Il affirme qu'aucun système in vitro ne remplace l'animal entier à ce stade préclinique et renvoie au conditionnel les traitements espérés contre la défaillance du foie.

Objectifs

La décompensation de la cirrhose est caractérisée par la jaunisse, l’œdème, l’ascite et des troubles du système nerveux central, elle conduit à la mort dans un délai de 5 ans. La transplantation hépatique doit être envisagée pour maintenir le patient en vie. Chez un malade chronique du foie, elle est appelée défaillance hépatique aigüe, elle provoque des défaillances d’autres organes (reins), qui sont souvent fatales. La décompensation aigue est provoquée par une inflammation induite par une infection microbienne ou prise abondante d’alcool. La recherche de moyens médicaux est nécessaire et nécessite des modèles animaux pour les développer. Notre projet vise donc à développer le modèle décrit proche de la situation vécue par les malades de cirrhose et à évaluer la capacité de nouveaux médicaments à améliorer leur état général. Pour satisfaire à la règle des 3 R, nous avons estimé le nombre d’animaux pour chaque procédure pour avoir une réponse statistiquement analysable. Les procédures seront appliquées par des personnes habilitées, dans un hébergement adapté et bénéficiant de l’enrichissement du milieu, respectant au maximum le bien-être des animaux. Afin de prévenir des souffrances non nécessaires et de ne pas altérer les résultats de l'étude, des points limites seront définis, au-delà desquels les animaux seront retirés de l'étude et mis à mort de façon éthique. Etant donné la complexité de l’évènement étudié qui produit le dysfonctionnement de plusieurs organes, il nous est impossible de totalement remplacer cette expérimentation par des expériences in vitro mais la sélection des composés est effectuée in vitro ce qui participe partiellement à l’emploi de méthodes alternatives. Ainsi le nombre total de souris prévu est de 1380 animaux sur 5 années.

Bénéfices attendus

Lors de défaillance hépatique aigue, il est nécessaire de prendre en charge les patients pour les multiples troubles qui affectent les autres organes le plus précocement possible. Aujourd’hui on utilise des traitements qui vont agir sur la pression sanguine, l’infection, les hémorragies du système digestif, ou le dysfonctionnement des reins à l’aide de corticoïdes. Le but est de préserver les fonctions vitales dans les meilleures conditions afin de conserver les chances de succès de la greffe du foie. Les traitements que nous espérons proposer visent à agir simultanément très tôy sur les mécanisme qui sont à l’origine des défaillances multiples des organes. (Infection, inflammation, immunité et métabolisme).

Procédures

Les animaux recevront 20 gavages par sonde oro gastrique (volume de 2ml/kg), chaque gavage prendra 15 secondes au cours d’une période de 12 semaines Les animaux subiront 1seul prélèvement sanguin intermédiaire à la fin de la période d’induction de la fibrose (en 10 semaines) et un second prélèvement sanguin à la fin de la procédure ( à la douzième semaine) , ils seront pratiqués sous anesthésie, la durée totale d’un acte (anesthésie et prise de sang) prend 5minutes . Les animaux recevront 1 injection intrapéritonéale au moment du déclenchement de l'ACLF (injection LPS ou Bactéries à la fin de la douzième semaine), elle sera pratiquée sur animaux vigiles contraints. La durée d’un acte est de 30 seconde. Les gestes suivants seront réalisés aux animaux qui subiront une chirurgie abdominale : • rasage de la fourrure (état vigile) durée 3 minutes • 1 injection péritonéale d'agents anesthésiques, (la durée d’un acte est de 30 secondes.) • laparotomie, ligature et percement du cécum, suture du plan musculaire et du plan cutané (sous anesthésie). La durée totale de l’acte chirurgical sur l’animal anesthésié est de 10 minutes.

Impact sur les animaux

La rupture des fonctions hépatiques représente un évènement grave chez un patient, sa survie est engagée. Le modèle d’étude développé chez l'animal présente dans sa phase finale des signes cliniques d’inconfort manifestes. On s’attend à observer des animaux en état de choc et de détresse cardio-respiratoire, avec des épisodes de troubles de la régulation de la température corporelle. Les effets cités sont observés de manière plus ou moins prononcée, ces signes constituent les critères d’atteinte des points limites. Certains animaux atteindront des stades qui nécessiteront un point d’arrêt anticipé. Pour évaluer les effets de nos composés, nous nous fixons comme objectif de reproduire une gravité qui sera jugée sévère mais qui permette de maintenir des animaux dans un état acceptable du point de vue éthique et conservant toute pertinence scientifique.

Devenir

Les animaux sont mis à mort en fin de procédure au moment du prélevement terminal pour recueil des organes en vue d'analyses histologiques et génomiques

Remplacement

La possibilité de disposer d’un modèle animal qui permet d’évaluer les effets des nouveaux composés sur tous les aspects d'une pathologie présent chez l’homme constitue une étape clé dans la lutte contre ces maladies et font de nos modèles des outils translationnels très pertinents. Bien qu'une première phase de sélection des meilleurs composés soit effectuée in vitro, contribuant ainsi à l’utilisation de méthodes alternatives visant à remplacer partiellement l’utilisation des animaux comme nous le rappelle la règle des 3R’s, l’évaluation finale du potentiel thérapeutique des produits dans des modèles animaux reste cependant nécessaire. Le recours à l'emploi d’un animal vivant permet d’évaluer la réelle efficacité des composés dans un système biologique complexe et «global », capable de métaboliser les pricipes actifs donc de déceler les effets secondaires, capable d'activer toutes les voies de signalisation qui participent à la caractérisation de ce modèle. Son remplacement à ce stade du projet scientifique (phase pré clinique) n'est pas envisageable dans une système biologique isolé ou cellulaire qui quelque soit sa nature ne pourra apporter tous les enseignements issus de l'expérimentation in vivo.

Réduction

La stratégie de réduction consiste à ne réaliser que les essais avec les composés les plus prometteurs ayant satisfait aux étapes de sélection préliminaires in vitro. La réduction du nombre d'animaux est motivée par la longueur/lourdeur des procédures expérimentales, cela nous a conduit lors d'essais pilotes ou préliminaires de cibler le juste nombre d'individus nécessaires à l'obtention de résultats pertinents. Les paramètres que nous étudions in vivo (bio marqueurs, induction/repression de gènes, effets histologiques etc) doivent être relevants. Nous écartons les paramètres dont la pertinence serait trop faible pour être statistiquement décelable qu'avec des effectifs trop importants. Ces études pilotes permettent sur la base des effets et résultats obtenus d'établir une approche statistique du choix des effectifs par un calcul de la puissance statistique.

Raffinement

L'utilisation du phénobarbital en temps qu'agent sensibilisateur à l'agent hépatotoxique à pour but d'homogénéiser, raccourcir le délai d'exposition et réduire les riques de mortalité, permettre de réduire le nombre d'animaux et la durée d'inconfort des animaux. L'établissement de points limites dans ce modèle expérimental nous permet d'écarter tout individu susceptible de subir un inconfort trop important ou de la douleur. Bien conscient que nous développons dans ce projet des modèles sévères , nous nous efforçons d'avoir recours à des moyens analgésiques adaptés et non confondants. La pathologie et les mécanismes qui la déclenchent sont en partie connus, l'emballement inflammatoire en est une composante, le recours à des moyens de lutte contre la douleur introduirait un biais expérimental. Nous avons fait l'étude des effets de buprénorphine dans un de ces modèle qui se sont avérés délétères. Dans un premier temps une étude bibliographique plus approfondie sur l'emploi de moyen analgésique d'autres classes médicamenteuses est menée. Pour le modèle chirurgical , nous employons en prémédication la lidocaine localement et la buprénorphine pour la prise en charge de la douleur causée par l'acte chirurgical, la médication permet d'améliorer le bien être de l'animal en phase post-op et de réduire la durée de la période de récupération.

Choix des espèces

Sur la base de la littérature scientifique, aucun modèle invertébré ne permet à ce jour dans le cadre de la cirrhose du foie de valider l’efficacité d’une nouvelle molécule dans le traitement de cette pathologie. Le génome du rat et celui de l'homme ont 90% de leurs gènes en commun et ces derniers sont présents dans le même ordre sur les chromosomes, ce qui fait des petits rongeurs un modèle de choix dans les études pharmacologiques. Le choix de l'espèce rat a été fait en se basant sur la littérature scientifique et sur nos connaissances des caractéristiques des molécules à tester. Très jeunes rats à l’arrivage (environs 21 jours, âge du sevrage), la taille optimale du rat pour commencer le traitement au phénobarbital a été déterminée à 100 g dans la littérature scientique.

  • Recherche appliquée
    • Troubles respiratoires
  • Recherche fondamentale
    • Système respiratoire
Souris : 40
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 40
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 40

40 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une instillation d'élastase dans la trachée par une incision au cou pour provoquer un emphysème, des injections répétées de tamoxifène pouvant causer une péritonite, puis leurs poumons sont prélevés 21 ou 90 jours plus tard. Le porteur affirme qu'aucune méthode sans animal ne permet d'isoler les cellules pulmonaires vieillissantes en cause et justifie ainsi le recours à la souris. Les retombées annoncées pour les patients atteints de BPCO, une éventuelle médecine réparatrice des alvéoles, restent renvoyées au conditionnel et au long terme, l'objectif immédiat étant de caractériser ces cellules.

Objectifs

La Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) peut entraîner des complications chez l'homme comme la perte progressive des alvéoles pulmonaires. Dans les poumons des patients atteints par cette maladie, les cellules vieillissantes exprimant le gène p16 sont augmentées et empêchent la réparation des alvéoles. Nos données préliminaires montrent que la délétion de p16 ou l’élimination des cellules vieillissantes corrige les lésions alvéolaires chez la souris. Notre hypothèse est que les cellules vieillissantes bloquent la régénération alvéolaire et expliquent le manque de réparation dans cette maladie. Ainsi, l’objectif du projet est d’étudier le devenir et les propriétés non régénératives des cellules épithéliales vieillissantes dans la perte d'alvéoles liée à la BPCO. La connaissance des propriétés non-régénératives des cellules épithéliales vieillissantes nous permettra de confirmer l’effet délétère de ces cellules sur la réparation des tissus. Si notre hypothèse est validée, nous pourrons ensuite envisager l’utilisation de sénolytiques, molécules permettant d’éliminer les cellules sénescentes, et ainsi restaurer les alvéoles pulmonaires dans l’emphysème pulmonaire chez l’homme. Pour cette étude, nous utiliserons des souris ayant des cellules vieillisantes exprimant le gène p16 fluorescentes, permettant de les isoler et les caractériser au niveau épithélial par différentes analyses.

Bénéfices attendus

Nous anticipons l'identification : i) de(s) mécanisme(s) de l'effet délétère des cellules épithéliales vieillissantes dans la perte alvéolaire, ii) une ou plusieurs sous-populations épithéliales aux capacités régénératives modulées par les cellules p16 vieillissantes. Ces cellules régénératrices seront considérées comme cruciales dans la régénération alvéolaire et leur signature génétique sera analysée. La caractérisation des cellules délétères et des cellules régénératives permettera l'identification de biomarqueurs (caracteristiques biologiques mesurables) d'un processus de régénération réussi ou non. Ce processus serait la dernière étape avant d'envisager le lancement d'un essai clinique pour tester un médicament régénératif identifié avec la plus grande chance de succès. Au total, nous espérons que ces avancées élargiront le champ de la médecine réparatrice aux patients atteints de ces maladies caractérisées jusqu'à présent par une perte terminale et irréversible des alvéoles conduisant à un handicap respiratoire majeur.

Procédures

Instillation intra-trachéale (dans la trachée) sous anesthésie générale, injection intra-péritonéale (dans le péritoine) sur animal vigile et prélevement des poumons sous anesthésie générale, sans réveil.

Impact sur les animaux

Pour activer l'expression de la protéine fluorescente dans notre modèle, il est nécessaire de faire une injection par jour pendant 3 jours de Tamoxifen en injection intra-péritonéale. Cette procédure cause une douleur de courte durée au moment de l'injection. Dans de rare cas, les injections peuvent causer des péritonites chez les animaux. Nous utiliserons sur ces mêmes souris le modèle d’emphysème induit par l’élastase qui consiste en une instillation intratrachéale unique d’élastase. L’élastase est instillée à l’aide d’une aiguille directement dans la trachée. Cela nécessite une petite incision au niveau de l’avant du cou que nous refermons avec du fil de suture. La plaie au site d’injection pourrait s’infecter. Les souris seront mises à mort à 21 et 90 jours après l’instillation.

Devenir

Les animaux seront mis à mort pour prélever et étudier leurs poumons.

Remplacement

La variabilité des caractéristiques des patients comme leur âge, leur consommation de tabac, ou encore l’implication d’autres maladies rend plus complexe l’interprétation des résultats en provenance de l’Homme. Le modèle de souris emphysèmateuse ayant des cellules p16Pos fluorescentes permettra d’étudier directement les cellules responsables de la non régénération qui sera uniquement lié à l’emphysème pulmonaire. Les modèles animaux nous permettent de mieux définir les organes et types cellulaires touchés et nous précisent donc les cibles moléculaires intéressantes pour des thérapeutiques éventuelles.

Réduction

Le nombre d’animaux prévu pour ce projet est limité à 40, correspondant au minimum pour obtenir des résultats pour une expérience pilote. Pour l’ensemble des manipulations animales un total de 40 souris seront utilisées. Les animaux seront répartis de cette manière : - Caractériser les cellules épithéliales vieillissantes dans les poumons des souris emphysémateuses : 4 souris instillées à l’élastase vs 4 souris instillées au PBS (contrôle) à 21 jours de l’instillation. 4 souris instillées à l’élastase vs 4 souris instillées au PBS (contrôle) à 90 jours de l’instillation. Malgrés le nombre de cellules limités que nous pouvons analyser (limite de cette technique), nous utiliserons 4 souris par condition pour lisser la différence inter-individu. - Tester les propriétés des cellules souches en formant des organoides alvéolaires avec des cellules p16Pos vs p16Neg : 6 souris instillées à l’élastase vs 6 souris instillées au PBS (contrôle) à 21 jours de l’instillation. 6 souris instillées à l’élastase vs 6 souris instillées au PBS (contrôle) à 90 jours de l’instillation. Nous avons besoin d’une quantité suffisante de cellules pour faire au moins 6 puis d’organoïdes (correspondant à 6 souris) par condition pour obtenir un résultat significatif. Le choix du nombre d'animaux pour ce projet a été déterminé par rapport aux précédentes expérimentations effectuées sur des souris utilisées dans le cadre d'un autre projet.

Raffinement

Les animaux seront particulièrement suivis par le personnel qualifié de l'animalerie, avec une attention particulière sur l’aspect des animaux traités. Il y aura un présence quotidienne des zootechniciens et une surveillance accrue de notre part durant les 24h suivant l’instillation d’élastase. Les souris sont hébergées en groupe de 4 par cage. Les souris seront hébergées dans des portoirs ventilés avec un environnement enrichi. Les souris auront à leur disposition de la boisson et de la nourriture, des huttes en carton, des balles de coton, des feuilles de papier pour jouer et des baguettes de bois à ronger. En cas de mal être, les points limites suivants constituront des critères d'arrêt et conduiront à la mises à mort des souris : blessure, infection, masque facial ou signes de douleur.

Choix des espèces

La souris est un animal très utilisé dans la recherche translationnelle et son développement pulmonaire et cérébral est proche de celui de l'homme. Les possibilités d’analyse avec des anticorps sont importantes chez la souris et la mise au point de modèles génétiquement modifiés est bien développée chez la souris. Le modèle d’emphysème induit par l’élastase permet par une unique injection d’obtenir un emphysème important chez la souris. De plus, ce modèle est très utilisé dans la littérature pour étudier l’emphysème plutôt que, par exemple, le modèle d’exposition à la fumée de cigarette qui implique une exposition longue et pénible pour des animaux : 2h par jour pendant 6 mois pour obtenir un emphysème léger. Les animaux seront utilisé à l’âge 2 mois, correspondant à la fin du développement total de l’appareil respiratoire chez la souris.

  • Recherche appliquée
    • Troubles gastrointestinaux
    • Troubles nerveux
  • Recherche fondamentale
    • Biologie du développement
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
    • Système musculosquelettique
    • Système nerveux
Rats : 650
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 110
▲ 540
Devenir
 -
 -
 -
 650

650 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance allant jusqu'à sévère. 110 femelles gestantes subissent une réduction de l'irrigation de l'utérus puis sont tuées au sevrage, et 540 ratons subissent soit cette privation avant la naissance, soit une immobilisation des pattes arrière 18 heures par jour de la naissance au sevrage. Le porteur indique une spasticité, des douleurs, un retard de croissance et des troubles moteurs et cognitifs induits par ces modèles. Le projet teste l'exercice, une protéine musculaire et la lactoferrine du lait bovin pour prévenir des troubles neurodéveloppementaux, les rats étant ensuite opérés sans réveil pour des enregistrements avant prélèvement des tissus.

Objectifs

Les troubles neurodéveloppementaux (TND) chez l’enfant liés à la prématurité ou à l’hypo-activité physique sont croissants. Le microbiote chez ces enfants est perturbé, tout comme la communication entre les sytèmes immunitaires, intestinaux et nerveux, conduisant à plus d’inflammation précoce et à l’apparition de TND divers. Ces troubles neurodéveloppementaux et intestinaux semblent exister dans nos modèles animaux. Nous cherchons ici à prévenir ou remédier précocément à l’apparition de ces TND par plusieurs traitements. Les objectifs de ce projet visent à déterminer l’impact de traitements comme 1) la lactoferrine issue du lait bovin, aux propriétés immunitaires bénéfiques, anti-inflammatoires et facilitatrices du métabolisme du fer, 2) l’exercice physique et l’enrichissement, et 3) l’irisine, une substance neuroprotectrice produite par les muscles et médiatrice des effets bénéfiques de l’exercice, sur i) le microbiote, la perméabilité hémato-intestinale/encéphalique, ii) les processus inflammatoires, et iii) la structure et les fonctions cérébrales, tels que réflexes et comportements sensorimoteurs, comportements cognififs et fonctions exécutives, et les corrélats électrophysiologiques de ces troubles, que l’on observe dans nos 2 modèles animaux: 1) de prématurité basé sur une hypoperfusion intra-utérine (Lot 1: 270 animaux) ou 2) de troubles de l’acquistion de la coordination, basé sur une restriction sensorimotrice (Lot 2: 270 animaux) au cours du développement.

Bénéfices attendus

Composant majeur du colostrum et du lait humain, la lactoferrine bovine (bLf) est une glycoprotéine aux propriétés anti-inflammatoires, antiseptiques et facilitatrices du métabolisme du fer. L’administration prénatale de cette glycoprotéine vise à contribuer au développement harmonieux du microbiote, diminuer l’inflammation par une réduction de la perméabilité des barrières hémato-intestinale/encéphalique, améliorer le développement cérébral en minimisant les lésions cérébrales diffuses, observées dans notre modèle de prématurité et réduire les troubles divers du comportement que l’on retrouve dans nos 2 modèles animaux. La bLf est actuellement utilisée dans des essais cliniques chez les enfants prématurés et a montré des effets bénéfiques sur les infections, la mortalité et les comorbidités chez ces enfants, ainsi que l’absence d’effets secondaires. Notre étude préclinique vise à améliorer les connaissances concernant les effets de la bLf sur le développement cérébral et les mécanismes d’action, avec une portée à terme sur le développement de prochains essais cliniques. La sédentarité et l’hypo-activité physique en général, comme l’indiquent de nombreuses ONG ou l’OMS, induisent de multiples troubles du développement du métabolisme et du cerveau. De même, les enfants prématurés ou atteints de troubles de la coordination qui présentent généralement une hypo-activité, de moindres interactions sociales et avec l’environnement développent de multiples troubles du neurodéveloppement (TND). Ce programme de recherche vise à étudier la remédiation précoce des TND observés dans nos 2 modèles animaux induits par un programme d’enrichissement de l’environnement pour favoriser et multiplier les interactions sociales et environnementales et des exercices physiques controlés qui contribuent au développement neuromusculaire harmonieux. L’irisine, une substance sécrétée par les muscles en exercice, favorise la neuroprotection et le développement cérébral harmonieux. Nous étudierons les effets bénéfiques potentiels de l’administration de l’irisine pour contrer l’apparition des TND dans nos 2 modèles animaux. L’irisine commence à être étudiée intensivement et nos données précliniques permettront d’étudier les effets de l’irisine chez des enfants atteints de TND qui présentent une hypo-activité physique et de faibles interactions sociales et avec l’environnement par le biais d’essais cliniques.

Procédures

Les femelles gestantes du lot 1 (hypoperfusion intra-utérine) seront soumises à une sténose des artères utérines au jour embryonnaire 17 (E17) sous anesthésie gazeuse à l’isoflurane, puis seront mises à mort au sevrage par anesthésie gazeuse suivie d’une dose léthale d’euthasol car non réutilisables pour d’autres gestations. Les ratons issus des femelles du lot 2 (restriction sensorimotrice) subiront une restriction de mouvements par immobilisation des pattes postérieures durant 18h par jour de la naissance au jour du sevrage (30 jours). Les femelles du lot 2 seront mises à mort après plusieurs gestations successives, de manière comparable à celles du lot 1. Les femelles gestantes et/ou allaitantes des lots 1 et 2 seront soumises à 2 diètes alimentaires (supplémentation en lactoferrine ou un régime isocalorique) durant la période prénatale ou postnatale, ou sur les 2 périodes selon le groupe expérimental. Chaque groupe expérimental de ratons des lots 1 et 2 subira après sevrage un des traitements suivants : Un enrichisssement et des exercices physiques consistant à élever une dizaine de rats du même sexe dans une grande cage où est disposée une roue d’activité, l’administration d’irisine ou de solution saline isotonique par injection intrapéritonéale, des tests comportementaux variés, tels que le test de la nage de l’âge de 14 à 28 jours, un test de locomotion acrobatique sur échelle inclinée ou automatique le lond d’un corridor (Catwalk), le test d’agrippement pour mesurer la force de préhension, le test de l’open-field dans une arène vide, le von Frey électronique pour mesurer le niveau de sensibilité tactile, le test nociceptif pour déterminer la latence de retrait lors de l’application de stimulus thermique, le test de l’elevated plus maze pour évaluer le niveau de désinhibition des animaux, le test de reconnaissance d’objets pour tester les capacités mnésiques. Chaque animal des lots 1 et 2 subira également un prélèvement sanguin à l’âge de 1 et 2 mois. Enfin à lâge de 3 mois, chaque animal subira de manière terminale une chirurgie cranienne et des muscles sous anesthésie gazeuse profonde pour effectuer ensuite des enregistrements électrophysiologiques, un dernier prélèvement sanguin, puis après mise à mort par injection léthale d’euthasol le prélèvement des tissus intestinaux, musculaires et du système nerveux. Les animaux subiront également le contrôle quotidien du poids et les manipulations correspondant aux différentes interventions citées.

Impact sur les animaux

La MIUH (hypoperfusion intra-utérine) à E17 et la restriction de mouvements lors de la SMR induisent une inflammation systémique au cours du développement, un neurodéveloppement atypique, la présence de lésions cérébrales, un retard de croissance, des troubles sensorimoteurs, locomoteurs avec une mobilité réduite, comportementaux et cognitifs, ainsi que des signes de spasticité. La spasticité correspond à des spasmes et co-contractions de muscles antagonistes, liée à une hyperréflexie ou hyperexcitabilité du réseau spinal, qui peut conduire à des douleurs. Les nuisances principales dans nos 2 modèles sont liées à la présence de spasticité (i.e. réduction de la mobilité) et un retard de croissance, que nous contrôlons régulièrement. Ce retard de croissance est compensé graduellement au cours du temps dans nos 2 modèles. La spasticité et les troubles locomoteurs, comportementaux et cognitifs perdurent chez les animaux adultes. Les traitements proposés (lactoferrine, exercices et enrichissement, administration d’irisine) dans ce projet de recherche visent à limiter l’inflammation, réduire les lésions cérébrales, améliorer le neurodéveloppement, la mobilité et la perte de poids, donc leur bien-être et limiter ainsi les nuisances induites, comme nous cherchons à effectuer chez l’enfant atteint de troubles du neurodéveloppement (TND). Nous cherchons également à évaluer l'impact de ces interventions (MIUH, SMR et supplémentations en lactoferrine) sur le microbiote intestinal, dont l'altération peut aussi conduire à des nuisances, telles qu'une dysbiose. D’autre part, les animaux subissent également de nombreuses interventions dans ce projet, comme des anesthésies, injections et prélèvements sanguins répétés ou réguliers en sous-cutané (sc) ou intrapéritonéal (ip), une supplémentation alimentaire en lactoferrine bovine ou en caséine (diète isocalorique), des tests comportementaux, le contrôle quotidien du poids, l’implantation des puces RFID, et les manipulations de l’animal correspondantes qui peuvent entraîner des nuisances et des effets indésirables, telles que du stress, une douleur légère de courte durée.

Devenir

Les femelles gestantes des lots 1 et 2 (n = 110) seront mises à mort après une ou plusieurs reproductions et les 540 ratons issus de ces femelles seront soumis à partir de l'âge de 3 mois à une chirurgie avec anesthésie profonde sans réveil pour effectuer des enregistrements électrophysiologiques, puis après mise à mort des prélèvements de tissus sanguins, nerveux, intestinaux et musculaires une fois la session d'enregistrements achevée pour chaque animal.

Remplacement

Le rat est un mammifère dont les mécanismes neurobiologiques mis en oeuvre après une une hypoxie-ischémie intra-utérine ou une restriction de mouvements au cours du développement sont proches de celui de l’humain. Ces mécanismes ne peuvent être étudiés sur des cultures cellulaires ou in silico, mais uniquement sur un modèle animal vivant, pas de remplacement possible en l’état.

Réduction

Réduire le nombre d’animaux. Autant que possible, ce sont les mêmes animaux qui sont engagés dans les différents tests sensorimoteurs et comportementaux, ainsi que dans les analyses électrophysiologiques et neuro-anatomiques des réseaux neuronaux correspondants. Le nombre d'animaux a été réduit au maximum (n = 15 animaux max. par groupe expérimental) tout en permettant l'obtention de résultats satisfaisants (différences statistiquement observables entre les animaux expérimentaux, traités et les animaux contrôles). Nous chercherons notamment à réduire le nombre de femelles gestantes nécessaires à produire les ratons hypotrophes du lot 1 (hypoperfusion intra-utérine ou MIUH) et si c'est possible se limiter à 10-12 animaux par groupe lorsque les bornes de significativité sont atteintes, en utilisant des tests paramétriques (ANOVAS à mesures répétées avec 1 ou 2 facteurs indépendants) et non-paramétriques (Tests de Wilcoxon, Kruskal-Wallis ou Mann-Whitney) selon la distribution des résultats.

Raffinement

Dans tous les cas, les procédures expérimentales seront réalisées en limitant au maximum (durée et intensité) toute douleur et/ou stress pour les animaux, et en étant particulièrement vigilant sur le bien être et les points limites. Des points limites sont établis afin de réduire toute source d'angoisse et de souffrance et d'assurer le bien être animal. Le suivi des points limites et l'observation régulière de l'état général des rats dès la naissance permettent d'arrêter à tout moment l'expérience pour éviter l'angoisse et la souffrance de l'animal (voir Annexe 2 pour les détails des observations et interventions adaptées). Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, 2 à 3 animaux sont regroupés par cage pour un enrichissement social et disposent de nourriture, d’eau ad libitum et d’objets pour compléter l’enrichissement dans les conditions standard. Nous nous efforçons à chaque instant d’affiner nos procédures afin de garantir le bien être des animaux grâce à une surveillance attentive et des soins adaptés, notamment une relaxation des animaux par manipulation avant, pendant et après tout prélèvement, intervention et test comportemental. Les analgésiques et anesthésiques utilisés sont adaptés aux expérimentations et conformes à la législation en vigueur.

Choix des espèces

Ce projet nécessite l’accès in vivo aux modifications d’activité neuronale dans l’encéphale et la moelle épinière dans des conditions qui ne peuvent être obtenues autrement que par un travail expérimental sur l’animal entier et vivant anesthésié. Nous utilisons des rats Sprague-Dawley jeunes et adultes, mâles et femelles car nous ne pouvons pas effectuer l'hypoperfusion intra-utérine (MIUH) chez la souris, un modèle bien trop petit et délicat, ni la restriction sensorimotrice au cours du développement chez la souris, car les souris femelles allaitantes éliminent leurs souriceaux à la suite de telles manipulations. Les rates sont bien plus conservatrices et protectrices avec leur progéniture que les souris qui tendent à éliminer plus facilement leur progéniture. D'autre part, les microchirurgies (ex: sténose par pose de micrcoils) et les enregistrements électrophysiologiques ne peuvent être conduits chez la souris, car modèle trop réduit en taille et trop fragile, comparativement au rat qui est définitivement le meilleur choix dans notre cas. Comme cette étude porte sur le neurodéveloppement structurel et fonctionnel après expérimentation prénatale (Lot 1 = MIUH: sténose jour embryonnaire 17) ou postnatale (lot 2 = SMR de la naissance au sevrage: 1 mois), nous effectuons des traitements pré- et postnataux (1 semaine avant la naissance au sevrage), des tests fonctionnels sensorimoteurs et comportementaux étalés de la naissance à l'âge adulte, des prélèvements sanguins à 1 et 2 mois, et enfin une analyse électrophysiologique finale à partir de 3 mois, suivie de prélèvements des tissus sanguin, nerveux et musculaires une fois l'animal mort.

  • Recherche appliquée
    • Cancers
Souris : 600
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 600
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 600

600 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On leur injecte dans le fémur des cellules de leucémie humaine, puis des cellules immunitaires et un facteur de croissance par injections répétées, avec des prélèvements de sang et des imageries. Le porteur indique une tumeur dans les os provoquant une douleur modérée, une perte progressive de mobilité et une perte de poids. L'étude, menée sur des souris privées de système immunitaire, cherche comment les cellules "tueuses" du système immunitaire luttent contre la leucémie, les animaux étant tués pour prélever leurs organes.

Objectifs

La leucémie est un cancer du sang. Il a été montré qu’une population particulière de cellules du système immunitaire (système de défense de l’organisme), les cellules tueuses (=cellules Natural Killer) pourraient jouer un rôle important dans la lutte contre le développement des leucémies. L’objectif de notre projet d’utiliser un modèle animal permettant d’identifier les altérations affectant ces cellules tueuses, permettant potentiellement d’identifier de nouvelles voies thérapeutiques.

Bénéfices attendus

Par ce projet, nous espérons élucider les mécanismes par lesquels les cellules Natural Killer (NK) agissent afin d’éliminer les cellules leucémiques. Avec l’amélioration des techniques diagnostiques, et de façon parallèle l’augmentation de l’espérance de vie, le nombre des individus souffrants de leucémies va croître. Comprendre les mécanismes contrôlant la progression du cancer nous permettrait d’identifier des cibles thérapeutiques permettant de contrôler efficacement le développement du cancer de façon précoce en augmentant l'activité du système immunitaire.

Procédures

Dans le cadre de ce projet, nous mettrons en place un modèle de leucémie chez la souris. A cet effet, nous injecterons des cellules humaines issues de lignées cellulaires leucémiques, par injection dans le fémur de la souris (durée de l’injection de 1 min, sous anesthésie et analgésie). Nous injecterons par la suite des cellules NK humaines (injection dans la veine de la queue, sur souris éveillée; durée de l'injection: 30 secondes), qui possèdent un rôle anti-tumoral et lutterons donc contre le développement de la leucémie. Le maintien de ces cellules chez la souris nécessite des injections sous la peau (sur souris éveillée, durée de l'injection 30 secondes), d’IL15 (facteur de croissance des cellules NK) de façon bi-hebdomadaire (au total 8 injections, sur notre période expérimentale de 4 semaines). Des prélèvements de sang seront réalisés au niveau de la veine de la joue (sur souris éveillée, durée: 15 secondes) afin de suivre la quantité de cellules NK de façon hebdomadaire (soit un total de 4 prélèvements). Le suivi du développement de la tumeur sera effectué une fois par semaine par imagerie (sous anesthésie, d'une courte durée (

Impact sur les animaux

L'injection de cellules leucémiques dans le fémur des souris entrainera le développement d'une tumeur localisée dans les os des souris, pouvant conduire à une douleur modérée associée à une perte progressive de la mobilité et une perte de poids. Les injections par voies sous cutanées, intra péritonéales et intra veineuse peuvent provoquer une douleur modérée chez l’animal en raison de leur répétition (stress liée à la contention quotidienne pendant 5 jours consécutifs).

Devenir

Toutes les souris seront euthanasiées en fin de procédure expérimentale,qui durera au total 4 semaines, pour en prélever les organes à des fins d’analyse scientifique.

Remplacement

L’utilisation du modèle murin dans ce projet est indispensable pour étudier le développement des tumeurs et le rôle des cellules immunitaires, tels qu’ils se déroulent dans un organisme vivant. En effet, cela fait intervenir de nombreuses interactions (cellules/cellules) qui peuvent à ce jour difficilement être reproduites en dehors d’un organisme vivant entier.

Réduction

Nous avons réalisé des analyses statistiques nous permettant de déterminer le nombre d’animaux nécessaire et suffisant pour obtenir des résultats interprétables scientifiquement. Un suivi longitudinal des différentes cohortes sera réalisé par imagerie, permettant ainsi d’optimiser le nombre d’animaux nécessaire pour chaque expérience.

Raffinement

Les souris sont hébergées en groupe dans un environnement enrichi (présence de tunnel en carton, papier kraft pour faire des nids et buchettes en bois à ronger). Un suivi visuel quotidien (par les animaliers et/ou les expérimentateurs) des animaux sera réalisé afin de détecter des signes de mal-être. Ceci sera complété par un suivi clinique hebdomadaire s’appuyant sur une fiche d’évaluation regroupant l’évaluation de différents paramètres (poids, comportement, apparence physique). En fonction du score, différentes actions seront mises en place allant d’une surveillance accrue (bi-quotidienne) à l’ajout de nourriture dans la cage ou à l’euthanasie anticipée de la souris.

Choix des espèces

La souris est le modèle de choix pour l'étude du développement des cellules du sang en raison aux fortes similitudes entre la souris et l’Homme. Nous utiliserons un modèle de souris dépourvu de système immunitaire afin de faciliter la prise de greffe et le développement d’une maladie tumorale, la leucémie aiguë. Ces souris seront adultes, âgées de 8 à 12 semaines de vie au moment du début de nos expériences, car il a été montré la bonne prise de greffe de la leucémie à cet âge. Les animaux des deux sexes seront utilisés pour nos expériences, étant donné l’absence de différence attendue liée au sexe de l’animal sur le maintien et la fonction tueuse des cellules NK.

  • Recherche appliquée
    • Troubles endocriniens
Rats : 240
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ -
▲ 240
Devenir
 -
 -
 -
 240

240 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. On les rend diabétiques par une injection de streptozotocine, puis on leur implante par chirurgie abdominale des îlots pancréatiques encapsulés dans un polymère développé par un laboratoire partenaire. Le porteur indique que l'hébergement individuel constitue une nuisance pour ces animaux sociaux, s'ajoutant à l'état diabétique et aux douleurs post-opératoires. L'étude teste la formulation d'un laboratoire pharmaceutique client, les rats étant tués pour prélever pancréas, tissu adipeux et reins.

Objectifs

Le laboratoire pharmaceutique partenaire développe des formulations pour des composés déjà utilisés en clinique humaine dans le domaine des troubles métaboliques (obésité, diabète...) et qui permettent d'en améliorer leur biodisponibilité et leur efficacité (meilleures propriétés pharmacocinétiques) tout en améliorant la qualité de vie des patients (par amélioration de la posologie). Parmi ses axes de recherche, le laboratoire a développé des formulations sous forme de polymères permettant d'encapsuler des ilots de Langherans exogènes. Des données préliminaires, réalisées in vitro, indiquent que les polymères développés sont capables : 1) d'autoriser la détection des taux de glucose par les cellules beta des ilots de Langerhans 2) d'autoriser la sécrétion de l'insuline par ces mêmes cellules et son relargage en dehors du polymère 3) d'améliorer la survie des cellules béta transplantées, notamment par une réduction de l'action du système immunitaire de l'hôte. Le présent projet vise à tester l'impact de leurs polymères sur l'efficacité d'une thérapie cellulaire à base d'ilots de Langerhans de rat chez un modèle de rat rendu diabétique de type 1 par une administration unique de streptozotocine.

Bénéfices attendus

De nos jours, les options thérapeutiques dont nous disposons face au diabète sont relativement nombreuse. Néanmoins, une des difficultés rencontrées aujourd'hui provient du fait que les composés anti-diabétiques ne permettent pas une régulation optimale et continue de la glycémie. L'une des approches actuelles pour contourner ce problème consiste à développer des technologies se rapprochant d'un "pancréas artificiel". Les approches les plus évoluées dans ce domaine consistent en des implants d'ilots de Langerhans exogènes. Une telle approche permettrait à l'implant d'être directement sensible aux variations de glycémie de l'organisme et d'y répondre en adaptant sa sécrétion d'insuline notamment. Ces approches restent cependant pour l'heure grandement théoriques, notamment du fait de la difficulté de contourner les rejets d'implants et de la mort cellulaire au sein de ce dernier. Notre client est très actif dans ce domaine de développement et propose une approche innovante consistant à empaqueter les implants dans une formulation à base de polymères stables afin de contourner les difficultés mentionnées ci-dessus. Notre étude préclinique fait suite à une série d'études préliminaires réalisées in vitro et vise à démontrer l'efficacité de ce procédé. Si les résultats s'avèrent positifs, la solution de notre client serait testée en conditions cliniques. A terme, une telle approche pourrait fournir une option de thérapie cellulaire proche d'un "Pancréas artificiel" dans la lutte contre le diabète et améliorer considérablement la prise en charge à long terme des patients diabétiques de type 1.

Procédures

Les animaux seront soumis aux interventions suivantes: 1) Administration de Streptozotocine pour induction du diabète (administration unique). / 2) Mesures régulières de prise alimentaire et poids corporel (2/3 fois par semaine sur la durée de l'étude, sauf après administration de STZ où la mesure sera quotidienne pendant 5 jours). / 3) Chirurgie d'implantation des ilots de Langerhans enrobés (durée 20-30 minutes). / 4) Mesures de glycémie (6 mesures à l'éat nourri et 5 mesures après 5h de mises à jeun. / 5) Un test de tolérance au glucose intrapéritonéal. /5) Une mesure de composition corporelle par RMN (durée de la mesure: 2 minutes environ).

Impact sur les animaux

L'hébergement individuel, nécessaire pour des raisons scientifiques (les mesures de prise alimentaire individuelles sont des données clés de l'étude) et pratiques (les rats diabétiques ont une production d'urine extrêmement importante obligeant un change des cages tous les deux jours pour un seul animal), constitue une nuisance pour les rats qui sont des animaux sociaux. L'administration de Streptozotocine induit une destruction partielle du Pancréas et un état diabétique qui constitue une nuisance chez les animaux. La procédure implique une chirurgie abdominale pour administrer les implants qui peut engendrer des douleurs post-opératoires les heures suivants le réveil des animaux. Les prélèvements sanguins, seuls ou au cours de l'IPGTT, bien que pratiqués en bout de queue et avec des volumes très limités peuvent engendrer des nuisances. Enfin, la mesure de composition corporelle, peut engendrer un stress chez les animaux.

Devenir

Tous les animaux seront euthanasiés à l'issue de la procédure. En effet, l'étude implique des analyses génomiques et histologiques sur le pancréas, le tissu adipeux et les reins qui doivent ainsi être collectés à l'issue de la procédure.

Remplacement

L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie ici car il n’existe aucune méthode de substitution n’utilisant pas l’animal de laboratoire et permettant l’étude de l’impact d’une thérapie cellulaire basée sur l'implantation d'ilots de Langerhans sur la régulation glycémique. Notamment, la capacité de sécrétion d'insuline par l'implant et son efficacité d'action dans un organisme entier ainsi que l'impact du système immunitaire de l'hôte sur la survie des cellules beta sont des paramètres nécessaires à considérer dans le système d'étude.

Réduction

Le nombre d’animaux utilisés a été rationalisé à partir de l'expérience acquise par notre laboratoire sur le modèle de rat diabétique de type 1 et sur l'analyse des paramètres d'intérêt de la présente étude. Ainsi, le nombre d'animaux par groupe a été adapté en fonction : 1) du fait qu'environ 25-30% des animaux sont résistants à l'induction du diabète par la STZ. 2) qu'environ 5-10% des animaux sont susceptibles de sur-réagir à l'administration de STZ dans les 4 jours suivants son administration et être exclu de l'étude suite au dépassement des points limites établis. 2) des paramètres d'intérêt majeur de notre étude. Le n a ainsi été adapté de façon à être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés dans notre modèle d'étude.

Raffinement

Les animaux seront utilisés 7 jours après leur arrivée dans l'animalerie pour leur laisser le temps de s'acclimater. Ils seront hébergés dans des cages enrichies de briquettes de bois et de tube en cartons spécifiques pour rongeur. Après administration du STZ, les rats devenant diabétiques et présentant une polyurie très importante, les fond de cages et les litières seront changés tous les deux jours. Une attention particulière sera portée à l'état de remplissage des biberons du fait de l'état polydipsique des animaux diabétiques (vérification matin et soir). Après administration de STZ, et après la chirurgie d'implantation, les animaux seront observés de façon renforcée (4 visites / jour au minimum) afin de détecter tout inconfort ou toute atteinte d'un des points limite établis. Concernant la chirurgie d'implantation, celle-ci sera réalisée sur tapis chauffant afin de maintenir la température corporelle des animaux et une couverture péri-opératoire par de la Buprénorphine sera mise en place (une dose avant chirurgie, une dose en fin de chirurgie et une troisième dose le soir de la chirurgie). Le nombre de prélèvements sanguins nécessaires au cours de l'étude étant nombreux, nous avons limité au minimum les volumes de prélèvements à chaque point (entre 10 et 30 µl de sang). Nous limiterons à 5h la durée de mise à jeun préalable avant les mesures de glycémie dites "à jeun" afin d'induire un minimum de perturbation aux animaux. Par ailleurs, la moitié des dosages de glycémie se feront à l'état nourri. Enfin, pendant l'intégralité de l'étude, une fiche de score de souffrance sera établie de façon quotidienne afin d'être en mesure de réagir le plus rapidement possible à toute altération de l'état de santé des animaux.

Choix des espèces

Le modèle de diabète de type 1 chez le rat par administration de streptozotocine est extrêmement bien documenté dans la littérature et utilisé de façon courante dans les études précliniques visant au développement de thérapie anti-diabétiques. Par ailleurs, les ilots de Langerhans utilisés dans les implants développés par notre client sont des ilots prélevés chez le rat, justifiant de maintenir ce modèle dans notre étude. Les animaux seront livrés à un âge de 6 semaines, et recevront l'implant à l'âge de 9 semaine, soit au stade jeune adulte. Cet âge a été choisi afin de mimer au mieux la population humaine à laquelle le produit en développement sera destiné.