Biologie du développement
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Développement et la maturation des circuits d’apprentissage d’une tâche complexe chez la souris
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
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1 794 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 210 d'entre elles, modéré pour 1 440 et sévère pour 144. Elles sont isolées jusqu'à un mois, subissent des craniotomies sous anesthésie et des enregistrements cérébraux par fibre optique reliée à un câble, pour étudier les circuits du comportement de nidification. Le porteur décrit l'isolement comme la nuisance principale et signale une lignée au phénotype dommageable avec retard de croissance à la naissance. Il affirme que ce comportement ne s'étudie que chez l'animal "entier" et renvoie l'apport pour les maladies psychiatriques à une meilleure compréhension.
Objectifs
Chez l'Homme ou la Souris, les petits naissent très immatures et en complète dépendance de leurs parents. Au cours des premières semaines de développement post natal chez la souris, les circuits neuronaux vont maturer et entrainer l'émergence de comportements complexes. L'objectif principal de ce projet est de comprendre le lien entre la maturation de certains circuits et l'émergence de comportements complexes. Pour cela, nous utilisons un modèle d'étude comportementale, la nidification. La nidification est un comportement inné chez la souris, effectué par les mâles et les femelles, même en milieu de laboratoire. Nous savons que le temps investi par l'animal dans le comportement de nidification dépend de noyaux neuromodulateurs situes dans le cerveau moyen : le noyau Edinger Westphal, l'aire Tegmentale Ventrale et le raphé dorsal. De manière intéressante, l'expression du comportement de nidification est très différente d'une souris à l'autre: certaines souris construisent des nids caverneux très protecteurs, alors que d'autre souris construisent des nids très simples, plats. Ces différences interindividuelles montrent que le comportement évolue probablement au cours de la vie post-natale de l'animal. Notre hypothèse de travail est donc que la maturation des systèmes neuromodulateurs pourrait expliquer l'émergence du comportement de nidification et de son inter individualité au cours du développement post-natal. Les objectifs sont donc de 1) Déterminer comment le comportement de nidifaction émerge au cours de la vie de l'animal après son sevrage 2) est- ce que le développement des axones issus de neurones neuromodulateurs dans le cerveau corrèle avec cet apprentissage 3) est-ce que des différences de d'activite des neurones modulateurs pourraient expliquer les variations individuelles?
Bénéfices attendus
Le comportement de nidification est un caractère propre aux souris et il constitue un facteur déterminant sur l'anxiété et la dépression. Il représente donc la motivation de l'animal à investir du temps dans ce comportement. Nous cherchons à comprendre comment le développement post-natal et de l’expérience individuelle façonnent les circuits. Ceci permettrait de mieux approcher les pathologies psychiatriques en comprenant l’impact des molécules pouvant moduler l'activiter générale des neurones dans la calibration des susceptibilités individuelles.
Procédures
Etape 1 : Ce projet nécessite l’élevage d’une lignée qui présente un retard de croissance à la naissance, rattrapé à l’adolescence. Les souris ont un suivi renforcé des élevages sur 30 jours. Etape 2 : Nous allons procéder à la cartographie des projections neuronales de 3 système modulateurs chez des souris saines, ainsi que des souris déficientes en sérotonine. Ces animaux seront soumis à un isolement d’une semaine pour évaluation de la qualité de construction de leur nid, puis seront soumis à une craniotomie de petite taille (inférieure à 1mm) sous anesthésie générale d’une durée de 1h. Les souris sont ensuite de nouveau isolées pendant 2 semaines. Etape 3 ; Nous enregistrons aussi l’activité des neurones de la nidification par photométrie calcique fibrée. La procédure chirurgicale implique une craniotomie de petite taille (inferieure à 1 mm) et pose d’une canule intra-cérébrale. La durée de l'intervention chirurgicale est d‘environ 1h par souris, sous anesthésie. Les souris sont gardées en vie 2 à 4 semaines après leur opération et des traitements analgésiques pré, per et postopératoires sont fournis. Finalement, nous manipulons l’activité des neurones par optogénétique sans fil. La procédure chirurgicale implique une une craniotomie de petite taille (inférieure à 1mm) et pose de canule intracérébrale, procédure durant environs 1h. Les animaux sont aussi maintenus en hébergement isolé pendant l'expérience (1 mois maximum).
Impact sur les animaux
La nuisance principale de ce projet porte sur l'isolement nécessaire des animaux afin d'étudier la dynamique individuelle du comportement. Cet isolement est limite à 1 mois maximum au cours du projet. Les chirurgies d’injections intracérébrales et de cannulation cérébrales sont associées à des risques anesthésiques, hémorragie, hypothermie, ainsi que de la douleur. Nous utilisons une lignée déficiente en sérotonine, qui possède un phénotype dommageable à l’état homozygote, consistant en un retard de croissance à la naissance qui est rattrapé ensuite par l’animal. Les enregistrements de neurones par cannulation d’une fibre optique, et le suivi vidéo de la nidification nécessitent l’isolement de l’animal, ainsi que la présence d’un câble attaché à la tête de l’animal, ce qui limite ses mouvements, causant ainsi du stress: ces enregistrements sont limités à 1-4h par animal.
Devenir
Une étape de production d’animaux à phénotype dommageable est nécessaire puis à l’issue de leur inclusion dans les actes expérimentaux, l’ensemble des animaux sera euthanasié pour étude histologique de leur cerveau. Il n’y a pas de réutilisation dans d’autre projets.
Remplacement
L'utilisation d'animaux ne peut etre remplacee pour ce projet, car nous etudions l'integration du comportement par le cerveau chez l'animal entier. Cependant, si le projet permet de valider le role des neurones etudies ici dans le comportement, cela aidera a faire les prochains projets in vitro pour comprendre les mecanismes de plasticite developpementale des neurones etudies ici.
Réduction
Nous avons reduit dans ce projet le nombre d'animaux au minimum afin d'obtenir des données statistiques fiables d'après notre expérience passée sur le modèle de nidification, ce qui correspond à des lots de 36 souris sur l’ensemble du projet, nombre déterminé par calcul statistique de puissance dérivé d’un projet antérieur. Le nombre total de souris sur les 5 ans de ce projet est de 1794.
Raffinement
Nous utilisons en continu les données obtenue afin d'ameliorer l'impact du test de nidification sur le stress de l'animal. Ces améliorations sont basées sur l'utilisation d'algorithme de segmentation vidéo permettant la détection automatique du comportement dans la cage de la souris. Cette détection automatique permet de limiter le temps passe en isolement, mais aussi grâce aux données obtenues en début de projet nous permettra de ne plus avoir a isoler les animaux par la suite. Les conditions environnementales seront contrôlées tout au long de la vie de la souris. Les souris seront hébergées en groupe afin de minimiser leur stress avant leur entrée en procédure. Les souris auront un suivi quotidien lors des protocoles. Le personnel animalier s’occupera du change des cages de façon bimensuelle, voire hebdomadaire selon les besoins observés. Pour les chirurgies, on administre un analgesique et un anti-inflammatoire avant la procédure. Les chirurgies sont faites sous anesthésie générale. Les traitements post-chirurgies contiennent à nouveau anti-inflammatoires et analgésiques. Des maisonnettes en carton, du matériel de nidification, de la nourriture molle et de l’hydrogel sont fournis pour aider au bien-être des animaux en procédures. Pour chaque procédure du projet, des points limites ont été clairement définis, basés sur les indications de bien-être de l'animal et pour éviter sa détérioration. Ces points limites sont prévus pour retirer les souris des procédures à chaque fois que des signes prolongés d'incomfort, d'anxieté ou de stress sont détectés.
Choix des espèces
L’exécution motrice et motivationnelle du comportement de nidification est aussi une spécificité de l’organisation des circuits d’apprentissages moteurs des mammifères. La souris permet plus précisemment de tester le lien entre des troubles de l'humeur (stress, angoisse, motivation, comportement obsessionnels) et l'organisation des circuits cérébraux à la résolution de neurones uniques du fait des outils d'imagerie et de génétique disponibles sur ce modèle. La souris bénéficie aussi de l'existence d'Atlas numériques du cerveau à très haute résolution (plus de 1200 régions annotées en 3D), qui permettent ce type d'étude des variations structurales du cerveau à grande échelle chez de nombreux individus avec une très haute précision. Les animaux seront etudies aux stades adolescents (P21) jusqu'aux jeunes adultes (3 mois maximum). Ceci correspond à la période développementale ou l'animal devient indépendant et commence à organiser son propre nid. Nous ferons cette étude chez des mâles, car nos données publiées ont pu montrer que les souris femelles avaient moins de variations inter-individuelles sur ce comportement.
Étude du développement embryonnaire issu d’iPs en utilisant un nouveau protocole de développement in vitro
- Recherche fondamentale
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- Biologie du développement
- Oncologie
80 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles reçoivent par voie vaginale une injection de pré-embryons issus de cellules souches induites, puis sont mises à mort pour prélever les embryons, afin d'évaluer la capacité de ces cellules à contribuer au développement embryonnaire. Le porteur indique un inconfort passager lié à l'introduction des sondes et un stress de contention. Il affirme qu'un modèle in vivo est "indispensable" car le développement embryonnaire ne peut pas être entièrement reproduit in vitro.
Objectifs
Tous les organismes vivants proviennent à l’origine d’une seule cellule, dite « cellule souche pluripotente », car celle-ci a la capacité de générer tous les tissus composant un individu. Néanmoins, ces cellules souches pluripotentes disparaissent extrêmement rapidement au cours du développement de l’embryon. Elles sont remplacées par des cellules souches aux capacités beaucoup plus limitées qui ne peuvent produire qu’un nombre limité de types cellulaires. Actuellement, des méthodes de production de cellules souches pluripotentes in vitro existent, mais les cellules ainsi obtenues soit ne permettent pas de générer la totalité des tissus composant un organisme, soit nécessitent des traitements longs et difficiles à mettre en œuvre. Un des défis de la science est de réussir à créer facilement des cellules souches pluripotentes in vitro permettant de reproduire la totalité d’un embryon. Or, à l'aide de nouveaux traitements innovant, notre laboratoire a réussi à produire in vitro de grandes quantités de ces cellules souches. Cependant, une première étude a démontré la nécessité d'améliorer la technique de production car une fois nos cellules souches pluripotentes induites » (iPS) implantées chez des souris porteuses, nous n'avons pas pu obtenir d'embryons plus âgés que 7,5 jours. Or, de nouvelles techniques de préparation des iPs précédant l'implantation devraient permettre d'outrepasser cette limite. Le but de ce projet est d’évaluer la capacité de nos lignées d'iPs à contribuer au développement embryonnaire, confirmant ainsi leur statut de cellules souches pluripotentes, en associant nos techniques de production d'iPs avec ces nouvelles techniques de préparations.
Bénéfices attendus
La maîtrise de la production in vitro d’iPS vraiment pluripotentes, donc totipotentes (c’est-à-dire capable de donner tous les types cellulaires possibles), permettrait d'éviter d'avoir recours à des cellules-souches embryonnaires. On pourrait ainsi éviter des problèmes éthiques, mais également pratiques en simplifiant la production d'une grande quantité de cellules-souches totipotentes tout en se passant d'embryon. Les recherches utilisant des cellules-souches totipotentes sont particulièrement importantes pour la médecine régénérative, car elles pourraient permettre, à terme, de générer des tissus in vitro pour des transplantations ou réparer des dommages corporels après accident ou maladie, mais également de modéliser la progression de maladies, faire de tests toxicologiques et développer la médecine personnalisée (en testant des traitements sur des tissus provenant des iPS du malade).
Procédures
Injection d'une suspension de pré-embryons par voie basse (passage par voie vaginale) a l'aide d'une pipette adaptée. L'injection, qui ne dure que quelques secondes, se fera une seule fois, sur des animaux vigiles, et concernera la totalité des souris.
Impact sur les animaux
Les souris impliquées dans cette étude subiront 2 nuisances mineurs lors de la procédure 1: d'une part un inconfort passagé liée a l'introduction des sondes NSET pour l'implantation des pré-embryons, d'autre part un stress dû à la contention manuelle pour utiliser ces mêmes sondes NSET.
Devenir
Le prélèvement des embryons nécessitera l'euthanasie des souris.
Remplacement
Un modèle in vivo est indispensable car il n’est pas possible de récapituler la totalité du développement embryonnaire in vitro, ce qui est critique dans notre projet.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet a été calculé en se basant sur les pourcentages de réussite d'implantations de pré-embryons connus et publiés.
Raffinement
Nous avons choisi une technique d’implantation ne nécessitant ni chirurgie ni anesthésie, préservant ainsi au mieux le bien-être des souris. 1) les animaux seront observés quotidiennement et leur état de santé évalué à l’aide d’une grille de score standard utilisée par notre équipe et les zootechniciens de l’animalerie. 2) Des points limites ont été définis afin d’anticiper toute souffrance à l’animal. En effet, les souris, comme tout être vivant peuvent développer des pathologies ou se blesser indépendamment des procédures menées. 3) Par soucis de respect de la hiérarchie de l’espèce, les groupes expérimentaux seront formés au moment du sevrage, et conservés intacts jusqu'à ce que les animaux soient utilisés pour la reproduction. 4) Les cages sont enrichies à l’aide de matériaux permettant l’expression des besoins comportementaux et physiologiques de l’espèce (morceau de bois, nestlets, lab nest, maison en carton,...).
Choix des espèces
Les modèles murins, et notamment la souche CD-1, sont parmi les modèles les plus répandus pour étudier le développement embryonnaire et pour pratiquer des implantations de pré-embryons. De plus, les iPs ont été obtenus originellement à partir de cellules murines transgéniques. Enfin, les souris présentent les avantages d'être des mammifères avec un cycle de vie, et notamment une période de gestation très courte, facilitant ainsi le déroulement de l'expérience. Les souris femelles CD-1 devront avoir atteint leur maturité sexuelle et peser au moins 26g avant d'être implantées. Nous estimons donc que 8 semaines est un âge adéquat.
Mécanismes neuropathogéniques des infections congénitales par le cytomégalovirus
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
360 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, 320 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger et 40 modéré. Des femelles gestantes subissent une laparotomie pour injecter le cytomégalovirus dans le cerveau de leurs embryons, puis les ratons sont soumis au test du réflexe de retournement et au test d'éloignement du vide et suivis pour des crises d'épilepsie. Le porteur indique que 60 à 80 % des ratons infectés présentent une hyperextension des membres et que 25 à 40 % font des crises généralisées, les petits étant tués au plus tard au dix-septième jour. Il affirme que ces mécanismes ne peuvent être modélisés ni in vitro, y compris sur cérébroïdes, ni in silico.
Objectifs
L'objectif principal de ce projet est d'explorer si une voie moléculaire connue pour être impliquée dans des processus inflammatoires, influence dans le cerveau en cours de développement, l'apparition et la sévérité de différents types de problèmes post-nataux, notamment neurologiques, constatés préalablement, ou anticipés, après infection du cerveau en développement par le cytomégalovirus (CMV). Outre une meilleure connaissance des évènements influençant les troubles neurologiques causés par ces infections congénitales dans l'espèce humaine, notre étude ouvrirait la voie vers de potentielles applications, cette voie moléculaire pouvant être modulée par de nombreuses molécules déjà existantes ou par d'autres stratégies thérapeutiques adaptées au ciblage de cette voie dans certains types de cellules cérébrales.
Bénéfices attendus
Les infections congénitales par le cytomégalovirus sont fréquentes (0.7 à 1% des naissances) et représentent une cause majeure de pathologie neuro-développementale, avec des conséquences médicales sévères et un impact socio-économique important. Cependant, les mécanismes restent mal compris et peu abordés. Les difficultés à générer un vaccin efficace et l'absence de traitement satisfaisant rendent nécessaires l'identification et l'exploration de nouvelles pistes mécanistiques. De ce point de vue, notre projet, en proposant l'implication de mécanismes inflammatoires dans la neuropathogénèse de ces infections, doit apporter des informations importantes pour la compréhension de la pathologie, tout en ouvrant la possibilité de cibler une voie moléculaire bien connue et pour laquelle de nombreuses molécules et stratégies d'intervention existent, sont améliorables et adaptables, ou peuvent être envisagées. Ainsi, la disponibilité d'un modèle récapitulant certains aspects-clés de la pathologie humaine et sa complexité, permettra à terme, à travers la compréhension de certains mécanismes-clés, d'obtenir des preuves de faisabilité pour la mise au point de telles stratégies d'intervention.
Procédures
Des femelles gestantes au 15ème jour de gestation subissent une chirurgie sous anesthésie générale, afin d’accéder aux embryons. Dépendant du nombre d’embryons à injecter, la durée de la chirurgie varie entre 30 et 45 minutes. Ceci nous permet de réaliser des injections intracérébroventriculaires de CMV directement dans le cerveau des embryons. Une seule injection par embryons est réalisée. A la fin de la procédure d’injection, les cornes utérines sont replacées dans la cavité abdominale de la femelle gestante puis réhydratées à l’aide d’une solution saline tempérée à 38°C. Le muscle et la peau sont suturés. La cage est placée sur un tapis chauffant. Le réveil des animaux, comme leur récupération post-opératoire, font l’objet d’un suivi attentif. Après l’intervention, les embryons poursuivent leur développement. En général, la cicatrisation de la femelle gestante est bonne, et la mise-bas se produit au stade attendu. Après la chirurgie, les rates gestantes font l'objet d'un suivi régulier et attentif, elles sont examinées quotidiennement pour guetter l'apparition éventuelle de signes et paramètres cliniques, comportementaux ou biologiques (les animaux font l’objet d’un suivi journalier reporté dans un registre, y compris les weekends et jours fériés). Au premier jour postnatal, les ratons d’une même portée sont déposés dans une cage placée sur un tapis chauffant. Chaque raton est identifié par un tatouage au niveau des pates avant et/ou arrière, et une biopsie (1 à 2 mm du bout de la queue) est prélevée pour identifier leur génotype. Les ratons sont l’objet d’un suivi attentif quotidien au cours des deux premières semaines de vie postnatale, ce qui nous permet d’évaluer leur état général (croissance pondérale, posture), le développement du système sensorimoteur (test du réflexe de retournement lorsque l’animal est placé sur le dos, réalisé dès le 1er jour postnatal, test du réflexe d’éloignement du vide lorsque la tête de l’animal est dans le vide, l’animal étant posé sur une plateforme élevée d’environ 8 cm, réalisé dès le 4eme jour postnatal), et la survenue de crises généralisées d’épilepsie. Chaque animal effectuera donc ces sessions de tests quotidiennement, d’une durée maximale de 2 à 3 minutes, après quoi il sera déposé délicatement dans le nid avec sa maman.
Impact sur les animaux
Les femelles gestantes subissent une laparotomie sous anesthésie générale pour accéder aux cornes utérines et réaliser des injections intracérébroventriculaires de CMV ou de solution contrôle dans le cerveau des embryons. L'anesthésie des femelles gestantes peut engendrer des dépressions respiratoires, une hypothermie, une déshydratation. La chirurgie elle-même peut engendrer en post-opératoire sur des temps courts (1 à 3 jours maximum) de rares et faibles hémorragies vaginales, des avortements partiels, des douleurs abdominales, une diminution de la mobilité / inactivité, une perte de poids, une inflammation des sutures. Les femelles gestantes sont isolées lors de la période post-opératoire jusqu'à la mise bas. Leur bien-être après chirurgie est évalué quotidiennement par mesure de paramètres cliniques, comportementaux ou biologiques (voir la fiche de suivi post-opératoire en annexes). La majorité des femelles gestantes (>97%) récupèrent très bien après la chirurgie et la gestation se poursuit normalement jusqu’à la mise bas. Concernant les animaux infectés in utero par le CMV, nous avons déjà établi dans notre modèle que cette infection cérébrale provoque un ensemble de phénotypes observables à partir de 4-5 jours après la naissance. Le suivi quotidien des ratons au cours des deux premières semaines de vie postnatale a mis en évidence la survenue d'hyperextension des membres inférieurs (ce symptôme a été observé à partir de P5 (5ème jour de vie postnatale) dans 60-80% des ratons infectés), la survenue de crises d'épilepsie (des crises d'épilepsie généralisées tonico-cloniques déclenchées par la manipulation ont été observées à partir de P7 jusque vers P15 dans 25-40% des ratons infectés), un défaut de développement de réflexes sensorimoteurs évalués par le test d'éloignement du vide (cliff aversion test) et le test de retournement (rigthing reflex) (la plupart des ratons infectés échouent à réaliser ces tests, ou les réalisent avec un certain délai, à partir de P4-P5).
Devenir
Les femelles gestantes récupèrent en général bien après la chirurgie, et le développement embryonnaire se poursuit normalement jusqu’à la mise bas. Dans cette situation, les nouveaux-nés, qui feront l’objet d’un suivi quotidien pendant les 2 premières semaines postnatales, sont laissés avec leur mère. A l’issue de cettre période, les mères sont mises à mort. Les femelles ne sont en aucun cas réutilisées pour d’autres expériences, ou pour le maintien de la colonie (les cornes utérines et les muscles abdominaux ayant déjà fait l’objet d’une manipulation et d’une chirurgie), ce qui évite tout trauma supplémentaire. Tous les ratons utilisés pour évaluer les conséquences cliniques de l’infection au CMV sont mis à mort à l’issue des sessions de tests permettant d’évaluer les phénotypes postnataux in vivo et in vitro, soit au plus tard à P17. Nous n’envisageons pas dans le présent projet de réaliser des tests à plus long terme chez des animaux adultes, bien que cela soit techniquement possible.
Remplacement
Les mécanismes neurophysiopathologiques des infections congénitales par le CMV reposent de manière inhérente sur des interactions développementales multiples, entre la dynamique de l'infection virale elle-même, celle des réseaux neuronaux, et celle du système immunitaire cérébral (microglies, infiltrations par des cellules périphériques). Il est évident que certains de ces évènements, ainsi que leur complexité, et leurs relations réciproques, et évidemment leurs conséquences phénotypiques comportementales, ne peuvent être modélisés in vitro, y compris en utilisant des cérébroïdes, et encore moins in silico. Lorsque cela était possible, nous avons décidé de réaliser une partie de nos expériences d'enregistrements des activités épileptiques in vitro, sur des tranches aigues de cerveau, afin de réduire l’expérimentation sur l’animal vivant.
Réduction
Nous avons basé le nombre minimal d'animaux nécessaires sur la base de nos résultats antérieurs obtenus sur des portées sauvages (non mutées), et sur des calculs classiques de puissance statistique pour les tests les plus prévisibles. Nous optimisons la réduction des animaux utilisés de plusieurs manières : - chaque gestation et tous les embryons injectés in utero sont utilisés : ainsi, les croisements hétérozygotes utilisés génèrent les trois génotypes à comparer, ce qui homogénéise les résultats en diminuant les risques de biais de portées, diminuant ainsi la variabilité des résultats et donc le nombre d'animaux à utiliser pour atteindre une significativité statistique. - par ailleurs, un même animal est utilisé pour l'ensemble des tests (un animal passe tous les tests de la période néonatale, puis est utilisé pour les enregistrements in vitro à partir de P14 ; ceci a de plus l'avantage de permettre d'établir d'éventuelles corrélations entre plusieurs anomalies chez les mêmes animaux.
Raffinement
Le bien-être des animaux est évalué quotidiennement chez les femelles gestantes et chez les ratons nés après infection au CMV par des mesures de paramètres cliniques, comportementaux ou biologiques adaptés, y compris les weekends et jours fériés. Le tout est enregistré dans un registre. Tous les détails sont donnés en annexes (fiche de suivi post-opératoire pour les femelles gestantes, qui permet d'établir un score, et fiche de suivi des cohortes de ratons injectés au CMV) Chaque rate gestante et sa portée est hébergée dans une cage, avec nourriture et eau à volonté. L’environnement est enrichi avec des matériaux souples (rouleaux de papier foisonnant, litière en carrés de cellulose vierge) permettant la confection d’un nid et avec un tunnel en carton. Les femelles gestantes subissent une intervention chirurgicale, qui est réalisée sous anesthésie générale, sur un tapis chauffant. Le rythme respiratoire des animaux est surveillé en permanence, et une injection intra-péritonéale de sérum physiologique est réalisée en fin d’intervention. Après leur réveil, les femelles sont placées sur un tapis chauffant pendant au moins 30 minutes. Un suivi post-chirurgical est réalisé (voir fiche de suivi en annexe permettant d'établir un score post-opératoire) en particulier une surveillance de la cicatrisation (nettoyage de la plaie et nouvelles sutures si détérioration), de l’absence d'hémorragie vaginale, de la mise bas (euthanasie si retard de la mise bas supérieur à 1 jour), de la perte de poids (euthanasie si > à 20%), de l'hypothermie (froid au touché), des signes de douleur (prostration, agressivité, absence de réaction aux stimuli). En fonction du score obtenu, une injection d'analgésique ou d’anti-inflammatoire peut être pratiquée. Un suivi des ratons infectés avec le CMV est également réalisé (voir fiche de suivi des ratons injectés au CMV en annexe), avec notamment une surveillance quotidienne de leur état général et de leur prise de poids, et l’observation des phénotypes caractéristiques de notre modèle (échec aux tests de développement sensori-moteurs, hyperextension des membres inférieurs, crises généralisées tonico-cloniques).
Choix des espèces
Les animaux que nous utilisons, en l'occurrence les rats, sont des rongeurs de petite taille et d’élevage facile, avec une gestation d'une durée adaptée aux exigences des travaux de recherche. Ils possèdent un système nerveux central dont le développement présente de nombreuses similitudes avec celui du système nerveux humain, et dont l’organisation, certes simplifiée, est cependant suffisamment complexe pour être représentative. D'une manière générale, ils constituent des modèles de choix pour l’étude des mécanismes pathologiques du développement cérébral. Le rat est particulièrement adapté à des études électrophysiologiques, cognitives et comportementales. Dans le projet présenté ici, le choix de l'espèce est aussi orienté par l'utilisation d'une souche de cytomégalovirus de rat recombinante, car les cytomégalovirus, y compris ceux de rat, sont spécifiques d'espèce. Les rates gestantes seront âgées d'environ 10 semaines à 6 mois. Les infections in utero seront réalisées à E15, donc au début du dernier tiers de gestation, ce stade d'infection tenant compte de l'état de développement cérébral et des microglies notamment, d'impératifs méthodologiques (chirurgie des cornes, injection des ventricules cérébraux embryonnaires), et conduisant à reproduire les conséquences neurologiques postnatales rappelant la pathologie humaine modélisée ici. L'étude quotidienne des phénotypes post-nataux sera réalisée entre P1 et P14 (sur animaux non sevrés, donc), compte tenu de nos observations préalables. Pour l'étude des activités épileptiformes in vitro, des tranches de neocortex seront prélevées autour de P15 (entre P14 et P17), période classique où le cerveau immature, correspondant à la période néonatale chez l'homme, présente une plus forte susceptibilité aux activités épileptiques.
Cibler les astrocytes pour promouvoir la plasticité cérébrale
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
1 620 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Selon les lots, elles subissent une injection abdominale chez la femelle gestante, la suture d'un œil, une injection intracérébrale, un AVC provoqué par coagulation d'un vaisseau à travers le crâne, ou une imagerie cérébrale, chaque geste réalisé une fois. L'objet est d'étudier le rôle des astrocytes dans la plasticité du cerveau, avec des applications annoncées pour l'amblyopie, l'autisme et la récupération après AVC. Le porteur reconnaît qu'une des lignées utilisées est considérée comme dommageable, ses effets n'ayant pas été étudiés.
Objectifs
La plasticité cérébrale décrit la capacité du cerveau à remodeler ses connexions en fonction des expériences vécues par l'individu. Cette plasticité est maximale dans l’enfance, où elle participe à l’apprentissage. Elle diminue ensuite chez l’adulte, mais peut être réactivée au décours d’une lésion cérébrale comme un AVC pour faciliter la récupération des fonctions perdues. Par ailleurs, une altération de cette plasticité au cours du développement cérébral peut être responsable de maladies comme l’amblyopie (défaut d’acquisition de la vision d’un des yeux chez l’enfant) ou l’autisme. Des études récentes ont montré que certaines cellules du cerveau, appelé « astrocytes », jouaient un rôle fondamental dans la plasticité au cours du développement. Notre projet a pour but d’explorer comment les astrocytes et les autres cellules du cerveau régulent cette plasticité. Ceci permettra de mieux comprendre les troubles du neurodéveloppement de l’enfant d’une part, et de trouver de nouvelles façons de stimuler la plasticité chez l’adulte, notamment après un AVC, d’autre part.
Bénéfices attendus
D’un point de vue scientifique, ces travaux doivent enrichir nos connaissances concernant le rôle des astrocytes et des autres cellules du cerveau dans la régulation de la plasticité. D’un point de vue plus biomédical, ces travaux doivent offrir de nouvelles pistes de compréhension des troubles du développement cérébral chez l’enfant (tels que l’amblyopie et l’autisme). Ils ouvriront également de nouvelles perspectives thérapeutiques : promouvoir la plasticité chez l’adulte permettrait de faciliter la récupération après une lésion cérébrale comme un AVC.
Procédures
Injection dans la cavité abdominale chez la femelle gestante (environ 5 minutes, une seule fois par souris). Suture d'un seul oeil (environ 15 minutes, une seule fois par souris). Injection intracérébrale (environ 30 minutes, une seule fois par souris). Procédure de photothrombose, c'est-à-dire coagulation d’un vaisseu cérébral par la lumière pour reproduire un AVC (environ 30 min, une fois par souris). Imagerie cérébrale chez l’animal vivant (environ 2h, une seule fois par souris).
Impact sur les animaux
L’injection dans la cavité abdominale peut induire une douleur et un stress légers à la piqure. La suture d’un œil sous anesthésie générale peut s’accompagner d’une douleur légère autour de l’œil au réveil et une plaie superficielle dûe au grattage est possible dans les jours suivants. Au long cours, la fermeture d’un œil a une incidence modérée sur le bien-être de l’animal. L’injection intracérébrale sous anesthésie générale nécessite d’inciser la peau du crâne et de réaliser une ouverture dans ce-dernier. Au réveil, des douleurs post-opératoires modérées peuvent être présentes sur une courte durée. La procédure de photothrombose pour reproduire un AVC se fait par par illumination à travers le crâne, sous anesthésie. Elle nécessite d’inciser la peau au-dessus du crâne mais pas d'ouvrir ce-dernier. Au réveil, des douleurs post-opératoires modérées peuvent être présentes sur une courte durée. La lésion d’AVC en elle-même a une incidence modérée sur le bien-être de l’animal (perte de sensibilité sans perte de motricité). L’imagerie cérébrale chez l’animal vivant se fait également par illumination à travers le crâne, sous anesthésie. Elle nécessite d’inciser la peau au-dessus du crâne et de réaliser une ouverture dans ce-dernier dans certains cas seulement (quand un colorant aura été préalablement injecté). Deux lignées de souris génétiquement modifiées seront utilisées dans le projet. Pour la première (lignée "PrismPlus"), il n'a pas été rapporté de nuisance sur la santé, le comportement ou le bien-être de l'animal dans la littérature. Pour la deuxième (lignée "Aldh1l1-Cre"), les conséquences des modifications génétiques sur la santé, le comportement ou le bien-être de l'animal n'ont pas encore été étudiées. Elles sont donc a priori considérées comme dommageables.
Devenir
Les animaux ne pourront être réutilisés à l'issue de chaque procédure et seront donc mis à mort.
Remplacement
Nos travaux précédents réalisés chez la souris ont montré que les astrocytes jouent un rôle crucial dans la régulation de la plasticité cérébrale. Dans ce projet, nous utiliserons ces résultats pour tenter de stimuler cette plasticité. Pour cela, il n’est pas possible de remplacer les enregistrements du cerveau intact par des simulations ou par des cultures de cellules du cerveau.
Réduction
Dans le but de réduire le nombre d’animaux utilisés, nous avons optimisé la taille des lots en accord avec la littérature existante. De plus, pour plusieurs analyses, un même animal sera utilisé pour l’étude de plusieurs types de cellules. Enfin, dans plusieurs expériences, un animal sera son propre contrôle en comparant un hémisphère cérébral à l’autre hémisphère, ce qui permettra de réduire le nombre d’animaux de façon significative.
Raffinement
Durant les procédures expérimentales, nous utiliserons des médicaments anesthésiques et antidouleurs appropriés pour limiter au maximum l’inconfort des animaux. Suite à la suture d’un oeil, l’injection intracérébrale ou la lésion d’AVC, les animaux seront surveillés quotidiennement en prenant en compte leur apparence et leur comportement. De plus, la technique d'imagerie cérébrale et la technique d’AVC sont minimalement invasives et ne nécessitent pas de chirurgie lourde. Par défaut, les animaux seront logés à plusieurs dans des cages contenant du coton pour faire leur nid et boisson et nourriture à volonté. Dans certaines expériences étudiant l’effet d’un environnement enrichi sur la plasticité du cerveau, différents jeux seront en outre installés dans des cages avec plusieurs étages pour stimuler les souris. Un tel environnement a un effet bénéfique sur le bien-être de l’animal.
Choix des espèces
Nous utiliserons des souris car leur développement est proche de celui de l’homme et les mécanismes de leur plasticité cérébrale ont très bien été étudiés. Ceci permettra une meilleure comparaison avec les résultats décrits dans la littérature. De plus, notre équipe utilise couramment cette espèce et possède une expertise technique sur ces animaux. Par ailleurs, la période de gestation est courte et le nombre de souris par portée important, ce qui nous permet de générer suffisament d’animaux pour plusieurs expériences avec relativement peu de parents. Enfin, les souris permettent de nombreuses manipulations génétiques non disponibles chez d’autres mammifères. Pour la majorité des expériences, les animaux seront utilisés à l’âge adulte, plus de 100 jours après la naissance. Pour les procédures 5 et 8, les animaux seront utilisés à différentes étapes du développement pour étudier l’évolution de la plasticité : 21ème jour, 28ème jour, 50ème jour, 100ème jour après la naissance.
Rôle de l’autophagie dans le développement du système nerveux central.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système nerveux
360 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Porteuses d'un gène de l'autophagie invalidé, elles subissent une série de tests de développement puis des tests comportementaux nommés, dont l'activité locomotrice, l'anxiété, la résignation et la communication, avant une perfusion intracardiaque sous anesthésie pour prélever le cerveau. L'objet est d'étudier le rôle de l'autophagie dans les troubles du neurodéveloppement comme l'autisme, les retombées thérapeutiques étant renvoyées au long terme. Le porteur affirme que l'effet d'un tel défaut sur le comportement ne peut s'étudier autrement qu'in vivo.
Objectifs
Les troubles du développement sont en augmentation constante, avec un nombre de cas estimé par exemple pour les troubles du spectre autistique (TSA) à 1 enfant sur 54 aux Etats-Unis pour l'année 2014 et 1 enfant sur 89 en Europe. Parmi les causes récemment décrites dans la littérature scientifique, l’hypothèse d’un défaut d’un processus cellulaire appelé autophagie, au sein des cellules du cerveau, lors du développement chez l’enfant, est émise. Des études récentes ont ainsi démontré, chez l’homme et chez l’animal, un rôle de la dérégulation de ce mécanisme dans la survenue de comportements de type autistique. Par ailleurs l’autophagie est le moyen par lequel les cellules éliminent des composés d’origine environnementale. Un défaut dans ce mécanisme d’élimination apparaît alors crucial dans le cadre de l’apparition de troubles du développement, reconnus comme étant le résultat d’une combinaison « gènes x environnement ». Dans ce contexte, notre projet vise alors à étudier à différents âges le développement du système nerveux central chez un modèle souris pour lequel un gène de l’autophagie a été invalidé, par des approches complémentaires d’études du comportement et d’analyses des tissus prélevés. En particulier, nous étudierons le développement sensoriel et moteur chez le jeune animal pendant les trois premières semaines de vie, par la mise en place de tests successifs classiquement utilisés ; puis nous étudierons un ensemble de registres comportementaux individuels ou sociaux chez l’animal adolescent et adulte, tels que le niveau d’activité locomotrice, l’anxiété, les capacités cognitives, les comportements compulsifs, la résignation et les capacités de communication. Les échantillons prélevés nous permettront d’étudier les mécanismes d’autophagie et de mise en place des connexions nerveuses, par des techniques complémentaires.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra à court terme la compréhension du rôle de l’autophagie dans le développement du système nerveux central et dans la survenue de troubles du neurodéveloppement, en constante augmentation dans la population générale. A plus long terme, ce projet servira de point de départ à des tests précliniques visant à déterminer l’efficacité de molécules pharmacologiques modulant ce mécanisme cellulaire pour atténuer la survenue de ces troubles.
Procédures
Les animaux sont soumis à des tests de développement ou de comportement non invasifs. Ils sont tous soumis à une procédure sans réveil de quelques minutes (perfusion intracardiaque sous anesthésie se finissant par l’euthanasie de l’animal).
Impact sur les animaux
A notre connaissance, cette souris n’a jamais été étudiée d’un point de vue de son développement cérébral ou de son comportement. Le phénotype n’est à ce jour pas connu comme étant dommageable. Dans les procédures du présent projet, les animaux subissent exclusivement des tests non invasifs de développement et de comportement, jusqu’à l’euthanasie, pour laquelle un protocole d’anesthésie est mis en place.
Devenir
A l’issue des procédures 1, 2 et 3, les animaux sont soumis à la procédure 4 (sans réveil). La procédure 4 décrit une perfusion intracardiaque réalisée afin de prélever les tissus d’intérêt. Les procédures 1, 2 et 3 sont classées en degré de gravité « modéré » et la 4ème est une procédure sans réveil. Les 3 premières procédures concernent chacune 120 animaux, la 4ème est réalisés sur l’ensemble des 360 animaux soumis à l’une des 3 premières procédures modérées. Nous comptons donc dans cette demande d’autorisation de projet 360 animaux en procédure modérée et 0 en procédure sans réveil. Les animaux ne sont donc pas maintenus en vie à l’issue de la procédure 4.
Remplacement
L’étude de l’effet d’un défaut de l’autophagie sur le comportement de l’individu ne peut se faire autrement que par des explorations fonctionnelles menées in vivo. Ainsi, même si nous ne pouvons pas remplacer les études prévues sur ce modèle in vivo, nous veillerons à réduire le nombre d’animaux et raffiner notre protocole.
Réduction
Ce projet nécessite l’utilisation d’un total de 360 souris. Nous réduisons le nombre d’animaux en combinant plusieurs approches expérimentales sur une même lignée de souris. De même, les animaux femelles et mâles générés sont utilisés. De plus, quand cela est possible, un même animal est utilisé successivement pour plusieurs tests de comportement, puis pour des études de biologie moléculaire et la réalisation de séries de coupes par cerveau nous permet de réaliser plusieurs marquages différents pour un même cerveau. D'une manière générale, nous avons conçu les lots pour que soit généré le nombre optimal d’animaux compatible avec la réalisation des tests et des analyses des prélèvements. Enfin, nos connaissances des protocoles nous ont permis d’évaluer le nombre d’animaux au plus juste pour chaque procédure, en tenant compte de l’importance de l’effet attendu pour assurer une parfaite robustesse des résultats. Les données obtenues seront ultérieurement étudiées statistiquement : La normalité de la distribution des data obtenues sera analysée par le test de Shapiro-Wilk, et des tests paramétriques (ANOVA et test a posteriori de Bonferroni pour les données issues des tests de développement et comportement ou test t de Student pour les analyses des échantillons) ou non paramétriques (test de Kruskal-Wallis puis Mann-Whitney) seront ensuite appliqués. Par ailleurs, pour chacune des approches expérimentales, ce travail servira de base pour de futurs travaux intégrant une exposition précoce à un facteur environnemental afin de calculer le nombre juste d’animaux requis pour comparer d’une manière statistique et robuste les conditions mutantes à la condition contrôle avec une excellente reproductibilité.
Raffinement
Nos activités impliquent toujours une attention particulière sur le soin et le bien-être de l’animal. Les animaux sont surveillés quotidiennement et une grille de suivi (annexe) est en place. Paramètres environnementaux : humidité comprise entre 45 % et 65 %, température constante entre 20 à 24 °C. L’éclairage est circadien (8h/20h) pour respecter le rythme biologique des animaux. Ils ont accès à l’eau et à la nourriture ad libitum. Le milieu est enrichi avec du matériel de construction de nid. Les souris sont hébergées en groupe sociaux et des observations du bien-être sont réalisées quotidiennement. Les jeunes animaux sont surveillés, afin de s’assurer que la mère s'occupe bien d'eux. Pendant toutes nos expériences, nous prenons toutes les précautions nécessaires afin d’éviter toute douleur, en utilisant des pratiques adaptées. En cas de comportements anormaux (manque de toilettage, manque d’intérêt pour la nourriture), l’état des animaux est surveillé plusieurs fois par jour. Un aliment enrichi et de l’eau sont mis à disposition directement dans la cage pour les animaux apathiques, surveillés 1 ou 2 fois/ jour. Si l’état général de l’animal atteint les points limites définis dans les procédures expérimentales (douleur manifeste, dégradation de l’état de la fourrure et manque de toilettage, manque d’intérêt pour la nourriture, perte de poids de plus de 20 % par rapport au poids normal attendu selon la courbe de croissance standard de la souche C57BL/6Ncrl), alors il sera euthanasié par décapitation avant PND14 et dans une chambre à CO2 après PND14. Pour le protocole de perfusion intracardiaque suivi des prélèvements de tissus, un protocole d’anesthésie adéquat est mis en place (procédure 4). Afin d’éviter une souffrance de la souris, les animaux sont anesthésiés et euthanasiés conformément aux bonnes pratiques vétérinaires et à la réglementation en vigueur.
Choix des espèces
L’obtention d’un modèle génétique pertinent visant à étudier un facteur génétique, ici Irgm1, est souvent complexe et long à mettre en oeuvre pour de nombreuses espèces. Néanmoins le modèle Irgm1 KO existe depuis 2001 chez la souris. Par ailleurs, de nombreux outils ont été conçus et sont disponible pour étudier le comportement, les paramètres physiologiques et biologiques chez la souris et nous maitrisons l’utilisation des outils à disposition. Ce modèle animal fait partie des animaux les plus étudiés et caractérisés aux différentes échelles de la biologie. Par ailleurs, les modèles génétiques murins de déficience autophagique sont pertinents dans l’étude des troubles du neurodéveloppement (voir 3.3.2). Plusieurs stades de développement seront analysés : nous nous intéressons en effet aux conséquences de la mutation sur l’élagage synaptique et sur la fonctionnalité de l’autophagie, qui sont des événements majeurs du développement du système nerveux central. Pour cela plusieurs stades de développement, correspondant chacun à un temps d’euthanasie, seront étudiés : jeune (procédure 1 de PND4 à 17), adolescent (procédure 2 de PND25 à 34) et adulte (procédure 3 de PND70 à 89).
Etude de l’impact de l’élasticité de la niche limbique sur le destin cellulaire
- Recherche appliquée
- Troubles sensoriels
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
48 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent quatre à sept injections intrapéritonéales d'un inhibiteur d'enzyme (BAPN) ou d'un placebo, avant d'être tuées pour prélever la cornée sur tissu frais. Le porteur précise que cette expérience répond à une demande d'examinateurs pour finaliser la publication de travaux déjà réalisés. Il n'anticipe "pas de souffrance ou de douleur" sur la courte durée des injections et présente la souris comme "essentielle" pour étudier le devenir des cellules souches in vivo.
Objectifs
Le but de ce projet est de mesurer l’impact de la rigidité matricielle de la niche du limbe de la cornée sur le destin des cellules souches. L’expérience proposée ici est une demande d'examinateurs afin de finaliser la publication de nos travaux . L’effet fonctionnel a déjà été évalué sur des limbes de cornée prélevés sur souris wild type. Il faut maintenant évaluer la rigidité du tissu en question (mesure par microscopie à force atomique). Pour cela, il s’agit de répéter la modulation de la rigidité du limbe par injection intrapéritonéale d’un inhibiteur d'une enzyme de modification de la matrice extracellulaire (lysyl oxidase LOX) et d'effectuer un prélèvement d’organe après sacrifice. La mesure AFM doit effectivement etre realisé sur tissu frais.
Bénéfices attendus
Le destin des cellules souches de s'autorenouveler ou de se différencier dépend en grande partie de l'environnement extracellulaire, en particulier de l'élasticité de leur niche. Néanmoins, le rôle de la rigidité de la matrice dans la formation de cette niche et dans les fonctions souches in vivo est mal connu. Nos données montrent que la rigidité matricielle du stroma module ce destin en générant des compartiments fonctionnels différents. Ce projet vise à mesurer la rigidité de la matrice du stroma du limbe par microscopie à force atomique AFM, comme demandé par les examinateurs. En effet, nous avons montré, dans ce manuscrit, de manière fonctionnelle que c’est en compartimentalisant l’environnement que la matrice contrôle le destin souche.
Procédures
Les animaux seront soumis soit à 4 traitements par injection intrapéritonéale (lot 1 BAPN et lot 2 PBS ) soit à 7 traitements par injection intrapéritonéale (lot 3 BAPN et lot 4 PBS). Une injection intrapéritonéale prend environ 2 minutes par souris à réaliser (soit un total de 2minutes x 4= 8 minutes maximum réparti sur 5 jours pour les lots 1 et 2, et 2minutes x 7= 14 minutes maximum réparti sur 7 jours pour les lots 3 et 4).
Impact sur les animaux
Sur la base de l'expérience antérieure de nos collaborateurs avec les injections de BAPN ou le gavage oral, nous n'anticipons pas de souffrance ou de douleur chez les animaux. Le BAPN est un inhibiteur des enzymes LOX et devrait atténuer la rigidité tissulaire. Ce n'est qu'après des traitements plus longs (comme un mois, i.e. beaucoup plus long que les 4 ou 7 jours max. d'injection proposé ici) que des phénotypes dommageables peuvent apparaitre.
Devenir
La totalité des animaux sera sacrifiée à l’issue de l'unique procédure expérimentale de ce projet. En effet, la mise à mort est nécessaire pour le prélèvement d'organes prévu pour répondre à la question scientifique posée.
Remplacement
Une importante partie de ces travaux a été réalisée in vitro sur cellules en culture, en particulier l’aspect des mécanismes moléculaires impliqués. Cependant, l’étude de l’impact de l’environnement matriciel sur le destin fonctionnel des cellules souches n'est que limitée sur des cellules en culture, et c’est pour cela qu’il est essentiel de réaliser cette expérimentation sur la souris.
Réduction
Chaque souris ayant deux yeux, le nombre de prélèvements pourra être légèrement réduit. De même, les mâles et les femelles seront utilisés limitant donc le nombre de portée et d’animaux générés (début procédure à P13). Néanmoins, afin de préserver la qualité statistique des données, 12 souris par groupe et par traitement sont prévues.
Raffinement
Afin de reduire le risque potentiel de perforation des organes fixes ou de consistance plus dure (estomac, cæcum, foie...) par l'injection intrapéritopneale, le site d'injection choisi est le quadrant abdominal inférieur droit de la cavité péritonéale de l’animal en regard de la cuisse (c'est à dire autour des anses intestinales, organes lâches, qui se rétractent sous l’injection). De même, afin de réduire la douleur, l'aiguille utilisée est de très petit diamètre et le volume injecté de moins de 50 microlitres. Bien entendu, une fiche de score avec point limite bien défini (site d'injection, état général et comportement de l'animal) sera utilisée.
Choix des espèces
La réalisation du projet présenté permettra d’acquérir des connaissances fondamentales sur les processus biologiques régulant le devenir des cellules souches in vivo. La souris apparaît comme un excellent modèle pour étudier ces mécanismes car le modèle est parfaitement décrit et déjà utilisé et le traitement BAPN a déjà été testé, validé et partiellement publié par un membre de la collaboration. De plus, nous proposons ce projet dans le cadre du manuscrit en cours de révision pour lequel notre collaborateur a utilisé un modèle de souris génétiquement modifiées (LOXOE, enzyme LOX OverExpressed). Ainsi, en utilisant des souris, nous pourrons comparer nos données sur souris wild type injectées au BAPN et les données sur souris transgéniques. Ce projet sera développé dans le cadre de réponse aux reviewers sur des expériences déjà réalisées. Ainsi, la procédure sera réalisée sur des souris jeunes P13 uniquement.
Y a t-il un rythme circadien chez les juvéniles de Sepia officinalis ?
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Organes sensoriels
- Système nerveux
180 seiches juvéniles (Sepia officinalis) vont être utilisées, tuées sans avoir subi d'intervention préalable. Les œufs sont prélevés dans la nature, puis les juvéniles sont mis à mort par refroidissement progressif sur glace pour prélever leurs organes, cerveau, lobe optique et yeux, et étudier l'expression de gènes de l'horloge biologique sur vingt-quatre heures. Le porteur indique qu'aucun prélèvement partiel n'est possible sans "dommages irréparables", d'où la mise à mort, et qu'il n'existe "pas d'alternative in vitro". La recherche est fondamentale, avec des bénéfices annoncés pour la compréhension de l'évolution des rythmes et l'élevage de la seiche.
Objectifs
L’objectif de ce projet est de déterminer si le juvénile de seiche Sepia officinalis montre après éclosion un rythme interne dit circadien correspondant à une « horloge biologique ». Ce projet consiste ainsi à caractériser le niveau d’expression des gènes impliqués dans le contrôle du cycle au cours d’un cycle jour/nuit, soit sur 24H. Le rythme circadien contrôle de nombreux mécanismes physiologiques liés au comportement, au sommeil, au niveau d’hormones entre autres. Presque tous les organismes vivants sont concernés. Il est en correspondance avec les alternances jour/nuit, soit selon un rythme 12h/12h. De nombreux organismes montrent un rythme journalier avant la naissance. Il est régulé par des gènes dont l’expression oscille au cours de la journée. Une régulation entre ces gènes a été mise en évidence chez les mammifères et la mouche. Chez certains mollusques marins de la zone de balancement des marées, il a été montré que l’expression de ces gènes suivait un rythme lié à la marée (rythme tidal), et non un rythme 12/12. Les seiches sont des espèces côtières et sont soumises particulièrement en Manche et Atlantique aux marées. Des expériences de rythmicité (comportemental) ont montré qu’elles avaient un rythme journalier avec une activité locomotrice et alimentaire plus importante la nuit. Nous avons montré que les gènes cibles sont exprimés dans l’embryon à un stade tardif, avant éclosion, et dans différents tissus dont les yeux. Par ailleurs, une première étude récente faite par l’équipe sur les embryons n’a pas permis de déterminer la présence d’un rythme avant éclosion dans les organes cibles. Il s’agit ici d’évaluer si une cyclicité peut être mise en évidence chez le juvénile et mise en relation avec leur physiologie et l’environnement (cycle tidal ou cycle jour/nuit) en déterminant la dynamique d’expression des gènes d’intérêt sur 24h.
Bénéfices attendus
Les résultats aideront 1) à approcher la diversité des rôles des gènes “circadiens” dans le rythme, gènes dont l’importance a récemment été reconnue par le prix Nobel de médecine (2017) 2) à la caractérisation d’un éventuel rythme interne, important pour l’optimisation des conditions d’élevage de la seiche mais aussi 3) à une meilleure compréhension de l’histoire évolutive des rythmes et de leur contrôle pour tous les animaux.
Procédures
Les animaux ne subissent aucune intervention avant leur euthanasie. Lorsqu’ils sont retirés de l’aquarium, ils sont immédiatement transférés dans un récipient et euthanasiés
Impact sur les animaux
Les animaux ne subissent pas de nuisances avant la mort, aucun effet indésirable n’est attendu car les animaux sont maintenus dans des conditions proches du milieu naturel.
Devenir
Pour étudier l’expression des gènes dans les tissus, il est nécessaire que les organes soient extraits et fixés, ce qui implique l’euthanasie des animaux. Il n’est pas possible de prélever une partie de l’animal sans causer des dommages irréparables (pas de survie après prélevement des yeux, du cerveau entre autres).
Remplacement
Ce projet est un projet de recherche fondamentale qui cherche à déterminer, par une approche physiologique globale, l’existence d’un rythme interne dans les organes (cerveau, lobe optique, yeux) d’un organisme entier. Il n’y a pas d’alternative in vitro à l’heure actuelle.
Réduction
Le nombre d’œufs prélevés dans la nature est minimisé à 180 oeufs en tenant compte des 10% d'oeufs qui ne sont pas fécondés naturellement. Le nombre de juvéniles est réduit mais optimisé pour cette expérimentation afin d’éviter de la répéter ultérieurement si les résultats n’étaient pas satisfaisants. Le nombre tient compte de la variabilité biologique entre individus, de la puissance statistique pour des résultats robustes et des problèmes de qualité biologique qui peuvent advenir. Afin de respecter les limites acceptables de la validité scientifique, 10 individus juvéniles seront donc fixés pour chaque point horaire choisi, soit au total 160 juvéniles.
Raffinement
Afin d’éviter le stress des embryons, la grappe d’œufs est saisie entre les doigts puis retirée de son support en étirant les ligaments d’accroche jusqu’à la détacher délicatement. Les œufs récoltés sont transportés en eau de mer et placés dans des paniers flottants dans un aquarium de 200L, ce type de stabulation permet de maintenir des conditions optimales d’oxygénation pour les embryons dans l’oeuf. L’aquarium (200L.) est alimenté en circuit ouvert d’eau de mer filtrée (100µm.) non thermorégulée, c’est-à-dire à la température naturelle environnementale. Les œufs sont donc dans des conditions proches du milieu naturel du point de vue physicochimique : conditions « naturelles » de température (entre 16 et 18°C), de salinité (entre 35 et 36 g/L.), et de pH (8 à 8.2), et en conditions lumineuses du jour (éclairement normal). Les constantes physico-chimiques (température, salinité, pH, oxygène) sont contrôlées quotidiennement sur toute la durée du développement. Une observation quotidienne permet de s’assurer de l’état sanitaire des pontes mises en paniers. Lorsque les embryons ont éclos (naturellement), les juvéniles ressemblent alors à un adulte et adoptent immédiatement le mode de vie des adultes. Un enrichissement environnement sous la forme de cachette diverses (tube de et pièces de PVC, « cabanes…) est alors proposé aux animaux. Ils sont nourris à satiété avec des crevettes de taille adaptée. Les animaux qui présenteraient des anomalies comportementales (flottaison, immobilisme, blessure), seront écartés et immédiatement euthanasiés par surdose d’éthanol. Au bout d’une semaine, toutes les 1h30 sur 24h, 10 juvéniles sont pris à l’épuisette et placés dans un bécher d’un litre contenant de l’eau de mer du système d’élevage puis transportés jusqu’à une salle adjacente où l’euthanasie sera réalisée. Afin de limiter le stress et la souffrance supposée des juvéniles, ils sont transférés délicatement et rapidement dans l’eau de mer. Le récipient est mis sur glace ce qui permet un refroidissement progressif, et une anesthésie des animaux par le froid. Ils sont observés jusqu’à constatation d’une léthargie (relâchement pupillaire, le relâchement des bras et du manteau) puis une fois la mort confirmée (arrêt respiratoire, relâchement des chromatophores), les juvéniles sont placés dans le fixateur (froid également).
Choix des espèces
La seiche européenne est le seul mollusque possédant un cerveau et des yeux performants, qui ponde des œufs sur nos côtes. Contrairement à d’autres espèces de céphalopodes comme les pieuvres, son développement est court (
Impact de la proportion de muscle rouge sur la capacité de nage chez la truite
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système musculosquelettique
310 truites arc-en-ciel vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles sont soumises à un test de nage à contre-courant croissant jusqu'à ce qu'elles ne puissent plus se maintenir à la verticale et soient plaquées contre une grille, puis pêchées et mises à mort. Le projet cherche à savoir si une faible proportion de muscle rouge, recherchée par sélection génétique pour la vente en tranches fumées, réduit les capacités de nage. Le porteur présente aussi l'étude comme visant le "bien-être" des poissons, alors que l'enjeu affiché est d'abord "agronomique et économique".
Objectifs
La production de truite arc en ciel en France s’oriente de plus en plus vers des poissons de grande taille destinés à la fumaison et vendus sous forme de tranches fines. La présence du muscle rouge, facilement repérable par sa couleur brune est fortement préjudiciable pour la vente. En effet, outre l’aspect visuel, le muscle rouge riche en lipides s’oxyde rapidement conduisant à des défauts de flaveur. C’est pourquoi certains cahiers des charges imposent aux transformateurs d’éliminer ce muscle. Ce niveau de parage élevé (élimination du muscle rouge) entraîne une perte en matière première et donc une perte économique pour les producteurs et les transformateurs. Il y a donc un enjeu agronomique et économique à maîtriser la croissance de ce muscle. C’est pourquoi les professionnels étudient la possibilité de diminuer la proportion de muscle rouge par sélection génomique. La musculature des poissons est très majoritairement (>90%) constituée d’un muscle blanc à contraction rapide et d’un muscle rouge à contraction lente. D’après la littérature, le muscle blanc avec un métabolisme anaérobie est surtout sollicité par le poisson pour la nage rapide alors que le muscle rouge avec un métabolisme aérobie est principalement sollicité pour la nage lente. Chez le zebrafish, l’absence totale de muscle rouge dans les stades précoces entraîne une forte mortalité résultant d’une incapacité à s’alimenter (Li et al 2019). Alors que les études sur la croissance du muscle blanc sont nombreuses et que l’impact des facteurs externes est bien connu, les facteurs qui influencent la proportion de muscle rouge chez les poissons sont très mal connus. Parmi les différents facteurs d’élevage, l’exercice modéré semble stimuler la croissance du muscle rouge sans modifier significativement la taille des fibres lentes (Davie et al 1986). Cependant, l’impact de l’exercice sur la taille des fibres du muscle rouge de truite reste controversé puisque certaines études rapportent une augmentation de 25 % du diamètre moyen des fibres (Greer-Walker et al 1978), alors qu’une autre n’observe aucun effet (Davie et al 1986) L'objectif du projet est de déterminer s'il existe une corrélation entre la proportion de muscle rouge et les capacités de nage du poisson. Il s'agit notamment de vérifier si une proportion faible de muscle rouge n’entraîne pas de défauts dans la capacité de nage ce qui pourrait nuire au bien-être de l’animal.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à déterminer s'il existe une corrélation entre la proportion de muscle rouge et les capacités de nage du poisson. Il s'agit notamment de vérifier si une proportion faible de muscle rouge n’entraîne pas de défauts dans la capacité de nage ce qui pourrait nuire au bien-être de l’animal. Étant donné que le muscle rouge est décrit comme étant principalement sollicité pour la nage lente, il s'agit de vérifier si les poissons avec une faible proportion de muscle rouge n’ont pas une capacité de nage limité ce qui pourrait nuire à leur bien-être. Il se basera sur l’utilisation d’un modèle biologique tout à fait pertinent, deux lignées expérimentales divergentes pour la teneur en lipide du muscle : lignée grasse (LG) et lignée maigre (LM), ainsi que des lignées isogéniques. En effet, des travaux préliminaires ont montré qu'il existait une variabilité de la proportion de muscle rouge entre différentes lignées de truites : Lignées A02 (faible), N38 (forte), AB1 (moyenne) et lignée grasse (très faible) et maigre (moyen).
Procédures
Les animaux seront soumis à un test de nage qui consiste à exposer les poissons à un courant de plus en plus fort dans un bassin expérimental avec une accélération graduelle jusqu'à 2 longueurs par seconde. Ce bassin de test de nage sera constitué d'un tunnel de nage de 300 cm de long, 70cm de large et 32 cm de haut représentant un volume de 680 L environ. Il sera alimenté en eau d’élevage par deux pompes équipées de variateur de tension afin d’assurer un renouvellement d’eau suffisant et augmenter progressivement le courant d’eau. Dès que le poisson n’arrive plus à se maintenir en position verticale dans le courant d’eau et qu’il est plaqué sur la grille disposée à la fin du tunnel de nage pendant quelques secondes, il est pêché et mis à mort. Le test doit durer 2 heures. Un test avec 10 poissons sera réalisé en préambule pour valider la fonctionnalité du système de test., Puis 5 tests avec 60 poissons seront réalisés.
Impact sur les animaux
Les poissons utilisés dans ce projet subiront un stress modéré généré par un test de nage où l’on va mesurer le temps au bout duquel ils ne parviennent plus à se maintenir en position verticale dans le courant d’eau et qu’il est plaqué sur la grille à la fin du tunnel de nage pendant quelques secondes, il est retiré du bassin de test. Pour limiter le stress, les groupes de poissons seront constitués entre 3 et 4 semaines avant le test de nage et placés dans un bac d’élevage proche du bassin de test. Les animaux seront mis à jeun avant le test afin d'éviter qu'ils ne soient malades et transférés avec une épuisette dans le bassin de test la veille pour s’habituer à ce bassin.
Devenir
Tous les animaux de ce projet seront mis à mort par une personne compétente désignée par les responsables de projet ou par les responsables du projet eux-mêmes. Les responsables du bien-être des animaux sont bien sûr informés. Tous les éléments justifiant leur mise à mort sont conservés et transmis à la SBEA de l'établissement et au vétérinaire référent de l'établissement, ainsi qu’au responsable du projet.
Remplacement
Les objectifs du projet étant de déterminer s'il existe une corrélation entre la proportion de muscle rouge et les capacités de nage des poissons ce qui ne peut se faire que sur animaux vivants.
Réduction
D'après notre expérience et la variabilité de la réponse au test de nage, il est indispensable de réaliser le test sur au moins 60 truites de chaque lignée. Nous utiliserons pour cela au total 310 animaux : 10 animaux pour adapter le test, et 60 animaux de chaque lignée (60*5 lignées) qui possède des proportions différentes de muscle rouge (faible, moyenne et forte) ce qui nous permettra d'obtenir des mesures précises et fiables de la proportion de muscle rouge et des capacités de nage. Cet effectif nous permettra d’avoir une puissance statistique suffisante (test du khi2, test t, ANOVA) et pour mettre en évidence un impact de la proportion du muscle rouge sur les performances de nage.
Raffinement
Les animaux seront élevés dans les conditions optimales pour l’espèce (photopériode, qualité d’eau, densité, nourriture, enrichissement). Pour limiter le stress, les groupes de poissons seront constitués entre 3 et 4 semaines avant le test de nage et placés dans un bac d’élevage proche du bassin de test. Les animaux seront mis à jeun avant le test afin d'éviter qu'ils ne soient malades et transférés avec une épuisette dans le bassin de test la veille pour s’habituer à ce bassin. Pendant les procédures la manipulation des animaux sera réduite au maximum et une surveillance du comportement des animaux sera effectuée pour réduire au minimum la douleur, la souffrance et l’angoisse subies. Les paramètres physico-chimiques de l’eau (température, O2, NH4+) seront également régulièrement contrôlés. Les animaux seront anesthésiés puis mis à mort dès la fin du test.
Choix des espèces
L'étude s'effectue sur la truite arc en ciel car c'est l'espèce piscicole utilisée pour le projet. C'est une espèce robuste dont l’élevage et la reproduction sont bien maîtrisés en pisciculture. De plus, il s’agit d’un poisson d’intérêt économique dans le monde entier, et qui représente 95% de la production française piscicole en eau douce. Elle est par ailleurs un modèle biologique largement étudié dans la communauté scientifique. Nous allons réaliser les tests sur des animaux de 200g qui correspond à la taille où l’on peut mesurer le plus précisément la proportion de muscle rouge ainsi que les capacités de nage.
Caractérisation des effets de la mutation dup24 du gène ARX sur le développement du cerveau chez la souris
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
210 souris femelles gestantes vont etre utilisees, toutes tuees a l'issue, dans des procedures classees legeres. Chacune recoit une injection de BrdU a un stade de gestation defini, puis est tuee par dislocation cervicale entre deux et quarante-huit heures plus tard, ses embryons etant extraits et decapites pour etudier le developpement des neurones. Le porteur qualifie le phenotype de ces souris de non dommageable et presente la seule injection comme indolore, la gravite tenant a la mise a mort des meres et des embryons. Il affirme qu'aucune etude in vitro n'est possible, le gene etudie n'etant exprime que dans le cerveau.
Objectifs
L’objectif de cette étude est la caractérisation de l’effet de la mutation dup24 du gène ARX dans le développement des neurones GABA afin de mieux comprendre le lien entre ce type de neurones et la déficience intellectuelle et les troubles de motricité fine observés chez les patients.
Bénéfices attendus
Ce projet vise non seulement à améliorer les connaissances au niveau fondamental sur le développement des neurones GABAergiques, mais également à mieux comprendre quel est le lien entre ces neurones et la motricité fine, dont l’altération conduit chez les patients ARX dup24 à des troubles du langage et de l’utilisation de la pince formée par le pouce et l’index. Quand et comment sont apparues ces compétences qui sont propres à l’homme, sont encore le sujet de débats mais ces questions devraient bénéficier de ce modèle d’étude unique qu’est la duplication de 24 pb d’ARX.
Procédures
Des femelles gestantes hétéozygotes (XmX) pour la mutation ARX dup24 seront soumises à une injection au BrdU à un stade particulier de la gestation (entre E13.5 et E16.5, c’est-à-dire 13.5 à 16.5 jours après accouplement). Ces souris seront ensuite euthanasiées de 2 à 48 heures plus tard pour récupérer les embryons qui seront également euthanasiés. Un maximum de 210 femelles gestantes (30 femelles/stade de gestation, voir en annexe) devrait être utilisé pendant la durée du projet.
Impact sur les animaux
Il n'y en a pas car le phénotype de ces souris est non dommageable. La seule expérimentation qui sera réalisée sur les animaux vivants est une procédure de classe légère, à savoir l’injection de BrdU en péritonéal qui, bien réalisée, n’est pas connue pour provoquer de stress ou de la souffrance chez l’animal.
Devenir
Toutes les femelles gestantes ayant reçu une injection au BrdU seront sacrifiées 2 à 48 heures après l'injection par dislocation cervicale et tous les embryons seront rapidement extraits du placenta et décapités
Remplacement
L’objectif de cette étude est la caractérisation de l’effet de la mutation dup24 du gène ARX dans le développement des interneurones GABA afin de mieux comprendre le lien entre ce type de neurones et la déficience intellectuelle et les troubles de motricité fine observés chez les patients. Ce type de projet ne peut pas être mené in vitro car il n’existe pas de type cellulaire neuronal exprimant ARX de manière endogène et ce gène n’est exprimé que dans le cerveau, ne permettant pas de prélèvements chez les patients.
Réduction
Concernant la réduction du nombre d'animaux utilisés dans cette étude, il sera adapté au plus juste afin de pouvoir garantir une interprétation scientifique et statistique des résultats tout en prenant en compte la variabilité individuelle. Pour les injections de BrdU, nous prévoyons d’utiliser maximum 30 portées pour chacun des stades (en fonction du nombre de coupes nécessaires à tester en histologie et en fonction du nombre d’embryons par portée). Ces chiffres peuvent paraitre élevés mais nous n’avons pas toujours la certitude de pouvoir avoir les 4 génotypes au sein d’une même portée et pour ce type d’expérience, il est très difficile de comparer des individus issus de portées différentes. Pour l’instant, nous prévoyons de tester différents stades embryonnaires (voir document en annexe) car nous ne savons pas exactement à quel stade nous pouvons nous attendre à voir des différences de nombre de progéniteurs neuronaux. Cependant, le nombre d’animaux utilisés dans cette étude sera adapté au plus juste en fonction des résultats obtenus au cours des 5 ans afin de pouvoir garantir une interprétation scientifique et statistique des résultats tout en prenant en compte la variabilité individuelle. Le test de Student sera réalisé pour tester la significativité des résultats obtenus. Au total, nous prévoyons donc d'utiliser un maximum de 210 animaux sur la durée totale du projet (5 ans).
Raffinement
Les souris seront hébergées en cages 1284L réglementaires, souvent avec leurs frères ou sœurs, avec de la cellulose et équipées d'igloos pour l'enrichissement au milieu. Ces souris portant la mutation c.429_452dup24 dans le gène ARX ont été générées à l'Institut Clinique de la Souris (Illkirch) qui leur a fait passer un grand nombre de tests de comportement. Les résultats obtenus (et publiés : Dubos et al., Human Molecular genetics, 2018) montrent que ces souris sont en bonne santé et que la mutation ARXdup24 n'entraîne pas de phénotype dommageable. La seule procédure qui sera réalisée sur les animaux vivants est une procédure de classe légère, à savoir l’injection de BrdU en péritonéal qui, bien réalisée, n’est pas connue pour provoquer de stress ou de la souffrance chez l’animal.
Choix des espèces
Nous travaillons ici sur un modèle de souris transgénique (knock-in) pour lequel un fragment de l'exon 2 du gène de souris a été remplacé par un fragment du gène ARX humain contenant la mutation c.429_452dup24. La souris est un modèle approprié à l’étude des mécanismes moléculaires contrôlant le développement du cerveau car le développement de ce dernier est proche de celui de l'humain, en particulier aux stades embryonnaires étudiés. De plus, dans le cas de l'étude de maladies génétiques rares comme c’est le cas des pathologies associées aux mutations du gène ARX, ce modèle permet d'étudier plus en détail les mécanismes physiopathologiques liés à des mutations particulières grâce à l’étude des phénotypes observés chez l'animal. La majorité des animaux utilisés sera au stade embryonnaire car c'est la période à laquelle est surtout exprimé le gène ARX. Cela nécessitera de sacrifier des femelles gestantes afin de pouvoir récupérer les embryons.
Comprendre l’origine génétique de la mortinatalité associée à des modèles de trisomie 21.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
224 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance jusqu'à léger, certaines menées sans réveil. Des femelles gestantes porteuses de modèles de trisomie 21 sont tuées pour extraire leurs foetus, ceux prélevés à un stade précoce étant rendus inconscients par le froid puis immergés dans un fixateur, les autres euthanasiés chimiquement, afin d'analyser à quel stade survient la mortalité de ces lignées. Le porteur reconnaît que la sortie et l'isolement des foetus entraînent stress et angoisse, qu'il dit limiter à moins d'une heure. Il affirme que l'étude de ces gènes du développement ne peut se faire que sur un modèle animal.
Objectifs
Un des objectifs de notre laboratoire consiste à créer et à étudier de nouveaux modèles murins de trisomie 21 (T21)obtenus par ingénierie chromosomique, afin de mieux connaître les mécanismes de cette pathologie. C’est une maladie congénitale complexe, neuro-dégénérative, qui affecte le développement embryonnaire. Ce syndrome résulte de la présence en trois copies de tout ou partie (trisomie complète ou partielle) du chromosome 21 humain (HSA21). L’homologie entre le HSA21 et les chromosomes murins est maintenant bien définie et approximativement 99% des gènes murins possèdent un orthologue chez l’homme. Afin de mettre en évidence des gènes ayant un impact majeur dans le phénotype, et ainsi proposer de nouvelles voies thérapeutiques, nous avons créés différentes lignées de souris porteuses de trisomies partielles. En étudiant la transmission de la trisomie de ces différentes lignées, nous nous sommes rendus compte que le taux de transmission n’était pas celui attendu (uniquement 36% de trisomiques en moyenne dans la descendance) notamment pour une lignée porteuse d’une petite trisomie partielle correspondant à une région bien déterminée (alors qu’il devrait être de 50%). Il semblerait donc que cette région dites "critique" soit responsable d’une léthalité in utéro ou post naissances. Afin de mieux caractériser ce phénomène de mortinatalité, nous voulons étudier la viabilité des souris de 4 lignées différentes : 1modèle correspondant à la plus petite région où apparait la léthalité et 3 autres modèles plus complets pour identifier d'éventuelles interactions génétiques.
Bénéfices attendus
Nous espérons pouvoir déterminer le stade de la léthalité observée dans différents modèles de souris de trisomies partielles ou complètes et faire une relation entre les phénotypes et les gènes de ces régions.
Procédures
Après mise à mort de la femelle gestante, les fœtus à E18.5 seront sortis des cornes utérines en incisant longitudinalement le muscle utérin. Après une observation macroscopique, ils seront ensuite euthanasiés par administration d’un euthanasiant chimique (contention de 10 secondes pour administrer l’euthanasiant). Les fœtus à E14.5 seront sortis des cornes utérines après mises à mort de la femelle gestante. Après une observation macroscopique sous loupe binoculaire, ils seront rendus inconscients par le froid (15 minutes). L'engourdissement par le froid entraine une perte de conscience car une stimulation de la pointe de la patte avec une pince n’entraine aucune réaction du foetus. Ensuite, les foetus seront euthanasiés par immersion dans le fixateur histologique.
Impact sur les animaux
La souffrance fœtale est difficile à évaluer si la mort a lieu en fin de gestation ou au moment de la naissance. On peut estimer qu’il peut y avoir souffrance ou inconfort dans le cas d’une mutation où le nouveau-né meurt peu de temps après la naissance voire quelques jours après. Mais, dans le cadre de ce projet, pour éviter que la femelle gestante souffre de complications et pour minimiser la souffrance ou l’inconfort, les embryons ou les fœtus seront prélevés un jour avant leur mort anticipée ou un jour avant la naissance.
Devenir
Les fœtus à E14.5 et à E18.5 sont euthanasiés pour les analyses histologiques ou biologie moléculaire.
Remplacement
Le modèle animal est le seul qui nous permet d’étudier dans son ensemble les effets des gènes d’intérêts sur les fonctions vitales ainsi que le développement. Le développement de maladies congénitales, dont on ne connait à priori pas la nature avant de les avoir observées ne peut pas être remplacée par une autre approche que l’expérimentation animale.
Réduction
Cette stratégie permet de réduire le nombre d’animaux utilisés car les stades sont choisis à des moments clés pour la survie et permettent d’éviter la dissection au hasard afin de déterminer le stade de létalité. Nous suivons aussi la gestation des femelles grâce à un examen échographique, et cela permet d’euthanasier uniquement les femelles dont nous avons besoin c’est-à-dire gestantes et pas des non gestantes (car à des stades embryonnaires précoces, la détermination de la gestation par palpation est sans garantie). Les nombres d’animaux sont calculés au plus juste pour satisfaire aux exigences en matière de réduction du nombre d’animaux utilisés tout en assurant la qualité des résultats obtenus et la robustesse de leur validité statistique.
Raffinement
Tout est mis en œuvre pour le bien-être des animaux, la surveillance de l’état de santé et des actions appropriées sont réalisées à l’animalerie si nécessaires (soins, analgésie, …). Une attention particulière sera aussi appliquée lors du test de viabilité sur les fœtus qui ne dépassera jamais une heure. Ce test nécessite la sortie de fœtus de la mère et leur isolement, ce qui entraîne nécessairement un stress et une angoisse. Nous nous appliquerons à réduire ce stress au minimum en gardant les fœtus proches les uns des autres sur une plaque chauffante afin d’éviter une hypothermie et en limitant leur manipulation au stricte nécessaire.
Choix des espèces
De par sa petite taille, ses nombreuses ressemblances génétiques avec l'Homme, et les facilités de modification de son génome, la souris est un excellent modèle pour appréhender la physiopathologie des maladies humaines. Par ailleurs, le développement embryonnaire normal de la souris est décrit très en détail ce qui en fait un modèle de choix. Le stade 18.5 jpc est choisi comme point de départ car c’est le stade qui précède la mise bas et les foetus normaux sont déjà viables pour le test d’adaptation à la vie extra-utérine. Le stade 14.5 jpc correspond à l’achèvement de l’organogenèse.
Conséquences de l’alcoolisation foetale sur un modèle génétique murin
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
280 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Des femelles gestantes reçoivent des injections d'alcool en fin de gestation, puis leurs souriceaux subissent des mesures cardio-respiratoires, des tests psychomoteurs et des séparations maternelles jusqu'au onzième jour de vie, avant d'être tués pour prélever leurs organes, les mères étant tuées après la mise bas. Le porteur indique que l'alcoolisation fait perdre aux femelles la coordination de la marche et que la séparation maternelle est une source de stress pour les souriceaux. Il affirme que l'étude des effets moteurs et cognitifs de l'alcoolisation foetale passe par un "organisme entier" et ne peut être évitée.
Objectifs
Dans l'altération de l’environnement fœtal, notre objectif est de caractériser l’impact d’une alcoolisation fœtale importante au dernier trimestre de la grossesse. L'alcoolisme foetale est la première cause d'handicap mental non génétique. Le placenta est perméable à l'alcool qui arrive alors au foetus dont le foie n'a pas l'efficacité pour l'éliminer. Il est ainsi exposé plus longtemps aux effets toxiques de l'alcool. Nous souhaitons évaluer et comprendre les fonctions du gène Hsf2, un gène important pour la réponse au stress dont le stress lié à l'alcool. Pour cela, nous utilisons un modèle génétique murin dépourvu de ce gène. Nous étudierons les conséquences physiologiques, motrices et cognitives dès la naissance des souriceaux issus de mères alcoolisées. Nous comparons les résultats obtenus avec les souriceaux issus de mères non alcoolisées. A ce jour, la France compte encore environ 15000 naissances avec des troubles causés par l'alcoolisation foetale. Les retombées de ce travail sont ainsi directement utiles en terme de prévention et d’implications thérapeutiques.
Bénéfices attendus
Résultats attendus : Les conséquences d’une alcoolisation fœtale pourraient être plus étendues avec des atteintes précoces motrices, cognitives et physiologiques. Nous préciserons les fonctions du gène Hsf2 dans ces atteintes. Les retombées de ce travail sont directement utiles en terme de prévention et d’implications thérapeutiques.
Procédures
Sur les femelles gestantes : injection intrapéritonéale (au quart cadran inférieur de l'abdomen) d'alcool ou de solvant servant à diluer l'alcool au 15ème jour de gestation (deux fois espacés de 8h) et un fois au 16ème jour de gestation - Aucun prélèvement sur animaux vigiles - Aucune procédure chirurgicale, Sur les soucriceaux : des mesures cardio-respiratoires (30 min une fois à un jour de vie, 30 min une fois à deux jours de vie, 50 min une fois à 8 jours de vie), bilan psychomoteur de 7 à 11 jours de vie à l’aide de 3 tests distincts répétés 2 fois, chaque test dure 20 secondes, enregistrement des sons émis par l’animal (une fois à 8 jours de vie, pendant 3 min)
Impact sur les animaux
L'alcoolisation de la mère ne modifie pas la prise de poids ni la température corporelle au cours de la gestation. Ce que l'on peut constater est un retard de mise bas chez les femelles alcoolisées et dans ce cas les petits ne rentreront pas dans le protocole. La modification de ces deux variables (la modification corporelle (poids et température = variable 1) et le retard de mise bas (variable 2) constitue un signe de souffrance et/ou de modification inattendue dans la procédure et nous tenons à les prendre en compte. Titubation des femelles alcoolisées : les femelles alcoolisées perdent temporairement la coordination de la marche sous l’effet de l’alcool. Ces femelles retournent en pièce d'hébergement si et seulement si elles recouvrent une marche coordonnée normale. Nuisance post-natale : séparation maternelle (durée maximale de 50 min en condition de thermoneutralité pour les mesures physiologiques, 10 min pour le test de préférence maternelle, 3 min pour la mesure des vocalisations ultrasoniques), les souriceaux sont libres de se mouvoir pour toutes les mesures/observations effectuées.
Devenir
Les souriceaux sont maintenus en vie jusqu'à 11 jours, jour de la fin des expériences. IIs seront euthanasiés et les organses sont récupérés en post-mortem pour une étude histologique. Les mères traitées sont euthanasiées après la mise bas. Comme nous nous intéressons sur l'empreinte que peut laisser l'alcoolisation, les mères ne seront pas réutilisées, elles sont euthanasiées après la mise bas selon la methode règlementaire par un personnel qualifié.
Remplacement
L'étude préclinique concerne l'expérimentation animale et permet d'obtenir les informations de toxicité notamment dans l’alcoolisme maternel. Pour étudier les effets de l'alcoolisme foetale sur le plan physiologique, moteur et cognitif, l'utilisation d'un organisme entier est pertinente et ne peut être évitée.
Réduction
Nous utilisons l'effectif minimal qui permet d'avoir une puissance statistique pour tester nos hypothèses. Nous privilégions une étude longitudinale c'est à dire que nous suivons les souriceaux sur plusieurs jours ce qui réduit le nombre d'animaux utilisés. Un groupe expérimental nécessite 30 souriceaux pour mettre en évidence une différence biologiquement significative. Cet effectif découle de nos expériences. Toutefois, cet effectif peut être réduit si au cours des analyses intermédiaires, un effectif plus faible permet de tester les hypothèses.
Raffinement
Nous utilisons des techniques de mesures non invasives et contrôlées (mesure moins d'une heure, température 32-33°C dans les chambres de mesure) pour minimiser une possible angoisse des animaux. Les cages avec les portées sont enrichies en papier absorbant doux pour le nid. La séparation maternelle n'excède pas l'heure. Une surveillance quotidienne visuelle est assurée tous les jours. Un suivi clinique est assuré les jours avec protocole de test prévu (poids, température, mobilité des souriceaux, aspect des poils). En somme, nous avons établi une liste de points limites intermédiaires basées sur le comportement et l'aspect des animaux qui conduit à la mise en place d'action adaptée et précoce permettant de diminuer la souffrance.
Choix des espèces
Choix de l'espèce souris : largement utilisée dans l'étude des mécanismes physiopathologiques d'une maladie génétique, souris transgénique disponible pour étudier le rôle d'un gène, organisme entier pour étudier les conséquences de l'alcoolisation sur les descendances Stades de développement : Pour l'alcoolisation foetale, il s'agit de cibler les conséquences d'une consommation excessive d'alcool en fin de gestation. Pour les souriceaux, il s'agit de déceler précocément les modifications induites par l'alcoolisme foetale. Tests psycho-moteurs et cognitifs choisis avant l'ouverture des yeux
Analyse in vivo des conséquences neuro-developpementales induites par l’expression de formes mutantes du gène Ago2 issues de patients
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
300 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les souriceaux d'un jour sont anesthésiés pour recevoir de l'ADN par électroporation dans les neurones du bulbe olfactif, puis tués entre deux et vingt-huit jours plus tard par perfusion intracardiaque après surdose d'anesthésique. Le porteur affirme pratiquer cette électroporation en routine depuis une douzaine d'années sans jamais avoir observé d'effet nuisible conséquent, et juge très limité le stress de l'injection intrapéritonéale. Il indique que la culture in vitro ne convient pas et retient la souris comme seul mammifère permettant les tests génétiques recherchés, pour éclairer le rôle de mutations du gène Ago2 identifiées chez des patients.
Objectifs
Certaines mutations du gène Ago2 chez des patients humains provoquent dans l’embryon des anomalies de formation des neurones (neurogenèse) conduisant ultérieurement à l’apparition de déficits cognitifs. Le présent projet cherche à comprendre les mécanismes qui conduisent les mutations du gène Ago2 à provoquer ces anomalies. Pour mener cette étude, nous utiliserons un modèle de neurogenèse (formation de nouveaux neurones) particulier chez la souris : la formation de nouveaux neurones dans le bulbe olfactif. Ce modèle de neurogenèse, qui perdure tout au long de la vie de l’animal, autorise la modification de l’expression des gènes au cours du processus. Ainsi, en utilisant ce modèle nous pourrons étudier les conséquences de l’expression induite des formes mutantes du gène Ago2 au cours de la neurogenèse sur les propriétés des jeunes neurones qui en sont issus.
Bénéfices attendus
La meilleure compréhension des mécanismes conduisant aux anomalies de formation des neurones liés aux mutations du gène Ago2 est susceptible d’aboutir au développement de nouveaux traitements permettant d’atténuer les effets de ces mutations. Ce projet permettra aussi de mieux comprendre la fonction du gène Ago2 dans les neurones en développement.
Procédures
Pour l'étape d'électroporation, les 300 animaux de ce projet seront traités avec le même protocole: les souriceaux âgés de 1 jour seront anesthésiés et de l'ADN sera introduit par électroporation dans les jeunes neurones du bulbe olfactif en développement. L’ensemble de ces actes ne dure que 30 secondes. Les souriceaux seront réveillés progressivement en les ramenant à une température de 37°C et replacés auprès de leur mère. Les animaux seront euthanasiés à différents temps après l'électroporation par perfusion intracardiaque après injection d'une surdose d'anesthésique. De plus, les animaux du lot 1 recevront une injection intrapéritonéale d'une solution non dommageable 2 heures avant perfusion.
Impact sur les animaux
Les procédures sont appliquées sur des animaux nouveaux-nés qui sont euthanasiés entre 2 et 28 jours après électroporation. Nous pratiquons l’électroporation de cerveau en routine depuis une douzaine d’années et nous n’avons jamais observé d’effets nuisibles conséquents à cet acte sur l'état de santé et le bien être des animaux. Concernant l’injection par voie intrapéritonéale, l’acte entraine probablement un stress des animaux mais au regard de la durée extremement courte de l’intervention (moins d’une minute) nous pouvons estimer que le stress et la douleur induits par l'introduction de l’aiguille sont très limités dans le temps. Les produits injectés n’entrainent pas d’effet indésirable sur les animaux.
Devenir
A l’issue de chaque procédure, les animaux seront euthanasiés afin d’analyser au niveau histologique le devenir des jeunes neurones modifiées génétiquement.
Remplacement
Les jeunes neurones peuvent être cultivés in vitro. Cependant nous savons que in vivo leur prolifération et leur développement en neurones matures sont contrôlées par des facteurs extrinsèques ou environnementaux que nous ne savons pas reproduire in vitro. Ces facteurs sont sécrétés par exemple par les cellules gliales ou celles du système vasculaire. D'autre part nous ne sommes pas capables de cultiver suffisamment longtemps les progéniteurs neuronaux et les jeunes neurones qui en découlent pour leur faire atteindre un niveau de maturité suffisant pour qu'ils puissent entrer en communication avec d'autres neurones. Or il est fortement suggéré que les anomalies chez les patients causées par des mutations du gène Ago2 soient dues, au moins en partie, à un défaut de connectivité entre neurones. Pour ces raisons, le modèle de la culture in vitro n'est pas approprié à ce projet.
Réduction
Nous utiliserons une approche expérimentale simple et rapide qui permet de modifier l’information génétique des jeunes neurones directement dans le cerveau de souris nouveau-nés sans avoir besoin de créer des animaux transgéniques. Cette méthode par électroporation des cerveaux in vivo est utilisée en routine depuis plusieurs années dans le laboratoire. Grâce à notre expérience et notre maitrise de cette technique, notre taux de réussite est optimal et la variabilité entre échantillons réduite au minimum. Les résultats seront analysés par des tests statistiques dédiés aux petits échantillons (tests non paramétriques) que nous maitrisons grace aux formations en biostatistique que nous avons suivies. Les animaux des 2 sexes seront utilisés pour ces expériences.
Raffinement
Selon les recommandations règlementaires, les souris sont élevées en groupes sociaux, dans des environnements enrichis par la présence de tunnel en carton, carré de coton et dôme pour la nidification, au sein d’une animalerie dont les paramètres physiques et sanitaires sont strictement contrôlés. Six personnes sont dédiées à l’organisation, l’entretien des élevages et le soin des animaux. Les animaux sont systématiquement anesthésiés avant toute procédure. Après l’expérimentation, ils sont hébergés dans une salle spécifiquement dédiée à la stabulation postexpérimentation, avec un suivi clinique quotidien. Les souriceaux d’une portée continuent d’être élevés tous ensemble avec leur mère. Tout au long de l’expérimentation et de la surveillance post-expérimentation nous nous attacherons à reconnaître douleur et anxiété et à les soulager si elles apparaissent, à agir lorsque les points limites prédéfinis sont atteints, à noter les observations faites et les actions entreprises.
Choix des espèces
Le projet vise à reproduire et à étudier le mécanisme d'apparition de défauts de développement et/ou de fonctionnement des neurones exprimant une forme mutante d’Ago2. Nous privilégions donc un modèle de mammifère pour ce projet. Chez les mammifères, seule l’espèce souris permet de réaliser des tests génétiques sophistiqués tels que ceux décrits dans ce projet. Les animaux seront électroporés à 1 jour après leur naissance (stade P1) car c'est à ce stade que l'efficacité d'électroporation est optimale. Les animaux ayant subi l'électroporation seront euthanasiés pour analyse aux stades P3 (jour 3 après la naissance, les jeunes neurones électroporés sont en pleine phase de prolifération), P15 (jour 15 après la naissance, à ce stade la majorité des neurones électroporé ont atteint le bulbe olfactif mais restent immatures) ou P29 (29 jours après la naissance, les neurones électroporés sont complètement matures).