Biologie du développement
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CRAFT (CeRveAu – Folate –Toxique)
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- Système nerveux
704 rats vont être utilisés, la quasi-totalité tués à l'issue et les 64 mâles reproducteurs transférés vers l'enseignement, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Des femelles gestantes sont gavées de dioxine, une molécule tératogène, et leurs ratons subissent des tests comportementaux d'anxiété, d'activité et de sociabilité, pour étudier l'effet combiné d'une carence en folate et d'un polluant sur le développement cérébral et les troubles du spectre autistique. Le porteur indique un risque de perte de nouveau-nés et de malformations graves, et reconnaît qu'aucune donnée n'existe sur l'effet synergique recherché. Il affirme qu'aucun modèle cellulaire ne rend compte des effets liés au sexe ni de ceux sur la descendance et juge l'organisme entier nécessaire.
Objectifs
Selon l’OMS, l’exposition aux perturbateurs endocriniens et la carence en folate (vitamine B9) représentent des problèmes majeurs de santé publique, d’autant plus que cette dernière représente l'une des carences nutritionnelles les plus fréquentes. Selon la dernière étude ESTEBAN publiée par Santé Publique France en 2019, la prévalence du risque de déficit en folates sériques chez les femmes en âge de procréer a quasiment double ces dix dernières années. Les effets délétères de la carence en folate sur le développement du tube neural sont largement décrits et ont conduit aux recommandations de l’OMS visant à supplémenter les femmes en période péri-conceptionnelle en prévention du spina bifida (anomalie de fermeture du tube neural). En accord avec l’hypothèse de la programmation fœtale, la carence précoce en folate a également un impact sur le développement cognitif de l’enfant et l’apparition de troubles du spectre autistique (dont fait partie l'autisme). L’exposition chronique aux polluants environnementaux en période de procréation, de gestation et périnatale joue également un rôle déterminant dans le développement de ces pathologies neurologiques. Les toxiques environnementaux et les perturbateurs endocriniens réduisent l’expression des gènes des transporteurs du folate. Ceci signifie qu’une exposition chronique à de telles molécules (nombreuses et de nature variée) pourrait contribuer à la carence cérébrale en folate par défaut de transport à travers les interfaces sang-cerveau (barrière hématoencéphalique et plexus choroïdes). Notre projet vise à tester l’hypothèse selon laquelle une carence précoce en folate peut être amplifiée par l’exposition à des facteurs environnementaux entraînant une altération du développement cérébral postnatal, en affectant le transport des folates au niveau des interfaces sang-cerveau. Les objectifs sont donc les suivants : 1. Quel est l’impact respectif et combiné d’une déficience précoce en folate et de l’exposition à un polluant (la dioxine) sur le contenu en folate et les intermédiaires de son métabolisme, et la neurogenèse postnatale dans le cerveau ? 2. Cet effet respectif et combiné de la déficience et de l’exposition résulte-t-il d’une altération du transport de folate au niveau des interfaces sang-cerveau ? 3. L’altération du transport de folate peut-elle constituer un test prédictif de toxicité sur le développement cérébral ?
Bénéfices attendus
Notre projet vise à étudier les interactions entre deux facteurs d’exposition : un déficit nutritionnel (déficit en folate) et une exposition à un polluant chimique et leurs conséquences sur le développement cérébral. Il présente un intérêt particulier pour illustrer la pertinence de ces interactions en santé publique dans la mesure où il ouvre la voie à des solutions de prévention des impacts de cette double exposition sur l’apparition de désordre neurologiques, notamment les troubles du spectre autistique.
Procédures
L'ensemble des femelles de la pré-étude et de la phase 2 (soit au total 12+52 animaux) recevront soit de l’huile de maïs neutre, soit de la dioxine diluée dans de l’huile de maïs, par gavage gastrique, à raison d’une prise au 8ème jour et une seconde au 15ème jour de gestation. De plus, les femelles de la phase 2 uniquement (N=52) subiront un unique prélèvement sanguin par une incision au bout de la queue sous anesthésie à l’isoflurane 4%/air, 3 jours avant les accouplements. Le prélèvement ne dépassera pas les 2 minutes par animal. Enfin, les ratons de la série 2 (N=288) réaliseront différents tests comportementaux permettant d’étudier les différents traits des troubles du spectre autistique (hyperanxiété, hyperactivité, stéréotypies et comportement social anormal). La durée des tests n’excèdera pas 30 minutes par raton, et ils seront replacés dans leur cage d’hébergement entre chaque test. Lors de ces tests, une partie est réalisée de manière précoce (avant J14), et dans ce cas, un même raton n'est retiré que 2x maximum par jour de la portée afin de réaliser ces tests (maximum 3h entre les 2 tests). Les animaux seront hébergés à 2 individus par cage à l'âge adulte et les ratons issus de la reproduction seront séparés selon le sexe à l'âge de J30. Seuls les pères seront individualisés dans des cages d'hébergement, après la reproduction. Avant le sevrage, les animaux utilisés pour les tests comportementaux sont retirés au maximum 5 minutes pour les tests, et leur manipulation se fera avec précaution et par du personnel habitué et habilité. Un raton passera au total 120 minutes dans les tests de comportement. Les ratons issus des reproductions de la phase 2 (séries 3 et 4) seront séparés pour leur hébergement selon leur sexe à partir de J30, à raison de 2 animaux par cage.
Impact sur les animaux
La dioxine (TCDD, 2,3,7,8-Tetrachlorodibenzo-p-dioxine) est classée comme molécule tératogène. Nous estimons que ce traitement peut perturber le devenir des embryons, voire entraîner des malformations à la naissance. La dose utilisée dans le cadre de ce protocole sera inférieure à la dose létale 50 orale estimée à 20 µg/kg chez le rat (fiche de données de sécurité Sigma-Aldrich) et déterminée grâce à la phase 1 (pré-étude) et les recommandations des partenaires du projet CRAFT dans lequel s'inscrit ce protocole, experts reconnus de la mise en œuvre de modèles murins d'exposition chronique à la dioxine. Concernant la carence en folate dont nous avons l'expertise à travers les modèles animaux développés dans notre laboratoire depuis plusieurs années, il existe un très faible risque (moins de 15%) de perte de nouveau-nés et d’apparition de malformations graves. Concernant l'effet synergique de la carence en folate et l'exposition à la dioxine, il n'existe aucune donnée dans la littérature. La phase 1 du projet permet d'anticiper les effets liés à la dose de dioxine administrée aux femelles. La dose la moins toxique et permettant l'activation du AhR et l'induction le CYP1A1 sera utilisée pour la phase 2. Dans le cas où le nombre de ratons dans une portée n'est pas suffisant et que des réadoptions de femelles du même groupe ne sont pas envisageables, nous adapterons le protocole en fonction.
Devenir
L’ensemble des femelles reproductrices et descendants (N=704), hormis les mâles reproducteurs (N=64) qui peuvent être replacés, sont mis à mort à différentes périodes du protocole (J3, J21, J65, J120). Les animaux classés en procédure légère comprennent les mères des groupes contrôles et les petits issus de ces mères (17 mères Ctrl (4 pour la phase 1 + 13 pour la phase 2) + 170 ratons issus de ces femelles (estimation de 10 ratons par portée), soit un total de 187 animaux classés en procédure légère). Le reste des animaux de ce projet sont classés en procédure modérée du fait des effets de la carence en folate et/ou de la dioxine. Cela comprend 2 groupes de 4 femelles de la phase 1 (soit 8 animaux), 3 groupes de 13 femelles de la phase 2 (soit 39 animaux), ainsi que les ratons issus de ces femelles (avec toujours une estimation de 10 ratons par femelle), soit 470 ratons (80 pour la phase 1 et 390 pour la phase 2). Pour la procédure modérée, nous avons donc 517 animaux. Les ratons de la série 3 effectueront des tests de comportement dont les tests précoces qui s’enchaîneront rapidement, ce qui fait que les ratons seront manipulés fréquemment. Un retour à la litière maternelle et du repos entre chaque test est prévu afin de ne pas engendrer de mal-être chez l’animal, et de ne pas influencer les tests de comportement réalisés. Les autres animaux ne subiront aucune procédure (ni tests de comportement, ni prélèvement sanguin). Les femelles des groupes de la phase 2 uniquement auront un unique prélèvement sanguin 3 jours avant l’accouplement grâce à une petite incision au bout de la queue et sous anesthésie à l’isoflurane 4%/air, ainsi que 2 gavages (neutre ou en présence de dioxine), c'est pourquoi elles font partie de la classe modérée. Les mâles reproducteurs n'étant utilisés que pour la reproduction, ils seront replacés à l’issue du protocole.
Remplacement
Pour la partie « Carence en folate », il existe des modèles cellulaires basés sur l'utilisation de milieux de culture spécifiques. Cependant, ce type d’expérimentation ne permet pas de discriminer les effets liés au sexe des individus, ni de voir de potentiels effets sur le développement de la descendance (effets transgénérationnels). Il en va de même pour les modèles cellulaires traités à la dioxine. Il serait tout à fait envisageable de combiner les 2 modèles cellulaires afin de voir l’effet combiné des 2 traitements, et c’est ce qui est réalisé en parallèle du modèle animal. En revanche, il ne nous permet toujours pas d’apprécier les différences liées au sexe, ni les effets transgénérationnels. Compte-tenu des traitements des femelles, il n’existe pas actuellement de modèle de remplacement mimant la carence en folate combinée à l’exposition à la dioxine sur organisme entier et de manière transgénérationnelle.
Réduction
Afin de limiter l’utilisation des animaux à des fins scientifiques, les mâles reproducteurs de ce protocole seront replacés à des fins d’enseignements. Enfin, il s’agit ici d’une phase de caractérisation du modèle, nous permettant de vérifier les effets de la carence sur une nouvelle souche et de réaliser l’ensemble des analyses biochimiques, de biologie moléculaire sur les prélèvements tissulaires et les microvaisseaux cérébraux isolés. Ce protocole contient également des tests de comportement qui permettront d’apprécier les traits des troubles du spectre autistique (hyperactivité, hyperanxiété, stéréotypies et comportement social anormal). L’effectif total des animaux inclus dans ce projet a été calculé pour que les résultats atteignent la puissance statistique de 0.8 classiquement utilisée dans ce type d’étude. Les ratons d’une même portée n’étant pas considérés comme des sujets indépendants, c’est la portée qui sera dès lors considérée comme unité expérimentale ainsi que la littérature le préconise.
Raffinement
Dès leur arrivée, les animaux sont acclimatés pendant 10 jours à leur nouveau lieu d’hébergement. Ce dernier est en alternance jour/nuit de 12h. Les animaux sont hébergés à 2 animaux par cage et auront des buchettes en bois pour entretenir leurs réflexes de rongeurs (sauf pour les ratons, puisqu’ils feront des tests comportementaux). Les pesées des animaux se font toutes les semaines au moment du change des cages d’hébergement et un suivi quotidien du bien-être est également réalisé. À la suite des prélèvements sanguins, les soins primaires sont effectués par le technicien en expérimentation animale (nettoyage de l'incision avec un savon antiseptique et désinfection à la chlorhexidine). Aucune de nos procédures expérimentales n’est censée provoquer de blessure ou de douleur. Si des signes de souffrance apparaissent, une surveillance accrue sera réalisée, et une petite coupelle contenant du lait concentré et du méloxicam sera donnée. À la suite des accouplements et à la détection de la fécondation, les femelles sont séparées et du matériel pour la nidification sera déposé dans la cage. De plus, à la suite du traitement des mères (carence et/ou administration de dioxine), il est préférable de limiter la portée pour le bien-être de la mère et des ratons. Un nombre trop élevé pourrait mener à une absence de lien mère-raton et générer un mal être chez ses animaux. Sur toute la duréée du projet, des points limites appropriés et précoces ont été élaborés, à savoir la perte de poids (ou l'absence de prise de poids pour les femelles en période de gestation) pour l'ensemble des animaux, ainsi que l'aspect des selles pour les femelles traitées.
Choix des espèces
Le projet de recherche fait appel à des analyses histologiques, biochimiques et moléculaires en lien avec des régimes nutritionnels spécifiques et l’exposition à un polluant chimique. Il se concentre notamment sur le développement cérébral qui est altéré à la suite d’une carence nutritionnelle en folate, et qui pourrait l’être encore davantage avec une exposition à un polluant. L’effet synergique de ces 2 facteurs d’exposition pourrait être à l’origine de l’apparition de désordres neurologiques. Les conséquences de cette interaction seront analysées sur le cerveau des descendants, le foie, les reins et les surrénales, la graisse et sur le plasma de tous les animaux impliqués dans l’étude. Ces observations ne peuvent pas être réalisées à l’aide de modèles cellulaires, et dans la littérature scientifique, l’utilisation des rats est reconnue comme étant un bon modèle pour ce type d’études. De plus, il s’agit du modèle précédemment utilisé pour l’étude des conséquences des carences gestationnelles en folate au sein du laboratoire. Les femelles adultes sont utilisées à l’âge de 2 mois car elles seront soumises à des régimes spécifiques 1 mois avant l’accouplement, pendant la gestation, et jusqu’à la période de sevrage des ratons. Le traitement à la dioxine se fait uniquement pendant la gestation. Les mâles reproducteurs seront replacés pour d’autres protocoles ou des travaux pratiques, car non nécessaires aux analyses biochimiques. Les ratons quant à eux, seront utilisés à l’âge de 3 jours (J3, période de forte plasticité cérébrale), 21 jours (J21, période de sevrage) et 65 jours (J65, période de maturité cérébrale), car il s’agit des périodes les plus adaptées pour étudier toutes les structures cérébrales qui sont encore en phase de développement et de maturation neuronale en période post-natale, notamment le cervelet.
Effet de l’intensité lumineuse sur le développement et la croissance de Sepia officinalis
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Organes sensoriels
- Système nerveux
700 seiches juvéniles vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les animaux subissent une exposition lumineuse continue de douze heures pouvant induire un stress, puis sont anesthésiés et tués pour prélever cerveau, lobe optique et yeux. L'objectif relève de la recherche fondamentale sur l'effet de la lumière sur le développement de la seiche. Le porteur affirme qu'il n'existe pas d'alternative in vitro pour étudier un "organisme entier".
Objectifs
L’intensité lumineuse et le type de lumière ont des effets sur le développement du système nerveux. Ce projet a pour objectif de tester l’effet de l’éclairement sur le développement et la croissance après éclosion des juvéniles de seiche, Sepia officinalis, une espèce de mollusque aux comportements élaborés. Il s’agit plus précisément de déterminer si la photosensibilité et la neurogenèse varie lorsque l’animal est éclairé par des sources lumineuses artificielles différentes en terme quantitatif (intensité) et qualitatif (LED versus néons T5). Ce projet permettra de mieux comprendre comment le développement du système nerveux central (cerveau et lobes optiques de la seiche) peut être modifié par la source lumineuse afin d’inférer des hypothèses évolutives et fonctionnelles sur l’influence du facteur lumière sur l’acquisition de comportements élaborés.
Bénéfices attendus
Il s’agit d’identifier si la lumière est un facteur important voire essentiel au développement et à la croissance du système neuro/photosensoriel permettant la mise en place des capacités cognitives chez la seiche dont le système nerveux est analogue à celui des vertébrés. Les résultats attendus sont de déterminer l’intensité et le type de lumière permettant une mise en place du système nerveux sans « défaut » et a contrario de voir si certains types et intensité lumineuses sont néfastes pour la neurogenèse et donc les comportements. Par ailleurs, les résultats permettront d’optimiser les conditions d’élevage de cet animal d’intérêt économique pour lequel aucune aquaculture n’est encore possible
Procédures
Les animaux ne subissent aucune intervention avant leur mise à mort. Lorsqu’ils sont retirés des bacs, ils sont immédiatement transférés dans un récipient, anesthésiés, puis mis à mort
Impact sur les animaux
L’irradiation continue sur 12h peut induire un stress.
Devenir
Pour étudier l’expression des gènes dans les tissus, il est nécessaire que les organes soient extraits et fixés, ce qui implique la mise à mort des animaux. Il n’est pas possible de prélever une partie de l’animal sans causer des dommages irréversibles (pas de survie après prélèvement des yeux, du cerveau entre autres).
Remplacement
Ce projet est un projet de recherche fondamentale qui cherche à déterminer, par une approche physiologique globale, l’effet de la lumière sur le développement et la croissance des organes photosensibles (cerveau, lobe optique, yeux) d’un organisme entier, en lien avec le comportement. Il n’y a pas d’alternative in vitro à l’heure actuelle.
Réduction
Le nombre de juvéniles est réduit mais optimisé pour cette expérimentation afin d’éviter de la répéter ultérieurement si les résultats n’étaient pas satisfaisants. Le nombre de 5 échantillons est le minimum adéquat pour garantir une puissance statistique suffisante pour examiner les variations d’expression. Les « qualités » des échantillons sont très inégales. Le nombre d’animaux prend donc en compte ce fait ainsi que le nombre de gènes à tester, et les variabilités intra expérimentales (correspondant à la variabilité biologique) afin de respecter les limites acceptables de la validité scientifique. Pour les estimations de neurogenèse, la variabilité interindividuelle peut être plus importante et les différences attendues entre deux intensités sont faibles. Chaque étape de prélèvement nécessite donc au total 20 individus. Nous utiliserons le test de Wilcoxon-Mann-Whitney pour estimer s’il y a une différence significative entre les niveaux d’expression hauts et bas pour un point donné.
Raffinement
Les juvéniles éclos auront un enrichissement environnemental varié à disposition dans les bacs sous la forme de cachette diverses (tube et pièces de PVC, « cabanes »…) leur permettant de se cacher comme en milieu naturel. Ils sont nourris à satiété avec des crevettes de taille adaptée (mysis sp.). L’intensité lumineuse maximale appliquée reste inférieure à l’irradiation maximale en plein soleil. Les constantes physico-chimiques (température, salinité, pH, oxygène) sont contrôlées quotidiennement sur toute la durée du développement. Une observation quotidienne permet de s’assurer du bon état physiologique, morphologique et comportemental des juvéniles. Les animaux qui présenteraient des anomalies comportementales (flottaison, immobilisme, blessure), seront écartés et immédiatement mis à mort par surdose d’éthanol. Une grille de suivi des animaux et une table scorée pour les manifestations de stress et de souffrance est mise en place et permet de décider de l’intervention (voir annexe). Au bout d’une semaine (puis 2, 3, 4 et 8), 20 juvéniles sont prélevés dans chaque bac. Afin de limiter le stress et la souffrance supposée des juvéniles, ils sont transférés délicatement et rapidement dans un récipient contenant de l’eau de mer du système d’élevage jusqu’à une salle adjacente où la mise à mort sera réalisée. Le récipient est mis sur glace ce qui permet un refroidissement progressif, et une anesthésie des animaux par le froid. Ils sont observés jusqu’à constatation d’une léthargie (relâchement pupillaire, le relâchement des bras et du manteau) puis une fois la mort confirmée (arrêt respiratoire); les juvéniles sont alors placés dans le fixateur.
Choix des espèces
La seiche européenne est le seul mollusque possédant un cerveau et des yeux performants, qui pond des œufs sur nos côtes. Contrairement à d’autres espèces de céphalopodes comme les pieuvres, son développement est court (
Analyse de la contribution des macrophages lors du développement du réseau vasculaire lymphatique oculaire de la souris.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système cardiaque
136 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Des souriceaux nouveau-nés reçoivent une injection sous-palpébrale dans chaque œil, sous analgésie par le froid sur de la glace, avec un risque de rejet par la mère au retour au nid, avant d'être tués pour disséquer leurs yeux. L'objectif relève de la recherche fondamentale sur le rôle des macrophages dans le développement du réseau lymphatique de l'œil. Le porteur affirme qu'"aucune alternative in vitro ou in silico n'existe" et que l'approche in vivo est nécessaire.
Objectifs
Les vaisseaux lymphatiques sont complémentaires des vaisseaux sanguins. Ils jouent un rôle important dans l’évacuation des déchets ainsi que la surveillance immunitaire au sein des organes et tissus. Ils transportent les cellules immunitaires et participent à l’activation de la réponse immunitaire. Une place de plus en plus importante du réseau vasculaire lymphatique apparaît dans le cadre des atteintes et troubles oculaires. La formation de nouveaux vaisseaux lymphatiques (lymphangiogenèse) a ainsi été observée dans les pathologies inflammatoires de l’œil (syndrome de l’œil sec, allergies oculaires, etc..). L’implication de ces vaisseaux dans le drainage de l’humeur aqueuse de l’œil et la régulation de la pression intraoculaire, facteur de risque majeur associé au développement du glaucome, a été également proposée. Une contribution de macrophages (cellules immunitaires impliquées dans la défense de l’organisme contre les substances étrangères ou les agents pathogènes) dans la lymphangiogenèse associée à plusieurs situations pathologiques a été décrite chez l’homme. L’objectif de ce programme est d’analyser si les macrophages peuvent également contribuer de façon directe et/ou indirecte à la formation du réseau lymphatique au cours des étapes précoces du développement. La compréhension et caractérisation des mécanismes impliqués dans le développement et la formation des vaisseaux lymphatiques oculaires est nécessaire pour élaborer des stratégies thérapeutiques ciblant ces vaisseaux lymphatiques.
Bénéfices attendus
Les résultats de ce projet permettront de définir si les macrophages exercent un rôle majeur au cours du développement du réseau lymphatique de l’oeil dans le modèle d’étude murin. Ils permettront d’appréhender en particulier si les macrophages peuvent constituer une source alternative de cellules endothéliales lymphatiques, cellules qui tapissent les vaisseaux lymphatiques. Comme indiqué précédemment, ces nouvelles connaissances permettront de mieux cibler la formation des vaisseaux lymphatiques lors de l’élaboration de stratégies thérapeutiques visant à interférer avec la formation de ces vaisseaux dans les pathologies oculaires.
Procédures
Injection sous-palpébrale (1 seule injection par œil de durée limitée : 5 à 10 secondes)
Impact sur les animaux
Les effets indésirables attendus concernent : -la douleur qui pourrait être ressentie lors de la piqure pour l’injection, malgrè l’analgésie par le froid qui sera pratiquée ; -le rejet potentiel par la mère après retour dans le nid ; -le stress lié à la manipulation des souriceaux ainsi qu’à la variation des températures se produisant lors de l’analgésie par le froid
Devenir
L’ensemble des animaux utilisés dans la procédure décrite sera euthanasié afin de pouvoir procéder aux analyses des conséquences du traitement sur les macrophages et les vaisseaux lymphatiques oculaires après prélèvement et dissection des yeux.
Remplacement
Aucune alternative in vitro ou in silico n’existe à ce jour. Ces études fondamentales qui concernent le développement des vaisseaux lymphatiques nécessitent une approche in vivo. L’objectif du projet étant d’analyser ce développement après l’administration d’un traitement visant à supprimer les macrophages pour analyser leur contribution, ce traitement doit être au préalable réalisé et avoir produit ses effets avant d’euthanasier les animaux pour en analyser les conséquences.
Réduction
La molécule utilisée pour détruire sélectivement les macrophages, a une action effective seulement 24h post-administration voire quelques jours post-administration selon le tissu et le mode d’administration utilisé. C’est pourquoi l’euthanasie des animaux pour caractériser le réseau lymphatique nouvellement formé sera réalisée à Jour 2, Jour 3, Jour 5 et Jour 7 après l’injection, période au cours de laquelle se développe ce réseau vasculaire. Afin de tenir compte du principe de réduction du nombre d’animaux utilisés tout en évitant de compromettre l’obtention de résultats statistiquement significatifs, il sera utilisé un test statistique pour le traitement des données limitant le nombre de répétitions des expériences. Dans ce contexte, la prise en compte des résultats obtenus antérieurement permet de définir un nombre d’échantillons nécessaires à 8 yeux par groupe d’étude. Par ailleurs, l’œil des animaux étudiés se trouvant fermé aux âges considérés, les 2 yeux de chaque animal seront utilisés, lorsque justifié par l’expérience, dans le but de limiter le nombre d’animaux utilisés. De plus, le nombre d’animaux utilisés pourra être revu à la baisse à l’issue des résultats obtenus lors de la première série de traitement au cours de l’expérience de déplétion des macrophages, en privilégiant l’un des stades de développement proposés (jour 2, jour 3, jour 5 ou jour 7) pour la suite de l’étude.
Raffinement
La douleur potentielle de la piqure sera atténuée par l’analgésie par le froid en positionnant l’animal nouveau-né sur la glace avant la piqure. L’injection est réalisée à température ambiante sous loupe binoculaire permettant de visualiser avec précision le geste effectué. La finalisation du réchauffement du nouveau-né, débutée lors de la manipulation, est obtenue en plaçant celui-ci 2 à 3 minutes sur un tapis chauffant à 37°C avant son retour le plus rapidement possible dans le nid auprès de la mère. Il sera veillé à enduire le corps du nouveau-né avec une goutte d’urine de la mère pour éviter tout risque de rejet
Choix des espèces
Les souris utilisées dans ce projet sont des souris C57BL6/J sauvages. Ce modèle murin est bien caractérisé pour la distribution et le développement du réseau vasculaire lymphatique de la surface de l’oeil. Plusieurs études ont également montré de nombreuses similitudes du modèle souris avec le modèle humain pour la caractérisation des atteintes et troubles oculaires, notamment concernant la formation des vaisseaux ainsi que pour les voies et mécanismes de régulation de la pression intraoculaire. Les animaux utilisés seront des nouveau-nés : Injection à Jour 0 (jour de la naissance) ; Euthanasie à Jour 1 ou Jour 2, Jour 3, Jour 5 et Jour 7 après la naissance, selon l’expérience considérée. Les données de la littérature ainsi que nos observations montrent que les étapes précoces du développement du réseau vasculaire lymphatique de surface de l’œil de la souris C57BL6/J se déroulent au cours des premiers jours après la naissance (entre Jour 0 et Jour 7 après la naissance).
Développement d’un microcospe 3D pour évaluer la qualité embryonnaire
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
231 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue pour prélever leurs gamètes, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles reçoivent deux injections hormonales à quarante-huit heures d'intervalle pour une stimulation ovarienne, certaines femelles âgées de plus de cinquante semaines étant choisies pour produire davantage d'embryons anormaux, afin de développer un microscope 3D évaluant la qualité des embryons en fécondation in vitro. Le porteur ne décrit comme atteinte que la préhension liée aux injections. Il affirme qu'aucun système in vitro ne fournit de gamètes matures et conclut à la nécessité de les prélever sur des souris.
Objectifs
L’un des principaux défis des laboratoires de fécondation in vitro est de sélectionner les embryons qui ont le plus grand potentiel de développement et d’implantation, afin de maximiser les chances d’une grossesse rapide. En effet, au cours du processus de fécondation in vitro de nombreux embryons sont arrêtés dans les divisions initiales ou après l’implantation, et même si les techniques d’imagerie récentes peuvent suivre la cinétique du développement embryonnaire, leur utilisation n’a pas vraiment amélioré les taux de grossesse ou défini des critères clairs pour identifier les meilleurs embryons. L’objectif de ce projet est de développer un microscope holographique neuronal en 3D innovant pour suivre le développement d’embryons vivants directement dans un incubateur. Notre dispositif mesurera les paramètres physiologiques originaux pour identifier de nouveaux marqueurs de la santé embryonnaire préimplantatoire des mammifères et ainsi identifier les embryons ayant les plus grandes chances d’implantation et de développement.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de proposer un nouveau microscope associé à une méthode d'analyse systématique et non invasive de la qualité embryonnaire. Les paramètres de qualité embryonnaire seront définis dans les 3 dimensions, ce qui ne peut etre actuellement visualiser sur les embryoscopes. D'un point de vue médical, seuls les embryons les plus prometteurs en terme de dévloppement pourront être sélectionnés en vue de leur implantation, favorisant ainsi les chances de grossesse.
Procédures
La stimulation hormonale des souris nécessitera l'injection des hormones par voie intra-péritonéale. La stimulation consiste en 2 injections à 48h d'intervalle.
Impact sur les animaux
La stimulation hormonale des souris nécessitera leur préhension.
Devenir
La récupération des gamètes nécessite leur mise à mort
Remplacement
L'étude du développement embryonnaire nécessite la génération des embryons par fécondation in vitro. Il n'existe aucun système de culture in vitro permettant d'obtenir des gamètes matures et fécondables (femelle) ou fécondantes (male). Il est donc nécessaire de récupérer ces gamètes sur des modèles murins ayant atteint leur maturité sexuelle.
Réduction
Le nombre minimal d'animaux sera utilisé dans chaque procédure tout en garantissant une étude statistique correcte. Lorsque les gamètes sont utilisées en fécondation in vitro, la stimulation hormonale des souris permet de récupérer un grand nombre d'ovocytes, cela permet de réduire le nombre de souris femelles.
Raffinement
Les souris seront placées en conditions de température régulée, eau et nourriture ad libitum. Afin de limiter l'angoisse et le stress, les souris sont hébergées à plusieurs par cage. Pour qu'elles puissent interargir avec leur environnement, faire leur nid et se cacher, des rouleaux et du papier sont ajoutés lors du change. Les animaux seront maintenus le moins de temps possible afin d'injecter les hormones nécessaires à la stimulation ovarienne. Le sacrifice des animaux sera effectué dans une pièce différente de celle de l'hébergement.
Choix des espèces
Les mécanismes de développement embryonnaire murins sont similaires à ceux de l'homme avec un temps de développement de 6 jours de la fécondation au blastocyste éclos. La souris est donc un modèle relevant pour notre étude. Les souris femelles seront utilisées à maturité sexuelle (6 semaines) et pas au delà de 12 semaines pour la récupération d'ovocytes. En effet, après 12 semaines, les souris répondent moins bien à la stimuation hormonale et le nombre d'ovocytes récoltés décroit. Les embryons murins sont naturellement moins aneuploides (l'aneuploidie est un nombre anormal de chromosomes dans les cellules). Afin de la favoriser, nous stimulerons des souris agées (>50 semaines) pour lesquelles le taux d'aneuploidie est supérieur d'environ 50 % par rapport aux souris jeunes (
Evaluation et développement de médicaments pour le traitement des pathologies hypertensives spécifiques de la gestation.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système cardiaque
120 souris gestantes vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des injections quotidiennes d'un médicament entre le 12e et le 18e jour de gestation, avec des prises de sang sous anesthésie, avant d'être tuées pour analyser placentas et fœtus. Le porteur affirme n'attendre aucun effet indésirable grave et signale qu'un tiers des animaux livrés peuvent ne pas être gestants. Il justifie le recours à l'animal par l'absence de modèle in vitro reproduisant l'interaction entre la mère, le placenta et le fœtus.
Objectifs
Décrire l'effet d'une classe médicamenteuse sur les marqueurs sanguins de la maladie (molécules circulantes dans le sang maternel) en cours de gestation animale. Décrire d'éventuels effets toxiques de cette classe méicamenteuse sur l’évolution des fœtus en cours de gestation animale.
Bénéfices attendus
Le développement de thérapeutiques est une priorité de la recherche en médecine périnatale. Le bénéfice attendu de nos recherches est d'apporter la preuve de concept sur un model d'animal gestant qu’une classe médicamenteuse permet potentiellement de ralentir l’évolution de la maladie sans effets secondaires indésirables sur le developpement foetal. Cette preuve de concept permettra de decliner des propositions d'études médicamenteuses avec des molécules déja commercialisées utilisables chez l'espèce humaine.
Procédures
L’injection quotidienne des médicaments est un acte peu douloureux et peu stressant quand il est réalisé par un opérateur entrainé. Cette procédure est réalisée quotidiennement par un très grand nombre d’équipes de recherche. L’injection de médicament sera effectuée entre le 12e et le 18e jour de la gestation. Les prises de sang (réalisées 3 fois dans notre protocole de recherche, 12e, 15e et 18e jour de la gestation) seront systématiquement réalisées sous anesthésie générale pour limiter au maximum à la fois le stress et la douleur des animaux.
Impact sur les animaux
Aucun effet secondaire, ni indésirable grave n’est attendu des gestes réalisés en cours de gestation (injection de médicament, prise de sang) au cours de notre protocole. Aucune procédure chirurgicale ne sera effectuée sur les animaux jusqu’au jour de l'euthanasie.
Devenir
Chaque animal sera euthanasié en fin de procédure au 7ème jour du protocole expérimental c’est-à-dire au 18e jour de gestation. L'euthanasie se justifie par la nécessité d’une prise de sang maternel de plus gros volume et l’analyse systématique des placentas et des fœtus. Nos procédures d’analyses ne sont pas possibles après la parturition et la mise bas des portées.
Remplacement
Il n’existe pas de modèle in vitro permettant de remplacer l’interaction entre la mère, le placenta et le fœtus au cours de la gestation. C’est pourquoi en recherche en reproduction le modèle d’animal gestant reste indispensable à ce jour. De plus cette étape experimentale est incontournable pour repérer les éventuels effets malformatifs ou délétères pour la gestation de classes médicamenteuses.
Réduction
Compte tenu de la variabilité du nombre de fœtus par portée et de la variabilité des dosages in vivo, le nombre nécessaire pour montrer une différence significative entre deux groupes est de 8 animaux par groupe. De plus, l’établissement éleveur qui nous procure les animaux gestants, ne peut nous assurer la gestation des animaux à la livraison. Les animaux non gestants peuvent représenter jusqu’à 1/3 de l’effectif total d’animaux prévus initialement. Nous profitons de cette procédure experimentale pour tester un appareil de monitorage du pH tissulaire in vivo le jour de l'euthanasie. Le fait d'effectuer ce test au cours de notre protocole sur souris gestante, ne biaise pas nos données experimentales, n'allonge pas la procédure de manière à perturber nos analyses et surtout permet de diminuer le nombre total d'animaux utilisés pour nos recherches.
Raffinement
Les critères objectifs de souffrance et/ou la détresse d’un animal seront quotidiennement évalués. L’expérimentation sera systématiquement interrompue pour chaque animal en cas d’atteinte des points limites préalablement définis par une grille de suivi. Nous prévoyons de tester systématiquement la dose la plus faible de médicament et d’arreêer en cas d’effet mesuré significatif.
Choix des espèces
Le modèle murin est choisi pour plusieurs raisons : - Son type de placenta est proche de celui de l’expèce humaine - Les molécules responsables de la maladie humaine sont également retrouvées dans le sang maternel au cours de la gestation chez la souris. Les dosages de ces molécules chez la souris sont commercialisés. - Le modèle de gestation chez la souris est systématiquement utilisé de par le monde pour étudier de potentiels effets deletères de classes médicamenteuses en cours de gestation.
Mécanismes contrôlant la perte de cellules souches neurales dans le cerveau adulte de Danio rerio
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
14 250 poissons zèbres vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance léger à modéré. Le porteur leur électropore des plasmides dans les cellules souches neurales sous anesthésie, les expose à des traitements dans l'eau et en irradie une partie aux rayons X pour provoquer de la mort cellulaire. Tous sont mis à mort pour prélever le télencéphale, le porteur reconnaissant un manque de données sur les analgésiques efficaces chez cette espèce. Il affirme que la culture cellulaire détruit l'organisation de la niche et que les cellules isolées montrent des comportements "aberrants" absents in vivo.
Objectifs
Notre but est de comprendre quels mécanismes moléculaires et cellulaires contrôlent la perte des cellules souches neurales adultes dans le cerveau des vertébrés.
Bénéfices attendus
Dans son ensemble, ce projet permettra de caractériser les deux mécanismes principaux de perte de CSNs dans le cerveau adulte en conditions physiologiques : la division symétrique neurogénique, et la transdifférenciation. Ces mécanismes seront des candidats intéressants de dysfonction en conditions pathologiques de perte de CSNs, comme le vieillissement ou certains troubles du comportement.
Procédures
Procédures 2, 3, 4, 6 et 9 : les animaux seront soumis, une fois dans leurs vies et sous anesthésie, à une procédure d’electroporation de plasmides dans les cellules souches neurales. Cette manipulation prend environ 1 à 2 min par poisson. Procédures 5 et 7 : les animaux seront donc soumis à un traitement administré dans l’eau de nage. Cette manipulation prend moins d’une minute par lot de poisson car il s’agit ‘juste’ de les transférer d’un bac a un autre (dans lequel a déjà été dilué le traitement). Il y a ensuite la durée du traitement mais sans action car les poissons sont libres de nager dans leurs bacs. Procédure 10 : les animaux seront soumis à une relativement faible irradiation aux rayons X de 80Gy afin d’induire une légère augmentation des évènements de mort cellulaire. Cette manipulation se passe en plusieurs ‘étapes’ : le transfert des poissons dans des bacs isothermes (moins d’une minute pour transférer les poissons dans un aquarium avec 3cm de hauteur) et le traitement dans l’irradiateur des poissons (dans leur aquarium) qui dure un maximum de 57 min pour une dose de 80Gy.
Impact sur les animaux
Nous ne prévoyons aucun effet indésirable ou nuisance sur les animaux. Si un effet indésirable inattendu apparait nous arrêtons cette expérience et mettrons a mort les animaux.
Devenir
Tous les animaux doivent être mis à mort afin de prélever le télencéphale pour l’analyser.
Remplacement
Nous souhaitons comprendre un aspect fondamental de la biologie des cellules souches neurales (CSNs), à savoir comment ces cellules peuvent être perdues dans le cerveau adulte. Le travail sur CSNs en culture, bien que techniquement possible, a révélé que les CSNs isolées montraient des comportements aberrants jamais observés in vivo, notamment concernant leur mode de division. Ce paramètre impacte de façon directe le maintien ou la déplétion des populations souches. Par ailleurs, à l’heure actuelle, la transdifférenciation, pourtant importante in vivo n’a pas été observée in vitro. Enfin, par imagerie intravitale, il a été démontré que les choix de destins des CSNs sont contrôlés à l’échelle de la population et impliquent une coordination spatio-temporelle entre cellules au sein de leur niche. Toute approche in vitro détruit cette niche et cette organisation spatiale.
Réduction
Afin de réduire le nombre d'animaux, nous limiterons précisément le nombre d’animaux utilisés aux besoins statistiques de nos analyses. Concernant les procédures de traçage et d’électroporation, différents articles publiés ces dernières années montrent que le comptage d’environ 150 cellules sur un minimum de 10 animaux est suffisant pour rendre compte des choix effectués, de façon comparable à un comptage de la population globale. Ces valeurs suffisent à mesurer une différence statistiquement significative du nombre (test de Student) et de la proportion (test de Fischer) des choix de destin entre des CSNs contrôles et manipulées. Nous travaillerons donc dans chaque cas avec 10 animaux et uniquement si besoin certaines expériences seront répétées (maximum 3 répétitions). Concernant l’utilisation d’inhibiteur pharmacologique, nous travaillerons avec 10 animaux par condition ce qui suffit à mesurer une différence statistiquement significative du nombre (test de Student) et de la proportion (test exacte de Fisher) de CSNs activées versus non-activées entre des animaux contrôles et des conditions de blocage des voies de signalisation.
Raffinement
Les manipulations, invasives ou nécessitant une immobilisation temporaire seront conduites sur animaux anesthésiés. Les inductions (tamoxifène, doxycycline) seront administrées dans l’eau de nage. Les animaux sont toujours maintenus en groupe afin de garantir leurs bien-être. Nous suivrons quotidiennement les signes visibles d’un animal souffrant et procéderons si nécessaire à une mise à mort. Chez Danio rerio, il y a un manque d’information sur les effets et la spécificité des produits « classiques » analgésiques. Cependant, une étude récente suggère l’utilisation de lidocaine 2-5 mg/ml dans le bain de réveil. Nous suivrons cette procédure aussi souvent que possible.
Choix des espèces
Nous avons choisi le poisson téléostéen Danio rerio. Le cerveau adulte de Danio rerio, à la différence des modèles « classiques » mammifères, maintient un grand nombre de CSNs. Utiliser cette espèce permet donc d’avoir accès à un beaucoup plus grand nombre de CSN par animal. Ces cellules sont également organisées en une monocouche superficielle au lieu d’être profondes, permettant des approches in toto qui évitent de perdre des cellules comme lorsqu’un organe est analysé sur coupes. Ces deux points répondent au principe de « réduction ». Par ailleurs, les CSNs de Danio rerio sont identiques aux cellules souches des mammifères (cellules gliales, quiescentes, capables d’auto-renouvellement et de multipotence, et dont l’état d’activation est contrôlé par la voie de signalisation Notch). Les résultats obtenus seront donc directement transposables aux mammifères. Tous les animaux seront utilisés à l’âge adulte jeune (3 mois post-fécondation [mpf]), car nous travaillons sur la biologie des CSNs adultes. Les premiers signes de ralentissement de l’activité des CSNs sont observés in vivo à environ 5-6 mpf, et il est important également de nous placer avant ce stade.
Impact de l’hypoxie chez la souris dans la mise en place du sommeil paradoxal chez les nouveaux nés et sur ses réseaux à long terme.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
60 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Nouveau-nées, une partie est exposée huit jours à une hypoxie sévère (10 % d'oxygène, équivalent à 4 500 mètres) pour reproduire la grande prématurité, reçoit une injection de 4-hydroxytamoxifène, puis à l'âge adulte une implantation d'électrodes cérébrales et une privation de sommeil paradoxal de 48 heures, avant mise à mort et analyse du cerveau. Le porteur indique que la chirurgie a un effet négatif modéré et peut provoquer des irritations autour de l'implant. Il affirme que l'analyse in vivo reste "incontournable" et que la souris est "nécessaire" faute de modèle reproductible in vitro.
Objectifs
La période postnatale correspond à la période critique au cours de laquelle l’environnement façonnent et affinent les neurones contrôlant nos comportements et notre cognition. Des perturbations induites durant cette période peuvent avoir des conséquences dramatiques et persistantes sur le fonctionnement du cerveau. Cette situation se retrouve chez les bébés en prématurité. Il est possible de reproduire la plupart des déficits observés chez les bébés grand-prématurés à travers un modèle rongeur classique dit d’hypoxie chronique. Des études récentes suggèrent une perturbation des réseaux de neurones dans ce modèle animal, qui sont profondes et persistantes. Il est probable que ces perturbations soient responsables de déficits cognitifs variés, incluant des troubles du sommeil. Dans ce contexte, notre projet vise à évaluer la perturbation du sommeil dans un modèle souris d’hypoxie chronique, et de caractériser les perturbations du développement et de l’activité des réseaux neuronaux sous-jacents
Bénéfices attendus
La prématurité touche entre 50 000 et 60 000 naissances par an et est en hausse sur ces dernières années. Comprendre ses effets à long terme c’est permettre de mieux le traiter à terme. Ainsi à travers notre projet nous pourrons évaluer : - l’effet de l’hypoxie sur l’activité neuronale global chez le nouveau-né -l’évolution de cette activité chez l’adulte à partir de l’enregistrement de l’activité cérébrale de l’animal -Cela nous permettra également de savoir à terme comment le sommeil paradoxal est impacté par ce phénomène.
Procédures
L’animal sera soumis à différents protocoles : Protocole 1 (classe modérée) : Après leur naissance, nous exposerons la moitié des animaux à une période d’hypoxie de 8 jours (réduction de la concentration d’oxygène à 10% correspondant à une altitude d’environ 4500 mètres). Les animaux seront ensuite immédiatement marqués après la période hypoxique par injection d’hydroxytamoxifen (4-OHT), marquant définitivement l’activation neuronale chez ces petits puis seront exposés à la suite des protocoles à l’âge adulte. Protocole 2 (classe modérée) : Les animaux seront implantés d’électrodes, permettant d’enregistrer l’activité cérébrale, sous anesthésie à l'âge de 12 à 16 semaines. Cette procédure est utilisée depuis de nombreuses années dans notre laboratoire et optimisée pour limiter son impact sur le bien-être animal. Après une période de récupération d'une semaine, les animaux seront enregistrées afin d’identifier leur activité cérébrale. Des mesures d’enrichissements seront mises en place pour permettre à l’animal d’exprimer un maximum de comportements naturels et compenser son isolement social durant les expérimentations. Protocole 3 (classe modérée) : Ensuite, nous exposerons les animaux, âgées de 12-16 semaines, à une privation spécifique de sommeil paradoxal (SP) pendant 48h. Cette privation conduit, une fois terminée, à une accumulation du SP dans un court lapse de temps (1h30) permettant d’observer son activation neuronale durant une période restreinte (~2h). Cette procédure a été initialement élaborée afin de limiter l’impact de l’expérimentation sur le bien-être animal.
Impact sur les animaux
L’ensemble des procédures utilisées dans ce projet ont été élaborées et sont maîtrisés depuis plusieurs années au sein de notre laboratoire. Aucun signe indicatif de douleur n’a été remarqué pour ces procédures. Cependant, un suivi journalier des souriceaux sera effectué durant l’ensemble des protocoles. Certains effets indésirables minimes peuvent apparaitre : Protocole 1 : Outre les critères d'appréciations de l'état des mères (stress, léthargie…) et des petits (estomac vide, abandon de la mère…) durant la phase d'hypoxie il est possible d’observer une activité de la mère réduite lors de la mise en place de l’hypoxie (réduction du taux d’oxygène). Afin de limiter cet impact il est possible de réduire le taux d’oxygène par paliers afin de passer de 20.9% à 10%. De plus l’injection de 4-OHT peut induire une légère gêne des membres postérieurs de l’animal réduisant légèrement sa mobilité. Cet effet s’estompe généralement dans la demi-heure après injection. Protocole 2 : Les étapes de chirurgies induiront un effet négatif modéré sur le confort des animaux adultes. Outre les critères d’appréciations de l’état des souris post-chirurgie (réduction poids, posture, pelage …) il est possible d’observer chez l’animal des petites lésions/irritations induites par le toilettage de cette zone ou un grattage excessif autour de l’implant. L’application d’une pommade ou de Bétadine sur la zone lésée est alors recommandée. Protocole 3 : Aucun signe indicatif de douleur ni d’effet indésirable n’a été remarqué pour ce protocole.
Devenir
Afin d'évaluer l'impact de l'hypoxie dans la mise en place du sommeil paradoxal chez les nouveaux nés et sur ses réseaux à long terme, tous les animaux seront euthanasiés afin de récupérer les tissus et effectuer une analyse histologique poussée (marquage immunohistochimique, densité de population neuronale ...)
Remplacement
L’analyse in vivo reste incontournable pour ce projet de Recherche. En effet, les séquelles neurologiques posthypoxiques dépendent de mécanismes complexes impossibles à reproduire in vitro d’où la nécessité d’un modèle animal pour étudier la pathologie. De plus l’étude du SP ne peut être conduite sur des animaux de niveau phylogénétique inférieur (mouche, poisson rouge…). Par ailleurs, notre projet permet d’établir l’évolution d’une activité cérébrale et plus particulièrement du sommeil paradoxal au cours du développement chez les nouveaux nés et à l’âge adulte, nécessitant alors le modèle transgénique décrit précédemment et, par définition d’un modèle transgénique stable, des souris.
Réduction
La petite taille des lots de souris a été calculée au plus juste à partir de nos études antérieures utilisant les mêmes protocoles dans le but de générer des données reproductibles dont la significativité sera validée par les tests statistiques adaptés (Par exemple, si paramétrique, un test de variance Anova à deux dimensions, et si non paramétrique, à une seule dimension, Kruskal-Wallis avec comparaison multiple de Dunn). Elle tient donc compte des ‘’erreurs et échecs’’ qui peuvent survenir à chaque étape de la procédure expérimentale. Pour finir, nous avons mis en place dans l’équipe depuis plusieurs années un système de préservation de toutes les séries de coupes non utilisées. Cette banque de tissu, accessible à l’ensemble de l’équipe est mise à jour systématiquement lorsque de nouveaux tissus ont été produit à la suite d’une coupe de cerveau. Le nombre d’échantillon/puits de coupes disponibles y est indiqué et peut être utilisé à d’autres fins ou futurs projet si ces derniers ont déjà été exploités sur leur projet d’origine. Ainsi, elle permet d’optimiser sur le long terme l’utilisation du tissu tout en réduisant le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
De nombreuses actions de raffinement seront mises en place lors des procédures décrites dans ce projet. Toute procédure de chirurgie (implantation d’électrode…) est étudié pour durer le minimum de temps possible (environs 45min) et sera accompagnée systématiquement d’utilisation d’anesthésiques et d’analgésiques, et d’un suivi journalier des animaux afin de détecter et traiter immédiatement tout signe d’inconfort des animaux. Pour la procédure d’hypoxie, les femelles seront échangées tous les 2 jours entre les cages normoxiques et hypoxiques, afin de préserver la quantité et la qualité du lait qu’elles produisent pour nourrir leurs souriceaux, et de minimiser au maximum le stress conséquent à la procédure sur les animaux. Afin de prévenir le stress engendré par la manipulation de l’animal avant chirurgie par exemple, plusieurs handling seront effectuées les jours précédant le protocole et l’animal sera habitué au préalable à chaque condition (habituation au câble d’enregistrement, aux injections en IP…). Des critères d’interruption des expérimentations et d’exclusion (souffrance physique et psychique, perte de poids…) seront estimés avec une grille d’évaluation quotidienne, leur impact étant délétère sur le sommeil.
Choix des espèces
Notre projet nécessite l’utilisation d’animaux transgéniques afin d’évaluer l’influence de l’hypoxie au cours du temps sur l’activité cérébrale de l’animal et en particulier de l’activité du sommeil paradoxal. Les séquelles neurologiques post-hypoxiques dépendent de mécanismes complexes qu’il est impossible de reproduire in vitro. Un modèle animal est donc nécessaire pour étudier les conséquences à court et long terme de l’hypoxie sur l’activité du sommeil paradoxal. Or, la souris est un des modèles animaux les plus adaptées dans la mise en place d’un génome modifié. De plus l’ensemble des données précédentes recueillis par les différentes équipes sur l’impact de l’hypoxie et sur l’activité du sommeil paradoxal ont été effectuée chez la souris. Ainsi à travers notre protocole une partie des souriceaux seront soumis à une hypoxie de P3 à P11 (8 jours) lorsque les autres seront en condition normoxique. Ensuite l’ensemble des souris retourneront en condition d’hébergement standard jusqu’à l’âge de 12-16 semaines environs, période où l’implantation des électrodes sera effectué pour l’enregistrement de sommeil paradoxal à l’âge adulte une semaine plus tard.
Etudes chez la souris des altérations des fonctions cognitives résultant de mutations d’un gène associé à l’autisme
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
468 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers à modérés. Porteuses d'une mutation liée à l'autisme, elles sont soumises à des tests comportementaux d'apprentissage, de mémoire spatiale et de mémoire sociale, et des femelles gestantes subissent une chirurgie abdominale pour injecter un marqueur fluorescent dans le cerveau des embryons. Les prélèvements se font après mise à mort, les animaux modifiés n'étant pas replacés pour éviter la dissémination de la mutation. Le porteur affirme que le développement du cortex ne peut être entièrement modélisé in vitro et exclut un modèle invertébré.
Objectifs
Les maladies neurodéveloppementales telles que les troubles de l’autisme, l’épilepsie, certains retards mentaux ou encore déficits cognitifs (ex : la mémoire) résultent de la perturbation du développement cérébral chez l’embryon et pendant la petite enfance. De récentes études ont révélé qu’un certain nombre de mutations sont impliquées dans le développement de ce type de pathologies. Ce projet a pour but d’étudier un gène qui joue un rôle central dans le développement des terminaisons des cellules nerveuses (les axones) dans le système nerveux central. Des mutations dans ce gène sont associées à la pathologie autistique. L’absence de ce gène chez la souris entraîne des anomalies du développement cérébral et du comportement (notamment des altérations de la mémoire sociale et des défauts de mémoire spatiale à long terme). Cependant les mutations de ce gène et retrouvées chez les patients autistes n’ont jamais été étudiées chez la souris. Ce projet est divisé en 3 procédures et se déroulera sur 3 ans : -La première procédure consistera à caractériser le nouveau modèle de souris possédant la mutation du gène d’intérêt identifiée chez l’homme. Cette caractérisation reposera sur la comparaison de souris contrôles (non mutées) et de souris porteuses de la mutation liée à l’autisme par une analyse systématique de la viabilité et de la croissance des premières portées. -La seconde procédure visera à analyser le développement des neurones et la formation des circuits du cortex cérébral grâce à une technique chirurgicale sur des femelles gestantes. Cette méthode permet de marquer des neurones pour observer les conséquences de la mutation dans le cortex cérébral de la souris. -La troisième procédure aura pour but de tester les conséquences des mutations du gène étudié sur les fonctions cognitives à l’aide d’une série de tests comportementaux en regardant notamment l’apprentissage, la mémoire spatiale et la mémoire à long terme. Nous aborderons, en plus des déficits cognitifs, d’autres symptômes associés aux troubles du spectre autistique, tels que les troubles de la communication et de la mémoire sociale.
Bénéfices attendus
Il est important de comprendre comment les gènes, lorsqu’ils sont mutés, entraînent des maladies, pour améliorer le diagnostic et le conseil aux familles, et imaginer des pistes thérapeutiques. La création d’un nouveau modèle de souris permet de suivre quelles étapes du développement embryonnaire sont affectées et conduisent à l’installation de la maladie. Ceci ne peux pas être réalisé chez l’homme car ces mutations sont détectées après le diagnostic, quand la maladie est déclarée. Ce projet étudiera donc un nouveau modèle murin qui mime mieux la pathologie humaine et permettra 1) de valider le caractère pathologique des mutations de ce gène dans les troubles du neurodéveloppement et plus largement 2) une meilleure connaissance des causes des pathologies neurodéveloppementales.
Procédures
L’essentiel des expériences seront observationnelles afin de caractériser la lignée. Les animaux seront de plus soumis à des tests d’exploration des fonctions comportementales, non invasifs, et non douloureux, mais qui nécessiteront de manipuler régulièrement les animaux. Pour pouvoir étudier les défauts de formation des réseaux de neurones liés à la mutation génétique, les animaux subiront une chirurgie avec réveil (procédure 2). Cette procédure chirurgicale est rapide et consiste à injecter un marqueur fluorescent dans le cerveau des embryons. La chirurgie sera réalisée chez les femelles gestantes, sous anesthésie gazeuse (isoflurane) et en respectant les règles d’analgésie et d’asepsie chirurgicale. La durée de la chirurgie n’excèdera par 30 minutes et sera réalisée une seule fois.
Impact sur les animaux
Les nuisances les plus sévères qui aient jamais été observées pour le gène d'intérêt chez la souris sont un retard de croissance, des défauts modérés de connectivité cérébrale et une perturbation de la mémoire à long terme. Dans ce projet, nous nous attendons à des manifestations moins sévères car la mutation étudiée n’abolit qu’une partie des fonctions du gène. La procédure d'élevage nécessite l’identification et la biopsie des animaux en vue de la réalisation du génotypage, selon la procédure en vigueur dans l’établissement utilisateur. Des animaux reproducteurs pourront être hébergés isolément afin d’éviter les comportements d’agression tout particulièrement suite aux accouplements. Cet isolement sera dans la mesure du possible limité dans le temps. Une procédure chirurgicale (procédure 2) implique une ouvertude de la cavité abdominale. Cette procédure est bien maîtrisée par les expérimentateurs. Elle sera réalisée sous anesthésie générale avec analgésie péri- et post-opératoire, ainsi qu’un suivi post-opératoire adapté. Dans de très rares cas, cette technique peut entraîner une difficulté à la mise bas ou une mortalité intra-utérine d’embryons.
Devenir
Les animaux inclus dans ce projets sont des animaux génétiquement modifiés pour porter une mutation retrouvée chez des patients atteints de troubles autistiques. Il n'est pas envisageable de replacer les animaux à l'issue de ces procédures pour s'assurer que la mutation introduite ne dissémine pas hors du laboratoire. Par ailleurs ce projet nécessite la réalisation de prélèvements post-mortem pour atteindre ses objectifs scientifiques.
Remplacement
Ce projet a pour objectif de mieux caractériser les altérations comportementales dans un modèle murin possédant la mutation de novo d'un gène d'autisme et d’identifier des défauts dans les circuits neuronaux soulignant ces altérations cognitives. En préalable à ce projet, nous avons réalisé des expériences in vitro prouvant que la mutation étudiée altère la fonction du gène d'intérêt, ce qui nous permet de nous assurer que l’étude est pertinente. Néanmoins dans l’état actuel des connaissances scientifiques, les étapes de développement du cortex cérébral et la mise en place des circuits neuronaux ne peuvent être modélisés entièrement in vitro. L’approche in vivo est une nécessité afin d’aborder des troubles complexes de la cognition et du comportement. L’étude de circuits corticaux nécessite d’avoir recours à un animal possédant une structure corticale et par conséquent empêche le remplacement par un modèle invertébré.
Réduction
Les accouplements seront optimisés afin de produire strictement le nombre nécessaire d’animaux pour la caractérisation initiale du modèle (procédure 1). Une partie des animaux issus de la procédure 1 pourra être utilisés pour les tests comportementaux pour compléter les cohortes (procédure 3), nous évitant ainsi de générer de nouveaux individus. Le nombre d’animaux utilisés en procédure 3 est limité au minimum nécessaire pour déterminer la significativité statistique des résultats, ce qui sera analysée au moyen d'un test statistique adapté. Pour le test de sociabilité, utilisant en plus des congénères étrangers, nous aurons recours si possible à des animaux déjà présents dans l’animalerie, dans le but de ne pas commander d’animaux supplémentaires.
Raffinement
Les animaux étant élevés et hébergés dans une animalerie agréée, les conditions d’élevage, d’hébergement et de soins seront appropriées en fonction de leur âge et de leur sexe selon les procédures en vigueur à l’animalerie dans le respect du bien-être animal. La procédure chirurgicale (procédure 2) est bien maîtrisée par les expérimentateurs et sera réalisée uniquement par un chercheur expérimenté. Un recours à l’analgésie péri-opératoire, ainsi qu’à une analgésie post-opératoire (calibrée par rapport à une grille d’évaluation de la douleur) nous permettra de limiter le stress et la douleur subis par les mères. Concernant les évaluations comportementales (procédure 3), les animaux sujets aux tests de comportement seront acclimatés à la salle de test au préalable afin de réduire le stress causé par un nouvel environnement. Les différents tests seront réalisés les uns à la suite des autres, avec un temps de pause d’au moins une semaine entre chaque test pour limiter un stress éventuel des animaux. A noter que les tests de comportement ne sont pas invasifs et ne portent pas atteinte à l’intégrité de l’animal.
Choix des espèces
L'architecture du cerveau de la souris est très proche de l'architecture du cerveau humain dans sa structure et son fonctionnement. Le modèle murin est un modèle animal reconnu dans le cadre des études des pathologies neurodéveloppementales telles l'autisme et:ou les déficiences mentales. Par ailleurs, des études précédentes nous ont permis de décrire que le gène d'intérêt est associées à la pathologie autistique et que son inactivation perturbe le développement cérébral et le comportement chez la souris. Puisque ce projet vise à établir un nouveau modèle murin de trouble du neurodeveloppement/autisme, il est nécessaire de suivre les animaux depuis la naissance jusqu'à un stade adulte, afin de caractériser l'évolution des phénotypes chez la souris. Une procédure se déroulera sur des femelles gestantes car les perturbations du développement cérébral surviennent dès l'embryon.
Etude des mécanismes d’apparition de la scoliose chez le poisson-zèbre Danio rerio, en particulier du rôle des cils du système nerveux dans ce processus.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
2500 poissons zèbres vont être utilisés, la quasi-totalité tués à l'issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance modérés ou menées sous anesthésie sans réveil. Des lignées mutantes développent une scoliose progressive pouvant réduire leur capacité à nager et à accéder à la nourriture, et des larves reçoivent des injections de colorant dans le cerveau sous anesthésie terminale. Un morceau de nageoire est prélevé pour le génotypage et vingt individus seulement sont gardés vivants pour reproduction. Le porteur indique utiliser des modèles cellulaires mais affirme que l'étude de la colonne vertébrale sur un vertébré reste essentielle.
Objectifs
Ce projet vise à identifier les mécanismes d'apparition de scolioses chez le poisson zèbre en lien avec les anomalies du fonctionnement des cils du système nerveux. Nous étudions des gènes qui causent des ciliopathies, des maladies humaines rares liées à des défauts de formation ou de fonction des cils, des organites cellulaires sensoriels et motiles présents sur la majorité des cellules. Le poisson zèbre a des intérêts scientifiques et techniques uniques pour l'étude des processus développementaux: transparence des embryons, développement externe, possibilité de produire et d'étudier des lignées mutantes. De plus, c'est un modèle reconnu de la scoliose idiopathique, une maladie très répandue (qui affecte 3% des adolescents dans le monde) dont l'étiologie est très mal comprise. Notre projet se subdivise en 3 objectifs: 1) Identifier les mécanismes d'apparition de la scoliose due à une dysfonction ciliaire, en prenant pour modèle un mutant de poisson-zèbre. Ce mutant ne présente pas de létalité embryonnaire à l'état homozygote et développe une scoliose progressive chez le poisson juvénile. 2) Tester les interactions fonctionnelles entre différents protéines ciliaires et avec des acteurs de la signalisation des neuropeptides en étudiants des doubles mutants. 3) Tenter de diminuer ou de retarder la scoliose par des traitements par des drogues. Pour l'ensemble du projet, nous utiliserons 2500 animaux sur 5 ans. Les animaux utilisés pour des expériences avant la fin du stade embryonnaire (5 jours) ne sont pas inclus dans ce décompte.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus sont, à court et moyen terme, de mieux comprendre les événements qui conduisent à la scoliose chez le poisson-zèbre, en espérant à plus long terme que les mécanismes pathologiques identifiés pourront au moins en partie être validés chez l’homme. La scoliose idiopathique est une maladie d’origine inconnue qui touche environ 3% des adolescents dans le monde. Ceci est particulièrement important car il n’existe à ce jour pas de traitement médicamenteux pour la scoliose. Les seules interventions possibles sont le port d’un corset, traitement préventif, qui ne corrige pas la scoliose déjà existante, ou l’arthrodèse, une chirurgie lourde qui consiste à fixer les vertèbres les unes aux autres.
Procédures
Des animaux mutants ou double-mutants à phénotype dommageable de scoliose seront produits. La scoliose apparait entre 4 et 5 semaines après la ponte. Dans le cas où les animaux sont produits pour observation de l’évolution de la scoliose, les animaux seront maintenus jusqu’à l’âge de 6 mois. La durée de cette procédure est donc de 6 mois. Dans le cas où les animaux sont euthanasiés pour prélèvements, l’euthanasie interviendra à 3 stades différents : 5-21 jours, 3-9 semaines (2 stades différents) et 3-4 mois. Dans ces deux cas, entre 1 à 2 mois, un petit morceau de nageoire caudale sera prélevé sur l'alevin anesthésié pour l'identification afin de conserver les alevins au génotype intéressant. L’anesthésie pour prélèvement de nageoire dure moins d'une minute. Une à deux semaines après le prélèvement, la nageoire caudale a complètement régénéré. Pour la procédure d’injection de billes ou dye fluorescent dans le ventricule cérébral ou canal central, les larves anesthésiées seront soumises à des injections sous loupe binoculaire de Dye fluorescent ou billes dans le ventricule cérébral ou canal: 90 larves âgées de 5 jours et 90 larves âgées de 15 jours seront injectées puis la diffusion du Dye sera observée sous microscope pendant 2h dans une atmosphère thermostatée et sous anesthésie. Les larves seront euthanasiées à la fin de l'expérience, donc au bout de 2 heures. Pour la procédure de test de drogues pour diminuer ou retarder la scoliose, un test de drogues sera réalisé sur 600 alevins âgés de 7 jours à 8 semaines. Observation de l'apparition de la scoliose pendant ces 7 semaines d'expériences. Vers 1-2 mois, un petit morceau de leurs nageoires caudales sera prélevé sur l'alevin anesthésié pour l'identification afin de conserver les alevins au génotype intéressant.
Impact sur les animaux
La principale nuisance attendue vient de l’utilisation de lignées mutantes de poissons qui développent une scoliose à l’état homozygote chez l’adulte. Cette scoliose (torsion tridimensionnelle de la colonne vertébrale en absence de malformations vertébrales ou de fractures) peut, dans les cas les plus graves, induire une difficulté de nage donc une mobilité réduite et une compétition avec des poissons sains pour l’accès à la nourriture.
Devenir
La production de lignées double-mutantes pour l’observation de l’apparition de la scoliose est procédure de sévérité modérée. Les animaux seront euthanasiés à la fin de l’expérience (adultes de 6 mois environ), sauf dans les cas où ils doivent être euthanasiés plus tôt car ils ont atteint les points limites selon notre grille de scoring. 20 animaux seront gardés en vie pour être réutilisés. La production de lignées mutantes pour analyse phénotypique sur animaux euthanasiés est une procédure de sévérité modérée. Dans cette procédure les animaux seront euthanasiés eà différents stades larvaires, juvéniles et adultes pour prélever les organes et réaliser des analyses. La seule raison pour les euthanasier en dehors de ce protocole serait les cas où ils doivent être euthanasiés plus tôt car ils ont atteint les points limites selon notre grille de scoring. La procédure d’injection de billes ou dye fluorescent dans le ventricule cérébral ou canal central est une procédure sans réveil. Toutes les larves seront sous anesthésie pendant toute la durée de la procédure et euthanasiées à la fin. En effet, l’injection d’un colorant fluorescent dans les ventricules du cerveau et l’observation de la larve vivante sous microscope pendant plusieurs heures compromettent la viabilité de l’animal et génèreraient potentiellement des souffrances en cas de réveil. La procédure de test de drogues pour diminuer ou retarder la scoliose est une procédure de sévérité modérée. Les animaux seront euthanasiés à la fin de l’expérience (8 semaines ou 12 semaines en fonction du génotype), sauf dans les cas où ils doivent être euthanasiés plus tôt car ils ont atteint les points limites selon notre grille de scoring.
Remplacement
Dès que possible nous utilisons des modèles cellulaires pour remplacer l’expérimentation animale. Nous avons ainsi développé dans les dernières années des modèles de cellules souches embryonnaires de souris et de cellules pluripotentes induites humaines que nous différencions en différents types neuronaux, en deux dimensions et en culture de type organoïdes. Ceci nous permet de comprendre par exemple le rôle des cils dans la formation des neurones. Néanmoins, l’expérimentation sur le poisson reste essentielle, en complément des modèles cellulaires, afin d’étudier sur un organisme vertébré les processus de développement aussi complexes que la morphogenèse du système nerveux central ou de la colonne vertébrale.
Réduction
Le développement externe des embryons nous permet de réduire considérablement le nombre d’animaux utilisés. En effet une même femelle peut être accouplée toutes les semaines pendant au moins un an pour produire des œufs fécondés pour les expériences, sans aucun dommage pour elle. Lorsque c’est possible, nous utilisons les œufs produits (jusqu’à 200 par ponte) pour plusieurs expériences simultanément. Nous réutilisons aussi les animaux adultes produits dans certaines expériences (par exemple des animaux hétérozygotes pour certaines mutations) pour réaliser d’autres expériences. Dès qu’un animal n’est plus utile pour les expériences il est euthanasié. Enfin, afin d’identifier le plus tôt possible les animaux qu’il faut garder et ceux qu’il faut supprimer, nous avons mis en place lorsque c’est compatible avec le protocole expérimental, le génotypage des poissons dès l’âge de 1 mois (au lieu de 2 mois habituellement). Le nombre total d’animaux impliqués est de 2500.
Raffinement
Les conditions d’hébergement des animaux sont très précises afin de préserver le bien-être animal et d’enrichir l’environnement. Les poissons zèbres sont élevés dans une eau circulante (renouvellement de l’eau de l’aquarium environ 8 fois par heure) à 26-28°C, en eau douce, à une densité maximale de 5 poissons par litre. Les poissons aimant être en groupe, les périodes d’isolement (nécessaires au moment du génotypage des poissons pour identification d’une mutation) sont réduites à 10 jours maximum (en général 2-3 jours). Les alevins (5 à 15 jours post-fécondation) sont nourris avec des rotifères, de la nourriture vivante, ce qui leur permet de chasser. Les animaux sont surveillés quotidiennement par les zootechniciens. Nous avons établi une grille de scoring des animaux qui permet de répertorier tout aspect ou comportement anormal et de lui attribuer un score. Un animal est euthanasié dès qu’il atteint un score égal ou supérieur à 4. Les animaux sont anesthésiés pendant les procédures expérimentales pouvant générer une douleur.
Choix des espèces
Le poisson-zèbre (Danio rerio) est un modèle reconnu pour l’étude du développement embryonnaire. Son développement rapide et externe, le grand nombre d’embryons synchronisés par ponte, la transparence des embryons, les possibilités de transgenèse et de mutagenèse, en font un modèle de choix pour la recherche. Les possibilités d’imagerie sur embryon vivant font du poisson-zèbre un excellent modèle vertébré pour étudier la dynamique des processus de morphogenèse. Nous analysons également l’impact d’un défaut des cils sur l’apparence de scoliose, pathologie pour laquelle le poisson-zèbre est un modèle de choix du fait des contraintes mécaniques subies par la colonne vertébrale pendant la nage. Ce modèle permet d’étudier les étapes précoces de la maladie, avant la survenue de la courbure, ce qui est difficile chez l’homme. Le poisson-zèbre permet également de tester des molécules chimiques pour retarder ou réduire l’apparition des scolioses. Les nageoires caudales sont coupées pour le génotypage sur des animaux âgés de plus de 2 mois. Pour certaines expériences, nous pourrons génotyper les poissons à un stade plus précoce (1 mois) afin de réduire le nombre d’animaux utilisés. Afin d’étudier le développement de la scoliose, (phénotype dommageable modéré) nous réalisons des expériences sur des larves (5 jpf-21 jpf), des juvéniles (21 jpf-3 mois), et des adultes (> 3 mois).
Etude de la cinétique de réactivation du chromosome X dans l’embryon de souris
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
380 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les femelles reçoivent deux injections hormonales pour surproduire des ovocytes puis sont euthanasiées après accouplement afin de prélever des embryons datés, tandis que les mâles reproducteurs, maintenus vivants entre les accouplements, sont mis à mort vers quinze à dix-huit mois. Le porteur indique qu'aucun animal n'est réutilisé et étudie la réactivation du chromosome X au cours du développement embryonnaire. Il affirme développer en parallèle des modèles cellulaires in vitro, mais soutient qu'aucun ne remplace aujourd'hui l'étude de l'embryon préimplantatoire chez la souris.
Objectifs
Chez les mammifères, le formation de l'embryon et des gamètes (précurseurs des ovules et spermatozoïdes= nécessite un changement radical d'expression des gènes et de marques épigénétiques dans les cellules. Dans les deux cas, cela implique un profond remodelage épigénétique, à travers des modifications telles que la méthylation de l'ADN et les marques des histones, ainsi que des spécificités en fonction du sexe de l'embryon. En effet, Il est, il existe de profondes disparités entre les sexes en termes de développement mais aussi de maladie et d'occurrence et mortalité des cancers. Pourtant très peu de données existent sur le chromosome X au cours du développement, ainsi que sur les spécificités de la reprogrammation épigénétique en fonction du sexe. Au cours du développement, cette reprogrammation est essentielle à l’obtention de cellules reproductives et à la perpétuation de l’espèce et elle est accompagnée par la réactivation du chromosome X inactif chez les femelles. Ce chromosome inactif représente un paradigme de contrôle épigénétique de l’expression des gènes à l’échelle d’un chromosome entier. Quand et comment a lieu la réactivation du chromosome X ? Quel est son impact sur la lignée germinale ? Une meilleure compréhension du contrôle de l'expression génique au cours de la reprogrammation développementale permettra également de comprendre les aberrations transcriptionnelles observées dans les cellules cancéreuses.
Bénéfices attendus
L'utilisant de nouveaux modèles murins apportera de nouvelles connaissances sur la lignée germinale, le développement pré-implantatoire, les différences entre les sexes et le contrôle épigénétique des gènes. Cela pourra avoir des implications futures en médecine régénérative et de la reproduction, nous permettra d’approfondir nos connaissances sur la transmission épigénétique entre les générations, et ouvrira de nouvelles avenues thérapeutiques pour le traitement des cancers en prenant en compte le sexe des patients. Cela est aujourd'hui considéré comme crucial, et par l'Union Européenne, et par le NIH aux Etats-Unis.
Procédures
Les femelles sont super-ovulées pour produire plus d'ovocytes ce qui nous permettra d'utiliser moins d'animaux. Ces femelles seront stimulées par deux injections d'hormones à 48h d'intervale , en intrapéritonéale. Ces injections sont utilisées en routine dans de nombreuses animaleries et n'entraînent pas d'effets indésirables pour les femelles. L’injection en intrapéritonéale dure en soit quelques secondes, et l’accouplement a lieu courant de la nuit suivant la 2nde injection. Le prélèvement des embryons a lieu entre le matin et le 3e jour après l’accouplement. Au total la stimulation hormonale de la première injection à l’euthanasie de la femelle est de 68 à 120h heures. Nous ne nous attendons pas à des effets secondaires suite à cette injection qui sera pratiquée uniquement par des personnes habilitées et formées et qui est une procédure standard dans l'animalerie. Les mâles reproducteurs resteront seuls dans leur cage, une fois l'accouplement ayant eu lieu, et avant le prochain accouplement. Nous nous assurerons d'une grande quantité d'enrichissement dans les cages pour éviter tout stress lié à l'isolement. Ces mâles seront remis en accouplement très régulièrement (plusieurs fois par mois) ce qui ne donnera pas lieu à des isolements prolongés (< 10 jours). Cet isolement est nécessaire pour éviter les bagarres entre animaux mâles après accouplement.
Impact sur les animaux
Pas d'effet indésirable attendu sur les mâles isolés car ces derniers seront régulièrement mis en accouplement (plusieurs fois par mois), ce qui ne devrait donc pas générer de stress important à l'animal. Les femelles superovulées seront manipulées au minimum, avec seulement deux injections intrapéritonéales nécessaires à 2 jours d'intervalle. Nous ne nous attendons pas à des effets secondaires suite à cette injection qui sera pratiquée uniquement par des personnes habilitées et formées et qui est une procédure standard dans l'animalerie. Si toutefois un animal présentait un stress important, un problème comportemental ou une apparition d'une blessure/tumeur de façon fortuite, nous euthanasierons l'animal dans les plus brefs délais pour éviter toute souffrance animale.
Devenir
Apres superovulation ou accouplement naturel, les femelles gestantes seront euthanasiées pour récupérer les embryons datés. Les mâles reproducteurs seront gardés en vie pour production d’autres embryons datés. Les mâles seront sacrifiés autour de 15-18 mois. Tous les animaux sont euthanasiés en fin de projet, aucun ne pourra être réutilisé.
Remplacement
Notre projet a été élaboré en conformité avec le principe des 3R. Remplacement: Notre travail se base sur des données produites en amont sur des modèles de culture cellulaire. L'inactivation du chromosome X n'existe que chez les mammifères et il n'existe pas de modèle cellulaire adéquat pour l'étude de l'embryon préimplantatoire. Le laboratoire développe actuellement de nouveaux modèles de cellules gamétiques in vitro pour remplacer dans le futur l'utilisation d'animaux. La validation de nos résultats in vitro par cette approche in vivo sur modèles murins nous confortera dans l’utilisation de ce nouveau modèle, pour l’étude du chromosome X.
Réduction
Réduction: En utilisant des technologies de pointe, sur très peu de cellules, voir sur la cellule unique, nous réduisons très fortement le nombre d’embryons nécessaires à nos études. Toutes ces technologies sont d'abord mises en place et testées sur des cellules en culture. Dans le cas d’embryons avant implantation, les femelles seront, au préalable, injectées deux fois avec des hormones (piqure intrapéritonéale) pour leur permettre une plus grande ovulation. Cela minimisera le nombre de femelles nécessaires pour l’obtention du nombre adéquat d’embryons.
Raffinement
Raffinement: nous prenons soin d'effectuer une manipulation minimale des animaux vivants. Nos expériences portent uniquement sur l’accouplement des animaux sauvages ou transgéniques dans le but d’obtenir des embryons datés et l’euthanasie des femelles au moment du prélèvement des embryons. Dans le cas d’embryons avant implantation, les femelles seront également injectées deux fois avec des hormones (piqure intrapéritonéale) à 48 heures d'écart. Nous porterons un soin particulier à l’enrichissement du milieu pour que les souris puissent se créer un nid. Cependant en cas de signes de souffrance et de détresse des animaux, des procédures d’euthanasie seront immédiatement mises en place.
Choix des espèces
L’inactivation du chromosome X est un phénomène conservé et spécifique des femelles de mammifères, impliquant que notre modèle soit la souris. Notre étude ne peut en aucun cas être menée sur d’autres modèles animaux non mammifères. De plus, il est connu que l’inactivation est un processus très dynamique pendant le développement, dépendante du stade gestationnel, de l’état de différentiation et de l’origine cellulaire. Il est donc important d’avoir recours à une étude développementale sur animaux vivants pour comprendre les mécanismes de réactivation. Nous proposons d’étudier l’expression des gènes par transcriptomique, et hybridation des ARN, et les marques épigénétiques, dans l’embryon préimplantatoire de souris entre la fécondation et l'implantation (1ère vague d'inactivation et réactivation du chromosome X) et dans les cellules germinales primordiales, qui sont présentes entre 7 et 13 jours de développement embryonnaire (dpc). Les embryons seront issus de croisements entre souris sauvages et transgéniques pour nous permettre d’isoler des embryons femelles avec une inactivation biaisée du chromosome X et des marqueurs fluorescents des cellules germinales et/ou du chromosome X. Les parents transgéniques ainsi que la descendance ne présentent aucun phénotype dommageable. Les embryons (femelles et mâles en contrôle) seront collectés entre 0.5 et 4.5 et entre 7.5 et 13.5 jours de développement embryonnaire. Les animaux transgéniques nécessaires sont déjà disponibles et nous possédons un grand jeu de données transcriptomiques sur le modèle souris dans le laboratoire.
Génération de modèles de souris transgéniques la technologie par CRISPR / Cas9 combinée ou pas à un transgène
- Recherche appliquée
- Cancers
- Troubles cardiaques
- Troubles endocriniens
- Troubles gastrointestinaux
- Troubles immunitaires
- Troubles sensoriels
- Troubles urogénitaux
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Multisystémique
- Oncologie
- Organes sensoriels
- Système endocrinien
- Système gastrointestinal
- Système immunitaire
- Système nerveux
- Système respiratoire
- Système urogénital
1366 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. 1128 femelles reçoivent un traitement hormonal par deux injections pour produire des embryons, 178 autres subissent une chirurgie de réimplantation au niveau de l'oviducte et 60 mâles une vasectomie, l'ensemble servant à fabriquer de nouvelles lignées génétiquement modifiées à la demande d'équipes de recherche. Les mâles vasectomisés sont tués six à douze mois après l'opération, les femelles au moment du sevrage des portées. Le porteur affirme que seul un "organisme intégré" permet d'étudier les interactions entre cellules et tissus et présente ces souris transgéniques comme des "modèles indispensables".
Objectifs
Pour comprendre les maladies humaines et développer des traitements efficaces, les chercheurs utilisent des technologies de plus en plus performantes. Les études des processus biologiques sont ainsi effectuées grâce à l’utilisation de banques de données, de culture de cellules voire de culture de tissus in-vitro. En revanche, seul un organisme intégré permet d’étudier et de comprendre les interactions entre cellules, tissus et organes. La souris est un modèle de choix pour l’étude de mécanismes biologiques au cours de processus physiologiques ou pathologiques tels que les cancers. Notre projet consiste à développer de nouvelles lignées de souris transgéniques pour permettre aux chercheurs d’avoir les outils les plus adaptés à leurs études. La première étape de ce projet est de vérifier que cette lignée de souris transgéniques n’est pas disponible dans une banque internationale ou dans un laboratoire académique. En cas d’indisponibilité, le modèle de souris transgénique est alors créé dans notre service par transgénèse aléatoire ou par la technologie CRISPR/Cas9.
Bénéfices attendus
Les souris transgéniques sont des modèles indispensables pour l’étude de la fonction et de la régulation de gènes au cours de processus biologiques physiologiques (développement embryonnaire, maintien de l’homéostasie tissulaire) et pathologiques (cancers, maladies immunitaires, maladies neurologiques…). Ces modèles sont aussi utilisés par la communauté scientifique pour le développement de thérapies innovantes (Bradley et al., 2012, Meehan et al., 2017).
Procédures
Pour obtenir un grand nombre d’embryons, les 1128 femelles donneuses reçoivent un traitement hormonal qui consiste en 2 injections intra-péritonéales à 48h d’intervalle. Ces injections sont réalisées sur animal vigile. Les embryons sont ensuite manipulés génétiquement puis réimplantés dans 178 femelles receveuses (=mères porteuses) au niveau de l’oviducte qui est un conduit reliant l'ovaire à l’utérus, Ces femelles receveuses sont produites en accouplant des femelles avec des males vasectomisés c’est-à-dire rendus stériles. Pour obtenir ces mâles vasectomisés, 60 males subissent une chirurgie qui consiste à couper les canaux qui permettent aux spermatozoïdes de sortir du testicule. La réimplantation et la vasectomie requièrent une chirurgie qui est réalisée sous une anesthésie générale induite par une injection intra-péritonéale d’un complexe anesthésique. L’anesthésie de ces 238 animaux (178 femelles receveuses + 60 mâles vasectomisés) dure en moyenne 20 minutes. Une prise en charge de la douleur est systématiquement effectuée par une injection intra-péritonéale d’un anti-inflammatoire non stéroïdien Pour une récupération de meilleure qualité après l’anesthésie et la chirurgie, une injection sous cutanée d’une solution de réhydratation est réalisée sur les animaux opérés. Pour éviter l’hypothermie, le réveil se fait sur un tapis chauffant. Un apport de graines de tournesol et d’une nourriture enrichie en matières grasses permet d’augmenter les bien-être des femelles opérées. Il favorise ainsi un meilleur développement des gestations et une lactation de meilleure qualité pour la prise en charge des nouveaux nés L’ensemble de ces approches technologiques permettent de générer des modèles de souris transgéniques pour l’étude de mécanismes impliqués dans le développement embryonnaire, le cancer ou dans des maladies immunitaires, par les équipes de recherche.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables prévus sont : 1- ceux liés à l’injection intrapéritonéale d’hormone. La durée des effets indésirables est limitée au moment de l’injection. 2- ceux liés à des petites chirurgies abdominales. La durée des effets n’excédera pas 24 heures.
Devenir
Vasectomie : Les mâles sont conservés pendant la période de leur plus forte activité sexuelle et seront euthanasiés 6-12 mois après leur vasectomie (selon leur aptitude d’accouplement scorée). Après 8 accouplements sans bouchon vaginal, le mâle est euthanasié. Superovulation des femelles donneuses Les femelles superovulées qui présentent un bouchon vaginal sont euthanasiées pour la récupération des embryons Toutes les femelles sans bouchon vaginal sont réutilisées pour une deuxième injection d’hormones, 2-3 semaines plus tard. Réimplantation d’embryons L’ensemble des femelles réimplantées sont euthanasiées au moment du sevrage des naissances.
Remplacement
Les chercheurs effectuent un travail préliminaire grâce à l’utilisation de des bases de données (études in silico ) et des modèles in-vitro ( culture de cellules , organoïdes…) . En revanche, seul un organisme intégré permet d’étudier et de comprendre les interactions entre les cellules dans les tissus et organes Le recours à l’animal est justifié pour chacune des lignées utilisées (développement des projets des équipes de recherche)
Réduction
Les nouveaux outils technologiques tel que l’électroporation combinée à des nucléases toujours plus performantes et des ARN guides commerciaux plus stables (IDT ; Synthego) ont permis de diminuer par un facteur 2 le nombre de séances nécessaires à l’obtention de modèles Knock-Out et de petits Knock-In. Le nombre de naissance a été augmenté en changeant notre approche pour la réimplantation. Une réimplantation bilatérale sur une femelle unique est désormais effectuée en routine (Mahabir E et al 2018) Pour les grands Knock-In, un test d’efficacité de coupure des ARN guides est effectué sur un test in-vitro. Une analyse sur blastocyste unique est réalisée et permet d’éviter d’avoir recours à des femelles réimplantées et des naissances. À la suite de ces tests, une séquence d’ARN guide est choisie. Le plasmide donneur sera alors élaboré en fonction des résultats de ce test. L’expérimentation in-vivo (Injection des embryons avec mélange contenant le plasmide donneur / ARN guides / Cas9) sera alors réalisée avec réimplantation des femelles pseudogestantes.
Raffinement
L’ensemble des procédures nécessitant de la chirurgie se fait sous anesthésie générale. Injection IP d’un mélange Xylazine (7.5mg/kg), kétamine (40 mg/kg) et flunitrazépam (0.5 mg/kg) dans du NaCl 0.9%, à raison de 50 μL pour 10g. Ce mélange permet une anesthésie assez longue et profonde ce qui permet de réaliser l’opération dans de bonnes conditions pour l’animal. L’effet analgésique de la Xylazine est utilisé pour soulager la douleur. En complément à la Xylazine, une injection de Rimadyl est effectuée pour une meilleure prise en charge de la douleur. A la fin de l’intervention avant de refermer la paroi musculaire, du Carprofène (Rimadyl) est administré dans la cavité abdominale à raison de 1mg/ml dans NaCl 0.9% à raison de 100µl pour 20g de souris.
Choix des espèces
La souris est un excellent modèle pour réaliser des modèles génétiquement modifiés pour plusieurs raisons - il s’agit d’un mammifère avec un génome proche de celui de l’humain (99%) - reproduction rapide : 3 semaines de gestation puis les animaux sont matures sexuellement à 8 semaines - taille des portées conséquente : (entre 6 et 10 petits) - manipulation génétique aisée (superovulation efficace et embryons faciles à injecter) Nous n’utilisons que des souris adultes car nous les utilisons pour leur fonction reproductrice. En fond mixte B6D2 (C57BL6 x DBA/2), les femelles donneuses ont 8 semaines ce qui permet une quantité et une qualité optimale des embryons. En revanche pour un fond pur C57BL6/J ou N, les femelles ont 4 semaines pour l’obtention d’un plus grand nombre d’embryons avec une qualité correcte. Nous utilisons femelles pseudogestantes NMRI entre 8 et 24 semaines. Les mâles stériles NMRI (vasectomisés) utilisés pour les accouplements ont entre 2 mois et 12 mois.
Deficits synaptiques cerebelleux dans un modele murin des maladies du spectre Schizophrene
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
563 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance déclaré léger. Les souriceaux reçoivent trois injections de phencyclidine pendant leur deuxième semaine de vie, ce qui provoque des heures d'hyperactivité, une difficulté à se nourrir et un retard de prise de poids. Ils sont ensuite tués par décapitation après sédation ou par perfusion, pour prélever le cerveau et étudier les synapses du cervelet. Le porteur affirme qu'une telle étude "ne serait pas possible en culture cellulaire" et nécessite des animaux vivants.
Objectifs
Le cerveau est composé de différents types de neurones, qui établissent entre eux des contacts appelés synapses. Ces synapses peuvent être très différentes dans leur morphologie et/ou leur manière de fonctionner, chaque type de synapse ayant ainsi sa propre « identité synaptique ». Les synapses sont considérées comme des acteurs centraux des pathologies comme la schizophrénie. Cependant, la plupart des analyses ont été faites à l’échelle des structures cérébrales et peu d’études se sont penchées sur l’identité des synapses affectées. La schizophrénie est une pathologie neuropsychiatrique provoquant des symptômes psychotiques, émotionnels et des déficits cognitifs comme des problèmes de mémoire ou d’attention. Le cervelet est une structure intéressante à étudier dans la schizophrénie puisque certains patients présentent des déficits et une activité anormale dans cette structure du cerveau. De plus, son implication dans des processus cognitifs est de plus en plus fréquemment mise en évidence. Les neurones de ce réseau et leur architecture particulière sont très largement caractérisés, ce qui en fait un modèle de choix pour l’étude des déficits des synapses. Nous avons récemment étudié les altérations des synapses du cervelet dans un modèle murin connu pour mimer certaines composantes de la physiopathologie de la schizophrénie. Ce modèle murin consiste en l’injection de Phencyclidine (PCP) chez le souriceau à 7, 9 et 11 jours après la naissance, sachant que le PCP est connu pour induire des symptômes similaires à ceux induits par la schizophrénie chez l’humain. Cette première étude nous a permis de montrer que le PCP conduit à une augmentation de l’activité du réseau de neurones du cervelet et à des déficits au niveau d’un type de synapses qui semblent être liés à des changements transitoires de la quantité de molécules situées à la surface des neurones et qui seraient importantes pour former ces synapses. Le présent projet est la suite de cette étude et consiste à déterminer quels sont les neurones du réseau dont l’activité est modifiée par l’injection de PCP et quels sont les effets sur la composition moléculaire et la fonctionnalité de leurs synapses.
Bénéfices attendus
Les maladies mentales et neurologiques constituent un réel problème de santé publique puisqu’elles sont la première cause d’invalidité dans le monde. Parmi ces maladies, la schizophrénie touche 1% de la population. Les symptômes associés à cette maladie sont très variés et apparaissent à la fin de l’adolescence ou chez le jeune adulte. Les patients présentent des déficits cognitifs (problèmes de concentration, d’attention, de mémoire de travail…) qui apparaissent dans l’enfance et auraient pour origine des défauts dans le développement des neurones. Les traitements, qui restent pour l’heure purement symptomatiques, sont la plupart du temps peu efficaces. Il est donc crucial de comprendre l’origine de cette maladie, pour pouvoir ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques. Les synapses, connexions permettant aux neurones de communiquer entre eux, sont indispensables au bon fonctionnement du cerveau. Aujourd’hui, il est très bien établi que des déficits de connexion entre les neurones sont visibles dans le cortex cérébral chez des patients atteints de schizophrénie. En revanche, en dépit de la présence évidente de déficits dans la structure du cerveau appelée cervelet chez certains patients schizophrènes, son implication dans cette pathologie reste très mal étudiée. Nos résultats récents obtenus sur le modèle murin de schizophrénie, le modèle PCP, nous ont permis d’identifier des déficits au niveau de synapses du cervelet, suite à la modification de l’activité neuronale au cours du développement du cervelet. La présente étude nous aidera à mettre en évidence les molécules des synapses qui sont potentiellement modifiées en fonction de l’activité des neurones et qui pourraient provoquer l’apparition de certaines maladies du cerveau lorsqu’elles ne sont pas présentes en quantité normale.
Procédures
Nous injecterons le NaCl 0.9% (contrôle) ou la Phencyclidine (PCP) en sous-cutané, trois fois à 2 jours d’intervalle pendant la deuxième semaine de vie post-natale. Le poids des souriceaux sera déterminé avant chaque injection afin d'adapter la dose de PCP ou de NaCl 0.9% à injecter. Les animaux sont maintenus immobiles en réalisant un pli de peau au niveau du cou qui permet également l’insertion de l’aiguille la plus fine possible (29G) afin de limiter la douleur. Lors des injections, les souriceaux sont séparés seulement quelques minutes de leur mère afin de minimiser le stress de la mère et des souriceaux. Lorsque l'âge voulu est atteint, les souris recevront une injection d'anesthésique local afin de prévenir toute douleur qui pourrait être engendrée par l'injection de la dose léthale d'euthanasiant qui précède la perfusion intracardiaque.
Impact sur les animaux
Chez l’homme, le PCP à des effets psychotomimétiques tels que l’altération de l’image corporelle, des sentiments d’éloignement et de solitude. Lorsqu’il est injecté chez la souris en néonatal, des altérations cognitives sont visibles chez la souris adulte. Parmi elles, des déficits de mémoire spatiale et un déficit dans la capacité de reconnaissance de nouveaux objets sont observés. Après chaque injection, les souris présentent une période de quelques heures d’hyperactivité qui semble conduire à une difficulté à se nourrir pendant cette période, avec un retard de prise de poids que nous avons établi à moins de 4% par rapport aux contrôles dans notre précédent projet autorisé par le CEEA. Aucun autre effet indésirable n’a été observé sur ces animaux dans notre précédent projet.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés en fin de procédures. Après les injections de PCP ou NaCl 0.9%, les animaux resteront auprès de leur mère dans une cage enrichie (cotons et dôme en carton pour leur nid) jusqu’à l’âge du prélèvement. Pour toutes les études d’électrophysiologie ou protéiques, les animaux seront euthanasiés par décapitation après une sédation à l’isoflurane pour prélèvement du cerveau. Pour l'étude d'histologie, les animaux seront perfusés avec un agent fixateur des tissus pour pouvoir procéder à des analyses en immunohistochimie.
Remplacement
La souris est devenue un modèle de choix pour l’étude des mécanismes moléculaires régulant les grandes fonctions biologiques. Elle permet l’analyse in vivo de ces mécanismes et des conséquences de leurs perturbations à différents niveaux : comportemental, physiologique et moléculaire. Elle permet également de créer des modèles d’étude des pathologies humaines. Il existe actuellement plusieurs modèles de souris pour la schizophrénie, dont le modèle pharmacologique qui nous intéresse : la souris PCP (Phencyclidine). Certaines études fonctionnelles ne peuvent pas être réalisées chez les patients. De plus, il est important d’étudier les réseaux cérébelleux dans le contexte du cerveau puisque le cervelet est connecté à d’autres régions du cerveau dont le cortex qui est déjà connu pour son implication, par exemple, dans la schizophrénie. Une telle étude ne serait donc pas possible en culture cellulaire et nécessite d’avoir recourt à des animaux vivants.
Réduction
Le projet est conçu pour limiter le nombre de souris au minimum dans la limite de ce qui est permis pour obtenir des résultats scientifiquement valides en prenant en compte la nécessité d’avoir plusieurs échantillons et de reproduire les résultats de manière indépendante pour éviter les différences dues à la variabilité biologique (sexe, caractéristiques génétiques…), à la variabilité environnementale (différence liée à la vie avec la mère). Afin de tenir compte de la perte potentielle de souriceaux qui peut aller jusqu’à 20% dans un élevage normal, nous estimons avoir besoin de 6 portées par expérience pour avoir de 15 à 21 souris par condition et par timepoint. Les expériences sont stoppées lorsque l’on atteint le nombre minimum, soit 15 animaux par condition. Après sevrage des souriceaux, les mères peuvent continuer à être utilisées pour de nouveaux accouplements dans notre animalerie.
Raffinement
Les conditions d'élevage, d'hébergement, de soins et les méthodes utilisées sont les plus appropriées pour réduire le plus possible toute douleur, souffrance, angoisse ou dommage durable que pourraient ressentir les animaux. Notamment, des compléments environnementaux (dômes en carton, cotons) sont ajoutés afin de permettre à la femelle de créer un meilleur nid et de diminuer tout stress éventuel. De même, les injections sous-cutanées chez le souriceau seront réalisées avec les aiguilles les plus fines possibles (29G) afin de minimiser la douleur. Lors de ces injections, les souriceaux sont séparés de la mère afin de minimiser le stress de la mère et des souriceaux. Les cages ne sont pas changées pendant la période d’injection pour conserver au maximum les odeurs familières et rouler les souriceaux dans la sciure souillée au moment de les remettre avec leur mère afin d’éviter le rejet des souriceaux par la mère. Les animaux sont surveillés quotidiennement jusqu’à leur euthanasie. Si un souriceau présente des signes de souffrance ou de stress dans les jours qui suivent les injections (souriceau hors du nid, pas de lait dans l’estomac indiquant des problèmes importants pour se nourrir, posture anormale…) témoignant d’une altération du bien-être des animaux, l’expérimentateur pourra consulter le personnel compétant de l’animalerie ou le vétérinaire pour avis, afin de mettre en place une médication adaptée si cela est possible. En cas de souffrance ne pouvant être prise en charge, l’animal sera sorti du projet avec une euthanasie immédiate sur décision de l’expérimentateur ou du personnel de l’animalerie si l’expérimentateur n’est pas joignable.
Choix des espèces
Les souris sont devenues des modèles de choix pour l’étude des mécanismes moléculaires régulant les grandes fonctions biologiques. En effet, elles permettent l’analyse in vivo de ces mécanismes et des conséquences de leurs perturbations à différents niveaux : comportemental, physiologique et moléculaire. Elles permettent également de créer des modèles d’étude des pathologies humaines. De plus, le court cycle de reproduction chez la souris et sa petite taille permettent leur maintien de manière relativement simple, tout en gardant une espèce relativement proche de l’homme en termes de développement. L’analyse sera faite à P7, P9, P11 pour les expériences 1 (immunohistologie), 2 (électrophysiologie par multi electrode array) et 3 (analyse de protéines synaptiques) afin de connaître en détail l’effet directe de chaque injection de PCP sur le réseau olivo-cérébelleux. Les analyses des expériences 1, 2 et 3 ainsi que de l’expérience 4 (électrophysiologie sur tranches de cervelet) se feront aussi à P30 qui correspond à l’âge où la connectivité du réseau olivo-cérébelleux est finalisée et commence sa maturation. Cette période chez la souris correspondrait ainsi au début de la période de déclanchement de la pathologie chez l’homme, à savoir à la fin de l’adolescence ou le jeune adulte. Le modèle PCP néonatal a été très largement décrit dans la littérature, et une injection chronique développementale à P7, P9 et P11 a montré des effets comportementaux légers à long terme, cohérents avec des déficits observés chez les sujets schizophrènes. De plus, la période d’induction du modèle est cohérente pour mimer les altérations neuronales produites par des stimulations pendant le troisième trimestre de la grossesse.