Les questions parlementaires
Financement européen du BPRC et de l'ECVAM
Centre de recherche biomédicale sur les primates
Question écrite E-0048/02, Parlement européen, 24 janvier 2002
Le résumé de l'OXA
Le député demande à la Commission si elle connaît les conditions de détention des primates du BPRC, et comment l'Union peut financer à la fois l'ECVAM et ce centre.
2 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 1.
La Commission connaît-elle les conditions de détention des animaux au BPRC ?
Réponse partielle La réponse cite des espaces en plein air pour les macaques et un relogement des chimpanzés à l'étude, sans rien dire des cages individuelles décrites.
Comment l'Union peut financer à la fois l'ECVAM et un grand centre d'expérimentation.
Réponse La réponse dit que les projets du BPRC exigent des animaux au système immunitaire proche de l'homme, faute d'autre solution, et rappelle son soutien aux méthodes in vitro.
Les erreurs de la réponse
- "la règle des trois r (remplacer, réduire, restreindre)" : Le troisième R est le raffinement, Refining, comme l'écrivent les réponses à P-1813/01 et E-1773/01.
La fiche
Thèmes : financement, conditions et devenir des animaux, méthodes sans animaux · Espèce : primates
- Auteur
- Jens Okking (EDD)
- Destinataire
- Commission européenne
- Date de la question
- 24 janvier 2002
- Date de la réponse
- 4 mars 2002
- Statut
- Réponse publiée
- Référence du Journal officiel
- JO C 172 E du 18/07/2002, p. 133
- Sources
La question
(Question écrite E-0048/02 de Jens Okking, Parlement européen, 24 janvier 2002)
Plusieurs citoyens danois se sont adressés à l'auteur de cette question pour exprimer leur inquiétude à propos du centre néerlandais de recherche biomédicale sur les primates, financé par l'Union européenne.
Dans ce centre, 1 500 primates vivent dans des conditions indignes et choquantes. Une grande partie d'entre eux sont détenus dans des cages individuelles en acier qui excluent tout comportement naturel, étant ainsi exposés à des conditions qui ne seraient jamais tolérées dans un zoo.
La Commission est-elle au fait des conditions de détention des animaux dans ce centre? Pourrait-elle expliquer comment l'UE peut tout à la fois financer les activités du Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (à l'utilisation des animaux à des fins expérimentales, ECVAM) et celles d'un grand centre d'expérimentation?
La réponse
(Réponse donnée par M. Busquin au nom de la Commission, 4 mars 2002)
Le centre de recherche biomédicale (BPRC) installé à Rijswijk, aux Pays-Bas, participe à plusieurs projets de recherche d'une durée de trois ans organisés au titre du Cinquième programme-cadre de recherche et de développement technologique (1998-2002). Ces projets couvrent des domaines tels que la mise au point de vaccins et de médicaments contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), la tuberculose, la malaria et l'hépatite C. Ces recherches doivent être effectuées sur des animaux dont le système immunitaire se rapproche de celui de l'homme. Aucune autre solution offrant la même capacité de prévision ne peut malheureusement être raisonnablement envisagée à l'heure actuelle.
La Commission est tout à fait consciente du fait que l'emploi dans la recherche de primates non humains, et notamment de grands singes, est un sujet sensible qui préoccupe tous les citoyens. La Commission fait tout son possible pour diminuer le nombre des animaux d'expérimentation, trouver des solutions de substitution et restreindre leur emploi.
L'annexe concernant le programme spécifique Qualité de la vie de la décision no 182/1999/CE du Parlement européen et du Conseil, du 22 décembre 1998, relative au cinquième programme-cadre de la Communauté européenne pour des actions de recherche, de développement technologique et de démonstration (1998-2002)(1), indique que l'expérimentation animale doit être remplacée autant que possible par des essais in vitro ou par d'autres méthodes. Tous les candidats, y compris le BPRC, doivent décrire les procédures prévues pour respecter la règle des trois r (remplacer, réduire, restreindre) édictée en matière d'expérimentation animale et protéger le bien-être des animaux.
Dans le cadre du programme spécifique Qualité de la vie, un comité éthique indépendant a systématiquement examiné les propositions touchant des sujets délicats, comme l'utilisation de primates. L'étude éthique garantit que tous les travaux de recherche utilisant des animaux sont effectués conformément à la directive 86/609/CEE du Conseil, du 24 novembre 1986, concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres relatives à la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques(2). Les participants aux projets de recherche doivent par ailleurs obtenir l'agrément des autorités nationales compétentes avant de commencer les travaux. Le BPRC, qui est installé dans l'Union mais est indépendant de la Communauté, s'est engagé par contrat à respecter toutes les obligations juridiques et éthiques en vigueur au niveau national. Il a confirmé à la Commission, en juillet 2001, qu'il avait obtenu l'autorisation des pouvoirs locaux d'effectuer des travaux de recherche biomédicale avec des primates non humains. Le BPRC a également fait part de certains travaux d'aménagement, tels que la construction d'espaces en plein air destinés à stimuler la vie sociale des macaques. Des projets sont à l'étude pour reloger la colonie de chimpanzés du BPRC.
Enfin, la Commission soutient actuellement plus d'une vingtaine de projets de recherche destinés à mettre au point des essais in vitro pour remplacer les essais sur les animaux. La Commission a par ailleurs créé en 1991 le centre de validation des méthodes alternatives (CEVMA) qui a principalement pour tâche de valider les méthodes de substitution, dont les méthodes in vitro. Ces méthodes pourraient être intégrées à la législation communautaire par la Commission.
(1) JO L 26 du 1.2.1999.
(2) JO L 358 du 18.12.1986.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Le centre de recherche biomédicale (BPRC) participe à des projets triennaux du cinquième programme-cadre (1998-2002), notamment sur des vaccins et médicaments contre le VIH, la tuberculose, la malaria et l'hépatite C.
- L'annexe Qualité de la vie de la décision n° 182/1999/CE oblige tout candidat, BPRC compris, à décrire comment il respectera "la règle des trois r".
- Dans le programme spécifique Qualité de la vie, un comité éthique indépendant a systématiquement examiné les propositions sur des sujets délicats, comme l'utilisation de primates.
- Les participants aux projets de recherche du programme Qualité de la vie doivent obtenir l'agrément des autorités nationales compétentes avant de commencer les travaux.
- En juillet 2001, le BPRC a confirmé à la Commission avoir obtenu l'autorisation des pouvoirs locaux d'effectuer des recherches biomédicales avec des primates non humains.
- Le BPRC a signalé la construction d'espaces en plein air destinés à la vie sociale des macaques.
- La Commission soutient actuellement plus d'une vingtaine de projets de recherche pour mettre au point des essais in vitro remplaçant les essais sur les animaux.
- La Commission a créé en 1991 le centre de validation des méthodes alternatives (CEVMA), chargé principalement de valider les méthodes de substitution, dont les méthodes in vitro.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Les questions liées
Les questions sur le même sujet
- Financement européen du centre de primates de RijswijkQuestion écrite E-2764/00, Parlement européen, 1er septembre 2000
- Hébergement des primates du BPRC et fonds européensQuestion écrite prioritaire P-1327/01, Parlement européen, 25 avril 2001
- Conditions éthiques des projets européens sur primatesQuestion écrite E-1483/01, Parlement européen, 18 mai 2001
- Ligne budgétaire des subventions au BPRC de RijswijkQuestion écrite prioritaire P-1720/01, Parlement européen, 6 juin 2001
- Montants versés au BPRC et type d'expériencesQuestion écrite E-1629/01, Parlement européen, 12 juin 2001
- Fermeture demandée du centre de primates BPRCQuestion écrite prioritaire P-1813/01, Parlement européen, 13 juin 2001
- Transfert des primates du BPRC vers des réservesQuestion écrite E-1773/01, Parlement européen, 15 juin 2001
- Date de réexamen du financement européen du BPRCQuestion écrite E-2570/01, Parlement européen, 21 septembre 2001
- Chimpanzés du BPRC envoyés dans des zoosQuestion écrite E-3351/01, Parlement européen, 5 décembre 2001
- Règles applicables aux expériences sur les chimpanzésQuestion écrite E-0291/02, Parlement européen, 11 février 2002
- Notification préalable des expériences sur primatesQuestion écrite E-1365/02, Parlement européen, 14 mai 2002
- Suspension de l'essai d'hépatite C sur des chimpanzésQuestion écrite E-1825/02, Parlement européen, 27 juin 2002
- Dernière inoculation d'hépatite C à des chimpanzésQuestion écrite E-3396/02, Parlement européen, 28 novembre 2002
- Avis de l'ECVAM sur les tests menés au BPRCQuestion écrite E-1273/03, Parlement européen, 3 avril 2003
- Traitement des primates chez Covance et au BPRCQuestion écrite E-3229/04, Parlement européen, 26 novembre 2004
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Le principe des 3R a été formulé dans les années 1950 par William Russell, zoologiste, et Rex Burch, microbiologiste. Il demande de remplacer les animaux par d'autres méthodes quand elles permettent d'obtenir les mêmes résultats, de réduire le nombre d'animaux de chaque projet sans compromettre la validité statistique des résultats, et de raffiner les méthodes de détention et d'expérimentation pour réduire les souffrances sans compromettre l'objectif du projet. Les milieux de l'expérimentation animale s'en servent souvent pour justifier le statu quo et parler d'éthique. Une littérature grandissante remet en question leur pertinence, faute de cadre éthique normatif et de définition claire.
L'éthique est la branche de la philosophie qui réfléchit à la signification des termes moraux, comme bien et mal, et à la manière de déterminer ce qui est bien ou mal selon des critères débattus. Dans les discours sur l'expérimentation animale, "l'éthique" désigne plutôt une réflexion sur le respect de la réglementation et des bonnes pratiques. La formation du Gircor destinée aux membres des "comités d'éthique" définit mal l'éthique et propage des idées fausses sur la philosophie morale.