Les questions parlementaires

Conclusions de l'étude de faisabilité sur les primates

Interdire les prélèvements dans la nature d’animaux destinés aux expérimentations biomédicales

Question écrite E-000532/2024, Parlement européen, 19 février 2024

Le résumé de l'OXA

La députée demande à la Commission si l'étude sur l'approvisionnement en primates issus d'élevages est faite, ses conclusions, et où en est l'interdiction des primates qu'elle aurait annoncée.

2 demandes : réponse à 2.

  1. Si la Commission a réalisé l'étude sur la faisabilité d'un approvisionnement en primates issus exclusivement d'élevages, et ses conclusions.

    Réponse L'étude est publiée ; elle ne sait pas dire si l'approvisionnement exclusif est faisable dans un futur proche, le juge possible pour quatre espèces et irréaliste à court et moyen terme pour les macaques crabiers. La date de publication n'est pas donnée.

  2. Les progrès vers l'interdiction de l'utilisation des primates dans les procédures scientifiques, que la Commission aurait annoncée.

    Réponse La réponse tranche : la directive interdit les primates capturés dans la nature, pas l'utilisation des primates, comme le disait déjà la réponse citée E-001141/2022.

La fiche

Thèmes : élevages et provenance des animaux, droit européen, interdiction · Espèce : primates

Auteur
Annika Bruna (ID)
Destinataire
Commission européenne
Date de la question
19 février 2024
Date de la réponse
10 avril 2024
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

(Question écrite E-000532/2024 de Annika Bruna, Parlement européen, 19 février 2024)

Au détour d’un article sur les conditions d’agrément d’un «centre de primatologie», on découvre incidemment que la majorité des primates destinés aux expérimentations biomédicales en France venait encore de l’étranger[1].

Pourtant, conformément aux articles 9 et 10 de la directive 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, les animaux utilisés à ces fins doivent être le moins possible capturés dans la nature.

Dans une question E-001141/2022[2], j’indiquais à la Commission que l’article 10 de la directive précitée enjoignait la Commission à rendre publique, au plus tard le 10 novembre 2022, une étude sur la faisabilité d’un approvisionnement des laboratoires en primates non humains issus exclusivement d’élevages.

1. La Commission peut-elle nous indiquer si elle a finalement réalisé cette étude et, le cas échéant, quelles sont ses conclusions?

2. La Commission a également indiqué qu’elle entendait interdire l’utilisation de primates non humains dans des procédures scientifiques[3]. Des progrès sont-ils enfin enregistrés dans cette direction?

[1] https://www.leparisien.fr/bas-rhin-67/le-centre-de-primatologie-de-strasbourg-oblige-de-stopper-ses-activites-sur-les-singes-18-02-2024-HDOY5BKWIZHOBDL4F3RZQ5E5KA.php

[2] https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/E-9-2022-001141_FR.html

[3] https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/E-9-2022-001141-ASW_FR.html.

La réponse

(Réponse donnée par M. Sinkevičius au nom de la Commission européenne, 10 avril 2024)

L’étude de faisabilité concernant un approvisionnement en primates non humains issus exclusivement de colonies entretenues sans apport d’effectifs extérieurs a été publiée[1] conformément à l’article 10, paragraphe 2, de la directive 2010/63/UE[2]. Il a été conclu dans cette étude qu’il n’était pas possible de déterminer si le projet d’un approvisionnement en primates non humains issus exclusivement de colonies entretenues sans apport d’effectifs extérieurs serait réalisable dans un futur proche. D’après cette étude, les saïmiris, les prosimiens, les ouistitis et les vervets peuvent continuer à être issus intégralement de colonies entretenues sans apport d’effectifs extérieurs. Toutefois, les preuves avancées suggèrent que pour les macaques crabiers, il n’y a pas de possibilité réaliste à court et moyen terme d’un approvisionnement issu exclusivement de colonies entretenues sans apport d’effectifs extérieurs. Étant donné que l’approvisionnement en macaques et en vervets se fait principalement à l’étranger et que, en l'absence de lignes directrices de l’Union qui leur soient applicables en matière d'approvisionnement à partir de colonies entretenues sans apport d’effectifs extérieurs, les éleveurs sont guidés par les demandes et les préférences des clients, les utilisateurs dans l’UE pourraient être dans l’incapacité de se procurer des animaux issus de colonies entretenues sans apport d’effectifs extérieurs.

Comme l’a fait observer la Commission dans sa réponse à la question écrite E-1141/2022, à laquelle fait référence l’honorable parlementaire, la directive interdit l’utilisation de primates non humains capturés dans la nature dans les procédures scientifiques. Cette directive ne vise pas et n’interdit pas l’utilisation des primates non humains.

Selon la base de données statistiques de l’UE ALURES (Animal Use Reporting EU System)[3], aucun primate non humain capturé dans la nature n’a été utilisé au sein de l’Union depuis 2016. Cette interdiction est désormais complétée par une obligation d’utiliser exclusivement des primates non humains dont les parents ont été élevés en captivité. Cette obligation est entrée en vigueur en novembre 2022. Les autorités compétentes peuvent accorder des dérogations à cette obligation sur la base d’éléments scientifiques.

[1] https://environment.ec.europa.eu/topics/chemicals/animals-science_en#implementation

[2] Directive 2010/63/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques (JO L 276 du 20.10.2010, p. 33).

[3] https://webgate.ec.europa.eu/envdataportal/content/alures/section1_number-of-animals.html

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • L'étude de faisabilité prévue à l'article 10, paragraphe 2, de la directive 2010/63/UE, sur l'approvisionnement en primates non humains issus exclusivement de colonies entretenues sans apport extérieur, est publiée.
  • Selon l'étude de faisabilité, saïmiris, prosimiens, ouistitis et vervets peuvent venir intégralement de colonies entretenues sans apport extérieur ; pas de façon réaliste les macaques crabiers, à court et moyen terme.
  • L'étude de faisabilité conclut qu'on ne peut pas déterminer si un approvisionnement en primates issus exclusivement de colonies entretenues sans apport extérieur serait réalisable dans un futur proche.
  • La directive 2010/63/UE interdit l'utilisation de primates capturés dans la nature dans les procédures scientifiques, sans interdire celle des primates en général.
  • Selon la base ALURES, aucun primate capturé dans la nature n'a été utilisé dans l'Union depuis 2016.
  • L'obligation d'utiliser seulement des primates dont les parents ont été élevés en captivité est en vigueur depuis novembre 2022 ; les autorités compétentes peuvent y déroger sur la base d'éléments scientifiques.

Le détail de l'analyse

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Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.